Tag: décarbonation

  • Deux ministres en visite à Marseille pour décarboner le port

    Deux ministres en visite à Marseille pour décarboner le port

    « Mettre Marseille au cœur du jeu méditerranéen. » Jean-Pierre Cochet (PS), l’adjoint au maire de Marseille en charge du dynamisme économique, résume l’enjeu du salon Euromaritime qui a débuté mardi, et prend fin ce jeudi, au parc Chanot à Marseille. Un grand raout qui réunit « industries navales, armateurs, ports, logisticiens, énergéticiens, start-up ou institutionnels », de 16 pays différents.

    Et surtout des visites ministérielles prévues aujourd’hui pour la clôture. Catherine Chabaud, ministre de la Mer et de la Pêche, Sébastien Martin, ministre délégué à l’Industrie, doivent y tenir le « comité stratégique de filière des industriels de la mer » et y faire quelques annonces de taille en lien avec la décarbonation. Lesquelles sont particulièrement attendues par les acteurs économiques. « C’est un enjeu pour le territoire, en matière de croissance économique, de souveraineté industrielle et de réorganisation des routes commerciales mondiales », rappelle Jean-Luc Chauvin, le président de la Chambre de Commerce et d’Industries. Dans son viseur, des parts de marché à conquérir pour la zone Marseille-Fos et toute l’économie qui en découle. « À côté de la route de la soie de la Chine, il y a l’Inde et le Moyen Orient qui se réorganisent avec l’Imec [Corridor économique Inde-Moyen-Orient-Europe, Ndlr.]. C’est une route d’avenir pour recréer une souveraineté, il y a plusieurs points de croissance à prendre. » De quoi faire le lien avec l’objectif dessiné par Jacques Hardelay, président d’honneur du salon et de Marseille Provence Croisières  : « Développer de nouveaux partenariats et nouer des coopérations industrielles et commerciales. »

    Plus facile à dire qu’à faire à l’heure où les voies maritimes font les frais de la géopolitique mondiale. « La convergence espérée dans un monde globalisé n’aura pas lieu, il y a un retour des impérialistes et des distorsions de concurrence », juge Timothée Moulinier, délégué à la recherche et développement au Gican (Groupement des industries de construction et activités navales), principal syndicat professionnel du secteur.

    « Préservation des modèles sociaux »

    La CGT des Marins de Marseille appréciera (lire article ci-contre). « Il y a des enjeux de préservation de nos modèles sociaux, d’emplois. Il faut réfléchir à quelles sont les industries de demain et la décarbonation en est une. C’est l’occasion de faire de nouvelles usines », plaide Timothée Moulinier, appelant à un « protectionnisme intelligent ». En résumé, les patrons du secteur maritime français, historiquement construit sur le mantra du libre-échange et largement exportateur, en appellent à la planification et au « soutien de l’État » face à la concurrence américaine et asiatique. « Développer des énergies alternatives, des navires plus sobres, des systèmes propulsifs innovants, suppose plus d’un milliard d’investissements par an », insiste Jacques Hardelay.

    D’où la venue des ministres et d’où l’attente des industriels pour des actions très concrètes sur les infrastructures de Marseille-Fos en lien avec l’Axe Méditerranée-Rhône-Saône (MeRS). « On ne parle plus de lignes maritimes mais de corridors et on a la chance d’avoir un hinterland élargi avec l’axe MeRS. On travaille à le développer avec des questions d’intermodalité, sur le fleuve et sur le rail », résume Amal Louis, directrice du développement commercial du port Marseille-Fos. Jean-Luc Chauvin ajoute : « On a 6% de trafic fluvial par le Rhône contre 20% en Europe en moyenne dans les corridors fluviaux. Tant qu’on n’est pas connecté de façon fiable, on ne pourra pas prétendre à rendre nos infrastructures indispensables pour rejoindre l’Asie et l’Orient. »

    Mais la réindustrialisation verte de Marseille-Fos reste suspendue à des mesures concrètes, à l’instar de la ligne électrique à très haute tension de 400 000 volts entre Jonquières-Saint-Vincent dans le Gard et Fos-sur-Mer dans les Bouches-du-Rhône. Vitale pour les projets industriels décarbonés, la ligne doit être construite par RTE à qui l’État, bien qu’ayant validé le projet le 18 décembre, demande la poursuite du débat public sur le volet environnement. « On a la nécessité de disposer d’une alimentation électrique sécurisée, rénovée et quantitativement adaptée aux besoins des industriels », précise auprès de La Marseillaise, le préfet de région, Jacques Witkowski. Il rassure : « Des industriels cherchent des tours de table financiers. Les délais seront ce qu’ils seront. Nous rechercherons des voies d’acceptabilité. Notre mission est de construire un dossier solide. » Et accepté par les citoyens.

    Repères

    Un salon incontournable pour les acteurs de la mer

    Euromaritime est un salon majeur pour le secteur puisqu’il rassemble pas moins de 300 exposants et reçoit plus de 5 000 visiteurs venus du monde entier dont moults consuls et ambassadeurs. On y retrouve un stand XXL de la Norvège, un autre de l’île indonésienne Batam mais aussi des chantiers navals de Marseille, de la CMA-CGM, de l’Université de Toulon, de la Région Sud…

    Une décarbonation porteuse d’emplois

    La réindustrialisation verte du golfe de Fos et du pourtour de l’Étang de Berre comporte une trentaine de projets au coût estimé autour des 20 milliards d’investissements au total. Lesquels concernent principalement l’acier vert, l’hydrogène, la chimie et évidemment les activités portuaires à l’instar de l’éolien flottant. Les premières prévisions tablaient sur la création de 60 000 emplois mais le préfet de région, Jacques Witkowski, a évoqué 115 000 emplois récemment. De quoi renflouer les flux du port de Marseille-Fos.

    500 000

    Selon Jacques Hardelay, président de Marseille Provence Croisières, la filière maritime en France représente 500 000 emplois pour une production estimée à 120 milliards d’euros. Pour la seule industrie navale c’est 57 000 emplois directs.

    50

    La filière mer française réalise plus de 50% de son chiffre d’affaires à l’export, dont 95% pour la construction navale civile, selon les chiffres gouvernementaux. C’est 43% pour le versant Énergies Marines Renouvelables (EMR), selon Business France cette fois.

  • Vaucluse : l’aménageur du Rhône presse une relance du renouvelable

    Vaucluse : l’aménageur du Rhône presse une relance du renouvelable

    La pluie et le beau temps constituent le quotidien et le modèle économique de la CNR, premier producteur français d’énergie renouvelable. Mais l’expression reflète aussi l’état d’esprit actuel de l’entreprise.

    Lors des vœux de l’aménageur du Rhône, tenus ce jeudi 29 janvier à Avignon, dans le Palais des Papes, Laurence Borie-Bancel, présidente du Directoire de la CNR, a d’abord souhaité revenir sur une « année 2025 contrastée car marquée par l’instabilité institutionnelle et politique qui nous impacte ».

    La structure se félicite d’avoir produit près de 15 TWh d’électricité renouvelable, dont 13,2 TWh d’hydroélectricité, le reste provenant de l’éolien et du solaire, « soit l’équivalent de 6,4 millions de personnes alimentées », précise la présidente. Elle regrette toutefois « l’absence de feuille de route énergétique ». Selon elle, si « l’hydroélectricité bénéficie d’un consensus sur sa place centrale dans le mix électrique français, ce n’est plus le cas de l’éolien et du solaire ». Deux filiales de la CNR exploitent ces énergies : Vensolair et Solarhona.

    Transport fluvial

    Convaincue que « la décarbonation et la souveraineté passeront par l’électrification », la dirigeante évoque des projets majeurs lancés o ou en passe de l’être, notamment en Vaucluse. Avec, par exemple, la volonté de doubler le déploiement de l’éolien et du photovoltaïque d’ici 2030 pour atteindre 2 000 MW. La construction d’une « petite » centrale hydroélectrique va également bientôt démarrer à Caderousse.

    L’un des points les plus attendus reste toutefois l’examen de la proposition de loi sur l’hydroélectricité à l’Assemblée nationale. Déposée par la députée socialiste Marie-Noëlle Battistel, elle sera discutée en séance ce mardi 3 février. Le texte vise à permettre la mise en concurrence des concessions de barrages, propriétés de l’État, que celui-ci refuse pour l’instant, malgré les exigences de la Commission européenne. Il prévoit également d’ouvrir davantage le marché de l’hydroélectricité.

    La présidente de la CNR n’a par ailleurs pas évoqué uniquement des projets énergétiques. Le démarrage des travaux à l’écluse à grand gabarit de Bollène, où le doublement des portes est programmé, en témoigne. Ces travaux, échelonnés sur six ans, « permettront de fiabiliser le transport fluvial », indique la CNR. Une opération similaire est prévue à Châteauneuf-du-Rhône. L’investissement total est estimé à 90 millions d’euros.

    Parallèlement, la structure ambitionne de doubler le fret fluvial et ferroviaire sur le Rhône à l’horizon 2035, tout en favorisant l’implantation d’entreprises.

  • Des inquiétudes à l’échelle locale pour le cadre de vie et les services publics

    Des inquiétudes à l’échelle locale pour le cadre de vie et les services publics

    Un enjeu peut en cacher un autre. L’installation de nouvelles usines et la décarbonation de celles existantes impliquent de nouveaux emplois, dont les prévisions varient entre 6 000 et 10 000 sur une durée et un statut encore inconnus à ce jour. De nouvelles familles vont s’installer, nécessitant des logements, des médecins, des transports ou des écoles, entre autres.

    Des services publics

    La première des préoccupations des élus face à ces annonces est avant tout celle de « réindustrialiser dans l’intérêt des travailleurs, cela doit permettre le maintien des emplois existants, mais aussi la création de nouveaux emplois, dans les proportions qui ont pu être annoncées », selon le maire de Martigues Gaby Charroux (PCF) invité lors du dernier congrès de l’Union départementale CGT. Les incertitudes qui concernent certaines entreprises du 1er pôle pétrochimique européen de Lavéra, comme Kem One (notre édition du 13/01) conduisent l’édile à vouloir « conforter les emplois industriels de notre territoire. Les meilleurs salaires du territoire martégal se trouvent dans l’industrie et nous voulons les conserver », disait-il lors de sa déclaration de candidature en novembre. Ce pourtour de l’Étang de Berre est « un territoire à la fois stratégique pour l’industrie et pour le développement du service public », rappelle le premier magistrat de Martigues.

    La santé est centrale dans l’approche des élus du golfe. Particulièrement au regard de la situation de l’hôpital de Martigues, construit en 1974 pour soigner la zone et absorber le risque industriel. « Notre hôpital est structurant pour le territoire de tout l’ouest du département, avec tous les sites Seveso », rappelait Gaby Charroux lors de l’annonce du plan immobilier (notre édition du 22/01). Le manque chronique de personnel et de moyens dénoncé par l’ensemble des syndicats CGT de la zone conduit l’élu à batailler depuis 3 ans avec l’État et l’Agence régionale de santé (ARS) pour obtenir les 90 emplois et 170 millions d’euros revendiqués par la CGT.

    Bataille à l’hôpital, et « du lobbying » pour Laurent Belsola, maire (PCF) de Port-de-Bouc en difficulté au plan médical. « Il ne se passe pas une semaine sans qu’on nous demande si des nouveaux médecins vont s’installer », indiquait l’élu lors d’une réunion publique début janvier. « La santé n’est pas une compétence municipale, mais on a besoin de répondre aux besoins de la population. Alors on prend tous les moyens possibles pour faciliter les projets d’implantation publics comme privés », détaillait-il. Du reste, « la Ville de Martigues a décidé de protéger l’environnement foncier immédiat du centre hospitalier de manière à prévoir des extensions possibles », précisait ce vendredi Gaby Charroux.

    Construire du logement

    Il faudra également trouver une solution de logement pour les milliers de demandeurs actuels dans le parc social et les futurs milliers à venir. « On a besoin de continuer à construire », insistait Gaby Charroux en réunion publique à la mi-janvier. Selon l’édile, « il faudrait construire 250 logements par an pour loger les habitants actuels et les futurs salariés de l’industrie dans les projections du plan local d’urbanisme intercommunal » rien que pour Martigues. « L’État doit aller voir les villes qui ne respectent pas les obligations en matière de logement » pointe également l’élu, de même que le besoin pour la Ville de « veiller au peuplement » pour la mixité sociale.

    Le défi posé par l’aménagement du territoire nécessaire à l’accueil de la population pose la question de la gouvernance de cette mutation. La Commission nationale du débat public (CNDP) retient dans son dernier rapport du 13 janvier qu’« un pacte de gouvernance associant l’ensemble des communes du bassin, les industriels et autres parties prenantes est annoncé en 2026 ». Une fois encore, la balle est dans le camp de l’État.

  • Les élus face à la révolution industrielle

    Les élus face à la révolution industrielle

    À l’Ouest du département, le ballet des camions sur la RN568 est incessant. D’ici 2030, ces véhicules (4 600 poids lourds par jour dont 700 opérant du transport de matières dangereuses) ne passeront plus par ce qui sera, Laurent Belsola (PCF) et Gaby Charroux (PCF) l’espèrent, un boulevard urbain, mais par le contournement autoroutier qui passera au nord de leurs deux villes Martigues et Port-de-Bouc.

    Déclaré d’utilité publique en 2017 et demandé depuis plus de cinquante ans par la population et les élus du territoire, cet aménagement est enfin entré dans le concret en juillet 2025 avec la signature de son protocole de financement. Au total, 228 millions d’euros seront investis par les pouvoirs publics (État, Région, Département, Métropole et Grand Port maritime de Marseille-Fos – GPMM) pour construire près de 7 km de 2×2 voies, deux échangeurs et 12 ouvrages d’art.

    Loin d’être un hasard, cette somme a été obtenue à la faveur de la décarbonation de la zone industrialo-portuaire (ZIP) de Fos. « On a pris en compte le fait que l’économie mondiale est là, c’est le premier investissement qui permet de dire que la ZIP va se développer et prendre une autre dimension », notait le maire de Port-de-Bouc Laurent Belsola lors de la signature en préfecture.

    Des décisions finales d’investissement en 2026

    De la même manière que, dans les années 1970, le développement de la sidérurgie dans les bassins Ouest du port, et notamment les implantations de Solmer et d’Ugine, ont entraîné une arrivée massive de travailleurs lorrains, l’arrivée de nouveaux acteurs économiques devrait bouleverser la physionomie du territoire dans les années à venir.

    Près de cinquante projets industriels ont été identifiés par la Commission nationale du débat public, qui a mené une concertation globale du 2 avril au 13 juillet dernier, dans les secteurs de l’hydrogène (H2V), de la sidérurgie dite « verte » (GravitHy, Marcegaglia), des carburants bas-carbone pour le maritime et l’aviation (Neocarb), la chimie, de la pétrochimie, de l’aérien (pôle Jean-Sarrail), des énergies (Carbon), ou encore de la logistique. Près de 15 milliards d’euros privés sont attendus dans la zone. Alors que le contexte national et international est pour le moins instable, lors des vœux du GPMM, le président du directoire Hervé Martel rappelait : « 2026, c’est l’année d’un certain nombre de décisions finales d’investissement pour ces opérateurs. » Les pouvoirs publics et le monde économique parlent déjà de 10 000 emplois directs créés d’ici 2030-2035. Charge aux communes alentour d’être en capacité d’accueillir ces nouveaux travailleurs et leurs familles.

    Pour le président du conseil de surveillance du GPMM, Christophe Castaner, « notre responsabilité est de rendre possible l’implantation de ces projets, en aménageur et propriétaire foncier, en accompagnant massivement les infrastructures publiques ». Le port vient d’adopter son projet stratégique 2025-2029, qui prévoit plus d’un milliard d’euros d’investissements, dont 77% seront consacrés aux bassins Ouest. En ligne de mire : l’extension du terminal avec le projet Fos 3XL à horizon 2031, la desserte du môle central et l’élaboration d’un schéma directeur ferroviaire pour anticiper les flux.

    La ligne THT divise

    Indispensable, l’alimentation électrique constitue la pierre d’achoppement de la transition industrielle de la zone. D’après le port, les besoins sont estimés à 2,4 GW supplémentaires sur le seul môle central d’ici 2029, et plus de 6 GW à l’échelle du golfe de Fos à l’horizon 2030. Pour y répondre, un projet de ligne aérienne très haute tension de 65 km et 180 pylônes avait été présenté au public, suscitant de vives oppositions des agriculteurs, des associations écologistes et des élus du pays d’Arles, amenant le collectif THT 13/30 à proposer une solution alternative d’enfouissement partiel.

    Dans leur rapport publié en décembre, les services de l’État ont acté le report de leur décision sur la réalisation de cette infrastructure électrique, exigeant de nouvelles précisions au gestionnaire public du réseau, RTE. Un consensus sera-t-il trouvé ?

    « Rendre possible l’implantation de ces projets »

  • Des portuaires qui défendent leur force de travail

    Des portuaires qui défendent leur force de travail

    Lors de ses vœux, ce jeudi 22 janvier, Pascal Galéoté, secrétaire général CGT du Grand Port maritime de Marseille, a tenu à rappeler que son activité relevait avant tout du « fruit du travail des travailleuses et travailleurs du port ».

    S’il convient que « le port dispose d’un modèle économique robuste », il s’interroge sur l’avenir de cet outil de développement crucial du territoire, notamment « sur la finalité de certains projets sur les segments à la fois liés à la décarbonation et soumis à une concurrence exacerbée ». Pour le responsable syndical, « les prochaines élections municipales sont un laboratoire politique ». Et de souligner que « depuis plusieurs semaines, nous voyons fleurir des discours d’équilibrisme électoral, le fameux “en même temps” ». 

    Décarbonation sans ligne THT ?

    À savoir : « Un emploi industriel mais en même temps sans industrie, pour la souveraineté énergétique mais avec une baisse de la production, pour la décarbonation mais contre la ligne à très haute tension, pour la transition écologique mais contre le transport ferroviaire, pour la qualité de l’air mais contre le branchement des navires à quai. » Et au final, des positionnements « toujours contre les industries des activités portuaires, qu’il s’agisse des passagers, de la réparation navale ou du transport des marchandises », résume-t-il. Autant d’éléments qui poussent le syndicat à la plus grande prudence.

  • Le parti pris de la Région pour accroître les transports publics

    Le parti pris de la Région pour accroître les transports publics

    Avec 46 600 personnes qui s’installent chaque année, l’Occitanie a la troisième croissance démographique -hors Mayotte- de l’Hexagone. C’est ainsi que la région dépasse les 6,2 millions d’habitants en 2025. De bons chiffres expliqués par un solde migratoire positif de 0,9 point malgré un solde naturel négatif de 0,1 point. En effet, depuis 2017, l’Occitanie enregistre plus de décès que de naissances. C’est donc le fort nombre d’arrivées qui permet l’augmentation continue de la population occitane.

    18 rames supplémentaires

    Face à cette croissance, qui devrait perdurer jusque dans les années 2040, la Région anticipe et développe notamment sa politique de transports.

    « Nous n’avons pas attendu ces chiffres pour nous pencher sur cette question. Cela fait partie des choses que l’on suit et on fait des points chaque année avec les associations d’usagers ou les comités départementaux des mobilités afin de suivre cette croissance. Notre volonté d’adapter régulièrement l’offre est liée avant tout à un travail de partenariat, de suivi et de démocratie citoyenne continue », soutient Jean-Luc Gibelin, vice-président PCF de la Région Occitanie.

    Ainsi, la collectivité dirigée par la socialiste Carole Delga prévoit de commander des rames supplémentaires. « Nous avons lancé l’acquisition de matériel roulant ferroviaire. 18 rames supplémentaires ont été commandées. Elles sont à deux étages – donc des rames plus capacitaires – et vont être déployées en particulier sur le littoral, car nous avons déjà des rames du côté de Toulouse. Elles vont arriver à partir de la deuxième moitié 2026 et sur toute l’année 2027, à raison d’une à deux rames par mois », poursuit le vice-président de la Région. Des délais expliqués par la lente construction des rames.

    L’autre offre à développer concerne les cars. Bien que la Région Occitanie ne soit pas propriétaire des cars – « elle est juste propriétaire de la régie des transports de Haute-Garonne, de celle des Pyrénées-Orientales, et de la SPL “D’un point à l’autre” dans le Tarn », précise Jean-Luc Gibelin – celle-ci garde néanmoins un œil sur les contrats passés avec les sociétés privées. « Dans les marchés passés, il y a des perspectives de développement de l’offre qui sont prévues. Dans ce cadre-là, les propriétaires prévoient l’acquisition de cars supplémentaires », note Jean-Luc Gibelin. Ce qui permettra d’agrandir la flotte actuelle de 5 000 cars occitans.

    Objectif décarbonation

    La Région priorise donc le développement tous azimuts des transports en commun. Une manière également de remplir les objectifs de transition environnementale. « La décarbonation passe par le développement des transports en commun. Mais nous sommes à rebours de Bercy, qui préférerait passer à 100% de véhicules électriques pour décarboner. Mais c’est faux. Il est complètement démagogique et ce serait une hérésie écologique de penser qu’en 2050, nous n’aurons plus que des véhicules électriques et que notre parc automobile sera décarboné. C’est la porte ouverte aux embouteillages », fait valoir le vice-président communiste.

    Anticiper cette croissance démographique dans les transports passe également par le développement d’infrastructures. En ce sens, la Région construit des pôles d’échange multimodaux (PEM) afin de permettre aux Occitans et futurs Occitans de se déplacer plus facilement.
    L.D.

  • FO veut une accélération de la réindustrialisation à Fos

    FO veut une accélération de la réindustrialisation à Fos

    « Des dossiers chauds pour 2026, ce n’est pas ce qui manque. » En visite à Marseille, le secrétaire général de la fédération FO Métallurgie, Valentin Rodriguez, a des messages à faire passer aux acteurs locaux comme nationaux. Forte d’une bonne représentativité dans le secteur, des industries sidérurgiques à l’aéronautique, Force ouvrière tient à alerter sur une année charnière pour les travailleurs métallos et ses « points de vigilance ». « On a une industrie en souffrance, on ne découvre pas la nécessité d’avoir une industrie souveraine aujourd’hui », campe le secrétaire général.

    Il prend l’exemple de l’automobile, un secteur qui « a perdu 100 000 emplois sur les 20 dernières années ». De quoi afficher la position de l’organisation qui se veut empreinte de « pragmatisme ». « On dit “pourquoi pas” à l’accord récemment signé à Bruxelles [qui assouplit l’interdiction des moteurs thermiques prévue pour 2035 Ndlr]. Mais on est vigilant à ce que les salariés français ne soient pas les dindons de la farce », développe Valentin Rodriguez. En clair, FO appuie la nécessité de « plus de protectionnisme » et souhaite imposer un haut pourcentage de production locale dans l’industrie.

    Même raisonnement quand l’organisation réclame « un moratoire sur la décarbonation de la sidérurgie ». Sujet ô combien local avec « la situation critique » du site d’ArcelorMittal de Fos-sur-Mer. « On tourne en mode dégradé, le groupe a mis les moyens pour qu’on redémarre en partie la production », juge David Thourey, délégué syndical d’ArcelorMittal Méditerranée. Avant de dénoncer : « Il n’y a pas de vision à long terme, le secteur attend des mesures de l’Union européenne. » Pragmatisme encore donc. « C’est compliqué d’être compétitif quand l’acier chinois peut être vendu à perte car il a le soutien de son gouvernement », développent les syndicalistes.

    FO favorable à la ligne THT

    Avant de demander « plus de soutien et moins de pression sur la décarbonation » de la part du gouvernement français actuel. De quoi faire le lien avec la réindustrialisation du golfe de Fos. Gérard Ciannarella, coordinateur de FO Métallurgie dans la région dénonce « l’attitude irresponsable de l’État » au sujet de la ligne Très Haute Tension (THT) qui doit relier Fos et Jonquières, dans le Gard. Une infrastructure « nécessaire » aux différents projets industriels à venir. « On y est très clairement favorable, le secteur en a besoin. Il faut une décision rapidement, ce n’est pas normal que l’État reporte sa prise de position pour après les municipales », tempête le syndicaliste. Valentin Rodriguez insiste : « On parle de plus de 10 000 emplois à la clé, ce n’est pas rien ! ».

  • ArcelorMittal redémarre l’acier après deux mois d’arrêt

    ArcelorMittal redémarre l’acier après deux mois d’arrêt

    L’enthousiasme n’est pas partagé. La production d’acier a repris au haut-fourneau n°2 du site ArcelorMittal de Fos-sur-Mer dans la nuit de dimanche 21 à lundi 22 décembre, après un arrêt de plus de deux mois causé par un incendie le 8 octobre dernier.

    Le directeur de la branche Méditerranée d’ArcelorMittal François Sgro s’estime « très heureux de pouvoir retrouver le cours normal de nos activités et reprendre les livraisons pour nos clients ». La nouvelle du redémarrage est « bonne », selon Zidane Merabet, élu au CSE de l’entreprise. Mais « les équipements sont vétustes et il manque d’investissements à la hauteur des enjeux » selon le syndicaliste. Rappelons que l’usine a ouvert en 1974.

    Pour Zidane Merabet et la CGT, « il faut arrêter de simplement réparer à chaque fois qu’il y a une panne ou un incendie », comme dans le cas du convoyeur d’additifs pour l’acier endommagé par le feu en octobre. « C’est comme si on mettait des rustines à chaque fois qu’on crève à vélo », schématise le syndicaliste, qui insiste sur le besoin « de financer de nouvelles installations modernes, comme un four électrique, pour assurer le virage de la décarbonation ». L’enjeu pour l’élu est « de sortir de l’acier vert, de pérenniser l’usine » et les 2 500 emplois dans le temps.

    Un effort en plus pour la sécurité des travailleurs

    La direction d’ArcelorMittal précise que « les investissements s’élèvent à de plus de 370 millions d’euros sur 5 ans », dont celui du four poche mis en service en 2024. Ce four « permet de réduire l’empreinte carbone de près de 10% dès 2025 » au prix de « 76 millions d’euros de l’entreprise, soutenue de 15 millions d’euros par l’État ».

    L’aciériste mise également sur la remise en route du haut-fourneau n° 1 à l’arrêt depuis l’été 2024. 53 millions d’euros ont été programmés pour « allonger la durée de vie de cette unité » et « redémarrer au cours du premier semestre 2026, de façon à prendre le relais du n° 2 », dont la production reprend après l’incendie.

    Il y a encore des efforts à faire pour la CGT. « Notre but n’est pas de mettre des bâtons dans les roues, mais d’être intransigeants sur la sécurité des travailleurs » affirme Zidane Merabet. « L’exposition à l’amiante et la présence d’agents cancérigènes mutagènes et reprotoxiques (CMR) dans la production imposent cette transition », justifie le syndicaliste.

    Et alerte : « les budgets de maintenance ont baissé de 38% depuis 2021 », et depuis l’incendie « des salariés interviennent quotidiennement en manuel pour les ajouts d’additifs à l’acier. Cela fait craindre des risques en plus de ceux existants et des accidents sur ces nouveaux postes créés il y a 2 mois, dont les analyses de risque sont incomplètes ».

  • [Rue de la République] Préfet Jacques Witkowski : « 28 millions d’euros d’avoirs criminels ont été saisis »

    [Rue de la République] Préfet Jacques Witkowski : « 28 millions d’euros d’avoirs criminels ont été saisis »

    Le narcotrafic

    Didier Gesualdi : Le narcotrafic empoisonne le quotidien de nombreux Marseillais. Que faut-il retenir de la visite présidentielle à ce sujet ? La hausse de l’amende aux consommateurs ?

    C’est une mission importante qui m’a été confiée. Je conteste l’expression « empoisonne le quotidien », on est très au-delà de cela. Ce n’est pas une gêne. Quand j’ai pris mes fonctions, j’en ai bien pris la mesure. Ce n’est pas l’affaire que de la police nationale, des gendarmes, des douaniers, des magistrats… C’est l’affaire de tous les citoyens de pouvoir reconquérir le terrain pour vivre normalement. Nous sommes dans une continuité des stratégies d’action pour tirer parti des expériences acquises et aller vers une performance meilleure. La stratégie passe par une occupation déterminée et têtue du terrain. Je sais qu’on peut me dire « ils sont venus, pendant trois heures c’était bien et puis cinq heures après, ça recommence ». On va recommencer aussi. Autant de fois que nécessaire. On m’a montré une « publicité » de trafiquant qui disait « venez comme vous êtes ». J’ajoute : « Venez comme vous êtes, on va vous conduire au commissariat. » On va continuer à pilonner. Sachez qu’à Marseille tous les jours c’est entre 250 à 350 policiers qui pilonnent les points de deal. Nous sommes dans une course. De temps en temps on fait des accélérations et on aura quelques surprises dans notre besace. Il m’est insupportable de constater que dans certains quartiers, pour rentrer chez vous, vous passez un contrôle de gens qui ne sont pas en uniforme et qu’il y a des chicanes. C’est insupportable. Nous prendrons le temps qu’il faut pour en finir. Uniquement sur la zone police, je ne prends ni les douanes ni les gendarmes, c’est plus de 28 millions d’euros d’avoirs criminels qui ont été saisis. C’est plus d’une quinzaine de commerces fermés, ce sont de nombreuses suites judiciaires. Sur le plan des saisies. Nous avons largement dépassé 650 kg de cocaïne, à 55 euros le gramme en moyenne, vous voyez la somme que cela représente !

    Léo Purguette : C’est un reflet de l’énormité du phénomène dans notre territoire. Cette hausse d’amende n’est-elle pas un peu dérisoire ? Ne fait-elle pas évoluer le trafic vers de la livraison type « uber shit » ?

    Il faut aussi que nous prenions en compte l’environnement de tout cela : la pauvreté, l’habitat, le travail, la santé… Il faut de la prévention. Le président de la République a été parfaitement clair. S’il y a une offre, c’est bien qu’il y a une demande. Sur les saisies on est sur des dizaines, des centaines de millions de doses. Ça donne le tournis. Il y a certes des trafiquants mais toute une série de personnes qui alimentent le trafic par leur consommation. Quand l’éducation, la prévention ne suffisent pas, la peur du gendarme doit jouer son rôle.

    L’abandon des quartiers populaires

    Didier Gesualdi : Un travail colossal est à faire dans les quartiers, il passe aussi par la réimplantation du service public.

    Bien sûr que je l’entends. Je vais sur le terrain de manière visible mais aussi discrète pour me rendre compte de la situation sans avoir de filtres devant les yeux. J’ai servi sur d’autres territoires très complexes. Il m’est insupportable de voir des territoires dégradés dans lesquels le sentiment d’abandon perdure. Quand vous vous sentez abandonnés à 1 km du centre-ville, il faut un travail de police mais aussi de toutes les politiques publiques, de toutes les collectivités qui nous accompagnent.

    Léo Purguette : Sur les Maisons France services, une des alternatives poussée par l’État pour contrer la désertification des services publics, à Marseille certaines sont menacées parce que la Métropole s’en désengage. L’État va-t-il compenser ?

    C’est un dossier dans lequel je ne suis pas complètement rentré puisque je ne suis là que depuis trois semaines mais j’en ai entendu parler. Les Maisons France services sont une vraie réussite de reconquête du service public. Ces vingt dernières années, il a beaucoup reculé notamment en ruralité mais aussi dans les centres urbains. Après la crise des Gilets jaunes, l’idée de reconquérir du service public dans une forme de guichet unique est un axe particulièrement important. Les Maisons France services n’étaient pas faites pour le milieu urbain, mais elles y ont démontré leur hyper-pertinence. Donc il faut les maintenir, parfois les enrichir.

    Le logement social

    Didier Gesualdi : La production de logements connaît une crise. Que dites-vous aux communes qui ne jouent pas le jeu ?

    D’abord, sur la production, on a sur la totalité de la France depuis 4 à 5 ans, un ralentissement. Pour y répondre, nous avons plusieurs programmes qui sont en place. Sur la totalité de la région, cette année, nous avons dépensé 350 millions d’euros. C’est quand même une somme plus que rondelette. C’est nécessaire de le dire pour les habitants qui ont l’impression que rien ne bouge. Pour reprendre la formule d’Audiard, « La justice, c’est comme la Sainte-Vierge, si on ne la voit pas de temps en temps, le doute s’installe ». En 2025, à Marseille et sur le territoire de la Métropole il y a une reprise, puisque l’objectif était de faire 3 000 logements, on va en faire 4 000. Bien sûr la demande reste très forte. L’année 2026, verra le programme Anru qui fait 800 millions pour le département dont 650 pour Marseille, la réhabilitation des copropriétés dégradées… Ensuite, les maires. La loi SRU déjà fort ancienne prévoit qu’on doit respecter 25% de logements sociaux à défaut de quoi il faut s’acquitter de sommes importantes réaffectées par l’État aux politiques du logement. C’est un choix local de certains maires.

    Léo Purguette : N’y a-t-il pas pour le représentant de l’État, quelque chose de moralement perturbant à voir des élus faire campagne en promettant d’enfreindre la loi ?

    Moralement perturbant, non. La loi existe et continuera de s’appliquer. Les élus sont élus démocratiquement, cela veut dire qu’une majorité des citoyens s’est portée sur eux. Il n’empêche que nous appliquerons la loi. Dans certains cas, on peut aller jusqu’au retrait du droit d’attribuer les permis de construire mais c’est un constat d’échec. La mixité sociale on peut en parler, elle ne se décrète pas, parce qu’après il faut la vivre.

    La crise agricole

    Léo Purguette : Qu’avez-vous à dire aux éleveurs de notre région, très inquiets, du fait de l’épizootie de dermatose nodulaire bovine mais pas seulement ?

    J’étais en réunion avec le ministre de l’Intérieur à ce sujet quelques dizaines de minutes avant de vous recevoir. Le gouvernement entend bien qu’il y a différents sujets d’inquiétudes. L’agriculture connaît une situation complexe, de concurrence, avec des normes qui s’accumulent. J’ai demandé qu’on puisse discuter avec les éleveurs de Camargue et qu’on puisse les intégrer assez rapidement à une vaccination globale de manière à préserver la race. Pour le coup, il y a peu d’individus. Ce ne sont pas des bêtes qu’on vend pour faire de la boucherie ou du lait. La race est très spécifique, il faut que l’on puisse la protéger. La vaccination devrait arriver d’abord dans l’Hérault et suivre dans la foulée en Camargue.

    La décarbonation de l’industrie

    Léo Purguette : Vous avez rendu votre avis sur la ligne Très haute tension qui vise la décarbonation de l’industrie dans le golfe de Fos. Pourquoi l’entreprise RTE doit-elle revoir sa copie ?

    C’est un sujet qui a fait l’objet d’une action novatrice de la commission nationale du débat public, cet organisme garant de l’honnêteté – au sens du XVIIe siècle – et de la pertinence du débat public. Le travail rendu est absolument complet, on comprend bien les enjeux pour le territoire mais aussi les risques et les facteurs de blocages éventuels. Tout cela, nous amène à demander au porteur de projet qui est l’opérateur de transport d’énergie RTE, de construire un dossier qui tienne compte de tous ces éléments, de façon à s’approcher du consensus même si on n’y arrive jamais tout à fait. RTE doit améliorer son dossier de façon à ce qu’on puisse approcher du bonheur.

    Léo Purguette : Améliorer ça veut dire quoi ? Des sections du tracé souterraines ?

    Contrairement à ce que j’ai pu entendre dire, on n’a pas pris le parti d’une forme de projet. Lorsque vous lisez les arguments d’un certain nombre d’adversaires du projet, je comprends qu’on se pose des questions de paysage, on habite tous quelque part, ou de santé, d’impact environnemental… il faut pouvoir y répondre. Le choix porté par l’opérateur un peu à la façon de la barbe du capitaine Haddock « dessus-dessous » doit pouvoir être très justifié afin de savoir pourquoi on écarte et pourquoi on retient.

    Didier Gesualdi : Si on synthétise, il faut arriver à concilier le gisement d’emplois, avec la décarbonation, la santé des populations et l’environnement ?

    Je rappelle que la zone de Fos-Berre, à elle seule, représente 25% des émissions françaises de CO2 donc l’enjeu est considérable. Ensuite, c’est 42 000 emplois avec des perspectives de développement. Effectivement, une fois que l’on a dit ça, une ligne Très haute tension de 400 000 volts, ce n’est pas anodin dans un paysage. Évidemment, il faut tenir compte de l’ensemble des éléments mis en évidence dans le travail de qualité de la commission nationale du débat public. Il n’est donc pas possible pour le moment d’engager la déclaration d’utilité publique. L’opérateur RTE doit améliorer son dossier en incluant toutes les remarques qui lui ont été faites.

    Marseille en grand

    Léo Purguette : Le plan Marseille en grand fait polémique dans la campagne municipale notamment sur les écoles. Quels sont vos chiffres ?

    Marseille en grand est critiqué mais c’est normal. Il y a toujours sur le territoire, une attente. J’arrive au moment où le bébé est accouché et je fais le rôle du pédiatre qui est quand même beaucoup plus simple que celui de l’obstétricien. Si ce plan n’avait pas été conçu – 5 milliards d’euros excusez-moi du peu – nous serions tous restés au point ante. Donc on peut entendre toutes les critiques mais ce qui a été engagé est en route. Trois chiffres : parmi les 200 actions réparties sur 7 thématiques, 87%ont été réalisées ou commencées. Sur la totalité des 5 milliards d’euros, à l’arrivée du président de la République mardi, nous en étions à 61% d’exécution de crédits. Ça fait du bruit quand même, financièrement parlant. Et depuis, à l’heure ou nous nous parlons, nous avons encore engagé une douzaine de millions de plus, sur les transports. Sur les écoles, tout dépend ce que l’on regarde. Il y a 15 écoles livrées, 44 qui sont débutées et des phases 3 et 4 qui arrivent.

    La question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Grégoire :

    Bonjour M. le préfet. Il y a dans notre région une cascade de condamnations d’élus. Comment l’État agit pour prévenir les risques de prévarication ?

    Ça ne doit pas exister puisque c’est interdit par la loi. Il y a des textes qui encadrent les marchés publics. Il y a des textes de procédure, mais aussi des textes de déontologie. Il est nécessaire de les respecter. Ensuite, sortir d’un texte de loi ce n’est pas forcément toucher de l’argent, ce peut être bénéficier d’un avantage auquel on n’a pas droit, obtenir ou donner un passe-droit. Il ne faut pas minimiser, c’est comme sur la route, on va vous dire « j’ai été flashé à 91 km/h et la limite c’est 90, ce n’est pas grand-chose ». Sauf que si vous portez la limite à 100 km/h, vous aurez le même discours pour ceux qui sont flashés à 102. Donc premier élément : respecter les règles. Deuxième élément : faire en sorte que les règles soient connues. J’ai vu certains élus se trouver involontairement dans une situation de prise illégale d’intérêts parce que la loi est complexe. Le fait, par exemple, d’assister au vote d’une délibération dans laquelle vous avez intérêt peut arriver de bonne foi pour les grands élus qui ont de multiples responsabilités et qui ne font pas attention à une incompatibilité lors d’un vote. Troisième élément : l’exemplarité. Quand on est élu ou responsable public, il faut l’avoir en tête. On a aujourd’hui une remise en cause des élites qui montre le besoin de figures d’exemplarité qui donnent un cap. La faute d’un seul peut vite rejaillir sur tous. L’État est là pour faire respecter les règles. Tout simplement.

    La République c’est quoi ?

    Préfet Jacques Witkowski : « La République c’est ce qui nous unit au sein de la Nation. C’est l’ensemble de nos valeurs qui nous réunit au-delà de notre couleur de peau ou de nos convictions politiques. C’est l’ADN de la France. Être Français, ce n’est pas simplement être de quelque part. La République, c’est ce qui juridiquement, en notion et en vie courante, nous raccroche à tous. C’est un grand tout fait de petits détails. »

  • 107 millions à trouver pour réindustrialiser le golfe de Fos

    107 millions à trouver pour réindustrialiser le golfe de Fos

    L’ambition est posée d’emblée : « Faire du golfe de Fos-étang de Berre le premier pôle industrialo-portuaire décarboné de la zone Euro-Méditerranée-Afrique, tout en préservant et valorisant ses atouts environnementaux. » Cinq mois après la fin d’une concertation XXL sur l’avenir de la zone, le conseil régional doit adopter, ce jeudi, le contrat de projet partenarial d’aménagement, afin d’accompagner l’installation de 30 projets industriels majeurs sur le territoire avec 10 000 emplois créés et de 15 à 20 milliards d’euros d’investissement sur dix ans. Un contrat qui doit être aussi validé en conseil départemental le lendemain, puis métropolitain lundi.

    Au total, 679,5 millions d’euros doivent être investis d’ici 2030 pour créer les infrastructures nécessaires, entre lancement d’études et réalisation des premiers travaux. Des financements fléchés en majorité sur les transports, en particulier sur la réalisation, attendue depuis cinquante ans, du contournement de Martigues et Port-de-Bouc avec 228 millions d’euros prévus, mais aussi pour la modernisation de la ligne de la Côte bleue en étudiant un possible rapprochement de la gare de Fos avec sa zone industrielle, à hauteur de 93 millions d’euros, pour la réalisation de pôles d’échanges multimodaux à Miramas, au Rove, Vitrolles et Rognac avec en plus une piste cyclable de Port-Saint-Louis à Distriport, pour 54 millions d’euros… Et puis il y a les études de la liaison Fos-Salon, la requalification de la D268 qui dessert les terminaux.

    S’ajoutent d’autres gros dossiers : la modernisation depuis longtemps réclamée de l’hôpital de Martigues pour 60 millions d’euros, le développement des réseaux d’eau industrielle pour 42,5 millions, auquel s’ajoutent des études pour prélever l’eau du canal d’Arles à Fos, se connecter au réseau du canal de Provence voire se pencher à plus long terme sur la dérivation de l’eau de l’usine hydroélectrique de Saint-Chamas vers le Rhône. La zone de la Fossette, à Fos-sur-Mer, doit de son côté être aménagée avec un investissement de 40 millions d’euros pour accueillir des services sur mesure pour la zone industrielle, avec espaces tertiaires, aires de services pour poids lourds, ainsi que future cité de l’industrie et du port.

    5 600 logements à créer

    Le document se penche aussi longuement sur la question du logement. Des zones prioritaires sont identifiées, sur le secteur nord canal à Port-Saint-Louis, autour du contournement de Martigues – Port-de-Bouc, sur la friche Rassuen à Istres. Au total, ce sont 5 600 logements qu’il faut livrer en cinq ans. Pour faciliter la maîtrise foncière, une opération d’intérêt national doit être mise en place, une société publique locale d’aménagement d’intérêt national (Spla-in) créée.

    Mais, sur l’enveloppe prévue, 107 millions d’euros restent à trouver. « Quand on a le projet, on trouve les fonds, je ne suis pas très inquiet », tient à rassurer le président (Ren.) de Région, Renaud Muselier. Qui rappelle que sur les fonds européens, « on est éligibles à tout ».

    Un cap, surtout, reste à passer, celui de la ligne très haute tension qui doit assurer le doublement de la demande en électricité, et sur laquelle une décision du préfet est attendue pour samedi. « Le conseil que je lui donne, c’est de le faire après les municipales pour ne pas déclencher de conflits qui n’existent pas », glisse Renaud Muselier, qui veut rassurer les industriels. Rappelant que l’ancien préfet, favorable au projet, est maintenant directeur de cabinet à l’Élysée.

    Pour Muselier, le RN a peu de chances aux municipales

    Interrogé par la presse, ce mercredi, sur la menace de l’extrême droite aux municipales, le président (Ren.) de Région Renaud Muselier se montre optimiste. « Je ne crois pas à la victoire du RN dans la région », assure-t-il. Avec même l’espoir de refaire basculer Rognac, un an après la victoire surprise du RN. Cela ne l’empêche pas d’être inquiet pour Toulon, où « il y a de la division sur la ligne », tandis qu’à Arles, il a œuvré pour l’union de Cyril Juglaret avec Patrick de Carolis face au risque de défaite. Prudent sur la situation à Marseille avec l’évolution du mode de scrutin, il n’en rappelle pas moins que « le national ce n’est pas le local », taclant le candidat RN. Et d’écarter les craintes sur une alliance avec l’extrême droite : « Il faut bien qu’on récupère les électeurs RN et, en même temps, il ne faut pas qu’on perde les électeurs du centre. » Quant à Sabrina Agresti-Roubache, qui s’était émue des propos de Martine Vassal, « elle a sa place, mais ça ne peut fonctionner que si on est une équipe. »