Tag: directrice

  • Une nouvelle directrice pour l’économie sociale en Paca

    Une nouvelle directrice pour l’économie sociale en Paca

    « Notre ambition, c’est de continuer le passage à l’échelle de l’économie sociale et solidaire. » Mathilde L’Hôte, qui a récemment pris les rênes de la Cress Paca en tant que nouvelle directrice, affiche sa volonté de mettre les bouchées doubles pour le développement de la chambre et des entreprises du secteur, ce mercredi, lors d’un point presse à Marseille. « On est une économie qui fonctionne, qui emploie et qui répond à des besoins concrets des populations et des territoires », entame-t-elle. Avant de rappeler que l’économie sociale et solidaire est un modèle sur lequel il faut plus que jamais compter : « C’est 11 139 entreprises de divers statuts dans la Région, ça représente plus de 181 000 salariés, c’est 12,8% de l’emploi privé ! »

    Elle vise donc un développement du secteur, tout en restant fidèle « aux principes fondateurs » de l’ESS, qui rassemble sociétés coopératives, entreprises mutualistes, associations ou encore les fondations : « Utilité sociale, gouvernance démocratique et la lucrativité limitée. » Un rappel pas anodin dans un contexte plus que difficile pour l’ESS : « On est dans une contraction budgétaire, avec une incertitude sur une baisse, voire disparition, des financements publics. » Concrètement, elle plaide pour « un renouvellement des enveloppes budgétaires » pour la Cress alors même que le budget alloué au développement de l’ESS pourrait être largement réduit par l’État. D’où l’importance d’un autre chantier auquel elle entend s’attaquer : « Consolider les modèles économiques de nos structures. » « On doit renforcer notre capacité d’accompagnement des acteurs. Il y a un besoin de croissance et de diversification des ressources pour les entreprises de l’ESS », développe-t-elle.

    Poursuite du combat pour la consularité

    Et cela passe par une autre de ses priorités : « Notre plaidoyer en direction des pouvoirs publics doit être accentué. (…) Nous avons pour mission de visibiliser ces acteurs. » D’un point de vue plus politique, elle se place dans les pas du président de la Cress Paca, Denis Philippe, notamment à propos de la question de la consularité des chambres de l’ESS.

    Pour rappel, si la Cress a des « missions régaliennes » à l’instar de la Chambre de commerce et d’industrie, elle n’est pas reconnue comme une chambre consulaire à l’inverse de cette dernière. « Je soutiens totalement son positionnement. On représente la totalité des entreprises de l’ESS, pour autant on ne bénéficie pas des moyens des chambres de commerce », martèle-t-elle.

  • Des policiers dans l’hôpital à Marseille pour recueillir les plaintes

    Des policiers dans l’hôpital à Marseille pour recueillir les plaintes

    Des plaintes prises directement sur site… L’AP-HM et la police nationale ont signé ce vendredi 19 décembre une convention de partenariat. De quoi finaliser la présence, début janvier, d’effectifs de police pour assurer le dépôt des plaintes des agents éventuellement agressés au travail mais aussi des femmes victimes de violences conjugales accueillies au sein de la Maison des femmes Marseille Provence, avec une permanence assurée une fois par semaine.

    Le résultat d’un processus démarré sous l’égide de l’ex-préfète de police, Frédérique Camilleri, raconte Wanda Wrona, directrice de la sécurité de l’AP-HM et ex-commissaire de police. Avec près d’un million de personnes accueillies chaque année « la violence à l’hôpital fait partie du quotidien », témoigne-t-elle, « l’idée était de simplifier les démarches ». Une centaine d’agents sont victimes de violences physiques par an, 500 de violences psychologiques avec par exemple des insultes, précise François Crémieux, directeur général de l’AP-HM.

    Le début de la réparation

    Une situation « inacceptable et qui prend de l’ampleur » à laquelle il fallait réagir, avec de la formation pour désamorcer les crises, des aménagements dans les salles d’attente aussi, le tout financé par l’Agence régionale de santé à hauteur de « plusieurs millions d’euros », et une meilleure prise en charge de l’équipe, résume-t-il.

    Avec plus de 400 nouvelles femmes qui se sont présentées entre janvier et septembre à la Maison des femmes, une permanence, à l’image de celle installée à Saint-Denis, était aussi nécessaire pour convaincre celles qui « par crainte, par manque d’accompagnement », n’ont pas poussé la porte d’un commissariat, estime Wanda Wrona. Et ce malgré l’intervention du bureau d’aide aux victimes, de la permanence avocats. « La plus grosse des difficultés, c’est aussi la confrontation, il faudrait voir comment les protéger » ajoute le Pr Florence Bretelle, cheffe de service de la Maison et responsable du service obstétrique de la Conception.

    Le dépôt de plainte est « très important, c’est le début d’une réparation morale pour la victime », ajoute Christophe Allain, directeur zonal de la police nationale. Il insiste sur le recours aux réservistes pour assurer ce dispositif. « Une force supplétive » qui devrait passer de 2 500 sur la zone aujourd’hui à 8 000 en 2030, constituée de policiers à la retraite mais aussi de citoyens volontaires complète Cédric Esson, directeur interdépartemental de la police nationale des Bouches-du-Rhône.

    Côté justice, Sylvie Odier, procureure de la République adjointe, a assuré d’une réponse pénale « ferme et systématique », se félicitant de cette prise en charge « pluridisciplinaire » de la victime.

  • Les infractions à l’urbanisme et la limite des poursuites à Marseille

    Les infractions à l’urbanisme et la limite des poursuites à Marseille

    Quoi de mieux pour échapper aux poursuites que de mettre à néant la procédure. Ce fut le cas lundi devant la chambre de l’urbanisme. D’entrée, un avocat fait mouche en lançant que l’inspecteur de l’urbanisme de la Ville de Marseille a pénétré au domicile de son client et pris des photos depuis sa terrasse. « L’inspecteur de l’urbanisme n’a effectivement pas relevé votre consentement écrit pour pénétrer dans votre propriété. Il ne fait même pas état de l’accord oral donné. Le procès-verbal de constat des infractions du 14 septembre 2020 est donc nul. C’est la seule pièce du dossier. Vous êtes relaxé de toutes les infractions », doit admettre la présidente face au prévenu qui fond de bonheur.

    Venue personnellement défendre à la barre ses dossiers, la directrice de l’urbanisme de la Ville de Marseille s’incline et s’entend rappeler du tribunal que depuis la loi Elan de novembre 2018, l’article L480-17 du code de l’urbanisme stipule que « les domiciles et les locaux comportant des parties à usage d’habitation ne peuvent être visités qu’entre 6h et 21h, avec l’assentiment de l’occupant ou, à défaut, en présence d’un officier de police judiciaire (…). Cet assentiment doit faire l’objet d’une déclaration écrite de la main de l’intéressé. » Une petite note de service ?

    Un cabanon à l’Estaque

    Dossier suivant. « Je m’étais déplacé au service de l’urbanisme. On m’avait dit oralement que pour moins de 5 m², je n’avais pas besoin de déclaration préalable », explique avec une apparente bonne foi le propriétaire d’un cabanon à l’Estaque (16e). Mais l’extension de 4,95 m² réalisée début 2015 sur son cabanon de 13 m² en rez-de-jardin viole le PLUi. 4 ans plus tard, un inspecteur de l’urbanisme vient dresser un PV d’infraction. Le propriétaire tente en vain de régulariser. Le parquet débordé propose un classement sous condition mais le prévenu refuse l’amende-cadeau de 5 000 euros, arguant qu’il a saisi le tribunal administratif. Ce dernier tranche 4 ans plus tard en donnant raison à la Ville : c’est une construction nouvelle détachable du cabanon faute de porte. « Si chacun se dit que pour moins de 5 m², on peut ne pas respecter le PLUi alors plus aucune norme n’est respectée. La règle est là pour tout le monde et pour préserver notre environnement », sermonne la présidente. La directrice de l’urbanisme réclame la démolition de l’extension, « cet avantage que n’auraient pu obtenir ceux qui respectent la règle ». La plus-value de ce bien résulte aussi de l’infraction : le cabanon acheté 195 000 euros en 2011 est à vendre aujourd’hui 365 000 euros. Le tribunal a écarté la démolition, considérant la bonne foi du prévenu qui ressort de sa prise de contact initiale avec le service de l’urbanisme. C’est donc une amende de 10 000 euros calculée sur le prix au mètre carré dans le quartier.

  • Une médiathèque faite avec et pour les habitants rue Loubon

    Une médiathèque faite avec et pour les habitants rue Loubon

    « Ça sera notre prochain refuge ». Avant même de visiter les travaux qui transforment l’ancienne usine de farine du 32 rue Loubon en médiathèque, Wassila en est certaine : ça va lui plaire. La jeune mère, ambassadrice du livre de l’association Peuple et Culture, est venue avec ses collègues découvrir, vendredi dernier, l’évolution des travaux. Un projet qu’elles suivent depuis un an, afin d’apporter leurs idées et leurs besoins.

    Des habitantes du 3e arrondissement et membres de l’association Mot à mot les accompagnent pour visiter le lieu. Les fils qui pendent, les échafaudages et les isolants qui traînent ne semblent pas les empêcher de se projeter. « On s’y voit parfaitement », s’exclame Wassila. En découvrant le puits de lumière et les charpentes apparentes du lieu, Mounira lâche un petit « c’est trop beau ».

    Un peu plus loin, elles pénètrent dans l’espace prévu pour la cuisine et le restaurant, séparé par une baie vitrée de la zone prévue pour la jeunesse. « C’est ce qu’on voulait : un café pour se retrouver où on voit nos enfants », s’enthousiasme Fatiha, mère de 5 enfants, qui suit le projet avec l’association Peuple et Culture depuis un an.

    Puis direction l’étage pour voir les volumes qui deviendront des salles de danse, de lecture, d’éveil sensoriel pour les bébés. Le moment décidé par la directrice de la médiathèque, Coline Meirieu, pour annoncer qu’il y aura des tables de ping pong en extérieur. Ce qui fait germer des idées. « Pourquoi on ne ferait pas des tables pour les échecs aussi ? », propose Fatiha, provoquant l’engouement des participantes. Une idée à laquelle n’avait pas pensé la directrice.

    La parole des habitants

    « On voit qu’il y a eu la parole des habitants qui a été écoutée, applaudit Mounira. Je n’ai jamais vu un projet de bibliothèque aussi varié. ça va vraiment faire vivre le quartier ! ». Elle regrette cependant qu’il n’y ait pas eu plus de communication en amont autour de la concertation, car elle aurait souhaité y participer. Mais c’est enthousiastes que toutes ressortent de la visite. « C’est bien, parce qu’il manquait d’un lieu comme ça dans le secteur. Parce qu’Alcazar, c’est quand même un peu loin », confie Nesrine, habitante du 3e arrondissement.

    Une nouvelle concertation avec les habitants et les associations est prévue le mardi 27 janvier au centre social de la Belle de Mai à 14h pour réfléchir au fonctionnement de l’établissement.

  • Un service militaire mais pour quoi faire ?

    Un service militaire mais pour quoi faire ?

    « Elle aura bien de la peine pour élever les enfants. Elle aura bien de la peine car je m’en vais pour longtemps. » Ces paroles de la Blanche Hermine, un chant militaire un brin archaïque, sont chantées en chœur ce vendredi 5 décembre par les recrues militaires, hommes comme femmes, du Centre de préparation opérationnelle du combattant de l’armée de l’air sur la base aérienne 115 d’Orange, tout en marchant au pas sur la place d’armes du quartier Geille. Pendant qu’un autre groupe de soldats en formation, équipés de protections de la tête aux pieds, se tapent dessus à l’aide de matraques et de boucliers en mousse, mais aussi avec des mitraillettes factices peintes en rouge, le lieutenant Yann explique que « c’est ce que vont également faire les jeunes du service national pendant les quatre premières semaines ».

    La base aérienne du nord de Vaucluse a été choisie pour accueillir la moitié des 600 premiers volontaires du service national dans l’armée de l’air et de l’espace. Ainsi, dès septembre 2026, 100 jeunes volontaires « avec ou sans bac » seront accueillis en Cité des Princes pour une durée de 10 mois. Puis 100 en octobre et 100 en novembre. Les 300 autres iront à la base aérienne 105 d’Évreux. Avec pour objectif d’avoir 2 000 jeunes en service national en 2030 dans l’armée de l’air, à travers cinq bases aériennes du pays.

    Chacun d’entre eux aura donc une formation générale d’un mois pendant laquelle « ils vont apprendre les fondamentaux », assure le lieutenant Yann. Avec donc du « combat rapproché » pour avoir les « bons réflexes du combattant », avec les exercices présentés précédemment. Mais aussi le maniement des armes, notamment des fusils d’assaut. Et ce, en premier lieu à l’aide de simulateurs présentés quelques instants plus tard. Par groupe d’une dizaine de recrues, on enchaîne préparation de son arme, tir debout, un ou deux genoux à terre et allongé en visant un écran où apparaissent des cibles de forme humaine au milieu d’un terrain désertique. L’instructeur conseille de viser « au niveau du torse » tout en analysant les « courbes de tir » et en donnant des conseils aux apprenants. Et finalement d’apprendre à « marcher au pas et à porter l’uniforme ».

    Trois types d’emplois

    Ce vendredi se tenait donc une journée de présentation plus approfondie du dispositif. « On est prêts et on a besoin d’eux », lance micro en main la générale Valérie Godin, aussi directrice des ressources humaines de l’armée de l’air et de l’espace. La haute gradée a donné plus de détails après l’annonce de fin novembre dernier du président de la République. Elle précise que trois « types d’emplois » peuvent être exécutés par les futurs volontaires. Tout d’abord dans « l’engagement opérationnel au profit de la protection des bases », c’est-à-dire en patrouilles type Sentinelle dans les lieux publics. Ensuite des postes « en escadron », comme par exemple à la maintenance, à la logistique ou même en cuisine selon l’appétence de chacun. Et finalement des emplois « plus expertisés » destinés aux volontaires plus âgés, avec des formations « type licence ou master » dans des domaines très diversifiés tels que les ressources humaines, l’ingénierie, la cybernétique ou même l’aérospatial. Avec une rémunération située pour la plupart du temps entre 800 et 1 000 euros.

    Une flopée de possibilités que l’armée a souhaité illustrer au sein de la base aérienne en disposant dans un hangar cinq métiers différents ouverts aux volontaires à Orange. Par exemple armurier, « un boulot exigeant car on gère un gros panel d’armes », précise l’aviateur Corentin tout en maniant un fusil Famas. Ou encore assistant du moniteur de sport de la base ou assistant chenil. Mais aussi la gestion de la planification des vols de la base « afin de faciliter la vie des pilotes », assure le caporal-chef Nathan, posté devant un avion de chasse Rafale.

    Une réponse au contexte géopolitique

    Un service national qui, d’après la générale Valérie Dodin, a pour but de renforcer « la cohésion nationale » et « apporter sa pierre à quelque chose de plus grand ». Mais si le ministère des Armées évoque sur son site « un nouveau dispositif qui vise à renforcer la résilience du pays, à consolider le lien armées-nation et à adapter notre modèle de défense aux menaces de demain », ou encore le site du gouvernement qui précise que la mise en place répond à une « dégradation du contexte international » en citant la guerre en Ukraine ou encore le désengagement américain, le contexte géopolitique actuel a soigneusement été évité tout au long de la journée par le corps militaire. « Pas le sujet du jour », nous assène-t-on. Mais sans doute celui de demain.

  • Aix-Luynes : le quartier des radicalisés n’a jamais fait le plein

    Aix-Luynes : le quartier des radicalisés n’a jamais fait le plein

    Reflet de la suroccupation carcérale, le contentieux de la détention est important au tribunal administratif de Marseille qui statue régulièrement sur les refus de permis de visite, de transfèrement, de permis de sortie ou de parloir, de contestation de fouilles à nu répétées, de placement en quartier disciplinaire ou pour l’anecdote de refus de location de téléviseur à un détenu.

    Le tribunal vient de trancher -trois ans après son dépôt- sur la requête portée par un détenu radicalisé qui conteste le renouvellement pour 6 mois de son placement au quartier de prise en charge de la radicalisation (QPR) du centre de détention d’Aix-Luynes. Ce QPR étanche de 19 places, conçu dans une aile séparée de la détention ordinaire, a été ouvert en 2019. Il accueille après leur évaluation, des détenus majeurs radicalisés pouvant se désengager de leur idéologie après une prise en charge adaptée. Les plus dangereux, les plus prosélytes partent en quartier d’isolement pour prévenir les passages à l’acte violent.

    L’homme dont on ne sait ni l’identité ni l’âge a vu sa requête rejetée. Il est incarcéré depuis 2021, d’abord en quartier d’évaluation de la radicalisation (QER) dans le Val-d’Oise puis a été affecté en 2023 au QPR d’Aix-Luynes. Le jugement rappelle qu’il a été condamné à 15 ans de réclusion pour meurtre précédé d’un autre crime et un an pour dégradation d’un bien. Il a en outre menacé depuis de mort et d’agression le personnel pénitentiaire de Bourg-en-Bresse et par écrit la directrice interrégionale des services pénitentiaires de Lyon.

    Le jugement souligne que lors de son évaluation, il a tenu « des propos inquiétants sur l’État islamique », légitimant le recours à la violence et les attentats perpétrés en France, évoquant sans complexe du djihad. « Son positionnement idéologique oscille entre le salafisme quiétiste et politique. » S’il donne « la sensation d’être une personne ingénue et crédule », le rapport d’évaluation retient sa « pratique religieuse intensifiée », sa volonté de convertir ses parents, sa barbe « plus longue et taillée ». Il fait preuve d’un repli sur soi et refuse les entretiens proposés.

    « Ce QPR n’a jamais été occupé entièrement. Il y a 10 détenus en ce moment pour 19 places et on tourne en moyenne autour de la douzaine. Par définition, on ne peut pas y transférer des détenus ordinaires alors que le taux d’occupation au CP de Luynes est de 172% », explique Olivier Caquineau, secrétaire départemental du Snepap-FSU. Le QPR dispose de deux cours de promenades avec vue limitée vers le ciel, deux petites salles de sport et une bibliothèque. Un « médiateur du fait religieux » y intervient ainsi que deux mi-temps de conseiller d’insertion et de probation alors qu’en détention ordinaire, c’est 1 CPIP pour 130 détenus. « Depuis la fin du mois de mai 2024, les détenus boycottent les activités et le suivi du Spip. Ils expriment leur mécontentement en raison de l’évolution des règles de sécurité qui, si elles sont plus individualisées, leur donnent un sentiment d’injustice. En outre, ils estiment que leurs efforts pour évoluer sont mal récompensés », notait en juin 2024 un rapport du Contrôleur général des lieux de privation de liberté.

    Cette situation de sous-occupation interroge l’administration pénitentiaire qui envisage de réduire la capacité du QPR alors qu’un Quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) de 30 places doit voir le jour au premier trimestre 2026.

  • Le Crédit municipal, une banque pour les travailleurs pauvres

    Le Crédit municipal, une banque pour les travailleurs pauvres

    Un chauffe-eau qui pète, une voiture qui lâche… Le Crédit municipal vient en aide aux « travailleurs pauvres », ceux qui n’ont pas accès au prêt bancaire, insiste son directeur, Benoît de Rosamel, 30 ans de carrière dans la banque, en poste depuis un an. Fier d’être à la tête de cette « très vieille dame qui a eu 350 ans il y a deux ans » et issue des Monts-de-piété dans l’Italie du Moyen Âge, il tient à en rappeler le fonctionnement « car son rôle s’est perdu, les gens ne savent plus que cela existe ou se disent que ce n’est pas pour eux », or « ce n’est pas plus humiliant qu’un crédit à la consommation ».

    Cet établissement bancaire de plein exercice, « satellite de la Ville », souligne Benoît de Rosamel, dont une part du résultat -environ 850 000 euros l’an dernier- est reversé au Centre communal d’action sociale (CCAS), se concentre sur deux activités : le prêt sur gage pour lequel les Crédits municipaux ont le monopole et le micro-crédit. « Un bien de valeur, quel qu’il soit, sauf l’immobilier, on l’expertise et on vous prête, dans les 10 minutes, sans conditions de ressources », précise le directeur du Crédit municipal qui ne compte pas moins de 16 000 clients actifs sur une base de 40 000.

    Permettre de « réaliser

    des projets »

    De quoi « permettre à 50 000 personnes à Marseille de vivre mieux ou de réaliser des projets ». Une centaine de personnes par jour ose pour le moment, passer la porte du 37, rue Saint-Bazile (1er). Le micro-crédit permet d’emprunter jusqu’à 8 000 euros sur une durée jusqu’à 84 mois pour un taux d’environ 4% sans frais de dossier, sachant que le contractant peut rembourser à tout moment sans pénalité. « On peut prêter des sommes très petites », témoigne Benoît de Rosamel.

    Cette année, le Crédit municipal renoue également avec sa grande vente aux enchères de prestige, organisée à l’hippodrome Borély le vendredi 5 décembre. Avec des pièces qui sortent de l’ordinaire comme ce lingot d’or ou ces montres et bijoux de luxe. Autre opération exceptionnelle pour Noël, un « dégagement » gratuit. Les clients du Crédit municipal bénéficieront de la restitution gratuite d’objets déposés en gage, jusqu’à 50 euros et pourront durant tous le mois de décembre récupérer leurs biens sans avoir à rembourser ni le capital emprunté, ni les intérêts, précise Christelle Gerlier, directrice générale déléguée.

  • Une soirée pour financer les IVG hors délais

    Une soirée pour financer les IVG hors délais

    Passé trois mois et demi de grossesse, les Françaises sont obligées d’avorter à l’étranger. Des déplacements qui entraînent des coûts de transport et d’hébergement que toutes les femmes ne peuvent pas se permettre.

    C’est pour aider ces femmes, que le Planning familial 13 organise une journée de soutien pour les avortements hors délais, ce samedi de 16h à minuit, à la Dar. La journée débutera avec la projection d’un documentaire puis de spots de prévention, avant un échange avec des bénévoles. Un goûter à prix libre et un stand de prévention seront également mis en place. à partir de 20h et jusqu’à minuit, des DJ sets sont prévus. Tous les revenus de cette journée seront reversés à la caisse de solidarité IVG du Planning familial 13.

    En France, les interruptions volontaires de grossesses sont limitées à 16 semaines d’aménorrhée, c’est-à-dire sans règles. Pour les femmes ayant dépassé ce délai, pour diverses raisons, il faut donc se rendre en Espagne ou aux Pays-Bas, où les délais sont plus longs, respectivement 22 et 24 semaines. Pour les Marseillaises, l’Espagne est l’option privilégiée car plus proche, mais les frais peuvent aller de 700 à 2 200 euros.

    « Nous recevons au planning beaucoup de femmes qui n’ont pas les moyens de s’offrir cela entièrement. Nous les aidons à réunir cette somme grâce à cette caisse de solidarité », explique Laurence Buffet, directrice du Planning familial. Depuis 2025, deux personnes ont déjà sollicité cette caisse, dans les Bouches-du-Rhône.

  • Le vivant, réponse aux enjeux futurs

    Le vivant, réponse aux enjeux futurs

    « Les solutions sont indiquées par la nature, elle est notre porte de sortie. » Devant l’amphithéâtre presque plein du Pharo, Patricia Ricard, présidente de l’institut d’océanographie Paul Ricard, insiste sur la source d’inspiration que représente la biodiversité. La 9e édition de Biomim’expo en est bien la preuve. Ce mardi, ingénieurs, entreprises, inventeurs et badauds se sont retrouvés dans l’enceinte historique du Pharo, à Marseille, pour échanger sur les réponses que la nature peut apporter aux problématiques futures.

    Organisé depuis 2018 à Paris, c’est la première fois que l’évènement pose ses valises dans la cité phocéenne. Avec 160 exposants et environ 1 200 visiteurs, cette réunion de professionnels et de curieux permet de mettre à l’honneur le biomimétisme. « Cela veut dire que l’on s’inspire de structures ou de conceptions qui existent dans la nature pour nos innovations », explique Aurore Torrigiani, exposante. Et les applications sont multiples pour lutter contre le réchauffement climatique, réduire les besoins énergétiques ou limiter les déchets.

    Revitaliser les ports

    Pour remettre de la biodiversité dans les ports, rien de mieux que de s’en inspirer. C’est en tout cas la certitude d’Aurore Torrigiani et Olivier Meynard qui ont fondé, à Marseille, Sea Blocks. En s’inspirant de la forme naturelle des récifs, les deux marseillais ont imaginés des blocks de bétons, renforcés par de la fibre de moule et des coquilles saint-jacques pour installer des récifs artificiels dans les ports et y faire revenir faune et flore.

    « On a voulu se servir de la force de la nature, explique la co-fondatrice. Ces blocs, fabriqués lors d’ateliers RSE d’entreprises qui financent donc leur fabrication, devront être mis au sein de ports pour les revitaliser. On ne peut pas se passer ces ports, donc on veut les rendre de nouveau vivant. » Les deux co-fondateurs espèrent installer leurs premiers blocs début 2026 à l’Estaque.

    Des textiles innovants

    La nature offre aussi des réponses aux nouveaux défis que connaît la mode, qui tente d’être plus éco responsable, en utilisant de nouvelles fibres ou de nouvelles structures. C’est ce qu’a voulu montrer Audrey Prat, présidente de Biom’inspi, dans un défilé de mode bio inspirée, présentée ce mardi lors de l’exposition. « Que la nature soit notre directrice artistique », s’enthousiasme-t-elle.

    Les spectateurs ont pu découvrir des vêtements réalisés avec des fils de papiers, des fibres d’algues ou un textile inspiré de la structure des poils de fourmis argentées du désert qui lui permet de résister aux grosses chaleurs. De nouveaux matériaux encore au stade de prototype. Ce défilé « permet de montrer que l’on peut dresser de nouvelles routes », félicite Alain Renaudin, fondateur de la Biomim’expo.

    Mieux naviguer

    grâce à l’os de seiche

    Les solutions que la nature offre peuvent également s’appliquer dans des domaines plus insoupçonnés, à l’image du sport nautique. Pour le Marseillais Marc Amerigo, co-fondateur de Zephir project, la nature peut offrir des moyens pour conjuguer décarbonation du matériel et performance. L’ambition est de rendre le monde de la voile le plus efficace possible, « en termes de décarbonation du matériel, mais aussi de vitesse », explique le co-fondateur.

    Pour cela, la nature semble regorger de solutions. « L’os de seiche, par exemple, a une architecture particulière qui permet une bonne flottaison. On va donc intégrer certains calculs de sa structure pour nos planches. Et puis on utilise aussi les innovations qui sont présentées ici. C’est pour cela que ces rencontres sont importantes », développe Marc Amerigo.

    Et les applications sont encore infinies. « Car la planète, c’est 3,5 milliards d’années de développement, donc on a de quoi s’inspirer », sourit Thibaut Fournel, exposant.

  • Un référé pour la carrière antique de la Corderie

    Un référé pour la carrière antique de la Corderie

    Louis Alesandrini, président de l’association ART 13, a plaidé, lundi, en l’absence de son avocat pour demander au tribunal administratif l’arrêt en urgence des travaux en cours de requalification du jardin municipal Saint-Nicolas, présumant leur impact sur la conservation des vestiges antiques réensevelis au printemps.

    « Les travaux d’aménagement du jardin vont rajouter de l’eau qui va descendre par percolation et dégrader les vestiges. L’exhaussement de 4 m de terre n’était déjà pas autorisé au PLUi. Le mur de l’immeuble de la résidence des Loges fait barrage à l’eau et ils ont rajouté en avril une bâche en plastique », a-t-il expliqué tout en pointant la caducité du permis initial. « La ville s’était engagée à valoriser ce site historique, mais sa visibilité est réduite à un bloc abrité sous quelques bouts de bois posé à la va-vite. On est loin de la promesse d’une ombrière de 160m2. Le plus vieux monument de Marseille est en train de pourrir car ils étaient tous pressés de l’enfouir. »

    Des cadres municipaux sont venus réfuter cette analyse. « Aucun élément n’est produit sur un éventuel risque qu’aurait ce projet sur la conservation du monument, a dit une directrice de l’urbanisme. La commune produit des avis favorables de la Métropole sur la gestion des eaux pluviales. Tout a été pensé avec les Affaires culturelles (DRAC) et l’Architecte des bâtiments de France pour conserver et valoriser ce site. » De son côté, le directeur de la construction a souligné que « l’impluvium [système de captage des eaux de pluie] est total sur le jardin public. On ne rejette pas d’eau de pluie. La terre absorbe, le sol fait son œuvre. C’est un jardin fermé depuis trop longtemps. C’est sa vocation de service public d’y accueillir les enfants et leurs parents ». Délibéré mercredi.