Tag: droits

  • Hérisson, projet d’autodéfense juridique populaire

    Hérisson, projet d’autodéfense juridique populaire

    La justice, comme le rappelle le site du ministère, doit protéger les plus vulnérables. Et le projet Hérisson, lancé par plusieurs associations de la Coordination étrangers Vaucluse, veut, telles les épines qui protègent le petit mammifère, participer à cette protection en ouvrant un lieu dédié à l’autodéfense juridique populaire, à Avignon.

    La structure, créée en ce début d’année, vient de signer une promesse d’achat pour une maison située sur l’avenue de la Croix-Rouge, à quelques pas du croisement entre l’avenue Pierre-Semard et la rocade Charles-de-Gaulle. C’est dans ce lieu que sera donc développé « un centre de formation et d’autodéfense juridique ». « un espace ouvert aux citoyens et acteurs associatifs qui offre des outils concrets pour comprendre et utiliser le droit comme levier d’action », comme le précise l’association sur ses réseaux sociaux. Une cagnotte (lien en fin d’article) a été ouverte afin de récolter les quelques milliers d’euros manquants pour finaliser le projet.

    « Le but est de créer un cercle vertueux. Et ce, en partageant chacun nos expériences personnelles et professionnelles, afin de peser sur l’institutionnel. On a, par exemple, des échos sur des dysfonctionnements autour des droits des étrangers. Si on regroupe ensemble nos cas individuels, on peut pousser la préfecture à changer », confie Véronique Marcel. Cette avocate a notamment défendu l’association d’aide aux réfugiés Rosmerta face au Rassemblement national, en décembre 2024, et est également partie prenante du projet.

    Différents droits

    Une ouverture des lieux est espérée pour janvier 2026. L’initiative est notamment née après des échanges entre structures qui font partie de la Coordination étrangers Vaucluse. « Le climat politique est en train de changer au niveau national et international. Le devenir autoritaire de notre société produit des lois sans arrêt, comme on a pu le voir lors de l’élection de Donald Trump aux USA. Et il faut rappeler aux gens que le droit est au centre pour contrer ces changements », explique ainsi Maria, membre de Rosmerta. « Et ce n’est pas uniquement destiné aux droits des étrangers. C’est bien plus large », insiste Chantal Raffanel, également bénévole à Rosmerta. Avec, par exemple, les droits environnementaux, les droits des femmes ou encore les droits ruraux. La Confédération paysanne s’intéresse d’ailleurs de très près au projet.

    Cagnotte sur helloasso.com

  • «Au delà de la halte soins addiction, on a besoin d’une prise en charge globale »

    «Au delà de la halte soins addiction, on a besoin d’une prise en charge globale »

    La Marseillaise : Au-delà de la position du Préfet, quel est l’état des lieux ?

    Antoine Henry : Il suffit de flâner dans les rues du centre-ville pour s’en rendre compte, c’est catastrophique. On a un public de plus en plus nombreux de personnes en très grande précarité, sans logement et sans aucun revenu, même des minima sociaux, dont les besoins les plus primaires ne sont pas couverts. Elles n’ont que la rue comme horizon et possibilités, et quand on est consommateur et en situation d’addiction, malheureusement les trois quarts du temps si on essaie de se cacher, quand on est à 10, 12 injections par jour de cocaïne, il y en a une qu’on va faire dans la rue parce qu’on ne peut pas attendre.

    Comment avez-vous pris l’opposition du préfet à la HSA ?

    A.H. : On focalise beaucoup sur la HSA, et c’est un des maillons essentiels, il nous la faut mais c’est une prise en charge globale dont on a besoin. Si ces personnes avaient un toit, elles ne dérangeraient personne en consommant. Mettre les moyens dans l’accès au logement, aux centres médico-psychologiques, résoudrait une grande partie du problème. Cette déclaration du préfet témoigne pour nous d’une méconnaissance du sujet en opposant lutte contre le narcotrafic et prise en charge pour les consommateurs à la rue, et aussi une main mise du ministère de l’Intérieur sur un enjeu de santé publique, c’est inquiétant.

    En attendant, que pouvez-vous faire sur le terrain ?

    A.H. : Nos équipes encaissent, avec difficulté, elles sont épuisées. En 2023 on accompagnait 499 personnes, là en septembre 2025, on a déjà passé le millier. Mais nous, on a n’a pas doublé de financement et d’effectifs. Et on se rend compte qu’il y a une dégradation extrêmement rapide des conditions socio-économiques des personnes. La situation est extrêmement explosive, avec des dispositifs de droits communs saturés. Je ne suis pas très optimiste, d’autant que la situation politique instable à court terme, et les perspectives à long terme peu réjouissantes…

  • « On a besoin d’une prise en charge globale »

    « On a besoin d’une prise en charge globale »

    La Marseillaise : Au-delà de la position du Préfet, quel est l’état des lieux ?

    Antoine Henry : Il suffit de flâner dans les rues du centre-ville pour s’en rendre compte, c’est catastrophique. On a un public de plus en plus nombreux de personnes en très grande précarité, sans logement et sans aucun revenu, même des minima sociaux, dont les besoins les plus primaires ne sont pas couverts. Elles n’ont que la rue comme horizon et possibilités, et quand on est consommateur et en situation d’addiction, malheureusement les trois quarts du temps si on essaie de se cacher, quand on est à 10, 12 injections par jour de cocaïne, il y en a une qu’on va faire dans la rue parce qu’on ne peut pas attendre.

    Comment avez-vous pris l’opposition du préfet à la HSA ?

    A.H. : On focalise beaucoup sur la HSA, et c’est un des maillons essentiels, il nous la faut mais c’est une prise en charge globale dont on a besoin. Si ces personnes avaient un toit, elles ne dérangeraient personne en consommant. Mettre les moyens dans l’accès au logement, aux centres médico-psychologiques, résoudrait une grande partie du problème. Cette déclaration du préfet témoigne pour nous d’une méconnaissance du sujet en opposant lutte contre le narcotrafic et prise en charge pour les consommateurs à la rue, et aussi une main mise du ministère de l’Intérieur sur un enjeu de santé publique, c’est inquiétant.

    En attendant, que pouvez-vous faire sur le terrain ?

    A.H. : Nos équipes encaissent, avec difficulté, elles sont épuisées. En 2023 on accompagnait 499 personnes, là en septembre 2025, on a déjà passé le millier. Mais nous, on a n’a pas doublé de financement et d’effectifs. Et on se rend compte qu’il y a une dégradation extrêmement rapide des conditions socio-économiques des personnes. La situation est extrêmement explosive, avec des dispositifs de droits communs saturés. Je ne suis pas très optimiste, d’autant que la situation politique instable à court terme, et les perspectives à long terme peu réjouissantes…

  • Le Secours populaire marseillais accueille les bonnes volontés

    Le Secours populaire marseillais accueille les bonnes volontés

    Il est 10h ce jeudi, l’antenne d’urgence du Secours populaire n’a ouvert que depuis une trentaine de minutes mais il y a déjà du monde dans les rayons de la braderie solidaire. Ouverte du mardi au jeudi, de 9h30 à 12h, cette antenne est située juste en dessous du siège départemental, sur le chemin de Gibbes (14e) à Marseille. Un lieu qui permet aux personnes du quartier de venir trouver des habits contre une participation solidaire, des colis alimentaires ou un accompagnement juridique.

    Entre les placards remplis de jouets pour les enfants et les portants d’habits, Mustapha, la cinquantaine, est à la recherche de chaussures. Cela ne fait que deux ans que ce père de cinq enfants vient chercher des habits à la braderie. « Depuis le coronavirus, tout a augmenté. Ça fait deux ans qu’on a besoin de venir ici, parce que c’est la crise. Ici je trouve des vestes, des habits et des chaussures pour moi ou pour mes enfants », explique-t-il, gêné. Mais il ne vient pas prendre de colis alimentaires, précise-t-il. Le point de vente solidaire du Secours populaire ne nécessite pas d’être inscrit, chacun peut donc venir y faire ses achats et participer à hauteur de ses moyens.

    Porte d’entrée

    Le lieu est aussi la porte d’entrée des nouveaux aidés, puisque c’est ici que les inscriptions se font pour avoir accès aux colis alimentaires. « On fait une dizaine de nouvelles inscriptions tous les jours [d’ouverture] », explique Samira, en charge des inscriptions ce matin. Bénévole depuis 2018, elle remarque que les personnes qui viennent demander de l’aide ont des profils de plus en plus divers. « Il y a ceux qui n’ont pas de carte de séjour ou qui demandent l’asile, mais il y a aussi de plus en plus d’étudiants, de personnes au chômage, au RSA ou qui travaillent et qui n’arrivent pas à s’en sortir », témoigne-t-elle. Face à la montée de la précarité étudiante, l’association a d’ailleurs développé le Solidar’bus qui fait des distributions de colis à la sortie des cours.

    Ce matin ce sont Zorha, Naima et Samira qui assurent l’accueil et la distribution de la nourriture. Après avoir demandé les papiers d’identité des nouveaux « accueillis », Samira vérifie sur une base de données que les personnes ne sont pas déjà inscrites. Elle s’assure ensuite qu’elle ne touche pas plus de 1 000 euros par mois, ce qui est la condition pour avoir le droit à l’aide.

    Ce matin-là, c’est une bénévole du Secours populaire qui vient demander de l’aide à Samira. Habitant avec son mari et sa fille, avec un revenu de 800 euros par mois, elle a décidé de s’inscrire pour recevoir des colis alimentaires. « Je connaissais le lieu, parce que j’aide à la distribution de nourriture. Mais c’est la première fois que je viens demander de l’aide », explique la mère de famille, d’une voix timide. Comme elle ce jeudi, ils sont cinq à avoir fait leur première inscription pour l’aide alimentaire.

    Dans les Bouches-du-Rhône, de nombreux aidés par le Secours populaire deviennent par la suite bénévoles. Naima a par exemple d’abord été aidée par l’association, avant de passer de l’autre côté du comptoir, il y a trois ans. « Dès que j’ai su qu’ils faisaient des cours d’aide au numérique, j’ai voulu participer parce que je suis informaticienne », affirme fièrement Naima.

    Coupures de droits

    L’antenne offre également un accompagnement juridique. « Cela va de la prise de rendez-vous avec la Sécu, aux demandes d’asile, en passant par le droit à la culture ou aux vacances, explique Djazia, juriste de profession. Tout ce dont la famille peut avoir besoin, on est là pour les accompagner. J’aide aussi beaucoup sur les coupures de droits », précise la bénévole. Selon la juriste, le changement de politique pour toucher le RSA a impacté beaucoup de ses bénéficiaires. « Certains n’ont jamais été inscrits à France Travail et donc ne savent pas faire, ce qui entraîne la fin de leurs droits », se désole-t-elle. Des coupures dans les aides de plus en plus fréquentes qui obligent certains à se tourner vers la distribution alimentaire du Secours populaire en l’absence de tout revenu…

    « Il y a aussi de plus en plus d’étudiants, de personnes au chômage, au RSA ou qui travaillent et qui n’arrivent pas à s’en sortir »