Tag: déchets

  • À Istres, citoyens et élus se dressent contre le projet d’incinérateur

    À Istres, citoyens et élus se dressent contre le projet d’incinérateur

    C’est un projet qui provoque une levée de boucliers. Lundi 13 avril, l’enquête publique sur le projet « Istres Recyclage et Énergie » de Suez, qui envisage de transformer son centre de tri installé à la Grande Groupède en chaufferie CSR, s’est ouverte. Le dossier était jusque-là passé sous les radars, à tel point que le nouveau maire d’Istres Robin Prétot (LR) a admis lors du dernier conseil municipal l’avoir découvert « dans la presse », une méthode qui l’a « un peu choqué ». Les instances administratives ont pourtant été sollicitées depuis plusieurs années, puisque la multinationale a déposé une demande de classement de son site en « installation classée pour l’environnement » dès 2024. Le permis de construire a quant à lui été déposé en mars 2025.

    Les habitants, les associations locales et les élus se sont néanmoins vite emparés de la question. Une semaine après l’ouverture de l’enquête, plus de 460 contributions ont été déposées par les citoyens, qui s’opposent très largement au projet. Et pour cause : si Suez parle d’une « chaufferie CSR », dans son avis, l’Autorité environnementale relève que le projet initial « s’apparente maintenant davantage à un incinérateur ».

    Concrètement, la multinationale envisage d’installer une unité de méthanisation pour traiter 35 000 tonnes de matières organiques chaque année et produire du biométhane et du digestat à destination d’exploitations agricoles du territoire ; mais aussi une unité de valorisation énergétique d’une capacité de 236 000 tonnes de combustibles solides de récupération par an, faits à partir de déchets non recyclables, qui seraient donc traités par incinération. C’est ce dernier point qui pose problème.

    Qualité de l’air et de l’eau

    Jean-Louis Sanial, président de l’association Sauvons nos étangs, réagit : « Nous avons sur le territoire à Fos deux incinérateurs. Celui d’Everé, qui traite les ordures de 18 communes de la Métropole et contre lequel la population s’était battue, en vain. Et celui de Solamat-Merex depuis 1993, qui traite les déchets industriels dangereux pour la santé et l’environnement. L’argument pour nous faire passer la pilule, à chaque fois, c’est que le mistral est dominant et que les fumées partent majoritairement sur la mer. S’il y a un incinérateur à Istres, ça veut dire que les fumées arriveraient sur les populations riveraines et à Fos, avec des conséquences sur la santé. » Un aspect qui inquiète également la section istréenne de La France insoumise, qui rappelle que « la gradation des pathologies comme l’asthme, les cancers ou les diabètes de tous types serait liée à la distance de la zone industrielle » selon les résultats de l’étude Fos-Epseal. Tout comme LFI, Jean-Louis Sanial pointe également « le transport massif de déchets donc des camions supplémentaires sur un réseau déjà saturé. Sur Istres Fos on a déjà 7 000 à 8 000 poids lourds par jour. » Suez prévoirait plus de 7 000 passages par an.

    Robin Prétot affirme : « Réaliser ce genre de projet sans consulter les citoyens en amont est une honte ! Ras le bol qu’Istres soit le déversoir des déchets des autres. Nous ne nous laisserons pas faire. Je m’y engage. » La Ville s’inquiète notamment des conséquences pour la qualité de l’air, des sols et de l’eau, la nappe phréatique de la Crau se trouvant sous le site concerné. Elle plaide pour un meilleur « équilibre territorial » dans l’effort de traitement des déchets métropolitains. Une délibération sera votée mardi 28 avril, lors de la prochaine séance de conseil municipal, pour s’opposer à ce projet.

  • L’association Surfrider a ramassé des kilos de déchets

    L’association Surfrider a ramassé des kilos de déchets

    Quand on aime la nature, plus que quiconque, on tient à la préserver. Surfrider, association fondée en 1990 par des surfeurs amoureux de l’océan, en a fait son credo. Engagée dans la lutte contre la pollution par les déchets (particulièrement plastiques), la préservation des écosystèmes aquatiques, et la gestion des risques côtiers face au changement climatique, elle s’emploie à travers différents moyens d’action (science participative, lobbying, art, éducation, etc.), mais aussi la participation citoyenne.

    Projet Retrace ! : une collecte à but scientifique

    C’est à ce titre que Surfrider a lancé le projet « Retrace ! », qui vise à fédérer des acteurs locaux (associations, structures éducatives, citoyens, etc.) autour de campagnes de ramassage de déchets. Derrière l’objectif de dépollution d’espaces naturels, celui de retracer la provenance des déchets, analysés et catégorisés puis intégrés dans une base de données, les transformant ainsi en informations stratégiques pour comprendre les mécanismes des pollutions et les localiser. Cela, pour pouvoir « alimenter nos plaidoyers politiques et exiger des actions concrètes pour préserver nos océans », soutient l’association.

    Samedi, environ 120 personnes ont ainsi participé à deux collectes organisées au mont Faron (en partenariat avec l’association des Chercheurs en herbe) et à la plage de la Gorguette à Sanary. Des dizaines de kilos de déchets ont été ramassés. Certains (mégots, canettes, bouchons) seront par ailleurs recyclés et revalorisés par des associations partenaires. De nouvelles actions se tiendront bientôt dans le département, notamment le 2 mai à la Seyne et le 30 mai près de l’Eygoutier, dans le quartier de la Rode à Toulon.

  • L’épreuve de vérité de Nîmes Métropole

    L’épreuve de vérité de Nîmes Métropole

    Le 22 mars, Vincent Bouget a fait basculer la ville-centre. Le 14 avril, il peut faire basculer aussi l’agglomération. Ce « troisième tour » se joue au Colisée : 105 élus communautaires, 39 communes, dix-huit nouveaux maires, et un siège de président qui pèse lourd. Sur le papier, la route paraît dégagée : à ce stade, une seule candidature est officiellement déclarée, celle du maire de Nîmes. Mais, dans les couloirs, chacun vient avec ses priorités, ses craintes et ses lignes rouges.

    La force de Bouget, c’est son bloc nîmois : 37 voix (sur les 52 sièges de Nîmes) issues de sa majorité municipale. Pour atteindre la majorité absolue à l’agglo, il lui faut 53 voix : seize à aller chercher hors de Nîmes. Le travail a commencé, à la méthode : réunion collective, puis rendez-vous individuels à l’hôtel de ville avec les maires. Objectif affiché par son entourage : bâtir un fonctionnement « sans logique partisane », où la ville-centre ne dicte pas, mais entraîne.

    Le principal pivot, ce sont les communes regroupées autour d’Intérêt et esprit communautaire (IEC), groupe élargi et recomposé après les municipales. Selon les derniers comptages, 26 élus issus de 23 communes s’inscriraient dans cette dynamique, ce qui, additionné au bloc nîmois, assurerait une majorité confortable. Rémi Nicolas, maire de Marguerittes, revendique une ligne de « territoire » : s’inscrire dans la majorité du président, comme hier avec Franck Proust, tout en promettant d’être « constructif et vigilant ». Le groupe pourrait être présidé par Gaël Dupret (Sernhac), et Rémi Nicolas est pressenti pour un rôle majeur dans l’exécutif.

    En face, la droite des communes s’organise aussi. Eddy Valadier, maire de Saint-Gilles (six sièges), a écarté l’idée de se présenter, plaidant pour un mandat « apaisé » et une intercommunalité « technique » tournée vers les projets structurants. Derrière cette posture constructive, une réalité demeure : beaucoup de maires veulent peser dans la future équipe, notamment via les vice-présidences (quinze au total). C’est l’autre négociation, la plus sensible : qui prend quoi, et avec quelles garanties.

    Les dossiers

    en embuscade

    Car au-delà de l’élection, c’est la liste des dossiers brûlants qui attend le futur président. D’abord, les mobilités : l’agglo tient les transports en commun, les arbitrages sur les lignes, les parkings-relais, les nouvelles stations, et l’équation « service /coût » qui revient à chaque budget. Dans le même bloc, la gestion des déchets et la Teom (Taxe d’enlèvement des ordures ménagères) restent un marqueur politique : baisse de taxe revendiquée ces derniers mois, mais vigilance des communes sur la qualité du service et les investissements.

    Ensuite, le développement économique, où l’agglo joue le rôle de machine à projets : zones d’activités, attractivité, emplois. Sur ce terrain, la zone Magna Porta, sur Manduel, reste le serpent de mer : projet remodelé (160 hectares initiaux, réduit à 54 dont 29 constructibles), débats sur les coûts et la rentabilité, promesses d’entreprises, attentes d’emplois concrets. Un dossier symbolique esquissé dès 2010, qui engage des millions, et qui cristallise la question du cap de l’intercommunalité.

    Autre sujet explosif : l’urbanisme. Le PLUi (Plan local d’urbanisme intercommunal), l’éventuelle montée en puissance institutionnelle, et la peur des petites communes de perdre la main sur leur plan local. Ici, les maires veulent entendre une méthode : consultation, pas de passage en force, et surtout une répartition équilibrée des efforts (logements, équipements, foncier). Enfin, le nerf de la guerre : les fonds de concours. Pour nombre de villages, c’est la condition de projets très concrets (écoles, voirie, équipements) et donc une ligne rouge. À cela s’ajoutent les satellites et syndicats où l’agglo pèse : déchets, SCoT, bassin-versant… des lieux plus discrets, mais stratégiques.

    Dans ce décor, les oppositions nîmoises arriveront en ordre dispersé : le RN dispose d’un groupe conséquent (dix élus nîmois, plus un élu d’opposition à Marguerittes) et entretient le flou sur sa stratégie. La droite nîmoise, elle, se retrouvera fragmentée, avec des élus parfois non inscrits. Si l’élection de Vincent Bouget semble largement acquise, le vrai vote commence après : celui des équilibres. Une présidence fluide entre Nîmes et les 38 autres communes, ou une présidence sous surveillance permanente, à chaque dossier structurant.

  • [Occitanie] Élections communautaires, les raisons d’un enjeu majeur

    [Occitanie] Élections communautaires, les raisons d’un enjeu majeur

    Parce que les citoyens n’y participent pas directement à l’instar des sénatoriales, elles sont souvent ignorées voire minimisées. Et pourtant… Dans la foulée des municipales, l’élection des présidents des intercommunalités est un moment essentiel pour l’avenir des territoires, peut-être même davantage que le scrutin municipal à proprement parler.

    Les maires dépossédés

    Plusieurs raisons l’expliquent. Tout d’abord, la force de frappe. Comparées aux Villes, les communautés de communes, d’agglomération ou de Métropole jouissent de budgets de loin supérieurs. En 2025 : 1,82 milliard d’euros pour la Métropole de Montpellier au lieu de 753 millions d’euros pour la seule Ville de Montpellier. L’écart est encore plus parlant dans les petites intercommunalités. En outre, ces dernières récupèrent une part importante de la fiscalité des Communes : Cotisation foncière des entreprises (CFE), Cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), Taxe sur les surfaces commerciales, Taxe d’enlèvement des ordures ménagères (Teom)…

    Des recettes perçues en échange des compétences exercées par les intercommunalités qui surclassent là encore les Communes. C’est d’autant plus vrai depuis que la loi NOTRe (2015) a renforcé leurs domaines d’intervention. Ainsi les intercommunalités ont-elles la main sur les politiques majeures de transports publics, de gestion des déchets, d’eau et d’assainissement, de développement économique ou de transition écologique. Autre exemple particulièrement parlant : l’urbanisme. Si chaque maire délivre toujours l’acte administratif du permis de construire, séparément ils ne sont plus directement à la baguette pour planifier les constructions à l’échelle communautaire. Via le Plan local d’urbanisme intercommunal (Plui), c’est l’intercommunalité qui construit les grands schémas directeurs, fixe les zones constructibles, la part de logements sociaux ou d’accession aidée. Il en va de même pour le prix de l’eau et des transports, l’installation d’entreprises…

    Ainsi l’essentiel du pouvoir de décision est-il désormais dans les intercommunalités. « Le maire pèse surtout sur la vie quotidienne, grossièrement la bordure de trottoir qui a son importance, la police municipale, les équipements publics. Mais les maires ne font pas les lois », nous résumait il y a quelques semaines, le politologue Michel Crespy. Les présidents d’Agglos ou de Métropole ne sont pas davantage législateurs mais ce sont eux qui impulsent leur vision du territoire. Ce ne sont pas des dictateurs pour autant puisqu’ils sont élus par les maires et conseillers municipaux siégeant à l’intercommunalité. Mais leurs prérogatives élargies expliquent que les élections communautaires donnent lieu à d’intenses tractations politiques en coulisses.

  • Montpellier : les mesures phares des candidats

    Montpellier : les mesures phares des candidats

    Il y a ceux qui croient dur comme fer qu’ils vont diriger Montpellier, ceux qui viennent régler des comptes, d’autres pour témoigner ou faire le pitre. Mais les 13 listes en course le 15 mars ont toutes un programme : plus ou moins crédible, audacieux, finançable. L’examen des mesures phares de chacun rappelle que si des passerelles existent, les gauches et les droites cultivent des visions différentes, parfois à l’opposé.

    Parmi les sujets consensuels, on peut citer la création d’emplois (30 000 pour Delafosse, Atrad…) ou la propreté de la ville. En déclarant son amour à Montpellier, l’ancien maire Philippe Saurel (mouvement Utiles) qui déplore une « brutalisation sans concertation » promet une « ville plus belle » en rénovant le patrimoine à l’instar de la place royale du Peyrou. De l’entretien des parcs et jardins d’Isabelle Perrein (DVD) ou de la « végétalisation » de l’Écologiste Jean-Louis Roumégas, chacun promet un « embellissement ». Y compris le maire Michaël Delafosse (PS) qui entend ralentir sur les grands travaux et se consacrer, quartier par quartier, à la rénovation des places et des trottoirs pour une « ville-parc marchable et respirable ».

    La gratuité quasi unanime

    D’autres thèmes sont plus clivants. À commencer par les mobilités. La plupart de ceux qui en 2020 prétendaient la gratuité des transports « impossible » semblent avoir changé d’avis face à la popularité de la mesure. Seuls Thierry Tsagalos (EXD) et Isabelle Perrein (DVD) y mettraient fin pour une « gratuité intelligente » circonscrite aux jeunes et retraités. Nathalie Oziol (LFI) qui dit incarner une « gauche de rupture » face à ce qu’elle nomme « l’incarnation du macronisme », veut accroître la fréquence des bus et tramways (toutes les 10 ou 5 minutes) jusqu’à 2h du matin. Comme Jean-Louis Roumégas, la députée Insoumise s’oppose aux « méga-projets routiers écocides » (COM, Lien). Michaël Delafosse, lui, promet de mener à bien les 4 lignes de bustram restantes, soutenir la LGV et concrétiser le Service express régional métropolitain (Serm).

    Pour le reste, si personne ne dit vouloir supprimer de pistes cyclables, nombreux promettent de revoir le plan de circulation en ville. Y compris Jean-Louis Roumégas qui promet de rouvrir l’avenue Albert Dubout pour une « circulation en pétales sur les 4 boulevards » embouteillés. Comme T. Tsagalos, F. Jamet (RN) irait jusqu’à rouvrir aux voitures le tunnel sous la Comédie pour « rompre avec la sclérose actuelle » et « libérer Montpellier de l’écologie punitive ». Quant à Isabelle Perrein, qui s’est fait connaître en répertoriant les nids-de-poule et veut redonner toute sa place à la voiture, la notaire imagine un tunnel sous le rond-point du grand M. Osé mais moins que le dôme végétalisé imaginé par l’IA pour Rémi Gaillard avenue de Toulouse.

    Côté urbanisme, le maire sortant, qui prévoit 10 000 logements à prix abordables dont 4 000 en bail réel solidaire, promet de préserver les deux tiers des terres agricoles grâce au Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi). Insuffisant pour Jean-Louis Roumégas qui prône le « zéro artificialisation nette » pour « arrêter l’étalement urbain sur les espaces naturels et terres agricoles ». Même logique chez Nathalie Oziol qui dit stop au « bétonnage ». À l’extrême gauche, Max Müller entend réquisitionner 13 000 logements vides pour loger les sans-abri. À droite, Mohed Altrad veut doubler le parc de logements sociaux et accession à la propriété dès 15 ans en HLM vu en « tremplin et non comme un enfermement ». Isabelle Perrein veut « rénover plutôt que construire ».

    Sur la sécurité, la droite et son extrême font comme toujours dans la surenchère. France Jamet rêve de doubler les effectifs de police municipale et les caméras, Thierry Tsagalos les tripler. Mohed Altrad veut instaurer un « couvre-feu » pour les mineurs non accompagnés de moins de 16 ans après 22h. Du Robert Ménard dans le texte. Même chose pour Isabelle Perrein qui ajoute « l’expulsion des logements sociaux pour fauteurs de troubles ». À noter que Philippe Saurel qui veut 100 à 200 policiers de plus, abandonnera le projet d’hôtel des sécurités jugé trop éloigné à Celleneuve. À gauche, Michaël Delafosse musclera les effectifs de police municipale (+100 agents) et les caméras (1 000 au total). Seul Max Müller veut « désarmer la police municipale, dissoudre les polices des transports et du logement ».

    Déchets : quelle option ?

    Sur le social, la gauche est de loin la mieux armée. Le maire promet de créer un « office du pouvoir d’achat et une agence municipale du logement ». Nathalie Oziol une « régie publique de l’énergie avec tarification sociale » et une « cantine bio à bas prix ». Avec Jean-Louis Roumégas, elle serait même « gratuite » (Altrad aussi) avec des « épiceries municipales à prix coûtant dans les quartiers populaires ». À droite, Isabelle Perrein imagine des maisons de santé et un handipass.

    Enfin, face au « fiasco historique » qui voit Montpellier exporter ses déchets, Michaël Delafosse propose un nouvel outil : une chaudière pour combustibles solides de récupération (CSR) à la place de l’usine Ametyst. Une technologie moderne mais méconnue dont quasiment tous ses adversaires dénoncent les dangers potentiels. « La santé des Montpelliérains n’est pas négociable », assène Mohed Altrad sans ne rien proposer d’autre. Isabelle Perrein préférerait un incinérateur, Thierry Tsagalos une nouvelle usine de traitement à bilan carbone neutre. À gauche, Jean-Louis Roumégas veut muscler le tri à la source et le compostage. Pareil pour Nathalie Oziol qui renvoie à une grande consultation. Un des sujets pour le fameux RIC que l’Insoumise, Jean-Louis Roumégas ou Max Müller promettent aux électeurs.

    « Nous créerons un office du pouvoir d’achat et une agence municipale du logement »

  • Un nombre de passages limités dans les déchetteries du Grand Avignon

    Un nombre de passages limités dans les déchetteries du Grand Avignon

    La dernière version du règlement des déchetteries remontait à 10 ans. En ce début d’année, le Grand Avignon a revu le fonctionnement de ses dix déchetteries communautaires, qui inclut désormais les sites de Caumont et Sauveterre. « Les principales modifications proposées visent à améliorer l’accueil, la fluidité et l’équité d’accès aux équipements », liste l’Agglo dans la délibération votée en février, lors d’une séance du bureau.

    Pour les particuliers, qui doivent être titulaires d’une carte gratuite *, les principaux changements viennent dans l’instauration d’un nombre de passages annuels maximum, fixés à 18. En contrepartie, « le volume autorisé par jour a été augmenté à 3 m³, contre 2 m³ auparavant, offrant ainsi aux usagers la possibilité de déposer plus de déchets », précise le Grand Avignon à La Marseillaise. « Le seuil fixé à 18 passages annuels a été déterminé comme largement suffisant pour couvrir les besoins ordinaires d’un foyer, tout en encourageant une meilleure organisation des apports et une limitation des déplacements inutiles », peut-on lire dans la délibération. Le Grand Avignon voit aussi dans cette limitation « un moyen efficace de lutter contre les dépôts abusifs ou d’origine professionnelle réalisés sous couvert d’apports ménagers, garantissant ainsi une utilisation conforme du service public ».

    Autre avancée, la possibilité de venir déposer ses déchets avec son utilitaire, véhicule habituel des professionnels pas soumis aux mêmes règles : « Le règlement autorise désormais l’accès aux utilitaires ne dépassant pas 2 tonnes, tels que Renault Kangoo, Ford Transit, Peugeot Partner, Volkswagen Caddy [y compris en configuration deux places, Ndlr.], représentant un véritable assouplissement par rapport aux règles précédentes, qui avaient été prises pour se prémunir d’éventuels dépôts abusifs par les professionnels, pour lesquels la collecte en déchetteries est payante ». Enfin, autre nouveauté, « une dérogation a également été formalisée pour les situations exceptionnelles, comme les décès ou les sinistres, afin de répondre à des besoins ponctuels spécifiques et générateurs de gros volumes à écouler en déchetteries pour les particuliers ».

  • Des relevés participatifs pour observer la pollution du golfe

    Des relevés participatifs pour observer la pollution du golfe

    À peine un pied posé sur la plage des Combattants, Brigitte, les yeux rivés sur le sol, s’exclame : « Eh ben, y a de quoi faire ! » La retraitée fosséenne participe à des collectes de déchets depuis des années. Elle a commencé avec son club de vélo, en 2021. C’est par le biais de son ami Daniel Moutet, président de l’Association de défense et de protection du littoral et du golfe de Fos, qu’elle a connu l’Institut éco-citoyen pour la connaissance des pollutions, l’organisme qui encadre le ramassage ce mardi matin. L’objectif de ce protocole participatif : quantifier et caractériser les microplastiques dans les sédiments du pourtour de l’étang de Berre et du golfe de Fos.

    Ce n’est pas la première fois que les scientifiques, accompagnés d’habitants volontaires à l’acquisition de données environnementales, prélèvent les macroplastiques sur cette petite plage qui fait face aux usines des bassins ouest du Grand port maritime. Audrey Souloumiac, responsable de l’Observatoire citoyen de l’environnement de l’Institut, précise : « On était déjà venus l’an dernier. Ce n’était pas la plage la plus polluée, on avait surtout récupéré du verre, contrairement à la plage du Cavaou, à proximité des terminaux méthaniers, qui est interdite au public et qui est jonchée de plastiques qui arrivent de la mer. »

    Aux Combattants, l’Institut éco-citoyen mène aussi des relevés de diversité marine en palmes, masque et tuba depuis 2017. « On note toute la faune et la flore qu’on observe. Ça nous a notamment permis de voir qu’il y avait eu un effondrement de la flore au moment de l’accident de Kem One en juillet 2020. Aujourd’hui, on est quasiment revenu au niveau d’avant. »

    Un partenariat à venir

    Ces relevés de diversité marine permettent aussi d’observer « des modifications au niveau des espèces », affirme Audrey Souloumiac. « Avant, il y avait des gorgones. Depuis quelques années elles sont complètement mortes à cause de la chaleur. Elles ont un rôle de filtrage donc c’est assez
    important.
     »

    L’institut éco-citoyen veut désormais aller plus loin sur cette plage. « On a pris contact avec le club de plongée de Port-de-Bouc pour mettre en place un protocole de relevé de macrodéchets sous-marins », révèle la responsable de l’Observatoire citoyen de l’environnement.

  • Les candidats sollicités sur un pacte pour « Marseille propre »

    Les candidats sollicités sur un pacte pour « Marseille propre »

    Un dispositif de nettoyage et de collecte cher et inefficace… Les résultats du « plus grand baromètre citoyen jamais réalisé sur la propreté et les déchets à Marseille » dévoilés ce mardi 17 février par le collectif Basta sont finalement peu surprenants. Sur les 3 743 personnes qui ont répondu aux 48 questions, 79% trouvent la ville « très sale », 70% ne supportent plus les crottes de chiens, 40% ne connaissent pas les jours de passage de la collecte et 60% jugent « très prioritaire » de sanctionner les professionnels qui ne respectent pas les règles.

    Se basant sur les données de la Métropole, le collectif a établi que la quantité de déchets par habitant et par an est supérieure à la moyenne régionale, avec 342 kg contre 285, que le tri est à la traîne avec 38 kg d’emballages triés par an et par habitant à Marseille contre une moyenne régionale de 57 kg. Le tout pour un coût qui explose, la taxe d’enlèvement des ordures ménagères se montant à 245 euros par habitant et par an contre 140 au national, Marseille restant la ville la plus taxée de la Métropole. Face à ces piètres performances, « nous, collectif apartisan mais politique, au service des Marseillaises et des Marseillais, voulons mettre fin à une mauvaise gestion », explique Félix de Monts, de Basta.

    Pression citoyenne

    Après cette étude, un pacte pour Marseille propre, 5 chapitres pour 25 propositions, sera soumis aux candidats. Parmi elles, qu’un élu marseillais soit responsable de la propreté, de la collecte des déchets et des aménagements de voirie nécessaires, la mise en place d’un comité citoyen trimestriel avec une déclinaison par secteur. Et enfin l’organisation d’états généraux.

    « Je signe moi », s’emballe le candidat insoumis, Sébastien Delogu, quand Sébastien Barles, allié de LFI avec son collectif Vaï, se demande comment le pacte peut être opposable. « Moi aussi je signe », embraye Erwan Davoux, de « Marseille pour Tous » pour qui « on ne pourra pas avancer tant que le problème de gouvernance [entre Métropole et Ville] n’est pas résolu. » Une des représentantes du Printemps marseillais constate, elle, que plus de 90% des propositions sont raccord avec les celles de Benoît Payan tandis que du côté de Christophe Madrolle (Union des centristes et écologistes), candidat sur la liste de Martine Vassal (DVD), actuelle présidente de la Métropole, on joue la prudence. « On va le signer ce pacte », promet-il émettant des réserves sur un baromètre dont le collectif a convenu dans ses biais qu’il n’était pas représentatif de tous les Marseillais, avec une surreprésentation des habitants des 5e, 6e et 7e arrondissements au détriment des 13e, 14e et 15e, faute de ressources. « Il faut voir qui compose le futur comité car une résidence dans le 14e et le 8e, c’est pas pareil. Et plus de cantonniers c’est bien mais il faut revaloriser leur statut aussi », nuance-t-il.

    « Nous ne sommes pas candidats, nous voulons faire signer les gens et suivre les indicateurs. On sera là pour vérifier ce qui a été mis en place », martèle Félix de Monts. Le collectif n’excluant pas en dernier recours, de passer par la justice pour se faire entendre.

  • Pragmatique ou dogmatique : la bataille écolo lancée à Montpellier

    Pragmatique ou dogmatique : la bataille écolo lancée à Montpellier

    Les uns dans le cadre bucolique des bords du Lez à Agropolis, les autres dans le brouhaha du rond-point de « Paulette » sur le tracé du futur Contournement ouest de Montpellier (COM). Lundi 9 février, les équipes de Michaël Delafosse (PS) et de Nathalie Oziol (LFI) ont dévoilé leurs programmes écologiques respectifs aux deux extrémités de la 5e ligne de tramway. Un hasard de la campagne qui illustre deux stratégies aux antipodes sur le plan écologique. Pragmatique d’un côté, plus idéologique de l’autre.

    Dans la lignée des 50 000 arbres plantés depuis 2020, la liste de Michaël Delafosse veut faire de Montpellier une « ville parc  », une ville « marchable avec de grands corridors de fraîcheur qui protègent de la canicule et reconnectent à la nature », résume le maire socialiste. Il promet de doubler les surfaces à désimperméabiliser (40 hectares), de continuer à planter des arbres y compris dans les parcelles privées, de poursuivre les végétalisations en encourageant les bons de végétalisation. Parce qu’il se dit « débordé de demandes de gens qui veulent cultiver un jardin »,
    M. Delafosse propose de créer un millier de nouvelles parcelles de jardins familiaux. Des terrains sont à l’étude à « Grammont, aux Aubes, à l’agriparc des Bouisses ou aux Grisettes », précise l’adjointe écologiste Marie Massart.

    Un Lez Montpellier plage

    D’ici 2032, dix parcs doivent être créés (République), agrandis (Bouisses) ou aménagés (Lunaret, coteau de Malbosc, Montcalm…). Trois projets phares de promenades ombragées visent à magnifier le « chemin de l’eau ». Le premier en végétalisant 5 km le long de l’aqueduc des Arceaux. Le second via 2 km de « coulée verte » le long du Verdanson, du stade Philippidès au CHU Lapeyronie. Le troisième vise à réaliser un cheminement en bois le long du Lez entre Agropolis et l’espace Lavalette. Comme du temps du peintre Frédéric Bazille, le maire rêve de refaire de Lavalette un lieu de baignade convivial. « Ce sera Montpellier plage ! On ne peut pas se résoudre à laisser le Lez pollué, on sera vigilant sur la qualité des eaux. »

    Trois heures plus tard, changement de décor. À l’autre bout de la 5e ligne de tramway, les Insoumis sont postés devant les arbres déracinés du futur Contournement routier ouest (COM). Pour Nathalie Oziol, c’est le symbole d’un « PS bétonneur ». « C’est la même stratégie que sur l’A69 à Toulouse : 12 exploitations et 70 hectares seront détruits. Ce projet d’autoroute de Vinci est écocide », dénonce la tête de liste Insoumise qui cible la majorité sortante. « Une liste qui défend le COM et les Zones à faibles émissions (ZFE) ne peut être écologiste ». La députée LFI oppose une « écologie de rupture avec le modèle libéral ». C’est-à-dire davantage de trams et de bus, une étoile ferroviaire, un boulevard urbain limité à 70 km/h plutôt qu’une autoroute à 10 voies. « L’étalement urbain est une impasse écologique, sociale et démocratique », abonde Alain Bertrand (LFI), favorable aux projets agroécologiques « de la terre à l’assiette » pour « nourrir les Montpelliérains ». Julia Mignacca, qui vient de quitter Jean-Louis Roumégas pour Nathalie Oziol, théorise le concept d’écologie populaire. « Il ne faut pas faire culpabiliser les gens, les laisser de côté ». N. Oziol promet une « planification écologique » avec une « grande convention de l’écologie populaire », ajoute Alenka Doulain.

    Deux autres gros dossiers illustrent ces deux visions divergentes : l’énergie et les déchets. Julia Mignacca souhaite créer une régie publique de l’énergie à Montpellier, avec une tarification sociale. « Rien n’a été fait sur le solaire. L’énergie doit être un bien commun, pas un outil spéculatif. » Du côté de la liste Delafosse, qui veut développer le « réseau de chaleur », le nouvel arrivant Grégoire Delforge promet « d’aider 3 000 particuliers à l’isolation thermique » et de créer une « académie du climat et de la biodiversité ».

    Déchets : sortir de l’échec

    M. Delafosse propose une solution pour arrêter l’exportation coûteuse des déchets : transformer l’usine de méthanisation Ametyst en chaudière CSR (combustibles solides de récupération). Si J.-L. Roumégas (Les Écologistes), Mohed Altrad (divers droite) ou Isabelle Perrein (divers droite) s’y opposent catégoriquement en raison du principe de précaution sanitaire, les Insoumis, divisés sur le sujet, veulent en débattre via une « convention populaire avec votation citoyenne ». D’ici là, ils prônent la réduction des déchets à la source (qui a semblé montrer ses limites) avec des « ressourceries et recycleries ». À l’orée des premiers débats, le maire réclame de la clarté, y compris à Philippe Saurel qui avait fermé le 3e casier de la décharge de Castries sans aucun plan B : « L’incinérateur de Lunel-Viel ne veut plus de nous. Ceux qui veulent une décharge ou un incinérateur, qu’ils disent où ! »…

  • Nicolas Koukas présente un plan de propreté pour Arles

    Nicolas Koukas présente un plan de propreté pour Arles

    Arles ne fait pas exception : la propreté urbaine figure parmi les thèmes centraux des élections municipales. Dans la commune la plus étendue de France, depuis l’arrivée au pouvoir de Patrick de Carolis (Horizons), également président de la communauté d’agglomération Arles Crau Camargue Montagnette (ACCM), le taux d’enlèvement des ordures ménagères est passé de 16,15% en 2020 à 18,67% en 2025. Pourtant « on n’en voit pas le résultat, il n’y a pas d’amélioration alors qu’on fait partie des villes les plus chères », affirme le candidat de l’Union pour Arles, Nicolas Koukas (PCF), qui pointe des dysfonctionnements, notamment dans « les hameaux et les villages ».

    Face à « l’urgence » et aux « préoccupations des habitants », il présente un plan intitulé « Arles propre et responsable ». C’est en échangeant avec les agents de la Ville et d’ACCM qu’il a nourri ses pistes de réflexion, et c’est aussi en lien avec eux qu’il souhaite améliorer le service. « On fera quatre points par an, en réunissant aussi, autour de la table, les représentants économiques, les commerçants et les artisans. Le premier travail à mener est de repenser les circuits avec les équipes et les usagers et de faire le point sur le matériel à remplacer, l’organisation à moduler. C’est indispensable si on veut donner de la confiance à nos agents et si on veut défendre le service public. L’objectif est de travailler avec eux, main dans la main. »

    « La propreté, c’est aussi de l’entretien », poursuit Nicolas Koukas. Pour identifier les problèmes, le candidat entend mettre les habitants à contribution grâce à une application mobile simplifiant et centralisant les signalements qui arriveront « automatiquement dans le service concerné, permettant d’avoir une bonne réactivité ».

    Une déchetterie mobile

    Il compte également mettre en place une brigade anti-graffiti, en partenariat avec la police municipale, pour nettoyer les espaces publics en 48 heures.

    Le candidat souhaite aussi développer les poubelles de rues et les éteignoirs à mégots, en mettant en place une filière de recyclage pour valoriser ces déchets. Concernant les dépôts sauvages, Nicolas Koukas souhaite améliorer l’efficacité des caméras. « On ne connaît actuellement pas le taux de verbalisation », explique-t-il.

    Enfin, la tête de liste envisage la création d’une déchetterie mobile, avec un dispositif qui reste à définir. « La déchetterie de Trinquetaille a été rénovée, mais il en manque, notamment dans le nord », appuie-t-il.