Tag: écoles

  • La cour de l’école Mazargues en travaux avant la rentrée scolaire

    La cour de l’école Mazargues en travaux avant la rentrée scolaire

    Trois grands platanes ombragent la cour de l’école Mazargues Centre, dans le 9e arrondissement de Marseille, de leur feuillage. À la rentrée, l’établissement, comprenant cinq classes, accueillera 129 élèves. « Les platanes sont les meilleurs climatiseurs et les meilleurs parasols en Provence », assure Nassera Benmarnia, adjointe au maire de Marseille déléguée au bâti scolaire. La plantation des arbres fait partie de la naturalisation de la cour. La désimperméabilisation est le second objectif de ces travaux estivaux suite à des inondations dans plusieurs écoles. Des bancs doivent être installés à la Toussaint, précisent les élus.

    Désimperméabiliser,

    le nerf de la guerre

    « L’école Mazargues Centre fait partie des 12 écoles intégrées au Plan école dans les 9e et 10e arrondissements de Marseille », explique Pierre Huguet, premier vice-président délégué à l’Amélioration du cadre de vie à la Métropole et adjoint au maire. Une enveloppe de 12,6 millions d’euros est dédiée à ces travaux d’été pour 200 écoles, sur les 471 écoles prioritaires. « Sur ce budget, 1,7 million est consacré aux travaux des écoles du secteur », précise-t-il. « 600 000 euros sont uniquement consacrés à la désimperméabilisation », poursuit Nassera Benmarnia. L’élue ajoute : « Pour l’école Mazargues Centre, cela a coûté 130 000 euros. »

    Pour désimperméabiliser, il est nécessaire de « tout décaper ». « On a mis à peu près 50 centimètres de matériau de drainage sur lequel on est venu poser des pavés drainants », détaille Delphine Lizé, directrice du Patrimoine scolaire et des crèches. Dans la cour, quelques ouvriers finissent d’aménager le sol. Nassera Benmarnia se prend les pieds dans un pavé. « Ce serait bête que je retarde les travaux », plaisante-t-elle. « Désormais, quand il va pleuvoir, l’eau s’infiltrera et cela évitera des inondations dans l’école », conclut Delphine Lizé.

    D’autres écoles des 9e et 10e arrondissements bénéficient des travaux d’été du Plan école, comme la maternelle de Menpenti ou l’école élémentaire Coin-Joli. Concernant l’école Granados, « le chantier a pris un tout petit peu de retard », conclut Pierre Huguet.

    Gabrielle Cartellier

  • À Kalliste, un chantier témoin du plan écoles

    À Kalliste, un chantier témoin du plan écoles

    Là, nous sommes au rez-de-chaussée dans la maternelle, au-dessus, ce sera l’élémentaire… » Le directeur général de la Société publique des écoles marseillaises (SPEM), Nicolas Andreatta, assure la visite du futur groupe scolaire Parc Kalliste Nouvelle (15e) ce samedi 4 juillet. Un ensemble monumental de 21 classes avec bibliothèque, salle de motricité et autres espaces de restauration, construit aux dernières normes bioclimatiques, qu’il décrit à Antonio Costa, président du Conseil européen, accompagné du maire de Marseille, Benoît Payan (DVG). Il faut dire que l’Europe, par l’intermédiaire de la BEI (Banque européenne d’investissement), a octroyé un prêt de 200 millions d’euros pour soutenir le plan écoles de la Ville. Le projet Kalliste s’inscrit dans un quartier prioritaire et mettra à disposition des habitants une salle polyvalente.

    Un plan à 1,5 milliard

    Démarré en décembre 2025, l’établissement devrait être livré en septembre 2027. Coût de l’opération : 14,1 millions d’euros, dont 6,5 financés au titre de l’Anru (Agence nationale pour la rénovation urbaine). « Cette école doit être un lieu totem, estime Benoît Payan. Ici à Marseille, il y a deux grands fléaux : l’habitat, sur lequel nous n’avons pas beaucoup de prise, et les écoles, construites à la va-vite, dans les années 60, et, qui, elles, relevaient de notre responsabilité. »

    Le « plan écoles du siècle », rien de moins, lancé en 2021, prévoit la rénovation, la reconstruction partielle ou totale des 470 établissements de la ville, moyennant 1,5 milliard d’euros. Un plan organisé en plusieurs vagues, la 2e et la 3e sont en cours avec 35 écoles construites d’ici 2028, 48 entre 2026 et 2029, puis une 4e entre 2027 et 2030 avec 43 autres. Tout devrait être terminé en 2032. Depuis 2020, 27 établissements scolaires sont sortis de terre, comme l’école Baya, ex-école des Abeilles, en centre-ville, Toros Mater dans le 9e, Jolie-Manon à la Belle-de-Mai (3e).

    Pour le maire de Marseille, la présence d’Antonio Costa vient conforter le bien-fondé de cette vaste ambition. « Il a été chef de gouvernement au Portugal mais aussi maire de Lisbonne. Il sait la difficulté qu’il a eue aussi dans sa ville sur les écoles. Il sait que ce chantier est pour l’avenir », pose Benoît Payan.

    Le président du Conseil européen insiste sur des institutions européennes qui « doivent être proches des citoyens ». « L’école est au cœur de notre projet, parce que cela veut dire tout d’abord : opportunité », défend-il. Selon lui, l’école reste aussi « l’endroit décisif pour la citoyenneté. Et la citoyenneté, c’est décisif pour bâtir une société avec des valeurs. L’Union européenne, c’est une union des valeurs ». Interrogé sur le choix de Marseille pour y faire une halte, Antonio Costa met en avant une « ville européenne au cœur de la Méditerranée », qui représente une certaine idée de l’Europe, celle « d’une union dans sa diversité ».

    Il repartira en mer faire un point sur les projets menés sur le littoral après avoir rencontré le bataillon des marins-pompiers, pour évoquer la dimension européenne de ses actions.

  • La CGT démonte une entreprise de conquête idéologique

    La CGT démonte une entreprise de conquête idéologique

    Depuis l’automne, la CGT Éduc’Action essaie d’alerter sur un livret mal nommé Passeport du civisme, diffusé dans plusieurs communes de l’académie de Nice, « qui cherche à faire de l’école un terrain de conquête idéologique ». Nous avions relayé dans nos colonnes le 24 novembre la lettre ouverte envoyée à la rectrice. Nos confrères du Canard Enchaîné venant de révéler le pilotage par l’extrême droite de ce document présenté comme pédagogique.

    Parmi les soutiens de ce « passeport » mis en avant, figurent Geoffroy Boulard, maire parisien proche de la Manif pour tous, et David Lisnard, maire de Cannes. Et l’association qui porte le dispositif est financée par le « Fonds du bien commun » de Pierre-Édouard Stérin. Ce milliardaire « patriote » et exilé fiscal en Belgique déclarant le 22 mars 2026, dans les colonnes du New York Times, sans ambiguïté : « Je suis encore plus à droite que l’extrême droite. » Il est l’initiateur du programme Patriotes, enracinés, résistants, identitaires, chrétiens, libéraux, européens, souverainistes (Pericles) qui vise explicitement à fédérer toutes les forces réactionnaires dans une entreprise de conquête idéologique et électorale, explique Olivier Gérard, le secrétaire général de la CGT Éduc’Action. « Dans cette stratégie, l’école est à la fois un terrain d’influence, un espace de légitimation et une cible privilégiée des attaques », précise-t-il.

    Un « Passeport du Civisme » diffusé et revendiqué notamment par le très droitier maire de Saint-Raphaël Frédéric Masquelier, qui nous répondait : « Rien ne se fait pas de manière cachée ou en catimini. »

    Il serait intéressant de savoir ce que pense le nouveau préfet du Var de ce livret.

    L’école ne doit pas se taire

    « Un Passeport du Civisme à ce point problématique que le ministère de l’Éducation nationale a retiré son agrément à l’association en novembre 2024, au motif de lacunes pédagogiques et d’atteintes à la neutralité », rappelle le responsable syndical.

    Pourquoi dans ce cas laisser faire les mairies qui continuent à distribuer aux élèves dans les écoles de la République cet outil de propagande ?

    « Dans un contexte où notre employeur invoque, use et parfois dévoie le principe de neutralité du service public pour encadrer strictement les personnels, il est pour le moins surprenant qu’il accepte de faire de l’école la vitrine d’un programme municipal », pointe également Olivier Gérard. Et d’insister : « C’est un outil politique, financé par un acteur politique. Quel que soit le travestissement de son propos, il porte des valeurs qui ne sont pas celles de l’école républicaine. »

    Et pour la CGT, l’émetteur plus encore que les propos parfois habillés de bienveillance, éclaire la perfidie de l’intention politique, le projet idéologique déterminant la portée réelle d’un discours aussi séduisant paraît-il. Comme : « La jeunesse représente l’énergie qui doit porter la nation vers son avenir. » Le problème c’est que la formule vient de l’ex-dictateur du Chili Augusto Pinochet, prononcé le 9 juillet 1977, fait remarquer Olivier Gérard.

    Et de poursuivre : « Nous savons ce que vise cette galaxie réactionnaire. Elle se bat pour remodeler la société selon une vision autoritaire, identitaire et inégalitaire, en faisant de l’institution scolaire un instrument de normalisation idéologique et de hiérarchisation sociale. » L’occasion, de réaffirmer que « la CGT ne cédera jamais, nulle part, face à l’extrême droite ». Pas question donc d’accepter les pressions, intimidations, tentatives d’entrisme et les récits identitaires. Le responsable syndical conclut : « L’École ne doit pas se taire au nom d’une neutralité dévoyée, mais tenir droite, fidèle à sa mission, et refuser de devenir le terrain d’une idéologie qui nie l’égalité et fragilise la démocratie. La CGT, elle, ne lâchera jamais rien. »

    La Marseillaise non plus.

  • Face à la canicule, Aubagne renforce son dispositif

    Face à la canicule, Aubagne renforce son dispositif

    Face à l’épisode de fortes chaleurs qui touche les Bouches-du-Rhône depuis lundi, la ville d’Aubagne a activé le niveau 2 du Plan canicule, correspondant à la vigilance jaune de Météo France. L’alerte départementale doit se poursuivre jusqu’à ce samedi 27 juin.

    Pour accompagner les personnes les plus fragiles, la municipalité a renforcé son dispositif : des tournées d’hydratation sont organisées auprès des publics vulnérables, tandis que des maraudes sont menées auprès des personnes sans domicile. Le Centre communal d’action sociale (CCAS) et ses partenaires s’appuient par ailleurs sur un registre nominatif des personnes âgées ou handicapées isolées, qui peuvent s’y inscrire sur demande. En cas d’activation du plan, elles sont directement contactées pour vérifier que tout va bien et rappeler les gestes essentiels : bien s’hydrater et se rafraîchir le corps régulièrement.

    Côté lieux de fraîcheur, la maison du partage ouvre désormais ses portes tous les après-midi, et le parc Jean Moulin reste accessible jusqu’à 23h, afin d’offrir un espace rafraîchissant sur une plus large partie de la journée.

    Dans les écoles, où certaines salles dépassent les 30°C, le maire (DVG) Jean-Pierre Squillari, élu depuis six mois, a demandé aux familles de garder, « si possible », leurs enfants à la maison. Il a reconnu l’héritage de bâtiments vétustes et a promis qu’elles seraient toutes climatisées d’ici 2027. Conséquence de la chaleur, la fête de quartier de La Tourtelle, prévue samedi à 15h, a été décalée à 18h.

    Le niveau de veille saisonnière du Plan national canicule est activé chaque année du 1er juin au 31 août, afin de prévenir et de limiter les conséquences sanitaires des épisodes de chaleur intense sur la population, en particulier chez les personnes âgées, les nourrissons et les personnes souffrant de pathologies chroniques. Le passage au niveau 2, lui, correspond à la carte de vigilance jaune de Météo France, afin de protéger aussi les personnes isolées et les écoles.

  • À Marseille, la gratuité des cantines étendue à 5 000 élèves

    À Marseille, la gratuité des cantines étendue à 5 000 élèves

    C’est une promesse de campagne qui se concrétise. Ce vendredi, au milieu d’un ordre du jour principalement consacré à l’attribution de subventions et à l’examen des comptes financiers de l’année écoulée, le conseil municipal de Marseille doit approuver l’extension de la gratuité des cantines à 5 000 écoliers supplémentaires dès la rentrée de septembre prochain, sur les près de 60 000 repas servis quotidiennement. « Il y a une urgence sociale, alimentaire pour de nombreuses familles. Il était important d’appliquer au plus tôt ces promesses pour que dès la rentrée 2026, il n’y ait plus de familles sous le seuil de pauvreté qui continuent de payer la cantine pour leurs enfants, qu’ils puissent manger convenablement », explique l’adjointe (PP) à l’éducation Pascaline Lécorché. Déjà, après le gel des tarifs depuis 2020, une première révision avait été adoptée en décembre 2024, qui avait instauré la gratuité pour 10 000 élèves marseillais. Désormais, les familles ayant un quotient familial inférieur à 433 euros pourront bénéficier de cette gratuité (contre 351 euros actuellement).

    Petits-déjeuners gratuits

    « Cela participe d’une amélioration continue sur la pause méridienne, nous avons plus que doublé le budget des cantines en améliorant les repas avec plus de bio et de productions locales, moins d’additifs », met en avant l’élue. Si elle ne s’exprime pas sur le manque à gagner avec cette mesure – plus d’un million d’euros selon nos estimations – celui-ci sera compensé, au moins en partie, par une hausse des tarifs pour les familles les plus aisées. Le prix d’un repas passera de 3,67 à 4,70 euros pour celles qui ont un quotient familial supérieur à 1 850 euros. « Ce sont des familles qui gagnent au moins 70 000 euros par an [pour un couple avec deux enfants, Ndlr.], ce coût est supportable, bien en deçà de ce que la Ville paie », justifie Pascaline Lécorché.

    À ces mesures s’ajoute aussi l’expérimentation de petits-déjeuners gratuits, déjà menée dans quatre écoles et qui à partir de la rentrée bénéficiera à six autres établissements, pas encore choisis. « C’est un bénéfice pour l’enfant qui peut être plus concentré à table parce qu’il a le ventre plein, et c’est un temps dans lequel les familles peuvent entrer dans l’école », sourit l’adjointe. De quoi s’ajouter aux kits scolaires déjà revalorisés.

  • Toulon s’adapte avec des solutions durables et répond à l’urgence

    Toulon s’adapte avec des solutions durables et répond à l’urgence

    « Nous n’avons pas attendu ce nouvel épisode de canicule pour agir », a rappelé mercredi matin la maire de Toulon Josée Massi, aux côtés du Directeur académique des services de l’Éducation nationale (Dasen) Jean-Roger Ribaud, en mairie d’honneur. L’occasion de remettre en mémoire la stratégie établie sur le long terme, combinant à la fois les solutions immédiates et l’investissement durable. Et de poursuivre : « On a commencé comme ça en 2022 avec un programme d’équipement en faveur du confort d’été et avec une augmentation croissante au fil des années. »

    Sur les 100 établissements que compte la ville (84 écoles et 16 crèches), à ce jour, en effet, la totalité des crèches sont climatisées, comme d’ailleurs les dortoirs des 41 écoles maternelles qui redeviennent des salles d’activité après la sieste. Et les 43 écoles élémentaires font elles aussi l’objet d’une stratégie structurée et progressive. Mais toutes les 676 classes disposent déjà toutes de ventilateurs, 130 classes réparties sur 18 écoles sont équipées de brasseurs d’air, et d’ici fin 2026, 150 classes auront en moyenne de 4 brasseurs d’air par classe d’ici fin 2026.

    « Nous avons aussi 12 écoles qui sont équipées de salles fraîcheurs », reprend la première magistrate. C’est-à-dire des salles climatisées. On en comptera quatre de plus d’ici fin 2026. Un déploiement qui va se poursuivre jusqu’à ce que tous les établissements en soient dotés.

    « Mais il faut des solutions durables pour adapter les écoles aux fortes chaleurs », insiste Josée Massi. Et sur ce point la Ville a entrepris un grand plan de végétalisation des cours d’école qui a abouti à faire baisser en moyenne de 3 à 5 degrés la température. Commencé en 2023, 11 écoles déjà en bénéficient ou vont en bénéficier fin 2026.

    Les écoles restent ouvertes

    Des solutions innovantes ont également été mises en place, sur la maternelle de la Cité de l’Épargne avec une ombrière photovoltaïque installée sur la cour.

    Sans compter la rénovation thermique des bâtiments et la construction de groupes scolaires, comme celui de Saint-Roch qui va se terminer l’année prochaine.

    Pour répondre aujourd’hui aux conditions exceptionnelles, la Ville travaille depuis le début de cet épisode caniculaire en étroite collaboration avec l’inspection d’académie afin de définir conjointement les mesures les plus adaptées à la protection des enfants pour les six derniers jours d’école. « Toutes les écoles vont rester ouvertes, néanmoins, les familles seront invitées à garder les enfants à domicile lorsqu’elles en ont la possibilité, et si c’est leur choix », déclare Josée Massi.

    Mais, poursuit-elle, il sera demandé aux équipes de l’Éducation nationale d’adapter les activités de l’après-midi pour les rendre compatibles avec l’épisode caniculaire. Des activités calmes qui seront organisées dans les espaces les plus tempérés des établissements. Et afin d’accompagner les équipes éducatives, la Ville va mettre à disposition un animateur dans chaque école élémentaire. Il interviendra en complément des enseignants afin lui aussi de proposer des activités adaptées aux fortes chaleurs. « Nous sommes parfaitement mobilisés pour protéger les enfants dans cet épisode exceptionnel », assure la maire de Toulon.

    Le Dasen, Jean-Roger Ribaud, a remercié la Ville « pour l’engagement et le travail qui est réalisé pour améliorer les conditions de vie des élèves et des personnels enseignants et non enseignants, à la fois sur du long terme, du moyen terme et puis là, sur l’urgence ».

    Et de conclure : « Le renforcement d’un animateur va permettre d’adapter les enseignements et l’organisation en fonction de chaque école, et d’accueillir les élèves dans les meilleures conditions. »

    Loin des discours démagos de l’extrême droite, Toulon s’emploie donc à la fois à répondre à l’urgence et construire l’avenir.

  • Un microlycée pour lutter contre le décrochage

    Un microlycée pour lutter contre le décrochage

    Dans la rue Pourquoi Pas, tout redevient possible pour les élèves en rupture de parcours scolaire. À la prochaine rentrée, le Cours Fénelon, installé dans cette rue au nom évocateur depuis plus de 120 ans, y lancera un microlycée, destiné à ramener une vingtaine de jeunes de 16 à 25 ans en situation de décrochage depuis au moins six mois sur les bancs de l’école.

    Ce modèle, qui existe depuis 2001 en France et est déjà proposé dans deux établissements varois (le collège Ravel et le lycée Bonaparte). Il répond à « un constat de terrain », explique Laurence Beraud-Schmitt, directrice du Cours Fénelon. « De plus en plus de jeunes souffrent d’anxiété et se déscolarisent à cause du harcèlement, de la phobie scolaire, de maladies… » Un mal qui touche le Var dans des proportions inquiétantes : 8% des jeunes de 18 a 24 ans (soit 30 000 élèves) n’ont pas terminé leur cycle secondaire.

    Le bac en ligne de mire

    En septembre, une première promotion entrera en classe de première avec un objectif : obtenir le baccalauréat général en deux ans. Sur le papier, les futurs élèves ont toutes les chances d’y arriver puisque ce type d’établissement revendique une réussite de 80%. « Ils suivront le même programme, assuré par des professeurs de l’éducation nationale », précise la directrice, avec « quelques aménagements. Par exemple, en français, on va demander un allègement du nombre de textes à étudier », ajoute Emmanuel Tilmont, le référent pédagogique. Ce sont surtout les méthodes, centrées sur « une pédagogie active, adaptée à chaque jeune », qui différeront.

    L’accueil sera lui aussi adapté : suivi psychologique, horaires légèrement différés, salle de repos, dans laquelle les élèves seront invités à prendre le café avec leurs encadrants chaque matin pour créer du lien. Cela, au sein d’un bâtiment à part, où les élèves auront la possibilité d’être en vase clos. « Ils pourront accéder à la cafétéria commune et seront invités aux événements du lycée, mais rien ne sera obligatoire », précise Emmanuel Tilmont.

    L’établissement, accessible pour 85 euros par mois (avec possibilité de bourses) se veut : « ouvert à tous profils : très bons élèves, plus en difficulté, porteurs de handicap… », assure le responsable pédagogique, qui prévient toutefois qu’« il faudra qu’ils aient de la volonté ».

    Infos : coursfenelon.com

  • Soupçonnée de violences, une enseignante suspendue à Avignon

    Soupçonnée de violences, une enseignante suspendue à Avignon

    Il y a encore quelques semaines, ce type d’affaire serait peut-être passée inaperçue ou aurait créé un émoi, seulement limité au sein de l’école. Mais depuis deux semaines et le meurtre de la jeune collégienne Lyhanna mais également l’affaire du périscolaire à Paris, où une quarantaine d’animateurs a été suspendue pour des faits présumés de violences physiques ou sexuelles sur enfants, la question des agressions sur mineurs est d’une brûlante actualité.

    Un cas se fait jour dans une école publique d’Avignon. Une enseignante est soupçonnée de plusieurs faits de violences physiques envers un élève de CE2, mêlant humiliations et insultes racistes. Il y a pile un mois, la professeure des écoles aurait attaché l’enfant à sa chaise de classe à l’aide d’une corde à sauter. La maman a porté plainte dès le lendemain. D’après Ici Vaucluse, une enquête de police est ouverte et plusieurs témoins doivent être entendus.

    En attendant les avancées qui ne devraient pas être immédiates, la direction des services départementaux de l’Éducation nationale (DSDEN) a déjà pris une mesure forte : « Une enquête administrative a été engagée afin d’établir précisément les faits. Dans l’attente de ses conclusions, l’enseignante a fait l’objet d’une mesure conservatoire de suspension », nous indique ce mercredi midi le rectorat. La mise en cause a été « reçue par son inspectrice de l’Éducation nationale ainsi que par les services de la DSDEN ». Dans l’autre sens, « la famille a été reçue par l’inspectrice et un rendez-vous va également avoir lieu avec les services de la DSDEN », précise le rectorat qui indique que le garçon présumé violenté n’est plus scolarisé dans cet établissement, de même que le reste de la fratrie.

    Rassemblement

    à 19 heures

    C’est dans ce contexte que le collectif Les Rési-liantes appelle à un rassemblement ce jeudi soir (19h) devant l’inspection académique. Dénonçant les violences en milieu scolaire, le collectif réclame « la protection effective des enfants concernés, la transparence sur les suites données aux signalements, le respect des principes d’égalité, de dignité et de non-discrimination au sein de l’école publique ». Si la prudence s’impose tant que les faits ne sont pas avérés, ce cas interroge plus généralement sur le fonctionnement du système éducatif. C’est ce que sous-tend le syndicat Unsa Éducation 84 qui, dans un communiqué, précise ne pas avoir été alerté au préalable de « difficultés spécifiques » dans cette école. Tout en « refusant que l’on jette l’opprobre sur l’ensemble d’une profession » le syndicat ne minimise pas : « Si les faits de maltraitance étaient avérés, ils seraient intolérables et contraires à toutes les valeurs que nous défendons. Nous demandons à l’administration de prendre ses responsabilités en matière de prévention des risques et de soutien effectif aux personnels et aux élèves. »

  • À Montpellier, une association de parents réclame la clim dans les écoles

    À Montpellier, une association de parents réclame la clim dans les écoles

    « La chaleur n’est pas une question de confort, c’est une question de santé. Un coup de chaud peut aller, dans les cas les plus graves, jusqu’à engager le pronostic vital d’un enfant », assure Murielle Kosman. « On ne nie pas un investissement de la part de la Mairie, qui se traduit par certains aménagements dans les écoles. Mais ça reste pour le moment en grand décalage avec le terrain. Quand, dès 8h30 du matin, il fait 31-32 degrés dans une classe alors qu’on n’est qu’en vigilance jaune, ce n’est pas parce que vous avez posé un plafonnier ou mis quelques stores que ça rend les classes supportables », illustre la représentante de l’association de parents d’élèves du primaire Une école un avenir, qui alerte depuis 2022 sur cette problématique.

    Ne pas opposer écologie

    et protection

    La Mairie de Montpellier a également engagé un plan de végétalisation des cours pour rafraîchir les écoles, « mais ça s’inscrit sur du long terme, à raison de 5 cours par an et encore quand elles sont réalisées, car cette année on a appris qu’il y en avait 3 qui ne seraient pas faites pour cause de budget », indique Murielle Kosman.

    Les écoles sont également dotées d’« une pièce climatisée, généralement une salle polyvalente. Mais ça reste une pièce pour l’ensemble d’une école, donc parfois pour 12 classes… », déplore la représentante de l’association. Une école un avenir a déjà saisi à deux reprises la justice en référé-liberté (2022 et 2025) face aux conditions d’exposition à la chaleur dans les écoles. « On verra si on a besoin de le faire également cette année. On envisage aussi d’engager une procédure sur le fond, car la problématique dépasse largement les écoles de Montpellier. Il faudrait peut-être que l’État s’implique, sous forme d’un plan national par exemple. »

    Pour l’heure, l’association demande l’établissement de normes claires : « Les escalopes, les œufs, on sait à quelle température ça se garde. Nos enfants, non ! Ce flou juridique fait qu’il n’y a pas d’obligation opposable » ; elle demande également que soient rendus obligatoires, dès le passage en alerte jaune canicule, le relevé et l’affichage, à l’entrée de l’école, des températures dans chaque classe, à 8h30 et 13h30, « afin que les parents soient informés ». Enfin, Une école un avenir réclame « l’installation de la climatisation de manière immédiate dans toutes les classes ou a minima les plus exposées, tant qu’on n’aura pas rénové le bâti. On ne peut pas opposer l’argument de l’écologie à la santé. On est sur de l’accueil du public, en l’occurrence de jeunes enfants, et dans les lieux d’accueil du public, partout ailleurs il y a la climatisation. Cet argument n’est pas recevable », considère Murielle Kosman.

    A.G.