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  • Aux Arcs-sur-Argens, les salariés de Lidl dénoncent le harcèlement syndical subi par une de leurs collègues

    Aux Arcs-sur-Argens, les salariés de Lidl dénoncent le harcèlement syndical subi par une de leurs collègues

    Le hard-discount qui fait la renommée de Lidl cache souvent des réalités peu reluisantes, parmi lesquelles un management régulièrement pointé du doigt. C’est particulièrement le cas au sein de la direction régionale de l’enseigne aux Arcs-sur-Argens, où les mouvements de grève se succèdent chaque fin de semaine depuis le début de l’année, pour dénoncer les conditions de travail des salariés, entre bas salaires, manque de moyens, et, selon leurs dires, pressions sur celles et ceux qui veulent défendre leurs droits.

    « Harcèlement syndical »

    Mardi, ils étaient une cinquantaine réunis devant le siège de la direction régionale à l’appel de la CGT pour soutenir une de leur collègue cheffe d’équipe convoquée pour un entretien relatif à un supposé manque de performances. « C’est la première fois en 23 ans qu’elle est convoquée, à cause, en réalité, d’un manque de moyens et de personnel très important sur la DR24 [la direction régionale de Lidl, Ndlr] », dénonce Lahcen Arahal, délégué CGT du personnel, qui décrit sa collègue comme « un pilier de la DR24 ». « Même les encadrants doivent faire de la préparation de commandes parce qu’on n’a pas de main-d’œuvre, on a beaucoup d’absentéisme, de turn-over, car les gens ne restent pas avec ces conditions. » Selon lui et les autres employés réunis mardi, le véritable motif de sa convocation est sa fonction syndicale de conseillère prud’hommes, qu’elle occupe depuis six mois : « Elle avait déjà été mise au placard, privée de bureau, sans équipe à gérer. On a fait un droit d’alerte. Ça a réglé la situation pendant un temps et depuis, rebelote. C’est du harcèlement syndical », affirme Lahcen Arahal.

    L’issue de l’entretien est attendue dans les prochaines semaines. Cependant, « comme elle est conseillère prud’hommes, il faudrait que l’inspection du travail donne son accord pour un éventuel licenciement », précise le secrétaire de l’UL CGT Draguignan Gilles Piazzoli. Ce qui ne devrait pas calmer la mobilisation.

    Contactée, la direction n’a pas répondu à nos sollicitations.

    La manif du 29 en ligne de mire

    Ce piquet de grève a permis à l’UL CGT de Draguignan d’aborder la question de la mobilisation nationale du 29 septembre : « Le 29 c’est le service public, qui permet aux entreprises privées d’exister les agents territoriaux, le point d’indice, donc la question des salaires, mais celle-ci est aussi très importante chez Lidl », souligne Gilles Piazzoli, secrétaire de l’UL CGT Draguignan. Et que l’on soit employé d’un secteur ou de l’autre, « aujourd’hui, on ne vit plus avec ces salaires, les carburants en hausse… Il faut mettre les revendications des travailleurs sur la table très rapidement pour les aborder à la présidentielle », ajoute Gilles Piazzoli.

  • [Entretien] Olivier Marchetti : « La région a tout sur place, elle peut cocher toutes les cases »

    [Entretien] Olivier Marchetti : « La région a tout sur place, elle peut cocher toutes les cases »

    La Marseillaise : Ce Sommet Lumière interroge la souveraineté audiovisuelle française. Quel rôle joue, dans cet écosystème, une infrastructure régionale comme Provence studios ?

    Olivier Marchetti : C’est un des maillons de la chaîne et ils sont tous importants. Aujourd’hui, recevoir un film en décor naturel et en studio, avec des bureaux de préparation, c’est colossal. Et la région Sud a tout sur place, outils, techniciens, paysages, elle peut cocher toutes les cases pour répondre à toutes les offres sans qu’on dise : « Vous n’avez pas ça, je vais ailleurs. » Parce que, la concurrence est mondiale. On négocie des projets internationaux face à des États, des pays de l’Est, d’Afrique, d’Europe et les plateformes de production internationale ont un scoring qui analyse tout de A à Z : compétence des équipes, niveau de sécurisation, crédit d’impôt international…

    Et la France se situe comment ?

    O. M. : Cette année, la France a augmenté l’assiette pour redevenir compétitive face aux autres pays. C’est surtout ça je pense, même si je ne suis pas dans le secret des dieux, que la France veut présenter à ces majors. Par contre et c’est important de le dire, parce que les niches fiscales, ça peut donner des boutons à beaucoup et moi compris, que c’est le crédit d’impôt qui nous laisse en compétition. Une production américaine on lui rend un peu, mais elle dépense beaucoup. Et si elle ne le fait pas ici, elle le fera ailleurs. C’est une petite contrepartie au regard de tout l’écosystème que ça fait travailler dans tous les pans de l’économie. Les États-Unis, par exemple, se sont endormis sur leur compétitivité et, aujourd’hui, il n’y a plus de tournages à Los Angeles. Les productions américaines se portent bien, mais ça tourne ailleurs.

    Tout n’est qu’une question de coûts ? On donne souvent la lumière du Sud et ses paysages comme recette magique.

    O. M. : Bien sûr, mais la faisabilité du film est surtout financière. On peut avoir les meilleurs décors, acteurs et techniciens, le film ne se fera pas s’il n’est pas financé. Et on parle des films étrangers, mais par exemple, La Comtesse de Monte Cristo a été tournée… à Malte. Même nos productions françaises, de temps en temps, partent à l’étranger s’il y a de meilleurs coûts.

    L’intelligence artificielle (IA) est l’un des sujets du sommet. Vous avez un studio extrêmement technologique. Comment vous situez-vous ?

    O.M. : Très clairement, on utilise l’IA comme un outil pour améliorer nos process, faire des dépouillements de scénarios par exemple, mais pas l’IA générative. Nous la maîtrisons, l’IA pour nous n’est pas créative. Tant que les questions juridiques sur la gestion des droits ne seront pas tranchées, on n’utilisera pas l’IA pour créer des films de A à Z.

    Quand on pense IA, on pense moins d’activité humaine sur les plateaux…

    O. M. : Pour l’instant, ce n’est pas le cas. Ça pourra arriver et ça arrive dans d’autres secteurs comme l’animation ou la post-production. Mais pour l’instant, l’IA, on la regarde tous, on la travaille, on s’y intéresse, mais même les plateformes refusent d’utiliser l’IA générative : un scénario à base d’IA n’est pas validé. C’est assez particulier de dire que Netflix, Amazon, n’utilisent pas l’IA, mais c’est pour des raisons de respect des droits. Ils ne veulent pas être pris à défaut, qu’on dise « c’est mon scénario, l’IA m’a volé ».

    Un autre aspect du sommet touche à la « décarbonation » de la filière

    O. M. : On a été élus par nos pairs, il y a quelques années, studio le plus écologique au monde. On a 28 000 m² de panneaux photovoltaïques, de l’économie circulaire, on travaille avec les ressourceries… Aujourd’hui, l’écologie entre dans les critères de choix des producteurs. Depuis peu de temps, un tournage écolo peut avoir une aide financière, donc c’est très motivant, même si certains y croient vraiment.

  • Pour les comédiens, la loi comme rempart face à l’IA

    Pour les comédiens, la loi comme rempart face à l’IA

    Et si l’intelligence artificielle (IA) finissait par remplacer les acteurs ? Alors que les réseaux sociaux pullulent déjà de vidéos générées artificiellement et parfois difficiles à identifier, la perspective d’un nouvel écosystème cinématographique, entièrement produit par des lignes de code, émerge progressivement. De quoi inquiéter les comédiens qui, soucieux de conserver le contrôle de leur image, cherchent à renforcer leur protection juridique.

    « Les entreprises d’IA sont les plus féroces et les plus gourmandes en matière d’images. Le problème, c’est qu’on n’a pas de recours juridique comme on en a eu jusqu’à présent pour se protéger des plagiats, des copies…, s’inquiète Catherine Lecoq, comédienne et déléguée de la CGT spectacle. On se bat donc pour que le pillage des IA génératives n’ait pas la main sur nos vies. C’est dans ce cadre qu’on a porté, avec l’Adami [organisme français qui gère et défend les droits des artistes-interprètes, Ndlr], une loi à l’Assemblée nationale. » Cette proposition de loi, n° 2634, a été adoptée par le Sénat en avril, est examinée par l’Assemblée nationale. Elle doit permettre « l’instauration d’une présomption d’utilisation des contenus culturels par les fournisseurs d’intelligence artificielle ». Autrement dit, lorsqu’un indice rend vraisemblable que le fournisseur d’une IA a utilisé une œuvre protégée, cette utilisation est présumée établie jusqu’à preuve du contraire.

    Ressentir l’émotion,
    « d’humain à humain »

    « Ce qui nous rassemble nous, les humains, c’est l’empathie, défend la syndicaliste. Nous n’aurons jamais ça avec l’IA, car elle ne produit pas d’émotion réelle. (…) Or, je pense que les gens ont vraiment besoin de ressentir cette émotion directe qui n’est, en réalité, transmissible que d’humain à humain. » De quoi, selon elle, protéger encore un peu le monde du spectacle vivant.

  • Quatre siècles de la Royale dans l’histoire de Toulon

    Quatre siècles de la Royale dans l’histoire de Toulon

    Le plus grand port militaire d’Europe s’apprête à souffler les 400 bougies de la Marine. Depuis la décision du cardinal Richelieu de doter la France d’une véritable puissance navale jusqu’à la construction programmée du nouveau porte-avions nucléaire de nouvelle génération Le France libre, son histoire étant indissociable de celle de Toulon.

    Quatre siècles plus tard, la Marine nationale est toujours là. Elle a changé de navires, de technologies, de missions mais continuer d’influer sur le devenir de la ville et sa prospérité. La base navale du Port du Levant restant le premier employeur du département avec plus de 20 000 personnels civils et militaires, ce qui représente un habitant sur cinq de l’agglomération toulonnaise.

    L’arsenal de Toulon marque également l’histoire sociale de la ville avec de grandes luttes menées par les ouvriers de la sorbe pour la conquête de leurs droits et contre les guerres coloniales. Notre titre a d’ailleurs longtemps été interdit de franchir la porte de cette enceinte protégée, les syndicalistes le glissant en cachette sous leur veste pour faire prospérer les idées d’émancipation.

    Les rues mêmes de la ville conservent l’empreinte des soirées endiablées des marins en goguette le temps d’une escale très alcoolisée. Du petit Chicago, comme il était appelé, avec ses néons criards et ses entraîneuses auprès de qui beaucoup venaient chercher de la compagnie et lever le coude. Et même s’il ne reste plus grand-chose de ces bars de nuit malfamés depuis la rénovation du centre-ville, un hôtel a conservé le nom de la cité américaine et la mémoire s’est perpétuée au travers des anecdotes des anciens. Tout comme le dicton populaire qui prétendait que toucher le pompon des appelés portait bonheur aux filles les plus téméraires.

    Une mémoire vive

    Tout cela est bien derrière nous. Depuis le ministère de la Défense a hélas fait place à celui des Armées et les missions des personnels ont changé, plus centrées sur la construction d’armements que sur l’entretien de la flotte.

    Cette date anniversaire mérite donc qu’on se tourne vers l’épopée de cette institution dans la ville préfecture. Une omniprésence vécue par moments comme un peu étouffante, notamment par rapport aux accès à la mer qu’elle interdit sur une longue bande littorale. Même si une partie aujourd’hui a été restituée aux Toulonnais, de la Tour Royale à la Mitre. Une fête donc qu’on ne peut ignorer ne serait-ce que pour occuper le terrain et ne pas laisser le récit accaparé par la communication de la Royale et la militarisation des esprits.

    Ouvert à tous, cet événement a vocation de mettre en lumière la Marine pour en faire découvrir les missions et les équipages, tout en rassemblant le public dans une ambiance conviviale, explique-t-on. Ce samedi après-midi sur la place de la Liberté, les visiteurs pourront pour cela participer à des ateliers pédagogiques, rencontrer les marins et découvrir des expositions de maquettes.

    Et après la cérémonie militaire à 18h, la musique sera également au rendez-vous, avec à un concert de jazz, avant qu’un DJ prenne le relais de 20h à 22h.

    « Ces célébrations rappellent une réalité essentielle : si la Marine agit chaque jour sur toutes les mers et tous les océans du globe, son efficacité et sa capacité d’action reposent sur l’engagement et le soutien de l’ensemble de la Nation », en profite pour glisser le ministère.

    L’occasion de rappeler aussi, avec la CGT, qui dressera le 18 septembre sur la place d’Armes son Village de la paix, que pendant que des militaires défilent dans les classes et que des forums sont organisés pour vanter les métiers de la défense aux lycéens, les budgets de l’école fondent. « La jeunesse mérite une école qui apprend à penser, pas à obéir », réaffirme la CGT.

  • Les free parties plus durement réprimées

    Les free parties plus durement réprimées

    Et une loi répressive de plus au tableau de chasse du gouvernement ! S’il a bien censuré 7 dispositions et émis 6 réserves d’interprétation, le Conseil constitutionnel estime que le cœur de la loi Ripost n’enfreint pas la Constitution.

    Dès lors que le chef de l’État aura promulgué au journal officiel le texte que le Parlement avait définitivement adopté le 21 juillet en dépit de protestations à gauche, la plupart de ses dispositions répressives seront donc applicables. À savoir une sévérité accrue contre les organisateurs de free parties (jusqu’à 2 ans de prison et 30 000 euros d’amende) mais aussi les participants (6 mois d’emprisonnement et 7 500 euros d’amende ou une amende forfaitaire délictuelle de 300 euros pour éviter les poursuites judiciaires).

    C’est l’un des 30 points sur lesquels des députés socialistes, insoumis et écologistes avaient saisi les Sages du Conseil constitutionnel, voyant dans la mesure une « atteinte à la liberté de réunion » quand le législateur entend lui « réprimer les abus de rassemblements illégaux ».

    De leur côté, la Ligue des droits de l’Homme (LDH), ainsi que le Syndicat des avocats de France (SAF) et le Syndicat de la magistrature avaient déposé une contribution extérieure contre la promulgation de la loi jugée « liberticide et disproportionnée » qui tendrait vers « une justice automatisée ». À l’instar du monde de la culture mobilisé via une tribune dans Le Monde, Sophie Mazas estime qu’au-delà des free parties, cette loi « va à l’encontre des festivals et de la fête ». La présidente de la LDH 34 craint « un champ d’application beaucoup plus large » avec, dit-elle, potentiellement des fêtes de village réunissant plus de 250 personnes sur des terrains privés dans le viseur de Ripost qui cible aussi les rodéos urbains ou le narcotrafic.

    7 mesures censurées

    Il faut ajouter que la possibilité de suspendre administrativement le permis de conduire en cas de consommation répétée de drogue (sans conduite) a été validée. De même que l’interdiction totale de l’usage détourné du gaz hilarant ou la sanction du transport de mortiers d’artifice.

    Parmi les petites victoires des opposants au texte que n’aurait pas renié Nicolas Sarkozy, on peut citer 7 censures. Notamment la destruction dans la journée des véhicules saisis lors des rodéos urbains (non-respect du droit de propriété), la fermeture automatique de magasins vendant des engins pyrotechniques (jugée disproportionnée), l’anonymisation des forces de l’ordre dans les procédures (atteinte aux droits de la défense).

    Les Sages ont aussi émis 6 réserves d’interprétation. Elles concernent l’usage de drones et de caméras aéroportées en urgence par la préfecture (usage proportionné), l’expulsion forcée de squats de locaux commerciaux ou agricoles ou la vidéoprotection algorithmique (3 mois maximum). Enfin, 5 « cavaliers législatifs » ont été rejetés (trafic de tabac, peines plus lourdes contre la vente à la sauvette…), ces mesures n’ayant aucun rapport avec la loi.

  • À Avignon, les acteurs de la solidarité prêts à attaquer « l’arrêté anti mendicité »

    À Avignon, les acteurs de la solidarité prêts à attaquer « l’arrêté anti mendicité »

    « La ville d’Avignon agit et continuera d’agir avec responsabilité et humanité sans opposer sécurité et solidarité. » Voilà comment, il y a trois ans déjà, la maire d’Avignon d’alors Cécile Helle (PS) répondait au syndicat des restaurateurs et hôteliers qui dénonçait l’inaction de la municipalité face à la présence accrue de sans-abri en centre-ville. Les municipales sont depuis passées par là et, dans la torpeur estivale post Festival, Olivier Galzi (DVD) a pris un arrêté réglementant l’occupation de l’espace public visant à prévenir des troubles à l’ordre public (notre édition du 14 août).

    « Un arrêté anti-mendicité », comme le qualifie Thierry Mila. Le président de la fédération Paca des acteurs de la solidarité, qui fédère un réseau de structures engagées aux côtés des personnes en situation de précarité, n’a pas tardé à envoyer un courrier au maire. La missive lui demande de retirer cette mesure et d’organiser une « rencontre avec les fédérations et les associations du territoire pour trouver une solution digne pour les personnes dans une ville de culture et d’accueil s’il en est. » Ce recours « gracieux et pré-contentieux », reçu ce mardi en mairie, pourrait rapidement être suivi d’un référé suspension directement déposé au tribunal administratif. « Si on n’a pas de retour d’ici à jeudi, tout est prêt pour attaquer », assure Thierry Mila.

    Sollicitée par nos soins, la Ville semble peu encline, dans l’immédiat, à une rencontre. « On va leur répondre en rappelant les grands principes de l’arrêté car ils ont une lecture différente de la nôtre », répond la mairie. Qui réaffirme ne pas vouloir « stigmatiser une certaine population et la mendicité mais concilier tranquillité publique et accompagnement des plus vulnérables en caractérisant les troubles pour mieux cibler les personnes qui n’arrivent pas à être prises en charge ». Le président de la fédération des acteurs de la solidarité y voit plutôt un moyen « de nettoyer Avignon, comme l’ont fait d’autres villes dans une course à l’échalote contre les personnes précaires qui vivent à la rue, déjà stigmatisées par la vie ». De manière plus globale, Thierry Mila déplore aussi la politique de l’État : « On ne peut pas dire d’un côté on ne veut plus de mendiants et, de l’autre, couper les fonds aux associations. »

    De « sérieuses interrogations »

    Le courrier adressé à Olivier Galzi, très circonstancié, soulève de « sérieuses interrogations » quant au respect des libertés publiques, de la notion « d’occupation prolongée » et met aussi en avant la jurisprudence du Conseil d’État, de la Cour européenne des droits de l’homme ou une décision du comité européen des droits sociaux. Au tout début de la campagne des municipales, Olivier Galzi avait défendu la possibilité d’un arrêté anti-mendicité avant de ne plus évoquer, dans ces termes, le sujet. Mi-février, dans nos colonnes, le futur maire insistait sur sa volonté d’aider ceux qui veulent s’en sortir mais, pour les autres, « envoyer le signal qu’Avignon ne sera pas la ville qui les accueillera de manière favorable ». L’arrêté vient traduire cette volonté qui, pour le PCF, « déplace la pauvreté » .

    Pour le PCF, la pauvreté est déplacée

    Parmi les réactions suscitées par l’arrêté, la section PCF d’Avignon-Morières-Le Pontet estime, dans un communiqué, que « faire partir les personnes à la rue ne les fait pas disparaître. Cela les déplace vers d’autres rues, d’autres quartiers, loin des commerces et des espaces fréquentés ». Sans « contester la nécessité de garantir la tranquillité et la libre circulation », les communistes insistent : « Ce dont Avignon a besoin, ce n’est pas de rendre la pauvreté invisible, mais de traiter ses causes. » Et d’appeler à « renforcer l’accompagnement, l’hébergement et l’accès aux soins ».

    F.C.

  • La riposte des gens du voyage à une loi liberticide et stigmatisante

    La riposte des gens du voyage à une loi liberticide et stigmatisante

    Le texte « fourre-tout » adopté le 21 juillet est censé apporter des réponses immédiates aux troubles à l’ordre public. Sont ciblés, rodéos urbains, free party, protoxyde d’azote et… Gens du voyage.

    « Français, nous avons des droits et des devoirs. Ce texte fait des amalgames intolérables, nous considère comme une sous-catégorie de citoyens et condamne le mode de vie itinérant », réagit le varois Sacha Zanko, de l’Association nationale des gens du voyage citoyens. « On nous reproche d’occuper des terrains de façon illicite. C’est criminaliser la conséquence du défaut d’accueil ». Depuis 26 ans, sur 95 concernés par la loi Besson seuls 12 départements respectent l’obligation de création de lieux adaptés.

    Un texte scélérat

    « Où devons-nous nous arrêter lorsque les lieux autorisés n’existent pas ? », interroge la tribune. On laisse ainsi se répéter des tensions avec les communes et les expulsions. Victimes de l’incurie de l’État, ils sont désignés comme « problème à l’ordre public ». Cette loi qui punit, amende, contrôle et traque, marque une nouvelle étape dans le harcèlement institutionnel des voyageurs. Avec en fond, le risque de voir ravivées de sombres pages de l’Histoire, rappellent les associatifs : « éradiquer un mode d’habiter trouve ses racines dans les lois racistes de la seconde Guerre Mondiale ».

    Par ailleurs ce texte ne propose aucune solution. « Il fallait un texte qui renforce la loi Besson. Si les schémas étaient respectés, ces déplacements ne poseraient plus de problème », estime Yohan Salles, président du Comité des Tziganes de Paca. Mais c’est jusque dans l’hémicycle que les représentants associatifs ont été bannis du débat. Les signataires demandent l’abrogation des articles 19 à 22 de la loi.

  • « Si tu peux parler, c’est que tu respires »

    « Si tu peux parler, c’est que tu respires »

    Par Clara Ben Soussan, avocate au barreau de Marseille

    Ce ne sont pas des mots rassurants, dits à un enfant inquiet qui crierait alors qu’il a avalé un bon de travers et qui aurait peur de s’étouffer.

    Ce ne sont pas des mots qui rassurent, ce sont des mots qui torturent. « Si tu peux parler c’est que tu respires », c’est la phrase rapportée par de nombreux détenus du centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe (Orne) et écrite au feutre sur le tableau du bureau des officiers, ponctuée d’un smiley sourire.

    C’est Madame Simonnot, Contrôleuse des Lieux de Privation de Liberté (CGLP), qui nous permet d’avoir accès à ce qu’il se passe dans ce quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO). Celle-ci nous apprend aussi que cette phrase accompagne souvent un « pliage », c’est-à-dire une technique utilisée par des surveillants pour projeter au sol et immobiliser au sol des détenus. Ces mots y sont utilisés comme une arme d’autorité accompagnant des violences physiques illégitimes et graves.

    C’est Gérald Darmanin, ministre de la Justice, qui est à l’initiative de ces QLCO ; son objectif était d’isoler totalement les détenus considérés comme particulièrement dangereux dans la lutte contre le trafic de stupéfiants. à ce sujet, et dans une lettre du 15.10.2025, il expliquait avoir « engagé une transformation profonde de notre système pénitentiaire pour rétablir l’autorité de l’État dans les prisons, et rendre la détention plus efficace et plus sûre pour mieux protéger les Français ».

    Ce qui est décrit par la CGLP à l’intérieur de cette prison ne relève pas de l’autorité de l’État. Des propos ignobles, tenus par des surveillants sont rapportés : « Espèce de merde », « Ta gueule », « Sale bougnoule », « Ici on va te briser » ou des chants tels que : « Ici, c’est chez nous, ici c’est le IIIe Reich, les nazis c’est nous ».

    Ces établissements sont devenus des lieux de non-droit dans lesquels certains surveillants s’offrent le droit de contrevenir à leurs propres règles déontologiques et à la loi. En effet, les injures raciales constituent une contravention et les violences aggravées (par personne dépositaire de l’autorité publique, avec arme, en raison de l’origine, etc.) sont un délit.

    L’an dernier, le ministre de la justice s’est montré particulièrement insistant sur la nécessité de ces prisons dites de haute sécurité ; tellement insistant qu’il n’a eu que faire des préconisations et alertes préventives des professionnel.les du droit et des travailleur.euses pénitentiaires qui l’ont alerté sur les conditions indignes de détention.

    Il est désormais temps qu’il entende les plaintes fondées, actuelles et graves qui sont formulées. La dignité et le respect des détenus ne peuvent être mis à mal par la violence institutionnelle qui règne dans ces établissements.

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  • Au cœur de la Pride, entre fête et revendications

    Au cœur de la Pride, entre fête et revendications

    Drapeaux LGBT, pancartes, paillettes… Des milliers de personnes se retrouvent sur la place Castellane, dans le 6e arrondissement, samedi après-midi, pour la Pride marseillaise. Organisée par un comité de pilotage inter-associatif réunissant une quarantaine de structures, elle a rassemblé plus de 40 000 personnes, selon les organisateurs.

    Sur la place, Mila, 17 ans, attend une amie, pancarte à la main. C’est la première fois qu’elle participe à une Marche des Fiertés. « Je suis lesbienne, c’est important pour moi de montrer qui je suis et de défendre mes droits », exprime la lycéenne. Un peu plus loin, Tatiana, une Finlandaise de 26 ans, est attentive au départ du cortège. « La Pride compte beaucoup pour moi, j’ai été victime de transphobie et d’homophobie. C’est ma famille. Tout le monde peut te rejeter, ta famille peut te rejeter, mais dans la communauté LGBTQIA+, personne va te rejeter. On s’aime », témoigne l’esthéticienne.

    « Un courant réactionnaire revient »

    Derrière Tatiana, Nicolas et Daniel, tous deux quinquagénaires, observent la foule. « C’est un moment important, surtout en ce moment. Un courant réactionnaire revient, c’est important de s’affirmer et de défendre nos droits », soutient Nicolas, informaticien.

    Quelques minutes plus tard, un fumigène éclate et des cris de joie retentissent. C’est le grand départ. Sur son long char, le collectif Cagole Nomade enchaîne les performances de drag-queens devant une foule enthousiaste. Entourée de ballons blancs et roses, une DJ donne le rythme.

    De son côté, l’association marseillaise de soul brésilienne, Bloco Da Lili, fait danser les participants. Entre les tambours et les musiciens, le célèbre danseur et chorégraphe brésilien Gustavo Siqueira se déhanche dans la rue de Rome, sous des yeux ébahis et un soleil brûlant.

  • « Les cheminots continuent le combat en région Sud-Paca »

    « Les cheminots continuent le combat en région Sud-Paca »

    La Marseillaise : Vous sortez d’une conférence pour le secteur CGT cheminots Paca avec un changement de secrétaire général. Quelles étaient les grandes lignes des discussions entre syndiqués ?

    François Tejedor : Cette conférence se tenait dans un contexte particulier. Il y a une montée des guerres partout dans le monde mais aussi de montée l’extrême droite, là encore à un niveau international. Côté entreprise, il y a l’ouverture à la concurrence, des réorganisations et des situations dramatiques avec un nombre important de suicides depuis le début de l’année. On a une trajectoire qui est au-delà de celle de France Télécom, un service public qui a subi un éclatement. Et c’est ce qu’on vit depuis 2018 mais on constate une accélération dans ce processus d’éclatement. Cette accélération a comme conséquence ces situations dramatiques pour la famille cheminote.

    Cédric Gimenez : En effet, la question de la montée des idées d’extrême droite a fait l’objet d’un certain nombre de débats dans notre conférence. Ce n’est pas par hasard que nous l’avons tenue dans le Var puisqu’elle est particulièrement présente dans ce territoire. Quelque part, cela fait le lien avec les décisions politiques qui touchent notre entreprise avec son éclatement. Dans la région, on est en avance par rapport à d’autres. Il y avait donc un réel besoin d’analyser le niveau d’attaques, les conséquences et la riposte que cela implique. Comme nous sommes la première région a réellement faire face à l’ouverture à la concurrence, la question de notre réaction se pose. On sort rassurés des débats de cette conférence.

    Rappelons aussi le 10 juin, qui a montré qu’on était toujours en capacité de mobiliser les cheminots. Plus que ça : quels que soient les cheminots et quelle que soit l’entreprise. Dans notre conférence, il y avait d’ailleurs naturellement les camarades de Transdev et ceux de la filiale SNCF Voyageurs Sud Azur (SVSA). Cela montre qu’on est capable de s’unir autour d’un même objectif : l’unification de l’entreprise. Et pour y arriver, il faudra franchir des marches tous ensemble, en s’organisant.

    La lutte contre l’extrême droite est un sujet au cœur de l’histoire des cheminots. Quel lien faites-vous entre sa montée et les politiques libérales que vous pointez ?

    F.T. : Nous avons un Conseil régional, pour notre région Sud, qui est dirigé par la droite et l’extrême droite en réalité. À chaque assemblée où il y avait des votes sur des questions d’ouverture à la concurrence et d’éclatement de l’entreprise, c’est la majorité de droite qui portait ces orientations mais avec un accompagnement et des votes favorables de l’extrême droite pour celles-ci. L’extrême droite a soutenu toutes les propositions qui ont conduit à cette ouverture à la concurrence.

    Plus globalement, le Medef reçoit le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, il banalise ses idées. Et ce n’est pas une coïncidence que Jordan Bardella annonce que l’âge de départ à la retraite n’est pas un totem pour lui dans le même laps de temps. On voit bien qu’il sourit au patronat pour accéder au pouvoir, en attaquant les droits des travailleurs.

    C.G. : La lutte contre l’extrême droite fait partie de notre ADN, elle est inscrite dans nos statuts, c’est non-négociable. Tout ce qui sera possible de faire pour la contrer, on le fera. Ce qu’on doit faire aussi, c’est porter nos revendications qui sont reprises par certaines organisations politiques et progressistes. On doit mettre en avant les idées reprises par des partis proches de nous. On doit donc mener un double combat : combattre ces idées de front tout en portant un projet de société. Il s’agit pour nous de parler du développement du service public ferroviaire. Prenons l’exemple des Jeux olympiques 2030 dans les Alpes françaises, beaucoup de choses ont été dites mais les premiers concernés, les cheminots, doivent se faire entendre.

    Ce projet de société que vous évoquez va-t-il évoluer entre le précédent mandat et le prochain ?

    C.G. : C’est un mandat qui sera dans la continuité de ce qui a été fait jusqu’à aujourd’hui. Il n’y a pas de volonté de rupture, c’est plutôt clair. Il y a aussi une volonté de peser dans le débat public. On s’aperçoit que beaucoup de gens parlent du ferroviaire, mais sans vraiment le connaître. On ne dit pas que les cheminots ont la science infuse, mais nous sommes les premiers concernés. Encore plus car la CGT est la première organisation syndicale. Il y a aussi plusieurs enjeux pour ce mandat. Par exemple, la jeunesse où il y a une attention particulière. On a d’ailleurs un collectif jeunes cheminots Paca établi de longue date. Une des annonces phares de notre conférence était d’ailleurs une « initiative jeune » à la rentrée. Autre élément, il y a les élections professionnelles qui arrivent à la fin de l’année. Et qui dit élections professionnelles, dit positionnement de la CGT vis-à-vis d’autres organisations syndicales parfois complaisantes avec le capital ou la direction. Et je dis cela sans dénigrer ces organisations, puisque quand on est unitaire sur un sujet, on a de bons résultats. Mais sur beaucoup de sujets, la CGT est bien seule. C’est un réel enjeu.

    Vous sortez d’une grosse journée de mobilisation, le 10 juin. Elle est le résultat
    d’une colère face à toutes les problématiques que vous évoquez
     ? Quelle suite ?

    F.T. : Cela fait un moment qu’on sent de la colère. Je pense aux contrôleurs en 2022. L’entreprise a lancé une série de chantiers sur les métiers mais sans aboutir. Dernièrement, dans SNCF Voyageurs, la direction voulait remettre en cause 5 jours de RTT, ce qui est une remise en cause déguisée des 35 heures. Les Négociations annuelles obligatoires [NAO] du début d’année n’ont rien arrangé puisque l’entreprise a peu donné alors qu’on a perdu 12% du pouvoir d’achat en 10 ans ! Cette accumulation a créé une colère qui avait du mal à s’exprimer jusqu’au 10 juin. Finalement, le niveau de mobilisation est historique car de même hauteur que lors de la lutte contre la réforme des retraites. Selon les métiers et les lieux, on avait des 80 % à 90 % de grévistes. Il s’est passé quelque chose lors de ce 10 juin. C’est une alerte qui doit être entendue par la direction. Si ce n’est pas le cas, la colère sera encore plus forte.

    C.G. : Il ne faut pas résumer le 10 juin à la date en elle-même. Il y a eu toute une phase de construction en amont, on a arraché l’unité syndicale malgré des intérêts divergents sur fond d’élections professionnelles. Il y aura certainement des suites, puisque le niveau de mobilisation était aussi fort que lors de la lutte contre la réforme des retraites en 2023. Sans présager de l’avenir, on sent que la direction va devoir agir car elle a reçu une alerte très forte. D’autant qu’une table ronde est prévue, le 23 juin. On ne s’interdit rien à l’issue de celle-ci.