Tag: Conseil Départemental

  • Les élus locaux, une valeur refuge pour Dominique Santoni

    Les élus locaux, une valeur refuge pour Dominique Santoni

    Un an après avoir du renoncer à la cérémonie de vœux en raison du contexte de rigueur économique, Dominique Santoni a sacrifié à nouveau à la tradition, ce vendredi soir à Oppède. Là où il y a deux ans, la présidente LR du Conseil départemental avait filé la métaphore sportive en vue des JO 2024, elle a cette fois essayé de garder la flamme. « Je souhaite partager une soirée d’optimisme dans une période où il se fait rare », introduit l’ex-maire d’Apt devant quelque 600 invités, dont le préfet Thierry Suquet, et alors que l’ensemble des élus départementaux est montée sur scène avec elle.

    Son « fil conducteur » pour 2026, agir « les pieds sur terre et la tête dans les étoiles ». Autrement dit, « faire son travail sérieusement tout en sachant rêver et se projeter ». Bref aux antipodes de ce qu’il se passe actuellement et depuis un an et demi au niveau national. Dernier exemple, on apprenait ce matin que les députés, réunis en commission en vue du projet de budget, avaient supprimé la DGF (dotation globale de fonctionnement), soit la plus grosse ressource financière des collectivités locales… Une mesure qui devrait être corrigée mais qui témoigne d’un éclatement des repères communs. Régulièrement en séance départementale, Dominique Santoni se désole de ce « spectacle » et égratigne l’État quand, à l’inverse, les élus locaux seraient des modèles de vertus et pôle de stabilité. « Le Département a fait un choix clair, de responsabilité en agissant sans démagogie et a voté [le 12 décembre dernier] son budget dans le calme et la sérénité », rappelle la présidente en remerciant les élus « pour le débat constructif et respectueux ». Et de piquer : « Vous avez le droit de le répéter à Paris. »

    « C’est à nous d’apporter des repères »

    En cette période électorale avec les municipales en vue (15 et 22 mars), Dominique Santoni, qui sera candidate à Apt sur la liste issue de la majorité, appelle donc les élus de terrain à ne pas décevoir la population. « Dans une France traversée par le doute, notre responsabilité d’élus locaux est immense, nous sommes les premiers témoins des attentes et inquiétudes des citoyens, constate-t-elle. Face à l’instabilité nationale c’est à nous d’apporter de la stabilité, des repères et montrer que l’action publique est utile, concrète et efficace. »

    Progression de 12 millions d’euros du budget solidarité, maintien des aides aux communes, poursuite des travaux du carrefour de Bonpas, nouveau centre médical à Pernes ou passage du Tour de France femmes sont cités comme autant d’exemples de pieds sur terre et tête dans les étoiles. Avec les municipales, le risque de voir passer des comètes est élevé. Les électeurs devront, eux, se méfier de ceux qui promettent la lune.

  • Nouvelles perquisitions au siège de 13 Habitat

    Nouvelles perquisitions au siège de 13 Habitat

    Mercredi, des enquêteurs de la Brigade en criminalité financière ont mené des perquisitions au siège de 13 Habitat (4e). Une information révélées par nos confrères de La Provence, confirmée par le parquet. Ces investigations pourraient s’inscrire dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte contre l’ancienne présidente du bailleur social public, Nora Preziosi, pour prise illégale d’intérêts, détournement de fonds publics et recel.

    Elle fait suite aux révélations de Marsactu sur l’attribution d’un appartement à la mère de la conseillère départementale des Bouches-du-Rhône. Âgée de 92 ans, elle s’était vu proposer en 2023, un logement social de 90m2 aux Catalans (7e). Le bien a fait l’objet de travaux de rénovation à hauteur de 33 000 euros. L’attribution a été validée en commission, dans un contexte sensible en raison des fonctions occupées par Nora Preziosi au sein d’une structure liée au Conseil départemental. Les enquêteurs cherchent à déterminer si l’élue est intervenue, dans la procédure. Elle avait assuré s’être retirée de la commission d’attribution, tout en reconnaissant avoir donné des consignes.

    Depuis, Nora Preziosi a été écartée de la présidence du bailleur, et la rupture avec la présidente du Département, Martine Vassal (DVD), s’est transformée en conflit. Elle a annoncé sa candidature aux municipales à Marseille, aux côtés d’Erwan Davoux, ancien agent du département et auteur d’une plainte visant l’exécutif du CD13.

  • Une aide de 100 000 euros pour diversifier la viticulture en Vaucluse

    Une aide de 100 000 euros pour diversifier la viticulture en Vaucluse

    Fin novembre, la ministre de l’Agriculture annonçait le déblocage d’une rondelette somme de 130 millions d’euros pour l’arrachage définitif de vignes. Depuis plusieurs années, entre la baisse de la consommation et les difficultés à l’export, le vin ne fait plus recette. L’arrachage de vignes se concentre surtout dans le Bordelais, le Sud-Ouest ou le Languedoc, moins – pour l’heure – en Vaucluse. À mi-2025, la première campagne d’arrachage n’avait concerné que 2% du vignoble.

    Enlever les vignes, oui, mais pas pour laisser des hectares en friche. Le mot diversification est à la mode chez les agriculteurs, principalement les viticulteurs dont la filière représente 60% de la part agricole de Vaucluse. Le conseil départemental est sensible au sujet. C’est en ce sens que, lors de la dernière séance mi-décembre, Dominique Santoni a proposé « de dégager une enveloppe de 100 000 euros pour la diversification agricole ». « C’est important dans cette période particulièrement compliquée pour nos agriculteurs », a justifié la présidente LR.

    Une initiative qui fait suite à l’interpellation de Jean-François Lovisolo, lors de la séance de novembre. Aux côtés de sa binôme Noëlle Trinquier, mais aussi des élus agriculteurs Max Raspail et Alexandre Roux, le conseiller départemental (DVG) et éphémère macroniste dépeignait la « situation critique depuis 4 ans de la viticulture vauclusienne », souhaitant « l’organisation d’une concertation » avec la chambre d’agriculture, les syndicats et la Région.

    Vers où seront fléchés ces 100 000 euros ? La réponse est un peu trop prématurée à ce stade. « On a eu une réunion de travail interservices, il y a plusieurs scénarios et projets à présenter à la présidente avant de faire des arbitrages », répond Christian Mounier, vice-président (DVD) du Département en charge de l’agriculture, contacté ce vendredi. Celui qui est aussi maire de Cheval-Blanc confirme que l’aide sera ciblée sur la viticulture. « On s’oriente avec certitude vers une aide particulière aux Jeunes agriculteurs en modifiant le dispositif Graines d’avenir [destiné à l’aide à l’installation de nouvelles générations d’agriculteurs] », précise Christian Mounier, assurant que l’aide sera opérationnelle « avant l’été ».

    L’aide sera en vigueur « avant l’été »

    Car il y a désormais urgence. « Un temps épargnés par ce contexte, le Ventoux et le Luberon bénéficiaient d’une demande encore dynamique en blanc et en rosé. Mais pour ces AOP également, la crise s’étend et met désormais en péril l’ensemble de notre filière viticole, constate Jean-François Lovisolo. Notre agriculture traverse non plus une crise conjoncturelle, comme nous avons pu en connaître, mais bien une crise structurelle. » L’ex-député appelle donc à soutenir financièrement la diversification des exploitations, « un véritable virage économique pour nombre d’exploitants ».

    Si tout le monde s’accorde à dire qu’il n’y a « pas de solution miracle », l’amande, la pistache, l’olive et la truffe semblent aujourd’hui des secteurs porteurs. Au-delà de l’impact économique pour le secteur viticole, il est aussi question de « la qualité de nos paysages et leur entretien, qui participent pleinement au flux touristique dont le département ne peut se priver », alerte Jean-François Lovisolo. D’autant que les typiques champs de lavande sont aussi en sursis.

  • Bouches-du-Rhône : trois plans de massif à revoir pour mieux prévenir les feux

    Bouches-du-Rhône : trois plans de massif à revoir pour mieux prévenir les feux

    La Métropole Aix-Marseille-Provence programme des études d’actualisation de trois nouveaux plans de protection de la forêt contre les incendies. Ces Plans de Massif pour la Protection des forêts contre l’incendie (PMPFCI) sont la déclinaison opérationnelle d’une stratégie globale définie par le plan départemental de Protection des forêts Contre l’incendie (PDPFCI) pour la décennie 2023-2032.

    Avec 24 massifs forestiers, les Bouches-du-Rhône sont l’un des départements français soumis au plus fort risque d’incendie de forêt sur la région méditerranéenne. Le département compte 185 000 ha de surfaces boisées, soit près de 30% de son territoire. Le mois de juillet 2025 a été particulièrement dévastateur avec le grand incendie des Pennes-Mirabeau qui a ravagé 750 ha et détruit ou endommagé 90 maisons, ou les incendies de Martigues des 17 et 20 juillet qui ont parcouru 240 ha de zones boisées. Les risques ne cessent de croître. On dénombre 250 départs de feux par an pour une surface brûlée de 1 900 ha par an, environ, dans le département. Près de 90% des départs de feu ont une origine humaine, accidentelle ou criminelle. En 2022, 477 feux avaient détruit 1 830 ha.

    Les études programmées par la Métropole porteront sur trois massifs implantés au nord, nord-est et nord-ouest d’Aix-en-Provence : d’abord le plus vaste avec 50 000 ha, le massif du Concors Sainte-Victoire labellisé Grand site de France. Sa dernière étude réalisée par l’Office National des Forêts (ONF) remonte à 2014. Cet ensemble paysager s’étend sur 17 communes et bénéficie d’une inscription Natura 2000 pour ses espèces et son habitat exceptionnels. Le grand incendie de la Sainte-Victoire d’août 1989, qui avait ravagé 5 000 ha, avait suscité une émotion nationale et marqué une prise de conscience sur la nécessité de refonder et de renforcer les moyens de prévention.

    Le massif des Quatre Termes, compris entre les communes de Lambesc, Pélissanne, Coudoux, Éguilles et Saint-Cannat, fait l’objet d’un plan à partir d’études de l’ONF en 2012. C’est l’un des massifs sensibles statistiquement le moins touché par les départs de feu.

    Le plan de massif des Collines de Lançon lié au précédent a été étudié en 2018. Très exposé au mistral, il présente un risque élevé, d’où son compartimentage et son fort maillage en pistes DFCI.

    Prévenir les mégafeux

    Pour ces trois massifs, il s’agit de dresser l’historique des feux et une cartographie sur les trente dernières années, avec l’analyse des départs de feu et les retours d’expérience sur les incendies marquants, l’état de ses ouvrages DFCI (pistes, citernes, vigies) ou encore l’examen des couloirs potentiels de propagation. Un état du milieu naturel comprenant la cartographie des obligations légales de débroussaillement et un inventaire de tous les équipements et travaux de DFCI sont requis.

    Cette actualisation doit permettre d’intégrer l’évolution du risque incendie dans les dix prochaines années au regard du changement climatique et de l’apparition des mégafeux supérieure à 1 000 ha qui ont un impact profond et durable sur les zones urbaines et économiques.

    Les orientations stratégiques devront déboucher sur un programme d’actions DFCI qui fera l’objet d’une concertation la plus large possible avec les acteurs locaux et départementaux : DDTM, conseil départemental, ONF, communes, Métropole, propriétaires forestiers, CCFF, sociétés de chasse, associations locales environnementales et autres usagers de la forêt.

  • L’Arbois, cette décharge sauvage à perte de vue à Aix-en-Provence

    L’Arbois, cette décharge sauvage à perte de vue à Aix-en-Provence

    Des monticules de déchets et détritus divers à perte de vue avec en toile de fond la légendaire silhouette de la montagne de Sainte-Victoire qui se détache dans l’azur. Cézanne pris de nausée n’y mettrait pas son chevalet. L’ordure supplante la garrigue et la pinède sur le plateau de l’Arbois aux confins du territoire communal d’Aix-en-Provence. À deux cents mètres de la gare TGV, cette immense décharge sauvage attire, d’année en année, toujours plus dépôts, principalement des gravats de construction du bâtiment qui s’entassent avec des pièces de carrosserie automobile, des apports des particuliers comme une épave de bateau, un jet-ski, des matelas.

    Devant l’inertie des pouvoirs publics, un collectif citoyen « Déchargeons le plateau d’Aix-TGV » s’est créé en 2019, né de la pétition de Valentin qui cumule aujourd’hui plus de 60 000 signatures pour alerter sur ce scandale environnemental. Autorités, propriétaires fonciers privés et publics se renvoient la balle.

    15 hectares de détritus

    et déchets

    La décharge s’étend désormais sur 15 hectares. « On a atteint en dix ans des records en volumes. On estime la superficie à l’équivalent de 20 terrains de foot ici et autant de l’autre côté là-bas », pointe Frédéric, un membre du collectif qui arpente cette zone de désolation sous une pluie fine. On est au voisinage du grand site Natura 2000 du plateau de l’Arbois, si précieux pour le pastoralisme.

    Un premier site de déchets correspond à l’ancienne aire d’accueil provisoire de gens du voyage, une parcelle de 8,7 ha que la communauté d’agglomération du pays d’Aix-en-Provence louait depuis novembre 2013 à Drekra Foncier, propriétaire et ancien exploitant d’un contrôle technique de poids lourds. La commune lui a rendu le site en mars 2017 sans aucun état des lieux mais avec des monticules de déchets évalués à 41 000 m³, précise un jugement de la cour administrative d’appel validé par le Conseil d’État en juillet 2025 et qui considère que Dekra ne peut être regardée comme responsable de ces déchets et qui annule la mise en demeure par la commune d’Aix en avril 2020 de les éliminer. Le jugement rappelle que « les contrats conclus prévoyaient notamment une prise des lieux “dans l’état actuel”, à charge pour le preneur d’aménager le terrain et de le restituer en bon état d’entretien, étant précisé que le preneur s’engageait particulièrement à se conformer aux obligations relatives à l’élimination des déchets ». En octobre 2020, une parcelle de 5 000 m² du conseil départemental a été dépolluée de 1 320 m³ de déchets. On estimait alors à environ 250 000 m³ le volume de déchets abandonnés sur l’Arbois, considéré comme la 3e plus grande décharge sauvage de France.

    « Ils se moquent de nous »

    « On était à 6 millions d’euros de budget d’enlèvement des déchets mais depuis deux, trois ans, le même schéma se reproduit sur ce site limitrophe et là un nouveau cycle démarre. Il y en aura pour 10 à 12 millions d’euros. Le déchet appelle le déchet. Les gens voient que c’est un dépotoir alors ils jettent. Je parie que dans 10 ans, ils seront encore là », assure Frédéric. « La Ville d’Aix ne s’en occupe pas du tout. Ils se moquent de nous. Ils essayent de renvoyer la faute sur les autres. On demande un rendez-vous à Mme Joissains depuis septembre », déplore Béatrice.

    Les gens d’ailleurs pensent qu’on est sur le territoire de Vitrolles et ne se doutent pas qu’on est au point le plus reculé de la commune d’Aix. « En réalité, c’est tout le département qui vient jeter ici. S’il y avait un feu l’été, avec les pneus, les huiles, les pots de peinture, les produits chimiques, ça serait assez catastrophique avec le mistral. C’est urgent de s’en occuper. » Pour le collectif, c’est un environnement et une réflexion complète autour du déchet qu’il faut repenser : « Comment on les produit, qui les paye, quels sont les accès aux déchetteries et les filières de retraitement. Aujourd’hui, c’est devenu de plus en plus difficile d’accéder à une déchetterie. On a des quotas pour rentrer. Quand on arrive, les bennes sont pleines. Il faut un vrai raisonnement mais pas seulement sur l’Arbois. »

  • Les jeunes placés de Bois Fleuri reçus au Département

    Les jeunes placés de Bois Fleuri reçus au Département

    « On voulait surtout que la date de fermeture du centre de Bois Fleuri soit décalée, mais je pense que ça n’arrivera pas. » Shayma, l’une des jeunes majeures hébergées dans les appartements de la maison d’enfants à caractère social (Mecs) Bois Fleuri, se désole que le rendez-vous ce vendredi au conseil départemental 13 n’ait pas changé la donne. La fermeture de la structure, prévue ce lundi, a été annoncée le 10 décembre par un arrêté départemental pour cause d’« encadrement défaillant mettant en danger ces enfants », expliquait le Département dans nos colonnes le 18 décembre.

    Cette fermeture est jugée précipitée pour les 18 jeunes du service autonomie de la Mecs qui ont décidé de s’organiser pour se faire entendre. Ce vendredi, Shayma, 19 ans et Yassmine, 18 ans ont donc été reçues par le conseil départemental 13. « On voulait juste changer de date [de fermeture], explique Shayma. Là c’est juste avant les fêtes. C’est terrible parce qu’on n’a pas forcément de famille et donc on comptait faire un petit truc tous ensemble. » Un report impossible pour le Département car ils « ne peuvent pas mettre d’autres salariés en place tant que l’enquête est en cours ». Lors de ce rendez-vous, le Département a donc réaffirmé que les 18 jeunes du service autonomie devraient quitter leur appartement dès lundi.

    Les deux filles comprennent cependant la nécessité de la fermeture, mais déplorent la façon dont elle a été organisée. « Il y a eu un manque de communication, et ils nous préviennent seulement 10 jours en avance. C’est du manque de respect, se désespère Yassmine. C’est une situation qui nous stresse tous beaucoup. Surtout que certains d’entre nous ont des fragilités psychologiques à cause de nos différentes histoires », explique la jeune fille qui avait retrouvé une certaine stabilité psychologique avec cet hébergement.

    Les jeunes filles ont également plaidé pour que des solutions de relogement qui répondent aux besoins de chacun soient proposées. Une demande qui a été entendue pour Yassmine qui, quelques minutes après le rendez-vous, s’est vu proposer un logement « dans la même résidence que mon logement actuel », annonce-t-elle à son amie émue. Mais certains jeunes dénoncent l’état des logements proposés… « On ne veut diaboliser personne, on sait qu’au sein de l’aide sociale à l’enfance beaucoup essayent de faire au mieux. Mais on ne veut pas que d’autres jeunes aient à vivre la même situation stressante », explique Yassmine.

  • Au Département, le budget c’est argent content

    Au Département, le budget c’est argent content

    On ne sait pas si Dominique Santoni avait commandé comme cadeau anticipé que le budget du Conseil départemental passe comme une lettre à la Poste du père Noël, mais la présidente LR avait le sourire ce vendredi midi. Excepté le RN qui a voté contre, le reste de l’opposition de gauche et d’extrême droite (Ligue du sud) s’est abstenue. « Il règne dans cette assemblée beaucoup de respect et de partenariats », remercie-t-elle. Il faut dire que Dominique Santoni est obligée de créer un consensus, étant à la tête d’une courte majorité baroque où les votes ne répondent guère à une logique partisane habituelle.

    Le fait que le budget soit adopté dans une sorte de concorde est bien aidé par une situation financière à faire pâlir n’importe quelle autre collectivité (lire notre édition de vendredi) : des hausses de recettes qui progressent plus vite que les dépenses, une dette en baisse avec une capacité de désendettement de 1,9 an et des investissements en hausse. « Dans un pays qui doute, le Vaucluse doit rester un pilier de stabilité », présente Dominique Santoni. Ouverture du pôle des patrimoines Memento, travaux sur le site de Fontaine-de-Vaucluse, poursuite des travaux à Bonpas ou études sur la requalification du collège Roumanille sont cités parmi les projets de l’année.

    Alors que beaucoup ont eu des mots de remerciements pour les agents de la collectivité et que la CGT se mobilisait de nouveau à l’extérieur (lire ci-contre), « ce qui nous anime, c’est la garantie d’un service public fort qui mène une politique de protection des plus fragiles », expose Sophie Rigaut (PS), présidente du groupe de gauche. Pas de critique dans son intervention mais plusieurs points de vigilance sur « la situation explosive des Ehpad où l’État nous laisse bien seul, et la protection de l’enfance où il faut tout faire pour améliorer les conditions d’accueil des enfants ». Ayant repris la délégation enfance et même la présidence du Centre départemental enfance famille, Dominique Santoni a promis des discussions transpartisanes sur le sujet. Le Département a aussi voté une hausse de 1% dans le financement des établissements sociaux et médico-sociaux.

    Samir Allel (EELV), en s’abstenant, « regrette les efforts insuffisants » sur des politiques sociales ou même non obligatoires comme le soutien aux centres sociaux « en situation de survie ». Comme lors du débat d’orientations budgétaires, au vu du système de financements, Anthony Zilio redoute « une suppression des Départements ». « Je vais essayer de m’investir davantage dans l’assemblée des Départements de France pour être au courant de tout et faire remonter les difficultés », conclut Dominique Santoni.

  • Martine Vassal concède des Assises de la protection de l’enfance

    Martine Vassal concède des Assises de la protection de l’enfance

    La demande est réitérée depuis près de cinq ans, lors de chaque séance publique, par le groupe communiste. Vendredi, Martine Vassal, la présidente (DVD) du Conseil départemental, y a enfin répondu favorablement. Des Assises de la protection de l’enfance seront organisées en 2026 dans les Bouches-du-Rhône.

    Le matin même dans nos colonnes, Gérard Frau, le président du groupe PCF, expliquait son intention de saisir le préfet si la nouvelle demande qui allait être formulée restait encore sans réponse. « Nous les demandons pour mettre autour de la table l’ensemble des acteurs : État, familles, structures associatives, syndicats, professionnels, ARS, justice… Martine Vassal ne peut pas y échapper. Ce n’est pas une posture politique », martelait l’élu de Martigues.

    En séance, c’est sa camarade Audrey Garino qui a pris la parole sur le sujet et exigé la tenue de ce rendez-vous, en se saisissant du rapport n°9. Il portait sur les actions en justice du Département, dont un grand nombre concernait des mineurs non accompagnés. Ces MNA face auxquels la collectivité a été plusieurs fois condamnée pour défaut de prise en charge.

    Il y a quelques jours, Audrey Garino avait reçu, avec son groupe, le collectif Alerte protection enfance 13, regroupant la plupart des associations du département travaillant dans ce secteur. Elles représentent 4 000 salariés et plus de 80% des enfants confiés.

    Ligne claire, méthode

    et stratégie à long terme

    « Des structures, pour certaines centenaires, qui se regroupent pour la première fois et prennent la parole pour alerter et dénoncer, et c’est leurs mots, une maltraitance institutionnelle systémique qui touchent les enfants, les familles et les professionnels », martèle l’élue marseillaise. Changements de tarification unilatéraux et rétroactifs fragilisant les structures, évolutions réglementaires, comme la fin du dispositif de placement à domicile, sans discussion ni concertation : « Ce constat, lourd, terrible, pèse évidemment sur la qualité de prise en charge que nous devons à ces enfants et conduit à des dérives inacceptables régulièrement dénoncées dans la presse. »

    « Trois ans après le rapport de l’IGAS, aucun redressement structurel n’a été engagé, aucune inflexion réelle… la situation s’est même détériorée », abonde Azad Kazadjian (PS). Pour le groupe communiste, l’objectif des Assises « est d’établir une ligne claire, une méthode et une stratégie à long terme au bénéfice des enfants suivis », rappelle un communiqué saluant la décision de Martine Vassal et assurant leur plein engagement dans l’organisation de cet événement. Le rendez-vous aura lieu en juin prochain.

    Un calendrier pensé pour enjamber les municipales et « ne pas faire du dossier un sujet de la campagne municipale », glisse l’entourage de la présidente. Son organisation sera confiée à Agnès Amiel, conseillère déléguée à l’enfance et la famille, Audrey Garino et Denis Rossi.

    « Il faut prendre le problème à bras le corps, nous avons créé la maison des discriminations, nous avons travaillé sur l’observatoire de l’enfance avec un petit livret qui va sortir, le 17 décembre a lieu l’observatoire de l’enfance, et nous aurons ces Assises en juin, conclut Martine Vassal. On en a besoin parce que nos enfants en valent la peine, parce qu’il faut qu’on soit exemplaires sur les Bouches-du-Rhône et parce que je veux qu’on le soit ensemble pour l’avenir de ces petits. » Mieux vaut tard que jamais.

  • Le Département de Vaucluse s’en tire à bon compte pour son budget

    Le Département de Vaucluse s’en tire à bon compte pour son budget

    Même le préfet applaudit. « Vous avez remarqué le changement de ton de la présidente [du Département] cette année ? Elle donne un bel exemple de la bonne gestion des finances publiques », félicite Thierry Suquet. Il y a une semaine, le préfet était interrogé sur les baisses de dotation de l’État aux collectivités et, tout en s’inscrivant en faux, n’a pas manqué de pointer l’évolution de Dominique Santoni (LR) d’une année sur l’autre. Quand l’an dernier, la présidente clamait « que l’État dans son rôle de partenaire financier, n’a pas su être fiable », cette fois-ci, au moment de voter ce vendredi en ouverture de la séance plénière le budget 2026, elle préfère retenir la bonne santé financière de la collectivité.

    « Nos indicateurs financiers restent globalement positifs et solides », soulignait Dominique Santoni il y a trois semaines au moment du rapport d’orientations budgétaires. Le budget primitif – à 791 millions d’euros, +3% sur un an – s’inscrit dans cette veine. Il prévoit 20 millions d’euros de recettes en plus, des dépenses de fonctionnement quasi stables (+1,3%), des investissements en hausse (132 millions d’euros, dont la moitié pour des chantiers de voirie) et une dette en retrait (-9,4% à 145 millions d’euros). Oubliés donc les 13 millions d’euros d’économies qu’il a fallu trouver en 2025.

    Si le Vaucluse parvient à garder ses grands équilibres, c’est au prix de deux sources d’économies : le personnel et l’insertion. Poste important de dépenses (154,2 millions d’euros par an), la ligne budgétaire des salaires des agents prévoit de rester stable. Et ce malgré toutes les évolutions mécaniques des salaires et cotisations. Ce qui induit une réduction du nombre de personnel. Autre forte dépense en recul, l’insertion
    (-7,2% à 95 millions d’euros) à savoir très majoritairement le RSA, dont le nombre d’allocataires diminue, passant sous la barre des 10 000. La majorité met ce résultat sur le compte de sa politique de retour à l’emploi, quand l’opposition de gauche émet de fortes réserves.

    À l’inverse, l’aide sociale progresse de 5% et demeure le plus gros chapitre budgétaire (258 millions d’euros). À destination notamment de l’aide sociale à l’enfance (ASE) – lire aussi pages 2 et 3 -, « une boussole collective », se défend Dominique Santoni, qui a récupéré la délégation de la protection de l’enfance alors que le Vaucluse voit le nombre d’enfants confiés augmenter.

  • Lionel de Cala officiellement en course pour un second mandat à Allauch

    Lionel de Cala officiellement en course pour un second mandat à Allauch

    Lionel de Cala a choisi La Provence, où il a fait ses classes il y a 25 ans, pour officialiser, lundi, sa candidature à un deuxième mandat à la mairie d’Allauch. à 42 ans, ce proche de Renaud Muselier resté chez LR, fixe deux priorités : « L’éducation et la sécurité. »

    Dans ce premier mandat qu’il rappelle marqué par une succession de crises sanitaire, sociale, économique, géopolitique, et aujourd’hui institutionnelle, Lionel de Cala met à son actif la restauration de l’hôtel de ville historique et l’ouverture du pôle culturel de l’Usine électrique. Le président du groupe majoritaire Provence Unie au conseil départemental met aussi en avant la nouvelle caserne des pompiers d’Allauch et Plan-de-Cuques « promise depuis 20 ans ».

    Le RN en embuscade,

    la gauche unie

    Un établissement largement financé par le Département, « premier partenaire financier » de la commune, dont les subventions en tout genre sont passées de 820 000 euros en 2020 à 8,3 millions. La Chambre régionale des comptes pointe dans un rapport ces aides dont le montant « explique 55% de la dette » de la collectivité et ne sont pas orientées vers les municipalités qui en ont le plus besoin.

    Le maire défend aussi dans son entretien sa politique en matière de logement social et continue d’espérer une « réforme » de la loi SRU, jugeant « inutilement punitif de devoir verser des pénalités de plus de 1,2 million d’euros à l’État », alors que sa commune ne compte que 7,5% de logement sociaux. Un argument de choix, visiblement, pour celui qui a mis fin en 2020 à 45 ans de règne Povinelli, devançant au second tour (59,66%), la candidate divers droite Monique Robineau-Chailan (24,41%) et l’extrême droite (RN) menée par Laurent Jacobelli (15,91%). C’est Christelle Varnier qui sera, en mars prochain, la tête de liste du parti lepéniste.

    Balayées au 1er tour il y a six ans, les forces de gauche et écologistes ont choisi cette fois l’unité. « Face à la menace grandissante de l’extrême droite et à une gestion municipale conservatrice, nous soutenons une liste écologique sociale et solidaire », indiquait, début décembre, un communiqué signé de l’ensemble des forces de gauche, appelant « tous les citoyens qui le souhaitent » à apporter leurs contributions dans l’élaboration d’un « projet alternatif et concret ». Cette liste sera conduite par Frédéric Dutoit, Dorothée Sudan, Vincent Coulomb et Denise Triscari.