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  • Rugby : la légende Toulonnaise André Herrero tire sa révérence

    Rugby : la légende Toulonnaise André Herrero tire sa révérence

    Avec ses frères Daniel, Francis et Bernard, ils formaient un quatuor redoutable au sein du Rugby Club Toulonnais. André Herrero, l’aîné, s’est éteint dans la nuit de jeudi à vendredi. L’ancien roc du pack varois avait 87 ans.

    Fils d’une famille de républicains espagnols chassée de son pays par la dictature de Franco, c’est à La Seyne-sur-Mer, après un passage dans l’Hérault, qu’André et ses frères ont grandi et se sont imprégné des valeurs du rugby chères à leur père, lui même joueur à l’époque.

    André Herrero a pris sa première licence au club de l’Arsenal de Toulon, avant de rejoindre le RCT à l’âge de 19 ans. Il participera à deux finales, perdues face à Lourdes puis Béziers, du championnat de France et portera à 22 reprises le maillot de l’équipe de France. Après une pige à Nice, il reviendra chez les rouge et noir pour en être entraîneur (1981 – 1983), puis président (saison 1991/92). Il sera également manager de l’équipe de France de 1992 à 1995, avant de poursuivre dans la commission de sélection, jusqu’en 2000.

  • Philippe Négrier est parti

    Philippe Négrier est parti

    Nous le savions affaibli depuis ces dernières années mais il portait bien ses 94 printemps. Il y a une semaine, il participait encore à la réunion du mardi de sa cellule au 88, boulevard Chave.

    Une page d’histoire de la vie du quartier du Camas se tourne avec la disparition de Philippe, un humaniste au sens plein du mot, engagé dans tous les combats pour la justice, la fraternité, la solidarité et la paix.

    S’il naquit à Tourcoing en 1931 dans une famille nombreuse à laquelle sa mère, érudite et catholique pratiquante, transmit ses connaissances, c’est à Marseille qu’il s’attacha, lorsque son père ingénieur et héros de guerre y fut muté et plus particulièrement dans le quartier de Mazargues. C’est ici qu’à 15 ans, alors apprenti électricien, il découvrit le poids de l’action collective, lorsque poussé par un enseignant, il organisa la défense d’un camarade sanctionné injustement et menacé d’exclusion et qu’ainsi ils obtinrent l’abandon de la sanction. Il fut rappelé en Algérie en 1956 et servit dans les transmissions. Sa rencontre avec la violence de la colonisation et le désir d’émancipation du peuple algérien forgea sa conscience humaniste qu’il gardera toujours. Il était un militant du Mouvement de la Paix, dont il fut trésorier, parce que pour lui la paix était un combat fondamental.

    Formé au séminaire où son supérieur sut très vite déceler toute sa personnalité, il fut ordonné prêtre, d’abord dans le Panier puis en 1965 de la paroisse Saint-Michel-Camas tout en vivant dans une communauté religieuse à la Plaine. Devenu prêtre-ouvrier, il découvrit la solidarité entre travailleurs, les luttes et l’action syndicale. Ses paroissiens gardent le souvenir d’un homme d’Église ouvert et attentif aux questions du monde, travaillant comme plongeur dans un restaurant Salon Saint-Louis puis comme électricien de bâtiment. Il était actif au sein du mouvement de l’ACO (Action catholique ouvrière). En 1977, Pierre Camoin le convainc d’adhérer au PCF dans le cadre du Programme commun pour continuer son engagement dans le quartier. Très vite, il prend de nombreuses responsabilités comme trésorier, puis chargé de formation et enfin secrétaire de la section des 4-5, en conservant en secret son activité d’électricien. En 1983, il est présenté aux élections municipales, ce qui lui valut un article incendiaire de la part d’un rédacteur en chef d’extrême droite. Mais il sera un infatigable conseiller d’arrondissements, travaillant sur le logement et les écoles avec Renée Aillaud et poursuivra son action politique au conseil général auprès de Paul Biaggini puis de Joël Dutto, où il fut particulièrement sensible aux personnes en situation de handicap dans les quartiers Nord de Marseille. En 2020, il continuait le combat en s’engageant dans la campagne du Printemps marseillais. Parmi ses engagements syndicaux, notamment au sein de la CGT, il soutint une grève des vendeuses de chez André sur la Canebière en 1968 et défendit un salarié de la Banque de France, licencié parce que séropositif. Il fut aussi trésorier de Loisir Solidarité Retraite et organisé dans ce cadre des visites culturelles dans le Panier.

    Combien ceux qui l’ont côtoyé savent la belle personne qu’il était, emplie de culture et de sagesse. Ses prises de paroles nous poussaient à avancer sans se bloquer, à travailler tranquillement pour porter une vision d’avenir.

    Il nous invite à enrichir notre réflexion, à faire vivre l’intelligence collective, à sortir des anathèmes, à rassembler les communistes et à mieux comprendre la société en insistant : « Nous sommes en recherche. » Un grand merci, Philippe, pour tout ce que tu nous as apporté.

    Un rendez-vous est donné mardi 14 octobre à 11h à l’église Saint-Michel pour lui rendre un dernier hommage.

  • Jean-François, le père Noël des délogés, est décédé

    Jean-François, le père Noël des délogés, est décédé

    Il avait vécu plus de quinze ans à la rue et était devenu une figure aimée du quartier de Saint-Victor où les habitants lui glissaient la pièce, un mot sympa, un sandwich et une caresse à César, son fidèle chien placé dans un refuge durant son hospitalisation et dont il a été soulagé d’apprendre qu’une famille l’a adopté.

    Jean-François était né à Liège le 7 février 1955. Il avait été cuisinier à Monaco puis avait exercé comme gardien d’immeuble dans le quartier du boulevard National avant de tomber dans l’extrême précarité. Avant d’être frappé par plusieurs accidents vasculaires cérébraux, Jean-François avait été bénévole aux Restos du cœur. « Il m’avait dit : Je veux être enterré au carré des indigents avec mes amis SDF” », raconte Sandrine Rolengo qui l’accompagnait dans ses démarches administratives car il n’avait jamais su réclamer ses droits sociaux. Des anonymes aux revenus modestes lui payaient son complément de loyer quand un logement lui avait été trouvé, rampe Saint-Maurice.