Tag: décarbonation

  • L’impact écologique du contournement de Martigues inquiète

    L’impact écologique du contournement de Martigues inquiète

    Le projet dormait depuis plus de cinquante ans. La décarbonation et le développement de la zone industrialo-portuaire (ZIP) de Fos-sur-Mer aura permis son réveil. Le 30 juin, le contournement autoroutier de Martigues et de Port-de-Bouc devenait enfin concret avec la signature du protocole de financement, allouant 167 millions d’euros à la construction de cette nouvelle infrastructure. L’objectif : délester la RN568, qui voit quotidiennement passer près de 50 000 véhicules, dont près de 10% de camions, et mieux desservir la ZIP, puisque les dernières projections montrent une croissance attendue de 30% du trafic poids lourds, à horizon 2030.

    S’il était attendu, le projet ne fait pas pour autant l’unanimité au sein de la population. Ouverte le 29 septembre, l’enquête publique organisée jusqu’au 29 octobre en est la preuve. Plusieurs points d’inquiétude reviennent sur la table. D’abord, son effet sur la pollution. « Plus de routes équivaut à plus de voitures, ce qui implique une augmentation des émissions de CO2 et de polluants atmosphériques, donc davantage de problèmes de santé pour les habitants », écrit Audrey Juste sur le registre.

    Des alternatives sous-exploitées

    Mais c’est avant tout l’impact environnemental de cette infrastructure qui cristallise les oppositions. FNE 13 souligne la consommation de « 84 ha d’espaces naturels, agricoles et forestiers, et ce en complète contradiction avec l’objectif d’une réduction drastique de l’artificialisation des sols », avec une zone impactée comportant une « grande diversité d’habitats naturels, dont certains sont à fort ou très fort enjeu de conservation ». Éric Brunet, un habitant de Martigues, ajoute : « La proximité de zones humides sensibles, comme l’étang du Pourra, accentue également les risques de perturbation des écosystèmes. » Alternatiba affirme : « Avec une demande de dérogation à l’interdiction de destruction de 105 espèces protégées, le projet aurait un impact réel. »

    Les opposants au contournement autoroutier revendiquent un changement de paradigme et la recherche d’alternatives, notamment ferroviaire, une solution sous-exploitée, selon FNE 13. Alternatiba assène : « Alors que les déplacements domicile-travail en voiture sur l’Ouest Étang de Berre atteignent les 90%, que 95% des déplacements spécifiquement sur la ZIP sont en véhicule en 2021 contre 86% en 2006, il est plus que temps d’engager un programme de création de réelles offres de transports publics et de développement d’un réseau de pistes cyclables en site propre sur notre territoire. »

  • Les citoyens évaluent les actions pour un air plus sain

    Les citoyens évaluent les actions pour un air plus sain

    Ce n’est plus un panel, c’est un collège. « On a donné plus de pouvoirs aux citoyens », explique Gwenaëlle Hourdin, présidente du Secrétariat permanent pour la prévention des pollutions industrielles (SPPPI) Paca. Mais le principe reste le même : le dispositif Réponses, créé en 2019 pour améliorer la qualité de l’air, lance sa campagne de recrutement ouverte à tous les habitants des 21 communes du pourtour de l’étang de Berre volontaires pour participer à l’évaluation des actions menées sur le territoire en réponse aux préoccupations et aux attentes exprimées par les riverains. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 7 novembre. Aucune connaissance spécifique n’est requise pour intégrer la démarche.

    Le rôle de cet organe est multiple : émettre un avis qui sera rendu public sur les actions menées pour lutter contre la pollution de l’air et les gaz à effet de serre et participer à une journée d’échange et d’évaluation collective qui se tiendra cette année le 15 novembre à Martigues.

    Restaurer le lien

    de confiance

    Membre de ce panel, devenu collège, depuis sa création en 2019, Myriam* détaille : « On peut aussi participer à d’autres activités, comme retravailler les fiches bilan du dispositif pour améliorer leur visibilité et les rendre plus pertinentes, mais c’est au libre choix des gens. C’est assez souple, on investit le temps qu’on peut donner. »

    À l’heure où les projets de décarbonation se multiplient sur le territoire, le dispositif joue un rôle crucial. « Il y a cette forme d’acculturation à la question industrielle, on est sortis du manichéisme qui voudrait que les entreprises soient toutes pourries, affirme Gwenaëlle Hourdin. Les citoyens sont plus fins, plus critiques, plus aiguisés. Du côté des usines aussi, on sent une plus grande volonté de transparence. »

    Myriam en est persuadée : le dispositif Réponses participe à restaurer le lien de confiance entre le monde économique et les habitants du territoire. « Avec la création de cet espace, il y a un meilleur dialogue et on sent que la réticence qu’il pouvait y avoir de part et d’autre s’estompe. » Quant à l’avenir industriel de Fos-Berre, « c’est évident que la démarche a un rôle à jour pour l’acceptabilité des projets » au-delà du débat de zone mené sous l’égide de la Commission nationale du débat public, au même titre que d’autres organes de concertation « comme l’institut éco-citoyen ou le Lab territorial », poursuit l’habitante de Saint-Mitre-les-Remparts.

    * Le prénom a été modifié

  • Total s’associe à Air Liquide pour décarboner son process

    Total s’associe à Air Liquide pour décarboner son process

    Total La Mède poursuit sa mue. Après avoir transformé la raffinerie fossile en bioraffinerie en 2019, la direction avait annoncé un projet de décarbonation de 14% de l’hydrogène nécessaire au process grâce à un électrolyseur de 50 MW en 2021. « Finalement le projet qu’on vous présente a évolué : il va couvrir 100% des besoins en hydrogène avec un partenaire, Air Liquide », annonce Guillaume Eveno, à la tête de la plateforme depuis le 1er février dernier, lors de la réunion publique de lancement de l’enquête publique ce lundi 13 octobre.

    Concrètement, le groupe international spécialiste des gaz industriels va construire et exploiter une unité de production d’hydrogène d’une capacité de 25 000 tonnes par an sur le site de Châteauneuf-les-Martigues qui recyclera les coproduits issus de la bioraffinerie. Cet investissement permettra à Total de mettre à l’arrêt son reformer, un appareil qui reforme de l’hydrogène « à partir d’une partie du pétrole ». « Ce qu’on propose dans ce projet-là c’est de ne plus dépendre des carburants fossiles pour faire cet hydrogène, mais de le faire à partir de nos bioproduits, avec cet impact : 130 000 tonnes de CO2 en moins par an », poursuit le directeur.

    Total ne compte pas s’arrêter en si bon chemin et prévoit également d’installer deux électrolyseurs, l’un de 20 MW et l’autre de 50 MW d’ici 2030. « L’objectif c’est de pouvoir alimenter la région en hydrogène décarboné », explique Guillaume Eveno en précisant néanmoins : « Ce projet ne fait pas partie de la concertation. »

    Le PPRT inchangé

    Dans la salle peu remplie, les interrogations portent sur les nuisances et les risques d’un tel projet. En parallèle de cette nouvelle unité de production et des deux électrolyseurs, trois unités de Total devenues inutiles seront mises à l’arrêt. En additionnant les impacts « il y aura une vingtaine de phénomènes dangereux en moins, et ils seront plus éloignés de la commune », affirme François Wioland, responsable de projet au sein de la raffinerie. En d’autres termes, il n’y aura « pas de renforcement du risque, ni en distance ni en intensité, donc le Plan de prévention des risques technologiques ne bouge pas ». Côté impact sanitaire et odeurs, le volume de fumée sera réduit de 25% selon les calculs des industriels, et le gaz naturel, moins chargé en soufre et en particules d’oxyde d’azote, se substituera au gaz de raffinerie.

    Total doit cependant faire face à un défi : ces changements engendreront une explosion de la consommation d’eau (+38 m3 par heure). « En parallèle le site s’est engagé à ne pas augmenter sa consommation globale, donc il va falloir trouver des moyens », résume Guillaume Eveno.

  • Un cargo à voile pionner en escale à Marseille

    Un cargo à voile pionner en escale à Marseille

    Sur la traversée Atlantique, on envisage d’utiliser uniquement la voile. Les moteurs de propulsion nous servent seulement à sortir du port et à y rentrer. » Entre deux coups de talkie-walkie avec son équipage, Mathieu Poulain, commandant du Neoliner Origin, ne cache pas sa satisfaction de naviguer avec le « premier cargo roulier de grande capacité à propulsion principale vélique du monde ».

    Entendez par là le premier navire de commerce à voile, de dimension industrielle. Et quelles voiles ! 3 000 m² de voilure total, en panneau de carbone avec un intérieur en fibre de verre, sur deux mats en carbone « Made in France » de plus de 70 m de haut et « autoporteurs »…

    Quand le Neoliner Origin déploie sa voilure en accordéon dans le port de Marseille, elle cache le soleil pour les dockers depuis les quais. « C’est carrément différent. Quand on est à la voile, au niveau des vibrations et du bruit, je n’ai jamais connu un navire aussi confortable depuis ma cabine. C’est dingue », poursuit le capitaine Mathieu Poulain. En escale à Marseille avant de prendre le large vers Nantes, son port d’attache, la CMA CGM et Neoline présentaient cette « innovation » qui pourrait bien être la première pierre d’un nouveau genre de fret maritime.

    « Décarboner à 80 % »

    « Il a une capacité de 1 200 mètres linéaires, c’est l’équivalent de 350 à 400 voitures, il peut aussi transporter des conteneurs, pour une capacité de 265 EVP [équivalents vingt pieds, Ndlr] », explique Jean Zanutti, président de Neoline, compagnie dont la CMA CGM est au capital. « C’est le premier navire dont le moyen de propulsion principal est la voile, contrairement à d’autres navires qui ont des aides à la propulsion, mais ce ne sont que des aides. Là, on va décarboner le transport jusqu’à 80 % », abonde Xavier Leclercq, vice-président du groupe CMA CGM, en charge des constructions neuves. Et le Neoliner Origin ne souffre pas de la comparaison avec ses homologues consommateurs de carburant. « En moyenne, ça va prendre à peine deux jours de plus pour une traversée Atlantique », précise Xavier Leclercq. « On est capable d’être alignés en termes de prix sur ce trajet grâce à l’économie de fioul, même si l’amortissement est plus cher », ajoute Jean Zanutti. Si toutes les routes maritimes ne conviennent pas forcément au navire, reste qu’il est « une solution remarquable » pour la décarbonation du fret maritime. « C’est un voilier, mais c’est d’abord un cargo, un navire de commerce qui embarque de la marchandise par roulage. Mais, lorsqu’on est en mer, on hisse les voiles et on est propulsé uniquement par le vent », confirme le commandant, Mathieu Poulain.

    Une innovation à plus de 60 millions d’euros avec beaucoup d’avantages et quelques inconvénients. « C’est un peu particulier à piloter, on est assisté par pas mal d’ordinateurs et d’automatisation. On est limité par la puissance et la force du vent. Sinon, ça reste relativement facile à manœuvrer grâce notamment aux balestrons [support sur lequel est fixé le mât Ndlr] qui tournent à 360 degrés », développe le capitaine. Avec l’espoir d’insuffler un vent nouveau pour le transport de marchandises sur les mers. « J’espère et je rêve que ça puisse être le futur de la navigation », conclut Mathieu Poulain.

    « Lorsqu’on hisse les voiles, on est propulsé uniquement avec le vent »

  • [Entretien] Jean-Claude Cheinet : « Les salariés et la population doivent pouvoir contrôler l’industrie »

    [Entretien] Jean-Claude Cheinet : « Les salariés et la population doivent pouvoir contrôler l’industrie »

    La Marseillaise : Comment réagissez-vous à l’explosion du gazoduc de NaTran, le 26 septembre, à Saint-Rémy ?

    Jean-Claude Cheinet : Cet accident surprend un peu tout le monde, mais rappelle qu’il faut être exigeant sur la sûreté de ce type d’installation. La direction de NaTran nous indique que cet accident n’est pas dû à un défaut de maintenance, mais nous ne connaissons pas encore la cause exacte. Les gazoducs sont un sujet de préoccupation, mais pas d’inquiétude, dans la mesure où la sécurité de la population est assurée.

    Doit-on s’alarmer de l’industrie de l’hydrogène qui arrive à Fos-sur-Mer, après deux incidents en 3 mois ?

    J.-C.C. : Il faut nuancer. Nous sommes dans une région industrielle. La décarbonation annoncée des activités est une satisfaction, c’est écologique et permettra une diminution des risques existants. Mais la fabrication et le transport d’hydrogène dans le reste de l’Europe n’est pas sans risques, ce gaz est dangereux à manipuler. Les riverains et les salariés doivent être parfaitement au courant des détails de fabrication et des mesures de sécurité.

    Quelle structure permettrait ce contrôle citoyen ?

    J.-C.C. : Ce sont les comités de suivi de site (CSS). Il faut leur donner un périmètre d’intervention et de surveillance adéquat. Actuellement, les représentants sont nommés par le préfet et ont un avis consultatif. Faisons appel aux salariés, à la population, aux riverains. Pourquoi ne pas imaginer que les assos présentent des listes à élire ? Il devrait également y avoir un budget dédié pour mener des études, contrôler les industries. Les CSS doivent obtenir le pouvoir d’imposer les investissements nécessaires à la sûreté des installations.

  • Un projet pour verdir et pérenniser l’industrie

    Un projet pour verdir et pérenniser l’industrie

    « On fait un échange comme au collège ! » plaisante Robin Matta, secrétaire du syndicat CGT des cheminots en région Paca, en montant les escaliers des locaux de Miramas ce jeudi 25 septembre. Le matin même, les travailleurs du rail visitaient les installations de la centrale de Gardanne. L’après-midi, retour à l’envoyeur. Alors que la contestation sociale bat son plein et que les syndicats sont accusés de toute part de bloquer le pays, les organisations des deux industries présentent un projet de chaîne logistique décarbonée entre le Grand Port maritime de Marseille et l’exploitation de GazelEnergie.

    Depuis le redémarrage de l’unité biomasse en avril 2022, près de 240 000 tonnes de biomasse (sur les 400 000 tonnes nécessaires au total) doivent être acheminées de l’international chaque année pour produire de l’électricité. « Aujourd’hui, GazelEnergie préfère le transit par camions, ce qui représente 100 camions par jour avec tout ce que ça incombe en termes de pollution, de détérioration et de surcharge du réseau routier, explique Jean-Michel Roccasalva, secrétaire général de la CGT du site. La décarbonation ne passe pas que par la limitation des émissions du process, mais aussi par l’approche de nos intrants et leur acheminement. » Le syndicat revendique donc le retour de l’activité ferroviaire qui était en place jusqu’en 2019.

    Cette solution reposerait sur la voie ferrée Miramas/Aix-en-Provence via Rognac, qui servait autrefois à l’envoi de bauxite en direction de Pechiney, aujourd’hui Alteo, pour la production d’alumines. « Les infrastructures existent, mais jusqu’à quand ? demande Robin Matta. Il n’y a plus aucun train qui circule sur cette voie, qui est donc en péril. Pour nous, il y a urgence à maintenir un trafic sur cette ligne. Il y va de sa survie. Nous portons également un projet de développement en termes de service voyageurs pour partir de Miramas et aller à Aix en direct, sans avoir à passer par Marseille. »

    À moyen terme, la future activité de production de biométhane de la centrale de Gardanne pourrait également reposer sur le transport ferroviaire, évitant la circulation de vingt camions supplémentaires par jour.

    Un choix politique

    La CGT assure que cette solution n’engendrerait pas de coût supplémentaire en termes de travaux tout en pérennisant les emplois. « Pour la gare de triage de Miramas, ça nous permettrait de retrouver plus d’une cinquantaine d’emplois que nous avons perdus depuis 2019 », calcule Robin Matta. Du côté de la centrale, il s’agit d’assurer l’avenir des 27 salariés licenciés qui seront réembauchés dès le mois de décembre, selon les termes du protocole signé entre le syndicat et la direction.

    Le secrétaire CGT des cheminots Paca fait le lien avec la mobilisation sociale actuelle : « Nous voulons produire, c’est ce que nous disons aux services de l’État et à nos entreprises : il faut arrêter de liquider nos outils industriels. Sans appareil productif, nous ne pourrons pas régler nos problèmes de financement de notre sécurité sociale, de nos services publics ou d’augmentations salariales. Il s’agit d’investissements et de choix politiques. »

  • Le débat global sur l’industrie a ouvert le champ des possibles

    Le débat global sur l’industrie a ouvert le champ des possibles

    Pour la Commission nationale du débat public (CNDP), l’heure est au bilan. Deux mois après la fin de la concertation sur l’avenir industriel de la zone de Fos-sur-Mer et du pourtour de l’étang de Berre, qui s’est tenue du 2 avril au 13 juillet, l’instance publie son compte rendu. Près de 200 pages passant en revue les enseignements de cette démarche inédite.

    Ce débat global coordonné par l’État était une première « par les objets qu’il devait traiter, c’est-à-dire à la fois une vocation proposée pour des territoires et les effets cumulés des nombreux projets », explique Audrey Richard-Ferroudji, présidente de la concertation. Si, au départ, le dossier présentait des fiches sur 35 projets, la carte interactive du site en comprenait 51 à la fin du débat, suite aux demandes du public.

    L’instance n’a pas seulement concentré les informations disponibles, elle en a aussi produit, à l’instar de la tierce expertise sur le projet de ligne très haute tension de 400 000 volts devant relier Jonquières-Saint-Vincent (Gard) à Fos, ou de l’analyse des effets cumulés sur l’environnement.

    Des recommandations

    La CNDP note néanmoins certaines limites, comme le regret d’un manque de dialogue et d’une co-construction des décisions au-delà de l’expression et de l’écoute remontées par de nombreux participants. « C’est vrai que le format de réunion publique, de manière générale, est peu propice au dialogue puisqu’il y a beaucoup de personnes qui veulent s’exprimer, concède Audrey Richard-Ferroudji. Mais il y a eu des échanges et des choses qui ont bougé. »

    Étienne Ballan, animateur de la concertation, illustre : « On est entrés dans ce débat avec un projet spécifique de ligne THT, un calendrier précis et beaucoup de défiance de la part du public. Incontestablement on sort du débat avec, plutôt qu’une solution technique, un besoin d’un programme de raccordement électrique pour mettre à niveau un réseau assez défaillant. La focale a changé. Sur la question du délai, l’analyse des besoins a permis de caractériser l’empilement des demandes de raccordement pour l’arrivée des projets. Le débat a aussi ouvert des possibilités avec une proposition faite par un expert d’envisager l’alimentation électrique de manière plus progressive. »

    Le débat global n’a donc pas apporté de solution miracle, mais il a permis de mettre en avant les inquiétudes des habitants du territoire et leurs solutions alternatives. Des dizaines de demandes de précisions ont été formulées par les participants à l’égard de l’État, ainsi que dix recommandations générales de la CNDP aux premiers rangs desquelles la constitution d’un programme d’ensemble de décarbonation et de réindustrialisation, doté d’une vision stratégique unifiée et d’un schéma directeur, qui serait soumis à une évaluation environnementale d’ensemble, et une concertation continue.

  • Un tissu toulonnais riche et soutenu pour favoriser la cohésion sociale

    Un tissu toulonnais riche et soutenu pour favoriser la cohésion sociale

    « Nous avons vraiment à cœur de mettre en lumière la richesse du tissu associatif de la ville de Toulon et tous les bénévoles qui le font vivre », commence l’adjointe au maire Caroline Depallens qui a en charge parmi ses fonctions l’organisation du Forum des associations. Une vitalité expliquée par une politique volontariste de la municipalité qui, malgré les crises, a non seulement maintenu les dotations aux associations mais est parvenue à les augmenter, lorsqu’ailleurs elles faisaient les frais de rigueur budgétaire. L’élue insiste sur leur rôle joué par toutes ces structures dans le maintien de la cohésion sociale fortement ébranlée « en créant du lien entre les personnes ».

    À ses côtés Caroline Giran, également impliquée dans le déroulement de la manifestation rappelle que « les associations sont un des outils de la mise en œuvre des politiques publiques, des corps intermédiaires sans lesquels on ne pourrait pas faire grand-chose ».

    Pour donner à voir cette diversité, 330 associations qui œuvrent dans les solidarités, le sport, la culture, le développement durable ou encore la santé vont se retrouver ce samedi sur les trois étages du Palais des Congrès Neptune ainsi que sur son parvis. Un rendez-vous auquel chaque année le public répond présent. Ainsi en 2024, ce sont 12 000 personnes qui sont venues sur les stands s’informer sur les nombreuses activités proposées, prendre des contacts, ou s’engager eux-mêmes à faire vivre la solidarité en donnant de leur temps.

    12 000 personnes

    « Le bénévolat, c’est le don de soi pour le vivre-ensemble », reprend Caroline Depallens pour qui « la solidarité est l’essence même d’une ville ». Et de poursuivre : « Faire attention humainement à l’autre c’est primordial, surtout dans la période. »

    L’occasion aussi de mettre en lumière les Comités d’intérêts locaux (CIL) qui sont de véritables courroies de transmission entre les habitants et la municipalité. Ils seront cette année regroupés à l’entrée du Palais Neptune. « Ils sont un quartier. Et un quartier plus un quartier plus un quartier, ça fait la richesse de la ville », insiste l’élue.

    Une journée donc pour trouver une activité sociale, éthique, physique ou culturelle, et se connecter physiquement aux autres et à la vie de la cité, en allant à la rencontre de tous ceux qui œuvrent déjà au service de la collectivité. Avec en prime des démonstrations, entre autres de danses et d’arts martiaux. Et des conférences aussi. Parmi elles, on peut noter à 10h45 celle intitulée « une bonne assurance », animée par l’association de consommateurs UFC Que Choisir. Ou à 11h30, « Sensibilisation aux enjeux de l’énergie et du climat », par The Shifters, l’organisation qui milite pour la décarbonation de l’économie. Et à 14h45, « le changement climatique », animée par l’Association varoise pour la sauvegarde de l’agriculture, de la Nature et de l’Environnement.

    La vie associative permet aussi cela, de se lever pour faire face aux grands défis et devenir soi-même acteur du changement. Ou du moins tenter d’éclairer les consciences.

  • Les cheminots CGT veulent aller plus loin pour le triage ferroviaire

    Les cheminots CGT veulent aller plus loin pour le triage ferroviaire

    Maintenant qu’on a l’infrastructure, il faut aller chercher les clients », lance le secrétaire du syndicat CGT des cheminots en région Paca Robin Matta. La visite ce jeudi matin du PDG de la SNCF Jean-Pierre Farandou à la gare de triage de Miramas s’est faite sans la presse, deux mois après les deux semaines d’arrêt du tri suite à une panne de télécommande le 12 juin.

    À la recherche de marchés

    « Après avoir investi cinquante-sept millions d’euros pour le triage, il faut le faire vivre », estime le secrétaire des cheminots CGT de Miramas. Car au-delà de vouloir récupérer les vingt-trois flux logistiques retirés à Fret SNCF lors de la privatisation imposée par la Commission européenne, Robin Matta pense qu’aujourd’hui « toute la question pour nous est de nous outiller pour effectuer le tri ferroviaire à la carte des petits trains assemblés en wagons isolés », comme c’est le cas au Terminal ouest Provence de Clésud où seul un train contenant de l’eau est géré par la SNCF. « Nous avons posé la question au président pour savoir quelle démarche commerciale a été entamée pour aller chercher les marchés », abonde le cheminot.

    Dans le même temps que la recherche de marchés supplémentaires, les cheminots interpellent également Jean-Pierre Farandou sur l’infrastructure. Comme l’indique Robin Matta, « nous avons dit au président que nous considérons devoir aller plus loin dans la rénovation et l’amélioration technologique du triage de Miramas », s’appuyant sur les 57 millions d’euros déjà déboursés combinés au débat public sur l’industrie actuellement instruit dans la région, et dont le rendu est le 18 septembre.

    À ce titre, le secrétaire régional des cheminots l’affirme, « la CGT se tient à disposition de la SNCF pour travailler ensemble à un véritable projet global pour le fret ferroviaire ». « On est plus dans la situation de 2020 où plus rien ne fonctionnait. Il nous faut accélérer pour ne plus se retrouver dans la situation de juin, où nous n’avions plus de télécommande », conclut-il.

    L’investissement de SNCF Réseau a déjà permis « l’accomplissement de la 1ère phase du grand plan de rénovation de la gare de triage amorcé en 2025 », détaillé dans le dossier de presse idoine. Treize voies de formation de train sur les quarante-huit au total ont été régénérées, en même temps que vingt aiguillages et quatre freins de voie pour le tri ont été remplacés. Le système informatique de protection du personnel a également été modernisé.

    Une usine ferroviaire pour décarboner la logistique

    La seconde tranche du plan de rénovation du triage se déroule entre cette année et 2027, et concerne « le renouvellement de 24 freins de régulation pour le triage et la régénération d’une quinzaine de voies » d’après la SNCF. L’entreprise publique considère que « cette remise à niveau intervient dans un contexte encourageant de hausse du trafic fret sur la zone et les perspectives de réindustrialisation du golfe de Fos qui portent des enjeux de décarbonation propices au développement du mode ferroviaire ». Avec 2 430 arrivées et départs confondus par mois, cette gare trie, relaie et remise des wagons pour tout le grand sud de la France. Une position « stratégique en amont de la Zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer » pour la SNCF.

    Les cheminots dès lors demandent « un cap » à leur direction, alors qu’une rumeur persistante annonce le changement de présidence du groupe public pour l’ancien premier ministre Jean Castex (Ex-LR) à l’automne. Contactée jeudi soir pour réagir, SNCF Réseau n’a, pour l’heure, pas donné suite à nos sollicitations.