Tag: Editoriaux

  • « Non » à la guerre aux travailleurs

    « Non » à la guerre aux travailleurs

    Le mouvement social n’est pas prêt à baisser
    les bras ni la garde face au rouleau compresseur de l’austérité que constituent les deux projets de loi fondateurs pour la Nation et la vie de toutes et tous, à savoir le Projet de loi de finances 2026 et le Projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Ces deux budgets sont charpentés par des économies drastiques au nom de la lutte contre les déficits publics. Cette austérité budgétaire est une déclaration de guerre au monde du travail, au mouvement social au sens plein. Celui qui comprend les associations, les forces vives de la République, les services publics.

    Question sociale

    La situation est grave au point que trois syndicats appellent à la mobilisation, ce mardi 2 décembre, partout en France et donc dans notre région. La CGT, la FSU et Sud-Solidaires en remettant au mitan du débat public la question sociale, incarnent aujourd’hui la République sociale. Inscrite dans notre Constitution, sur les frontons de toutes nos communes, la liberté, l’égalité et la fraternité sont mis à la marge. Or, si les inégalités s’accroissent, c’est parce que les choix politiques de la macronie et des droites, (avec la complicité de l’extrême droite) ont pris parti pour le capitalisme financiarisé en octroyant des cadeaux fiscaux honteux. Les dividendes aux actionnaires, voilà ce qui anime ces affairistes qui défigurent la République sociale. Les travailleurs sont considérés comme des variables d’ajustement à qui l’on promet de crever au travail en imposant une réforme inique des retraites et des salaires au rabais. Il faut dire « non » à toutes les guerres.

  • Un élan à maintenir

    Un élan à maintenir

    Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en Provence-Alpes-Côte d’Azur, 96% des personnes vivant avec le VIH sont diagnostiquées, 97% suivent un traitement et 97% ont une charge virale indétectable. Ces résultats dépassent les objectifs internationaux (95% pour chacun des trois indices) fixés par l’OnuSida pour mettre fin à l’épidémie d’ici 2030. Ils démontrent qu’une politique volontariste, associée à un réseau médical et à des associations engagées, peut changer la donne.

    Mais cette bonne dynamique n’est pas définitive. Elle repose sur un dépistage accessible, des traitements gratuits et un accompagnement humain.

    Autant de leviers
    qui exigent un soutien constant de la puissance publique. Car derrière les statistiques, il y a des vies, des parcours, des combats contre la stigmatisation et l’isolement.

    Investir

    Santé publique France alerte : l’incidence du VIH ne baisse plus depuis deux ans. Le dépistage reste donc crucial, comme le rappellent les CeGIDD, ces centres gratuits qui accueillent chaque jour des publics jeunes et précaires.

    Marseille illustre cette dynamique : ville pionnière en matière de santé communautaire, elle conjugue expertise hospitalière et initiatives locales. L’Institut Paoli-Calmettes a même permis la première guérison du VIH en France, grâce à une greffe exceptionnelle. « Ces cas sont rarissimes, mais ils montrent que
    la recherche avance
     », explique le Pr Raynier Devillier.

    Maintenir cet élan, c’est investir dans la prévention, la recherche et la solidarité. C’est affirmer que la fin du VIH n’est pas une utopie, mais peut être un objectif à portée de main. à condition de ne jamais relâcher l’effort.

  • Quand l’austérité fabrique la misère

    Quand l’austérité fabrique la misère

    Le rendez-vous symbolise l’insécurité alimentaire et la misère qui gagnent le pays. Ce week-end, la Banque alimentaire lance sa collecte nationale.

    Entre denrées alimentaires ou produits d’hygiène, les besoins sont vastes. Et le nombre de bénéficiaires ne cesse de croître, ces dernières années.

    Ce phénomène correspond à un constat insupportable : le taux
    de pauvreté, en France,
    a atteint en 2023 son niveau le plus élevé depuis que l’Insee le calcule, à savoir 9,8 millions de personnes concernées (15,4% de la population). Il ne s’agit plus de la pauvreté, mais de misère.

    Rétablir un État social fort

    Pendant ce temps, l’État se dérobe. Tout comme l’Union européenne. Les politiques d’austérité ont démantelé les filets sociaux, laissant les associations colmater les brèches, avec des moyens toujours plus réduits. Et abandonnant le peuple à la charité.

    La Banque alimentaire, confrontée aux baisses de subventions, à la hausse des coûts et du nombre de bénéficiaires, fait aussi face à une réduction du volume des dons. Encore le signe d’un contexte social difficile.

    La faim n’est pas
    une fatalité. Elle est le symptôme d’un choix politique : celui de laisser les inégalités prospérer. Ce n’est pas aux bénévoles, dont il faut saluer l’engagement, de réparer les dégâts de l’austérité mais à l’État de garantir le droit fondamental à l’alimentation.

    Augmenter les subventions aux associations ne suffira pas. Il faut rétablir un État social fort, taxer les profits indécents, investir dans les services publics et garantir à chacun l’accès à une alimentation digne.

  • La République décentralisée oui, centrifugée non

    La République décentralisée oui, centrifugée non

    Prenant au mot la déclaration de politique générale du Premier ministre, Gérard Larcher et Renaud Muselier ont décidé de pousser ensemble une nouvelle loi de décentralisation, depuis Aix où les maires étaient réunis à l’initiative de la Région.

    Le président du Sénat dit vouloir une loi « simple à horizon bref » alors que le gouvernement minoritaire et très affaibli par la crise politique cherche à réaliser des économies substantielles.

    Un élément de contexte qui a de quoi inquiéter les élus des collectivités locales déjà mis à contribution depuis plusieurs années pour compenser le déficit de l’État.

    Liens de proximité

    La Marseillaise qui avait lancé l’appel « Sauvons la République de proximité » en novembre 2024, tandis que se profilait un budget Barnier synonyme de potion amère pour les collectivités, peut en témoigner : toutes tendances confondues, les élus ne réclament pas plus de missions mais plus de moyens.

    Une décentralisation réussie passe par une réforme de la fiscalité renouant notamment le lien entre activités économiques et collectivités rompu par la suppression de la taxe professionnelle par Nicolas Sarkozy.

    Oui, elles l’ont démontré, les collectivités savent faire plus et mieux que l’État dans toute une série de domaines grâce à leur relation de proximité avec les citoyens.

    Les Français n’en demeurent pas moins attachés à l’égalité républicaine et au rôle de l’État.

    La République décentralisée oui, centrifugée non.

  • L’énergie de la victoire

    L’énergie de la victoire

    Au commencement, il y avait l’arbitraire. Une décision tombée d’en haut et justifiée par l’impératif climatique sans qu’aucune perspective d’avenir ne soit tracée : la fermeture de la Centrale à charbon de Gardanne.

    Qu’importe l’emploi, qu’importent les besoins en électricité de notre région, qu’importent la perte des savoir-faire et les potentialités d’une transition écologique vertueuse du site.

    C’est grâce à l’abnégation des salariés de la Centrale, de leur syndicat CGT et de leur association de travailleurs que ces choix mortifères ont été battus en brèche.

    Aujourd’hui devenue centrale à biomasse, le site de la Centrale va accueillir le projet de biogaz défendu bec et ongles par les travailleurs permettant l’embauche d’anciens salariés.

    Solutions ouvrières

    C’est une nouvelle fois la démonstration, dans notre région, que les solutions viennent des travailleurs organisés. Les caricatures qui sont faites d’eux sont indignes. Non, ils ne sont pas « contre tout », ce sont même souvent les seuls à apporter des propositions d’avenir.

    Qui porte la responsabilité du déclin industriel ? Qui instrumentalise l’écologie pour justifier des choix incohérents ? Qui mise sur le dumping social pour maximiser ses profits ? Certainement pas les Gardannais qui se battent pour l’avenir de leurs familles, de leurs métiers et de leur territoire.

    Dans une France où le monde du travail est trop souvent malmené, la détermination des salariés de la Centrale a valeur d’exemple.

    C’est l’énergie de la victoire.

  • Le déni et la naïveté

    Le déni et la naïveté

    Les propos du chef d’État-major des Armées, appelant, devant les maires de France réunis en congrès, à « accepter de perdre nos enfants », ont provoqué dans notre pays un état de sidération, singulièrement dans la jeunesse.

    Difficile pourtant de croire qu’il s’est exprimé sans mandat. Ses paroles, faites pour choquer, sont destinées à préparer les esprits aux annonces du président de la République autour du service militaire volontaire et à instaurer un climat de peur du lendemain pour légitimer un gouvernement qui ne tient qu’à un fil.

    Les va-t-en guerre accusent celles et ceux qui refusent l’engrenage guerrier de déni et de naïveté. Improbable inversion des rôles.

    Irresponsables

    Le déni réside chez ceux qui croient pouvoir résoudre la guerre qui oppose la Russie à l’Ukraine en versant le sang de jeunes français sur le champ de bataille. Quant à la naïveté, elle se situe parmi ceux qui imaginent prendre part à un conflit en Europe sans conséquence en chaîne. Pas seulement pour nos jeunes, mais pour notre monde tout entier.

    La Russie comme la France sont des puissances nucléaires. Alors que les derniers témoins de l’horreur des bombardements atomiques à Hiroshima et Nagasaki sont présents dans notre région à l’invitation du Mouvement de la paix, l’irresponsabilité est bien du côté de ceux qui ont oublié les leçons du passé.

    L’indispensable Défense nationale n’a rien à voir avec le bellicisme. Elle doit au contraire créer les conditions de la protection de notre peuple.

    Au lieu d’aviver les tensions, la France doit peser de tout son poids diplomatique pour trouver un chemin de paix dans le respect du droit international.

    C’est ce qu’elle doit à ses enfants comme au monde.

  • Question de vie ou de mort

    Question de vie ou de mort

    Terrible constat : selon les derniers chiffres officiels publiés jeudi par la Mission interministérielle pour la protection des femmes, le nombre de féminicides conjugaux a augmenté de 11% entre 2023 et 2024, avec 107 femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint. Alors que l’année 2025 n’est pas encore achevée, les associations féministes ont déjà dénombré 151 femmes ou filles tuées dans un contexte de violence misogyne.

    Ce n’est pas une addition de drames isolés, mais un fait social, le reflet de la violence que notre société laisse s’exprimer à l’égard des femmes.

    2,6 milliards

    C’est dans ce contexte, à la veille de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, qu’une proposition de loi transpartisane a été présentée à l’Assemblée nationale. En réponse, la ministre chargée du dossier, Aurore Bergé, a annoncé de son côté un projet de loi-cadre sans être en mesure de préciser une date pour son examen ni de chiffrer son financement.

    Comme toujours, c’est là que le bât blesse. Pourquoi ce qu’il a été possible de faire dans une Espagne profondément marquée par le patriarcat, n’est pas possible en France ? De l’autre côté des Pyrénées, une loi-cadre dotée de financements conséquents a permis de faire reculer de 35% les féminicides.

    Oui, mettre les moyens pour protéger les femmes est une question de vie ou de mort.

    La Fondation des femmes estime à 2,6 milliards par an le budget minimum que l’État devrait consacrer
    à la protection des victimes de violences conjugales, sexistes et sexuelles en France, « soit 0,5% du budget de l’État ». Aux actes !

  • Debout

    Debout

    Et maintenant ? Après l’hommage impressionnant de dignité exprimé samedi par les milliers de personnes présentes au rassemblement en mémoire de Mehdi Kessaci, 20 ans, assassiné par les tueurs de la mafia de la drogue, quel sera l’après ? « Mon frère est mort pour rien et on nous traite comme des moins que rien. » Amine Kessaci, 22 ans, frère de Mehdi, exprime le profond vécu de centaines de milliers de familles populaires, laissées pour compte dans des quartiers immenses, ceux qui font l’essentiel de la France, en proie à la mainmise des trafiquants de drogue. Ce sont eux, ces lâches, qui vampirisent la vie quotidienne, imposent non pas leur loi – ils n’en ont aucune – mais la terreur pure et la cruauté totale. Dans un seul et unique but : accumuler toujours plus d’argent sale, couvert du sang de leurs victimes.

    Douleur et dignité

    Et maintenant ? Les États européens, dont la France, vont-ils continuer à fermer les yeux sur cet argent pourri de la drogue, recyclé en toute impunité, avec des complices en cols blancs, dans l’économie dite « légale » ? À quand des moyens pour couper les têtes de l’hydre ? Et où sont les protections durables dans nos villes, dans nos villages ? C’est-à-dire des services publics développés et de qualité ? Qui pour dire que le narcotrafic est systémique, amplifié par le libéralisme échevelé, sans éthique, ni morale ? Qui pour lever le voile et lutter contre la corruption ? Qui pour respecter la justice en lui donnant tous les moyens pour agir ? Samedi, Amine Kessaci, 22 ans, a tracé la voie et fait clamer le mot justice. Il incarne et la douleur et la dignité de ceux qui savent rester debout et résister.

  • Défendre les intérêts populaires

    Défendre les intérêts populaires

    Quelle réponse politique à l’assassinat de Mehdi Kessaci ? La question reste entière à l’heure de la marche blanche qui lui rendra hommage ce samedi.

    Face aux postures démagogiques de l’extrême droite qui se nourrit de tous les désordres de notre société, un immense besoin de discours de progrès s’exprime.

    Oui la sécurité est une question de classe. Ce sont les habitants des quartiers populaires qui sont en première ligne et subissent la violence du narcotrafic. Emmanuel Macron lui-même le reconnaît quand il pointe « les bourgeois des centres-villes » qui consomment la drogue mais ne paient pas les conséquences des trafics dans leur vie quotidienne.

    Divorce

    Chez les progressistes, la question a trop longtemps été délaissée. Fabien Roussel a même été pointé du doigt par une certaine gauche pour s’en être saisi. Comme si le sujet était tabou, comme s’il appartenait à la droite et à l’extrême droite. Pas besoin de chercher beaucoup plus loin pour comprendre le divorce de la gauche et du peuple.

    À Marseille, c’est pourtant la gauche et singulièrement la famille communiste qui a historiquement porté le fer contre la pègre depuis le combat pour « Marseille propre » de François Billoux jusqu’à Guy Hermier et la commission d’enquête sur le blanchiment de l’argent de la drogue. Quoi de plus naturel ? Le narcotrafic n’est rien d’autre que l’incarnation de la recherche de profit poussée jusqu’à l’assassinat.

    Fabien Roussel a raison : il est grand temps de renouer avec une gauche qui joue pleinement son rôle en défendant les intérêts populaires.

  • L’exemple qui vient d’en bas

    L’exemple qui vient d’en bas

    Très attendus à Marseille depuis l’assassinat de Mehdi Kessaci, les ministres de l’Intérieur et de la Justice, Laurent Nuñez et Gérald Darmanin, ont écouté les exigences des élus du territoire sans apporter d’éléments tangibles pour y répondre.

    Peut-être était-ce la seule attitude digne à tenir après tant d’effets d’annonce sans transformation réelle des conditions de vie des habitants des quartiers populaires de Marseille ? Peut-être était-ce aussi le signe que le sommet de l’État est lui-même sonné par cet assassinat d’intimidation qui démontre la dimension incontrôlable prise par les groupes mafieux prospérant sur le trafic de drogue ?

    En tout état de cause, c’est une déception pour celles et ceux qui espéraient des annonces à la hauteur du défi à relever en matière de lutte policière contre le narcotrafic et de moyens judiciaires pour le réprimer.

    Courage et dignité

    À Marseille, malgré l’adversité, comme souvent l’exemple vient d’en bas. En l’espèce, il vient de la famille Kessaci qui appelle à marcher en mémoire de Mehdi, assassiné à l’âge de 20 ans mais aussi des signataires de l’Appel de Marseille « assassinat, trafics, armes, drogue, ça suffit ». Dans nos colonnes, ils disent avec courage et dignité leur refus de voir Marseille mise en coupe réglée par les criminels.

    Ils seront rejoints, samedi, par des responsables nationaux de partis de gauche mais aussi par les premiers élus de notre territoire. C’est le signe que les assassins de Mehdi ont échoué. Ils pensaient faire régner la loi du silence mais la société civile et les élus de la République leur crient « stop ». Une exigence que l’État se doit d’entendre.