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  • [Fête de l’Huma] « Tous cheminots » ouvrent le débat sur l’avenir du rail

    [Fête de l’Huma] « Tous cheminots » ouvrent le débat sur l’avenir du rail

    Ce n’est pas seulement un livre, c’est une démarche. « Tous cheminots » est un recueil de témoignage de travailleurs du rail, de toutes conditions et de toutes convictions, pour brosser un portrait de la profession dans un contexte de mise en concurrence décidée en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Une initiative du Comité des activités sociales interentreprises Paca. Pour son secrétaire, Sébastien Gronnier, « l’idée de ce livre était de servir le débat public, de donner la parole aux cheminots, qui vivent la concurrence. On l’a imaginé comme un recueil de témoignages, y compris celui DRH, pour avoir un panorama de l’état d’esprit des cheminots dans la période ».

    Une démarche saluée par François Tejedor, secrétaire de la CGT cheminots Paca : « la mise en place de la concurrence résulte d’une volonté politique qui découle des paquets ferroviaires européens, mais aussi de la décentralisation, qui permet aux Régions d’aller dans ce sens. Ce livre, il vient nourrir la réflexion et l’action », indique-t-il en rappelant les luttes menées pour préserver le service public et les droits des cheminots, « en Paca, on a réussi à sauvegarder l’essentiel d’entre eux ».

    Un documentaire à venir

    Pour Natacha Malet, cheminote et dirigeante nationale du PCF, il est possible de faire autrement. « On a une Région voisine, l’Occitanie, dont le vice-président chargé des Transports est communiste et qui a décidé de ne pas livrer le rail à la concurrence tout en développant l’offre ». Elle accuse la Région Sud d’avoir mis des financements sans précédent pour accompagner la mise en place de la concurrence plutôt que pour le service public. « La SNCF a été privée de 144 millions d’euros en raison d’un prétendu non-respect de ses obligations, alors que la Région a acheté au privé de nouvelles rames, financé un nouveau centre de maintenance… Nous, nous voulons une politique de service public qui réponde aux besoins des usagers, pas à ceux du capital ».

    Dans le public, plusieurs participants soulignent l’importance des activités sociales, culturelles et sportives menées par le Casi cheminots Paca, fragilisée par cette mise en concurrence qui accélère l’éclatement des salariés du ferroviaire.

    Fier de la conception des activités sociales « et non pas des œuvres sociales, ça c’est pour le patronat » portée par la CGT, Sébastien Gronnier rappelle les efforts déployés pour permettre l’accès du plus grand nombre au théâtre, à la lecture, à la culture. Il annonce d’ailleurs un documentaire prolongeant le livre « Tous cheminots ».

    François Tejedor insiste : « les activités sociales ne sont pas des privilèges, mais des droits gagnés par le rapport de force ». Une logique citée en exemple par Natacha Malet, car son financement a été gagné sur l’entreprise : « nous souhaitons qu’elle puisse s’étendre à toutes et tous ».

  • Gérard Traquandi dialogue avec Bruno Ely

    Gérard Traquandi dialogue avec Bruno Ely

    Dans la vie quotidienne, en privé comme en public, Gérard Traquandi est toujours courtois et franc du collier. Chaleureux, incisif, rieur et précis. Jamais embêtant, capable d’évoquer rapidement, parce que c’est important et éclairant, le maniérisme italien de Pontormo, le bleu flamboyant du janséniste Philippe de Champaigne, une toile de Soutine que lui avait révélé Daniele Giraudy, des contemporains disparus comme Philippe Guston ou Eugène Le Roy.

    Gérard Traquandi aime raconter affectueusement que c’est un autre disparu, Jean-Jacques Ceccarelli, qui l’a emmené voir les débuts du Maître d’Aix, sa « période couillarde », son adieu au baroque. Il a énormément copié, en dessins et aquarelles, en céramique, un petit format prolixe, charnel et déconcertant, La Tentation de Saint-Antoine. L’une des toiles qu’il vénère, presque tragique et bouleversante avec son humour, c’est le portrait d’Achille Emperaire du musée d’Orsay : un outsider incompris, un visage de mousquetaire, un corps de nain traité comme un Tintoret, dérisoirement juché sur un fauteuil du Jas de Bouffan.

    Pendant les vingt dernières années, et toujours aujourd’hui, Gérard Traquandi a énormément peint dans un atelier secret et clandestin d’Aix, la voûte et la fraîcheur d’une ancienne chapelle, sur les hauteurs de la rue de l’Opéra, pas loin de la maison natale de Cezanne ; un prêt infiniment généreux, inconditionnel d’un ami qui ne voudra pas qu’on dise son nom.

    On saluera l’initiative de Bruno Ely qui montre qu’Aix a souci d’un peintre : quelques semaines avant sa retraite, Bruno Ely invite au dialogue un artiste qu’il avait autrefois présenté au musée des Tapisseries. On remerciera aussi Dominique Bluzet qui commandita pour le Théâtre du Jeu de Paume un magnifique rideau de scène de Traquandi. L’exposition Cezanne au Jas de Bouffan compte déjà plus de 200 000 visiteurs.

  • « Je suis candidat pour aller au bout des projets »

    « Je suis candidat pour aller au bout des projets »

    La Marseillaise : Pourquoi candidater aux élections municipales de 2026 ?

    Michel Illac : Parce que j’ai envie de terminer le travail commencé en 2008. Nous avons fait évoluer la commune qui est maintenant dotée d’un service public de qualité, avec des régies municipales pour les crèches, la bibliothèque, ou les portages de repas à domicile du CCAS. Nous sommes passés de 0 à 150 logements sociaux, et 50 sont dans les tuyaux. Ils ont profité aux familles d’Ensuès, aux jeunes pour partir de chez leurs parents et à des personnes âgées pour quitter un logement inadapté. Nous avons créé un jardin partagé de 20 parcelles en mai dernier dans lesquels les gens ont récolté courges, aubergines et tomates. Un jardin pédagogique va suivre pour les écoles, pour lesquelles la concertation pour désimperméabiliser les cours est terminée. Mais il reste 3 gros dossiers en cours et j’ai besoin d’un 4e mandat pour les terminer.

    Quels sont ces dossiers en cours ?

    M.I. : Déjà le réaménagement du cœur de village amorcé il y a 16 ans. Les questions foncières sont en bonne voie d’être finalisées le 30 septembre prochain et nous pouvons maintenant le proposer. On y voit le retour de commerces et activités, des services, de l’habitat de qualité, de la nature en ville avec des espaces très verts et stationnement sans bitume, sans oublier l’embellissement du centre et de l’église historique. Une grosse concertation a été menée depuis 2021 malgré le Covid avec les assos, riverains et partenaires. Le projet pourrait être présenté au prochain budget. Il y a également l’aménagement de la grande voie du vallon de Graffiane, sur un kilomètre, Avec enfouissement des lignes Et la création de pistes cyclables et piétonnes pour sécuriser et relier les calanques au village en sécurité. 10 millions d’euros sont mobilisés et le projet est programmé avec la Métropole entre 2026 et tout début 2028.

    Pensez-vous au parc des Aiguilles, qui a été sujet à débat et critiques ?

    M.I. : J’y viens, c’est le troisième. J’ai travaillé 15 ans pour obtenir les aménagements routiers et l’échangeur avec l’A55 se construit en ce moment même, la fin des travaux prévue en 2026. Nous avons créé 100 000 mètres carrés de hangars et 60 sont à venir, car le permis de construire est à l’instruction, après le départ de Biotechna, qui cause de grosses nuisances olfactives dans le secteur. Certains ne voulaient pas de cette zone et voulaient planter des carottes dans un terrain pollué. Aujourd’hui on parle de 600 emplois et il y en aura 2 000 à terme. Il y a aussi un aspect de retombées fiscales du foncier bâti qui a déjà permis d’éponger les pénalités de la loi SRU sur le logement social ainsi que de compenser l’augmentation de la masse salariale de la Ville.

    Six ans de plus, ne vous font pas peur ?

    M.I. : C’est une expérience, et un réseau qui va avec. J’ai 66 ans, la pêche et l’envie. J’aime les gens. Certains utilisent le mensonge et la division pour tenter d’obtenir le pouvoir à tout prix. Alors on peut ne pas être d’accord. La critique est productive, elle m’a déjà permis de revoir certains projets. Mais quand on est sur du faux, il faut quand même s’expliquer, tranquillement, et parler de fond. Sans animosité, car on respecte la démocratie et la République. On va écrire le bilan avec mon équipe sortante que l’on publiera dans les prochains mois pendant que je construis ma liste jusqu’à la fin de l’année.

  • Ateliers, débats et concerts au So Good festival

    Ateliers, débats et concerts au So Good festival

    « Un événement pour celles et ceux qui ont envie d’agir, sans toujours savoir par où commencer. » C’est la promesse du So Good Maif Festival qui revient pour sa 3e édition à Friche la Belle de Mai à Marseille (3e) les 11 et 12 septembre. Imaginé à Marseille par le journal indépendant So Good et la mutuelle Maif, il avait déjà rassemblé 8 000 personnes l’année dernière.

    Podcast, jeux, spectacles et concerts… Le festival veut allier engagements et festivités. Après la journée du jeudi dédiée aux professionnels, le festival ouvre ses portes au grand public vendredi à partir de 14h. Entre gestion des mégots de cigarettes, bénéfices de la réparation et roue pour déconstruire les clichés, les sujets abordés seront divers. Un parcours pour les jeunes a aussi été mis en place. Surnommé « Passe-Muraille », il a été créé avec des associations des quartiers prioritaires de la ville pour offrir l’accès au festival à 300 jeunes et leur proposer des ateliers. Un moyen de « permettre à ces jeunes-là, de se sentir inclus dans le projet que sont la Friche et ce festival », explique le président du festival Hamid Hassani.

    Une journée de réflexion et de débat qui continue sur le rooftop de la Friche avec un one man show de l’humoriste Hakim Jemili, pour redonner l’envie d’agir avec le rire. Le spectacle sera suivi d’une soirée de concerts, avec notamment Terrenoire, Noga Erez, Nous étions une armée ou encore le rappeur marseillais Missan, « des artistes engagés avec une visibilité sur le territoire », précise le président.

    Le succès du festival, né à Marseille il y a trois ans, lui a permis de s’exporter à Lyon et à Nantes pour la première fois cette année. Les dernières places pour participer à la journée ou à la soirée du vendredi sont encore disponibles sur le site du festival.