Tag: Dominique Santoni

  • La lutte contre l’arrêt du bloc à Apt s’exporte en Cité des Papes

    La lutte contre l’arrêt du bloc à Apt s’exporte en Cité des Papes

    Pas moins de deux bus descendront d’Apt pour une manifestation ce jeudi 6 novembre à 15h30 devant la cité administrative d’Avignon contre la fermeture du bloc opératoire de l’hôpital d’Apt, dont le transfert vers l’hôpital de Cavaillon est prévu au 1er janvier prochain sur décision de l’ARS (voir encadré ci-contre).

    « C’est tout un territoire que l’on coupe de la santé, ce sont des vies que l’on met en danger », lâche dans un communiqué le collectif Apt.es à faire bloc, organisateur du mouvement soutenu par la mairie, la CGT ou encore la communauté de communes du Pays d’Apt Luberon, qui met à disposition les moyens de transport.

    L’ARS a décidé de la fermeture du service « dans un contexte marqué par un vieillissement de la population, une hausse des maladies chroniques et des tensions sur les ressources médicales » dénonce le collectif, tout en avançant un manque de rentabilité et une activité en berne. Mais, d’après l’équipe médicale, cette décision est « fondée sur des motifs erronés et dépourvue de justification économique, sanitaire et territoriale sérieuse », tout en démontant un par un ces arguments qui « entrent dans une logique de manipulation ». Tout d’abord, rapport d’activité du GCS Apt-Avignon à l’appui, il est assuré que « le déficit abyssal du centre hospitalier n’est pas lié à l’activité chirurgicale » et même qu’« au contraire cette activité est dans la dynamique préconisée par l’Anap ». Le volume d’activité serait lui en « constante augmentation », tout en lâchant qu’un transfert de l’activité d’endoscopie « arrive très à propos alors que le seul praticien endoscopiste de Cavaillon vient de partir à la retraite ».

    Ministres sollicités

    Trois recours avaient été déposés mais ont été rejetés par la justice. Au moins un nouveau recours en référé va être déposé « avec des arguments différents » nous confirme-t-on du côté du comité des usagers du centre hospitalier. Plusieurs courriers ont également été adressés à différents ministres et élus. À commencer par la présidente du Département et ancienne maire d’Apt, Dominique Santoni (LR), qui, après avoir rencontré le ministre de la Santé de l’époque, Yannick Neuder, en juillet dernier, a écrit au Premier ministre Sébastien Lecornu. Dans cette lettre ouverte datée du 20 octobre, elle a réagi au discours prononcé par le locataire de Matignon face aux sénateurs le 15 octobre dernier, pendant lequel il assurait qu’il n’y aurait pas de fermeture d’hôpital en 2026. Elle demande donc un délai supplémentaire « pour redonner une activité à la hauteur des besoins de notre territoire ». L’ordre des médecins de Vaucluse s’est, lui, adressé à la nouvelle ministre de la Santé, Stéphanie Rist, le 23 octobre, évoquant dans sa lettre une fermeture « qui aura comme conséquences une difficulté d’accès aux soins ainsi qu’une prise en charge rapide, entraînant une possible perte de chance » pour les patients.

    L’ARS défend un projet global

    Depuis le début, l’Agence régionale de santé (ARS) répond invariablement que « ce n’est pas une fermeture, c’est un projet avant tout », défend Loïc Souriau, directeur de l’ARS 84. L’activité prévoit d’être transférée à l’hôpital de Cavaillon. « On propose d’injecter 10 millions d’euros pour refaire la moitié de l’hôpital, de consolider sa filière gériatrique, d’augmenter la capacité de l’Ehpad dans un timing assez court et avec des investissements qu’aucun hôpital n’a eu en Vaucluse », assure Loïc Souriau. L’ARS estime que « l’impact sur l’offre locale reste limitée dans la mesure ou la chirurgie pratiquée aujourd’hui à Apt est très faible ».

    F.C.

  • Le projet d’arrêté anti poids lourds entre les mains de la préfecture

    Le projet d’arrêté anti poids lourds entre les mains de la préfecture

    Le projet transmis

    La municipalité d’Avignon annonce, dans un communiqué émis ce mercredi 22 octobre, avoir transmis, ce lundi 20 octobre, un « projet d’arrêté expérimental de limitation de la circulation des poids lourds de plus de 38 tonnes sur la rocade Charles-de-Gaulle ». Cette mesure s’appliquerait de 7h à 19h, du carrefour avec l’avenue Pierre-Semard à celui avec l’avenue de Tarascon, pour une durée d’un an à compter de sa validation par la préfecture.

    La ville d’Avignon précise que ce « projet d’arrêté actuel est le plus proportionné possible, visant la plus haute classe de poids lourds, sur les heures les plus chargées de la journée, lorsque la congestion routière est la plus massive, le trafic piéton et vélo le plus important, lorsque les habitants amènent leurs enfants à l’école ou font leurs courses, et où, en conséquence, l’exposition à la pollution, au bruit et à l’insécurité routière est la plus prégnante ». Un suivi est mis en place, au fil de cette année d’expérimentation, à l’aide de différents indicateurs. Et ce, pour « en apprécier les effets et éventuellement le réajuster ».

    La préfecture attendue

    C’est donc désormais au préfet de Vaucluse, Thierry Suquet, de trancher sur la question. Un dossier de longue haleine, car la préfecture avait déjà refusé un premier projet en 2019, qui s’appliquait, lui, aux poids lourds de plus de 19 tonnes. Contacté, le préfet « ne souhaite pas s’exprimer sur le sujet à ce stade ». Depuis ce refus, la mairie d’Avignon assure avoir réalisé un « énorme travail d’affinage entre 2022 et 2025 ». Et ce, avec des « dizaines » de réunions politiques et techniques, bilatérales et plénières.

    Motivations sanitaires

    La motivation principale de cette décision est notamment sanitaire. La municipalité explique que, bien qu’il faille « maintenir la desserte économique » du territoire, il faut assurer « la protection des populations, confrontées depuis de trop longues années à la pollution de l’air, aux nuisances sonores et à une insécurité routière ». En effet, plusieurs milliers de poids lourds défilent au quotidien sur l’axe autour duquel vivent plus de 17 000 habitants, « exposés depuis de trop longues années à une circulation routière disproportionnée en cœur de ville », souligne la municipalité.

    Un projet également soutenu par la section d’Avignon-Morières-Le Pontet du PCF, qui demande, dans un communiqué, que « la santé des habitants devienne une priorité ». « Sur la rocade d’Avignon, où la circulation dense génère des taux élevés de particules fines, les riverains, notamment les enfants issus de familles modestes, sont particulièrement touchés par l’asthme, la bronchiolite et d’autres pathologies chroniques ».

    D’autant que le projet de Zone à Faibles Émissions, dont la mise en place était prévue par le Grand Avignon, est pour l’heure à l’arrêt. En effet, l’Assemblée nationale a voté la suppression de celles-ci, en juin dernier. Et ce n’est pas près de revenir à l’agenda parlementaire.

    Une forte opposition

    Ce projet d’arrêté ne fait pas l’unanimité, avec, en parallèle, l’arrêt de la Liaison Est-Ouest (LEO), que beaucoup estiment être la solution, contrairement à Avignon et au Grand Avignon. À commencer par les organisations syndicales de transporteurs, qui estiment que cette interdiction forcerait leurs engins à un long détour et nuirait aux entreprises locales. Ainsi que les élus des Bouches-du-Rhône, qui ne veulent pas voir un flot de véhicules débouler sur leur territoire.

    La CGT cheminots affiche une position plus nuancée. La mesure « mettrait à l’arrêt le terminal ferroviaire multimodal de Champfleury » pointe le secrétaire général, Loïc Guigou. « Au regard des enjeux de santé publique, cet arrêté est normal », affirme pour sa part Williams Juan, secrétaire CGT cheminots 84 qui estime cependant qu’il « aurait fallu trouver des alternatives en amont ».

    Dominique Santoni, présidente (LR) du Département de Vaucluse, est aussi opposée au projet. « Aujourd’hui, interdire les poids lourds sur la rocade, de la manière dont c’est fait, ça me paraît aberrant. On a quand même trois départements qui ont donné des avis défavorables. Le préfet de région n’a pas l’air d’être non plus pour. Et on force, on force » confiait-elle, en septembre dernier. « Je comprends parfaitement les enjeux de santé publique, mais on va les envoyer où, ces camions ? La solution, c’est la LEO. On met la charrue avant les bœufs. »

  • Avignon : premier point d’étape du chantier de Bonpas

    Avignon : premier point d’étape du chantier de Bonpas

    Au sommet du monticule pas encore goudronné qui sera, à l’été 2026, l’un des nouveaux ponts du carrefour de Bonpas, Dominique Santoni, présidente (LR) du Département de Vaucluse, se réjouit ce mercredi 15 octobre de l’avancée du « plus grand projet » de sa mandature, à l’occasion d’un premier point d’étape de celui-ci, lancé en mai dernier.

    « Pour l’instant, on est dans les délais », confirme fermement au micro, devant des dizaines d’élus, d’employés et d’ouvriers, Valérie Verrier, conductrice d’opérations du service Maîtrise d’ouvrage du Département. Un ouvrage qui devrait donc être mis en service avant l’été prochain. Ce n’est cependant pas la première partie qui sera terminée. En effet, le giratoire permettant l’accès à l’autoroute A7 devrait être achevé dès cet hiver. « Nous n’avons pour l’heure pas eu de surprises », confirme Hervé Beynet, conducteur du service de maîtrise d’ouvrage du Département de Vaucluse.

    Contraintes multiples

    Et ce, même si de nombreuses contraintes pèsent sur ce projet censé régler le « nœud routier majeur de Vaucluse », comme le présente le Département.

    La plupart sont déjà connues, telle que la nécessité de maintenir la circulation. Et ce, grâce à la construction d’une route temporaire qui sera ensuite réutilisée comme une voie moins fréquentée. Mais aussi, ce que Hervé Beynet qualifie de « la plus grosse » contrainte du chantier, à savoir le canal EDF. Celui-ci, qui permet l’irrigation de cultures sur le territoire, doit être curé, démoli puis reconstruit. Mais cela n’est possible qu’en période dite de « chômage » de celui-ci, ce qui ne se tient que pendant deux petits mois en hiver. « Et vu sa taille, on ne peut pas tout faire d’un seul coup », confie le conducteur du service. L’opération sera donc réalisée en deux temps, en 2026 et 2027, pendant le laps de temps où celui-ci est vidé en hiver. Mais aussi des imprévus, comme par exemple la grue qui a dû être abaissée… à cause de l’aéroport à proximité. Cela, toutefois, sans conséquence, la situation ayant été réglée avec une grue plus petite, un drapeau à damier rouge et blanc permettant de la signaler aux pilotes en journée, ainsi qu’un signalement lumineux la nuit.

  • Helle et Santoni primées ensemble

    Helle et Santoni primées ensemble

    Chaque année, Le trombinoscope, annuaire professionnel du monde politique, remet des prix à des élus pour « mettre en lumière celles et ceux qui, loin des polémiques, agissent au service du bien commun » selon Alexandre Farro, président du trombinoscope. Pour la première fois, cette récompense, baptisée Prix des Territoires, a été décernée localement dans la Région Paca.

    Le Vaucluse et sa ville-centre Avignon ont été mis à l’honneur lors de la remise des prix, ce lundi soir à l’Hôtel de Région à Marseille. Ainsi, Dominique Santoni, présidente LR du Département, a été désignée « conseillère départementale de l’année », à l’issue d’un vote de cinq journalistes. « Une reconnaissance de l’action volontariste et innovante impulsée par le Département dans bien des domaines, et notamment celui de la santé », se félicite Dominique Santoni, qui n’oublie pas « tous ceux qui font vivre le Vaucluse au quotidien ».

    De son côté, Cécile Helle a été élue maire de l’année de la Région, aux côtés de cinq autres édiles (un par département). La première magistrate (PS) d’Avignon a été saluée pour son choix de ne pas se représenter après deux mandats, comme elle s’y était engagée en 2014. « Engagement et action au service du bien commun… deux des valeurs qui ont été retenues pour cette distinction qui vient couronner 12 années d’engagement au service des Avignonnais », apprécie l’intéressée.

  • Jérémy Bacchi et Laurent Belsola parmi les personnalités de l’année

    Jérémy Bacchi et Laurent Belsola parmi les personnalités de l’année

    C’est l’annuaire professionnel du monde politique. Depuis 1981 et l’arrivée au pouvoir de nombreux députés socialistes inconnus du grand public, le Trombinoscope présente en photos et biographies les acteurs de la vie politique. Chaque année, il décerne aussi des prix attribués par un jury de journalistes, afin de « mettre en lumière celles et ceux qui, loin des polémiques, agissent au service du bien commun » pour reprendre la formule d’Alexandre Farro, président du Trombinoscope. Après le Grand Est, les Hauts-de-France, les Pays de la Loire et l’Île-de-France, Provence-Alpes-Côte d’Azur prend place parmi les régions accueillant les Grands Prix des Territoires.

    Les lauréats du jury composé de cinq journalistes de la presse régionale – dont Léo Purguette pour notre titre – ont été présentés, lundi soir.

    Parmi eux, deux communistes. Le sénateur Jérémy Bacchi reçoit ainsi le prix de « révélation politique de l’année » notamment pour son combat contre le narcotrafic après avoir initié l’Appel de Marseille. Le maire de Port-de-Bouc, Laurent Belsola, celui de « maire de l’année » dans le département des Bouches-du-Rhône, au titre de son action quotidienne sur un territoire difficile et pour la victoire remportée dans le contournement autoroutier de sa ville, enfin financé après des décennies de combat.

    Le cardinal Aveline

    « prix spécial » du jury

    Dans le Vaucluse, Cécile Helle a été reconnue pour son choix de ne pas se représenter après deux mandats malgré un bilan positif et, dans le Var, le prix remarque le travail réalisé par Edouard Friedler pour le logement à la mairie du Beausset.

    Parmi les autres lauréats figurent le député socialiste de la 10e circonscription des Bouches-du-Rhône (Aix-en-Provence/Septèmes), Marc Pena, comme « parlementaire de l’année », la présidente du département du Vaucluse, Dominique Santoni (LR), « conseillère départementale de l’année ».

    Renaud Muselier, président Renaissance de la Région Sud est, quant à lui, distingué comme « personnalité régionale de l’année », notamment pour l’obtention des Jeux olympiques d’hiver. Son vice-président chargé des Sports, Ludovic Perney (LR), est également distingué

    Sans oublier le cardinal Aveline, « prix spécial » reconnaissant le travail effectué pour la venue du Pape François à Marseille, en faveur de la solidarité avec les migrants et, dans la foulée, son odyssée pacifique intitulée l’Armada de la paix, qui accostera dans le port phocéen le 25 octobre prochain.

  • Les agents des routes en grève illimitée

    Les agents des routes en grève illimitée

    Après l’annonce de la mutation de l’Assistant Médico-Administratif (AME) et du chef de l’agence routière de Carpentras, les agents du centre routier sont entrés en grève « illimitée » depuis ce mercredi 23 septembre, a annoncé la CGT des personnels du département de Vaucluse.

    Une décision de mutations « forcées » prise de façon « unilatérale » et « sans concertation préalable ni dialogue avec les agents concernés », dénonce Amandine Laugier, secrétaire générale de la section syndicale, dans son préavis de grève envoyé le 22 septembre à la présidente du conseil départemental de Vaucluse, Dominique Santoni (LR). Des départs qui auraient de lourdes conséquences pour les services, telles qu’une « désorganisation immédiate du service, avec un manque de relais et une rupture dans la continuité des missions », « une détérioration du climat de travail, générant démotivation, tensions et perte de confiance envers la direction » ou encore « un impact négatif sur la qualité du service rendu aux usagers, qui risquent de subir directement les effets de cette désorganisation ».

    « Une affaire interne »

    La CGT revendique ainsi « le retrait immédiat des décisions de mutation forcées » ainsi que « l’ouverture de véritables négociations en présence de la présidente du département et des représentants du personnel, respectueuses des agents et de leurs représentants sur l’organisation du service et ses besoins réels ». Du côté du Département de Vaucluse, on indique « qu’il s’agit d’une affaire interne à nos services » et que le syndicat a été reçu ce mercredi 24 septembre.

  • Santoni redoute plus LFI que le RN

    Santoni redoute plus LFI que le RN

    Depuis son élection à la présidence du Département, Dominique Santoni a pris l’habitude de recevoir la presse à la rentrée de septembre. Manière d’aborder plusieurs sujets d’actualité. Comme bien sûr les projets du Conseil départemental : un 5e centre de santé devrait voir le jour à Pernes-les-Fontaines en 2026, de même qu’un label sur trois années, « Vaucluse plus belles routes du sud, visant à rénover, embellir, fleurir, rendre cyclable » les voies phares du Département comme le Ventoux ou les gorges de la Nesque.

    Le tout dans un contexte toujours incertain : « On prévoit un budget 2026 similaire à celui en cours, de rigueur et de désendettement car on n’a pas la planche à billets mais du bon sens », livre Dominique Santoni, « agacée » par la situation du pays. Elle ne voit pas d’autre issue qu’une nouvelle dissolution. « J’en ai marre du spectacle donné », se désole la présidente, qui n’attend rien de particulier de Sébastien Lecornu. Même un poste de ministre ? « Ce serait passionnant mais ce n’est pas d’actualité et en 4 mois, impossible de faire des réformes », répond-elle.

    Dominique Santoni reste donc concentrée sur le Vaucluse et plus largement les collectivités, seules à même, « par leur proximité », d’apporter des réponses concrètes. Et de soutenir ainsi davantage de décentralisation alors qu’aujourd’hui les départements ne lèvent plus de fiscalité directe. « Je suis bien ici », assure la présidente pour qui il est trop tôt de parler de second mandat (les départementales ne sont prévues qu’en 2028). « Il ne faut pas faire plus de deux mandats », confie-t-elle, laissant supposer qu’elle serait prête à rempiler.

    D’autres élections locales approchent, les municipales en mars. L’ex-maire d’Apt n’est pas intéressée par un retour à l’Hôtel de ville, mais s’inquiète pour Avignon. « Quand je vois la dispersion dans la majorité [lire page précédente] avec 4 élus qui sont candidats ou soutiennent un autre candidat, le risque clairement c’est LFI », estime Dominique Santoni. Plus que le RN ? « Oui, assume-t-elle. Je ne crois pas non plus aux promesses du RN mais son projet fracture moins le pays que LFI, chez qui je ne vois que du chaos et un projet qui ne rassemble pas les Français. » Quant à la droite, la présidente voit d’un bon œil l’arrivée possible d’Olivier Galzi qui, comme elle, parle « du parti du bon sens » et appelle Julien Aubert à s’en rapprocher.

  • Le titanesque déménagement des archives départementales

    Le titanesque déménagement des archives départementales

    Les couloirs étroits du Palais des Papes se vident petit à petit des milliers de documents des archives départementales dont le déménagement vient de débuter en direction de leur nouvelle maison, en l’occurrence le nouveau bâtiment construit tout récemment, Memento, situé à l’Agroparc à Avignon.

    Plus de 28 kilomètres de documents notariaux, de dons, d’archives communales ou hospitalières, conservés là depuis 1880, qui ont parfois plus de 250 ans, sont ainsi déménagés consciencieusement jusqu’en octobre 2026. « Le passé est en route vers son avenir », philosophe pour l’occasion Dominique Santoni, présidente (LR) du département de Vaucluse. Car le Palais des Papes, bien qu’étant un lieu chargé d’histoire, n’est plus adapté à conserver dans de bonnes conditions ces documents. Entre températures et taux d’humidité différents selon les étages et les salles, la difficulté d’accès de certaines zones étroites ou plusieurs étages à monter sans ascenseur, le temps de déménager est venu.

    L’équipe de l’entreprise Avizo, qui s’occupe de transférer les documents, a notamment dû s’adapter en créant une rampe spéciale pour charger leurs camions ainsi que des « jeannettes » (surnom donné aux armoires roulantes dans lesquelles sont chargés les documents) plus petites et moins larges afin de passer dans tous les endroits. « On est agréablement surpris du site. Mais c’est vrai que c’est un environnement très, très complexe. Mais on a un an pour faire cela dans de bonnes conditions », concède, tout en poussant un chariot, Stéphane Ohouo, technicien contremaître chez Avizo. « Les premiers documents que l’on envoie sont les plus consultés afin que les recherches continuent là-bas », confie Christine Martella, cheffe de service des archives.

    Travail minutieux

    Arrivé du côté du très moderne Memento, le travail des équipes de déménagement, mais aussi des archivistes, est loin d’être fini. À son arrivée, chaque jeannette est envoyée en quarantaine ou à l’isolement, s’il y a un doute sur l’origine du document, avant d’être minutieusement dépoussiérée à l’aide d’aspirateurs. Une salle de numérisation a également été installée sur place pour rendre les documents consultables à distance.

    Puis ceux-ci seront déposés dans l’une des 20 nouvelles salles de l’un des quatre niveaux du bâtiment, dans des conditions uniformisées de 25 degrés et environ 50% d’humidité. Chacune d’entre elles peut accueillir 1 600 mètres linéaires de documents. « On a essayé de faire en sorte que les documents les plus consultés soient à proximité des ascenseurs pour marcher le moins possible », glisse Guillaume Chauvet, archiviste et responsable des publics. En parallèle, de grands espaces de lecture aménagés pour la consultation sont à disposition. « Le but est également que ce soit accessible au public. On souhaite que ces documents soient mieux valorisés », précise Jean-Philippe Lallemand, responsable du site Memento.