Tag: Éducation

  • Saint-Quentin : une école à l’avenir suspendu

    Saint-Quentin : une école à l’avenir suspendu

    L’école privée catholique Sainte-Famille, installée depuis 1971 au cœur de Saint-Quentin-la-Poterie, est menacée de fermeture depuis plusieurs mois. Avec seulement 45 élèves cette année – il en faudrait 64 pour atteindre l’équilibre financier – l’établissement sous contrat d’association dépend désormais largement du soutien de la tutelle diocésaine. « Pour l’instant, c’est le Diocèse qui nous permet de tenir », reconnaît le directeur Jérôme Goudon. En effet, près 36 000 euros ont déjà été injectés pour boucler l’année, dont près de 12 000 euros rien que pour le loyer. Mais « cette situation ne peut perdurer », martèle le directeur.

    Mobilisation

    avant la sentence

    Le 16 octobre, parents, enseignants, anciens élèves et représentants diocésains s’étaient retrouvés pour faire le point sur la situation devenue critique, et tenter de trouver le remède. Les années de baisse de natalité, la difficulté à se loger dans le secteur et un manque de visibilité locale ont été identifiés comme ayant fragilisé l’école.

    Plusieurs pistes ont été évoquées pour sauver l’établissement : facturation selon les revenus, cagnotte participative, parrainage d’élèves, fusion éventuelle avec une autre école, aide de la mairie, ou encore location des locaux hors temps scolaire. Les familles ont été consultées sur une hausse des frais de scolarité : sur 25 bulletins, 6 bulletins sont contre toute augmentation, 7 bulletins pour une augmentation de 25 euros, 7 bulletins pour une augmentation de 35 euros et 5 bulletins se sont prononcés pour une augmentation de 40 euros. Une manière de montrer l’engagement des parents, alors qu’une décision définitive du Comité directeur est attendue pour le 4 décembre.

    Le réseau autour de l’école s’est également mobilisé. Une lettre collective adressée à l’évêque a déjà réuni 80 signatures, témoignant d’un fort attachement à cette école familiale. Autrement, les anciens élèves ont aussi apporté leur soutien en remettant un récit retraçant l’histoire de l’établissement, accompagné de photos et témoignages. Un geste symbolique, alors que l’ensemble des acteurs de l’école s’accroche à l’idée de « faire pencher la balance » avant la décision de décembre. L’école espère encore que quelques nouvelles inscriptions et la mobilisation de tout un village suffiront à lui offrir un nouveau sursis.

  • [Grand entretien] Amal Couvreur : « Ma bataille, c’est l’égalité des territoires »

    [Grand entretien] Amal Couvreur : « Ma bataille, c’est l’égalité des territoires »

    PARCOURS

    La Marseillaise : Votre parcours en quelques mots ?

    Amal Couvreur : Mon engagement fut d’abord professionnel. Pendant vingt-sept ans, j’ai été assistante sociale, notamment auprès des personnes sans domicile fixe, à Nîmes et à la Croix-Rouge. Ensuite, j’ai coordonné un réseau de parentalité, ce qui m’a permis de rencontrer énormément de familles gardoises. En 2015, on est venu me chercher pour être conseillère départementale sur le canton Nîmes-2. J’ai accepté au lendemain des attentats de Charlie, qui m’ont beaucoup marquée et convaincue d’agir. Et depuis dix ans, je suis vice-présidente du Gard en charge des quartiers prioritaires et de la jeunesse, et conseillère régionale pour la solidarité.

    ENGAGEMENT

    LM : On vous qualifie régulièrement de « femme d’action », ça vous correspond ?

    A.C. : Je ne sais pas si c’est le terme exact, mais ce qui me porte, c’est d’améliorer le quotidien des gens, quand je le peux. Je garde toujours en tête que je veux pour les enfants des autres ce que je veux pour les miens. J’ai besoin de répondre aux gens : même si je ne sais pas, je me renseigne. L’écoute active, c’est essentiel. Le problème, c’est que le temps des habitants n’est pas celui de l’administration, ni celui des politiques. Mais je veux que les réponses soient rapides, sincères, et qu’on cherche réellement des solutions. Pour moi, l’action, c’est ça : répondre, accompagner, ne jamais laisser quelqu’un sans retour.

    Comment concilier écoute du terrain et décisions politiques ?

    A.C. : C’est un aller-retour incessant. Certains trouvent étonnant qu’on reçoive autant individuellement, mais c’est ce travail en face-à-face qui permet de construire du collectif. Avec nos permanences cantonales, que nous avions promises dès 2015 avec Christian Bastid, je vois entre dix et douze personnes par séance : plus de 3 000 personnes reçues. Ça donne une vision très précise du quotidien : logement, emploi, formation. Et parfois, quelqu’un me dit : « Vous n’avez rien fait », et ajoute aussitôt : « Mais vous avez écouté, vous avez appelé. » C’est ça ma façon de faire de la politique : partir du réel, comprendre les situations concrètes et ne jamais décider depuis un bureau sans entendre d’abord la parole des habitants. Ces échanges sont modestes mais essentiels pour bâtir une réponse collective. C’était notre seule promesse de mandat, et nous l’avons tenue.

    MUNICIPALES 2026 ET NÎMES EN COMMUN

    LM : Pourquoi être devenue n°2 sur la liste de Vincent Bouget ?

    A.C. : Je n’ai pas une grande culture partisane, je le reconnais, mais je fais partie des gens engagés. Et dans cette ville, il y a des centaines de bénévoles, d’associations, de citoyens qui aiment profondément Nîmes. C’est eux que je veux représenter. Dans le travail mené par Vincent et les équipes, avec le questionnaire citoyen, les réunions publiques et d’appartement, il y a cette idée de rassembler des personnes engagées pour leur ville, pas un « gros mot » de société civile, mais des gens qui agissent vraiment. C’est ce que je veux apporter : une ville où l’engagement individuel est reconnu et valorisé, où chacun peut se sentir légitime à participer, à proposer, à contribuer à l’avenir collectif.

    Vos priorités pour Nîmes en tant que n°2 de la liste ?

    A.C. : D’abord, aller au bout de la consultation : plus de 250 propositions ont été remontées, et tant que les questionnaires ne sont pas totalement analysés, on ne peut pas décréter des priorités. Mais je parle souvent de trois axes. Le premier : les services de proximité, indispensables pour la vie quotidienne et la sécurité globale. La sécurité, c’est être bien chez soi, sur le trottoir, avec un travail commun entre médiateurs, éducateurs, police municipale, et tous ceux qui connaissent vraiment le terrain. Le deuxième axe, ce sont les associations, qu’il faut soutenir et simplifier : trop passent plus de temps à remplir des dossiers qu’à agir, alors qu’elles sont l’un des piliers de la cohésion nîmoise. Le troisième, c’est l’éducation : notre parc scolaire est délabré, et chaque été ou hiver, on repart des mêmes constats. Il faut agir vite, vraiment, et remettre la jeunesse au centre des décisions municipales.

    MANDATS

    LM : Comment articulez-vous vos mandats actuels ?

    A.C. : Mes deux mandats, départemental et régional, sont très complémentaires, et ils me passionnent. Mais si nous sommes élus en 2026 – il paraît que je dois dire « quand nous serons élus » – je devrai choisir entre les deux. Je prendrai le temps nécessaire, car ce choix doit être réfléchi. Ce qui compte, c’est que chaque échelon permet une vision différente et utile : le département pour la proximité, la région pour la cohérence et l’ensemble. L’enjeu, ce sera de mettre ces expériences au service de la commune.

    Avez-vous un mot d’ordre qui relie ces mandats ?

    A.C. : Ma grande bataille, c’est l’égalité des territoires. Le centre-ville de Nîmes est magnifique, personne ne le nie. Mais notre problème, c’est que les enfants ne se rencontrent plus comme avant. Il y a une vraie fracture territoriale. Je veux que le gamin de Vacquerolles ait les mêmes conditions que celui du Mas de Mingue. On ne peut pas avoir une ville où tout se concentre dans un périmètre restreint et où les autres quartiers décrochent. Une ville apaisée, c’est une ville où les habitants se croisent et vivent dans des conditions équitables. Et c’est la même chose pour toutes les échelles où je travaille.

    UN MESSAGE AUX NÎMOIS ?

    A.C. : Je pense sincèrement que la politique n’est pas faite pour commenter les problèmes, mais pour trouver des solutions. Ce qu’on vit à Nîmes en ce moment ne donne pas un bon exemple. Pour moi, la politique est un service public, pas un spectacle. Le seul engagement que je prends, c’est une attention égale pour toutes les Nîmoises et tous les Nîmois, pas seulement pour nos électeurs. Je veux une ville qui protège, qui rassure, qui ne divise pas.

  • Passeport du civisme dans le Var : un outil pédagogique ou idéologique ?

    Passeport du civisme dans le Var : un outil pédagogique ou idéologique ?

    « Il est des offensives qui ne disent pas leur nom. Des infiltrations qui avancent masquées, sous les oripeaux du civisme, de l’engagement, de la bienveillance. » Le secrétaire général de la CGT Educ’action Olivier Gérard va droit au but dans son courrier envoyé à l’académie de Nice pour mettre en avant la manœuvre idéologique cachée, selon lui, derrière le prétendu « Passeport du Civisme ». Ce document est distribué dans les écoles des municipalités varoises d’extrême droite et de droite dure que sont Fréjus et Saint-Raphaël.

    Le syndicaliste rappelle que cet outil « personnalisable par les maires » a été mis en place avec le soutien du « Fonds du bien commun » du milliardaire Pierre-Édouard Stérin, proche de la droite et de l’extrême droite, à l’origine du projet Périclès, l’acronyme de Patriotes, enracinés, résistants, identitaires, chrétiens, libéraux, Européens, souverainistes. « Son projet vise à fédérer des sensibilités allant de la droite conservatrice à l’extrême droite, dans une stratégie assumée de conquête idéologique », rappelle la CGT qui met en garde sur le fait que l’école semble devenir un terrain stratégique.

    La « Grande vadrouille » pour évoquer 39-45

    « À Saint-Raphaël, les élèves doivent lire l’édito du maire, admirer une vingtaine de photos d’élus municipaux désignés comme référents », pointe Olivier Gérard. Et d’ironiser sur « la proposition d’action civique d’une grande puissance, comme la visite du musée Louis de Funès, ou la projection collective des Aventures de Rabbi Jacob pour lutter contre les discriminations et le racisme, et même découvrir la période de la Seconde Guerre mondiale, grâce à la Grande vadrouille. »

    Le secrétaire de la CGT Educ’action précise que l’agrément ministériel de ce passeport plus que controversé a été retiré en novembre 2024. Entre-temps « beaucoup d’autres responsables ou personnalités ont promu ce support idéologique jusqu’à ce que le ministère en pointe les lacunes pédagogiques et les limites sur la neutralité ».

    « Rien ne se fait de manière cachée »

    Le problème est que « ces initiatives portées par les municipalités ne font l’objet d’aucune validation académique préalable ». Et s’inscrivent « en dehors du cadre des programmes scolaires et des principes de neutralité et de laïcité ». Olivier Gérard ajoute que « leur mise en œuvre se fait sans concertation avec les enseignants, qui ne disposent pas toujours des moyens ou du recul nécessaire pour en évaluer les contenus pédagogiques ». Ce flou est d’autant plus problématique, insiste-t-il, que ces supports, sous des apparences civiques et consensuelles, peuvent constituer de véritables chevaux de Troie idéologiques, difficiles à identifier sans vigilance collective.

    La CGT demande donc à la rectrice de rappeler aux maires concernés les limites de leur rôle en matière pédagogique. Et de « garantir que l’école reste un espace neutre, laïc et protégé des influences politiques ».

    Pour le maire LR de Saint-Raphaël Frédéric Masquelier la polémique n’a pas lieu d’être. Le premier magistrat a d’ailleurs tenu à nous répondre en personne sur le sujet : « C’est un dispositif qui reçoit un très bon accueil de la part des enseignants et qui est mis en place avec la participation des directeurs d’école », explique-t-il, en assurant que « rien ne se fait pas de manière cachée ou en catimini ». Et d’insister : « Il ne s’agit pas d’une éducation parallèle. D’ailleurs lorsqu’on a remis les passeports du civisme cette année, le préfet était présent. » Pour le très droitier premier magistrat, il s’agit « de mobiliser des centaines de jeunes chaque année avec une grande réunion avec les parents autour des valeurs du civisme, du respect, de la citoyenneté ». Pas plus ?

    Il dit ne pas connaître les raisons qui ont amené le ministère à suspendre son agrément à ce dispositif. En tout cas affirme Frédéric Masquelier, « il n’y a rien d’idéologique, sauf si on considère qu’apprendre le respect, les valeurs de la citoyenneté et le civisme, c’est idéologique ». La balle est à présent dans le camp de l’académie qui doit éclaircir sa position et donner des gages du respect de la neutralité de l’école.

  • François Bazzoli à Luminy : l’enseignant majeur

    François Bazzoli à Luminy : l’enseignant majeur

    C’était un Diogène du XXe siècle : né en 1947, ce célibataire drôle et éclectique, fut inventif et curieux en face des brèches de son époque. Avant de devenir un insatiable découvreur-recenseur d’images contemporaines, il explora plusieurs registres. Dans son logis, 13 boulevard Longchamp, on heurtait des empilements de livres, des accrochages furieusement discrets. Les DVD et les cassettes d’enregistrements de films rares et d’émissions improbables se multipliaient. La littérature du côté de Buzzati et d’Alphonse Allais, la science-fiction, les bandes dessinées, Charlie Hebdo, les monstres, les fous et la transversalité le passionnaient ; pour Pilote, Métal Hurlant et Caza, il rédigea des scénarios. Un accident de voiture avait tué son père, il fut employé par la Caisse d’Épargne des Chartreux, libraire à la Touriale où il organisa une exposition de Roland Topor, rédacteur assidu du Breteuil boulevard Notre-Dame, coprogrammateur de la Cinémathèque de Marseille basée en Maison Diamantée.

    Avant d’œuvrer à Luminy entre 1984 et 2012, ses activités d’enseignant débutent en 1976 à l’École d’Art de Toulon. Il noue amitié avec Marie-Claude Beaud (1946-2024) qui lui demande d’aider au musée pour Louis Pons et Georges Bru ou bien d’offrir une première chance à Judith Bartolami. De 1984 à 2008 il donne des cours à l’École nationale de photographie d’Arles.

    Levé à cinq heures du matin, jusqu’au bout clivant-blaguant, François Bazzoli travaillait prodigieusement, pour confier à ses auditeurs l’énorme iconothèque, les complicités qu’il avait croisées. En sus de ses cours pendant plusieurs années joyeusement orchestrés avec Gérard Traquandi, il siégeait dans des jurys et commissions afin de frayer la voie aux artistes : ses amitiés électives, ce sont entre autres Anne-Marie Pêcheur, Caccavale, Gérard Fabre, Eric Pasquiou, Olivier Rebufa, Patrick Sainton.

    En dépit de ses innombrables publications et des amis qui sollicitaient ses conférences depuis Bruxelles jusqu’à Saint-Étienne-les-Orgues, depuis l’Algérie de son enfance en passant par La Clayette en Bourgogne, malgré ses greffes aux Bains-Douches de la Plaine qu’il a cofondés, sa place sur l’échiquier fut celle d’un outsider. Son diabète engendra chutes, désastres, amputation, hospitalisations. Dans l’émotion d’un ultime retournement grâce à l’écoute à Digne de Nadine Gomez, Sandra Cattini et Lydie Rekow-Fond, ses donations furent menées jusqu’au terme. Des camions arrivèrent au port qu’il souhaitait : 3 000 ouvrages pour la bibliothèque de Luminy, sa collection d’œuvres d’art offerte au musée Gassendi.

    Obsèques samedi 22 novembre, 9h30 cimetière Saint-Pierre, 11h au crematorium.

  • Le prix Alfred-Nakache met 79 collégiens à l’honneur à Marseille

    Le prix Alfred-Nakache met 79 collégiens à l’honneur à Marseille

    « Alfred Nakache était un nageur juif déporté à Auschwitz. Il y a perdu toute sa famille. » À la fin de guerre, « il est revenu nager au Cercle des nageurs et y a battu un record du monde », rappelle Christina, 13 ans. Cette élève du collège Notre-Dame de la Major se dit très « fière » d’avoir participé à ce relais de natation inter-collèges dans une « super ambiance ». La 4e édition du prix Alfred-Nakache s’est tenue jeudi au Cercle des nageurs de Marseille (CNM), sur l’initiative du Fonds social juif unifié (FSJU) en collaboration avec le Département.

    « Le but est d’inscrire des initiatives dans la cité, nous tenons aux valeurs de laïcité et de République. L’éducation est majeure tout comme la culture et les valeurs universelles du sport », explique Lionel Stora, président du FSJU. Cette année la compétition a réuni six collèges et 79 élèves. Les vainqueurs pourront offrir à quatre élèves ne sachant pas ou peu nager, des cours collectifs pendant un an au CNM. « Chaque année, ils savent qu’ils ne gagnent pas pour eux mais ils s’arrachent », décrit fièrement la professeure d’EPS du collège Gaston-Defferre, entre deux cris d’encouragement. Avec une moyenne de 2 minutes 31 pour 50 m, son établissement termine deuxième derrière Gyptis. Tous se félicitent sous les applaudissements. « Un prix pour celui qui nage le plus vite mais surtout qui s’allie avec un devoir de mémoire », affirme Martine Vassal, présidente (DVD) du Département. Chaque élève a pu repartir avec Le nageur de Pierre Assouline, une biographie d’Alfred Nakache. Sa présence « permet de nourrir la réflexion et met la littérature de haut niveau à la portée des collégiens », estime Lionel Stora.

    Dans une ville où un jeune sur trois ne sait pas nager, la solidarité est à l’honneur pour la nouvelle génération.

  • Pour remettre en piste le sport à l’école

    Pour remettre en piste le sport à l’école

    La semaine de l’EPS a été lancée ce lundi 17 novembre et se poursuit jusqu’à vendredi. Ce dispositif a été initié par le Syndicat national de l’éducation physique (Snep-FSU) pour alerter sur le manque d’activités des enfants français. Un slogan simple a été créé pour l’occasion : « Plus d’EPS, moins d’inégalités ».

    En effet, ce syndicat met en avant les nombreuses inégalités liées à la pratique sportive chez les jeunes. Elles sont d’ordres social, territorial, de genre ou encore liées au handicap. Par exemple, en France, le taux d’équipements sportifs pour 10 000 habitants est en moyenne de 42,7. Certains départements sont en dessous de 20, avec notamment la Seine-Saint-Denis à 16,1. D’après les chiffres de Santé publique France, 33% des filles atteignent les recommandations d’activité physique contre un garçon sur deux. Une autre donnée est à souligner, celle des 15-24 ans pratiquant une activité sportive au moins une fois par semaine. 68% de cette tranche d’âge en avait au moins une en l’an 2000. Ce chiffre est descendu à 39% quinze ans plus tard. Quant à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), elle place la France au 119e rang (sur 146) en matière d’activité physique des jeunes à l’échelle mondiale. Un classement parlant pour mesurer où devraient se placer les jeunes Français et leur place réelle à l’heure actuelle. Le Snep-FSU s’impatiente également à propos d’un héritage des Jeux olympiques et paralympiques 2024 qui « se fait toujours attendre ».

    Les promesses faites pour l’après-JO (activité physique quotidienne en primaire, 2 heures de plus en collège, tests physiques en 6e) ne sont toujours pas tenues. Le syndicat national explique que les récentes mesures gouvernementales s’éloignent même de plus en plus des objectifs. « La baisse du budget du sport pour le plus grand nombre dans le PLF 2026, la fin du Pass’Sport pour les
    6-13 ans ou les suppressions de postes d’enseignants, entraînent des régressions inadmissibles. Pour développer la pratique sportive, il faut renforcer l’EPS
     ! », alerte-t-il.

    Chute du budget

    et mesures proposées

    Le budget du ministère des Sports était en forte baisse à la suite des JO parisiens. Annoncé à 1,81 milliard en 2024, il est descendu à 1,578 milliard l’année suivante. Une réduction de près de 15%, qui a largement irrité les différentes fédérations nationales, l’Agence nationale du sport et le CNOSF.

    Le but de cette semaine est donc de sensibiliser les plus jeunes et leurs parents aux bienfaits du sport, mais aussi de l’état de la pratique à l’école dans le pays. Les enseignants spécialisés proposent six mesures pour relever le niveau et se rapprocher des autres pays occidentaux. Parmi elles, passer à 4 heures d’EPS de la 6e à la terminale, recruter 1 500 professeurs par an ou encore construire et rénover 200 piscines et gymnases écoresponsables. Force est de constater que le travail est encore colossal dans ce domaine, bien que l’engouement autour des Jeux olympiques 2024 sur le sol français était conséquent.

  • Bouches-du-Rhône : une journée contre le harcèlement scolaire

    Bouches-du-Rhône : une journée contre le harcèlement scolaire

    Outre la représentation du spectacle « Éléphant man » par la compagnie La Innombrable, la journée proposait aux jeunes de participer à des ateliers-débats animés par l’association Les petits débrouillards. Les discussions menées visent à permettre aux élèves de mieux comprendre les conséquences du harcèlement et les invitent à réfléchir sur les attitudes à adopter en classe et dans la cour de récréation.

  • Le groupe scolaire Jolie Manon fait la Belle de Mai

    Le groupe scolaire Jolie Manon fait la Belle de Mai

    En ce samedi 15 novembre, une ribambelle de minots et parents ont le sourire jusqu’aux oreilles, à l’heure de participer à un temps festif organisé par la Ville dans la nouvelle école qu’ils ont intégré à la rentrée 2025 et dont les travaux avaient démarré il y a plus de deux ans. Dessinées par les cabinets d’architectes Huit et demi et JSCardone, les façades en brique du groupe scolaire Jolie Manon circonscrivent l’accueil chaleureux des élèves qui participent à son inauguration officielle, à travers des activités de trottinettes, pêche au canard et autres stands de tir à l’arc. Un symbole juvénile et rafraîchissant dans la jungle urbaine de la rue Loubon, cette longue artère qui part du boulevard National jusqu’au cœur du quartier de la Belle de Mai, où la liste des immeubles insalubres et des façades décrépies reflète une soixantaine d’années d’incurie clientéliste des gestions Defferre, puis Gaudin. Jolie Manon devient ainsi la 15e et dernière école de la première phase du « Plan Écoles », programme concernant les 470 écoles de Marseille, dont 188 nouvelles ou totalement rénovées (voir repères ci-dessous).

    Surfer les « vagues »

    « Cette nouvelle école, elle est vraiment bien. C’est beaucoup mieux que l’ancienne. En plus, il y a un bus gratuit spécialement pour les enfants », dit, soulagée, Hayat, mère de deux élèves ayant intégré le groupe scolaire Jolie Manon à la rentrée 2025. Comme eux, ils sont un peu plus de 400 élèves à y suivre leur scolarité, provenant de l’école Bellevue, située à environ 1km de là et qui a fermé ses portes pour de lourds travaux. Cet établissement implanté rue Félix Pyat fait d’ailleurs partie de « la deuxième vague » d’écoles qui seront construites ou totalement rénovées, indique Benoît Payan. « L’une des 33 autres écoles qui seront livrées entre 2026 et 27 », complète de son côté Isabelle Epaillard, nommée préfète déléguée à l’égalité des chances il y a un an. « Le 3e arrondissement compte beaucoup d’écoles, dont plusieurs en travaux. On remplit le vase et on revide l’autre », image Virginie Averous, sous-préfète chargée du plan « Marseille en grand », avant que sa collègue ne réembraye : « Ce sont des effets de jeux de tiroirs. Il ne faut pas perdre de temps ».

    « Les 2e et 3e arrondissements étaient depuis des années hors des radars. Les habitants de ces quartiers n’intéressaient pas les pouvoirs publics et la précédente municipalité », constate le maire de Marseille. « C’est pour eux qu’on fait tout cela, qu’on met les moyens avec l’État, qu’on fait des écoles, que je décide d’y mettre un commissariat de police municipale, que je décide d’y mettre une médiathèque [elle sera installée plus bas dans la rue Loubon, avec une ouverture prévue fin 2026, Ndlr]. On a bénéficié d’un plan dont certains se sont amusés à dire qu’il ne fonctionnait pas. Mais il suffit d’ouvrir les yeux. On ne rattrape pas 40 ans de retard structurel en un claquement de doigts. Par contre, on voit le changement arriver », se satisfait le premier magistrat de la ville.

    EN CHIFFRES

    1,5 milliard

    C’est le montant investi par la Ville et l’État dans le « Plan Écoles », programme qui vise notamment à la construction ou rénovation totale de 188 écoles de Marseille.

    15

    Jolie Manon est la quinzième école qui a été inaugurée depuis le lancement du « Plan Écoles », lancé en 2021.

    4

    Tel est le nombre de phases de ce plan dont la première vient de s’achever. La deuxième comporte 33 écoles, qui doivent être livrées entre 2026 et 27.

  • Une semaine pour défendre le droit des enfants

    Une semaine pour défendre le droit des enfants

    C’est au Pont du Gard, site emblématique et symbolique du lien entre les générations, que le Département a lancé, le 5 novembre, la Semaine gardoise des droits de l’enfant. Autour de Maryse Giannaccini, vice-présidente du Conseil départemental déléguée à la Protection de l’enfance, de Bénédicte Quimpert, présidente de Défense des enfants international Gard (DEI 30), et de David Rohi, chef du pôle régional Occitanie du Défenseur des droits, une trentaine d’associations étaient réunies pour sensibiliser petits et grands aux droits fondamentaux inscrits dans la Convention internationale des droits de l’enfant, adoptée il y a 36 ans.

    Le Forum des enfants, organisé ce jour-là, a réuni des centaines de jeunes autour de jeux, d’ateliers éducatifs et de rencontres citoyennes. Le Conseil départemental des jeunes, composé de collégiens engagés, s’est illustré en animant des débats et des micros-trottoirs sur la citoyenneté et le développement durable. Parmi les intervenants, Marine Kedjroub, 21 ans, ancienne bénéficiaire de l’Aide sociale à l’enfance (ASE), a livré un témoignage poignant : « Être placée, ça a été comme une tempête. Mais j’ai compris que c’était pour me donner la chance de devenir la jeune femme que je suis aujourd’hui ».

    Une semaine

    pour sensibiliser

    Dans le Gard, près de 4 000 enfants sont confiés à l’ASE, soit deux fois plus qu’il y a trois ans. « C’est une priorité absolue », souligne Maryse Giannaccini. Le Département mobilise 430 assistants familiaux, 12 Maisons d’enfants à caractère social et une vingtaine de lieux de vie, pour un budget annuel dépassant les 95 millions d’euros. « C’est en les accompagnant aujourd’hui dans leurs apprentissages et leurs libertés fondamentales qu’ils construiront une société plus solidaire demain », rappelle la présidente Françoise Laurent-Perrigot.

    Du 19 au 28 novembre, la Semaine des droits de l’enfant se poursuivra dans onze communes gardoises, de Nîmes à Barjac, en passant par Uzès, Alès ou Pont-Saint-Esprit, avec conférences, spectacles, expositions et projections : le programme est à retrouver le site du département. Temps fort de l’édition : la rencontre Jeunes en lumière, le 19 novembre à Vergèze, où des enfants confiés à l’ASE témoigneront de leur parcours devant des professionnels. « Les enfants ont des droits particuliers parce qu’ils ont une vulnérabilité, conclut David Rohi. Nous avons encore beaucoup de chemin à faire pour que leur parole soit vraiment entendue ».

  • Les étudiants étrangers bientôt privés d’APL ?

    Les étudiants étrangers bientôt privés d’APL ?

    Plusieurs études ont démontré la vulnérabilité économique et sociale des étudiants dans un contexte inflationniste et de diminution constante des aides financières de l’État. Une population au sein de laquelle les étudiants internationaux sont parmi les plus mal lotis. Pourtant, si le projet de loi de finances 2026 est voté en l’état, quelque 300 000 étudiants extracommunautaires non boursiers perdront leur droit à l’aide personnalisée au logement (APL) d’ici à la prochaine rentrée universitaire. Une perte évaluée entre 100 et 250 euros par mois.

    « Ce n’était pas suffisant de leur imposer des frais d’inscription jusqu’à 16 fois plus élevés que pour leurs homologues européens », dénonce le Syndicat de combat universitaire de Montpellier (Scum), en référence au dispositif ironiquement intitulé « Bienvenue en France », mis en place en 2018. « Suite à des mobilisations partout en France, l’application de cette hausse des frais d’inscription avait été laissée au choix des universités. À Montpellier, suite à une lutte de longue haleine, le Scum avait obtenu que les deux universités n’appliquent pas ces frais d’inscription différenciés », rappelle le syndicat étudiant. « Il était aussi insuffisant pour le gouvernement d’attaquer les étudiantes et étudiants internationaux avec la « loi immigration  », en instaurant des statuts discriminatoires et des restrictions financières », dénonce-t-il.

    Alors que, « dans les années récentes », le nombre d’étudiants bénéficiaires des APL « est passé de 900 612 (34%) à 730 000 (25%) en 2024 », cette réforme constituerait « une nouvelle coupe brutale dans l’aide au logement étudiant », dénonce le Scum qui « alerte sur cette proposition raciste promouvant la préférence nationale  » et relaie une pétition* lancée par la Fondation pour le logement des défavorisés (ex Fondation Abbé Pierre).

    « Cette exclusion des APL intervient alors que les étudiants étrangers sont déjà confrontés à une grande précarité. D’après l’Observatoire de la vie étudiante (OVE), 62% ont eu recours à l’aide alimentaire ou en auraient eu besoin, contre 22% des étudiants français », dénonce la pétition. « Aujourd’hui, c’est un véritable parcours du combattant pour être admis à l’Université et obtenir un visa, précarité financière explosive, discriminations dans l’accès au logement ou à l’emploi, frais d’inscription exorbitants à payer depuis Bienvenue en France, difficultés pour les démarches administratives et en particulier pour les renouvellements de titres de séjour : désormais, leur accès à un logement digne, déjà difficile, sera rendu presque impossible ». Réunis dans un collectif national « APL en danger  », associations, syndicats (parmi lesquels le Scum), parlementaires, universitaires appellent donc le Parlement à rejeter ce funeste article 67 du projet de loi de finances.

    * « Non à la suppression des APL pour les étudiant·es étranger·es  !  » sur Change.org