Dans la famille Fleury, le nom de Damien, ancien international français de renom, est bien connu du monde du hockey. Mais depuis mai dernier, c’est sa petite sœur, Laura, qui attire les regards. Elle a relevé le défi de prendre les rênes des Rapaces de Gap en devenant manager générale.
Originaire de Caen, dans le Calvados, elle est ainsi devenue la première femme à occuper cette fonction en Ligue Magnus, l’élite du hockey sur glace français. Cette responsabilité s’accompagne nécessairement d’une certaine pression, « mais elle est davantage liée au rôle de manager et à ma volonté de bien faire qu’au fait d’être une femme », souligne Laura Fleury. Une situation qu’elle a déjà connue lorsqu’elle était directrice des ressources humaines du circuit Paul-Ricard, au Castellet. Elle n’a pourtant jamais eu le sentiment que son genre constituait un obstacle dans son parcours professionnel. « Je suis peut-être une femme bulldozer qui avance sans se soucier de ceux qui ne veulent pas suivre, ou peut-être ai-je simplement toujours été respectée. C’est ce que je préfère croire », poursuit-elle.
Depuis sa plus tendre enfance, Laura Fleury a grandi au rythme du hockey, arpentant les vestiaires et suivant de près les exploits de son grand frère, dont la passion est née dès l’âge de deux ans, à l’occasion des Jeux olympiques d’hiver. « Je n’ai pas eu le choix que de suivre les traces de Damien », sourit-elle. Laura a ainsi traversé la France entière, avant de le suivre en Suède durant ses quatre premières saisons à l’étranger, afin de rester au plus près de sa carrière. Damien a ensuite poursuivi son parcours en Allemagne, en Finlande, puis jusqu’en Chine.
Malgré leur relation fusionnelle, elle a choisi de prendre ses distances avec le hockey. Une parenthèse de courte durée, puisque son fils a décidé de perpétuer l’histoire familiale. Et six mois plus tard seulement, elle avait accepté le poste de présidente du Marseille Hockey Club Amateur (MHCA), structure reliée aux Spartiates. « Le hockey fait partie intégrante de ma personnalité. Je ne suis pas simplement fan de ce sport, il fait partie de moi. C’est donc tout naturellement que je m’y investis avec plaisir et que je souhaite contribuer à son développement, car il reste encore beaucoup à faire », estime celle qui n’avait jamais eu l’occasion de monter sur la glace avant la saison passée. « Mes parents n’ont pas souhaité que je pratique le hockey, car ce sport demande beaucoup de temps et d’investissement financier, entre les déplacements, les équipements et les licences », détaille-t-elle avec compréhension.
Après près de trois ans passés à la tête du club amateur de Marseille, installé au Palais omnisports, Laura Fleury a décidé de passer le relais à Jessye Austen, son binôme durant deux saisons, pour se consacrer pleinement à ses fonctions de manager générale des Rapaces de Gap. « Cette structure, c’est un peu mon bébé », confie-t-elle, en révélant par ailleurs que l’association était au bord de la cessation de paiements quand elle en a repris la présidence. « Gérer un club, ce n’est pas seulement prendre la lumière en tant que présidente. C’est mettre les mains dans le cambouis au quotidien. C’est extrêmement fatigant », raconte l’ancienne bénévole.
Elle reste toutefois reconnaissante de ce que le hockey lui a apporté dans sa vie. « Ce sport véhicule des valeurs de respect, de fair-play et d’exigence. Ça demande aussi un fort investissement des familles, entre les déplacements et les week-ends de compétition. Tout cela crée une vraie proximité entre les parents, mais aussi des liens très forts entre les enfants, qui partagent ensemble des moments intenses », explique la maman de Sandro, toujours licencié au MHCA. Ils ne portent désormais plus le même maillot, mais partagent toujours la même passion.
Rebondir dans les Hautes-Alpes
Après une défaite frustrante au Pomge, contre Amiens (2-3), les Spartiates sont en déplacement, ce vendredi (20h), sur la glace de Gap. Les Marseillais affrontent les Rapaces, seulement 10e après 13 journées de Ligue Magnus. Face à la pire défense du championnat, Marseille a l’opportunité de retrouver le goût de la victoire et de rester collé aux basques du duo de mastodontes : Grenoble et Rouen.
Cette rencontre est la dernière avant une trêve internationale de 15 jours, où Enzo Cantagallo et Kevin Spinozzi ont été invités à la Coupe des Nations, avec les Bleus. Les Spartiates retrouveront Grenoble, le vendredi 13 novembre.
P.G.

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