Tag: déchets

  • Des déchets stockés à l’air libre prennent feu au centre Suez d’Istres

    Des déchets stockés à l’air libre prennent feu au centre Suez d’Istres

    Le centre de tri de Suez, implanté au sein de l’éco-pôle Tubé Nord à Istres, a été touché par un incendie mercredi soir, peu avant 23 heures. Selon le Service départemental d’incendie et de secours des Bouches-du-Rhône (Sdis 13), des déchets organiques stockés à l’air libre dans l’enceinte du site ont pris feu.

    L’action rapide et « conjointe des Pompiers 13 et des moyens du site a permis de contenir le sinistre à environ 600 mètres cubes », d’après le Sdis, soit un volume légèrement inférieur à celui cumulé d’une dizaine de conteneurs maritimes standards. Jointe jeudi soir, la préfecture parle quant à elle de 3 mètres cubes brûlés, équivalent à un petit véhicule utilitaire.

    Les services de l’État se sont rendus, jeudi après-midi, sur le site de Suez Istres suite à l’incendie. « Au regard des premières constations réalisées par les inspecteurs, il apparaît qu’il n’y a aucune trace de pollution des milieux », note la préfecture.

    Suez recyclage et valorisation Istres avait été mise en demeure en avril dernier par la préfecture des Bouches-du-Rhône. « Sur les deux mises en demeure dont l’exploitant a fait l’objet, en avril 2026, pour des travaux sur l’enrobé et le forage, l’exploitant ayant répondu à la première mise en demeure, une visite de récolement est en cours pour la seconde. à ce jour, aucune non-conformité n’a été constaté », concluent les services de l’État.

    Du combustible CSR

    avait pris feu en 2020

    Ce site de Suez a connu un incendie il y a six ans. La zone de confection de Combustible solide de récupération (CSR) à partir de déchets s’était embrasée : 5 000 m² de déchets et de machineries avaient pris feu en juillet 2020. Un arrêté préfectoral en avait ordonné l’arrêt en raison de « l’accumulation de déchets métalliques ayant entraîné échauffement puis incendie » par les convoyeurs, avant une propagation du feu entre les ateliers.

    À noter que le CSR est le produit au centre du projet de « chaufferie » porté par Suez sur le même site, fortement contesté par la Ville d’Istres et des associations locales, qui le considèrent comme un incinérateur. Sollicité, Suez n’a pas répondu à nos sollicitations.

  • Des cendriers de poche offerts pour contrer les jets de mégots

    Des cendriers de poche offerts pour contrer les jets de mégots

    Dans le cadre d’une semaine de sensibilisation aux mégots mal jetés, la Confédération des Buralistes, la Métropole Aix-Marseille-Provence et Alcome, éco-organisme dédié à la réduction des mégots dans l’espace public, se sont associés pour mener une campagne intitulée #MonMégotOùIlFaut. Ils sont venus présenter leur initiative, ce jeudi, sur la terrasse de la brasserie Le Delibes (8e), avec comme mot d’ordre : « Neuf déchets sur dix sont des mégots. »

    Au total, 129 buralistes marseillais s’engagent à distribuer gratuitement à leurs clients près de 70 000 cendriers de poche. Une initiative qui vise à lutter contre la présence de ces déchets dans la rue. « Aujourd’hui, le mauvais jet du mégot par terre est inconscient », explique Jonathan Decottignies, directeur des opérations d’Alcome. Il appelle à « une réelle prise de conscience », alors que « quatre à cinq mégots sont présents en permanence tous les 10 mètres de voirie », affirme cette fois Hedi Ramdane, conseiller métropolitain délégué à la propreté et adjoint au maire de Marseille.

    En contact direct avec les fumeurs, les buralistes sont « le premier maillon à solliciter », explique Jonathan Decottignies. Un avis partagé par Frédéric Pourchier, président de la Fédération départementale des buralistes des Bouches-du-Rhône. Ce dernier se dit prêt à faire de la « prévention auprès des clients », car, selon lui, « c’est aux buralistes d’habituer les consommateurs ». Une manière également de montrer que les buralistes peuvent « s’engager pour l’écologie ».

    Pas de solution miracle

    À la fin de leurs discours, les trois hommes ont testé les cendriers. Ceux-ci peuvent contenir, selon eux, « une dizaine de mégots de cigarettes » et « ne dégagent aucune odeur dans les sacs ».

    Ainsi, les cendriers de poche restent l’outil « le plus important » pour sensibiliser la population, selon le président de la Fédération des buralistes. Pourtant, un seul cendrier ne suffit pas à répondre à l’ampleur du problème. En effet, « il en faut quatre à cinq à chaque fumeur pour qu’ils soient utilisés de façon régulière », afin « d’en avoir toujours un à disposition », explique Aliénor Galamez, déléguée régionale d’Alcome. Elle l’assure toutefois : « Le stock a été calculé pour que tout le monde puisse être équipé. »

    Si la Métropole et Alcome affirment agir tout au long de l’année face à ce phénomène, ils admettent « renforcer leurs efforts » en période estivale, où un nombre plus important de déchets est constaté. En effet, le jet de mégots sur la voirie est « un problème particulièrement récurrent en milieu festif et sur les plages où ont lieu de nombreux apéros », note Aliénor Galamez. Des « hot spots » (lieux où les déchets sont nombreux) ont été identifiés par la Ville afin de renforcer la prévention.

    Provence-Alpes-Côte d’Azur est la région qui compte le plus de fumeurs en France, selon une étude de Santé publique France publiée en 2024.

  • Le port du Grau d’Agde pionnier dans la collecte des déchets marins

    Le port du Grau d’Agde pionnier dans la collecte des déchets marins

    À chaque sortie en mer, la pêche est double pour les pêcheurs du Grau d’Agde : celle des poissons, bien sûr, mais aussi celle des déchets, pris dans leurs filets. Plutôt que de les rejeter en mer, comme ce fut longtemps le cas – au risque de les repêcher un peu plus tard – ils les ramènent désormais à quai, où ils les déposent ensuite dans de grandes bennes dédiées à cet effet.

    Une action de dépollution marine qui s’inscrit dans le cadre d’un programme international baptisé « Repêchons les océans », porté, en France, par la Fondation Ecoalf et la Fondation de la mer. Le port héraultais du Grau d’Agde fut l’un des premiers ports français à s’investir dans cette démarche, dès le lancement du dispositif en 2022. Quatre ans plus tard, « 15 ports participent au programme, répartis sur toutes les façades littorales ; cela représente plus de 1 000 pêcheurs, 382 bateaux et 89 tonnes de déchets collectées depuis 2022 », illustre Muriel Barron, directrice des programmes de la Fondation de la mer. À l’échelle du Grau d’Agde, en 2026, le tonnage de déchets rapportés par les 140 pêcheurs volontaires avoisine les 2,2 tonnes. « Le gros de la collecte est réalisé par les petits chalutiers artisanaux, dont les chaluts viennent râper le fond de la mer pour récupérer certaines espèces de poissons. Les petits fileyeurs ou les gens qui pêchent à l’hameçon récupèrent beaucoup moins de choses, même si ça leur arrive », indique Yves Le Théry, directeur du port.

    Un camion-poubelle déversé dans l’océan chaque minute

    « Quand ils arrivent au port, les pêcheurs déchargent d’abord le poisson, et une fois qu’il est parti à la vente à la criée, ils versent les déchets qu’ils ont rapportés dans des bennes », poursuit le directeur du port. « Ils sont très réceptifs, car pour eux ce n’est ni coûteux en argent, ni coûteux en temps et cela leur permet de participer concrètement à la protection des écosystèmes marins », estime Yves Le Théry. Une démarche qui satisfait également les « obligations écologiques inscrites dans la convention de délégation de service public » de ce port départemental.

    « Tout l’enjeu est de trouver la bonne organisation, qui ne va pas nuire à l’efficacité des campagnes de pêche et alourdir le travail des pêcheurs », insiste la représentante de la Fondation de la mer. Sur chaque port participant au dispositif, « on établit un partenariat avec un gestionnaire des déchets qui va être en charge de la levée des bennes, de la catégorisation et, quand c’est possible, du recyclage de certains déchets », précise-t-elle.

    La lutte contre la pollution marine est un véritable enjeu : chaque minute, on estime que 15 à 18 tonnes de déchets sont déversées dans l’océan, soit l’équivalent d’un camion-poubelle. La majorité sont des déchets plastiques. Une fois en mer, le plastique se fragmente sous l’effet de la chaleur et des courants, en particules de plus en plus petites. « Les poissons le mangent et nous, en bout de chaîne, on l’ingère en mangeant du poisson… C’est un problème sanitaire global », estime Muriel Barron. « Sachant que la mer Méditerranée est certes toute petite à l’échelle de la surface mondiale des océans (0,8%), mais elle représente un réservoir de biodiversité majeur, qui abrite environ 10% de la biodiversité marine mondiale. C’est donc un terrain sur lequel il faut absolument agir », insiste la représentante de la Fondation de la mer. En Méditerranée justement, le programme « Repêchons les océans » a pris de l’ampleur : « Nous sommes désormais dans 4 ports, plus ou moins avancés dans l’appropriation du dispositif : Sète, Port-la-Nouvelle, Le Grau-du-Roi et le Grau d’Agde », liste Muriel Barron.

  • Callelongue, le site de scories du littoral marseillais le plus conséquent à dépolluer

    Callelongue, le site de scories du littoral marseillais le plus conséquent à dépolluer

    Treize nouveaux dépôts prioritaires de scories, sur les vingt en tout de l’opération globale de dépollution, entreront en chantier à la rentrée, annonce la préfecture. Cette dernière phase débute le 1er septembre 2026 pour s’achever fin mars 2027.

    Le bilan de la première étape de dépollution des dépôts historiques de résidus industriels des calanques est jugé « satisfaisant » en dépit d’un retard conséquent (notre édition du 5 mai 2026). Quatre sites ont été intégralement traités. Trois autres seront achevés lors de la deuxième phase compte tenu de leur complexité technique : il s’agit des sites de Saména, de l’Escalette et de la Calanque des Trous.

    Circulation alternée

    Lors de la réunion publique du 3 juillet au centre municipal à la Madrague de Montredon, la préfecture a rappelé avec les élus « les caractéristiques exceptionnelles de ce chantier et la très grande qualité de la maîtrise d’ouvrage assurée par l’Ademe ». Cette phase 1 démontre, à leurs yeux, « la maîtrise des émissions de poussières tout au long du chantier », « aucun dépassement des normes dû aux travaux » n’ayant été constaté.

    La seconde phase qui débute à la rentrée s’attaque « au plus conséquent des spots à traiter, celui de Callelongue » et perturbera circulation et stationnement. Une circulation alternée sera mise en place entre les Goudes et le village de Callelongue pendant sept mois, y compris le week-end. « Les visiteurs sont encouragés à privilégier les transports en commun ou les mobilités douces pour accéder au secteur », préviennent les autorités. Un demi-giratoire sera provisoirement aménagé à l’entrée du parking Napoléon, où la barrière de filtrage de Callelongue sera de ce fait remontée. Pour faciliter la circulation les week-ends, les alternats de circulation nécessaires au chantier de Calanque des Trous et de l’entrée des Goudes seront levés à partir du vendredi 17h et réinstallés le lundi matin suivant.

    Le belvédère de Callelongue est très complexe à traiter. Ce site accidenté présente un intérêt patrimonial et paysager remarquable avec la dalle du bathyscaphe et la végétation rase typique des Calanques. C’est l’un des dépôts les plus importants, les plus sensibles et les plus coûteux à traiter (plus de 2 millions d’euros) avec des concentrations en plomb à 17 300mg/kg en contrebas du belvédère dans des remblais sur 4 mètres d’épaisseur et sur 300 mètres de longueur. Dans un souci d’insertion paysagère, il est prévu, selon les spots, d’engager un dispositif d’étanchéité et de recouvrement par de la roche calcaire concassée, de poser du béton projeté sculpté ou d’aspirer les scories sur les zones les plus basses de ce « bout du monde » marseillais.

    * site dédié de l’Ademe : calanques-de-marseille.ademe.fr

  • Une décharge à ciel ouvert évacuée par la mairie de Ventabren

    Une décharge à ciel ouvert évacuée par la mairie de Ventabren

    Rapidement alertée par les riverains, la municipalité indique avoir réagi dans les plus brefs délais pour faire disparaître ce dépotoir. « Nous continuerons à défendre les intérêts des habitants avec détermination et dans un esprit de responsabilité », a-t-elle déclaré.

  • Le gendarme du nucléaire livre un bilan globalement satisfaisant

    Le gendarme du nucléaire livre un bilan globalement satisfaisant

    L’antenne marseillaise de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) dressait mardi le bilan 2025 de ses contrôles en région PACA, Occitanie et Corse. Elle couvre 22 installations nucléaires de base dont 20 à Cadarache, mais aussi de nombreux sites d’activités nucléaires dans le champ médical avec notamment 13 services de radiothérapie externe, 16 services de médecine nucléaire, de radiothérapie, 96 scanners, 8 200 appareils de radiologie médicale et dentaire. Elle surveille 400 établissements industriels et de recherche et 600 cliniques vétérinaires.

    En 2025, l’ASNR a procédé à 216 inspections dont 106 en sûreté nucléaire et 95 relevant du nucléaire de proximité. 6 incidents significatifs de niveau 1 (mineur) sur l’échelle INES ont été relevés notamment des vols d’appareils de mesure embarquant une source radioactive. On notera pour l’aspect insolite, la découverte fortuite en octobre dernier de 163 sources radioactives scellées dans un local d’entreposage de déchets contaminés du service de médecine nucléaire de l’hôpital de la Timone. Dans ce fatras radioactif qui n’était pas référencé, on retient pour les plus redoutables 6 sources d’américium 241, 3 sources de césium 137 et 1 source de plutonium 239 !

    Cadarache et ses sites et sols pollués

    Le bilan est globalement « satisfaisant ». Pour ne prendre que le centre CEA de Cadarache, l’ASNR considère que « le niveau de sûreté nucléaire se maintient à un niveau satisfaisant dans l’ensemble ». « La stratégie de gestion des démantèlements et des déchets reste un sujet majeur de vigilance ». La découverte de défauts de génie civil sur l’INB 37-A a également mis en évidence « la fragilité de la filière de traitement des déchets de moyenne activité à vie longue du CEA ».

    En matière de protection de l’environnement, « le niveau de maîtrise reste satisfaisant mais des améliorations sont attendues, notamment pour la gestion des eaux pluviales et des sols historiquement marqués ». Le suivi des nappes phréatiques, la réhabilitation des ouvrages et la prévention des pollutions connaissent des progrès. Le gendarme du nucléaire dit « attendre encore des améliorations sur la politique de gestion des sites et sols pollués » sur Cadarache. « La conformité des 400 piézomètres de surveillance des nappes répartie sur le site est un sujet à Cadarache », développe Pierre Juan. « L’exploitant nous doit des dossiers de dépollution dans sa gestion des sites et sols pollués historiques. On a aussi un sujet de gestion des réseaux des eaux pluviales et des eaux industrielles. L’exploitant a régulièrement des écarts avec des fuites dans les réseaux d’eaux industrielles. Il y a des kilomètres de tuyaux sur le site. L’enjeu, c’est de surveiller leur bonne étanchéité. »

    L’impact des épisodes caniculaires ?

    Interrogé sur l’impact des canicules répétées sur les installations, Pierre Juan, le chef d’antenne de l’ASNR, rassure : « Les installations les plus sensibles sont les réacteurs d’EDF. On n’en a pas dans la région. Un épisode caniculaire n’a pas de conséquences sur les installations nucléaires de la région. Il n’y a pas de sujet d’évacuation de puissance. On a la capacité d’arrêter nos installations qui sont conçues pour tenir sur des plages de températures extrêmes “grand chaud-grand froid”. » Pierre Bois, directeur général adjoint de l’ASNR, confirme : « ce n’est pas un enjeu de sûreté mais un enjeu de modulation de production de l’électricité. L’enjeu pour EDF est de moduler la production thermique pour limiter des rejets d’eau de refroidissement dans les rivières les plus exposées. »

  • À l’Estaque, un an après, le feu pose question

    À l’Estaque, un an après, le feu pose question

    Des flammes hautes de plusieurs mètres, poussées par le vent, avec des sautes de feu de 300 mètres, atteignant au plus fort de son activité les 1 200 mètres par minute… De l’enfer de l’incendie du 8 juillet 2025, les sinistrés de l’Estaque n’ont rien oublié, encore traumatisés. Parti d’une voiture en feu aux Pennes-Mirabeau en fin de matinée depuis le tunnel des 4 vents, sur l’A55, l’incendie avait atteint rapidement le Jas de Rhode, nourri par les déchets du centre de tri de la métropole, avant d’accélérer, encore, jusqu’au nord de Marseille, s’attaquant aux collines du Verduron. En centre-ville, une ambiance fin du monde. Un panache de fumée jaunâtre, avec des quantités de particules fines « 10 fois supérieures au seuil journalier réglementaire », analysait alors AtmoSud, association de surveillance de qualité de l’air, avait obscurci le Vieux-Port, recouvrant la ville de cendres.

    Bilan malgré la mobilisation de 875 sapeurs et marins-pompiers : 750 hectares ravagés, 91 maisons touchées. Et tout de suite, lors des premières réunions avec les autorités, une polémique majeure sur la lenteur d’intervention des secours et l’absence de moyens aériens immédiats. S’ils soulignaient la réaction rapide de la Ville avec la mise à disposition du centre social pour l’accueil, les dons et des permanences pour les accompagner dans leurs démarches, les habitants des Hauts de l’Estaque pointent la responsabilité du préfet d’alors, Georges-François Leclerc qui a pris la main sur les opérations et transféré le commandement des sapeurs-pompiers, en charge du départ du feu aux Pennes-Mirabeau, aux marins-pompiers de Marseille, compétents sur le territoire de la deuxième ville de France, au milieu de l’après-midi. Dans la foulée, un collectif est créé.

    Après le feu, la pluie

    et les coulées de boue

    Le très long communiqué du préfet qui tente de se justifier ne convainc pas. Nombre de sinistrés reprennent les propos de Grégory Allione, ex-patron du Sdis 13 (Service départemental d’incendie et de secours) jusqu’en janvier 2023, aujourd’hui député européen macroniste, qui s’insurge contre une décision purement « administrative » des opérations de secours prise par la Direction générale de la sécurité civile à Paris, pour l’envoi des canadairs. « Quand vous êtes dirigés par des gens qui n’ont jamais commandé un feu c’est une difficulté opérationnelle, ce type de décision m’exaspère », dénonce-t-il à qui veut l’entendre.

    Plaintes contre X

    « Pour avoir des réponses »

    Deux mois plus tard, les sinistrés allaient subir la double peine. À l’incendie dévastateur, succèdent des coulées de boues lors des premiers épisodes cévenols de la fin septembre. Le mur de la gare de l’Estaque, une dizaine de mètres de haut, explosé par les flots, les rails emportés. Chemin de la Nerthe, chemin du Marinier, d’énormes bouts de bitumes dévalent la route. Là encore la solidarité joue à plein.

    Au fil des mois, la galère se poursuit avec les assurances qui font traîner. Si le directeur de « France assureurs » a assuré dans nos colonnes au lendemain du feu que des correspondants en région étaient missionnés pour faciliter les choses, les experts tardent à passer et les litiges se multiplient retardant d’autant la reconstruction. Le conseil municipal a voté une aide exceptionnelle d’un million d’euros, la métropole de 500 000 euros pour éviter de faire l’avance des frais.

    Du collectif émane mi-décembre une association des victimes de l’incendie de l’Estaque, les plaintes contre X « pour avoir des réponses »
    commencent à tomber. Aujourd’hui, elles seraient une centaine. Le mode de commandement n’a pas évolué et Georges-François Leclerc est devenu préfet d’Île-de-France. Promis en février, le comité local d’aide aux victimes n’a pas eu lieu assure un sinistré quand pour l’actuel préfet Jacques Witkowski, cette aide relève du ministère de la Justice…

  • Recycler pour aider, l’ambition de l’association Ramh

    Recycler pour aider, l’ambition de l’association Ramh

    Depuis une demi-décennie, l’association Relais d’aides matérielles aux handicapés (Ramh) prend part au Mondial La Marseillaise pour mener à bien sa mission : récolter les déchets, les recycler et verser les bénéfices aux personnes en situation de handicap. « Il y a 22 ans, quand j’ai créé l’association, nous avons démarré par le recyclage de bouchons ou couvercles en plastique, retrace Jean-Philippe Jaen, président de la structure. Aujourd’hui, nous avons élargi à tous les types de bouchons : plastique, métal, liège, couvercles de pots de confiture… On recycle aussi les radiographies médicales, les cartouches d’encre, et même l’informatique, que l’on réadapte ». Le principe : revendre les objets récupérés et utiliser les gains pour aider « toute personne non valide, c’est-à-dire handicapée par sa santé dans son quotidien, qu’il s’agisse d’un handicap moteur, d’une maladie mentale ou autre », détaille le président. Et le format des aides proposées est très variable : certaines sont « spécifiques », comme celle fournie chaque année à l’Institut Paoli-Calmettes, centre de traitement du cancer à Marseille (9e), ou plus ponctuelles, proposées à des particuliers. « À titre d’exemple, nous avons récemment aidé un couple de jeunes parents en fauteuil roulant à financer un lit adapté pour qu’ils puissent s’occuper de leur nourrisson », détaille Jean-Philippe Jaen.

    L’occasion d’une grande récolte

    Au départ, seulement présente pour le Mondial des femmes, l’association a depuis deux à trois ans élargi son niveau d’implication pour devenir « presque sponso » de l’AJCM, structure à l’origine de l’organisation du Handi Mondial à Pétanque. « On finance une grande partie des tee-shirts », détaille le président.

    Les six jours d’événement sont aussi bien sûr l’occasion de récolter de quoi recycler. Lundi après-midi, Ramh en était à 120kg de bouchons.

  • Une expérimentation pour retraiter le protoxyde d’azote

    Une expérimentation pour retraiter le protoxyde d’azote

    Ces derniers mois, des accidents de la route meurtriers ont montré que le conducteur avait consommé du gaz encore dit hilarant, contenu dans des bonbonnes de protoxyde d’azote. Une substance largement détournée et ultra consommée que le législateur s’attelle à punir en créant un délit d’inhalation de protoxyde d’azote et d’un délit de transport. En attendant, le fléau reste entier avec un impact sur la santé et l’environnement.

    « Chaque bouteille mal gérée a un impact écologique, industriel et sanitaire », brosse William Bouquet. Le maire (DVG) d’Entraigues-sur-la-Sorgue était l’hôte, ce mercredi, d’une grande opération de présentation d’un dispositif global de lutte contre ce fléau au sein de l’écopôle, un centre de tri des déchets économiques et industriels géré par Suez.

    La multinationale a initié, il y a un peu plus d’un an, une expérimentation qui serait unique en France, reposant sur trois volets : d’abord détecter, via l’intelligence artificielle, la présence de ses bonbonnes au sein des ordures ménagères. Puis, une étude sociologique pour avoir une cartographie des points chauds où l’on retrouve le plus de bouteilles afin de mener des opérations de sensibilisation (sécurité routière, services de l’État, syndicats de déchets, associations, festivals…). Enfin, une solution industrielle qui permet d’extraire le gaz résiduel contenu dans les bouteilles pour le décomposer en dioxygène et diazote, deux gaz naturellement présents dans l’air, et ensuite relâchés dans l’atmosphère. Car le protoxyde a un pouvoir 300 fois plus réchauffant que le Co2. « Ce gaz hilarant porte mal son nom, 2/3 de nos sites de traitement des déchets en France ont connu des incidents à cause des bonbonnes, engendrant entre 35 et 40 millions d’euros de surcoût », fait valoir Xavier Girre, directeur général de Suez, qui a investi 300 000 euros sur cette expérimentation.

    50 euros pour retraiter une bouteille

    En Vaucluse, quelque 30 000 bouteilles sont arrivées en 2025 à l’unité de valorisation Novalie de Vedène. Et cette année, il y a déjà eu autant d’incidents que sur tout 2025. « Les bouteilles explosent dans les fours, cela a entraîné 400 heures d’arrêt à Vedène, il y a donc une problématique sur la filière de tri, sans parler du risque pour la santé des opérateurs sur site », alerte Olivier Galzi, président (DVD) du Grand Avignon. Car la préfecture est aussi mobilisée sur le sujet, ayant pris, fin avril, un arrêté de consommation de protoxyde sur toute la journée et tout le département. « Ce sujet est un poison », rappelle Thierry Suquet, dont les services mènent des contrôles visant notamment les épiceries de nuit, lieu de vente très prisé [environ 70 euros la bonbonne classique]. Résultat, police et gendarmerie se retrouvent avec plus de 5 500 bouteilles sur les bras, à ne pas savoir qu’en faire. Quelque 200 ont d’ailleurs été amenées au centre d’Entraigues. Actuellement, il faut compter 50 euros pour
    retraiter une bonbonne… Définitivement pas hilarant.

  • Mini Green Power lance un appel à repreneurs

    Mini Green Power lance un appel à repreneurs

    Le combat continue pour Mini Green Power (MGP). Placée en liquidation judiciaire avec continuité d’activité depuis avril, la start-up hyéroise, spécialisée dans la conception et la réalisation de petites centrales modulaires visant à transformer les déchets locaux en énergie bas carbone et en biochar (matériau permettant de capturer le carbone dans le sol et de lutter contre les émissions de CO2) veut encore croire à sa survie.

    Une situation qu’elle impute à la rupture de son principal partenariat commercial avec l’entreprise Suez, qu’elle a décidé d’assigner en justice. Créée en 2014, revendiquant 11,2 millions d’euros de chiffres d’affaires et 2 millions d’euros de bénéfice en 12 ans, « la société était en plein décollage avec plus de 55 millions d’euros de commandes signées. Elle prévoyait de réaliser 9 millions d’euros de CA en 2026, 20 en 2027 et espérait dépasser les 300 en 2031. Cet élan a été coupé par un changement de stratégie chez Suez alors que le partenariat était en plein déploiement », dénonce-t-elle. Cela se serait matérialisé par le non-paiement de la totalité d’un contrat estimé à 53,5 millions d’euros par Suez, et l’annulation d’un deuxième contrat à 50 millions qui découlait du premier. MGP soupçonnait par ailleurs Suez de vouloir attendre sa faillite « pour bénéficier gratuitement des 38 brevets constituant [sa] technologie innovante ».

    Des discussions mais

    rien n’est encore ficelé

    Des faits que conteste Suez, dont la direction affirmait en avril dans nos colonnes avoir mis fin au partenariat « face aux dérives constatées des coûts et du calendrier », arguant avoir réglé « l’intégralité des sommes dues à MGP dans le respect des contrats signés, y compris à l’issue de la résiliation », et affirmant que « les brevets de MGP restent en particulier la propriété de cette société ».

    Déjà sujette au redressement en 2023 suite à un incendie dans son atelier, l’entreprise, qui emploie 22 personnes (18 CDI, 4 contrats d’alternance), a lancé, le 11 juin, un appel à repreneurs qui court jusqu’au 2 juillet. « Je suis persuadé que l’entreprise peut rebondir : nous disposons de 38 brevets valables dans 10 pays, d’une équipe de collaborateurs experts et d’une technologie validée dans un secteur en pleine croissance. L’équipe est unie et très engagée », soutient Jean Riondel, son fondateur-dirigeant. Ce dernier souhaite ainsi poursuivre l’aventure avec « un repreneur désireux de poursuivre le développement de l’entreprise et de servir les clients prêts à s’engager dans la décarbonation grâce à notre technologie ».

    Alors que la procédure de liquidation se poursuit jusqu’au 2 septembre, MGP dit être entré en discussions avec plusieurs entités, même si pour l’heure, rien n’est encore ficelé. « Douze années de travail ont construit quelque chose de réel à haute valeur ajoutée à moyen et long terme. La planète a besoin de technologies ambitieuses et propres. La France a besoin de solutions concrètes pour ses déchets, ce besoin est universel », appuie Jean Riondel, déterminé à trouver une solution pérenne.