Tag: Donald Trump

  • [Entretien] Éric Berton : « Nos étudiants peuvent se réorienter, c’est ça le service public »

    [Entretien] Éric Berton : « Nos étudiants peuvent se réorienter, c’est ça le service public »

    La Marseillaise : Ce salon est organisé à quelques jours de l’ouverture de Parcoursup. Quel regard portez-vous sur ce système où un algorithme décide de l’avenir des lycéens ?

    Éric Berton : C’est un système qui a le mérite d’exister, qui s’améliore chaque année. Mais c’est vrai que l’on retrouve souvent des parents et des étudiants qui se posent des questions, que cela angoisse un peu. Et certaines formations, privées en particulier, en profitent pour se vendre avec des produits… Pas toujours vendables.

    Dans ce contexte concurrentiel, comment défendez-vous l’université ?

    E.B. : Nous, nous sommes l’université de toutes les jeunesses et on revendique le fait d’accueillir le maximum d’étudiants. On est la plus grande université en termes de nombre avec 82 000 étudiants, 12 000 étrangers. On revendique le fait de donner l’accès à l’éducation, à l’enseignement supérieur, au plus grand nombre. Le but, c’est de faire réussir l’ensemble de nos étudiants, de leur trouver un avenir et au-delà de ça, d’en faire des citoyens éclairés qui peuvent réfléchir par eux-mêmes, qui sont curieux. On ne les enferme pas dans des cases, des castes. Ils peuvent changer de parcours, on a une certaine fluidité. Et nos étudiants ont le droit de se tromper, ils peuvent se réorienter. C’est ça, le service public.

    Qu’est-ce qui fait la différence avec les autres formations proposées ?

    E.B. : Justement cet état d’esprit, mais aussi la qualité de cette formation par rapport à d’autres, même s’il existe des écoles privées de qualité évidemment. Nous, nous pouvons aussi dire que nous sommes évalués, renouvelés. Nous avons un contrat avec l’État. Nous sommes accrédités. C’est ça aussi ce qui fait la force de notre université et de nos formations.

    À raison de 175 euros l’année en licence, 230 en master, les frais de scolarité sont relativement accessibles pour AMU. De quels moyens disposez-vous ?

    E.B. : Actuellement, c’est vrai que nous sommes dans un flou budgétaire, comme toute la fonction publique. Et c’est vrai que je revendique depuis longtemps un accroissement du soutien financier de l’État à l’enseignement supérieur et à la Recherche. C’est nous qui formons toutes les jeunesses et un pays doit investir dans sa jeunesse. C’est son avenir. Tous les conflits que nous vivons actuellement sont la conséquence d’un sous-investissement dans l’enseignement supérieur et la Recherche. Quand on enseigne, quand on cherche, on apprend à connaître l’autre, à ne plus en avoir peur. C’est ça, l’université. Elle est liée à la démocratie. Elles doivent prendre soin l’une de l’autre. On a besoin vraiment que la France, pays de liberté, de culture, réinvestisse dans sa jeunesse. Un pays qui ne le fait pas est un pays qui va dans le mur.

    Ce modèle français, vous l’avez également défendu avec le programme « Safe Place For Science », qui permet d’accueillir des chercheurs américains s’estimant menacés dans leur liberté académique par la politique de Donald Trump. Où en est-on ?

    E.B. : Ils arrivent et vont arriver tout au long de l’année. Même si certains sont déjà sur place, on leur laisse le temps. D’autres publient déjà sous notre nom. On ne les presse pas. Il y a des contingences matérielles avec des enfants encore à scolariser ou des parents dont il faut s’occuper. Cela se passe plutôt bien, ils ont l’impression ou le sentiment d’être chanceux par rapport à ceux que l’on n’a pas accueillis, ressentent parfois de la culpabilité. Là, pour le coup, l’État nous a beaucoup aidés. Avec 30 personnes au total, 20 sur le programme Amu « Safe place for Science » et 11 sur le programme « Choose France », c’est nous qui avons le plus de lauréats au niveau national. Il faut dire aussi que nous avons bien préparé leur venue. Ils arrivent aussi avec leurs étudiants et cela nous amène beaucoup d’échanges et de culture. C’est également l’occasion de montrer que notre modèle universitaire doit être préservé. Et je vous avoue que dans le cadre des prochaines élections… Je ne voudrais pas qu’ils aient fui Trump pour se retrouver dans un système similaire.

  • Des rassemblements pour soutenir le peuple vénézuélien

    Des rassemblements pour soutenir le peuple vénézuélien

    Après l’agression impérialiste des États-Unis envers le Venezuela – qui a conduit à l’enlèvement du couple Maduro et des dizaines de morts à la suite de bombardements – la scène internationale semble être revenue au siècle dernier, où dominaient l’usage de la force et les logiques guerrières. Face à cette régression, plusieurs organisations* appellent à des rassemblements** dans l’Hérault, le 10 janvier. « Nous condamnons fermement l’agression américaine. C’est une menace pour la paix au niveau mondial. Nous ne voulons pas d’une nouvelle guerre mondiale dont les conséquences seraient encore plus dévastatrices que celles que nous avons connues dans le passé du fait des arsenaux nucléaires des États », soutient Alban Desoutter, de la Libre Pensée 34.

    Les arguments mis en avant par Washington – présentant Maduro comme un narcotrafiquant – pour justifier son agression ne passent pas. « Le seul but de cette agression est une captation des richesses [le Venezuela dispose du plus grand stock de pétrole au monde, Ndlr]. Une fois de plus, ce sont les travailleurs et le peuple vénézuélien qui vont se retrouver au milieu d’une guerre qu’ils ne veulent absolument pas. Deux choses sont possibles pour la CGT : la paix et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes », fait valoir Myriam Rivoire, secrétaire CGT de Montpellier. L’occasion également, lors de ces rassemblements, de réaffirmer la solidarité avec le peuple vénézuélien face à la volonté des États-Unis de mettre sous tutelle le Venezuela.

    Surtout, le comportement tyrannique de Donald Trump est dénoncé avec véhémence. « De quel droit les États-Unis se permettent de juger Maduro ? On considère Orban [le président de la Serbie] comme un dictateur. Pour autant, est-ce que ça nous donne le droit de l’enlever et de le juger sur le sol français ? », s’indigne Francis Viguié, de la Carmagnole. D’autant que Washington n’en est pas à son coup d’essai. « Si l’on compare la situation avec l’Irak en 2003, on est dans la même logique : l’invasion sans mandat des Nations unies – les États-Unis l’avaient au moins demandée – d’un pays pour s’accaparer ses ressources pétrolières. Depuis 2003, le Proche et Moyen-Orient sont profondément déstabilisés. On peut avoir les pires craintes sur l’Amérique du Sud », redoute Nicolas Cossange, secrétaire PCF de l’Hérault. Et au regard de ses dernières déclarations très atlantistes, ce n’est pas Emmanuel Macron qui fera bouger les lignes. La rue alors ?

    *Libre pensée, la Carmagnole, LDH, le Mrap, PCF, LFI, CGT, FSU, Révolution permanente, l’Après, Rencontres Marx, Jeunes communistes de France, NPA, FO, Gauche écosocialiste.

    ** à 15h à Montpellier (Place Albert-1er), à Béziers (rond point Gagarine), à Sète (place de la mairie), à Pézenas (Place de la République), à 11h à Bédarieux (devant la mairie).

  • Ces chercheurs américains qui ont fui Trump pour l’Occitanie

    Ces chercheurs américains qui ont fui Trump pour l’Occitanie

    Elle se réjouit d’avoir atterri sous le soleil de la Méditerranée. Pleuni Pennings est une chercheuse américaine spécialisée en bio-informatique et en Intelligence artificielle appliquée à la santé. Ancienne professeure à l’Université d’État de San Francisco, elle s’est installée à Montpellier avec sa famille en octobre, contrainte par la politique répressive menée par la seconde administration Trump contre la recherche scientifique. Elle prend la forme de coupes budgétaires, de licenciements massifs et de la censure de certains sujets dans les travaux (réchauffement climatique, biodiversité, questions de genre, etc.).

    Deux millions d’euros mobilisés par la Région

    Pleuni Pennings n’est pas la seule à avoir fait ce choix. Quatorze autres chercheurs ont choisi l’Occitanie face à la politique du président américain. Ils devraient tous s’y installer d’ici fin 2026, principalement à Montpellier et Toulouse grâce à une opération de soutien menée par la Région Occitanie.

    L’institution a, en effet, mobilisé deux millions d’euros pour participer à la prise en charge des salaires et à l’acquisition du matériel nécessaire à ces chercheurs. Cet investissement est la suite logique du plan « Choose France for Science » lancé par l’État en mai 2025 par lequel le pays s’engageait pour l’accueil des chercheurs internationaux.

    Pour l’heure, Pleuni Pennings a signé un contrat de trois ans à l’Université de Montpellier et a entamé sa collaboration avec l’Isem, l’Institut des sciences de l’évolution. Sur son blog, elle se dit « profondément en colère et attristée de voir Trump détruire la science américaine ». « Obtenir des financements de recherche était déjà difficile avant Trump, mais cela semble désormais impossible. À Montpellier, je suis dans un environnement de recherche exceptionnel, avec des personnes qui partagent mes centres d’intérêt. »

  • Face au sursaut fasciste et impérialiste, le PCF veut incarner l’espoir à Port-de-Bouc

    Face au sursaut fasciste et impérialiste, le PCF veut incarner l’espoir à Port-de-Bouc

    Alors qu’« aux quatre coins du globe, l’impérialisme guerrier et les atteintes populistes de l’extrême droite resurgissent », la section port-de-boucaine du PCF place ses vœux sous le signe « de l’espoir, de la solidarité, de l’amitié entre les peuples et de la fraternité », affirme l’un des membres de l’exécutif, Mathias Escalante.

    Sur le plan international, les conflits se multiplient, en Ukraine, en Palestine ou au Nigeria. La récente violation du droit international de Donald Trump est une tentative de « piller les richesses notamment pétrolières du [Venezuela] (…) et poursuivre la droitisation de l’Amérique Latine ». « Ces conflits, alimentés par la complaisance des marchands d’armes et des États-Unis (…) font monter chaque jour d’un cran les tensions géopolitiques qui menacent l’équilibre de nos sociétés », affirme le représentant de la section.

    Au niveau national, le RN « poursuit son entreprise de dédiabolisation », et les gouvernements successifs « tentent d’imposer une cure d’austérité sans précédent », cassant « les services publics ».

    Dans ce « chaos », la section renouvelle sa confiance à Laurent Belsola, maire sortant et candidat à sa succession. « On se rend bien compte de l’importance des élus locaux pour protéger les habitants. Avoir des élus de proximité, comme Laurent et son équipe, ayant fait leurs preuves et ayant la capacité de porter des projets malgré les baisses de dotation de l’État et de la Métropole, c’est quand même quelque chose de très rassurant. » Ce soutien, la section l’appuie sur un bilan « solide » et un « travail rigoureux » ayant mené, point d’orgue du mandat, à l’obtention du contournement autoroutier.

  • Venezuela : à Avignon, Martigues et Toulon, les Provençaux concernés

    Venezuela : à Avignon, Martigues et Toulon, les Provençaux concernés

    Plus de deux cents manifestants se sont réunis devant l’Hôtel d’Avignon ce lundi 5 janvier dans un froid glacial contre « l’intervention militaire des États-Unis au Venezuela et l’enlèvement de Nicolas Maduro et de son épouse Cilia Flores ».

    Un peu serrés par les installations de Noël, pas encore démontées, l’esprit des fêtes a laissé place à la colère pour les membres et sympathisants d’un collectif unitaire constitué d’une quinzaine d’organisations, dont le PCF, LFI, la CGT, la FSU, EELV ou encore la LDH ou Pax Rhona. « Ils veulent faire pareil qu’au Chili dans les années soixante-dix. Trump veut s’emparer de leur pétrole », considère Bernard Recquerie, membre de France Amérique Latine en Vaucluse.

    Menace pour la France

    Des prises de parole se sont enchaînées sur le parvis de la place de l’Horloge entre les El pueblo unido jamás será vencido (« Le peuple uni jamais ne sera vaincu ») lancés par les manifestants. Comme Julien de Benito, secrétaire départemental du PCF du Vaucluse, qui regrette la déclaration d’Emmanuel Macron, la qualifiant d’une « extrême gravité en se félicitant de la chute d’un président à la suite d’une intervention militaire étrangère ». Ou encore Fabienne Haloui, vice-présidente de la section LDH Avignon Orange Carpentras, qui dénonce une « violation flagrante des principes de l’égalité ». « La France aussi est sous la menace impérialiste », rappelle Vincent Gauthier, militant LFI, en citant, entre autres, l’interdiction de séjour aux États-Unis de l’ancien commissaire européen Thierry Breton.

    Et aussi

    Le PCF de Gardanne

    C’est via un communiqué que la section PCF de Gardanne et des élu.es du groupe Collectif Citoyen Gardanne Biver a tenu à réagir à « l’agression impérialiste contre le Venezuela ». Dénonçant les « prétextes fallacieux » et le « mépris le plus total du droit international », ils soulignent que la position du président Macron leur « paraît particulièrement irresponsable ». Condamnant cette invasion, ils appellent au « respect du droit international et de la souveraineté du peuple vénézuélien » et demandent une « réunion de la commission de sécurité de l’ONU ».

    CGT Paca

    Dans un communiqué commun, le comité régional de la CGT et les six unions départementales dénoncent une « agression militaire unilatérale ». « Les puissances financières ne s’encombrent même plus d’utiliser les structures politiques pour servir leurs intérêts », s’alarment les signataires, affirmant leur soutien au peuple vénézuélien.

    À Toulon
    À Martigues
  • Résister à l’hiver trumpiste

    Résister à l’hiver trumpiste

    « L’hiver vient » (« winter is coming »). La grande fiction a la capacité de parler de l’histoire, y compris la plus immédiate comme celle que nous vivons au lendemain de l’enlèvement à coups de canon du président du Venezuela par les États-Unis. « L’hiver vient », phrase clé de la saga Game of Thrones (Le trône de fer) de l’auteur américain George R. R. Martin, est l’expression d’une menace prédatrice, l’annonce d’une guerre impériale pour soumettre, détruire, avilir et piller. Au-delà de Maduro, les pays du continent américain sont visés et, « du Groenland à la terre de feu », Trump veut écraser à son profit et celui de sa classe. Au fil des heures, l’hiver ne vient pas, il est là, personnifié par le milliardaire-président et son entourage d’ultra-droite et post-fasciste.

    Calcul égoïste

    Les eaux glaciales du calcul égoïste des dirigeants de la Maison Blanche avalent la souveraineté et la dignité des peuples. Le monde des affaires applaudit : lundi, Les grandes compagnies pétrolières américaines ont ouvert en hausse à la Bourse de New York. Donald Trump manie la peur. Mais l’agent orange de Washington se heurte à la résistance. La présidente du Mexique Claudia Sheinbaum rappelle que « le continent américain appartient aux peuples de chacun des pays qui le forment ». Le dirigeant de gauche de la Colombie, Gustavo Petro, se dit prêt à reprendre « les armes pour la patrie ». L’ONU condamne cette atteinte hors du commun au droit international. En France, le PCF exige un débat à l’Assemblée sur la position de la France et son rôle à tenir dans cette crise internationale provoquée par les États-Unis. Résister à l’hiver trumpiste est un impératif moral et humaniste.

  • La nouvelle offensive impériale américaine au Venezuela

    La nouvelle offensive impériale américaine au Venezuela

    Le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir, lundi matin, à la demande du Venezuela, deux jours après l’opération militaire américaine brutale à Caracas, qui a évincé le président socialiste Nicolás Maduro. Ce raid belliqueux laisse le pays latino-américain dans l’incertitude et sa légalité a été mise en cause par de nombreuses capitales dans le monde.

    Nicolás Maduro, 63 ans, et son épouse Cilia Flores, 69 ans, ont été capturés dans la nuit de vendredi à samedi par les forces américaines après des frappes sur Caracas et ses environs, et des mois de pression militaire des états-Unis en mer des Caraïbes. Ni la Chambre des représentants et ni le Sénat américain n’ont été consultés. Pas plus que l’ONU. Une conception ou la force prime sur le droit.

    Cette agression impérialiste opérée par les états-Unis a été vivement condamnée par les alliés de Caracas (Chine, Russie, Iran ou Colombie) et les critiques ont également fusé de la part de l’ONU, l’Union Européenne et diverses capitales latino-américaines et européennes. Ces dernières dénoncent le recours à la force contre un état souverain et « une violation du droit international ». Seuls quelques gouvernements pro-Trump, tels l’Argentine ou Israël, ont applaudi. Emmanuel Macron, lui, « prend acte », sans condamner.

    Le président vénézuélien déchu a été incarcéré, dimanche, dans une prison de New York. Nicolás Maduro doit comparaître à une date indéterminée devant un juge pour répondre notamment de « narcoterrorisme » et importation de cocaïne aux états-Unis, qui veulent surtout exploiter les vastes réserves de pétrole du Venezuela.

    évoquant une opération préparée depuis des mois, Donald Trump avait assuré samedi que les états-Unis allaient « diriger » le pays de 30 millions d’habitants, ajoutant qu’il serait prêt à y dépêcher des troupes au sol et y lancer une « seconde vague » d’attaques. Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio a tempéré, dimanche : « Nous sommes en guerre contre les organisations de trafic de drogue, pas contre le Venezuela ».

    Mais la véritable raison de la violation de souveraineté opérée par les Américains, derrière l’accusation bancale de « narcoterrorisme » (lire l’entretien), est liée aux ressources du pays. Le président américain a affirmé, samedi, qu’il autoriserait les compagnies pétrolières américaines à exploiter les ressources pétrolières du Venezuela, qui détient 17% des réserves de brut mondiales et vend 80% de son pétrole de mauvaise qualité vers la Chine.

    L’armée vénézuélienne a reconnu, dimanche, la vice-présidente Delcy Rodriguez comme présidente par intérim, a annoncé le ministre de la Défense, le général Vladimir Padrino Lopez, qui a appelé ses compatriotes à reprendre une vie normale. Mais Trump, enfermé dans sa logique impériale, a déclaré dimanche au magazine The Atlantic que Delcy Rodriguez, « payera plus cher que Maduro » si elle « ne fait pas ce qu’il faut ».

    Réactions

    Emmanuel Marcon

    Président de la République

    « Le peuple vénézuélien est aujourd’hui débarrassé de la dictature de Nicolás Maduro et ne peut que s’en réjouir. En confisquant le pouvoir et en piétinant les libertés fondamentales, Nicolás Maduro a porté une atteinte grave à la dignité de son propre peuple. La transition à venir doit être pacifique, démocratique et respectueuse de la volonté du peuple vénézuélien. (…) »

    Fabien Roussel

    Secrétaire national du PCF

    « L’intervention américaine au Venezuela est un scandale absolu qui viole le droit international, menace la paix en Amérique latine. La seule motivation de Trump : le pétrole et ses minerais.(…) Il déclare la guerre à tous les peuples libres et aux nations souveraines (…). »

    Jean-Luc Mélenchon

    Chef de file de La France insoumise

    « Les USA de Trump s’emparent du pétrole du Venezuela en violant sa souveraineté avec une intervention militaire d’un autre âge et l’enlèvement odieux du président Maduro et de son épouse. »

    Olivier Faure

    Premier secrétaire du PS

    « Quoi que l’on pense de Maduro, cet acte doit être unanimement condamné.

    la force ne peut remplacer le droit. C’est un pas de plus dans la délégitimation des institutions internationales (…). »

    Renaud Muselier

    Président (Ren.) de la Région Sud

    « Après avoir volé son élection présidentielle, Maduro a trouvé plus fort que lui : Trump, qui l’a carrément kidnappé dans son pays. L’équilibre mondial se transforme en loi du plus fort, c’est très loin de ma vision du monde et de la démocratie. »

    CGT

    Syndicat

    « Cette agression impérialiste et l’enlèvement d’un chef d’État constituent de graves précédents. »

    Les rendez-vous

    Martigues

    Un rassemblement de soutien au Venezuela est organisé à Martigues, ce lundi à 18h place Jean-Jaurès, à l’initiative du PCF, LFI, du collectif Palestine, de l’Union locale CGT et du Mouvement de la paix.

    Toulon

    La fédération du PCF var appelle à un rassemblement ce lundi à 18h Place de la Liberté.

    Elle propose à toutes les organisations progressistes de se joindre à cette initiative.

  • Un monde en miettes

    Un monde en miettes

    On ne mesure pas encore toutes les implications de l’agression du Venezuela décidée par Donald Trump. Elle nous fait entrer dans un monde où les principes des relations internationales hérités de la Seconde Guerre mondiale ont volé en éclats. Bien sûr, l’impérialisme états-unien ne date pas de l’hôte actuel de la Maison Blanche. Mais il prend désormais la forme d’une brutalité assumée.

    Finis les coups d’État fomentés par la CIA pour mettre en place des dictateurs fascistes comme au Chili ou les allégations mensongères justifiant des interventions contre un État prétendument doté d’armes de destruction massive comme en Irak. Cette fois, au-delà des accusations grotesques qualifiant Nicolás Maduro de chef d’un cartel de narcotrafiquants auxquelles mêmes les services américains ne croient pas, les mots sont dits avec clarté : les États-Unis ont décidé de prendre le contrôle des plus importantes réserves de pétrole au monde et d’imposer au Venezuela une forme de protectorat.

    Peuples en mouvement

    Face à cette violation inadmissible du droit international, la France d’Emmanuel Macron ne trouve rien à redire.

    Comment, désormais, continuer à considérer que l’agression de l’Ukraine est inacceptable ? Comment plaider pour une solution politique au Proche-Orient respectant le droit international ?

    Si la loi du plus fort s’impose sans rencontrer la moindre résistance d’États qui se prévalent des principes démocratiques comme le nôtre, c’est le début d’une nouvelle ère des empires qui s’ouvre.

    Seuls les peuples en mouvement pourront mettre un coup d’arrêt à ce monde en miettes.

  • [Rétrospective monde 2025 1/2] Un état d’alerte permanent

    [Rétrospective monde 2025 1/2] Un état d’alerte permanent

    Reconnaissance d’une Palestine dévastée

    Génocide. La notion utilisée pour décrire les atrocités commises par Israël dans la bande de Gaza a pu faire débat. En septembre, l’un des derniers rapports sur le sujet vient appuyer une réalité que beaucoup pointent du doigt depuis des mois, « Israël est responsable du génocide commis à Gaza ». Telles sont les conclusions de la Commission d’enquête internationale indépendante de l’ONU sur le territoire palestinien occupé. L’attaque du 7 octobre 2023, lancée par le mouvement islamiste palestinien Hamas, a coûté la vie à 1 189 personnes dont 815 civils, provoqué 7 500 blessés et quelque 251 otages ont été emmenés. La plupart étant morts dans l’enclave palestinienne. Les représailles menées par Tsahal, l’armée israélienne, ont causé la mort de plus de 70 000 personnes, plongé des millions d’habitants dans la famine et ravagé le territoire. palestinien.

    L’innommable, filmé en direct et retransmis sur les écrans du monde entier. Face à ce massacre, les opinions publiques mondiales interpellent leurs dirigeants et les somment d’agir. C’est ainsi qu’après des décennies de promesses non tenues, la France reconnaît enfin l’État de Palestine, à l’issue de la 80e Assemblée générale des Nations unies, de même que le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie, le Portugal et le Luxembourg, pour ne citer qu’eux. Désormais, 158 des 193 États membres de l’ONU reconnaissent la Palestine.

    Deux ans après le début de la guerre dévastatrice, les pressions américaines ont débouché sur une trêve qui a permis un retrait partiel des troupes de Benjamin Netanyahu, l’échange des derniers otages retenus vivants à Gaza contre des prisonniers palestiniens détenus par Israël, et une entrée accrue de l’aide humanitaire à Gaza, même si elle est toujours très en deçà des besoins, selon l’ONU et plusieurs ONG.

    Le passage vers sa deuxième phase, qui prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif de l’armée israélienne de Gaza, la mise en place d’une autorité de transition et le déploiement d’une force internationale de stabilisation dans le territoire palestinien piétine, du fait de nombreuses violations. Le média américain Axios rapporte que Washington entend bientôt annoncer un gouvernement palestinien de technocrates comme autorité de transition pour Gaza, dès janvier.

    Ukraine : Trump s’en mêle

    L’année 2025 n’aura pas été celle de la fin de la guerre en Ukraine. Mais il faut dire que le retour au pouvoir de Donald Trump, en janvier, aura changé la donne. Le milliardaire républicain a ainsi réduit drastiquement l’aide militaire apportée aux Ukrainiens pour lutter contre l’invasion russe. Son altercation avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, fin février dans le bureau ovale, lui reprochant de manquer de gratitude envers les États-Unis, restera dans les annales. Les pourparlers directs entre Russes et Ukrainiens à Istanbul, puis une rencontre au sommet entre Trump et Vladimir Poutine au mois d’août en Alaska, n’ont débouché sur aucune avancée concrète vers la paix. Depuis, tous les plans proposés planchent sur d’importantes concessions pour Kiev.

    L.Pi.

  • « Stop sabotage climat » : déçue par la COP, Alternatiba ne lâche rien

    « Stop sabotage climat » : déçue par la COP, Alternatiba ne lâche rien

    On les avait déjà vus retournés par les agriculteurs en signe de leur colère. Cette fois, certains panneaux d’entrée de ville autour de Montpellier ont été affublés de stickers représentants des flammes avec la mention « Stop sabotage climat ». Une manière, pour les militants d’Alternatiba, de continuer d’alerter la population sur le drame écologique qui se noue. « C’est une façon de susciter la curiosité des automobilistes, faire en sorte que les gens continuent de s’interroger à l’heure du dérèglement climatique », explique la militante Cathy Valat.

    Jugée insignifiante ou raillée par les climatosceptiques, l’initiative aura au moins permis de discuter avec des curieux. « Au début, ils arrivent en disant qu’on casse tout. Et à la fin de la discussion, ils reconnaissent souvent qu’on a raison et voient qu’on ne vandalise rien du tout », témoigne l’activiste pour la planète.

    Le ressenti était le même début novembre lorsque Alternatiba avait utilisé les panneaux JC Decaux de Montpellier pour critiquer la pollution de l’aéronautique. « La Ville de Montpellier a voté l’interdiction des panneaux de publicité numérique. C’est bien mais pourquoi ne pas interdire aussi la publicité autour de l’avion ? ». Cathy Valat regrette qu’« aucun effort ne soit jamais demandé à ce secteur », qui compte pourtant parmi les plus polluants. « Ils électrifient, mettent des ruches sur les toits de l’aéroport et se contentent d’attendre l’avion électrique ou à hydrogène. Ils bénéficient d’une impunité incroyable ».

    La même impunité, dit-elle, dont ont (encore) joui les géants du pétrole, du gaz ou du charbon, épargnés par les mesures contraignantes à la COP30 de Belém (Brésil). « On s’est encore fait rouler dans la farine par les lobbies des énergies fossiles qui avaient tous leur badge d’accréditation alors que les peuples autochtones [des manifestants, Ndlr] ont été virés de la conférence mondiale sur le climat », déplore l’Héraultaise.

    Un texte commun a bien été adopté par les 193 pays représentés à la COP30, boycottée par les États-Unis de Donald Trump. Mais pour les associations environnementales, il n’est que cosmétique. Dix ans après les ambitieux accords de Paris, la nécessité d’agir a été répétée mais guère suivie de mesures contraignantes capables de changer de paradigme. Si des efforts financiers ont été consentis, l’Union européenne a refusé de payer l’addition des USA, manqué une occasion de nouer de nouvelles alliances (Afrique, Amérique du Sud, îles…) et ainsi d’apparaître comme une locomotive à l’échelle mondiale.