Impossible de le manquer. Il suffit de jeter un œil aux nombreux bateaux amarrés au Vieux-Port pour constater que l’un d’entre eux fait de l’ombre à ses voisins. L’Actual Ultim 4 est ancré depuis mardi, à Marseille, et cela pour près de 10 jours, jusqu’au lundi 5 mai. C’est un véritable géant des mers qui a pris place face à l’hôtel de ville. Un monstre de technologie avec ses 36 mètres de haut, 32 de long, 23 mètres de large et 16 tonnes sur la balance. Un voilier presque unique, faisant partie des 6 ou 7 machines de course les plus imposantes au monde. Sa visite sur les bords de la Méditerranée est donc une rareté. La cité phocéenne avait accueilli l’arrivée de The Race, en 2000, avec des multicoques plus ou moins similaires, mais rien depuis.
Ce mercredi à l’aube, le skipper Anthony Marchand, natif de Saint-Brieuc, Lorientais d’adoption, permettait à La Marseillaise de monter à bord. Il décrit les spécificités de son trimaran hors-norme : « Ce bateau est doté de foils, ce sont les appendices de chaque côté, et ça nous permet de les enfoncer dans l’eau pour, justement, être au-dessus de l’eau. Les flotteurs ne touchent plus l’eau et ça nous permet de nous affranchir de ce frottement et d’aller encore plus vite. »
« Plus vite », d’après le navigateur de 41 ans, cela équivaut à frôler les 100 km/h. La vitesse de pointe de cet Ultim a été mesurée à 93 km/h. Le terme « Formule 1 des mers » n’est pas galvaudé, tant l’appareil a été pensé pour fendre l’air. « Il y a un réel travail sur l’aérodynamique. Le bateau est fait pour surfer sur l’eau et la coque a été travaillée pour faire accélérer l’embarcation », poursuit Anthony Marchand. Comme dit précédemment, le navire pèse 16 tonnes. Un nombre impressionnant et, pourtant, la maniabilité n’a jamais affolé le skipper. « Étonnamment, c’est aussi réactif qu’un petit catamaran de plage. C’est très sensible à la barre, les 16 tonnes on ne les sent pas. Une fois que le bateau est lancé, il faut être très très fin au toucher de barre donc le poids, on l’oublie vite. » Derrière le navigateur breton, 20 personnes travaillent sur le projet Actual Ultim 4. Une grande écurie œuvrant d’arrache-pied pour être performant et remplir ses objectifs. Celui de cette année est clair : la Route du Rhum (départ le 1er novembre à Saint-Malo). Assis dans son habitacle de 6m2, Anthony Marchand décrit son amour pour l’épreuve, alors que des collaborateurs préparent les voiles au-dessus de sa tête. « C’est une course mythique, moi c’est un rêve de participer à la Route du Rhum et encore plus sur la catégorie Ultim. J’ai hâte de vivre ce départ, avec un peu d’appréhension pour le côté émotionnel. Un départ de Route du Rhum, sortie d’écluse, le compte à rebours qui commence, c’est forcément un moment qui est stressant, particulier. » En attendant, la Méditerranée va être le terrain de jeu de ce géant pour encore quelques jours.




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