Tag: Éducation

  • À Marseille, du collège au lycée, grosse colère contre l’école au rabais

    À Marseille, du collège au lycée, grosse colère contre l’école au rabais

    Contre les suppressions d’heures, de classes et de postes, la contestation s’est étendue des lycéens aux collégiens, personnels enseignants, assistants d’éducation, accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) et parents d’élèves. Ils étaient 900 selon la police, plus de 3 000 pour d’autres observateurs, à manifester, ce jeudi, des Réformés jusqu’à l’Inspection académique, pour exiger un budget digne de l’éducation nationale. Une mobilisation aux côtés des syndicats MNL, FSU-SNUipp, Snes-FSU, FO, CGT, SUD, CFDT, et de militants de LFI, de la JC ou de Révolution permanente.

    « Déjà, on n’arrive pas à remplacer un prof absent, déplore une maman derrière la banderole FCPE 13. Ces nouvelles suppressions sont inadmissibles, injustifiables. » C’est le cas au collège de l’Estaque, dans le 15e arrondissement, où quatre classes n’ont plus cours de français depuis janvier. « Nous, c’est une classe de 3e qu’on perd et on sera à 30 au lieu de 25 par classe », ajoute Noa, 13 ans, en 4e à Jean-Malrieu, interrompu par l’arrivée en fanfare des « lycées des quartiers nord ».

    Ce jeudi, les collégiens et les parents sont venus rejoindre le mouvement des lycéens, initié il y a près d’un mois. Ensemble, ils protestent contre la baisse des dotations aux établissements, la suppression de 3 256 postes d’enseignants dans le pays, dont 2 200 dans le premier degré, annoncée en janvier par l’éducation nationale pour la rentrée 2026-2027.

    « Ouvrez les écoles, vous fermerez des prisons », affiche une pancarte. « La logique gouvernementale est absente, comme mon père », dénonce une autre, tendue par Femida et Sacha. Élèves à Diderot, ils précisent : « On nous enlève tout ce qui était mis en place pour permettre plus d’égalité. » Les jeunes venus des lycées Montgrand, Monticelli ou Diderot réclament davantage d’heures de cours. « Ce ne sont pas juste des heures, c’est des possibilités d’enseignements différents, de l’aide aux devoirs, du travail en demi-groupe », insiste Nina, militante MNL. « C’est notre avenir, notre formation qui sont en jeu, on perd deux heures par spécialité et toutes nos options », complète Andréas, élève de terminale à Nelson-Mandela. Des chiffres couperet tombent, lâchés par un militant syndical de la FSU : « 147 heures pour le lycée Marie-Curie, 100 heures pour Montgrand, 72 heures pour Victor-Hugo, 64 heures pour Diderot… »

    Touchés, dès le 1er degré

    Venues des écoles élémentaires Grenier et Lauriers de Malpassé (13e arrondissement), des enseignantes s’alarment également. « Nos groupes scolaires sont aussi touchés par les restrictions budgétaires. On a eu une année de CP à 15 élèves, et puis gros retour en arrière. Maintenant, on nous annonce une classe en moins, avec des niveaux en insertion bien chargés, on saborde les conditions d’enseignement », dénoncent Alicia et Sarah, alors que le cortège s’engage sur le boulevard Charles-Nédelec en entonnant « la jeunesse emmerde le Front national ».

    Parmi les drapeaux secoués par le Mistral, celui de la Palestine et celui de Cuba rappellent que « le mouvement est parti contre la guerre, souligne Inès. On demande que ce budget ne soit pas utilisé pour des armes, mais pour l’éducation nationale, pour des conditions d’études décentes, des classes où l’eau ne coule pas du plafond comme à Marie-Curie, ou pour que les étudiants en photo aient accès à du matériel à Blaise-Pascal ». Des jeunes déterminés à construire un avenir fait de solidarités.

    Devant le bâtiment de l’éducation nationale bardé de CRS, les syndicats appellent à une nouvelle journée nationale de grève et mobilisation, le 31 mars. Un nouveau comité social d’administration (CSA) se tiendra le 2 avril, au cours duquel l’administration doit annoncer ses décisions avant validation en préfecture.

  • L’école de la deuxième chance face à la crise

    L’école de la deuxième chance face à la crise

    L’ambiance n’est pas au beau fixe dans les anciens abattoirs de Saint-Louis (15e), qui abritent l’école de la deuxième chance. Deux ans après l’arrivée d’une nouvelle équipe à sa tête, l’établissement, qui offre des formations aux jeunes de plus de 16 ans sans emploi ni formation, tente toujours de se dépêtrer de sa crise de gouvernance.

    Durant plus d’un an, la structure est en effet restée décapitée. Son président avait dû démissionner, en septembre 2022, après avoir échoué à ouvrir une antenne aixoise comme le souhaitait la Région – qui assure aujourd’hui que ce départ « relève de son choix », en rappelant qu’elle ne siège pas dans les instances. La directrice avait suivi au mois de décembre suivant, nommée à la Ville d’Aix. « On se demandait ce qu’elle faisait de ses journées, elle n’était là qu’un jour par semaine », souffle-t-on en interne. Il a fallu attendre le 30 novembre 2023 pour qu’Henri Carbuccia soit nommé président, puis juin 2024 pour qu’arrive une nouvelle directrice générale, Lila Somé. « Quand je suis arrivée, nous avons lancé une phase de diagnostic partagé qui a permis d’entendre la totalité des salariés, retrace-t-elle. Avant de se lancer dans l’élaboration d’un projet d’établissement qui a été finalisé au dernier trimestre 2025. » Avec notamment la mise en place de parcours individualisés à la carte pour les jeunes.

    Accompagnement annulé

    Mais cela n’a pas suffi à tourner totalement la page. Le 21 février, l’établissement se mettait en effet en quête d’un cabinet de conseil pour une mission « d’accompagnement stratégique et organisationnel ». Le cahier des charges ciblait « une période marquée par une forte instabilité managériale, une dégradation du climat social et un turnover élevé ». Si « un accompagnement engagé depuis octobre 2024 a permis de restaurer progressivement un collectif de direction fonctionnel », l’école sollicite malgré tout un prestataire externe « afin de sécuriser cette phase critique de transformation ». Signe de couacs persistants, le marché a été annulé ce vendredi : le conseil d’administration n’avait pas été prévenu.

    « Il n’y a pas un climat anxiogène ou de vive tension, nous sommes plutôt dans une optique de stabilisation », assure Lila Somé. Mais certains s’alarment du nombre élevé d’arrêts maladie. Surtout, cette stabilisation elle-même est menacée par les coupes des collectivités. « Il y a un problème de subventions, il faut se réorganiser parce qu’on a perdu des milliers d’euros. C’est ça le vrai sujet », s’alarme l’ex-adjoint (PM) à la jeunesse, Hedi Ramdane. Il cible des dotations du Département divisées par deux il y a deux ans, celles de la Région diminuées l’an passé de 10,5%. Le lancement d’une étude par le conseil régional interrogeant son soutien à ces structures ajoute à l’incertitude. « Les dotations s’adaptent chaque année au plus près des besoins réels de formation », se défend la collectivité, qui rappelle avoir doublé depuis 2020 (année de pandémie) son soutien aux écoles de la deuxième chance, pour atteindre 4,7 millions d’euros en 2025. Résultat de l’étude attendu fin 2026.

    « Nul n’est serein dans ce contexte, soupire Lila Somé. Nous-mêmes, nous sommes préoccupés, nous demandons beaucoup aux équipes parce que la demande est exigeante. » En cas de perte de soutien public, « je crains que ça ne se traduise par un plan de licenciements ». Même si la municipalité prévoit d’implanter d’autres activités dans les locaux pour alléger le loyer. Car les besoins sont de plus en plus criants sur fond de crise sociale. « Nous faisons face à des jeunes de plus en plus précarisés, de plus en plus éloignés de l’emploi, qui font face à de gros problèmes de santé mentale et à de nombreuses addictions », témoigne la directrice générale. Le nombre de jeunes suivis, plus d’un millier désormais, a atteint un niveau record. En leur apportant de vrais débouchés, avec plus de 70% de sorties positives.

  • Primaire et secondaire, ensemble contre la baisse des moyens

    Primaire et secondaire, ensemble contre la baisse des moyens

    Les lycées Jacques-Chirac (2e), Marie-Curie (5e), Montgrand (6e) et César-Baldaccini (ex-Rempart-Vinci, 7e), ont été bloqués une nouvelle fois, mardi 24 mars, par les élèves. Au lycée Denis-Diderot (13e), une réunion publique a été organisée conjointement avec l’école primaire Malpassé (13e), en fin de journée, à l’annonce de la possible suppression de postes et de classes à la prochaine rentrée. Des professeurs de l’école Gilles-Vigneault (5e), également concernée par des fermetures de classes, ont tenu un rassemblement devant leur établissement.

    « Du public de qualité »

    Au lycée Baldaccini, mardi matin, les élèves ont bloqué les entrées de l’établissement pour la troisième fois depuis le début du mouvement, le 5 mars. « Il s’agit d’un blocage filtrant, pour permettre aux élèves qui ont des examens de passer », précise Gwendal, lycéen et membre du syndicat Mouvement national lycéen (MNL). Une délégation d’élèves et d’enseignants a été reçue par la direction pour « clarifier nos revendications », explique une professeure. Le proviseur, présent, n’a pas souhaité commenter. Selon les personnels en lutte, l’annonce d’une réduction de 50h de la dotation horaire impliquerait, dans ce lycée, « la suppression d’un poste de CPE, de plusieurs spécialités et de classes dédoublées ». Une session de tractage s’est organisée dans l’après-midi, devant le collège Gaston-Defferre, à deux pas, « pour visibiliser notre lutte et parce que 50% de ces collégiens viennent ensuite à Baldaccini. Il faut se battre pour un enseignement public de qualité et éviter l’hémorragie vers le privé. »

    Les primaires en colère

    Les écoles primaires ne sont pas en reste. Devant l’annexe Pardigon de l’école élémentaire Vigneault, une trentaine de professeurs et de parents d’élèves se sont réunis à 16h, ce mardi. « On a appris par les syndicats que la suppression d’une, voire deux classes, était sur la table. Ça voudrait dire plus d’élèves par cours, mais aussi la fermeture d’un des bâtiments de l’école, donc moins d’espace pour nos enfants », explique Célia, parent d’élève. Pierre, un autre parent, ajoute : « Notre école est en REP+, on a vraiment besoin de maintenir nos conditions d’enseignement. On risque juste de mettre nos enfants en échec. »

    Une réunion de travail doit se tenir, ce mercredi 25 mars, avec la Direction des services départementaux de l’éducation nationale (DSDEN) et les syndicats, pour arbitrer des ouvertures et fermetures de classes. « Cette année, la DSDEN n’a pas informé les syndicats des hypothèses de travail en amont de la commission, au prétexte des élections municipales, raconte Sébastien Boistel, représentant syndical FSU-SNUipp et professeur à l’école Malpassé. On ne les a reçues que le 23 mars, alors qu’on parle quand même de la possible fermeture de 50 classes rien qu’à Marseille. » Contacté, le rectorat n’a pas encore donné suite.

    Mobilisation au collège l’Estaque

    Des parents d’élèves organisent un rassemblement, ce mercredi 25 mars, devant le collège l’Estaque (16e). Depuis le 12 janvier, un poste de professeur de français est vacant dans l’établissement. Conséquence : quatre classes de cinquième et quatrième se retrouvent sans solution de remplacement. Avec cette mobilisation, « nous souhaitons interpeller l’administration sur la situation et faire bouger les choses », explique Fabrice, l’un des parents d’élèves. Une pétition circule.

  • À Arles, l’union fait la force autour de Nicolas Koukas

    À Arles, l’union fait la force autour de Nicolas Koukas

    « Ici c’est Fournier ! » clame Nicolas Koukas à l’ouverture de son meeting de second tour des élections municipales, jeudi soir, pour la liste de l’Union pour Arles. Le gymnase a vibré au son d’Eminem et d’AC/DC à l’énumération des noms des colistiers, avant de laisser place à la voix légèrement enrouée du candidat communiste, qui ne laisse aucune suspension à sa confiance : « ce second tour va nous mener à la victoire dimanche » affirme-t-il devant ses soutiens gonflés à bloc.

    Arrivé en deuxième position du scrutin avec 25,38 % des voix, derrière le maire Horizons Patrick De Carolis à 34%, Nicolas Koukas estime être « en ballotage favorable » au milieu du maire sortant et des autres adversaires que sont Rémy Benson (RN) à l’extrême droite avec 16,37% des voix et Jean-Michel Jalabert (DVC) à 13,69%. Le chef de file de l’Union pour Arles analyse le 1er tour en pointant que « deux tiers des Arlésiens qui se sont exprimés ont dit non au maire […] qui, ne vous y trompez pas, a subi un sérieux revers », mais ne s’en satisfait pas pour autant. « L’abstention est trop forte quand un Arlésien sur deux ne ssest pas déplacé pour voter. Ce n’est pas une fatalité, c’est le symptôme d’une crise démocratique » relève le candidat qui veut la « combattre de manière unie ».

    La force de l’union

    Car « La force de l’union » n’est pas qu’un slogan écrit sur les affiches et tracts du candidat, mais une somme de réalités. Outre les neuf partis politiques mobilisés au sein de cette union, ainsi que les « 600 Arlésiens qui ont construit le projet » porté par sa liste, dont ceux de l’Appel d’Arles, Nicolas Koukas emporte avec lui de nouveaux alliés dans ce deuxième round.

    À commencer par des anciens membres de l’équipe De Carolis comme le Dr Serge Meyssonnier de Mas Thibert, ancien adjoint et Sophie Aspord, ex-3e adjointe à l’urbanisme, tous deux présents dans la salle, le candidat est fort du « consensus de tous bords sur l’incapacité à rassembler et diriger » du maire sortant, « y compris dans son ancienne équipe ». Mais aussi du soutien des Écologistes qui étaient sur la liste de Jecilla Regad (LFI) au 1er tour, dont Nicolas Koukas (PCF) a salué la « belle campagne de gauche ».

    De gauche, comme Fernand Fournier, dont Nicolas Koukas a souhaité « rappeler qui il était : un résistant, cheminot, mort en déportation ». Une précision utile face au discours du maire sortant, qui fait feu de tout bois sur le communiste et son équipe. « Des dangereux bolcheviques avec un couteau entre les dents ! » caricature Nicolas Koukas, qui se dit « fier de nos parents et grands-parents qui ont chassé les nazis eux-mêmes en 1944 et ont mené tant de combats depuis ».

    Plus que l’anticommunisme primaire, le candidat pointe « les intimidations » sur des agents communaux de la part du maire sortant, les « divisions systématiques » au sein de « l’ancien monde en déroute » du « candidat macroniste » qui a été jusqu’à « faire pression sur Jean-Michel Jalabert pour qu’il se retire, en appelant jusqu’à Jean-Pierre Camoin, ancien maire de droite (RPR) dans les années 1980 pour ce faire ». « Quel spectacle, quel cirque nous offre-t-il après nous avoir tant critiqué tout le mandat ? Comment avoir confiance en un homme pareil ? Notre ville mérite mieux » tranche Nicolas Koukas.

    « Notre devoir est de mettre fin au système De Carolis » lance-t-il, y opposant « l’urgence de la démocratie participative pour rendre Arles aux Arlésiens » et « refuser les décisions prises entre amis ou dans un bureau fermé ». Mais aussi « Les 12 millions d’euros que nous allons dédier à l’éducation et aux écoles, la lutte contre l’habitat indigne » entre autres mesures que Nicolas Koukas espère faire gagner par le « réveil de la flamme populaire pour une ville plus humaine, chaleureuse et prospère ».

    La chaleur, elle, était déjà là.

  • Le secteur de l’éducation en grève exprime sa colère dans les Bouches-du-Rhône

    Le secteur de l’éducation en grève exprime sa colère dans les Bouches-du-Rhône

    « Aujourd’hui, si on est aussi nombreux et nombreuses, c’est parce que, pour une fois, on a décidé de ne pas se laisser faire face à ce rouleau compresseur qui nous écrase depuis des années. » Au mégaphone, Marthe Bonifay, professeur de lettres et histoire au lycée professionnel Denis-Diderot à Marseille (13e). Une grève du secteur de l’éducation est organisée ce mardi 17 mars, à l’appel de l’intersyndicale, suite à l’annonce par le rectorat de la suppression d’heures d’enseignement à la rentrée 2026 dans plusieurs lycées du département. Une foule a commencé à se réunir dès 11h près du kiosque des Réformés pour une manifestation. Un cortège d’élèves de différents établissements s’y est joint, sous des acclamations, en brandissant des pancartes « Le fric pour la santé et l’éducation, pas pour les flics et les prisons ».

    Élèves et enseignants main dans la main

    Au total, plus de 700 personnes, selon la préfecture de police, se sont réunies à Marseille pour la mobilisation. Le cortège était à l’image du mouvement de protestation, représenté pour moitié par des élèves. « Il prend de l’ampleur tous les jours » depuis le 5 mars, selon Françoise Julia, secrétaire académique CGT Educ-action13 et enseignante. Elle raconte que dans le département, et surtout à Marseille où des lycées sont sévèrement touchés par la baisse des moyens, « des grèves des personnels éducatifs et des blocus lycéens se sont relayés pour faire entendre le ras-le-bol ».

    Si certains établissements ont vécu plusieurs jours de blocages successifs, comme les lycées Montgrand (6e), Victor-Hugo (3e), Artaud (13e) ou Diderot (13e), trois lycéennes en classe de seconde confient avoir « participé au premier blocus de leur vie ce matin » au lycée Nelson-Mandela (12e). Pourquoi se mobiliser aujourd’hui ? « On a peur de se retrouver trop nombreux en classe et que ça creuse les inégalités entre les élèves », expliquent-elles. Même chose à la Cité scolaire internationale (CSI) Jacques-Chirac (2e), où les élèves ont organisé un blocus pour la première fois mardi matin. Un professeur de mathématiques de la CSI rapporte être « impressionné » par « la maturité et l’organisation des élèves ».

    Dans certains établissements, les blocages ont pourtant conduit à des tensions, notamment avec les forces de l’ordre. Après un premier lycéen interpellé au lycée Thiers le 10 mars, deux élèves du lycée Artaud ont été placés en garde-à-vue le 13 mars. Des lycéens du lycée Diderot témoignent avoir « reçu des pressions et des menaces d’exclusion de la part de la direction » du fait de leur participation aux blocus. Contacté à ce sujet, le rectorat indique ne pas souhaiter communiquer « en raison du devoir de réserve lié à la période électorale actuelle ».

    Élargir le mouvement

    Une délégation d’enseignants, de lycéens et de parents d’élèves a été reçue en audience par la Direction des services départementaux de l’éducation nationale (DSDEN), mardi. Une assemblée générale s’est ensuite tenue à la Bourse du travail « pour décider de la suite des actions ». Pour Caroline Roux, professeure d’histoire-géographie à Montgrand, l’enjeu est de « construire un mouvement très fort, qui part de la base, pour un service public de l’éducation de qualité ». Reste donc pour eux à étendre la mobilisation aux établissements qui ne sont pas encore entrés dans la danse, y compris les collèges, en vue de la journée de grève nationale annoncée pour le 26 mars.

  • Grande journée de mobilisation dans les lycées contre l’austérité

    Grande journée de mobilisation dans les lycées contre l’austérité

    Depuis le 5 mars, des lycées marseillais s’activent suite aux annonces début février de la baisse des moyens attribués par le rectorat de l’académie d’Aix-Marseille, pour préparer la rentrée 2026. Alors que les personnels éducatifs et les lycéens en lutte ont décidé de reconduire le mouvement le 17 mars, l’intersyndicale de l’éducation des Bouches-du-Rhône (FSU, CGT Éduc’action, SUD Éduc, FO-Fnec, Sgen-CFDT) annonce « soutenir leur mobilisation et appelle à une journée de grève et de mobilisation départementale dans tous les établissements ».

    Une mobilisation d’ampleur attendue

    Le 17 mars, Marthe Bonifay, professeure de lettres et histoire au lycée Denis-Diderot (13e) et CGT Éduc’action, s’attend à « un mouvement massif ». « Nous avons rarement vu autant de professeurs mobilisés, affirme-t-elle, avec presque une soixantaine d’entre nous présents à la réunion d’information syndicale en cette veille de grève. » Même chose dans les autres établissements qui se soulèvent depuis deux semaines. À Marseille, les lycées Saint-Charles (1er), Victor-Hugo (3e), Nelson-Mandela (12e) et Antonin-Artaud (13e) ont connu des blocages et des grèves depuis le 5 mars. Les enseignants du lycée Mongrand (6e) déclarent que plus de 90% des professeurs étaient en grève le 10 mars.

    Pour encourager à rejoindre le mouvement, « un travail de sensibilisation a été conduit », explique Maria Ignacio, enseignante au lycée Antonin-Artaud (13e) et membre du Snes-FSU 13. Elle raconte qu’une « assemblée générale des établissements en lutte s’est réunie le 10 mars pour décider collectivement des actions », mais aussi que « des temps de discussion avec les élèves et parents d’élèves sont organisés pour éclairer les raisons de la mobilisation ». À l’initiative du Mouvement des parents d’élèves 13 (MPE13) une réunion d’information s’est d’ailleurs tenue au lycée Montgrand lundi soir.

    Le 17, un rassemblement est prévu à 11h aux Réformés à Marseille, avant de se rendre à la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale (DSDEN), où une demande d’audience a été déposée par les syndicats. Une AG des personnels en lutte se tiendra ensuite à la Bourse du travail à 14h.

    Faire converger les luttes

    Le mouvement de colère a démarré quand l’annonce des dotations horaires globales (DHG) pour la rentrée 2026, qui déterminent les heures d’enseignement dans les établissements, a révélé des réductions considérables dans de nombreux lycées du département. « On accuse le coup d’années successives de restrictions budgétaires qui obligent à une gestion de la misère. On demande simplement des moyens à hauteur des besoins, pour préserver le service public de l’éducation », fulmine Marthe Bonifay. « Et les élèves comprennent parfaitement les enjeux, ils savent qu’ils vont en payer les frais. » Le lycée Diderot était de nouveau bloqué par les lycéens ce lundi. Elle conclut : « Face à la stratégie de division du rectorat qui cherche à nous mettre en compétition pour la distribution des heures, nous appelons à un mouvement de convergence de la lutte. » Une nouvelle journée de grève a déjà été annoncée par les syndicats le 26 mars, à l’échelle nationale cette fois-ci.

  • [Marseille] Les blocus lycéens se poursuivent contre la baisse des dotations horaires

    [Marseille] Les blocus lycéens se poursuivent contre la baisse des dotations horaires

    Ce vendredi au matin, le lycée Montgrand n’a pas ouvert ses portes. Déjà bloqué le 11 mars par les lycéens, après un mouvement de grève massif des enseignants le 10 mars, les élèves ont remis le couvert. Cette fois-ci, « les lycéens, rassemblés en assemblée générale, ont voté démocratiquement la poursuite du blocage », raconte Angèle, élève de première et militante au syndicat Mouvement national lycéen (MNL). « Nous soutenons leur initiative », indiquent Caroline Roux, Violaine Vandepoorter et Sophia Banoudi, professeures d’histoire-géographie et de français. « Il faut que nos mobilisations convergent, continuent-elles, car avec la perte de 100 heures de notre dotation les conditions d’enseignement, pour nous, et d’apprentissage, pour eux, ne seront plus les mêmes. » Les trois enseignantes craignent par exemple « la suppression des groupes de langues et d’accompagnement personnalisé » et anticipent « qu’il sera compliqué de repérer les difficultés des élèves dans des classes de 32 ».

    Des heurts avec la police

    Au lycée Artaud, les lycéens ont aussi enchaîné un blocus les 12 et 13 mars, avec près de 200 élèves mobilisés selon la préfecture de police. Alors que l’action de la veille s’était déroulée pacifiquement, les forces de l’ordre rapportent vendredi avoir essuyé de la part de certains élèves des jets de projectiles et un départ de feu aurait été déclenché sur un local poubelles dans une résidence en face du lycée. Selon la préfecture, deux lycéens ont été interpellés avant que la situation ne revienne au calme.

    Il s’agit de la septième journée de mobilisation dans les lycées marseillais. Depuis le 5 mars, des élèves et des enseignants des lycées Saint-Charles (1er), Victor-Hugo (3e), Diderot (13e) ou encore Mandela (14e), se relaient pour faire entendre leur colère, entre blocus et piquets de grève. Ils protestent contre la suppression des heures d’enseignement prévue dans les dotations horaires globales (DHG), distribuées par l’académie d’Aix-Marseille pour la rentrée 2026.

    Les organisations syndicales (CGT Éduc et SUD Éduc) appellent à une mobilisation générale et une journée de grève mardi 17 mars, avec un rassemblement à 11h aux Réformés.

  • [Digne-les-Bains] Une prépa publique pour accéder aux écoles d’Art

    [Digne-les-Bains] Une prépa publique pour accéder aux écoles d’Art

    Si je n’avais pas eu cette prépa publique, je n’aurais pas eu les moyens de payer une prépa privée, impossible ! ». À Digne-les-Bains, l’école d’art IDBL propose une classe préparatoire publique qui aide les étudiants à préparer les concours des grandes écoles d’art. Entre 50% et 80% de ses élèves sont boursiers. Elle fait partie des 24 classes préparatoires publiques d’art en France, alors qu’une prépa privée coûte entre 7 000 et 8 000 euros l’année. Elle est gérée par Provence Alpes Agglomération. À la création de l’école, « c’était une initiative privée, puis la Ville de Digne a décidé politiquement d’investir dans ce service public », explique la directrice d’IDBL, Émeline Eudes. L’agglomération, formée en 2017, a ensuite récupéré la gestion de l’école.

    Peu de chances de réussir sans prépa

    « Un jeune qui sort du bac a très peu de chances de réussir les concours des écoles supérieures artistiques tout seul, sans prépa », précise la directrice. Beaucoup de jeunes se tournent d’ailleurs vers sa prépa après avoir échoué les concours une première fois. De nombreuses disciplines y sont enseignées : photo, vidéo, histoire de l’art, dessin, peinture, gravure, graphisme, céramique ou encore scénographie. « Il y a un tel flux vers le privé qu’on n’arrive plus à remplir les formations publiques. Les étudiants et les parents se disent que ça coûte tellement peu cher que c’est forcément moins bien que le privé », regrette Émeline Eudes. Pourtant, la prépa de Digne affiche un taux de réussite de 100%, selon sa directrice, grâce à un accompagnement personnalisé qui permet aux étudiants d’être orientés vers l’école qui leur correspond le mieux et qui a le plus de chances de les prendre. « Cela montre qu’on n’a pas besoin de faire une prépa privée pour réussir », témoigne Lucie Jeandot, étudiante de 18 ans. « Quand on dit qu’on étudie dans une prépa à Digne, les gens sont surpris qu’il y en ait une ici », ajoute sa camarade, Estelle Chaminas, elle aussi âgée de 18 ans.

    Journée spéciale ce samedi de 10h à 17h avec des témoignages d’anciens élèves à 11h et 14h. Portes ouvertes toute la semaine jusqu’à vendredi.

  • Les collégiens invités à briser les stéréotypes de genre

    Les collégiens invités à briser les stéréotypes de genre

    En cercle, les filles s’assoient d’un côté et les garçons de l’autre. C’est ainsi que les élèves procèdent instinctivement dans cette classe de 6e du collège Jules-Massenet. « Le mot égalité, ça veut dire quoi pour vous ? », demande Eva, intervenante de l’association Aroéven. « Qu’est-ce que vous pouvez faire et ne pas faire en tant que garçon et en tant que fille ? », interroge-t-elle. « J’ai trop de choses dans le cœur à écrire », lance vivement une élève. Chacun vient poser son post-it coloré sur le tableau de la classe : « Les filles doivent faire à manger, mais elles ne peuvent pas traîner dehors toutes seules le soir » ; « C’est mal vu d’être efféminé en tant que garçon. »

    À l’occasion de la semaine de l’égalité du 9 au 13 mars au collège Jules -Massenet, dans le 14e arrondissement (classé réseau d’éducation prioritaire renforcé REP+), l’association Aroéven intervient dans les classes de la 6e à la 3e pour sensibiliser les élèves à l’égalité entre les hommes et les femmes. « Ils apprécient qu’on leur donne un espace de parole », affirme Eva. En se déplaçant dans la pièce, les élèves se positionnent d’un côté ou de l’autre pour dire s’ils sont d’accord ou pas avec telle ou telle affirmation. « Pourquoi c’est mal vu de pleurer pour les garçons ? », « c’est à cause de Neymar », déclame un élève amusé.

    « Les élèves sont acteurs »

    Avec l’appui de quiz et de jeux en groupe, ils échangent, argumentent et débattent entre eux pour déconstruire les préjugés et stéréotypes, mais aussi prendre conscience de leurs représentations. Tous se prêtent au jeu. « J’ai appris qu’il n’y a pas beaucoup de filles qui jouent au foot et qu’on pouvait dire sage-femme même pour les hommes », indique joyeusement Tidjara, 12 ans. « Tous les élèves sont acteurs et porteurs du message », explique la principale du collège, Lamia Abassi. « Les élèves de 4e interviennent auprès des 5e et les 5e auprès des 6e avec des exposés sur des femmes célèbres », poursuit-elle. Plusieurs partenaires extérieurs et académiques accompagnent cette semaine qui concerne tout l’établissement. Les professeurs et personnels suivent des formations internes sur l’égalité femmes-hommes. José, 12 ans, ressort légèrement insouciant de l’atelier : « Je ne savais pas ce que le mot préjugé voulait dire, mais après pour moi, filles ou garçons, on est tous pareils. »

  • À Avignon, les familles verront-elles la facture augmenter ?

    À Avignon, les familles verront-elles la facture augmenter ?

    Si son choix est délicat, Cécile Helle nous confiait, mi-décembre à l’heure de tirer un trait sur le conseil municipal, que la remunicipalisation des cantines scolaires est la délibération dont elle est la plus fière. Un projet lancé au tout début du premier mandat de la maire (PS), contre vents et marées. Une décision qui a ensuite permis, lors de ce second mandat, de baisser par trois fois les prix de la cantine. Ainsi, plus de la moitié des élèves déjeunent pour moins d’un euro (80% d’entre eux fréquentent la cantine) avec un tarif maximal de 2,85 euros. Un véritable choix politique – pour lequel le RN et sa candidate Anne-Sophie Rigault avait voté contre en séance – quand on sait que le prix de revient d’un repas est de 12 euros. Joël Peyre, élu aux finances, rappelle souvent que malgré l’augmentation du prix des denrées, cumulée à la baisse des tarifs, le budget cantines restait moins élevé que lors de la privatisation.

    Dans la même veine, Avignon est l’une des rares communes à avoir maintenu les rythmes scolaires sur 4,5 jours (notre édition de ce mercredi), en proposant des activités périscolaires gratuites. Dont l’engagement financier (1,8 million d’euros annuels) est à la charge exclusive désormais de la commune. Les familles ne sont pas non plus mises à contribution lors de l’accueil du matin et la garderie du soir. Toujours côté pouvoir d’achat scolaire, la Ville a mis en place un kit de rentrée, offrant à chaque enfant un nécessaire de fournitures.

    Un héritage, visible aussi à travers la gratuité des musées et des bibliothèques, que Cécile Helle interroge régulièrement ces dernières semaines. Sera-t-il dilapidé, remis en cause, ajusté ? Pour l’heure, aucun candidat ne s’est aventuré à dire qu’il rendrait au privé la gestion des cantines. La plupart comptent revenir à la semaine des 4 jours, remodelant ainsi l’organisation du mercredi. Olivier Galzi (DVD) souhaite « créer un plan mercredi de qualité, structuré avec les associations » et « expérimenter l’élargissement des horaires d’accueil et d’aide aux devoirs notamment pour les travailleurs en horaires décalés ». Une mesure qui resterait gratuite pour les familles, précise le candidat qui compte, en revanche, refaire payer les musées aux touristes.