Tag: éducation nationale

  • Dans le Gard, 59 classes fermées en septembre ?

    Dans le Gard, 59 classes fermées en septembre ?

    « Une gifle. » Voici comment le syndicat Unsa a qualifié l’annonce jeudi 9 avril du Dasen qui prévoit de fermer 59 classes sur tout le département. Nîmes, Alès, la ruralité, les maternelles, les primaires, l’éducation prioritaire, aucun secteur n’est épargné. Face à cette présentation, les syndicats ont évidemment voté contre cette carte scolaire alors qu’une manifestation réunissant enseignants, parents et syndicats se tenait devant le siège du Dasen.

    Dans le détail, le Dasen prévoit 14 ouvertures de classes dont dix à Nîmes (neuf en éducation prioritaire) mais aussi à Saint-Ambroix, Beaucaire (éducation prioritaire), Milhaud et Redessan. Le Dasen a aussi consenti à revenir sur trois fermetures prévues à Nîmes (à Georges-Bruguier, Mont-Duplan et Rangueuil). Mais il reste tout de même 59 classes menacées de fermeture dont 17 à Nîmes, six à Alès ou encore deux à Saint-Gilles.

    « La baisse démographique est réelle mais on n’améliore pas les conditions d’enseignement. Il y a des points comme Bessèges par exemple où on avait sauvé la classe l’an dernier mais il prévoit à nouveau de la fermer sauf que ça va faire des classes en maternelle à 25 ou 26 avec des cas pas possibles et une misère sociale importante… C’est une catastrophe. On fait tout peser sur la maternelle alors que c’est le début de la scolarité », fustige Myriam Vermale, co-secrétaire du Snuipp-FSU du Gard.

    Mais ces arguments n’ont pas influencé le Dasen. « Le Dasen, il est honnête, il nous l’a dit, s’il ouvre une classe, il doit en fermer une. S’il ne ferme pas une classe, il en fermera une autre ailleurs. Aujourd’hui, aucune école n’est tranquille parce que la carte scolaire n’est pas arrêtée », avertit Myriam Vermale. D’ailleurs, dix classes sont « sous surveillance » des syndicats dont des classes à Barjac, Vénéjean ou Lassalle qui pourraient avoir de mauvaises surprises.

    Sur ces 59 fermetures, toutes ne sont pas non plus à défendre. Les syndicats ont contacté les écoles concernées et tentent d’influer sur celles qui affirment avoir des effectifs suffisants pour s’opposer aux fermetures.

    Nouvelles négociations

    le 17 avril

    La FSU du Gard regrette également les suppressions de postes d’enseignants : « Le Dasen appuie les directives ministérielles donc il crée des postes mais hors de la classe avec les pôles d’appui à la scolarité pour la gestion des élèves en difficulté. Il dit que ça va tout révolutionner mais il pompe neuf postes d’enseignants sur le premier degré. On part avec une dotation de moins 27 postes. »

    Le Dasen a aussi prévu de créer à nouveau trois classes Ulis, poursuivant la dynamique de déploiement de ces Unités localisées pour l’inclusion scolaire dans le département. Mais ces ouvertures pèsent aussi sur le nombre d’enseignants puisque ces postes sont ponctionnés dans les effectifs des enseignants. « Puisqu’il crée des Ulis dont on a besoin, il crée aussi un poste de coordonnateur Ulis ce qui nous fait encore perdre un poste d’enseignant », s’agace Myriam Vermale.

    Une nouvelle réunion s’est tenue jeudi 16 avril mais la nouvelle véritable négociation se déroulera vendredi 17 avril en conseil départemental de l’Éducation nationale (CDEN). L’occasion de voir si les nombreuses mobilisations à Aimargues, Nîmes, Bagnols-sur-Cèze, Bessèges, Moulézan, Tornac, les Salles-du-Gardon, Cavillargues, Saint-Julien-de-Peyrolas ou encore Vers-Pont-du-Gard influeront sur les choix du Dasen.

  • Marseille, les parents en lutte pour regagner des classes

    Marseille, les parents en lutte pour regagner des classes

    « On a déjà quelques retours d’écoles où il y a des bougés ! », lance Letizia Vignone, secrétaire du bureau départemental du Mouvement des parents d’élèves (MPE 13), mobilisée aux côtés de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE 13) contre les 152 fermetures de classes prévues dans les Bouches-du-Rhône à la rentrée 2026-2027, dont 33 à Marseille.

    Jeudi, la carte scolaire était passée au crible par les services départementaux de l’Éducation nationale. Les parents réclament une réévaluation à la hausse de la dotation des établissements des 1er et 2nd degrés. Des heures en moins, ce sont des classes supprimées et des effectifs surchargés. « Ces conditions dégradées d’apprentissage auront un impact fort sur la scolarité et donc l’avenir de nos enfants », craint une mère dont les deux enfants, scolarisés au collège Malrieu, subissent de fortes suppressions d’heures. « Il y a des réajustements à exiger », assure Letizia Vignone, qui invite à nouveau les parents à se mobiliser, à 8h30, devant la DSDEN pour les débats. Puis le rapport de force devra encore jouer le 8 avril, « où nous avons obtenu une audience auprès du recteur d’académie ». Les jeux ne sont pas faits.

    ET AUSSI

  • À Gardanne-Biver, une issue positive se dessine pour l’école Paul-Cezanne

    À Gardanne-Biver, une issue positive se dessine pour l’école Paul-Cezanne

    Huit heures ce jeudi, à Gardanne, quartier Biver. Le bruit des casseroles et les chants de mécontentement venant de petites foules de parents d’élèves réunis devant les portails de deux écoles de la commune se font entendre. La menace d’une fermeture de classes à Lucie-Aubrac et Paul-Cezanne (Biver), dans le cadre d’une reconfiguration de la carte scolaire, a suscité la colère des parents d’élèves. Mais aussi des jeunes concernés.

    « On est sur une proposition de fermeture de classe avec un comptage des effectifs sur les deux écoles élémentaires [Mistral et Cezanne, Ndlr]. Actuellement, il y a douze classes entre les deux sites, six d’un côté, six de l’autre. Ils veulent revenir à onze classes, avec un effectif d’une moyenne de 25 élèves par classe. Ce qui est acceptable, mais avec une moyenne de 23-24 d’un côté et une moyenne de 27-28 élèves de l’autre », a expliqué Ariane Bonnet, présidente de l’Association FCPE (Fédération des conseils de parents d’élèves) Biver.

    Présent sur place, Antonio Mujica, adjoint au maire, a estimé : « On ne peut pas faire des préconisations en disant que 24 élèves est une moyenne et balayer ça ensuite. Nous ne sommes pas d’accord avec ça. »

    Un écrit « pour confirmer »

    Il rappelle que la nouvelle configuration de la carte scolaire inclut « une ouverture de classe », prévue à l’école Beaurecueil, dans le centre de Gardanne. Finalement, et contre toute attente, les parents ont obtenu gain de cause. La commission carte scolaire n’aurait pas voté la fermeture d’une classe à l’école Paul-Cezanne, selon la FCPE de Biver. « L’action commune, entre la mairie et les parents d’élèves, a fonctionné. Cela met en avant l’efficacité de l’action collective », a commenté, en fin de journée, la FCPE. De son côté, la mairie indique attendre un écrit « officiel, d’ici le début de la semaine prochaine, pour confirmer ces informations ». La Direction des services départementaux de l’éducation nationale (DSDEN), en revanche, n’a pas pu nous confirmer l’information.

    Devant le portail de l’école Lucie-Aubrac, le ton est monté aussi, jeudi matin. « On a stressé pour nos enfants, puisque les classes pourraient aller jusqu’à 29-30 enfants, ce qui nous paraît énorme avec 15 enfants notifiés MDPH (Maison départementale des personnes handicapées) sur l’école », indique Audrey. « On pense aussi à nos enseignants : 30 élèves, ce n’est pas possible. Nos enfants ne sont pas dans un apprentissage correct, on perd l’école publique. Cette fermeture accompagne tout le monde, le personnel accompagnant aussi », ajoute Camille. L’évolution de la situation concernant la fermeture de classe à Lucie-Aubrac n’était pas connue au moment où nous écrivons ces lignes.

  • [Grève dans l’éducation nationale] En Vaucluse, plus de 40 fermetures de classes prévues malgré la fronde

    [Grève dans l’éducation nationale] En Vaucluse, plus de 40 fermetures de classes prévues malgré la fronde

    Les dix représentants syndicaux (quatre de FO, quatre de la FSU et deux de l’Unsa) ont voté contre la nouvelle carte scolaire du premier degré proposée par la direction académique de Vaucluse lors du Comité social d’administration (CSA) qui s’est tenu ce jeudi 2 avril, à Avignon.

    « Il y a plus de 40 fermetures confirmées pour l’instant pour entre 18 et 20 ouvertures et aucun poste de remplaçant. Ça va être très compliqué », regrette Olivier Montel, secrétaire départemental Unsa Éducation, à la sortie du rendez-vous, après plus de trois heures de réunion. Il met notamment en avant des « situations complexes avec des fermetures dans de petites écoles rurales ».

    Manifestation de mamans

    Tanguy Langlet, secrétaire départemental du syndicat Snudi 84-FO, abonde : « On a été assez choqués, car le directeur avait dit qu’il n’allait pas revenir sur les fermetures. Au final, il est revenu sur trois situations, mais c’est largement insuffisant. On voit de larges baisses d’effectifs de partout. Cela découle d’un budget de guerre qui laisse de côté l’éducation. »

    Une nouvelle réunion s’est tenue le soir même en préfecture, cette fois en présence de représentants de l’État et des différentes municipalités concernées. Un autre rendez-vous entre syndicats et direction académique autour de la carte scolaire devrait avoir lieu dans les prochaines semaines.

    Dès 9h ce jeudi, un peu moins d’une centaine de personnes s’étaient rassemblées devant la direction académique de Vaucluse pour s’insurger contre les fermetures ou réclamer des ouvertures de classes. Les parents d’élèves, majoritairement des mamans, ont fait entendre leur voix avec des chants en soutien à plusieurs écoles du secteur, comme Saint-Roch ou Mistral à Avignon, ou encore Jean-Moulin à Saint-Saturnin. « On vit très mal cette situation. 30 élèves par classe, ce n’est pas possible, surtout en maternelle où ils apprennent les bases », regrette Samia Mohammed, mère d’une élève en petite section maternelle, à Saint-Roch. « Il y a une deuxième fermeture en deux ans chez nous. On est dans un quartier où la maîtrise du langage est compliquée, donc ces suppressions pénalisent les enfants. On aimerait être en REP+, mais ce n’est pas accepté », abonde une maîtresse de l’établissement. « On a rencontré un représentant de la mairie, lundi, et il a dit qu’il allait voir le directeur académique. Monsieur le maire, où êtes-vous et où sont vos promesses ? », lance une parent d’élève.

    Sur place, les élus d’opposition Mathilde Louvain (LFI) et Oukacha Rtili (LFI) étaient présents. « L’école est le premier service public. En tant qu’élus, il faut être dans le rapport de force contre les fermetures », lance l’ex-tête de liste des Insoumis aux municipales. « Le point essentiel, c’est de former la jeunesse pour avoir de nouvelles générations d’ingénieurs. Mais on augmente dans le même temps le budget pour la guerre », ajoute Oukacha Rtili.

    Un nouveau rassemblement est déjà évoqué par FO pour le mercredi 8 avril à 14h30 devant la préfecture de Vaucluse.

  • [Grève dans l’éducation nationale] À Gap, la colère monte face aux options sacrifiées

    [Grève dans l’éducation nationale] À Gap, la colère monte face aux options sacrifiées

    « Les jeunes dans la galère, l’école publique dans la misère, cette société-là, on n’en veut pas ! » L’intersyndicale de l’éducation s’est réunie devant l’entrée de la Direction départementale de l’Éducation nationale, ce mardi matin, à Gap (Hautes-Alpes). Le message était clair : la baisse de la dotation horaire globale (DHG), inscrite dans le budget adopté par le gouvernement, constitue une injustice. Au lycée d’Altitude de Briançon, cette diminution entraîne la suppression de 80 heures de cours pour l’année 2026-2027, et 95 heures au lycée Aristide-Briand, à Gap. « L’option qui permettait aux élèves de pratiquer des sports adaptés à leurs difficultés médicales va être supprimée, regrette Andrée Marques, co-secrétaire de direction du lycée de Veynes. Les classes de Sciences économiques et sociales (SES), qui avaient été doublées pour mieux accompagner et qui avait permis au lycée d’avoir les meilleurs résultats régionaux en la matière, les classes en langue divisées en petits groupes… Ces dispositifs vont être supprimés, ainsi que des cours d’option. »

    Dans les Hautes-Alpes, la situation géographique complique l’adaptation à ces suppressions d’heures. « Certains lycées peuvent essayer de répartir les cours en option à cheval avec d’autres établissements, mais nous, à Briançon, nous sommes dans un lycée de montagne, très éloigné des autres, le premier est à Embrun, à plus de 50 km », s’attriste Patrick Charlier, enseignant en filière professionnelle au lycée d’Altitude. Quant à l’argument du gouvernement, qui justifie ces baisses d’heures par le déclin démographique, il convainc peu. « Les effectifs sont stables dans le département. à Briançon, on perd 20 élèves à la rentrée, cela ne va pas bouleverser les classes », rétorque Patrick Charlier.

    Le privé encore et toujours épargné

    La colère gronde aussi contre des coups de rabot qui concernent systématiquement l’enseignement public, et pas le privé. « à Manosque, le lycée public va devoir supprimer des options alors que le lycée privé va avoir deux classes de plus à la rentrée, avec des professeurs rémunérés par le rectorat, donc par l’argent public ! Sans compter qu’il reçoit plus de 1 000 euros de dotation rectorale par élève scolarisé », rapporte Andrée Marques.

  • [Grève dans l’éducation nationale] À Marseille, les lycéens en force dans la rue

    [Grève dans l’éducation nationale] À Marseille, les lycéens en force dans la rue

    En lutte depuis près de quatre semaines, les lycéens ont répondu présents à l’appel à la grève nationale lancé le 20 mars par la FSU, l’Unsa Éducation, la CFDT Éducation formation et recherche publiques, la CGT Éduc’action et Sud Éducation. Après avoir participé au blocus de leur lycée – les établissements de Montgrand (6e), Saint-Charles (1er), Nelson-Mandela (12e), Perrier (8e) et de César-Badalccini (7e) étaient bloqués mardi matin -, près de 200 élèves militants se sont rendus à la manifestation. Parti à 11h45 des Réformés (1er), le cortège a rassemblé 800 personnes, selon la préfecture.

    Les revendications ne bougent pas : professeurs, élèves et personnels éducatifs sont tous venus dénoncer les coupes budgétaires annoncées par le gouvernement, impliquant notamment la suppression de 4 000 postes dans l’éducation nationale, à la rentrée 2026. Dans les lycées, c’est d’abord le nombre d’heures d’enseignement qui risque d’être réduit : 22 établissements publics sont concernés dans les Bouches-du-Rhône, dont 11 à Marseille.

    « Dans notre lycée, on devrait perdre 77 heures de cours, s’indigne Joseph, en terminale à Saint-Charles. Plusieurs options de seconde doivent être supprimées, sans doute des heures de soutien, et toutes les heures en demi-groupe qui nous permettent de mieux bosser. » À Montgrand, Camille est tout aussi inquiète : « Comme d’habitude, on nous supprime des heures. Là, ça va être en musique, en théâtre, en langue… On est là pour revendiquer un ras-le-bol général. »

    Marche antimilitariste

    Au milieu des traditionnels chants anticapitalistes, les lycéens n’ont pas manqué d’insister sur leur position antimilitariste. « C’est pas l’éducation qui coûte trop cher, c’est l’armée, c’est la guerre », ont-ils scandé à de nombreuses reprises. Cette revendication se constate aussi sur les tracts revendicatifs des jeunes militants, où sont comparées les évolutions budgétaires de l’Éducation et de la Défense : « De manière continue depuis 2012, le budget par étudiant a baissé de 22%, celui de la défense a augmenté de 60% », lit-on sur le document distribué devant le lycée Perrier.

    « Quand on voit toutes les coupes budgétaires qui se font et tout l’argent que l’armée récupère, avec le déploiement de milliards d’euros, on ne peut que faire le lien. On se bat aussi contre la militarisation et la mise au pas de la jeunesse, insiste Gwendal, membre du Mouvement national lycéen 13. La situation géopolitique nous inquiète, surtout quand on entend des phrases telles que “il faut de la jeunesse pour faire une guerre”, ce qu’un animateur a dit lors de ma journée d’appel. » Une délégation de parents d’élèves, professeurs et d’un représentant lycéen a été reçue à la préfecture. Les jeunes militants projettent de poursuivre les mobilisations, y compris pendant les vacances.

  • Opération collèges morts contre les fermetures de classes dans les Alpes

    Opération collèges morts contre les fermetures de classes dans les Alpes

    Pour avoir 21 élèves par classe, soit la moyenne européenne dans les collèges, il faudrait 44 classes de plus dans le département », alerte Lionel Lasfargues, secrétaire du Snes-FSU 04, au micro devant les enseignants, syndicalistes, parents et élèves mobilisés à l’entrée du collège de Forcalquier contre les neuf fermetures de classes prévues dans le département. « Sur 25 pays, la France est dernière », affirme Lionel Lasfargues, également enseignant au collège de Forcalquier. « Des 25 pays de l’UE, c’est en France que les classes sont les plus chargées, avec 26 élèves par classe en moyenne », peut-on en effet lire sur le site du ministère.

    Dans le département, des fermetures de classes sont prévues à Manosque, Digne-les-Bains, Château-Arnoux-Saint-Auban, Forcalquier, Volx, Sainte-Tulle et Annot. Mercredi, les parents d’élèves se sont largement mobilisés en protestation aux côtés des enseignants et des syndicats. 95% des élèves étaient absents en cours dans sept établissements mobilisés pour cette opération collèges morts. Plus précisément, 2 909 élèves étaient absents sur les 3 114 attendus mercredi, selon Snes-FSU 04. La mobilisation a été la plus suivie à Forcalquier, où seulement trois élèves étaient présents.

    Pour justifier la suppression de classes, l’Éducation nationale utilise l’argument de la baisse démographique. Mais, selon les syndicats, elle sous-estime le nombre d’élèves attendus à la rentrée prochaine et surestime la baisse démographique. « Neuf classes sont supprimées pour seulement 84 élèves estimés en moins. Les calculs ne sont pas bons », argue Yannick Longuet, enseignante syndiquée Snes-FSU à Château-Arnoux-Saint-Auban, le plus grand collège du département. « On a eu 153 élèves de plus par rapport aux prévisions depuis 2020 », dans le département, selon Lionel Lasfargues.

    Deux classes supprimées dans un collège REP

    La suppression de deux classes est notamment prévue au collège Jean-Giono à Manosque, en réseau d’éducation prioritaire (REP). « C’est un scandale ! », pour Lionel Lasfargues. À Forcalquier, si une classe est fermée, comme prévu, « on aura 31 élèves par classe de troisième. C’est du jamais vu. Je suis prof ici depuis 27 ans, je n’ai jamais vu ça », alerte le secrétaire du Snes-FSU 04.

    Les syndicats et les enseignants craignent que ces suppressions de classes servent à terme à supprimer des postes d’enseignants. « Les conditions de rentrée sont chaotiques », déplore Eric Gauthier, représentant départemental du Snes-FSU et enseignant au collège d’Oraison, épargné par ces suppressions de classes. « Neuf suppressions de classes, c’est disproportionné ! », lance-t-il.

    « Les élèves vont être serrés dans les classes comme des sardines dans une boîte », alerte Marjorie Soussieux, l’une des douze parents élus à la FCPE au collège de Forcalquier. Elle explique qu’il y a une grande disparité en termes de nombre d’élèves par classe entre les différents collèges du département. En ruralité, ils peuvent être une vingtaine par classe, alors que dans des zones plus peuplées, ils sont plutôt une trentaine. Ainsi, « quand on regarde la moyenne départementale, ça peut passer, mais concrètement sur le terrain c’est pas le cas », précise la mère d’une élève de troisième. « On sacrifie notre jeunesse. L’État ne fait pas des économies au bon endroit », déplore-t-elle.

    « Ma fille Emma rentre en troisième l’année prochaine, elle pense qu’elle ne va pas avoir son brevet avec 31 élèves par classe », confie Virginie Rozier, elle aussi élue à Forcalquier. « Si on laisse passer, ça ouvre une boîte de Pandore. Mon fils est dyslexique et a des problèmes neurologiques, j’ai peur pour quand il rentrera en sixième.»

    Grève le jeudi 26 mars à l’appel du Snes-FSU 04. Rassemblement devant la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale à Digne-les-Bains.

  • Bras de fer autour de la CDIsation d’un surveillant

    Bras de fer autour de la CDIsation d’un surveillant

    Au terme d’une mobilisation de longue haleine, les assistants d’éducation (AED), souvent appelés surveillants, ont obtenu, en septembre 2022, la publication par le ministère de l’Éducation nationale d’un décret autorisant leur CDIsation. Ces personnels précaires « qui travaillent 41 heures par semaine pour 1 400 euros par mois avec des contrats d’un an faits au bon vouloir des chefs d’établissement pour les maintenir sous pression, étaient les seuls personnels non-titulaires de la fonction publique qui ne se voyaient pas proposer de CDI après 6 ans de service dans les établissements scolaires », explique Karine Abauzit, enseignante en lycée professionnelle dans l’Aude et militante Sud Éducation.

    Depuis, nombre d’entre eux tentent de faire valoir ce droit fraîchement obtenu dans leurs académies respectives. « La plupart essuient des refus. On se bat poste par poste pour obtenir des CDI », confie Karine Abauzit. « Esteban avait reçu un avis favorable de son chef d’établissement, il y avait des besoins dans son lycée de Lézignan », poursuit-elle. Le Rectorat a néanmoins refusé sa CDIsation, ce qui a débouché, entre 2023 et 2025, sur deux années de procédures juridiques qui se sont soldées par une décision victorieuse pour l’AED, le tribunal administratif ayant ordonné sa CDIsation. « La première décision de ce type à ma connaissance », souligne l’avocate montpelliéraine Sophie Mazas, qui assure la défense d’Esteban Jimenez.

    « Le rectorat a modifié les conditions de son contrat »

    L’histoire aurait pu s’arrêter là. Sauf qu’à la réception du contrat début janvier, « le Rectorat lui impose de travailler à plus de 100 km de chez lui, sans proposition préalable pour les transports, sur un poste comportant deux nuits par semaine, sachant qu’il a ses deux enfants en garde alternée », énumère l’avocate. Le tout « avec 8 jours pour signer ». Mission impossible pour Esteban, dans l’impossibilité de réorganiser sa vie en si peu de temps. « Le Rectorat, ce faisant, a modifié les conditions de son contrat en opérant une mutation de sa résidence administrative, qui correspond normalement à son établissement d’origine, à Lézignan  », souligne Me Mazas.

    Un argument qu’a fait valoir la délégation reçue ce jour-là au Rectorat dans l’espoir de trouver une solution. « Le Rectorat ayant été enjoint de proposer un CDI avant le 5 février, ses représentants disent qu’ils ont fait ce qu’ils ont pu, à savoir proposer le seul poste qu’ils avaient. Nous leur avons signifié que la règle étant de respecter la résidence administrative, ils auraient dû lui proposer un poste à Lézignan », rapporte Karine Abauzit. Les deux parties se sont quittées sur l’engagement, pris par le Rectorat, que « des efforts seraient faits pour trouver un poste plus près. M. Jimenez devrait être contacté d’ici le 20 février. De notre côté nous avons maintenu que si le poste n’était pas sur le lieu de la résidence administrative, nous saisirions une nouvelle fois le tribunal. »

  • Sanary : un collégien poignarde sa professeure d’arts plastiques, son pronostic vital engagé

    Sanary : un collégien poignarde sa professeure d’arts plastiques, son pronostic vital engagé

    L’effroi a une nouvelle fois frappé le milieu scolaire. Qui plus est dans un collège réputé sans histoire, dans une commune peu habituée aux faits divers, d’autant plus d’une telle gravité. Peu après 14h, un élève de 14 ans, en 3e du collège la Guicharde de Sanary a porté trois à quatre coups de couteau à sa professeure d’arts plastiques, au niveau du torse, avant de prendre la fuite. Il a rapidement été appréhendé par un assistant d’éducation, sans manifester d’opposition. Il a ensuite été placé en garde à vue pour tentative d’assassinat. Une enquête a été ouverte et confiée aux commissariats de police de Toulon et de Sanary.

    La professeure, âgée de 60 ans, a rapidement été secourue et transférée vers l’hôpital Sainte-Anne de Toulon. Elle y a été opérée en urgence puis placée dans un coma artificiel. mardi soir, son pronostic vital était toujours engagé.

    « Des tensions avec cette professeure »

    Qu’est-ce qui a bien pu, dès lors, pousser cet élève à commettre un tel geste ? « Pour le moment, il n’y a aucune connotation religieuse ni politique qui apparaissent », a annoncé le procureur de la République de Toulon Raphaël Balland. « On sait seulement qu’il y avait eu des tensions avec cette professeure, et qu’il lui en voulait d’avoir fait des rapports à son encontre. » Une version corroborée par des témoignages d’élèves. « Le matin, il disait qu’il voulait tuer la prof de maths. On croyait que ce n’étaient que des paroles. Mais comme elle n’était pas là, il s’en est pris à la prof d’arts plastiques car elle lui mettait beaucoup d’observations », déclarait l’un d’entre eux. Autre élément important : l’élève « avait visiblement des problématiques familiales, mais il n’était pas connu pour le moindre fait de violences », a ajouté le procureur, ce qui aurait pu, également, favoriser son passage à l’acte.

    Tatiana Kolodziej, professeure d’EPS et référente premiers secours au collège la Guicharde, est la première à avoir secouru sa collègue : « Les élèves sont venus me chercher. On a eu peur, mais elle est partie consciente », a-t-elle expliqué. Au sein du corps enseignant, c’est « la stupéfaction, le choc. Les collègues sont en larmes. On ne s’attendait pas du tout à ça dans un collège privilégié, tranquille », déplorait-elle.

    « Il faut mettre plus de moyens humains notamment pour le contrôle des sacs. C’est un collège d’une petite ville, on n’est pas à l’abri de ce type d’acte dans n’importe quel établissement », s’est ému Dominique Queyroulet, représentant du Snes-FSU dans le Var. Du côté des parents d’élèves « on ne comprend pas. Ma femme et ma fille ont eu cette professeure lorsqu’elles étaient au collège, elle est super gentille (sic). On est une grande famille, les Sanaryens. Il va falloir se soutenir face à ce traumatisme », déplore Roland.

    Les élèves ont quant à eux été rapidement sortis de classe, puis regroupés dans la cour de récréation, avant d’être progressivement évacués à partir de 15h30. Ce mercredi, les cours n’auront pas lieu, mais une cellule psychologique a été mise en place, ainsi qu’un « accueil organisé par le collège pour les professeurs, mais aussi pour les enfants qui en ressentent le besoin », a précisé le préfet du Var Simon Babre. Le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, s’est quant à lui rendu sur place dans la soirée.

  • Aix-Marseille : des suppressions de postes de profs par dizaines dans toute l’académie

    Aix-Marseille : des suppressions de postes de profs par dizaines dans toute l’académie

    Les syndicats des enseignants et des personnels de l’Éducation nationale dans l’académie d’Aix-Marseille ne décolèrent pas.

    Du côté de l’académie, et donc du ministère de l’Éducation nationale, le calcul est simple : le nombre d’élèves scolarisés est en baisse : près de 4 600 élèves en moins dans les écoles primaires : 36 postes en moins dans quatre départements de l’académie (Alpes-de-Haute-Provence, Hautes-Alpes, Bouches-du-Rhône et Vaucluse). Même tendance et même résultat pour le second degré, en collège et lycée : 883 élèves en moins globalement, 40 emplois supprimés. Du côté de l’administration, cette « forte baisse des effectifs » va de pair avec « l’augmentation des moyens d’enseignement » depuis 2020. Les dispositions pour cette rentrée permettraient, toujours selon les documents officiels de l’Académie que La Marseillaise a pu consulter, une « convergence des taux d’encadrement par types d’établissements par rapport aux ratios nationaux ».

    Effectivement, « l’académie a un niveau d’encadrement bien inférieur à la moyenne nationale », confirme Charlotte Bourgougnon, enseignante et cosecrétaire départementale du SNUipp-FSU des Bouches-du-Rhône. « Cette baisse des effectifs aurait pu nous permettre d’améliorer les conditions d’enseignement, mais au contraire, ces suppressions vont encore plus les affaiblir. Elles vont notamment toucher les remplacements, les enseignements spécialisés, et les établissements des quartiers prioritaires », détaille-t-elle. « Cela va être encore plus difficile voire impossible de dédoubler les classes » dans ces établissements, poursuit Françoise Julia, représentante CGT. Alors que le nombre de ces établissements devrait être à la hausse, théoriquement. « C’est un budget de guerre contre l’Éducation nationale ! », résume Tanguy Langlet, délégué des enseignants FO du Vaucluse, qui a claqué la porte de cette réunion. « Ces suppressions résultent d’un véritable choix politique. L’Éducation n’est clairement pas une priorité pour ce gouvernement ! », dénonce-t-il. Les syndicats ne comptent pas en rester là.