Tag: éducation nationale

  • En visite officielle au collège Borrely de Digne

    En visite officielle au collège Borrely de Digne

    Elle était aux côtés du recteur de la région académique Benoît Delaunay, de la directrice académique des services de l’Éducation nationale des Alpes-de-Haute-Provence, Véronique Blua, et du secrétaire général de la préfecture, Xavier Pannecoucke.

    La présidente du département a ensuite également rencontré les élèves du collège Marcel-André de Seyne pour leur rentrée, avec Sandra Raponi, vice-présidente du département déléguée aux collèges, à la jeunesse et à la vie associative, jeudi après-midi.

  • Aix-Marseille : des élèves fouillés le premier jour du lycée

    Aix-Marseille : des élèves fouillés le premier jour du lycée

    Des chiens, des policiers et des gendarmes devant les grilles du nouveau bahut. C’est ce qu’ont vécu des élèves de seconde des lycées Nelson-Mandela à Marseille (12e) et Fourcade à Gardanne, mardi, le jour de leur rentrée. Au programme : fouille des sacs des élèves sélectionnés et contrôle des chauffeurs de bus. Une pratique possible depuis la circulaire de mars 2025, conjointement signée par Élisabeth Borne et Bruno Retailleau, alors respectivement ministre (Ren.) de l’Éducation nationale et ministre (LR) de l’Intérieur, qui autorise donc aux forces de l’ordre des fouilles aléatoires et inopinées des sacs et cartables aux abords ou à l’entrée des collèges et lycées.

    Des méthodes déjà dénoncées dans le passé par l’intersyndicale des enseignants du secondaire et que le Snes-FSU juge d’autant plus violentes le jour d’une rentrée. « Ce qui nous a particulièrement choqués, c’est que ça se fasse le jour de la rentrée des secondes, s’indigne Salima Ouannaï, secrétaire académique adjointe du Snes-FSU Aix-Marseille. Nous avons été contactés par les personnels des établissements en question, qui ont été particulièrement choqués, de même que les élèves. »

    L’opération a en effet fortement mécontenté plusieurs enseignants du lycée Fourcade, prévenus lundi, lors de la pré-rentrée, de la venue des officiers de gendarmerie. Ils parlaient alors, dans un communiqué de presse, d’un déploiement « inadapté » et susceptible de « créer un stress inutile pour les enfants et leurs parents », cités par La Provence. « Voilà donc le message envoyé à la jeunesse pour son premier jour au lycée : bienvenue, vous êtes d’abord considérés comme une menace. (…) Beaucoup de stress, aucun objet découvert et une rentrée transformée en opération de communication sécuritaire. Nous dénonçons fermement ces pratiques. Elles instaurent un climat de suspicion et stigmatisent les élèves », fronde de son côté le Snes-FSU.

    « Masquer un manque

    de moyens »

    Au-delà des méthodes jugées inadéquates, c’est l’utilité même de ce genre d’opération que le Snes-FSU réfute. « On envoie un mauvais message aux jeunes, en leur faisant comprendre que ce sont des fauteurs de troubles, tout en suggérant que l’école est un lieu dangereux, note Salima Ouannaï. Une vision passéiste d’abord, mais aussi totalement inefficace. » Pour elle, comme pour ses camarades du Snes-FSU, c’est de personnels dont a besoin l’Éducation nationale pour lutter contre les violences scolaires, pour que les élèves puissent être accompagnés. « On veut de la prévention et des solutions qui soient éducatives, poursuit-elle. On manque de CPE, d’AED [surveillants], de psychologues et d’assistantes sociales et, à Marseille comme ailleurs, on refuse la création de postes. Cette circulaire est juste une façon de communiquer pour masquer le manque de moyens. »

  • Rentrée sous le signe de la rénovation à Manosque

    Rentrée sous le signe de la rénovation à Manosque

    Une année marquée par une nouvelle étape du Plan Jules-Ferry, avec « la livraison des parties élémentaires des écoles Saint-Lazare et du Colombier (…). Le programme se poursuivra à Saint-Lazare maternelle, aux Tilleuls et aux Combes. La Ville prévoit 25 millions d’euros de travaux », précise la Ville. 1 200 élèves bénéficient du kit du petit écolier, pour un budget de 28 000 euros. « Nous voulons terminer ce que nous avons engagé : rénover nos écoles, améliorer les conditions d’apprentissage et préparer ces établissements pour les vingt prochaines années », souligne Camille Galtier.

  • Le président du Département au collège Cousteau, à La Garde

    Le président du Département au collège Cousteau, à La Garde

    Il a également rappelé les investissements réalisés par la collectivité sur les deux collèges du canton, soit près de 4 millions d’euros sur la période 2021-2026. Avec entre autres 92 000 euros utilisés pour le mobilier remplacé du restaurant scolaire de Cousteau et 201 500 euros de travaux, en 2026.

    À noter également les futurs travaux de renaturation de la cour de récréation et le projet d’un futur gymnase estimé à 8 millions d’euros. Et une future piste cyclable reliant le collège à celle du littoral. Le président a annoncé que le 30 septembre, le Département du Var récompensera les collégiens varois ayant obtenu une mention « Très bien » au Brevet des collèges.

  • Le chantier du collège Centre de Gap se poursuit

    Le chantier du collège Centre de Gap se poursuit

    La sonnerie du collège Centre de Gap retentit et les élèves de sixième se dirigent vers leurs salles de classe, réorganisées du fait des rénovations. De l’autre côté des barrières de chantier, le président des Hautes-Alpes, Jean-Marie Bernard, et la vice-présidente chargée de l’éducation, Maryvonne Grenier, constatent l’avancée des travaux qui ont commencé cet été, après l’installation des modulaires fin 2025.

    Le collège était très vétuste, avec notamment des infiltrations d’eau par la toiture. « Il fallait un parapluie pour circuler dans les couloirs », ironise Maryvonne Grenier.

    Au programme : curage et désamiantage, rehausse d’un bâtiment pour gagner de la surface, destruction puis reconstruction d’un bâtiment… À la fin des travaux, prévus à l’horizon 2029, le collège disposera notamment d’une grande salle polyvalente et d’un préau, et sa capacité d’accueil s’élèvera à plus de 600 élèves. Pour cette rentrée 2026, ils sont 480 à être inscrits.

    De gros investissements

    « C’était un chantier tellement attendu, il était temps », se réjouit Élodie Hoffmann, la principale de l’établissement. « Cela fait 25 ans que l’on parle de cette rénovation ! », confirme Maryvonne Grenier.

    « Le Département a relancé la machine », explique Jean-Marie Bernard. Initialement, le dossier était entre les mains de la Région. « Mais ça a traîné, poursuit le président. Nous avons donc repris la maîtrise d’œuvre. »

    Près de 22 millions d’euros ont été investis par le Département dans ce projet. « Parmi les trois gros chantiers de rénovation des établissements scolaires, il s’agit du plus coûteux », note Maryvonne Grenier. Cette rénovation vient compléter celle du collège des Hauts-de-Plaine à Laragne-Montéglin, aujourd’hui en finition, et celle de l’« école du socle », qui mutualisera école maternelle, primaire et collège à Serres. « Sur deux mandats, au total, près de 60 millions d’euros ont été investis dans ces travaux », estime le président des Hautes-Alpes.

    Le Département a financé en parallèle de petits travaux dans différents établissements, comme récemment des réparations de la toiture du collège de Tallard et des rénovations dans celui de Veynes.

    Agathe Di Lenardo

  • À Martigues, la politique vise l’émancipation des enfants et parents

    À Martigues, la politique vise l’émancipation des enfants et parents

    « J’ai pas les mots », reconnaît Aurélia Gomez. C’est un grand jour pour beaucoup, ce mardi matin, surtout pour cette mère de famille. Dès 8h, les rayons du soleil filtrant à travers les feuilles des arbres illuminent les visages, tout aussi rayonnants, des enfants et de leurs parents pour cette rentrée à l’école maternelle Di Lorto.

    Les émotions se mélangent à l’heure des grands chamboulements. « Joseph est calme, mais François est tout excité », illustre Aurélia Gomez à propos de ses garçons de 5 et 3 ans, qui entrent respectivement en grande et en petite section de maternelle. « Ça fait un petit pincement au cœur », reconnaît-elle, mais « on souffle un peu », plaisante son mari, Jean Gomez, avec cinq enfants scolarisés.

    « Depuis trois ou quatre jours, elle me dit : on y va, on y va, on y va ! », se réjouit une autre mère en évoquant l’impatience de sa fille. Dès le portail franchi, un panneau donne le ton de ce qu’est la scolarité à la sauce martégale : « Ici, pour les écoliers, l’accueil du soir, les sorties au cinéma et au musée, la musique, la danse, le sport, c’est gratuit. » Et ce ne sont pas les seules décharges pour les familles, car tous les élèves reçoivent, lors de ce jour de rentrée, un kit de fournitures choisies par leurs professeurs.

    Fournitures gratuites

    « On évite aux parents de payer les fournitures, normalement, ils en ont assez pour toute l’année », affirme le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux, venu à la rencontre des parents et enfants avec l’adjoint (PCF) à l’éducation, Gilles Picard. Une politique indispensable pour l’édile : « Notre ambition est la même pour les tout-petits comme leurs parents, celle de pouvoir s’émanciper », insiste Gaby Charroux. Cela implique 4 659 élèves dans l’enseignement primaire, répartis dans 205 classes, dont plus d’un tiers sont des maternelles. Un budget de 230 000 euros y est consacré comme chaque année.

    La maternelle Di Lorto a également fait l’objet de travaux de rénovation durant l’été, à l’image des autres établissements de la Ville. « Nous avons fait de gros efforts sur les cours de récréation, pour la protection du soleil et pour créer de l’ombre », rappelle Gaby Charroux. « Chaque classe et réfectoire dispose d’un brasseur d’air et chaque dortoir est climatisé », complète-t-il. De plus, la maternelle Di Lorto dispose désormais d’un cabinet de toilettes accessible dans le hall d’entrée, ainsi que d’un éclairage à LED.

    La présence du maire et de son équipe devant cette école, située au centre du quartier prioritaire de Notre-Dame-des-Marins, accompagné de la police municipale, prend un sens singulier pour cette rentrée. « Aucun mauvais lien ne doit empêcher l’émancipation de tous », reprend Gaby Charroux, citant notamment la pression du trafic de drogue dans cette cité quasi sexagénaire. « Le principe dans ce quartier est d’inscrire l’école au cœur, à côté le centre social (…). Nous travaillons dans l’ombre pour maintenir le service public et social », affirme l’édile, rappelant la lutte pour le maintien du bureau de poste de Ferrières ou encore celle pour la réhabilitation tant attendue du quartier. « Cela fait plus de dix ans que la réhabilitation doit être engagée », rappelle Gaby Charroux.

    La présence policière est aussi un enjeu. « La police municipale n’est pas là parce que le maire aussi, mais parce qu’elle a été réorganisée. Il y a cinquante agents, dont une brigade de quartier, qui sont en opération tous les jours, car je demande de la tranquillité pour les habitants du quartier », conclut le maire.

    La quiétude observée ce mardi matin lors de cette rentrée, tout comme l’attitude détendue des parents et des enfants rencontrés, semble témoigner des effets positifs de cette approche globale.

  • L’avenir se prépare aussi dans la cour des écoles, à Toulon

    L’avenir se prépare aussi dans la cour des écoles, à Toulon

    Pas du tout intimidés par cette énième rentrée des classes, certains élèves ne cachent pas leur enthousiasme devant l’école Brusquet, dix minutes avant l’ouverture des portes. Comme Tom, qui, interrogé, s’écrie spontanément : « C’est trop bien ! Je suis trop content ! »

    La maire de Toulon Josée Massi (SE) vient d’arriver et la visite du groupe scolaire, dans lequel la Ville vient de terminer cet été d’importants travaux, va bientôt commencer en compagnie du préfet du Var, Simon Babre, et du Dasen, Jean-Roger Ribaud. L’investissement public a porté notamment sur la désimperméabilisation de la cour. Un espace qui était auparavant entièrement bitumé et sur lequel le sol a dû être décaissé sur environ 50 cm, avant de recevoir de la terre pour être végétalisé.

    Le projet a été coconstruit pendant environ un an avec les élèves, les enseignants, la Ville et une paysagiste, explique le directeur de l’établissement, Mickaël Rioualen. L’objectif étant à la fois de répondre aux souhaits des enfants et aux usages pédagogiques tout en faisant sensiblement descendre la température dans ce nouveau lieu dédié aux jeux, au repos, mais aussi au sport et aux apprentissages.

    La cour comprend entre autres des bancs, un échiquier, une salle de classe extérieure et un jardin potager. « Un excellent support pédagogique », alimenté par une citerne de récupération des eaux de pluie, dans lequel les enfants interviennent régulièrement.

    Avec les jeunes pousses

    Pour ce qui est des autres plantations végétales, la Ville a ici misé sur le respect des élèves en supprimant les protections précédemment installées ailleurs.

    « C’est une évolution importante par rapport aux premières cours aménagées par la Ville », explique la première magistrate. Plus de ganivelles dont les pointes ont été jugées dangereuses, ni même les cordes qui les avaient remplacées, mais pouvaient être utilisées comme balançoires.

    Autre avantage constaté avec ces sols désormais drainants : ils ont permis d’éviter l’inondation de la cour lors du dernier épisode méditerranéen, alors que ce phénomène était récurrent auparavant. Ils contribuent également à faire évoluer les pratiques d’entretien vers des méthodes plus vertueuses.

    « Auparavant, les feuilles mortes des platanes étaient ramassées puis évacuées en sacs-poubelles. Désormais, elles sont soufflées dans les massifs et restent sur place, se décomposent et participent au fonctionnement naturel du lieu », explique encore Mickaël Rioualen. Avec donc une réduction des déchets verts et une matière organique bénéfiques aux plantations.

    L’école dispose également aujourd’hui d’un mur d’escalade, de deux terrains de basket, un de handball et même un autre de pétanque. Une offre diversifiée qui n’a entraîné aucun conflit d’usage, insiste le directeur. Au contraire. « Ça crée encore plus de liens et de bienveillance entre les élèves », insiste Mickaël Rioualen. Et de conclure : « Ça a changé radicalement la manière de voir l’école. Et de vivre l’école. »

    Ravie des résultats enregistrés ici aussi, Josée Massi les a replacés dans une politique globale d’adaptation de la ville au changement climatique, sans rien sacrifier au confort des élèves. La municipalité prévoit notamment de généraliser des salles fraîcheur (climatisées) dans les écoles à l’horizon de la prochaine rentrée.

  • La FSU dénonce une « rentrée dégradée »

    La FSU dénonce une « rentrée dégradée »

    « Nous sommes à la veille d’une rentrée particulièrement dégradée dans l’Éducation nationale. » Au sein de la Bourse du travail, à Marseille, Virginie Akliouat secrétaire départementale de la FSU 13, débute la conférence de rentrée du syndicat pessimiste.

    Postes supprimés, manque de classes adaptées, salaires qui stagnent, manque de solution face aux fortes températures, attaque sur les congés maladies… La liste des dégradations des conditions de travail et d’accueil des élèves est longue pour le syndicat. « Car ces dix années de macronie ont cassé l’École et les services publics », renchérit la secrétaire syndicale.

    Dans les Bouches-du-Rhône, ce sont par exemple 40 postes d’enseignants au lycée en moins. Ces suppressions sont justifiées par une baisse démographique, « mais cette baisse devrait être l’occasion d’améliorer les conditions d’accueil des élèves », insiste Charlotte Bourgougnon, cosecrétaire départementale du Syndicat national unitaire des instituteurs, professeurs des écoles et PEGC (SNUipp-FSU) des Bouches-du-Rhône.

    Nicolas Bernard-Hayrault, secrétaire départemental du Syndicat national des enseignements de second degré (Snes-FSU) précise même : « si l’on voulait juste revenir au même taux d’encadrement qu’en 2017, il faudrait ouvrir 56 postes au collège et au lycée ». Car la France fait partie des plus mauvais élèves de l’Union européenne et de l’OCDE en terme du nombre de jeunes par classe.

    Manque de places pour les enfants handicapés

    Et le manque de moyens humains impacte d’autant plus les enfants les plus vulnérables. « Alors que dans les Bouches-du-Rhône on manque d’au moins 12 classes Ulis [qui permettent d’accueillir des enfants handicapés], il y a cinq postes dédiés à ce public qui ont été supprimés », se désole Charlotte Bourgougnon.

    La grande annonce du ministre de l’éducation sur la distribution d’un questionnaire pour libérer la parole des enfants sur les violences sexuelles est, elle aussi, tombée à plat. « Car pour libérer la parole, il faut du personnel qui peut la recueillir et l’orienter vers les services adaptés », insiste Valérie Brignole co-secrétaire du syndicat national unifié des assistants sociaux de la fonction publique (SNUASFP).

    Ils dénoncent également le manque de résilience du bâti scolaire face au réchauffement climatique et exigent un plan pour permettre aux écoles d’être plus vivables lors des canicules. « En juin, on avait certaines classes qui atteignaient 33°. Qui peut étudier dans ces conditions ? », s’interroge Nicolas Bernard-Hayrault. Face à tous ces manquements et aux attaques répétées du gouvernement contre la fonction publique et l’école, la FSU appelle à s’allier au mouvement de grève national et intersyndical du 29 septembre « pour peser sur le débat autour du budget 2027 qui s’ouvrira le 30 septembre », soutient Virginie Akliouat.

  • [Entretien] Stéphane Audebeau, Snes-FSU« L’École continue à s’enfoncer doucement mais inexorablement »

    [Entretien] Stéphane Audebeau, Snes-FSU« L’École continue à s’enfoncer doucement mais inexorablement »

    La Marseillaise : Si vous deviez noter la préparation de cette rentrée, vous mettriez combien ?

    Stéphane Audebeau : Je mettrais 4 sur 10. Pas la moyenne, parce qu’il y a très peu de choses qui changent alors que les enjeux sont énormes. Le ministre n’a annoncé aucune mesure importante face aux dysfonctionnements du système éducatif. L’École continue donc à s’enfoncer doucement mais inexorablement. Le premier problème reste la lourdeur des effectifs. On parle de baisse démographique, mais elle se traduit surtout par des suppressions de postes de titulaires, d’AED et, on le craint, de contractuels. Dans l’académie, tous les départements sont concernés et le Gard a été particulièrement touché par les suppressions de postes décidées lors de la préparation de cette rentrée.

    Le ministère répond justement qu’il y a moins d’élèves. Pourquoi ne pas réduire aussi les postes ?

    S.A. : Parce que cette baisse démographique devrait au contraire être une chance historique. On pourrait enfin réduire les effectifs par classe. Dans l’académie, il faudrait plus de 120 équivalents temps plein pour retrouver le taux d’encadrement d’avant les années Macron-Blanquer. On tourne autour de 28 élèves au collège, parfois 30 autour de Montpellier. Au lycée, on dépasse régulièrement 35, parfois 36. Pour faire vraiment du suivi individualisé au collège, notamment avec les élèves à besoins particuliers, l’idéal serait plutôt autour de 20. Même en éducation prioritaire, on peut monter jusqu’à 25 élèves par classe. Or ce sont justement des établissements où l’accompagnement individuel est essentiel. On pourrait profiter de la baisse du nombre d’élèves pour améliorer durablement les conditions d’apprentissage plutôt que supprimer les moyens en proportion.

    Le ministère affirme pourtant que 96% des postes proposés aux concours ont été pourvus. Ça ne vous rassure pas ?

    S.A. : Non, parce que le nombre de postes mis au concours a lui-même baissé. Cela ne garantit pas qu’il y aura un professeur dans chaque discipline partout. On sait qu’il y aura encore des manques, notamment en français, mathématiques, anglais ou technologie. Et même si les postes sont pourvus la première semaine, les absences arrivent vite. On manque de titulaire sur zone de remplacement (TZR), de remplaçants, et il faut ensuite chercher des contractuels dans l’urgence.

    Vous alertez aussi sur les AED et les AESH…

    S.A. : Oui. Dans le Gard, des postes d’AED ont aussi été supprimés au nom de la baisse démographique. Mais ce n’est pas mécanique : qu’un établissement ait 200 ou 180 élèves, il faut toujours ouvrir le collège, surveiller les permanences, faire fonctionner la vie scolaire. Pour les AESH, c’est un problème permanent. Avec des contrats de 24 heures payés autour de 900 euros par mois, on n’attire pas. Et avec la mutualisation, certaines doivent passer d’un établissement à l’autre ; des élèves n’ont parfois qu’une heure d’accompagnement par semaine. Pour nous, c’est une forte dégradation. Une AESH peut ainsi devoir choisir entre accompagner un élève pendant une évaluation en mathématiques ou en laisser un autre sans aide dans un autre cours. On perd aussi la continuité du suivi, alors que la connaissance de l’élève et de ses besoins est essentielle. Et, derrière, une partie de cette charge retombe sur les enseignants.

    Qu’est-ce qui explique selon vous la crise d’attractivité du métier ?

    S.A. : Le salaire reste essentiel, parce qu’il traduit la reconnaissance d’une profession. Un enseignant débute aujourd’hui à moins de 2 000 euros par mois. Dans les années 1980, un débutant à bac +5 gagnait autour de trois fois le Smic ; aujourd’hui, on est à peine au-dessus. Mais il y a aussi les conditions de travail : classes chargées, tâches supplémentaires, nouvelles missions. Et pendant ce temps, le ministre parle du téléphone portable ou du 11-Novembre. Pour nous, c’est un écran de fumée : les vrais problèmes, ce sont les conditions d’apprentissage des élèves.

    À quelques jours de la rentrée,
    est-ce qu’il reste encore des choses
    à faire bouger ?

    S.A. : Oui, il faut se battre jusqu’au dernier moment. Les suppressions de divisions sont actées, mais les effectifs réels peuvent obliger à revoir certaines décisions. La première semaine, on va intervenir partout où il faudra obtenir des créations de classes. Le problème, c’est que beaucoup d’arbitrages ont déjà été faits en juin ou juillet. C’est au moment où les élèves arrivent réellement dans les établissements que certaines situations deviennent intenables : une division qui manque, des inscriptions impossibles ou des classes beaucoup plus chargées que prévu. Le syndicat compte donc utiliser les remontées des établissements dès les premiers jours pour réclamer des ajustements.

  • La rentrée frappée par des fermetures de classes

    La rentrée frappée par des fermetures de classes

    « Avez-vous le chiffre des fermetures de classes cette année et à venir, notamment en milieu rural ? À cette question posée, mardi 25 août à Paris, lors d’une rencontre avec des titres de la presse régionale (La Marseillaise n’a pas été conviée), le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a préféré botter en touche. « Pour cette rentrée, nous avions tablé sur 150 000 élèves de moins. En fait, c’est 161 000 élèves de moins dans le système éducatif à la rentrée. Nous sommes à peine à 11,6 millions d’élèves contre 12,3 millions en 2017. Nous sommes sur une baisse démographique majeure. Moi, je ne veux pas qu’un maire découvre en mars ce qu’il fait en septembre. » Pour la précision de la réponse, on repassera. Les chiffres sont pourtant connus, département par département, commune par commune. Et le constat est sec : la baisse de la démographie sert de prétexte au gouvernement pour faire des économies budgétaires.

    Dans les départements du Gard et de l’Hérault, en cette veille de rentrée scolaire, mardi 1er septembre pour les élèves (la veille pour les enseignants), les suppressions de classes dans le premier degré (maternelle et primaire) se comptent par dizaines. Le Gard perd 58 classes pour seulement 15 ouvertures. Le département voisin de l’Hérault paie le prix fort avec 100 classes fermées pour seulement 60 ouvertures. 20 postes d’enseignants sont aussi supprimés.

    Les directeurs académiques des services de l’Éducation nationale, les Dasen, appliquent les directives du ministère et les rencontres avec les syndicats au sein des CSA (comités sociaux d’administration) se sont considérablement tendues au fur et à mesure que les projets de suppressions de classes se confirmaient.

    Pour le SNUipp de l’Hérault, principal syndicat dans le premier degré, « les syndicats font l’amer constat que ce sont des écoles de même profil, dans les mêmes quartiers, qui sont impactées par ces décisions injustes, sans prendre en compte les difficultés du terrain. Ce qui exacerbe le sentiment d’iniquité ressenti par les habitants et les collègues. » Dans le Gard, la quasi-totalité des syndicats a voté fin juin contre les 58 fermetures de classes dont 20 classes en éducation prioritaires, près de la moitié d’entre elles étant situées à Nîmes, détaille le Syndicat des enseignants Unsa. « La parole des parents et des organisations syndicales représentant les personnels n’est pas entendue » renchérit le SUipp34.

    Dans ce contexte, les résultats du dernier baromètre du Syndicat des enseignants Unsa n’ont rien d’étonnant. Ils sont ainsi trois sur quatre à se déclarer inquiets sur leur avenir, et 71% ne se sentent ni respectés ni reconnus dans l’exercice de leur métier, selon cette enquête à laquelle ont répondu plus de 42 000 agents et rendue publique à la veille de la rentrée.

    « Le salaire, fatigue majeure des personnels »

    « Ça dit quelque chose de très important de la défiance qui s’est installée entre les personnels et entre les politiques éducatives qui ont été conduites ces dernières années », souligne la secrétaire générale du syndicat enseignant, Élisabeth Allain-Moreno. « Le salaire est devenu la fatigue majeure des personnels de l’Éducation nationale », ajoute Julie Duhamel, secrétaire nationale du SE-Unsa. Pour 48% des répondants, le mot qui vient spontanément à l’esprit lorsqu’ils pensent à leur travail est celui de « salaire », soit une hausse de 14 points par rapport à 2024. « Pour nombre d’entre eux, le salaire de base n’est plus suffisant pour vivre correctement de son métier », a-t-elle déploré. Le syndicat réclame une revalorisation générale des rémunérations, plutôt qu’un recours accumulé aux primes qui ne rentrent pas dans le calcul de la retraite. Pour Élisabeth Allain-Moreno, le malaise est le résultat de choix politiques accumulés depuis plusieurs années. « Le désengagement du gouvernement dans le service public » depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir en 2017 « à des conséquences dramatiques », a-t-elle jugé.

    Chère cantine à Béziers

    Alors que l’État met fin à l’expérimentation de l’uniforme à l’école, le maire d’extrême droite de Béziers le généralise au frais des Biterrois. En revanche, dénoncent les communistes, Robert Ménard n’a pas vanté la hausse des tarifs de la cantine de 20cts par repas. « C’est un coup dur pour les familles les plus précaires. » Le PCF demande l’annulation de la mesure et la création d’un échelon de gratuité « pour les familles les plus modestes. »