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  • Ardant, Dutronc ou Chedid seront sur la scène vauclusienne

    Ardant, Dutronc ou Chedid seront sur la scène vauclusienne

    Depuis plus de quatre décennies, le Conseil départemental de Vaucluse possède sa propre scène : l’auditorium Jean-Moulin au Thor, fort de près de 600 places.

    « L’épicentre culturel de Vaucluse », ose Élisabeth Amoros, vice-présidente LR déléguée à la culture. Une salle, il est vrai, centrale géographiquement, disposant de parkings, et de tarifs abordables entre 8 et 42 euros *. La saison 2025-2026, qui démarre le 11 octobre et présentée il y a 10 jours, se tient « dans un contexte budgétaire contraint », rappelle l’élue en soulignant que sa majorité « a fait le choix de préserver intégralement le budget de la culture ».

    L’auditorium, géré depuis trois ans par Sophie Duffaut, dispose d’un budget de 460 000 euros. Dont une partie est destinée à des spectacles pour les scolaires. Plus de 8 000 élèves issus de 105 établissements y ont été accueillis l’an dernier. La salle de spectacles a aussi pour ambition de renforcer les résidences d’artistes, à l’instar d’Agnès Jaoui, venue préparer et lancer en janvier dernier la tournée de son dernier album.

    Timsit et Demaison se donnent la réplique

    « Notre établissement continue d’ouvrir grand ses portes à la diversité des expressions artistiques et au plaisir du partage », se targue, dans l’édito de présentation, la présidente du Département, Dominique Santoni (LR). Humour, concert, magie, danse ou théâtre seront proposés aux spectateurs.

    Pour les trois coups, le 11 octobre, place à l’humour avec Yann Marguet, vu et entendu sur Quotidien et France Inter. Dans le même registre, Marine Leonardi le samedi 14 mars ou Blandine Lehout le jeudi 2 avril, seront sur scène pour faire rire. Alex Lutz, avec une touche sensible, revient pour la seconde année consécutive au Thor (7 mai) avec Sexe, grog et rocking-chair, qui parle d’un père absent. Patrick Timsit et François-Xavier Demaison misent sur l’humour noir dans la pièce La Famille (15 janvier).

    Fanny Ardant foulera pour la première fois les planches de l’auditorium, le 23 novembre, dans un seul en scène, intitulé La Blessure et la soif. La chanson française n’est pas oubliée avec des noms qui évoquent les filiations artistiques : Louis Chedid (16 octobre) ou Thomas Dutronc (5 décembre). Côté danse hip-hop, le chorégraphe Mourad Merzouki (2 décembre) présentera Cartes blanches.

  • L’Ombrière : une saison entre grands noms et découvertes

    L’Ombrière : une saison entre grands noms et découvertes

    À l’Ombrière, la programmation est pensée pour refléter la diversité des arts de la scène. Cette saison encore, la salle d’Uzès propose aussi bien des spectacles à taille humaine que des rendez-vous plus ambitieux capables de rassembler un large public. « L’idée est de répondre toujours aux attentes d’un public varié, avec une programmation pluridisciplinaire qui permet d’atteindre différentes esthétiques », explique Virginie Jarrin, directrice de l’Ombrière.

    Cette diversité se traduit autant par l’accueil de grandes figures du théâtre et de la chanson que par la mise en avant de créations plus confidentielles. Car, rappelle la directrice, « la programmation de l’Ombrière, c’est aussi l’alternance entre des têtes d’affiche et des spectacles plus émergents ».

    Louis Bertignac, événement phare

    Parmi les temps forts de la saison, le concert de Louis Bertignac programmé vendredi 17 octobre à 20h30 est sans doute l’événement le plus attendu. Guitariste, chanteur et cofondateur du groupe mythique Téléphone, il a marqué l’histoire du rock français. Toujours aussi passionné, il enflamme les scènes avec ses classiques et ses créations personnelles. Pour l’occasion, l’Ombrière adaptera sa jauge : de 500 spectateurs en moyenne, elle pourra accueillir jusqu’à 1 200 personnes. « Louis Bertignac fait partie de ces artistes qui nous permettent de toucher un public très large », partage Virginie Jarrin.

    La directrice recommande deux autres rendez-vous majeurs. Le premier se tiendra le 13 mars, avec François Cluzet, l’un des comédiens les plus populaires du cinéma et du théâtre français. Dans une configuration intimiste, l’acteur se livrera à un grand moment de théâtre, intense et profond, qui s’éloigne volontairement de la légèreté comique. Sur scène, il incarne Robert, thérapeute et essayiste en pleine rupture avec ses méthodes traditionnelles. Fatigué de voir ses patients s’enliser dans l’introspection, il décide de tout bouleverser et d’agir autrement. Interné dans un hôpital psychiatrique, il raconte son ambition de changer le monde, entre conviction radicale et possible folie. Adapté du roman de Denis Michelis et mis en scène par Emmanuel Noblet, déjà récompensé d’un Molière pour Réparer les vivants, ce spectacle permet à François Cluzet de déployersa puissance d’interprétation et d’emmener le spectateur dans un récit chargé d’émotion.

    Autre temps fort : la pièce Les Marchands d’étoiles, couronnée aux Molières 2025, notamment du prix du meilleur comédien. Cette œuvre bouleversante plonge dans l’histoire de l’étoile jaune tout en explorant les rapports de filiation au sein d’une famille. Un spectacle qui conjugue mémoire collective et émotion intime, et qui s’annonce comme l’un des sommets de la saison. « C’est un très beau théâtre, profondément émouvant, parce qu’il traite d’un sujet que l’on connaît et qui reste d’une force incroyable », souligne Virginie Jarrin.

    Avec cette programmation, l’Ombrière réaffirme son ambition : être une maison ouverte à tous, où se croisent le théâtre de haut niveau, la musique populaire, les écritures contemporaines et les talents émergents. Une saison qui, à n’en pas douter, fera vibrer Uzès et son territoire bien au-delà de ses murs.

    * Toute la programmation sur www.lonbriere.fr

  • Yoa, énergie pop et voix forte au Super Moustache festival

    Yoa, énergie pop et voix forte au Super Moustache festival

    Révélation scène des Victoires de la musique 2025, Yoa s’affirme comme une artiste complète, traçant sa voie entre une pop électro mainstream et une musique aux sonorités indie. Elle sera l’une des voix fortes du Super Moustache Festival, ces 12 et 13 septembre à Aix.

    « Yoa sur scène ? C’est moi mais c’est aussi mes danseuses », pose d’emblée la jeune femme née à Paris en 1998, « J’ai voulu un spectacle total avec tout ce que j’aime, de la danse, des moments drôles, un beau décor ». Formée au théâtre, nourrie par la danse et les grandes figures féminines de la pop, elle revendique une approche scénique exigeante. « Je veux que les gens en aient pour leur argent, ce n’est pas rien de se déplacer pour voir un artiste. On essaie de leur en mettre plein les yeux. »

    Son inspiration ? Les femmes. « Je ne suis pas un homme, donc je m’identifie plus aux femmes. Et je trouve qu’en pop, elles sont souvent meilleures sur scène. Beyoncé, Doja Cat, Rihanna… leurs shows m’émeuvent plus. » Une sensibilité qu’elle transpose dans ses textes où l’amitié tient une place centrale. « Mes danseuses, c’est la personnification de mes copines dans ma chanson, ça me fait du bien qu’elles soient là », justifie celle qui revendique une pop féminine à la française.

    « Activisme performatif »

    Mais Yoa, c’est aussi une voix politique sans détour. « J’affiche mes opinions dans mes textes et dans la vie, tant mieux si on me considère comme une artiste engagée », glisse la jeune femme née d’un père suisse jurassien et d’une mère camerounaise. Antifasciste, engagée pour la Palestine, elle parle rapport au corps, féminité, violences sexuelles, ne cache rien de ses convictions et dénonce les silences confortables : « Ne pas parler de politique est un privilège de personnes blanches et bourgeoises… L’existence des personnes trans, racisées, discriminées est politique. »

    En juillet, elle a annulé sa participation aux Francofolies de Spa, refusant de partager l’affiche avec Amir qu’elle accuse de soutenir l’armée israélienne et de ne pas reconnaître le génocide en Palestine. Au-delà du simple « activisme performatif », sa sincérité tranche dans un milieu artistique frileux.

  • Nîmes : le Jazz Festival fait danser l’automne

    Nîmes : le Jazz Festival fait danser l’automne

    Chaque automne, l’Agglomération nîmoise se met au diapason. Du 12 septembre au 18 octobre, le Nîmes Métropole Jazz Festival reprend son itinérance, de Nîmes à Sernhac, de Bouillargues à Caissargues, avec une programmation toujours plus audacieuse.

    Cette 19e édition a choisi pour fil rouge les zazous, dandys frondeurs des années 40, amoureux fous du jazz, qui défiaient l’ordre établi en dansant swing « sous le nez des oppresseurs ». « Les zazous, c’est sérieux », rappelle Stéphane Kochoyan, directeur artistique du festival. Leur esprit joyeux et libre irrigue toute la programmation : un jazz sans frontières, festif et insolent. Le festival s’ouvrira par un grand concert gratuit aux Jardins de la Fontaine, le 12 septembre, avec Cimafunk, groupe cubain en pleine ascension internationale mêlant funk et héritage latino. Une mise en bouche explosive avant un mois de découvertes.

    « Conquérir un nouveau public »

    « Le but est de conquérir un nouveau public », souligne Gaël Dupret, élu en charge de la culture à Nîmes Métropole. L’édition 2025 ne manque pas de nouveautés : le Vallon d’Escaunes à Sernhac se transformera le 14 septembre en scène musicale et familiale, avec fanfares locales, installation sonore dans le tunnel romain et un concert du duo 20Syl & Christophe Panzani.

    Les amateurs de grands noms retrouveront Dee Dee Bridgewater (2 octobre à La Calmette), le contrebassiste Henri Texier (4 octobre à Sainte-Anastasie), le chanteur malien Salif Keita (11 octobre à Milhaud) ou encore les moustachus de Deluxe (14 octobre à Paloma). L’esprit swing ne sera pas oublié avec les Pink Turtle et leur bal participatif (27 septembre à Cabrières), ou la trompettiste Bria Skonberg, l’une des révélations internationales de cette édition (9 octobre à Saint-Chaptes).

    Comme chaque année, la scène locale aura voix au chapitre, via les premières parties et les concerts du festival OFF coordonné par l’association Jazz 70. Conférences, projections, bals swings et rencontres viendront compléter l’événement, pensé comme une fête intergénérationnelle. En un mois, ce sont plus de 30 rendez-vous qui feront voyager le public, entre traditions jazz et métissages modernes. Swing contagieux garanti, car comme le chantait Andrex, « méfiez-vous, c’est contagieux ! »

    * Programme et billetterie sur nmjf.fr

  • La 34e Fiesta des Suds à Marseille, un hymne à l’amour

    La 34e Fiesta des Suds à Marseille, un hymne à l’amour

    On a vécu beaucoup de péripéties cette année avec notre déménagement du Dock des Suds », rappelle d’emblée Natalie Solia, directrice de la Fiesta des Suds, au dernier étage de la tour La Marseillaise.

    Le point culminant idéal pour observer l’agitation immobilière qui cerne Arenc et les quartiers limitrophes, à deux rues du Dock des Suds. La terre d’adoption pendant plus d’un quart de siècle de Latinissimo, l’association organisatrice de la Fiesta des Suds, qui en a été chassée au printemps dernier par l’établissement public Euromediterranée pour des projets toujours incertains. Autant de bâtons dans les roues évités vaillamment par Latisinissimo et la Fiesta des Suds, dont la 34e édition investit, comme depuis 2018, l’esplanade du J4. « Même si le monde de la culture connaît un avenir incertain, nous sommes plus déterminés que jamais à proposer des musiques qui rassemblent, en dehors des sentiers battus », résume celle qui est à la tête de cet événement dont les trois coups sonneront jeudi 9 octobre, lors d’une soirée où Morcheeba occupera la tête d’affiche.

    Depuis la deuxième partie des années 1990, dans la foulée de Massive Attack, un groupe symbolique du trip-hop, genre électro née en Angleterre et habité par des samples de la musique afro-américaine. « Le premier morceau qu’on m’a envoyé était Call for love, issu de l’album Escape de Chaos », situe Frédéric André. Sorti cette année et destiné à célébrer les 30 ans du groupe, un opus qui a donné le la de cette édition.

    Le programmateur de la Fiesta des Suds justifie : « On veut partager des émotions avec le maximum de gens. Depuis que je suis petit, on entend parler que de crises, mais très peu de discours d’un avenir commun ». Pour reprendre le titre de Morcheeba, un « appel à l’amour » qui infuse dans toute la programmation avec des artistes tels que la soulwoman Enchantée Julia ou encore la mitrailleuse de tendresse rap et punk, Uzi Freyja, toutes deux programmées le premier soir de la Fiesta des Suds, illustre entre autres Frédéric André.

    Qui dit amour et fête dit également Dabeull et son ensemble de onze musiciens, aussi à l’affiche du premier soir, qui ravivent la flamme funk des années 1970-80, inspirés notamment par des groupes style Bar Kays ou Imagination, comme il en a fait part sur les ondes de RFI. Une ribambelle d’artistes qui ont pour dénominateur commun « de procurer de l’émotion au public », dixit Frédéric André, qui énumère encore des messagers du « love » présents à la Fiesta des Suds le vendredi 10 octobre : le rappeur Youssoupha qui viendra défendre son dernier album en date Amour suprême, le projet électro-rock maroco-tunisien Aïta mon amour. Sans oublier le guitariste nigérian Keziah Jones.

    Et que dire encore de la soirée du samedi 11 octobre, avec « l’amour en barres » prodigué par Kassav’, groupe mythique antillais qui a préfiguré le zouk dès le début des années 1980. Une nuit décidément placée sous les auspices du déhanchement de bassin, avec les « ambassadeurs » du Shatta – genre aux lignes de basse puissantes dérivé du dancehall – en la personne de Blaiz Fayah et Bamby.

    « Nous sommes un festival populaire, ce qui est non négociable, et en même temps exigeant. On n’est pas là pour servir de la soupe aux gens sous prétexte qu’un artiste fait beaucoup d’entrées », souligne Frédéric André. Un credo encore plus perceptible le 12 octobre avec la « Fiesta du dimanche », à l’esprit diurne et « plus familial ». Un événement gratuit qui proposera plusieurs concerts, au premier rang desquels celui de La cité des minots, avec la chanteuse slovaque et tzigane Marcela, « accompagnée par plus de 80 enfants des écoles Peyssonnel 1 et Malpassé – Les Oliviers », précise Andy Burle, responsable des actions culturelles au Nomad’ Café, producteur de cette création. « La fiesta du dimanche est une après-midi de découvertes, musicales mais pas que, avec notamment une ludothèque, des jeux et ateliers créatifs, des terrains de pétanque et une grande battle de hip-hop », complète Marion Bergé-Lefranc, chargée de production de cette journée de clôture.

    Philippe Amsellem

    Programme complet sur www.fiestadessuds.com

  • « La musique blues m’a aidée à guérir mes blessures »

    « La musique blues m’a aidée à guérir mes blessures »

    Entretien

    Pour rallier les ghettos de Lagos, dans son Nigeria natal, aux scènes européennes, où sa voix résonne désormais avec une puissance jubilatoire, Justina Ogunlolu, alias Justina Lee Brown, en a parcouru, du chemin. Confrontée à l’extrême pauvreté et à des abus ayant fauché son enfance, cette chanteuse, qui se propulse avec une énergie aussi bien soul que rock, comme le prouve son album Lost Child, incarne à elle seule l’essence du blues : surmonter ses pires traumatismes pour en faire belle œuvre.

    La Marseillaise : Au cours de votre enfance dans les ghettos de Lagos, votre mère vendait des sachets d’eau dans la rue. Pendant qu’elle travaillait, vous tapiez sur une bassine avec un bâton pour vous exercer à chanter. Quels souvenirs gardez-vous de cette période ?

    Justina Lee Brown : Je garde de beaux souvenirs de ma jeunesse innocente. Petite, j’étais peu conscience de l’insécurité qui m’entourait. Pourtant, nous étions constamment affamés avec ma mère, c’était très dur de se nourrir. Sans compter l’absence d’un foyer stable, avec des déplacements constants. Mais l’amour m’a permis de surmonter tout cela. J’étais heureuse car les rues regorgeaient de divertissements.

    Qu’est-ce que cela vous a appris sur vous-même ?

    J.L.B. : Cela m’a appris à ne jamais abandonner, à attendre toujours des jours meilleurs.

    Votre chanson « Billiki » raconte l’histoire d’une jeune fille qui disparaît après que sa mère lui demande d’aller chercher de l’eau au ruisseau. À quel point est-ce inspiré de votre vie ?

    J.L.B. : « Billiki » parle surtout de l’ironie du sort qui touche de nombreuses filles dans la société. L’insécurité est pesante et nous n’avons ni le gouvernement, ni le système nécessaire pour protéger les jeunes qui grandissent dans mon pays. Énormément de jeunes filles disparaissent, avant d’être violées et maltraitées. Mais le gouvernement ne fait rien. En ce qui me concerne, avoir été maltraitée à l’âge de 6 ans à peine m’a laissée avec une grande souffrance que seul dieu peut guérir. Pour éviter que les prochaines générations aient à endurer cela, je me dois de sensibiliser les gens à ce phénomène. J’espère qu’un changement pourra advenir. Parce que, quand un enfant est brisé, il n’y a pas de réparation possible.

    Le blues est une musique afro-américaine créée dans les champs de coton par des personnes qui ont subi la ségrégation raciale, aussi bien pour exprimer leurs peines que leurs espoirs. Joue-t-il le même rôle dans votre vie ?

    J.L.B. : Le blues que je joue est un son d’espoir et de guérison car quelque chose était brisé en mon for intérieur. Et en dehors de cela, en tant qu’Africains, nous sommes remplis de tant de joie et d’amour : le blues est donc pour nous un cri de bonheur et d’enthousiasme gospel. À bien des égards, la musique m’a sauvé la vie, mais aussi celle de ma famille. Je suis donc reconnaissante envers la musique, et plus particulièrement le blues. Le blues m’a aidée à guérir de mes blessures.

    Vous avez également créé la JLB Care Foundation pour venir en aide aux enfants maltraités au Nigeria. Comment parvenez-vous à leur apporter du soutien ?

    J.L.B. : Ce qui m’a inspirée pour créer cette fondation, c’est que la situation à laquelle j’ai moi-même été confrontée il y a de nombreuses années, perdure. Énormément d’enfants des rues souffrent de la faim et aucun enfant ne mérite de vivre ainsi. Mon objectif est d’essayer de préserver autant que possible les enfants avec lesquels je suis en contact : les aider à accéder à un toit, leur donner de quoi manger, une bonne santé et une éducation adéquate pour qu’ils puissent se débrouiller seuls plus tard. On essaie de briser le cercle vicieux de la pauvreté.

  • « La scène est une tribune super puissante »

    « La scène est une tribune super puissante »

    La Marseillaise : Vous avez démarré l’aventure Terrenoire en 2017. Depuis, un EP, deux albums et une Victoire de la Musique de la révélation masculine de l’année en 2022. Comment expliquez-vous ce succès ?

    Terrenoire : Le fait qu’on travaille entre frères, permet d’avancer avec plus de sérénité. Le déplacement de Saint-Étienne vers Paris nous a aussi permis de nous professionnaliser, de nouer des accroches avec l’industrie musicale. Et puis on voulait que ça marche, vivre de notre métier. On a gravi les échelons petit à petit, pris du plaisir à travers ce travail, en se disant que la musique est un métier d’artisanat, et qu’il fallait travailler le geste, la structuration, l’entourage, tout ce qu’il y a autour, au même titre que la musique elle-même.

    Votre musique, à la croisée des chemins entre la pop, l’électro, la variété et la musique urbaine, est assez inclassable. Comment la définiriez-vous ?

    Terrenoire : En 7 ans c’est une question à laquelle on n’a pas encore répondu ! Ce qui est sûr, c’est qu’on fait des chansons, puisqu’on a du texte et de la mélodie. Il y a plein de références aux musiques de film, instrumentales, des musiques très impressionnistes que Théo [qui s’occupe de la production, Raphaël du chant, Ndlr] va apporter avec sa sensibilité. On a des influences variées, parmi lesquelles Frank Ocean, Blood Orange… On a des textes un peu bizarres mais on aime que ce soit assez percutant, concret, que ça s’adresse directement à l’oreille. Il y a un lien entre cet aspect très concret, immédiat, et à la fois une sophistication artistique qui fait qu’on passe beaucoup de temps en studio. On essaye d’être accessible en gardant du mystère.

    Après l’EP « Terrenoire » en 2018, l’album « Les Forces contraires » en 2020, vous avez sorti votre troisième album, « Protégé.e », en 2025. Qu’avez-vous voulu évoquer avec cet album ?

    Terrenoire : C’est un album qui se veut préoccupé par l’état du monde. C’est un peu un sismographe : prendre le pouls de l’époque, sentir ce qui était là quand on l’a écrit, ce qui allait advenir politiquement, sociétalement et intimement. De nouvelles choses changent l’état du monde tous les trois mois. L’idée était d’avoir un album qui ait des sortes d’antennes pour sentir cela. Le titre évoque l’idée de protéger, que la musique protège. Et à la fois, sentir qu’il y a un autre type de protection, comme si les nations se refermaient sur elles-mêmes. Il y a un jeu d’ambivalence dans ce titre. On a essayé d’y mettre plein de choses différentes : de la joie, de la légèreté, du souci… C’est à travers cette tension qu’on fabrique nos chansons.

    Il y a des morceaux à la tonalité politique assumée, tels que « Le fou dans la voiture », qui parle des dérives droitières du président Macron. Vous avez aussi entonné des chants antifascistes lors de plusieurs concerts. Cet engagement a-t-il toujours fait partie de votre œuvre ?

    Terrenoire : Les chants, ce sont les gens qui les font naturellement. C’est la magie des réseaux sociaux, sur lesquels ils ont vu que ces chants avaient été entonnés lors d’un de nos concerts à Paris. Ils deviennent des moyens de se donner de la force, de rester concernés par ces choses qui nous inquiètent. Sur notre premier EP, il y avait un titre qui s’appelait Allons là-bas, qui traitait d’une sorte d’impuissance masculine, et qui se dirigeait vers Bachar Al-Assad. C’était plus à distance par rapport au Fou dans la voiture. On a pris ce tournant par rapport au sentiment d’urgence. L’accélération des idées xénophobes s’observe à travers le monde. On revient à des temps qu’on pensait derrière nous. Dire clairement les choses, c’est une manière de se relier aux gens, de leur dire qu’ils ne sont pas seuls à penser ça. Qu’on ne va pas avoir peur. La scène a ce pouvoir-là, c’est une tribune super puissante. Ça nous permet de sortir de cette neutralité dans laquelle on met les artistes, qu’on trouve très étrange, et de se rapprocher d’autres artistes, car on a besoin de ces réseaux de solidarité.

    Pour la tournée de ce dernier album, vous réalisez des médiations culturelles avec les populations locales. En quoi cela consiste ?

    Terrenoire : L’idée était de casser le sens de la tournée qui s’est industrialisée et fait partie d’un business. On le fait car c’était difficile de se connecter au public, de profiter de la richesse immense que peut être le voyage. Cette idée de médiation culturelle vient d’ici : rencontrer les gens, mettre en valeur la singularité d’un territoire. On le fait à travers des exercices d’écriture, de la chorale… On arrive en début de semaine, on travaille avec les écoles, les centres sociaux, les seniors, pour créer des choses ensemble. Et le jour du concert, on fait une restitution sur scène avec les participants. On ne pourra pas reproduire l’expérience à Marseille cette année, mais c’est ici, au festival « Avec le Temps », que l’artiste Fred Nevché nous y a initiés l’année dernière. On avait monté un spectacle avec des enfants d’une école primaire du quartier de la Busserine.

    Justement, que représente pour vous cette ville de Marseille ?

    Terrenoire : C’est assez similaire à Saint-Étienne. Le foot y est la religion. Ce sont des villes populaires avec beaucoup d’immigration, un sens commun de l’hospitalité. On y a passé beaucoup de temps, on la connaît bien, on y a beaucoup d’amis et on s’y sent bien. C’est une ville singulière, véritable, ce n’est pas Paris ! Ça fait du bien d’y aller, ça va être un super concert.

  • Trois soirées de concerts au Port-Vieux de La Ciotat

    Trois soirées de concerts au Port-Vieux de La Ciotat

    Le festival Ici Live revient pour une quatrième édition avec une programmation généreuse ! Un rendez-vous ancré dans les habitudes des auditeurs et des habitants de La Ciotat, explique Eric Sorek, directeur d’Ici Provence (anciennement France Bleue). Mais ce festival pour lui, « c’est surtout l’occasion de remercier les auditeurs ! »

    Chaque soirée sera composée de deux concerts qui se tiendront sur une scène flottante installée sur le plan d’eau du Port-Vieux, un cadre idyllique pour profiter d’une des dernières soirées de l’été. Le site sera ouvert à partir de 19h et les concerts débuteront chaque soir à 20h30. Le festival est organisé par Ici Provence en partenariat avec la Ville et l’office du tourisme.

    Une soirée populaire

    Comme l’explique Eric Sorek, Ici Provence a préparé « une programmation musicale populaire à destination du plus grand nombre ». En famille ou entre amis, pour les jeunes et les moins jeunes, des artistes de tous les horizons pour permettre à tout le monde de profiter. Le but du festival, « montrer le panel de ce que la programmation musicale d’Ici Provence propose » mais « surtout, de passer un bon moment ! »

    Le festival s’ouvre jeudi 4 avec un artiste local qui avait été révélé dans l’émission The Voice en 2024, Odem. Le chanteur corso-marseillais plongera le public dans son univers pop rock, mélangeant compositions personnelles et reprises de grands titres de la chanson française. La soirée continuera avec une figure du rock installée depuis près de 50 ans dans le paysage musical français, Jean-Louis Aubert, ex-leader emblématique de Téléphone.

    Les festivités continuent le vendredi 5 avec en ouverture Dany Brillant, artiste à succès depuis les années 90. En deuxième partie de soirée, DJ One-T remontera le temps pour proposer un set issu des années 2000. Le duo, composé de Thomas Pieds et Eddy Gronfier, mélange les ambiances entre musiques électroniques, pop et hip-hop. Le festival se terminera samedi 6 avec deux artistes féminines. C’est Sylveto qui ouvrira le bal, une artiste qui transforme les préoccupations du quotidien en chansons poétiques. Enfin, c’est Zaz qui fera la clôture des trois jours de festival. Depuis son titre à succès Je veux en 2010, Zaz a conquis le public qu’elle honore en offrant de véritables performances sur scène !

    Si les places sont gratuites, elles sont en revanche limitées. Le festival étant victime de son succès, l’office de tourisme a déjà écoulé ses stocks de places. Il est encore possible d’en obtenir par tirage au sort en écoutant Ici Provence. Un rendez-vous pour les amateurs de musique qui s’annonce bien dansant à La Ciotat !

    Port-Vieux, du 4 au 6 septembre,

    à partir de 20h30, écouter Ici Provence pour avoir une place.

  • Le couple Macron-Merz parle d’une seule et même voix

    Le couple Macron-Merz parle d’une seule et même voix

    Dans un contexte international très tendu et avec un des deux gouvernements en sursis, le couple franco-allemand a tenu à montrer vendredi, au terme d’un Conseil des ministres commun qui s’est déroulé dans le salon de la résidence du préfet maritime, une image d’unité. Seul l’avenir nous dira, assez vite d’ailleurs, si elle n’était que de façade ou si la machine vient réellement de redémarrer.

    Pour booster cette image, la volonté exprimée a été celle de bâtir de concert une vingtaine de projets phares. Une stratégie présentée comme profitable, bien sûr, aux deux économies. Et cela autant au niveau de l’industrie, de la recherche que de la défense.

    En matière d’énergie, par exemple, il a été en mis en avant « une avancée majeure ». Avec pour ambition de « diminuer les coûts, garantir la sécurité d’approvisionnement et atteindre nos objectifs climatiques ».

    La paix à l’agenda

    Emmanuel Macron a également mis en avant, au cours de cette conférence de presse, les efforts pour « parvenir à une paix juste et durable » en Ukraine, au cœur de l’agenda commun.

    « Je le dis avec autant de force et de solidarité après ces derniers jours, où les attaques ont repris avec force et où, à nouveau, des civils ukrainiens ont été touchées », a-t-il insisté, pointant l’écart qu’il existe entre les positions prises, avec les autres dirigeants dans les sommets internationaux, par le Président Poutine et la réalité sur le terrain. Et de poursuivre, au cas où les engagements du président russe ne seraient pas tenus : « Nous continuerons d’exercer des pressions pour que des sanctions supplémentaires soient prises par nous-mêmes ainsi que par les États-Unis d’Amérique. »

    Concernant la situation au Proche-Orient, le chef de l’État a condamné « le désastre humain dans la bande de Gaza » qualifié d’« intolérable ». « L’état de famine qui a été déclaré par les Nations unies est très clairement le résultat du blocage de l’aide humanitaire », a-t-il souligné, en appelant en urgence à l’arrêt des combats et à l’ouverture des accès humanitaires et de l’aide aux populations civiles. Mais, aussi, à construire « un chemin de paix, un chemin politique de discussion avec toutes les parties ». Une solution politique, insiste-t-il, « pour une paix durable pour les Israéliens comme pour les Palestiniens ». Bien sûr dans le cadre d’une solution à deux états.

    Parmi les solutions à court terme, il a salué « la décision très courageuse du chancelier de cesser toute exportation d’armements susceptibles d’être utilisées à Gaza ».

    Au sujet des solutions « pour augmenter la compétitivité de l’Europe », ambition partagée par Emmanuel Macron et Friedrich Merz, les recettes apportées, sans surprise, reposent une nouvelle fois sur une baisse des charges pour les entreprises, ainsi que sur une « synchronisation de l’agenda économique et social », une notion encore floue dans ses applications concrètes.

    Pas de démission

    Interrogé sur la barre franchie des 3 millions de chômeurs en Allemagne, le chancelier a brandi le sempiternel remède libéral : « Il faut réformer le marché du travail ». Sur ce point aussi, les deux dirigeants parlent d’une même voix, au risque d’inquiéter les syndicats et les salariés des deux côtés du Rhin.

    Titillé sur la crise politique que traverse notre pays et sur la chute annoncée du gouvernement, le Président français a affirmé que, quoi qu’il advienne, il ne démissionnerait pas. Un mandat qu’il entend « exercer jusqu’à son terme ».

  • En six ans, l’incroyable success story de l’Été marseillais

    En six ans, l’incroyable success story de l’Été marseillais

    Un tourbillon de concerts, d’activités sportives, de projections en plein air, de repas partagés, le tout toujours gratuit. Désormais affichée à travers toute la ville avec ses nouvelles décorations, cette sixième édition de l’Été marseillais bat tous les records. En dix dates, la scène sur l’eau a attiré jusqu’à 300 000 spectateurs, auxquels s’ajoutent 50 000 participants pour le karaoké géant et le feu d’artifice du 15 août, tandis que les nocturnes au musée et cartes blanches aux artistes affichent complet chaque jeudi.

    Par rapport à l’année précédente, le nombre de spectacles a été multiplié par trois, avec de nouvelles scènes installées à l’Estaque et au stade nautique. Résultat : dans un classement réalisé par la société de paiement SumUp, Marseille arrive cet été largement en tête des « meilleures villes pour une escapade culturelle », dopée par ses 1 600 rendez-vous gratuits.

    Pourtant, ce rendez-vous n’était pas prévu dans la campagne du Printemps marseillais en 2020. « L’idée est venue du collectif culture qui avait travaillé sur le programme », rembobine l’adjoint (PCF) à la culture, Jean-Marc Coppola. « Quand nous avons été élus le 4 juillet, nous avons demandé aux services concernés de réfléchir à des activités tout au long de l’été pour les Marseillais qui ne peuvent pas partir en vacances, qu’ils puissent profiter de la ville », raconte-t-il. Au sortir du Covid, les musées sont alors rendus gratuits, l’opéra et le conservatoire proposent visites et concerts au palais Carli. « Rapidement, on s’est dit qu’il fallait que ça irrigue plus de secteurs, et c’est monté en quantité, en qualité », témoigne l’élu communiste. Il n’y a pas de place sur les quais du Vieux-Port ? En 2023, pour la première fois, une scène flottante est installée face à l’hôtel de ville, qui attire 75 000 spectateurs en quatre dates, avec le ballet national de Marseille en ouverture. « On était trois jours après les violences, et là nous avons vu cet autre visage de Marseille, c’était fantastique », sourit Jean-Marc Coppola. Qui résume : « C’est populaire parce que c’est gratuit, et c’est de qualité. »

    Succès inspirant

    Certes, cela ne va pas sans orage. En février 2024, certains acteurs locaux protestent dans les colonnes du Monde en voyant la programmation confiée à la société lyonnaise B-PM, qui a de nouveau remporté la mise cette année malgré une première candidature commune des structures marseillaises. « Il y a un marché public, ils connaissent la règle du jeu », répond Jean-Marc Coppola, confiant néanmoins en leur capacité à le remporter à l’avenir. À droite, le succès fait grincer des dents. La présidente (LR) de l’opposition Catherine Pila s’interrogeait en juillet « sur le coût réel de ces festivités », et jugeait le choix de programmer des artistes algériens « maladroit et provocateur ». « Ils n’osent pas trop le remettre en cause, cela montre surtout qu’ils ne sont pas ouverts à la diversité de la ville », réplique l’adjoint PCF. Se félicitant de voir ce succès nourrir des projets locaux associatifs.