Tag: Didier Jau

  • À Marseille, les AESH mobilisés pour obtenir un statut

    À Marseille, les AESH mobilisés pour obtenir un statut

    « Un vrai statut, un vrai salaire, une reconnaissance, sortir de la galère », scandent plusieurs dizaines d’accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) – très majoritairement des femmes – devant la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale des Bouches-du-Rhône (DSDEN 13), ce mardi 9 juin. Réunies à l’appel des syndicats FSU-SNUipp 13, Snes-FSU Aix-Marseille, CGT Educ’action 13 et Sud Éducation 13, elles participent à un mouvement de grève national destiné à faire entendre les revendications d’une profession qui réclame avant tout une reconnaissance institutionnelle.

    En France, les AESH sont près de 140 000, dont 17 000 dans les Bouches-du-Rhône. Au cœur de leur mobilisation : l’obtention d’un véritable statut. « On se bat pour être reconnu comme un corps de métier de l’Éducation nationale. Reconnaître notre métier, c’est aussi reconnaître la loi de 2005 sur l’égalité des chances pour tous », affirme Laurence Casandri, représentante académique des AESH au sein de la CGT Éduc’Action. Pour les organisations syndicales, cette reconnaissance passe notamment par l’intégration de cette profession dans la fonction publique de catégorie B. « Obtenir un vrai statut leur permettrait ensuite une progression de carrière, ce qu’ils n’ont pas actuellement », explique Franck Neff, secrétaire départemental du syndicat FO 13.

    Un métier précaire

    Au-delà du statut, la question salariale cristallise la colère. « Entre un début de carrière et une fin de carrière, il y a 111 euros de gain », souligne Didier Jau, maire (EELV) des 4e et 5e arrondissements de Marseille. France Masselot, AESH au collège des Caillols, accompagne aujourd’hui 14 enfants. Elle décrit un quotidien marqué par la précarité : « On n’est pas considéré et on n’a pas d’avantages : pas de cartes tarif réduit, pas de tickets-restaurants, pas de vacances », déplore-t-elle, « sans oublier que 90% des AESH sont des femmes, souvent des mères seules, et que les trois quarts des contrats sont à 62% ». Selon elle, ce temps partiel n’est pas choisi mais « imposé », avec des conséquences directes sur le niveau de vie. Franck Neff pointe lui aussi la faiblesse des rémunérations : « C’est une aberration de voir du personnel de l’Éducation avec un salaire aussi bas. » Le salaire moyen est inférieur à 1 000 euros nets par mois, indique-t-il.

    Les manifestants alertent également sur le manque de moyens humains et sur une dégradation continue de leur environnement de travail. « Les conditions se détériorent d’année en année et on voit qu’il y a de plus en plus de licenciements pour inaptitude physique, précise Laurence Casandri, à la suite de burn-out par exemple. »

    Des mesures insuffisantes

    Cette mobilisation intervient alors que l’État a annoncé la mise en place progressive des Pôles d’appui à la scolarité (PAS), pour remplacer les Pôles inclusifs d’accompagnement localisé (Pial). Une évolution qui ne convainc pas les manifestants. « Avec ce système, ils veulent titulariser 10 à 20% d’AESH seulement. Ce n’est pas normal de trier », estime Zahra. « On fait toutes le même métier », renchérit Florence. Pour les syndicats mobilisés, les mesures actuellement envisagées relèvent davantage d’ajustements marginaux que d’une véritable réponse aux attentes de la profession. Une audience intersyndicale s’est tenue ce mardi à la DSDEN 13 afin de faire remonter les revendications auprès de l’administration.

  • Rue de Tivoli, l’hommage et le sentiment d’abandon

    Rue de Tivoli, l’hommage et le sentiment d’abandon

    L’hommage sans discours est ponctué d’une minute de silence et d’un dépôt de gerbes au pied d’une plaque commémorative, accrochée par le collectif Tivoli-9 avril, où figurent les prénoms des victimes. Huit bougies sont allumées. « On a décidé d’un recueillement intime et de cette plaque pour interpeller parce qu’on se sent oublié et envahi par les tagueurs. On commence à ne plus y croire, chaque victime se sent abandonnée à ses contrats privés en l’absence d’un accord-cadre », explique Johanne Raimbault, membre du collectif.

    Lettres au Préfet

    Le 9 avril 2023. Une explosion au gaz provoque l’effondrement de deux immeubles, faisant huit morts et entraînant l’évacuation d’environ 350 personnes au Camas. Trois ans plus tard, six immeubles toujours inhabités, les murs de la dent creuse couverts de tags et un permis de construire décrépi, traduisent une situation au point mort. Dans la foule, Didier Jau, le maire (EELV) du secteur ne cache pas son « émotion » avec en tête les images de la nuit du 9 avril. Plusieurs adjoints du Printemps marseillais sont présents. Avec eux, le vice-amiral, Lionel Mathieu, du Bataillon des marins pompiers et Céline Lefléfian, la directrice de la police municipale.

    « La Direction interministérielle d’aide aux victimes a envoyé un mauvais message », poursuit Johanne Raimbault. Les deux ministres nommés à l’époque ont été démis sans explication en décembre. Le nouveau préfet ne répond pas. « Je pense qu’ils n’y croient plus… Le dernier Comité local d’aide aux victimes pour monter accord-cadre a eu lieu en mai sans résultat. » Celui de décembre a été annulé. Ce long bras de fer avec les assurances et la disparition de dispositifs d’aide aux victimes alimentent le sentiment d’oubli. « Seul un accord-cadre permettrait une indemnisation groupée et le maire Benoît Payan a de nouveau écrit au Préfet pour demander avec toute la force de la ville qu’il puisse intervenir », reprend Didier Jau.

    L’information judiciaire se poursuit. L’enquête vise à déterminer le mécanisme ayant conduit à l’écoulement du gaz et l’explosion. Elle pourrait être clôturée dans l’année à l’issue d’une contre-expertise toujours en cours. Aucune mise en examen n’a été prononcée.

    « On continue à se battre puisqu’on est renvoyé à notre assurance privée », reprend Johanne Raimbault. « Notre combat maintenant sera aussi de faire évoluer la loi car il y aura d’autres accidents collectifs de ce genre, pour que les prochaines victimes ne subissent pas la double peine qu’on vit. »

  • [Maj] Didier Jau de nouveau élu dans le 3e secteur pour « une ville plus juste »

    [Maj] Didier Jau de nouveau élu dans le 3e secteur pour « une ville plus juste »

    « Aujourd’hui, je peux vous l’affirmer, Marseille restera Marseille. Une ville plus juste, plus verte et plus solidaire. » Tels sont les premiers mots de Didier Jau, sous les applaudissements. L’élu écologiste rappelle combien, « pour les novices qu’ils étaient il y a six ans, rien n’a été simple. Covid, drame de la rue Tivoli… Nous avons été violemment confrontés au réel. » Ce dimanche, la petite mairie est en fête : on se bouscule un peu à l’entrée pour assister à l’événement. Pas de panique : la cour intérieure est ouverte, équipée d’un écran et de sièges, permettant à chacun d’assister à la séance. Sur 32 votants, l’écologiste Didier Jau (Printemps marseillais) obtient 24 voix. Léa Bijaoui (LFI) en recueille 3, auxquels s’ajoutent 4 bulletins blancs et 1 nul. Patricia Rolland (LR), qui remplace Bruno Gilles pour la liste « Marseille je t’aime », étant absente, le nombre de votants est ramené à 32.

    La relève

    Sur les murs de la salle, des plaques rappellent les maires successifs de ce secteur. Elles témoignent notamment des cinq mandats remportés jadis par Bruno Gilles, dont le dernier fut transmis en cours de route à Marine Pustorino. En 2026, seuls deux sièges reviennent désormais aux élus LR. Un autre temps.

    Léa Bijaoui, élue LFI, n’a pas manqué d’intervenir dès ce conseil d’installation, déplorant « le manque de démocratie », malgré « le choix du dialogue » évoqué par l’édile fraîchement élu. Avec 24 sièges pour le Printemps marseillais, le premier point à l’ordre du jour est adopté rapidement : il y aura 9 adjoints d’arrondissements et 3 adjoints de quartier.

    Dans un esprit de renouveau, Lucile, Milo, Louana et Driss, du conseil municipal des enfants, ont revêtu leurs écharpes tricolores. Avec sérieux, ils entourent Didier Jau après la remise de l’écharpe par la présidente de séance. Sous les applaudissements, ils ne cachent pas leur joie d’être associés à ce moment solennel.

    Les adjoints

    Anne Vial, 1ère adjointe ; Jean-Pierre Rolland, 2e adjoint ; Jacqueline Vesperini, 3e adjointe ; Vincent Kornprobst, 4e adjoint ; Michèle Nonotte-Varly, 5e adjointe, Hervé Street, 6e adjoint ; Marie-Luce Massot, 7e adjointe ; Gérard Orregia, 8e adjoint : Enja Boutin, 9e adjointe.

    Les adjoints d’arrondissements chargés de quartiers : Marcel Touati, Coralie Matrat et William Leday.

  • Dans les 15-16, le Printemps marseillais cherche son maire

    Dans les 15-16, le Printemps marseillais cherche son maire

    Le dimanche pascal s’annonce chargé aux quatre coins de Marseille. Deux semaines après le 2d tour des municipales, une semaine après l’élection de Benoît Payan (DVG) à la mairie centrale, les 303 conseillers d’arrondissements des huit mairies de secteur vont à leur tour élire leur maire. Des votes pour la plupart sans surprise, la prime majoritaire de 50% pour la liste en tête, écrasant les oppositions.

    À gauche, parmi les maires sortant de la majorité du Printemps marseillais (PM), Sophie Camard (GRS), 19 sièges sur les 25 des 1er et 7e arrondissements, Anthony Krehmeier (PS), 21 sièges sur les 27 dans les 2-3, Didier Jau (EELV), 24 élus sur les 33 des 4-5, et Olivia Fortin (Mad Mars), 32 élus sur les 42 du conseil d’arrondissements des 6-8, seront reconduits. L’incertitude concerne les 15-16.

    Dans ce secteur, terre d’élection de Sébastien Delogu (LFI), Samia Ghali, tête de liste (DVG) du Printemps marseillais, a largement remporté au second tour (46,07%, 25 sièges) la triangulaire qui l’opposait au candidat d’extrême droite, Thibaut Charpentier (RN, 32,30%, 5 sièges) et à l’insoumise Rabyata Boinaheri (21,62%, 3 sièges).

    Sauf que, comme en 2020 dans un contexte certes différent, Samia Ghali a intégré samedi, l’exécutif municipal : 4e adjointe au maire de Marseille, elle dispose à nouveau du titre spécifique de maire-adjointe et un rutilant portefeuille de délégations devrait suivre. Une situation qui ne l’autorise pas à mener l’exécutif du secteur. Qui prendra sa place, rue de Lyon ? Beaucoup de bruits circulent même si pour l’heure, « Samia Ghali reste la maire », rappelle son entourage.

    Boulainseur, Mze,

    Coppola ou Jibrayel ?

    En 2020, Nadia Boulainseur (DVG) avait relevé le défi avec beaucoup d’à-propos. Six ans plus tard, les choses semblent pourtant moins évidentes. Contactée, celle qui apparaissait en 3e position sur la liste du PM sur le secteur, n’a pas répondu à notre sollicitation. Sur Facebook, un compte à tendance insoumise a même lancé un appel à venir soutenir la « boss lady » devant la mairie, dimanche.

    Derrière elle, les choix ne sont pas légion. Une situation qui rappelle celle des 6-8 en 2020, lorsqu’il s’était agi de trouver un remplaçant à Olivia Fortin qui avait consacré le début de son mandat à la réforme de l’administration municipale. Sur les huit premiers de la liste, trois ont accompagné Samia Ghali dans l’exécutif municipal : Hedi Ramdane, Josette Furace et Hanifa Taguelmint. Restent les communistes Jean-Marc Coppola et Ibrahim Mze, et le socialiste Sébastien Jibrayel.

    Adjoint à la culture de 2020 à 2026, le premier assure se destiner à d’autres ambitions en mairie centrale. Ibrahim Mze, fait, lui, ses premiers pas au conseil municipal. Et Sébastien Jibrayel, ex-adjoint aux sports, ne fait pas l’unanimité au Printemps marseillais depuis sa condamnation pour « violences en réunion » en 2025. Sa présence sur la liste avait d’ailleurs fait des remous. « C’est en interne », observe une membre de la liste, « mais ce n’est pas le plus important. La mairie de secteur est un outil à disposition de la mairie centrale, donc peu importe, ce qui compte c’est que la personne agisse en proximité et dans l’intérêt des habitants du secteur ».

    Dans le VIIe secteur voisin, à la mairie de Saint-Joseph, les choses sont plus claires. Après un mandat avec Stéphane Ravier et sa nièce (RN), puis six années de gestion de droite, la gauche revient aux commandes des 13-14 et aligne enfin le secteur sur la mairie centrale. Une situation qui n’était plus arrivée depuis 1986. Tina Biard-Sansonetti (DVG), dans ce secteur le plus peuplé de la ville disposera de 41 sièges sur les 53 du conseil d’arrondissements.

  • Le Printemps marseillais s’affirme et la droite s’efface

    Le Printemps marseillais s’affirme et la droite s’efface

    1er secteur

    1er et 7e arrondissements

    Quadrangulaire. Avec 43,25%, quatre points de plus qu’en 2020, Sophie Camard, la maire (GRS) sortante, réalise le meilleur score du Printemps marseillais sur la ville et se présente en ballottage favorable dans la quadrangulaire qui s’annonce au second tour. Arrivée en deuxième position, la candidate de l’extrême droite, Clémence Parodi (RN) atteint les 21%, le score réalisé il y a six ans par Sabine Bernasconi (LR). Omniprésent dans les médias, Romain Simmarano (Ren.) ne franchit pas la barre des 14%. Pour éviter cette déroute annoncée, le porte-parole de Martine Vassal (DVD) avait pourtant « fait tapis » en annonçant, vendredi, à 24 heures du 1er tour, un référendum sur le tram des Catalans, projet phare de sa candidate défendu mordicus depuis des mois au grand dam du Printemps marseillais… La liste insoumise de Sébastien Barles (Vaï) recueille 18,62% des suffrages.

    2e secteur

    2e et 3e arrondissements

    Triangulaire. Fief de la gauche et terre d’élection de Benoît Payan en 2020, le 2e secteur a renouvelé sa confiance au maire sortant Anthony Krehmeier (PS). Malgré plus de 60% d’abstention, le Printemps marseillais progresse même de 14 points (39,55%) par rapport à 2020. Dans ces arrondissements qui ont élu successivement Jean-Luc Mélenchon et Manuel Bompard à l’Assemblée, le candidat insoumis Alladine Abdallah Salim obtient 27% des suffrages. Ils se retrouveront en triangulaire avec Marie Bermejo (18,38%), la candidate RN. La droite qui avait 40% des suffrages éparpillés en trois listes en 2020, en récolte rassemblée, six ans plus tard, moins de sept. Solange Biaggi (LR) est créditée de 6,69%.

    3e secteur

    4e et 5e arrondissements

    Quadrangulaire. Didier Jau, le maire (EELV) sortant progresse légèrement (38,93%) par rapport au score réalisé par Michèle Rubirola en 2020 (37,38%). Dans ce secteur qui a profondément basculé à gauche, Bruno Gilles, l’ex-député maire (Hor.) a perdu pied (16,89%) et devance in extremis l’insoumise Léa Bijaoui (16,64%). Le candidat de l’extrême droite, Thomas Battesti (RN) est en embuscade, en 2e position avec 20,18%. En décrochant 7,34% des suffrages, la candidate trotskiste de Révolution permanente est en mesure de fusionner. Aucune décision n’a été prise pour l’heure. Reste une inconnue, les abstentionnistes, sachant que seuls 57% des électeurs se sont rendus aux urnes dimanche.

    4e secteur

    6e et 8e arrondissements

    Triangulaire. Après la victoire de Laurent Lhardit (PS) aux législatives, la gauche confirme son ancrage dans ce fief historique de la gaudinie. Olivia Fortin, la maire (Mad Mars) sortante arrive en tête avec 36,6% des suffrages. C’est douze points de plus qu’en 2020, et 2 300 voix d’avance (32,21%) sur le candidat d’extrême droite Jean-Baptiste Rivoallan (UDR). La triangulaire qui se profile au second tour avec Catherine Pila (LR) la place en ballottage favorable, délestée des candidatures de Victoire Diethelm (LFI), Christine Juste et du représentant d’Erwan Davoux. « Je veux croire que notre projet fraternel, solidaire et écologique puisse remporter la confiance des habitants », glisse la candidate du Printemps marseillais.

    5e secteur

    9e et 10e arrondissements

    Triangulaire. « Historique. » Le Printemps marseillais ne boude pas son plaisir de voir Pierre Huguet (G.s) pointer en seconde position (28,77%) d’un secteur compliqué qui a élu en juillet 2024 un député UDR quasi inconnu. Sans surprise, l’extrême droite arrive largement en tête du 1er tour : Éléonore Bez double son score de 2020 et s’affiche à 44,87%. Orpheline de Lionel Royer-Perreaut (Ren.), la droite dérape avec Laure-Agnès Caradec (LR) en 3e position (16,46%). Pour le Printemps marseillais, les réserves de voix de la candidate de la France insoumise (8,10%) ne suffiront pas mais Pierre Huguet veut y croire : « Il va falloir aller chercher les abstentionnistes [47, 44%, Ndlr] et ceux qui n’ont pas fait le choix du Printemps marseillais au 1er tour mais ne veulent pas du RN. Le seul bulletin qui permet de faire barrage est le nôtre à Marseille comme dans les 9-10. »

    6e secteur

    11e et 12e arrondissements

    Triangulaire. Comme dans les 9-10, le RN était favori sur ce secteur aux mains de la droite. Si le maire (LR) sortant, Sylvain Souvestre, résiste (23,47%), le grand remplacement de la droite est à l’œuvre. En 2020, les listes LR, Horizons, et Renaissance, éparpillées, représentaient 45% des suffrages. Olivier Rioult, transfuge de la droite vassaliste, en totalise désormais 43% sous l’étiquette RN. Il devance de plus de 10 000 voix, le candidat du Printemps marseillais, Yannick Ohanessian (PS). Arrivé second avec 26,67%, il « appelle l’ensemble des électeurs attachés à la République à prendre conscience de l’enjeu », et espère convaincre un électorat très peu mobilisé dans le 11e arrondissement. « Il y a un vrai delta de participation à aller chercher, comme cet électorat centriste qui au 1er tour a fait des choix différents mais n’acceptera jamais de voir le RN gagner une mairie de secteur. Une mobilisation générale doit s’opérer dimanche. »

    7e secteur

    13e et 14e arrondissements

    Quadrangulaire. Sandrine d’Angio, nièce de Stéphane Ravier et ex-maire de secteur, est arrivée en tête dimanche (39,78%). L’équivalent du total de voix réalisé par Tina Biard-Sansonetti, la candidate (PS) du Printemps marseillais (26,42%), et l’insoumis Mohamed Bensaada qui plafonne à 13,10%, juste devant la maire (DVD) sortante, Marion Bareille. « Dans les 13-14, on sait le mal qu’a fait le RN », rappelle Tina Biard-Sansonetti. « Il n’y a pas eu plus de sécurité, ils ont fermé des services publics de proximité et ont divisé notre secteur en excluant des enfants sur leur religion supposée ou la nationalité de leur parent. Je suis convaincue que ce secteur peut se relever, pour cela il faut être unis et j’appelle les habitants à se rassembler derrière ma candidature pour transformer ce secteur. C’est la seule alternative. »

    8e secteur

    15e et 16e arrondissements

    Triangulaire. Dans ce secteur d’élection du député Delogu, où 62% des électeurs n’ont pas voté, Samia Ghali (DVG) s’est imposée avec force (36,96%) et devance les candidats RN, Thibaut Charpentier (29,22%), et LFI, Rabyata Boinaheri (23,8%). On notera qu’avec 5,15%, le candidat (Ren.) Gérard Blanc obtient le plus faible score de la droite sur la ville. Samia Ghali va s’évertuer à convaincre et lance un message à Delogu : « Dans sa circonscription, son score est divisé par quatre. Moi, je le multiplie par deux. Après les municipales, il y aura d’autres élections et dans la vie on est responsable de ses actes, pour aujourd’hui comme pour demain. Moi j’ai toujours été claire face au Front national. Si on est un homme de gauche qui aime le peuple, quand on arrive 4e on se retire. »

  • À Marseille, Didier Jau appelle à continuer le travail engagé

    À Marseille, Didier Jau appelle à continuer le travail engagé

    Est-ce que vous êtes Jauuuuuu ? » Ambiance au théâtre des Chartreux (4e) plein à craquer ce jeudi 12 mars. Avec pour commencer un avertissement. « Les choix que nous allons faire sont essentiels » alerte Anne Vial, adjointe d’arrondissements sortante, déléguée au sport, la santé et à l’égalité des droits. Elle insiste : « L’extrême droite raciste, antisémite, xénophobe, anti-féministe est à nos portes, les ingénieurs du chaos sont à la manœuvre et notre liste porte la résistance. »

    Elle aussi sortante, adjointe au maire de Marseille en charge de la valorisation du patrimoine, Perrine Prigent (PM) enchaîne. « Six ans c’est court et c’est long, ça marche quand la gauche est unie, le deuxième mandat c’est aller plus vite, plus loin », pose-t-elle, estimant que « les 4-5 c’est le reflet de ce que peut être Marseille ».

    Sur scène défilent les colistiers issus de collectif ou encartés au sein de Génération.s, du PCF ou du PS, pour une présentation du programme quartier par quartier avec des zooms de Beausoleil aux Chutes Lavie et son fameux portail de la discorde, en passant par Chave et Baille, sans oublier un détour par le programme pour la jeunesse et l’éducation, parce que « l’avenir ce sont nos enfants », un peu de santé publique au passage, beaucoup de réaménagement de places, d’espaces publics, de modes de mobilités apaisés entre vélos, voitures et trottinettes… De quoi préparer le terrain à « Didier », galvanisé. « Dimanche l’objectif est clair, il s’agit de relever le défi de défendre la Marseille qu’on aime, de diversité, de solidarité, d’entraide, antiraciste, antifasciste », insiste le maire EELV sortant.

    « On ne vous vend pas

    du rêve »

    Plus important pour lui encore, il faut « préserver nos libertés individuelles » quand elles sont mises à mal. Ce qui se passe dans l’Amérique de Trump ne tardera pas à « arriver chez nous » prévient le candidat. Et de remettre sur la table, les valeurs du Printemps marseillais. « On ne vous vend pas du rêve, le chantier a commencé il y a 6 ans, c’est toute une démarche que nous défendons, la reconstruction du lien démocratique qui nous lie à toute la population, c’est fini les réseaux ! », assure-t-il. Il martèle : « Nous avons dit ce que nous allions faire et on a fait ce qu’on a dit. » Parce qu’il reste trois jours jusqu’à dimanche, « y a-t-il encore une place au doute ? », interroge le candidat du Printemps marseillais, insistant lourdement sur l’utilité d’un seul bulletin de « presque » toute la gauche unie. Il assène : « Nous sommes au pied du mur. »

  • À Marseille, Ruffin appelle à ne pas rompre le fil rouge

    À Marseille, Ruffin appelle à ne pas rompre le fil rouge

    Rencontre avec des policiers nationaux et municipaux, entretien avec le prix Albert-Londres, Philippe Pujol, visite d’un atelier de réinsertion à la Belle de Mai, apéro-pétanque dans les 13-14 avec la candidate du Printemps marseillais, porte-à-porte… la journée, dense, s’est achevée par une réunion publique avec le maire des 4-5, Didier Jau (EELV).

    Dans l’après-midi, François Ruffin a visité les ateliers de l’usine Fil Rouge à la Capelette (10e). Pilier du textile écoresponsable, cette entreprise d’insertion de l’ESS est placée en redressement judiciaire. 200 emplois et une production 100% française sont en jeu. « Du made in Marseille », insiste Benoît Payan, à ses côtés. À cinq jours du 1er tour des municipales, le message est politique.

    « Notre pays aujourd’hui ne tient pas par le haut, il ne tient pas par l’Élysée ou l’Assemblée, il tient par le bas : les entreprises, les associations et les élus locaux. Voilà ce qui le fait tenir debout », assène le député, rappelant avoir toujours « cherché à rassembler » la gauche depuis sa première élection en 2017.

    « Un seul bulletin, celui de la gauche rassemblée »

    « Mon rôle est le même aujourd’hui, il n’y a qu’un bulletin qui permet de faire barrage au Rassemblement national ici, c’est le bulletin de Benoît Payan et de la gauche rassemblée », enchaîne Ruffin soulignant malgré les enjeux locaux, la valeur nationale du scrutin marseillais : « On est devant l’entreprise Fil Rouge et je veux que ce fil rouge de l’histoire de Marseille et de l’histoire de la France ne se rompe pas, qu’il se poursuive en un fil républicain, de gauche qui fait des choses pour les gens et pas contre. »

    « Cette ville est à la croisée des chemins », embraye le maire de Marseille. « Je me bats face à des adversaires qui pour l’un, est l’héritier d’un parti fondé par des nostalgiques de Pétain, pour l’autre, c’est Pétain, travail, famille, patrie, et pour un troisième, ne sait pas qui est Pétain… Les Marseillais ne méritent pas ça. » Et d’appeler les « apprentis sorciers » qui « n’ont qu’en tête de préparer la présidentielle » à prendre leurs responsabilités.

    Lui ne fera « pas tambouille politique », le combat contre l’extrême droite « ne se monnaye pas », argue-t-il, fermant encore la porte aux insoumis. « Les Marseillaises et les Marseillais parleront dimanche, et le peuple souverain aura toute sa voix, rien que sa voix. Dès dimanche on doit être rassemblés derrière le Printemps marseillais. On ne s’amuse pas dans un 1er tour, à chaque fois qu’on s’est amusé dans l’histoire, on a pleuré après. La conséquence sera immédiate. Si le Rassemblement national est en tête, nous serons devant le gouffre. »

  • Ruffin à Marseille pour soutenir Benoît Payan

    Ruffin à Marseille pour soutenir Benoît Payan

    Dans la ligne droite des municipales, François Rufin vient afficher son soutien à Benoît Payan, le maire (DVG), candidat à sa succession avec la liste « Pour Marseille » du Printemps marseillais. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, le député et président du mouvement Debout ! avait annoncé sa venue. Il insistait sur la nécessité de lutter contre le narcotrafic et rappelait que la mairie a « comblé les manquements de la République » en doublant les effectifs de la police municipale. Une rencontre avec des policiers municipaux est d’ailleurs au menu de sa visite. « Il doit aussi rencontrer la police nationale et va s’entretenir avec le maire de Marseille », indique Hervé Street, coordinateur départemental de Debout !. Une visite à l’usine Fil rouge, l’entreprise de confection made in France de la Capelette qui emploie une centaine de salariés placée en redressement judiciaire, est prévue aussi.

    La réunion publique aura lieu (20h) au Butcher’s, 49 boulevard d’Arras (4e). Environ 150 personnes sont attendues. « Il y aura du monde », assure Hervé Street. François Ruffin participera à un porte-à-porte rue Albe, à deux pas du siège social de 13 Habitat, et rencontrera Tina Biard-Sansonetti, candidate (PS) du Printemps marseillais dans les 13-14. Sophie Camard, la maire GRS des 1-7, et Didier Jau, le maire (EELV) des 4-5, sont annoncés.

  • Didier Jau veut faire de Vallier « le cœur battant du secteur »

    Didier Jau veut faire de Vallier « le cœur battant du secteur »

    « Ce soir, on est là pour la principale raison de vous parler de Vallier. » Didier Jau, maire sortant (EELV) des 4e et 5e arrondissements de Marseille et candidat à sa réélection, annonce d’entrée la couleur. « Mais la deuxième raison, c’est aussi de présenter les visages de mes colistiers », sourit-il. Une vingtaine d’entre eux l’accompagnent ce mercredi 4 mars pour présenter le projet vitrine de leur liste du Printemps marseillais.

    Un espace à repenser

    Le projet de rénovation des équipements sportifs du complexe Vallier et de requalification complète de ses espaces extérieurs est au cœur du programme. L’enjeu ? « En faire un espace du bien-vivre ensemble, un lieu de vie ouvert sur la ville et pensé en concertation avec les habitants », explique Didier Jau.

    Si le complexe, avec ses terrains de sport, sa piscine, son gymnase, est prisé des habitants des alentours, ses infrastructures sont « vieillissantes » selon Didier Jau, car « elles ont longtemps été délaissées ». Anne Vial, adjointe déléguée au sport, la santé et à l’égalité des droits, précise : « La piscine date de 1958. Il est temps d’en faire un espace rénové, accessible et inclusif. » Le projet s’inscrit dans le cadre du plan « Nager à Marseille » porté par la Ville. L’équipe ne souhaite pour le moment pas communiquer de chiffres sur le budget prévisionnel du projet. Autre enjeu : reconnecter les espaces qui « fonctionnent aujourd’hui comme une juxtaposition », regrette Didier Jau. Retirer les barrières, ouvrir sur les rues alentour… Mais aussi adapter le lieu aux impacts du changement climatique.

    Faire vivre le lieu

    Cela passera par « la désimperméabilisation des sols et la végétalisation des espaces pour en faire un îlot de fraîcheur », continue l’élu écologiste. Une façon d’en faire également « un refuge pour la biodiversité ».

    Gérard Oreggia, colistier de Didier Jau, met quant à lui en avant la dimension culturelle que portera le projet. La rénovation totale de la salle polyvalente doit permettre d’accueillir des événements pour « les temps forts du quartier », mais aussi des activités comme du théâtre. Une buvette associative facilitera « le lien intergénérationnel ». Après avoir misé sur l’aménagement de la place Sébastopol pendant son premier mandat, Didier Jau parie donc maintenant sur un « deuxième cœur battant » pour son secteur.

  • Didier Jau accélère sur le portail des Chutes-Lavie

    Didier Jau accélère sur le portail des Chutes-Lavie

    « Ce portail sera rouvert parce que c’est juste ! ». Devant le portail de la copropriété de la Cité-jardin, rue de la Pépinière dans le 4e arrondissement de Marseille, le maire de secteur sortant, Didier Jau (EELV) hausse le ton. « Ce portail soulève la question de quelle ville voulons-nous ? Une ville qui dresse des barrières entre ses habitants ou ville qui relie ? », dénonce-t-il, alors que le contentieux autour de ce portail qui coupe le quartier en deux s’enlise en conflit judiciaire.

    Pour rappel, depuis plusieurs semaines, un collectif de riverains, représenté par Nathalie Prost, s’oppose aux copropriétaires de ladite cité à l’origine de son installation. Un collectif dont l’action est soutenue par la mairie de secteur qui entreprend des études avec ses services juridiques « obtenir l’ouverture de l’accès ». « Dans le mandat, plus de 80 000 euros ont été investis dans le jardin derrière nous. Un jardin public ! Il ne peut pas être réservé à une poignée d’habitants », martèle Didier Jau.

    Il annonce au passage, qu’en cas de réélection lors du scrutin des municipales puisqu’il brigue sa succession au nom du Printemps Marseillais sur le secteur, que « le centre sportif et de loisirs des Chutes-Lavie sera entièrement rénové, modernisé. Il sera solarisé pour réduire son impact énergétique, il va accueillir un terrain de basket 3 contre 3, on va doubler les places en centre aéré. Il sera un espace libre et accessible ». Autre annonce de taille, Nathalie Prost a officialisé sa présence, à la 4e position, sur la liste de Didier Jau. « Je m’exprime en mon nom, plus au nom du collectif. J’ai vu deux façons d’agir pendant ce combat : certains utilisaient leur pouvoir pour contourner les règles, d’autres s’appuyaient sur le droit pour les faire respecter. J’ai choisi la seconde voie », a-t-elle lancé.