Tag: conditions de travail

  • Le dialogue de sourds se poursuit au centre hospitalier d’Avignon

    Le dialogue de sourds se poursuit au centre hospitalier d’Avignon

    La cérémonie des vœux du Centre hospitalier d’Avignon, qui était prévue ce mercredi 21 janvier en début d’après-midi, a été annulée. Dans un communiqué de presse, le centre hospitalier explique que l’événement « doit se tenir dans un climat apaisé », que « ces conditions ne semblent pas réunies » et refuse « que ce moment de concorde soit l’occasion pour certains de rentrer dans de vaines polémiques ».

    La CGT avait annoncé, en effet, qu’avec des soignants, elle allait profiter de l’événement pour interpeller la maire d’Avignon et présidente du conseil de surveillance, Cécile Helle (PS), en se basant sur les conclusions d’un rapport d’expertise d’un cabinet agréé. Le syndicat expliquait notamment ce mardi 20 janvier, lors d’une conférence de presse, que règne au centre hospitalier Henri-Duffaut « un environnement propice à la souffrance, aux risques sanitaires et à la dégradation des soins », notamment au bloc opératoire. Il décrivait également un directeur qui « persiste dans une logique exclusivement gestionnaire » sans « jamais évaluer la charge de travail réelle ». Pierre Pinzelli, le directeur, confiait à La Marseillaise avoir « l’objectif de ne pas créer de zones d’affrontements, de conflits ou de frottements, mais de travailler ensemble » et qu’il fallait « arrêter la personnalisation des choses car il y a une gestion déconcentrée des services ».  Les syndicats se sont bien mobilisés comme ils l’avaient prévu. Une vingtaine d’agents se sont ainsi présentés devant le directeur de l’établissement. Et la tension était palpable. Dans les bureaux de l’administration pour le confronter sur ces points, les salariés, avec les représentants des syndicats CGT, FO et CFDT en tête, ont été reçus par le dirigeant avec un « je suis en visioconférence donc je ne suis pas disponible », suivi d’un « vous ne disposez pas de mon agenda ». Avant de tourner les talons vers son bureau.

    « Attitude cavalière »

    Une réunion « en petit comité » de 2 à 3 représentants par organisation syndicale a été proposée par l’équipe de direction. Mais les syndicats ne s’y sont pas rendus. « Il ne dispose pas de notre agenda non plus. C’est facile de convier des gens et d’annuler au dernier moment. Des salariés ont attendu pour rien et doivent récupérer leurs gosses à l’école, donc on ne sera pas là à sa réunion », précise Patrick Bourdillon, secrétaire CGT du centre hospitalier, qui dénonce également « l’attitude cavalière » de son directeur. « On est sur les mêmes revendications. On ne veut pas revivre l’année précédente, qui était très difficile. Il ne prend simplement pas en considération le personnel », appuie Farid Benmohamed, représentant FO. « Le sujet est général et profond. À trois syndicats, on sera plus fort », confirme Ludivine Russo, responsable adjointe de la section CFDT de l’établissement.

  • Le mal-être des personnelsde bloc de l’hôpital d’Avignon mis à l’index

    Le mal-être des personnelsde bloc de l’hôpital d’Avignon mis à l’index

    L’exercice du droit de retrait des soignants des blocs opératoires de l’hôpital d’Avignon en novembre 2024 n’aurait, en fin de compte, pas vraiment changé la donne. Ce mardi 20 janvier, la CGT de l’établissement de santé, en se basant sur les conclusions d’un rapport d’expertise d’un cabinet agréé, assure qu’il y règne « un environnement propice à la souffrance, aux risques sanitaires et à la dégradation des soins ». Les soignants vont interpeller la maire d’Avignon et présidente du conseil de surveillance, Cécile Helle (PS), ce mercredi sur le sujet lors de la cérémonie des vœux.

    Cette enquête avait été commandée par la direction du centre hospitalier Henri-Duffaut suite à l’exercice du droit de retrait, pendant 20 jours, de plusieurs dizaines de soignants du service afin que leur souffrance au travail soit reconnue. Un mouvement lancé suite à l’annonce de la réorganisation des plages horaires d’ouverture, qui étaient alors passées de 8 à 10 heures par jour. Des conclusions communiquées en décembre 2025 à la direction ainsi qu’aux syndicats du site. Celui-ci a été construit à l’aide de témoignages de 49 personnes travaillant aux blocs.

    « Logique de gestionnaire »

    Un document qui n’a pas été communiqué à la presse mais dont certains points ont été évoqués par la CGT, qui regrette une absence de communication avec la direction. Alors que le syndicat évoque un directeur, sans le citer, qui « persiste dans une logique exclusivement gestionnaire » sans « jamais évaluer la charge de travail réelle », le pilotage de l’établissement serait décrit dans le rapport comme « hors-sol », assure le syndicat. « On nous avait fait des promesses qui n’ont pas été tenues. On en arrive à des situations comme des burn-out et une souffrance profonde », dénonce Patrick Bourdillon, secrétaire CGT du centre hospitalier. Houria Boudia, infirmière anesthésiste au bloc et experte au F3SCT, instance regroupant des représentants du personnel, constate que ce rapport « valide à 100% notre droit de retrait » et assure que « la démission du directeur est attendue par les équipes soignantes et médicales ».

    Contacté par La Marseillaise, le directeur de l’hôpital, Pierre Pinzelli, explique de son côté que « ce rapport ne peut être commenté tant qu’il n’est pas présenté aux instances », à savoir le F3SCT, qui devrait se tenir d’ici le mois de février. Car cela créerait « une nouvelle distorsion dans le fonctionnement des établissements et le droit du travail ». Tout en s’étonnant de l’engouement autour de cet audit, il affirme que cette enquête a été lancée à son initiative et se félicite d’un « processus très concerté, très travaillé, très préparé », avec « l’objectif de ne pas créer de zones d’affrontements, de conflits ou de frottements, mais de travailler ensemble ». Il demande « d’arrêter la personnalisation des choses », car le bloc opératoire « n’est pas sous la gestion directe de la direction générale », tout en étant « extrêmement attentif à ses travaux ».

  • Une mobilisation inédite des salariés du Crédit Agricole

    Une mobilisation inédite des salariés du Crédit Agricole

    C’est une première, j’ai 20 ans de Crédit Agricole et cela ne s’est jamais fait. » Alexandre Ferretti, secrétaire général de Sud Crédit Agricole Alpes-Provence, relaie, avec le Sneca/CGC, le mouvement de grève national prévu ce jeudi 22 janvier sur les caisses de la région. Date à laquelle se tient un comité social et économique. Débrayage ou journée de mobilisation selon les agences, ce mécontentement fait suite « à l’échec des négociations salariales, dans un contexte pourtant marqué par des résultats économiques solides », indique une intersyndicale dans un communiqué CGT-Sneca-Sniam-Sud-Unsa. De « 16 à 17 euros bruts par mois » à mettre en regard de résultats nets au troisième trimestre de plus de 3 milliards d’euros, détaille Alexandre Ferretti. Pour lui, « on ne peut pas demander de l’excellence relationnelle, de l’engagement aux salariés et ne pas les augmenter dans une région où le coût de la vie est plus important qu’ailleurs ».

    Les syndicats dénoncent également une dégradation de leurs conditions de travail. « On se rend compte avec une intelligence artificielle de plus en plus présente, la concurrence des banques en ligne, la demande croissante de nos clients, on doit être encore plus réactifs qu’avant », explique Alexandre Ferretti.

    « Le sang vert »

    Si l’engagement et « l’appartenance à l’image » restent « très forts », « on a des éléments qui nous sont présentés dans les CSE, sur l’absentéisme notamment. Nous sommes inquiets de la santé de nos collègues », témoigne le représentant syndical. Par-dessus tout ça, les réformes organisationnelles menées par le Crédit Agricole ajoutent à l’angoisse. Le projet « Efficacité » prévoit de réduire « les coefficients d’exploitation ». « On commence à perdre certains services au niveau de certaines caisses », précise Alexandre Ferretti. Si chaque caisse régionale est indépendante avec des services dits « support », dédiés par exemple à l’assurance emprunteur, ces derniers sont regroupés. « L’objectif, c’est de faire des économies d’échelle dans le temps », poursuit le syndicaliste, inquiet pour les « emplois de demain ». Si aucune suppression d’emplois n’est prévue au sein du Crédit Agricole Alpes-Provence qui rassemble quelque 2 200 salariés, les non-remplacements commencent déjà dans d’autres caisses, assure-t-il.

    « Ce qui fait notre force c’est la proximité et pour que ça tienne, il faut que les gens soient heureux », martèle Alexandre Ferretti, « les salariés ont le sang vert mais il faut voir comment on va vers ce nouveau projet d’entreprise ». Raisons pour lesquelles des « points conviviaux » sont organisés dès 8h30 ce jeudi 22 janvier sur les sièges de Gap et Aix-en-Provence pour échanger avec les salariés.

    Contactée, la direction régionale n’a pas donné suite. Une prochaine réunion de négociation au niveau local est prévue début février.

  • Les personnels de l’abbaye du Thoronet en grève

    Les personnels de l’abbaye du Thoronet en grève

    Alors que le Centre des monuments nationaux s’est targué ces derniers jours d’un nouveau record de fréquentation (12 millions pour l’année 2025), la réalité du terrain n’est pas toujours aussi reluisante. La CGT-CMN pointe ainsi « des moyens humains et matériels insuffisants et des équipes en souffrance ». Des difficultés qui touchent les agents de l’abbaye du Thoronet, l’un des plus emblématiques monuments varois, qui revendiquait plus de 84 000 visiteurs en 2025. Ils ont ainsi déposé un préavis de grève, qui court du 19 au 31 janvier.

    Discussions infructueuses

    En cause : des conditions de travail dégradées, notamment dues au manque d’effectif, de rémunération et à la non-prise en compte du temps de travail. Les grévistes réclament ainsi « la création de postes (a minima un en billetterie et un en accueil) afin de pallier l’accroissement des missions » ; « une révision de l’effectif minimum de sécurité, tenant compte des contraintes pour le passer de 3 à 5 ou 6 agents » ; « l’attribution d’une enveloppe de vacations » ; « la reconnaissance financière et la valorisation des missions annexes (pratique des langues étrangères, référent RH…) » ; « la prise en compte dans le temps de travail des déplacements pour les séminaires, formations et réunions » et « le réaménagement du comptoir billetterie datant de 1994 attendu depuis des années. » Des travaux sont prévus pour 2027, sans plus de précision.

    Une réunion s’est tenue entre la direction et les syndicats mercredi dernier. Mais si « des discussions sont ouvertes » concernant « les déplacements et la reconnaissance des missions annexes, aucune réponse n’a été apportée sur les questions d’emplois, de reconnaissance salariale, et le renforcement de la sécurité », pointe la CGT-CMN. « Sur les créations de postes, la direction se retranche derrière la contrainte du plafond d’emplois du CMN insuffisant pour répondre aux besoins », poursuit le syndicat, qui fustige la proposition « d’externalisation du poste Vigipirate, pour un coût prohibitif, au prétexte de libérer un poste en accueil et surveillance, tout en restant à effectif constant ». « Les agents ont fait part des difficultés auxquelles ils sont confrontés. La direction doit les entendre ! », conclut la CGT-CMN.

  • Le mouvement social prend de l’ampleur au conservatoire de Marseille

    Le mouvement social prend de l’ampleur au conservatoire de Marseille

    « On s’est levé pour rien ! » Ce mercredi matin, les minots repartent du conservatoire Pierre Barbizet à Marseille, sans avoir pu mettre la main sur leurs instruments. Sur place, des salariés annoncent, avec un air désolé : « Les cours sont annulés toute la journée. » En cause ? Le mouvement de grève lancé par les agents d’accueil et de sécurité du site, sur un préavis de grève de la CGT, se durcit. « On était sur deux heures le matin et deux heures l’après-midi depuis plus d’une semaine, mais on passe sur une grève toute la journée », explique un agent gréviste de l’établissement qui fait partie de l’Institut national supérieur d’enseignement artistique Marseille Méditerranée (Inseamm).

    Pour rappel, ils revendiquent une « meilleure reconnaissance » de leur travail essentiel au fonctionnement du conservatoire, via une hausse salariale et une amélioration de leurs conditions de travail (lire notre article du 07/01). Et si la direction, par la voix du saxophoniste Raphaël Imbert, affiche une ouverture au dialogue social et dit « entendre les revendications », reste que les agents ne sont pas convaincus par ses propositions. « Elles ne sont clairement pas à la hauteur », dénoncent les agents, après un premier round de discussion.

    En parallèle, un collectif d’agents, notamment des enseignants, des Beaux-Arts de Marseille toujours de l’Inseamm, mais situé à Luminy, fait aussi part de son opposition quant « à l’évolution » de l’institut public, avec le lancement d’une pétition. Ils citent « des conditions salariales dégradées » sur fond de « réduction des moyens alloués au Conservatoire comme aux Beaux-Arts ». De quoi animer le conseil d’administration prévu ce jeudi.

  • Le fonds Apollo va-t-il lâcher Kem One ?

    Le fonds Apollo va-t-il lâcher Kem One ?

    On est au fond du trou, criblés de dettes », s’inquiète Michaël de Dios, secrétaire adjoint du syndicat CGT de l’usine Kem One de Fos-sur-Mer. Ce dernier et son homologue du site de Lavéra, Geoffrey Del Baldo, nous ont sollicités, vendredi 9 janvier, pour livrer leurs inquiétudes sur l’état et la gestion de la société chimiste, propriété du fond d’investissement états-unien Apollo global management, alors que débutent, ce mercredi, les négociations annuelles obligatoires (NAO).

    Car, cinq ans après l’acquisition de Kem One par Apollo, les comptes ne sont pas bons, selon les syndicalistes. « On a payé 38 millions d’euros sur les intérêts de la dette en 2025, affirme Geoffrey Del Baldo. C’est comme si on commençait l’année dans le négatif. » « C’est approximativement le résultat net qu’on faisait avant, abonde Michaël de Dios. Tout ce qu’on gagne passe dans le remboursement des intérêts de la dette. »

    La conjoncture économique n’aide pas. « La dette grossit à cause du contexte de la chimie », détaille Didier Chaix, délégué syndical de Kem One au niveau national. « Il a fallu réemprunter 200 millions d’euros, cette année, car le marché du PVC est déprimé en prix et en volumes. 2026 est une année charnière et les interrogations se posent sur le maintien de l’activité », estime le syndicaliste.

    Un air de déjà vu

    Les syndicalistes pointent le besoin d’investissement. Pour Didier Chaix, « même dans une période compliquée, il faut investir pour préparer l’outil de production pour les bonnes années ». En substance, la CGT « prend ses responsabilités », selon le délégué central, et demande à Apollo de « ne pas piloter Kem One sur son activité, mais sur son avenir », parlant d’un « monstre financier de 900 milliards de dollars pour lequel ça ne devrait pas être un problème de sortir quelques dizaines de millions pour l’outil ».

    L’utilisation de l’argent est au cœur des critiques. « On est shooté aux consultants imposés par Apollo », tance Didier Chaix. « Entre 2024 et 2025 ça nous a coûté 25 millions d’euros. On sera très loin de cette somme pour nous aux négociations annuelles », fait-il remarquer. « Ça n’apporte aucune plus-value », juge Geoffrey Del Baldo, qui abonde : « Pendant ce temps, on a des retards de paiement auprès des sous-traitants. Avec le manque de trésorerie, des électriciens et échafaudeurs ont été payés avec trois mois de retard. » « L’image de Kem One est celle d’un mauvais payeur et on pense avoir perdu des clients comme ça », déplore-t-il.

    Et pas que des clients. « Nos dirigeants ont perdu la confiance des salariés », lance Michaël de Dios, indiquant que « les cadres, ouvriers, jeunes apprentis, fuient Kem One. On n’arrive pas à recruter et les gens partent ou veulent partir » déplore-t-il. Didier Chaix confirme et constate « beaucoup de démissions, de ruptures conventionnelles et de CDD qui ne sont pas reconduits et ça dégrade les conditions de travail de ceux qui restent ».

    Le doute, pour ne pas dire la défiance, s’installe. « Partout où Apollo est venu, ils n’ont rien investi et font payer les intérêts de la dette jusqu’à la bascule », s’insurge Michaël de Dios. Le passage du fond d’investissement entre 2011 et 2014 à Ascométal, à proximité, s’était soldé par un redressement judiciaire. « Il y a intérêt à ce que les propriétaires trouvent une solution, car notre activité impacte la filière », conclut Didier Chaix.

    Contactée, la direction de Kem One n’a pas répondu à nos sollicitations dans les délais. Le syndicat CGT de Lavera appelle à la mobilisation devant l’entrée, ce mercredi dès 7h.

    « Apollo nous fait payer sa dette jusqu’à la bascule »

  • Les petites mains du conservatoire de Marseille relèvent la tête

    Les petites mains du conservatoire de Marseille relèvent la tête

    « On est les boucliers du conservatoire : on gère tout mais on ne pense jamais à nous. » Dans les salles du Palais Carli, dans le 1er arrondissement de Marseille, les agents d’accueil et de surveillance du conservatoire Pierre Barbizet sont remontés et entendent bien taper du poing sur la table. Les petites mains de cet établissement de l’Institut national supérieur d’enseignement artistique Marseille Méditerranée (Inseamm) sont en mouvement social depuis ce lundi, avec l’appui de la CGT, à coups de deux heures de grève le matin et en fin d’après-midi.

    De quoi impacter l’accueil des usagers mais surtout mettre en lumière leurs conditions de travail qu’ils jugent « plus que dégradées ». Sous couvert d’anonymat, les agents dénoncent une multitude de problématiques, allant d’une nouvelle salle de repos à des recrutements en passant par une revalorisation salariale. Nicolas* dénonce : « On fait face seuls à plein d’aléas, il y a des procédures qui ne sont pas forcément suivies, c’est en mode freestyle ». Marie*, son homologue, prend un exemple concret : « Le soir, on est les derniers présents sur le site. Parfois, on réalise le travail du service scolarité, c’est-à-dire qu’on doit gérer les enfants quand les parents sont en retard mais on n’a même pas accès au logiciel pour avoir leurs numéros de téléphone ! » Autre anecdote qui en dit long : « Quand il y a des inondations, c’est nous qui nettoyons, alors que ce n’est pas dans nos fiches de poste. » In fine, ils demandent une reconnaissance accrue au regard « du premier maillon de la chaîne » qu’ils représentent.

    Un travail sur « des propositions concrètes »

    Tous pointent l’état de leur salle de repos, en réalité un local technique dans un état peu reluisant où se mêlent casiers personnels, colonne informatique et fenêtre cassée. Une première discussion avec la direction a eu lieu, ce lundi. Les agents relatent un « échange constructif » et une direction globalement à l’écoute. Ce que confirme le directeur général de l’institut Raphaël Imbert : « On a eu un échange sur l’expression d’un mal-être au travail qu’on a entendu et sur les débuts de réponses que l’on peut apporter. » Dans une situation budgétaire contraignante (lire notre article du 06/01), il assure travailler à « des propositions concrètes » comme sur le passage en filière technique, le réaménagement de la salle de repos, un audit, une revalorisation… « Ils manifestent un besoin d’écoute et de reconnaissance, on a convenu de faire un effort », conclut le directeur général.

    *Les prénoms ont été changés

  • Mouvement social des agents du conservatoire de Marseille

    Mouvement social des agents du conservatoire de Marseille

    Pas d’ouverture à l’heure pour le conservatoire Pierre Barbizet (situé au Palais Carli, dans le 1er arrondissement de Marseille), ce lundi. Cet établissement de l’Institut national supérieur d’enseignement artistique Marseille Méditerranée (Inseamm) fait face à un mouvement de grève des agents d’accueil et de surveillance depuis ce lundi. La CGT a déposé un préavis de grève qui court jusqu’à la fin du mois, à coup de deux heures le matin puis l’après-midi.

    Les agents revendiquent pêle-mêle « une revalorisation financière et indemnitaire, une amélioration des conditions de travail avec l’aménagement d’un vrai espace de repos… ». Exemple concret : ils réclament une hausse de plusieurs centaines d’euros du CIA (complément indiciaire annuel, l’équivalent d’une prime, lire notre article du 29/12). « Il y a aussi une demande de recrutements de plusieurs agents », ajoute Richard Alzéal, secrétaire général CGT cadres des territoriaux de la Ville de Marseille.

    La direction juge les revendications légitimes

    Contacté, Raphaël Imbert le directeur général de l’Inseamm, explique ne pas voir d’un mauvais œil les revendications des agents qu’il juge « légitimes ». S’il se dit « ouvert » aux discussions et « à l’écoute », il nuance ses possibilités d’action au regard « du contexte budgétaire restreint » de l’institut. « On est dans une situation budgétaire complexe et soumis à des problématiques du fait du statut de l’institut », précise-t-il. Par exemple, sur la revendication d’une salle de repos dédiée, il renvoie « aux contraintes bâtimentaires ». Et sur le CIA : « On verse le montant maximum alloué par la Ville, on est dans le dialogue autant que faire se peut. » Reste à savoir si cela convainc les grévistes. « Sur le CIA, c’est le maximum oui, mais il est divisé par trois comparé à avant », répond un agent. Si une première discussion a eu lieu, les agents et la CGT poursuivent la grève.

  • « Ce que nous voulons en 2026 » en Occitanie

    « Ce que nous voulons en 2026 » en Occitanie

    Marie Dufresne, secrétaire de l’Union départementale CGT 30

    « Lutter contre la répression syndicale et l’extrême droite »

    Pour Marie Dufresne, secrétaire de l’Union départementale CGT du Gard, 2026 s’inscrira dans la continuité d’un syndicalisme de combat. « Pour l’année 2026, nous continuerons de revendiquer de meilleures conditions de travail et salaires pour les travailleurs et les travailleuses, et de les soutenir dans leurs luttes. » Dans un contexte inflationniste et marqué par la dégradation des droits sociaux, la CGT garde une ligne claire : accompagner les salariés sur le terrain, dans les entreprises comme dans les services publics.

    Autre axe majeur : la défense des libertés syndicales. « Nous nous mobiliserons contre la répression syndicale et en soutien à notre secrétaire générale Sophie Binet attaquée pour injure publique. »

    Une affaire vécue comme un symbole, souligne-t-elle. L’UD CGT du Gard se mobilisera aussi dans la campagne des élections professionnelles.

    Former les syndiqués

    La formation restera également au cœur de l’activité syndicale : « Comme chaque année, nous proposons des formations syndicales pour former les syndiqués sur leurs mandats et sur les propositions CGT pour une nouvelle société. » Un travail qui s’accompagne d’un combat idéologique : « Nous formons aussi pour lutter contre les idées d’extrême droite. » En 2026, la CGT du Gard entend donc poursuivre son rôle d’organisation de classe : agir, soutenir et mobiliser, comme réaffirme sa secrétaire départementale, décidée à ne laisser personne seul face aux pressions patronales et aux reculs sociaux.

    Axel Jolidon

    Fabien Bon, porte-parole du Scum, le Syndicat de combat universitaire de Montpellier

    « Un mouvement social pour en finir avec la précarité étudiante »

    S’il tire un bilan particulièrement négatif de l’année 2025, le Syndicat de combat universitaire de Montpellier (Scum) reste confiant et déterminé à continuer sa mobilisation en faveur du niveau de vie des étudiants.

    « Sur l’année scolaire 2024-2025, nous avons distribué 15 000 colis alimentaires aux étudiants, dénombre Fabien Bon, élu au conseil d’administration du Scum et porte-parole. Et ça ne suffit pas. La demande est tellement forte qu’on a dû ouvrir une épicerie solidaire sur le campus universitaire de Béziers. »

    Plus de logements étudiants

    Pour 2026, le syndicat aspire à la formation d’un « mouvement social déterminé et puissant ». Manque de places en master, secteur du logement en tension, frais d’inscription en augmentation pour les étudiants internationaux ou encore système de calcul des bourses jugé « infantilisant » et « injuste » , le Scum espère faire « reculer le gouvernement sur ses réformes qui précarisent les étudiants ». « Le logement est un problème central. En 2026, nous allons solliciter les candidats aux élections municipales pour qu’ils s’engagent à fournir du foncier à bas prix pour la construction de logements étudiants. Les pénuries, les loyers exorbitants, les appartements insalubres ou les propositions indécentes faites à des jeunes femmes en échange d’un logement, ce n’est plus possible. »

    Le Scum espère que plus aucun étudiant ne devra vivre en dessous du seuil de pauvreté. « On ne veut plus les voir attendre dans le froid pour quelques boîtes de conserve. »

    L.B.

    Magali Boisset, éleveuse de poules pondeuses et présidente du Civam bio 34

    « Il faut avoir plus de petits producteurs qui s’installent »

    Éleveuse de poules pondeuses à Vacquières, Magali Boisset espère de cette nouvelle année « avoir plus de jours de repos. Parce qu’il ne faut pas oublier que l’élevage c’est 7 jours sur 7, c’est un métier passion mais qui est épuisant parce qu’il n’y a pas de vacances, il n’y a pas de week-end. » Pour ce faire, celle qui est aussi la présidente du Civam bio (Centre d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural bio) de l’Hérault plaide pour « qu’il y ait plus de petits producteurs qui s’installent notamment en poule pondeuse par exemple, ou en production de volailles de chair afin de finaliser la structuration de la filière ». Ce qui permettrait -en plus d’avoir une alimentation de meilleure qualité car bio et locale- d’avoir des remplaçants qui tourneraient dans différents élevages.

    L’agriculture ne doit pas être abandonnée par l’État

    Et ainsi de militer pour la prolongation et la revalorisation du crédit d’impôt bio. « Il y a eu une diminution des aides pour l’agriculture biologique, notamment les aides de la PAC. Or, aujourd’hui, ce crédit d’impôt bio bénéficie à peu près à la moitié des agriculteurs en bio en France. Ce serait un signe fort de l’engagement de l’État », soutient Magali Boisset. Et il n’y a pas que l’agriculture bio qui a besoin d’être soutenue par les pouvoirs publics en ces temps difficiles. « J’ai une pensée pour les éleveurs bovins avec un espoir pour 2026 d’une vaccination générale et un soutien financier et psychologique auprès des éleveurs en difficulté. On est vraiment solidaire parce que se faire abattre tout son troupeau c’est vraiment dur à vivre économiquement et psychologiquement. Ce n’est pas parce qu’un animal est destiné à produire de la viande que l’éleveur n’est pas attaché à la bonne santé de son troupeau et de ses bêtes », insiste la présidente du Civam bio 34.

    L.D.

    Patrick Fustier, président du collectif « Sauvons le Nîmes Olympique »

    « Il y a enfin une vraie perspective d’éclaircie au Nîmes Olympique »

    Pour Patrick Fustier, président du collectif Sauvons le Nîmes Olympique, 2026 doit marquer un tournant. « Sportivement, on espère que le club va remonter en National. C’est le vœu de tous les supporters. Le Nîmes Olympique n’a rien à faire en National 2. » Le collectif veut aussi contribuer à mobiliser : « Continuer à fédérer les supporters pour qu’ils viennent au stade, c’est l’objectif. »

    Mais le chantier est aussi structurel. « On attend le départ définitif de Rani Assaf », explique-t-il, en espérant la rétrocession « du stade des Antonins, de la Bastide et de la marque Nîmes Olympique ». Les terrains d’entraînement sont à remettre à niveau : « Deux sont morts et occasionnent des blessures. » Un audit de la FFF a confirmé l’ampleur des travaux nécessaires, « et il va y avoir beaucoup d’argent à mettre ». Une étape indispensable pour espérer retrouver un centre de formation agréé.

    « Rejouer en Ligue 2 et aux Costières »

    Un autre enjeu majeur tournera autour des élections municipales. « Nous allons rencontrer tous les candidats à la mairie. On veut rendre publique leur position sur la rénovation des Costières et le retour du club dans son stade historique. » Le collectif prépare un questionnaire précis « pour que chacun dise clairement ce qu’il veut faire ». Et de regretter « l’opacité » de certains élus : « Ce n’est pas normal que des rapports sur le coût des travaux ne soient pas rendus publics. »

    Reste l’espoir, enfin. « C’est la première année depuis longtemps où il y a une vraie perspective. L’an dernier, on serrait les fesses pour ne pas descendre. Aujourd’hui, il y a un cap sportif et un cap sur les structures, même s’il reste des embûches. » Pour lui, la mission du collectif prendra vraiment fin « le jour où le Nîmes Olympique rejouera en Ligue 2… et aux Costières ».

    A.J.

  • Des enfants sans accompagnants en Vaucluse

    Des enfants sans accompagnants en Vaucluse

    Une vingtaine d’AESH étaient devant la direction académique de Vaucluse ce mardi 16 décembre pour réclamer de meilleures conditions de travail et un « vrai » statut de fonctionnaire catégorie B. Car actuellement, « ce n’est pas suffisant et ce sont les élèves qui en pâtissent », assure l’une d’entre elles.

    Car dans le département, d’après les chiffres communiqués à la rentrée de septembre aux syndicats, il y aurait 1 300 AESH sur le territoire, dont 893 à temps plein, pour 5 800 élèves qui ont besoin d’être accompagnés. 300 d’entre eux sont restés sur le carreau. Et ce, alors « que certaines sont obligées d’avoir un autre métier à côté car elles ne gagnent pas assez », regrette Magali Genin, cosecrétaire départementale Snes-FSU.

    Promesses de recrutements

    Une réunion est prévue avec le directeur académique des services de l’Éducation nationale (Dasen) ce mercredi 17 décembre pour connaître les avancées sur les promesses de recrutement faites il y a quelques mois. Car la charge est de plus en plus lourde pour les AESH. « On doit désormais gérer des cas de handicap lourd et des enfants violents, ce qui n’est pas censé être le cas. Et on se retrouve souvent seuls avec les jeunes, ce qui n’est absolument pas légal », confie l’une d’entre elles, sans vouloir être nommée.