Tag: écoles

  • « Sport et partage » rassemble les enfants pour sa journée solidaire

    « Sport et partage » rassemble les enfants pour sa journée solidaire

    Le sport, c’est avant tout du partage. 150 enfants, issus des quartiers prioritaires de la ville, ont participé mercredi au complexe sportif de Fontainieu, dans le 14e arrondissement de Marseille, à la deuxième édition de la journée sportive solidaire, portée par l’association Sport et partage. « Le but de cette journée, c’est vraiment de faire découvrir des sports à des enfants. La plupart découvrent plein de sports qu’ils n’ont jamais pu pratiquer, comme le tennis, le beach-volley, le skateboard. Il faut leur donner envie de bouger, d’être dehors et de s’amuser. C’est surtout aussi de promouvoir le sport plaisir et le sport comme du jeu, pour pouvoir donner envie à un maximum de jeunes de faire une activité sportive », souligne Marie Wattel, présidente de l’organisation. Originaire de Lille, la quadruple champion d’Europe de natation a porté durant cinq saisons les couleurs du CNM, avant de s’exporter l’année passée aux États-Unis.

    Cela ne l’empêche pas de rester présente pour la jeunesse phocéenne, au travers de la structure qu’elle a créée en 2024, durant l’année olympique aux Jeux de Paris. « J’avais à cœur de partager ma passion, de faire aussi quelque chose d’autre que juste nager », raconte-t-elle en se tournant vers Sylvaine Jannez, directrice de la section Bouches-du-Rhône de l’Union sportive de l’enseignement du premier degré (USEP 13), partenaire de l’événement. Cette fédération travaille régulièrement avec les écoles, les comités sportifs et les centres sociaux du quartier. « Le sport permet aux enfants de pouvoir partager un moment de convivialité », estime la déléguée départementale, qui s’est activée durant la pause déjeuner avec ses équipes pour confectionner les kits sportifs. Chaque enfant s’est vu remettre un sac à dos, une gourde, un t-shirt et du matériel sportif, allant de ballons de football à des raquettes de tennis-de-table. « On doit beaucoup à Marie [Wattel], qui a récupéré tous les kits auprès de ses sponsors. Elle a vraiment fait un gros travail », ajoute Sylvaine, pour qui ce genre d’initiatives doit être davantage encouragé.

    « C’est quoi le skeleton ? »

    Les activités ont débuté à 9h30 sous un soleil aussi rayonnant que les sourires des animateurs. « Je tiens beaucoup à ces journées-là et j’espère qu’il y en aura de plus en plus parce que ça permet à ces enfants-là de découvrir du sport, d’apprendre sur le sport et puis surtout de se sortir de leur quotidien qui est, pour certains, pas toujours joyeux », appuie Hugo, engagé dans un service civique auprès du Comité départemental olympique et sportif des Bouches-du-Rhône (CDOS 13). « Ça montre que le sport, ce n’est pas comme certains peuvent le penser, ce n’est pas que de l’argent et du business. C’est avant tout la joie des enfants qui profitent, qui se rassemblent et qui brisent les barrières », poursuit l’animateur en charge d’un « memory », un jeu de mémoire, pour découvrir et connaître les différents sports représentés lors des récents Jeux olympiques et paralympiques d’hiver.

    Si la quasi-intégralité d’entre eux n’ont jamais pratiqué l’une de ces disciplines, les enfants ont facilement reconnu le ski et le hockey sur glace. Mais pour les autres, en revanche, ils ont fait chou blanc. « C’est quoi le skeleton ? », demande Adam du haut de ses neuf ans. « On dirait du toboggan dans la neige », lance Najat, assise juste à côté de lui, sans se douter qu’elle n’était pas si loin de la bonne réponse. « Il faut que les activités soient ludiques, sinon ils décrochent assez vite », constate Hugo, conscient que les plus petits sont obnubilés par les ballons. L’apparition du vent en début d’après-midi a contrecarré certains plans, mais le but principal a été atteint : tous les enfants sont repartis avec le sourire.

  • À Avignon, les familles verront-elles la facture augmenter ?

    À Avignon, les familles verront-elles la facture augmenter ?

    Si son choix est délicat, Cécile Helle nous confiait, mi-décembre à l’heure de tirer un trait sur le conseil municipal, que la remunicipalisation des cantines scolaires est la délibération dont elle est la plus fière. Un projet lancé au tout début du premier mandat de la maire (PS), contre vents et marées. Une décision qui a ensuite permis, lors de ce second mandat, de baisser par trois fois les prix de la cantine. Ainsi, plus de la moitié des élèves déjeunent pour moins d’un euro (80% d’entre eux fréquentent la cantine) avec un tarif maximal de 2,85 euros. Un véritable choix politique – pour lequel le RN et sa candidate Anne-Sophie Rigault avait voté contre en séance – quand on sait que le prix de revient d’un repas est de 12 euros. Joël Peyre, élu aux finances, rappelle souvent que malgré l’augmentation du prix des denrées, cumulée à la baisse des tarifs, le budget cantines restait moins élevé que lors de la privatisation.

    Dans la même veine, Avignon est l’une des rares communes à avoir maintenu les rythmes scolaires sur 4,5 jours (notre édition de ce mercredi), en proposant des activités périscolaires gratuites. Dont l’engagement financier (1,8 million d’euros annuels) est à la charge exclusive désormais de la commune. Les familles ne sont pas non plus mises à contribution lors de l’accueil du matin et la garderie du soir. Toujours côté pouvoir d’achat scolaire, la Ville a mis en place un kit de rentrée, offrant à chaque enfant un nécessaire de fournitures.

    Un héritage, visible aussi à travers la gratuité des musées et des bibliothèques, que Cécile Helle interroge régulièrement ces dernières semaines. Sera-t-il dilapidé, remis en cause, ajusté ? Pour l’heure, aucun candidat ne s’est aventuré à dire qu’il rendrait au privé la gestion des cantines. La plupart comptent revenir à la semaine des 4 jours, remodelant ainsi l’organisation du mercredi. Olivier Galzi (DVD) souhaite « créer un plan mercredi de qualité, structuré avec les associations » et « expérimenter l’élargissement des horaires d’accueil et d’aide aux devoirs notamment pour les travailleurs en horaires décalés ». Une mesure qui resterait gratuite pour les familles, précise le candidat qui compte, en revanche, refaire payer les musées aux touristes.

  • La droite détaille son plan Condorcet pour les écoles

    La droite détaille son plan Condorcet pour les écoles

    Les écoles marseillaises consacrées honte de la République après deux décennies d’abandon étaient un gros point noir de la municipalité de droite sortante en 2020. Six ans plus tard, ses héritiers voient grand et font la leçon. Mardi, Robert Ciampi (HOR), proviseur de la cité scolaire Marseilleveyre et rédacteur du programme, présentait avec Romain Simmarano (Ren) et Laure-Agnès Caradec (LR), son projet pour les écoles de la ville. Un « plan Condorcet », inspiré du plan Charlemagne des collèges destiné à rattraper le retard. Il se décline en six axes et démarrera sur un audit mené avec les agents, parents et la DSDEN, pour établir un diagnostic de l’état du bâti, du matériel, des personnels et des besoins. Classique.

    Objectif ? « Dans tous les quartiers, une école sûre, entretenue, moderne, accessible et remplie de projets », glisse Robert Ciampi pour qui la rénovation constitue le pilier majeur « même si ne parler que du bâti, c’est se tromper ». Au-delà d’un « audit flash » de la SPEM, le programme table sur un Pôle de rénovation des écoles chargé de traiter 60 écoles par an. Mais pas que donc.

    Sur le plan pédagogique, la droite promet une hausse de 20% du budget par élève, des bibliothèques numériques et des études surveillées par des enseignants revalorisés. Le programme prévoit aussi un parcours éducatif adapté à chaque niveau – de l’initiation au goût en maternelle à l’apprentissage des premiers secours en CM2 -, une « maison médicale éducative », une « brigade d’infirmières », un plan DYS, ou la réhabilitation des conciergeries. Tout y est jusqu’à la création d’espace de répit pour les AESH. Pour l’encadrement des élèves en revanche, aucun chiffre n’est donné, si ce n’est celui d’une Atsem par classe de maternelle.

    Les abords des écoles seront sécurisés, avec contrôle d’accès vidéo et médiateurs. Enfin, côté restauration scolaire, Robert Ciampi promet de « travailler avec ceux qui ont le marché » sur des « assiettes de Provence » et d’œuvrer à trouver des cuisines centrales.

  • Les élèves tendent l’oreille à l’Opéra de Marseille

    Les élèves tendent l’oreille à l’Opéra de Marseille

    Oreilles, bouches ouvertes et yeux ébahis devant les trois musiciens de l’Orchestre philharmonique de Marseille, les élèves de moyenne et grande section d’écoles maternelles, assis sur le parquet du Foyer public Ernest-Reyer à l’Opéra municipal ce jeudi 5 mars, sont impressionnés devant les instruments et les sons qu’ils émettent.

    « Mettez le doigt devant votre bouche, vous allez sentir votre souffle », explique la musicienne Lætitia Lenck aux enfants, en montrant sa flûte. Les bruits des trois instruments résonnent dans la salle et font réagir les élèves : des rires s’échappent devant la flûte, certains gigotent au rythme de la musique ou se bouchent les oreilles au retentissement de la cymbale. D’autres fixent la fresque au plafond et les murs marbrés. Après avoir assisté au concert pédagogique, le 30 janvier dernier, les petits retournent à l’opéra pour une initiation à la musique.

    Un moment de partage

    Porté par la Ville de Marseille, l’Opéra municipal et l’académie d’Aix-Marseille, le programme « Éveil à l’Opéra » permet aux élèves de découvrir l’univers de l’opéra. « Ce lieu magique les sort de leur quotidien », affirme Guillaume Schmitt, responsable de l’action culturelle.

    Mathieu Schaeffer, percussionniste, indique aux élèves qu’avec « leurs mains, ils possèdent un instrument de musique ». Ils apprennent à être en rythme, à ralentir ou accélérer. Un groupe tape du pied vigoureusement et l’autre frappe des mains. Invités à fermer les yeux pour être transportés dans les bruits de la forêt, ils clament à l’unisson « Un hibou ! Un oiseau ! », en reconnaissent les sons joués par les appeaux. « Les élèves sont réceptifs et ça nous permet d’avoir un lien avec le public », s’enthousiasme Mathieu Latil, violoniste. Un à un, ils viennent toucher les instruments avec délicatesse et repartent le sourire aux lèvres.

    Lætitia Lenck partage l’engouement des professeurs et des parents d’élèves : « Leurs yeux pétillants et émerveillés, c’est beau à voir. » « C’est un souvenir marquant pour eux, ils en parlent après, à l’école et avec leurs familles », renchérit Guillaume Schmitt. Après la danse et la musique, l’initiation au chant se déroulera le mardi 19 mai.

  • Les écoles martégales à l’heure du bilan et des enjeux

    Les écoles martégales à l’heure du bilan et des enjeux

    Ils étaient nombreux jeudi après midi, à la sortie de l’école Robert Daugey, à Croix-Sainte. Côté équipe de Gaby Charroux (PCF), comme du côté du Collectif citoyen martégal et leur tête de liste Frédéric Grimaud (LFI).

    Et les parents d’élèves ont des choses à dire. Comme cette mère, venue chercher son fils Lenny, en grande section, dont l’insoumis est le professeur. « Il faudrait réhabiliter la cour de récréation » estime Laetitia La Fisca, déléguée des parents d’élèves, car « la maternelle est en plein soleil l’été, il fait chaud dans les classes ». Elle pointe aussi des comportements « dangereux » des automobilistes devant l’école, « à 8h30 et à 16h ça dépasse parfois vite » relève-t-elle. Si son vote n’est pas encore certain, « la sécurité sera déterminante ».

    Jolie Kita Nkoko, mère de Junior en petite section, pense aussi à la sécurité, mais se dit « satisfaite ». « Le sport, le volley, l’athlétisme, toutes ces activités sont bien pour les enfants » précise-t-elle. Son choix est déjà fait : « Monsieur Gaby », par « reconnaissance, on m’a bien accueilli et bien aidée », lorsqu’il a été question de régulariser sa situation, étant originaire de RDC. « Mais on peut encore faire mieux côté logement, les dossiers prennent trop de temps », nuance-t-elle.

    André Cortes, martégal depuis peu, est d’un avis similaire. « Ça va, ils sont un peu beaucoup dans les classes et le stationnement est parfois galère mais c’est partout pareil », relativise le père de famille qui ne parle que d’« un seul point négatif : l’absence de clim ».

    Défendre des fermetures

    Le fils d’André Cortes, en CM1, se rappelle des changements de classe en début d’année, provoqués par la fermeture puis la réouverture d’une classe. « C’est bien qu’ils se soient battus », relève André Cortes, en parlant du maire et de son équipe face au rectorat.

    « C’est pour ça qu’on est là, pour continuer à défendre les écoles contre les fermetures de classe », clame Valérie Martos, militante communiste. « Pour aussi être protégés de la dégradation de la politique nationale et des budgets municipaux en baisse », complète sa camarade Jeanine Incorvaïa. Le « bouclier martégal » vanté sur leur tract vend justement la gratuité des activités culturelles et sportives sur le temps scolaire, des classes « vertes rousses et neige », de la garderie du soir « gratuite jusqu’à 18h », ainsi que les « 1,7 million d’euros investis par an dans les écoles pour les entretenir ».

    Prochaine étape, la clim ?

  • [Rue de la République] Posez vos questions à notre invité Benoît Payan

    [Rue de la République] Posez vos questions à notre invité Benoît Payan

    [#RueDeLaRépublique] Posez vos questions à notre invité Benoit Payan. Municipales, écoles, tranquillité publique, logement, programme, listes…

    À vous la parole ⬇️

  • Propositions de campagne du Printemps marseillais

    Propositions de campagne du Printemps marseillais

    Solidarité : les propositions des communistes reprises

    Dans le programme présenté, de nombreuses propositions avaient été émises par les communistes. Ainsi des tarifs réduits pour les parents isolés pour leur permettre de profiter de toutes les opportunités offertes par la Ville, la création d’une mutuelle municipale… « Si nous sommes des milliers, nous pourrons mécaniquement faire baisser les prix, faire du rapport de force », explique Benoît Payan. S’ajoutent aussi l’accès pour tous à un centre de santé non lucratif à proximité de son domicile, la création d’une charte du relogement pour les familles de victimes.

    Logement : Mille places d’hébergement d’urgence

    Rappelant le drame de la rue d’Aubagne – « la justice de ce pays est passée et reviendra une fois de plus » – Benoît Payan se félicite de voir le nombre d’agents passés d’un demi-temps plein à 170 personnes. Le programme pousse encore pour l’encadrement des loyers qui n’a pu être mis en place, la création d’un gendarme du logement, la mise en place de baux solidaires, la création de 1 000 places d’hébergement d’urgence.

    Sécurité : doubler la police municipale

    Cela faisait partie des premières annonces de la campagne : le Printemps marseillais veut doubler les effectifs de la police municipale. « Ce n’est pas très difficile, puisque nous l’avons déjà fait », sourit le maire, rappelant qu’en un mandat autant de policiers ont été embauchés qu’en cinquante ans. « Nous allons mettre des commissariats dans chaque arrondissement, avec des policiers qui vont au contact de la population », promet-il encore. Assurant que cette politique de sécurité doit s’appuyer aussi sur le rétablissement des services publics, « un retour de la République pleine et entière ».

    Éducation : 15 000 repas gratuits

    Priorité affichée du premier mandat, la réalisation de 27 écoles est mise en avant par le maire. « Nous sommes la seule ville de France à avoir construit autant d’écoles en un mandat », défend-il. Et de promettre de porter le montant du kit scolaire à 150 euros, de passer de 10 000 à 15 000 repas gratuits dans les cantines comme le proposait le PCF, de proposer 15 000 petits-déjeuners gratuits aux écoliers. « Nous avons fait l’expérience dans une école de Belsunce, non seulement l’attention en classe, mais aussi les résultats scolaires se sont améliorés. Ce n’est pas qu’une question de dignité, mais aussi une question essentielle de développement humain », applaudit Benoît Payan.

  • Faire une « ville à hauteur d’enfant »

    Faire une « ville à hauteur d’enfant »

    Mettre « l’enfant au centre » : la formule est devenue un axe de campagne pour Nîmes en commun, qui décline une série de propositions allant de la petite enfance à l’adolescence, avec une idée directrice : une ville pensée pour les plus jeunes est aussi plus vivable pour tous.

    Côté petite enfance, la liste annonce le développement des structures d’accueil et l’élargissement des horaires, un accès facilité aux modes de garde et des aides municipales ciblées, notamment pour les familles monoparentales. Sur le pouvoir d’achat des familles, le collectif met en avant la gratuité des transports pour les moins de 25 ans, la gratuité des bibliothèques, et la mise en place d’un séjour vacances dès l’été 2026.

    Le cœur du volet école repose sur un plan d’urgence d’adaptation climatique et de rénovation pour les 83 écoles, complété par la renaturation des cours et un projet éducatif territorial renforcé : tutorat, accès au sport, éducation artistique et culturelle, ludothèque itinérante, réseau d’entraide parentale. La liste évoque aussi une refonte du Projet de réussite éducative pour mieux accompagner les enfants et familles en difficulté.

    Redonner la parole

    Enfin, sur la citoyenneté, le collectif veut créer un conseil municipal des enfants, élu dans les écoles, avec engagement de réponse publique à chaque proposition. Objectif affiché : agir tôt contre les déterminismes sociaux et rendre aux enfants une liberté réelle dans l’espace public. A.J

  • Tina Biard Sansonetti mise sur son expérience de terrain

    Tina Biard Sansonetti mise sur son expérience de terrain

    Venus de la Busserine, de Font-Vert ou de Font Obscure, ils sont nombreux à avoir fait le déplacement pour l’inauguration du local de campagne de Tina Biard Sansonetti (DVG), tête de liste du Printemps marseillais dans les 13-14. À l’aise, après avoir fait son entrée sur fond de Jump de Van Halen façon stade Vel’ aux côtés du maire sortant et candidat Benoît Payan (DVG), l’ancienne directrice du centre social de Saint-Joseph met en avant son expérience de terrain.

    « Je pense à Kamel, le premier jour où j’ai pris mes fonctions au centre où quand on parlait des transports, il m’avait qu’il n’y en a pas car “ils ne veulent pas qu’on descende”, je pense à toutes ces femmes qui se battent tous les jours pour simplement vivre dans des logements dignes, je pense à Élodie, Mounira après 20 ans de bataille pour avoir des écoles dignes, je pense à Daniel, Patricia, Gérard pour remettre du beau et avoir un jardin à Shollchaumel », égrène-t-elle.

    « Le RN, ici, on l’a vécu »

    Elle martèle : « Il est temps de transformer ce secteur » qui doit être traité comme « le premier de la ville » car le plus peuplé. Et de promettre de végétaliser la L2, des « grands équipements » avec un centre urbain du Merlan rénové assorti d’une bibliothèque et d’un cinéma, de créer des places de village pour « vivre ensemble », de réhabiliter les co-propriétés dégradées. Mais la mère des batailles reste la lutte contre l’extrême droite dans un secteur tombé aux mains de ce qui était alors le FN en 2014 avec l’élection de Stéphane Ravier. « Le RN ici on l’a vécu, c’est le clientélisme, le recul des services publics de proximité, la discrimination », rappelle-t-elle, estimant qu’il faudra se battre dès le 15 mars.

    Benoît Payan enchaîne, harangue une foule conquise. « De par l’histoire, vous, habitants de ces arrondissements, vous avez été relégués parce que vous ne votiez pas ou vous votiez mal, ou vous n’étiez pas nés dans le bon quartier. Ce n’est rien d’autre qu’une ville qui s’est coupée en deux qui s’est construite ici. C’est face à ces marchands de haine que nous nous dressons », lance-t-il.

    Il prône une politique faite avec « le cœur », sans « promesse d’appartements ou d’emplois », et appelle à agir « ensemble », dénonçant le poison de la division « dans le camp du progrès et de l’écologie. » Une pique claire au candidat LFI, Sébastien Delogu qui a fait des quartiers Nord son terrain favori.

  • L’enfance, levier d’égalité pour Nîmes

    L’enfance, levier d’égalité pour Nîmes

    Elle n’a pas « choisi » l’enfance comme un thème de campagne : c’est l’enfance qui l’a rattrapée, chaque matin, à hauteur de CP. Géographe-urbaniste de formation, passée par la réhabilitation de quartiers d’habitat social, Agnès Charaix-Py s’est reconvertie dans l’enseignement. Aujourd’hui colistière de Nîmes en commun, elle porte deux dossiers qui se répondent : renaturaliser la ville, « y compris les cours d’école des 83 écoles de Nîmes », et redonner aux enfants une place de citoyens à part entière.

    Dans sa classe, elle dit avoir vu « une paupérisation certaine » en 17 ans : pauvreté matérielle, familles récemment arrivées, barrière de la langue. À cela s’ajoutent, selon elle, « les non-problèmes » devenus massifs : l’emprise des écrans, la concentration en chute, et des signaux sanitaires plus lourds dans les quartiers populaires (caries, obésité, alimentation déséquilibrée). « On est sur une santé défavorable », résume-t-elle, sans fatalisme. Car l’autre visage, elle le décrit avec une énergie contagieuse : des enfants « affamés de culture et d’apprentissage », un enthousiasme brut, une soif de découverte. « Ce sont des gamins pas blasés », dit-elle, évoquant une sortie aux Arènes, « magique », parce que beaucoup n’y avaient « jamais mis les pieds ».

    Ce contraste nourrit sa colère politique : « Il y a des pépites. Je les vois, ils ont six ans. » Et pourtant, faute d’accompagnement, beaucoup glissent, du primaire au collège puis au lycée, jusqu’à l’orientation subie. « Ça me met la rage », insiste-t-elle : « on sacrifie leur avenir ». Pour Agnès Charaix-Py, la mairie a des leviers concrets et immédiats : périscolaire, loisirs, accès à la culture, à la mobilité, à une alimentation saine. Des actions qui, mises bout à bout, « ouvrent des horizons » et desserrent l’étau du déterminisme social.

    « Vous êtes Nîmois »

    L’épisode de juin 2025 a marqué durablement la communauté éducative : « 81 écoles sur 83 ont été fermées pendant la canicule », rappelle-t-elle, décrivant des classes à 30-31°C, des journées perdues où l’on n’enseigne plus vraiment. Pour elle, le sujet n’est pas anecdotique : il dit une politique d’investissement, des priorités assumées. « Le musée de la Romanité ou le Palais des Congrès, c’est bien, mais ça nous a fait perdre du temps », lâche-t-elle, plaidant pour un plan pluriannuel transparent : diagnostic école par école, catégories d’urgence, calendrier lisible pour parents et équipes, travaux d’isolation, protections solaires, solutions de rafraîchissement sobres, et renaturation réelle des cours.

    Car « la ville à hauteur d’enfant » commence derrière le portail : moins de goudron, plus de pleine terre, des arbres, des potagers qui fonctionnent, des composteurs suivis, du vivant. Pas pour faire joli, mais pour transformer l’expérience quotidienne et l’adaptation climatique. Et au-delà de l’école, elle déroule une vision urbaine très concrète : abords d’écoles apaisés, rues temporairement libérées des voitures, cheminements piétons sûrs, pistes cyclables praticables par des enfants, quartiers ralentis. Autrement dit : l’enfance comme test de vérité des politiques publiques.

    Mais l’ambition, insiste-t-elle, est aussi démocratique. Elle regrette l’absence d’un conseil municipal des enfants et veut éviter le gadget : sujets travaillés en amont dans les écoles, élus référents, engagement public de réponses, et retour devant les enfants « dans six ou douze mois » sur ce qui a été fait. « Ce ne sont pas seulement les citoyennes de demain, ce sont les citoyennes d’aujourd’hui », martèle-t-elle.

    Dans sa classe, une phrase revient : « Moi je voudrais qu’ils se sentent Nîmois. » Parce que l’appartenance, dit-elle, peut être un point d’appui, plus accessible que l’identité nationale pour des enfants de familles diverses. « Vous êtes Nîmois », répète-t-elle à des élèves pourtant nés ici. Derrière, une idée simple : faire de la ville un bien commun, et de l’enfance un point de départ. « Un enfant égal un enfant », conclut-elle, « des beaux quartiers comme des classes populaires ». À ses yeux, la justice sociale commence là : dans une cour d’école, un trajet du matin, un repas de cantine, une bibliothèque gratuite, un droit réel à la parole.