Tag: disparition

  • L’incendiaire de la maison de famille d’Emile condamné

    L’incendiaire de la maison de famille d’Emile condamné

    Acte malveillant prémédité, moyen de se faire justice soi-même, ou de relancer l’enquête ? Plusieurs explications à l’acte de Roland Woudstra se sont confrontées mardi lors de l’audience à l’issue de laquelle ce Marseillais de 78 ans a été condamné à deux ans de prison. En mai, il avait provoqué plusieurs départs de feu aux alentours de la maison secondaire des grands-parents du petit Emile, disparu en 2023 au Vernet. Il avait interrogé des habitants, se présentant comme un journaliste néerlandais, pour obtenir des informations sur l’affaire et la localisation de la maison.

    Pendant l’audience, le prévenu a affirmé avoir agi pour « provoquer un déclic au niveau de l’enquête » sur la mort du petit Emile et la « relancer ». Il a nié toute volonté « de vengeance ou de punition », alors que les avocats des grands-parents l’accusaient d’avoir voulu nuire à la famille. Une lettre écrite depuis sa cellule le 13 juin est cependant venue contredire ses déclarations devant la cour. Il y écrit avoir eu « une brutale envie de faire justice moi-même en brûlant la maison de la famille Vedovini que je pense coupable ».

    « Initiative de justicier »

    L’avocat de la grand-mère d’Emile, Me Julien Pinelli, a avancé que cet « emballement » était « lié à la confusion des accusations portées du fait des réseaux sociaux où on lit les pires horreurs sur ceux dont le seul tort est d’être en deuil de leur petit-fils. Celui qui a porté la suspicion sur eux en paye le poids moral ».

    « Mes enfants avaient déjà peur de monter au Vernet avant cet incendie, mais là c’est pire », a confié aux enquêteurs la grand-mère du petit Emile.

    Le président a lu des expertises psychiatriques décrivant « un comportement inadéquat, une initiative de justicier sans preuves, en méconnaissant la gravité potentielle de l’incendie », ainsi qu’un « aveuglement de la passion, un excès de confiance, une recherche de loi personnelle, pensant avoir perçu ce que l’enquête n’avait pas su démontrer, voulant provoquer un mouvement ».

    L’avocat du prévenu a décrit un homme « endeuillé, isolé, fragilisé » par la mort récente de sa femme et de son fils. Il a plaidé l’altération de son discernement, expliquant qu’il serait en train d’être placé sous tutelle. « J’aurais dû laisser la justice faire son enquête », a reconnu l’homme mardi.

    « On a le droit de penser que la justice fait mal son travail, mais pas de jeter en pâture des gens, ajouter au sang d’Emile, aux larmes de la famille, des cendres à la maison familiale. Votre peine aura nécessairement vocation à envoyer un message, que cette famille retrouve la paix », a lancé le procureur au moment de ses réquisitions.

  • A Miramas, les hommages affluent après la disparition de Georges Thorrand

    A Miramas, les hommages affluent après la disparition de Georges Thorrand

    Le 25 juin 2026 restera dans les mémoires de Miramas comme le jour de la disparition de l’une de ses grandes figures politiques, au sens propre comme au figuré. La voix posée de tribun de Georges Thorrand, façonnée par son métier d’instituteur, était bien connue des générations d’élèves miramasséens passés par l’école Jean-Macé, où il enseigna de nombreuses années. C’est en 1956, tout juste diplômé de l’École normale, que l’enseignant prend son poste après plus de trois ans d’études. Il est aussi membre du Syndicat national des instituteurs (SNI).

    Mais l’année précédente, en 1955, alors en études à Aix-en-Provence, une autre décision marque un tournant dans sa vie : son adhésion au Parti communiste français, où il militera pendant plusieurs décennies. « Georges, c’est aussi toute une génération d’élus, de la même génération d’instituteurs communistes, formés à l’école normale de la République et de l’éducation populaire, qui ont marqué leur ville de leur empreinte », analyse Patrick Magro, du collectif mémoire du PCF des Bouches-du-Rhône.

    Cette empreinte se traduit par 18 ans à la tête de la commune, lors de deux mandats : de 1977 à 1989, puis de 1995 à 2001, dans un chassé-croisé électoral avec le Pierre Carlin (UDF). Georges Thorrand a été vice-président du conseil régional Paca dès 1983, puis conseiller général et vice-président du conseil général des Bouches-du-Rhône de 1994 à 2001.

    Une empreinte qui existe dans les cœurs comme dans les pierres. « On s’appelait tous les deux jours. Jusqu’à la dernière minute, il me demandait mon point de vue sur ce qu’il écrivait, ses analyses, retrace Dominique Pédinielli, ancien secrétaire de la section PCF de Miramas et ami de Georges Thorrand. Pour lui, le Parti devait être à la hauteur des attentes des gens. Il m’a poussé à être secrétaire de section. Autour de lui, il y avait des résistants, des pointures, je n’étais pas à la hauteur. C’est une perte incommensurable. »

    « Un héritage important »

    Natacha Malet, récemment élue à la tête de la section locale du PCF, partage : « Je ne concevais pas de m’engager à la première responsabilité de la section des communistes de Miramas sans échanger avec lui. Georges était un homme de conviction qui détestait les opportunistes, les fascistes et toutes celles et ceux qui les banalisaient ou qui s’acoquinaient avec par intérêt. » Ce maire bâtisseur livre « un héritage important pour plusieurs générations », pour la responsable, avec la construction du lycée Cocteau, du théâtre de La Colonne et la MJC. Mais aussi « les écoles publiques pour tous, la culture pour l’émancipation et l’élévation des consciences pour gommer les inégalités. Un bel héritage à préserver et poursuivre », promet Natacha Malet.

    Le maire (DVG), Frédéric Vigouroux, garde « le souvenir d’un homme profondément attaché à sa ville, dont l’œuvre continuera d’inspirer celles et ceux qui œuvrent pour le bien commun ».

  • [Disparition] Isabelle Zaragoza nous a quittés

    [Disparition] Isabelle Zaragoza nous a quittés

    L’épouse de notre « expert » pétanque, Robert Zaragoza, avec qui elle avait eu un enfant, Thomas, était âgée de 67 ans. Ces deux compagnons de route de La Marseillaise s’étaient rencontrés à la RTM, où ils travaillaient comme chauffeurs de bus. Délégués syndicaux CGT, en première ligne lors du grand conflit social qui avait secoué la régie en 2005, ils avaient, cette année-là, scellé leur amour en se mariant sur le piquet de grève.

    Jusqu’en 2024, alors trop affaiblie par la maladie, Isabelle avait été une des plumes de la rédaction engagées à Borély pour couvrir Le Mondial. Sa gentillesse, son énergie débordante, son humour et son franc-parler vont nous manquer.

    à sa famille, à Robert, à ses enfants, Elodie, Nathalie, Christophe et Thomas, la rédaction et la direction du journal adressent leurs plus sincères condoléances.

    Les obsèques auront lieu le mercredi 1er juillet à 17h15 au crématorium du cimetière de Saint Pierre au 380 Rue Saint-Pierre, 13005 Marseille
  • José Palazon nous a quittés

    José Palazon nous a quittés

    José avait connu ses jours de gloire dans les années 80 en remportant deux années consécutivement le titre de champion de France triplette 1979-1980 en compagnie de Norbert Pancin et Gérard Jaffuel.

    Respecté, il a marqué son époque par son talent de tireur.

    La Marseillaise présente ses sincères condoléances à sa famille, ses amis.

  • Le maire Dominique Lain s’est éteint à l’âge de 61 ans

    Le maire Dominique Lain s’est éteint à l’âge de 61 ans

    Le Var est en deuil. Dominique Lain, maire du Luc-en-Provence, est décédé dimanche 14 juin aux alentours de 23 heures, à l’âge de 61 ans. Hospitalisé à l’hôpital de la Timone à Marseille après un infarctus survenu à la fin du mois de mai, il avait été opéré, mais n’a finalement pas survécu. L’annonce a été faite par la mairie sur Facebook.

    « Engagé »

    La semaine dernière, l’élu avait annoncé sa mise en retrait de la vie politique pour quelques mois. Élu maire en 2020 puis reconduit en mars dernier, il était également conseiller départemental depuis 2015, vice-président du conseil départemental du Var chargé de la sécurité et de la prévention des risques, président du Sdis 83 (Service départemental d’incendie et de secours) et de la communauté de communes Cœur du Var.

    Le préfet du Var Simon Babre, dans un communiqué, salue « un élu de terrain, proche de ses concitoyens, engagé pour offrir une ambition à sa commune du Luc-en-Provence et pour la concrétiser ».

    L’émotion est forte dans le département. Le président du conseil départemental, Jean-Louis Masson, a évoqué « une immense tristesse » après la disparition de son « ami fidèle ». Il a salué « un élu d’exception, profondément attaché à son territoire et à ses habitants », soulignant son « courage », sa « loyauté » et sa « profonde bienveillance ». Dans un communiqué, les sapeurs-pompiers du Var décrivent un « président disponible et impliqué ». Les hommages se multiplient également de la part de nombreuses personnalités politiques varoises, tels que Thierry Bongiorno, maire de Gonfaron, ou Yannick Simon, ancien maire de Cabasse et ancien président de Cœur du Var, tous deux proches du disparu.

    Au Luc-en-Provence, un livre de condoléances a été ouvert à l’accueil de la mairie. La première adjointe, Élisabeth Mariottini, devrait assurer l’intérim à la tête de la commune jusqu’à l’élection d’un nouveau maire par le conseil municipal.

  • [Entretien] Florian Gulli : « Le capitalisme produit une résistance individuelle »

    [Entretien] Florian Gulli : « Le capitalisme produit une résistance individuelle »

    La Marseillaise : Qu’aborde concrètement le livre « La matrice des classes sociales » de Vivek Chibber, dont vous avez écrit la préface ?

    Florian Gulli : Déjà, il faut souligner que, malgré ce que pourrait suggérer le titre, il ne s’agit pas de dire qu’il faut revenir à la façon dont la gauche parlait de classes sociales dans les années 1950. L’ambition est d’intégrer toutes les critiques qui ont été adressées à l’analyse de classe pour proposer une version plus robuste du matérialisme.

    Le cœur du livre part d’une question classique du marxisme. Karl Marx défendait que le capitalisme allait forcément s’effondrer sous le poids de ses propres contradictions. L’idée est qu’il fait mécaniquement souffrir de plus en plus de monde et qu’il crée, du même coup, ses propres fossoyeurs. Mille fois, on a annoncé que le capitalisme allait s’effondrer. Ça ne s’est jamais produit. Pour le justifier, des explications ont commencé à émerger à partir de la Seconde Guerre mondiale avec l’idée que le non-avènement de la révolution résulterait de l’émergence de médias manipulateurs. L’aspect matérialiste a été progressivement abandonné, pour laisser place à une gauche plus élitiste, qui perd progressivement le lien avec les classes populaires. Ici, l’auteur tente de donner une explication de classe au non-effondrement du capitalisme.

    Quelle explication propose-t-il ?

    F.G. : Lui, en suivant le schéma classique du marxisme, dit qu’en effet le capitalisme nous paupérise, nous prolétarise et nous fait souffrir. Une situation qui produit effectivement une résistance, mais individuelle, pas collective. La thèse est que l’erreur de Marx et des marxistes a été de croire que le capitalisme produirait forcément une résistance collective. Les gens souffrent du capitalisme et essaient de s’en sortir, mais en tentant de grimper à l’intérieur de leur entreprise, pour obtenir une meilleure position. Donc, s’ils n’ont pas fait la révolution, ce n’est pas parce qu’ils ont été abrutis par les mass media mais parce qu’ils se sont résignés. Cette perspective est compatible avec une certaine bienveillance à l’égard des classes populaires. C’est un phénomène de résignation générale.

    Comment expliquer l’émergence de cette résistance individuelle quand on sait qu’une résistance collective a pu exister ?

    F.G. : Il y a eu des transformations des conditions historiques et sociales. Au début du XXe siècle, la grande industrie rassemblait 30 000 ouvriers au même endroit, ce qui facilitait de fait le militantisme. On touche 30 000 personnes avec un tract en une heure, quasiment. Alors que dorénavant, les unités sont beaucoup plus petites, tout est très déconcentré. Donc, forcément, c’est plus difficile. Vivek Chibber parle aussi de l’évolution des villes et de la disparition des quartiers ouvriers, où il pouvait se créer des sentiments de solidarité et de proximité. Tout ça a disparu. L’idée n’est pas de dire que tout est foutu, mais qu’il faut trouver un moyen de briser la résignation.

    Et les partis et les syndicats sont dans ce cadre un outil indispensable pour l’auteur…

    F.G. : La perte de crédibilité de la gauche auprès des classes populaires vient d’abord de l’abandon de la conception matérialiste, mais aussi de la disparition des partis dans le quotidien des gens, avec des cellules de quartiers, ce genre de choses. Lui suggère d’y revenir. En fait, tant qu’on n’a pas créé une culture de partis, ce n’est pas très rationnel de faire grève. Autant ne pas y aller et laisser les autres s’engager. S’ils gagnent un truc, tant mieux. S’ils perdent, je n’ai rien perdu. Le seul truc qui a permis de mettre un terme à la logique du « passager clandestin », ce sont les partis, qui lient les uns avec les autres par des liens moraux.

  • À Toulon, des abeilles à l’écoferme pour piquer la curiosité des citoyens

    À Toulon, des abeilles à l’écoferme pour piquer la curiosité des citoyens

    Le Département poursuit son ambition de valorisation de la biodiversité et de sensibilisation du public aux enjeux environnementaux. Mercredi matin c’est sur le site de l’écoferme de la Barre que la presse était invitée à la présentation du rucher pédagogique mis en place en partenariat avec l’Union nationale de l’Apiculture française (Unaf). L’objectif étant à travers la sensibilisation du public, et notamment des plus jeunes , d’initier des acteurs de demain à la préservation de la flore et de la faune. Et ici, tout particulièrement, des abeilles : ces insectes indispensables mis à mal par l’agro-pétrochimie.

    L’Espace naturel dans lequel ont été introduites ces ruches bénéficie d’un cadre très favorable à l’épanouissement des abeilles, avec une diversité florale propice à leur développement. Le projet s’intègre pleinement à la démarche éducative prônée par le Département du Var, « au croisement des enjeux écologiques, agricoles et alimentaires ».

    « Elles sont en train de démarrer tranquillement, puisqu’on les a installées là, au mois de novembre », explique Thierry Abello, l’apiculteur en charge du rucher. Le berger des abeilles les accompagne et essaie de les protéger de la prédation des frelons asiatiques, par du piégeage notamment. « L’année dernière, j’ai détruit un nid sur la piste cyclable qui faisait 90cm de diamètre », explique-t-il. Mieux vaut en effet être vigilant, parce que « 20-30 frelons, peuvent suffire à liquider une ruche et ses 40 000 abeilles en seulement un ou deux jours ».

    En revanche, elles combattent assez bien la chaleur de l’été et les dégringolades de température de l’hiver, apprend-on. « Toute l’année, le milieu de la ruche est à 37 degrés pour protéger les larves qui sont pondues en permanence », ajoute l’apiculteur. Les abeilles, tantôt s’agglutinant ou battant des ailes selon l’effet recherché.

    Former des citoyens éclairés

    L’un des messages passés aux enfants, c’est que « les abeilles pollinisent à peu près 30% à elles toutes seules de ce qu’on mange, entre fruits et légumes ». Ce qui donne l’ambleur du désastre que serait leur disparition.

    « Le premier souci d’un apiculteur c’est de savoir ce que ses abeilles vont manger », commence Félix Gil, administrateur de l’Unaf, en ajoutant qu’ici il y a de quoi être plus que rassuré.

    L’occasion de rappeler qu’il y a 2 000 ruches installées sur les toits parisiens qui trouvent alentour suffisamment de quoi butiner (lire page 19).

    Le militant engagé insiste ensuite sur l’ambition de ce partenariat, qui est, dit-il, « de communiquer, faire passer un message ».

    Et de poursuivre : « Parce que, vous savez, on est face aux pesticides. Et seul le public peut nous aider. » L’implication du plus grand nombre pouvant permettre de faire pression et de résister au poids des profits colossaux en jeu, dans cette industrie comme dans les autres.

    Le président (LR) du Conseil départemental Jean-Louis Masson a lui aussi insisté dans sa prise de parole sur l’importance pédagogique des ruches.

    « Dans le contexte actuel de déclin des populations d’abeilles, je souhaite que ce rucher puisse devenir un véritable outil pédagogique », lance-t-il.

    Le patron du Département a ensuite plus largement mis en avant les efforts fournis par la collectivité pour préserver les espaces naturels et la biodiversité aux travers des espaces naturels sensibles, notamment. « Nous œuvrons sans relâche pour maintenir ces précieux corridors écologiques sur tout le territoire », insiste Jean-Louis Masson.

    Et l’écrin de verdure protégé niché en plein Toulon que représente l’écoferme de la Barre témoigne de cette volonté, explique-t-il.

    Et de conclure : « Notre ambition est claire : développer une conscience collective autour de la nécessité de préserver ces insectes indispensables et former des citoyens éclairés, conscients des enjeux écologiques et acteurs de leur préservation. »

    Si sa parole pouvait aussi atteindre et convaincre les camarades de son propre parti LR, ça ne serait pas piqué des hannetons. Et ça ferait avancer la cause des abeilles.

  • Philippe Foulquié, fondateur de la Friche Belle de Mai, n’est plus

    Philippe Foulquié, fondateur de la Friche Belle de Mai, n’est plus

    Né en 1944, au Maroc, Philippe Foulquié a eu mille vies. Jeune homme, il prend la direction de Lyon pour des études de médecine militaire durant quatre années. Il croise la route de l’Unef.

    C’est au sein du syndicat étudiant qu’il vit son premier engagement. Pas à n’importe quelle période : mai 1968 survient. Passionné de théâtre, il rencontre Roger Planchon, directeur du théâtre de la Cité à Villeurbanne qui deviendra le Théâtre national populaire (TNP). C’est dans cette institution qu’est rédigé un manifeste, le 25 mai 1968 proclamant le rôle politique, au sens noble, des créateurs.

    La grande rupture de 1968 marque pour lui une bifurcation de son chemin de vie. On le retrouve dans la Drôme dans une ferme où il côtoie un paysan engagé au Mouvement de défense des exploitations familiales (Modef). Il adhère au PCF en 1969 où il milite jusqu’en 1979.

    La vie rurale n’est peut-être pas faite pour lui mais il faut surtout subvenir aux besoins de son premier enfant. Le voilà infirmier remplaçant, notamment à la prison de Fresnes. Toujours passionné de culture, il est sollicité à Paris par le théâtre de l’unité pour un projet sur l’esthétique du football et la fascination des supporters. 8 mois de spectacles s’ensuivent. Après cela, il travaille pour la Compagnie la Grenète à Villeurbanne : un théâtre de marionnettes.

    Une nouvelle expérience décisive qui le conduit à se lancer, à Marseille, dans la création du Massalia, nouveau théâtre de marionnettes. Un lieu très petit‚ chaleureux‚ en centre-ville‚ plein de possibilités‚ mais en même temps « très limité scénographiquement », concède-t-il des années plus tard. Un lieu chargé d’histoire aussi : il avait accueilli le Théâtre quotidien de Marseille et vu passer des personnalités comme Antoine Vitez.

    Dans une Marseille qui battait alors le record du plus bas budget dédié à la Culture des grandes villes de France. Un tournant, impulsé par le maire d’alors, Robert-Paul Vigouroux, et son adjoint à la Culture, Christian Poitevin alias Julien Blaine, prend forme.

    Philippe Foulquié participe au mouvement. En 1990, tandis que la crise économique et les délocalisations frappaient durement Marseille, germe l’idée folle d’une réappropriation culturelle des espaces industriels laissés en friche.

    « Une figure essentielle

    de la vie culturelle »

    En 1992, la Friche Belle de Mai voit le jour. Il s’agit de transformer une friche industrielle en un pôle culturel festif, un laboratoire artistique, un lieu d’initiation artistique et de formation permanente, un projet d’exportations et d’échanges de spectacles, d’œuvres, de projets culturels et artistiques en Méditerranée. Philippe Foulquié en est le directeur jusqu’à sa retraite. Il transforme le système associatif initial en système coopératif avec la création d’une Société coopérative d’intérêt collectif (Scic) regroupant des artistes-résidents. Son nom reste indissociable de ce lieu qu’il est parvenu à arracher durablement aux appétits des promoteurs.

    Dans un message d’hommage, Jean-Marc Coppola, maire communiste des 15-16 et ancien adjoint au maire de Marseille chargé de la Culture, exprimait ce mardi sa « profonde tristesse » après le décès d’un homme qu’il décrit comme un « visionnaire, qui a su transformer une friche industrielle en un haut lieu culturel, avec ses complices Alain Fourneau, Christian Poitevin et Jean Nouvel. […] Marseille perd une figure essentielle de sa vie culturelle. »

    Un soutien constant de notre journal

    Lors des difficultés que La Marseillaise a traversées, Philippe Foulquié s’est toujours tenu au côté de notre journal. « C’est simplement le meilleur des quotidiens régionaux en France. On y trouve de vraies enquêtes sur de vrais sujets. Il y a une question de déontologie des journalistes derrière cette volonté, mais pas seulement. On sent l’envie d’aller à la source pour livrer une information juste et la comprendre vraiment. Ils livrent une actualité dans laquelle ils s’engagent. Est-ce que La Marseillaise peut encore réveiller les consciences ? Je réponds «oui» », avait-il notamment déclaré. La Marseillaise présente à Nicole, sa compagne, à ses enfants et à ses proches, ses plus sincères condoléances. Elle s’associe à leur peine et exprime sa gratitude à l’égard d’un homme d’exception.

  • [Disparition] Jean-Marie Gleize, poésie interrompue

    [Disparition] Jean-Marie Gleize, poésie interrompue

    Ses passions, ses rejets et sa ligne de conduite étaient évidents : Jean-Marie Gleize écartait le manque d’élégance et les niaiseries. Il aimait l’exactitude et le dépouillement, « les bruits neufs » de Rimbaud, « les toits pointus de tuiles rouges » de Stendhal, « les découpures du vert sombre » du crapaud de Corbière. Francis Ponge pour lequel il dirigea des colloques ainsi qu’un Cahier de l’Herne était à ses yeux la meilleure leçon pour se délivrer du lyrisme et du « magma analogique brut ». Sa plus vive préférence parmi ses contemporains, c’était le calme ou bien le très véhément Denis Roche qui pour sa part détestait « les trompettes de la solennité ».

    Né à Paris en 1946, élève de l’École normale supérieure, il avait assez vite rencontré Ponge. Mai et juin 1968, la mort du militant Gilles Tautin étaient pour lui des dates cruciales. Raymond Jean avait voulu qu’il obtienne un poste à la Faculté des Lettres d’Aix. En 1990, il publie au Seuil un premier livre Léman, entame la création et le maintien de la revue Nioques, le numéro 34 qui réunira six russophones paraîtra en mai.

    Il rêvait que ses livres soient « une poignée d’œillets jetés dans un trou » : une video du site du CIPM décrit le processus de ses ouvrages. Mixtes de phrases tendues et de documents, ses textes les plus commentés sont Chien noir des proses et Tarnac. Hasard objectif intriguant, Tarnac est un hameau du plateau de Millevaches où Gleize a passé les étés de son enfance et conserve une maison : ce fut le lieu de repli d’une communauté de jeunes anarchistes dont l’un des membres, Julien Coupat, auteur chez Hazan de L’Insurrection qui vient fut suspecté par la police d’attentats terroristes.

    Une connaissance acérée de la modernité, des amitiés scellées avec Lucot, Tarting, Albiach et Royet-Journoud, ses recherches coordonnées de 1999 à 2009 au Centre d’études poétiques de Lyon ont fait de lui l’un des meilleurs interprètes de la poésie contemporaine. En font foi deux essais Poésie et Littéralité (Seuil) et Sorties (Questions théoriques).

    Un grand critique

    Ses cours et séminaires d’Aix suscitèrent d’intenses curiosités, déclenchèrent des changements de paradigmes. En témoignent des gens du Sud, l’écrivain Olivier Domerg, le typographe Eric Pesty, le coresponsable d’Opera Mundi, Eric Giraud. Un moment éditée par Laurent Cauwet/ Al Dante longtemps basé en bordure de La Plaine, la revue Nioques accueillit des personnes de Marseille et Digne, Florence Pazzotu, Nathalie Quintane, Sarah Kéryna, Guillaume Fayard et Michaël Battala. Des numéros présentent les travaux du peintre Patrick Sainton : sa prochaine exposition, Galerie Territoires partagés, 14 stations d’un chemin de croix seront accompagnées par des phrases de Gleize.

    Depuis le milieu des années 1990 Jean-Marie Gleize vivait à Volx près de Manosque. Il est décédé jeudi 12 mars, le journal adresse ses condoléances à son épouse Joëlle et à son fils Aurélien.

  • Mobilisés pour le maintien d’Orange à Saint-Mauront

    Mobilisés pour le maintien d’Orange à Saint-Mauront

    Ils y travaillent, y ont travaillé et ne veulent pas entendre parler de la disparition d’Orange à Saint-Mauront (3e). Métro national, devant les grilles du site, une centaine de personnes se sont rassemblées, ce mardi 3 mars, à l’appel de la CGT pour le maintien de l’entreprise, installée là depuis 1974. Des techniciens sont aussi venus en soutien depuis le Vaucluse ou les Hautes-Alpes. Après une première fermeture en novembre suite à une rixe à proximité, la direction Sud-Est de l’opérateur avait décidé de fermer de nouveau, le 8 janvier, après des impacts de tirs sur la façade. Même si la préfète de police avait indiqué que « tout [laissait] à penser que ces faits [s’étaient] produits en dehors des heures ouvrables ».

    Ce qui fait dire à Olivier Neri, secrétaire général de la CGT Télécoms 13, que tout cela n’est que prétexte. « On ne sait pas encore quelle est la vraie raison de cette décision, cela n’est pas possible qu’un opérateur historique, pour un problème de sécurité, ferme », estime le syndicaliste, rappelant que 35 millions d’euros ont été investis à Saint-Mauront en « même pas deux ans ». Sans remettre en cause le « sentiment d’insécurité », il l’affirme : « En 8 ans, on recense deux agressions. » Il dénonce les effets d’un discours d’extrême droite de la part de « certains syndicats ». En clair, la CFE-CGC dont le président, Sébastien Crozier, comparaît la situation « au même phénomène il y a 15 ans, dans une réserve d’Indiens qui s’appelle la Seine-Saint-Denis ».

    Depuis janvier, les salariés travaillent de chez eux toute la semaine ou s’inscrivent sur des sites de coworking loués par Orange. « Un retour des activités tertiaires (…) n’est pas envisagé. Le site est néanmoins pérenne car il va continuer à abriter les activités techniques », nous indique la direction, précisant avancer « en parallèle dans la recherche d’un ou deux sites complémentaires, à Marseille, pour l’ensemble des équipes tertiaires ». Après en avoir fermé ou vendu une bonne partie, rappelle la CGT.

    Manque de lien social

    Terminal des câbles sous-marins, le site de Saint-Mauront reste stratégique. Et a aussi toute sa place dans le quartier. Des habitants soutiennent les manifestants ce matin-là. « Ils ont bien raison. Et nous alors, on y vit bien ici », commente une riveraine. Jean-Paul et Monique, anciens de ce qui était alors France Télécoms, acquiescent. « Vous vous rendez compte, 1 000 salariés, c’est une perte immense pour le quartier », s’inquiètent-ils. Olivier Neri se souvient, lorsqu’il jouait « au foot avec des équipes de Félix-Pyat », que les directeurs aidaient les clubs en donnant des équipements. « Cela ne se fait plus depuis 10 ans et on est en train de le payer », pense-t-il, pointant le « manque de lien social entre Orange et le quartier ».

    Pour Jérémy Bacchi, sénateur PCF des Bouches-du-Rhône, « une fois de plus, on fait le choix de reculer face au narcotrafic plutôt que de résoudre le problème ». Et de déplorer qu’on déménage des locaux « en laissant le quartier sans réponse ». Pour lui, la disparition d’Orange s’inscrit aussi dans la fuite des services publics, s’indignant qu’il puisse y avoir « des ghettos dans notre ville ».

    Sur la même longueur d’onde, Jean-Marie Angeli (PCF), adjoint au maire de secteur, s’inquiète du « mauvais signal envoyé » et fait le parallèle avec la fermeture du bureau de poste derrière la mairie centrale. « Autant d’emplois de proximité en moins, qui font pourtant vivre le quartier », dénonce l’élu, précisant que la direction d’Orange et le préfet vont être interpellés. Alladine Abdallah Salim, tête de liste LFI aux municipales dans le secteur, se dit lui aussi inquiet, mais estime qu’il est encore possible d’en sortir « par le dialogue et la concertation ». En attendant, la CGT Télécoms prévoit d’autres rassemblements.

    « Ils ont bien raison. Et nous alors, on y vit bien ici »