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  • Ambrogiani aux avant-postes de la couleur

    Ambrogiani aux avant-postes de la couleur

    Des ouvriers du livre à l’œuvre dans les anciennes rotatives de La Marseillaise, des ramasseurs de lavande aux reflets chatoyants au pied du Ventoux… Humaines et chaleureusement colorées, nombreuses sont les toiles aux senteurs d’une époque hélas révolue, qui ont marqué les esprits sous le pinceau ou le couteau de l’autodidacte Pierre Ambrogiani.

    Rien ne prédestinait pourtant ce facteur, issu d’une famille modeste d’Ajaccio, à basculer dans les années 1920-1930 dans le monde des arts à Marseille, avant de devenir l’une des figures de la peinture provençale du XXe siècle. Enfin, presque. Ça serait oublier le bagout et le désir émancipateur harnachés à cet homme qui démarra comme porteur de dépêches à la Poste Colbert, à l’âge de 13 ans.

    Révolutionnaire

    Avant de mordre dans la couleur, Pierre Ambrogiani se fait les dents en réalisant, dans les années 1920, des statuettes satiriques en argile colorée, indiquait l’historien Robert Mencherini, disparu en avril dernier, dans la revue numéro 11 de Promemo, association travaillant sur la mémoire du monde ouvrier en Provence. Des débuts indissociables de l’équipe des Peintres prolétariens, dont il faisait partie, créée sous l’impulsion d’Antoine Serra. « Des peintres qui se situent du côté de la classe ouvrière, peignent des paysages d’usines, des portraits d’ouvriers, de vagabonds… », situait en 2021, pour La Marseillaise, Robert Mencherini.

    La montée en puissance de ce groupe artistique et politique coïncide avec l’avènement du Front Populaire, en 1936. Aux côtés de ses camarades de l’association des écrivains et artistes révolutionnaires, proche du Parti communiste français, Pierre Ambrogiani accompagne la fondation de la deuxième Maison de la culture en France, juste après celle de Paris, au 68 rue Sainte (voir entretien ci-contre). Inaugurée par le poète Louis Aragon, elle verra passer « des conférenciers prestigieux comme André Malraux, qui viendra y parler de la Révolution espagnole ou de la grève des Asturies ». La guerre d’Espagne fait d’ailleurs l’objet du numéro de décembre 1936 du mensuel Peuple et culture, lié à la Maison de la culture, avec des dessins de Pierre Ambrogiani. Secrétaire général de cette revue, Paul Meier, fera à l’époque part de sa défiance vis-à-vis de « l’art dit populaire, cet art de vulgarité et de médiocrité, l’art sirupeux des Tino Rossi que la bourgeoisie a imposé au prolétariat pour mieux l’endormir, l’humilier, l’avilir. Nous repoussons aussi bien la prétendue culture des singes de salon que l’idiotie navrante et la vulgarité ». Le journaliste interpellait ensuite les lecteurs : « ne peignez-vous pas ou n’avez-vous la tentation de peindre, et alors ne voulez-vous pas venir travailler avec ces peintres déjà excellents qui sont sortis eux-mêmes des rangs du prolétariat et qui s’appellent Serra, Ambrogiani, Toncini ? Ils sont là et vous attendent. »

    « Ambro » le fils des fauves

    Non loin de ce temple des belles heures de la culture populaire, se trouve alors l’atelier de celui que l’on surnomme « Ambro », sur le Cours d’Estienne d’Orves, avant de s’installer en 1943 sur le quai de Rive neuve. Jusque dans les années 1970, une zone d’effusion culturelle où fourmillent peintres, sculpteurs, poètes, photographes et journalistes, que certains appelleront « la bande du Péano », du nom du bar-restaurant de la place. Le quartier général de la bohème marseillaise qui y refait le monde.

    « Ambrogiani est de son temps. La puissance d’expression de ses dessins nous dépasse. Son imagination est très grande, trop grande pour nous », confessera même Antoine Serra. « Il a été influencé par René Seyssaud, qui utilisait des couleurs très fortes et contrastées. Ambrogiani allait souvent le retrouver pour peindre dans son atelier du côté du mont Ventoux. à sa mort, son corps a d’ailleurs été transféré au cimetière de Sault », rappelle Maya Garcia, guide et responsable de la librairie du musée Regards de Provence, qui compte des œuvres telles qu’une Allégorie de la Provence de 4 m de long, ou Le Cap Canaille à Cassis. « Ambrogiani faisait une sorte de corps à corps avec la toile. Même quand il peint une bouillabaisse, on a l’impression que le poisson va sortir de la surface de la toile. Tel un maçon, il prenait sa truelle ou son couteau et envoyait la matière. Il n’était pas avare en peinture », sourit-elle en pensant à cet artiste qui répétait souvent « je rêve de peindre avec les couleurs du soleil », note André Alauzen dans La vie et l’œuvre de Pierre Ambrogiani (1985).

    Homme aux multiples amitiés, dont celles de Giono, Pagnol ou du poète Axel Toursky, un gouailleur et bon vivant dont la « silhouette massive » et « joviale » a marqué le cours d’Estienne d’Orves, rapporte La Marseillaise au lendemain de sa mort, survenue le 23 octobre 1985, après de longues années à lutter contre la maladie. L’ancien Résistant et critique d’art Jean Bouret écrira même à son sujet : « un Phocéen parfum d’anis flotte autour de ses toiles faites de grands éclats rocheux aux couleurs des Maures ou de l’Esterel. Combattant de la lumière pure comme les fauves dont il est le fils turbulent, Ambrogiani garde un sens de la vie truculent et sonore. Comme il ne s’est pas fait aux écoles, notre peintre fleure bon la liberté, celle de Courbet, le grand bonhomme. »

  • Peintre du peuple

    Peintre du peuple

    Il y a 40 ans jour pour jour, Pierre Ambrogiani rendait son dernier souffle. Les couleurs de ses œuvres, elles, semblent inextinguibles. Pas plus que son idéal de justice sociale et de culture pour toutes et tous.

    Il n’était pas seulement peintre, c’était un peintre du peuple. Autodidacte, employé des Postes dès l’âge de 13 ans, il n’a jamais oublié d’où il venait. Membre des « Peintres prolétariens » dans les années 1920, avec Antoine Serra, il s’est engagé avec énergie pour l’ouverture d’une des toutes premières maisons de la culture de province, à Marseille, rue Sainte, en 1936, dans l’élan émancipateur du Front populaire.

    Une œuvre collective menée notamment avec l’appui de Louis Aragon et d’André Malraux.

    Les couleurs de l’engagement

    Réputé pour ses couleurs franches, héritées des fauves, il a longtemps été une figure du cours d’Estienne d’Orves et côtoyé les principaux protagonistes de La Marseillaise dont le siège, situé à deux pas de son atelier, recèle encore des œuvres chargées d’histoire et d’amitié fraternelle.

    En peignant les ouvriers des rotatives de La Marseillaise, en collant les pages de notre journal dans ses œuvres, Pierre Ambrogiani a ajouté à sa palette, les couleurs de l’engagement. Bientôt, nous l’espérons, avec l’aide de Campus art Méditerranée, son héritage pourra dialoguer avec les créateurs d’aujourd’hui jusque dans le lieu qui l’a inspiré il y a plusieurs décennies et qui, récemment remis à neuf, conserve l’âme de la Résistance et de la lutte pour la liberté : les rotatives de La Marseillaise.

  • [Entretien] Nicolas Sansu : « Les macronistes veulent aller jusqu’aux ordonnances »

    [Entretien] Nicolas Sansu : « Les macronistes veulent aller jusqu’aux ordonnances »

    La Marseillaise : Comment se passe jusqu’à présent l’examen du projet de loi de finances (PLF) en commission ?

    Nicolas Sansu : On voit une petite alliance droite-extrême droite, ça donne le la sur ce que sera ce budget dégueulasse. Ils vont tout faire pour qu’il n’y ait aucune nouvelle recette qui taxe les plus riches. Les amendements sur la taxe Zucman, sur l’héritage et sur le pacte Dutreil vont être ratatinés. Ça va être très compliqué, le rapport des forces n’est pas bon. À partir du moment où l’extrême droite fait le lit de la Macronie sur toute la partie recette, c’est fini. L’amendement qui prévoit l’indexation de l’impôt sur le revenu sur toutes les tranches a été refusé, c’est incroyable. C’est-à-dire qu’accepter l’indexation sur la première tranche seulement, c’est mettre des gens dits « de la classe moyenne », dans la difficulté. Certains vont basculer dans une autre tranche.

    C’est l’imposture sociale du RN qui est dévoilée au grand jour ?

    N.S. : Aujourd’hui, le RN c’est la béquille de la Macronie. Ils prennent très peu la parole. Ce qui est extraordinaire, c’est qu’ils ne votent pas des recettes supplémentaires, mais veulent des dépenses supplémentaires. Ce qu’ils font n’a aucun sens.

    Le « socle commun » – le camp présidentiel et LR – a déposé à lui seul plus de 750 amendements. Dans quel but ?

    N.S. : L’objectif est d’aller jusqu’aux ordonnances. Ils se gardent cette possibilité sous le coude. Ils ont déposé beaucoup d’amendements en commission, mais ça ne suffira pas à empêcher le débat. Il ira au bout. S’ils veulent faire durer le débat en séance, ils le feront. Ça peut être un choix, ce serait inédit, mais c’est une possibilité.

    Qu’attendez-vous du débat qui débute vendredi dans l’hémicycle ? On imagine que la question de la taxe Zucman prendra une grande place dans les discussions ?

    N.S. : L’avantage, c’est que ce débat sera davantage mis en avant dans le public. Pour nous, l’objectif sera de démontrer que certains ne veulent pas de la taxe sur 1 800 foyers qui ont plus de 100 millions d’euros de patrimoine. Les gens se feront assez rapidement leur avis là-dessus.

    Hasard du calendrier ou pas, ce budget, austéritaire et antisocial, a été présenté la semaine dernière, alors que la fortune de Bernard Arnault a bondi de 16 milliards d’euros en une seule journée…

    N.S. : Il a gagné 19 milliards de dollars en un jour. Sa richesse a augmenté parce que l’action de LVMH a augmenté. Le problème, c’est qu’il y a tellement de moyens pour transformer les actions en revenus dans des holdings familiales sans jamais qu’ils payent d’impôts. Il transmet ça à ses enfants sans jamais rien payer. C’est insupportable.

    Après l’examen du PLF, place au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) qui prévoit, entre autres, la suspension de la réforme des retraites. Comment abordez-vous cette bataille ?

    N.S. : Le PLFSS, c’est une boucherie ! Les apprentis qui sont assujettis à la CSG, auxquels on va piquer 45 euros par mois sur leurs salaires, c’est dégueulasse !

    Pour la suspension de la réforme des retraites, on demande au gouvernement de faire une lettre rectificative. Le risque, si le budget passe par ordonnance, c’est que le texte initial soit repris. Si la suspension de la réforme des retraites n’est pas dedans, c’est fini. Le gouvernement aurait dû s’affranchir de ça en faisant un projet de loi ad hoc. C’était réglé, il avait le droit. Mais le voulait-il ? C’est une autre question.

  • [Entretien] David Tessier (PCF) : « On fait campagne pour rassembler le plus largement possible et gagner »

    [Entretien] David Tessier (PCF) : « On fait campagne pour rassembler le plus largement possible et gagner »

    La Marseillaise : Vous êtes le chef de file des communistes pour les municipales. Où en sont les discussions avec vos partenaires de gauche ?

    David Tessier : Elles se font comme toutes les discussions dans un cadre unitaire en ayant le souci d’équilibrer les candidats des partis politiques et ceux qui ne seraient pas membres de partis mais présentés au sens de leur engagement citoyen, et en respectant les règles démocratiques de chaque formation. Ce processus peut sembler long mais le temps est une condition de la démocratie. Et on n’est pas en retard, je suis même extrêmement confiant sur le fait qu’on débouchera bientôt sur une annonce.

    La question de la tête de liste est tranchée ?

    D.T. : Ce qui est convenu, c’est que simultanément à son annonce, seront annoncés les 10 à 20 premiers noms de la liste pour manifester un souci de cohérence politique globale. Ce début de composition de liste dira quelque chose du projet politique.

    Quel périmètre de rassemblement est espéré par le PCF à Aix ?

    D.T. : On fait campagne pour rassembler le plus largement possible, gagner et proposer des solutions allant dans le sens de l’intérêt général. Le périmètre, c’est toute la gauche. Et elle est pluraliste avec des formations qui ont des analyses, des histoires, des cultures, des positions différentes. Et c’est très bien. Pour l’heure, la liste comprend toute la gauche, à l’exception de la France Insoumise qui a décidé de jouer dans les Bouches-du-Rhône et au national, une autre stratégie, ce que nous regrettons. Nous, les communistes, avons un adversaire, c’est la droite et la famille Joissains, et un ennemi mortel, l’extrême droite. Mortel car entre eux et nous, il n’y a pas que des divergences, il y a l’histoire, il y a du sang. Mais on n’a pas d’adversaire à gauche, on ne fera pas campagne en tapant à gauche.

    Quels sujets les communistes vont porter sur cette campagne ?

    D.T. : Notre spécificité et notre utilité est de porter les sujets qui concernent la vie quotidienne des salariés et des gens des quartiers populaires, les transports, l’école, le logement, et de poser la question du droit à la ville. Aix est une ville qui, comme d’autres en France, tend à exclure les classes populaires en les rejetant loin du noyau central. On tient à ce que tout le monde puisse vivre et habiter en ville. Les questions d’égalité, de justice sociale et de territoire sont centrales. Un exemple, banal, c’est la question des transports. Aix est une ville qui a un réseau de transports en commun qui ne correspond pas à la réalité de ce qu’elle est aujourd’hui. Quand les 47 000 habitants du Jas de Bouffan, les quartiers ouest de la ville où se trouvent beaucoup de logements sociaux, n’ont plus de bus après 22h, une sorte de couvre-feu s’impose sur un tiers de la ville, et ce n’est pas acceptable. On va aussi porter un combat plus politique sur la question du désengagement de l’État et des moyens.

    Le contexte politique national heurté, pour ne pas dire chaotique, peut-il avoir des conséquences ?

    D.T. : L’expérience nous enseigne que les électeurs et électrices ne mélangent pas nécessairement les scrutins et que le score national d’un parti ne dit pas forcément ce que sera son score municipal. En même temps, tout n’est évidemment pas déconnecté. La question des salaires, des retraites, de l’emploi sont des grandes questions nationales qui se retrouvent aussi en ville. La paix par exemple est une question diplomatique et un maire n’est pas ministre des Affaires étrangères mais il peut prendre des positions et des décisions qui marquent un attachement au camp de la paix.

    Vous avez placé cette rentrée sous le signe de la paix. Comment jugez-vous l’évolution de la situation au Proche-Orient ?

    D.T. : Aujourd’hui, le cessez-le-feu semble s’être imposé, les otages sont rentrés, des prisonniers politiques palestiniens ont été libérés, ce sont d’excellentes choses. Il faut désormais passer à l’étape suivante : construire les conditions politiques permettant d’assurer une paix juste et durable. Ça passe par la reconnaissance de l’État palestinien c’est acté, et par une conférence internationale. Il n’y a aucune solution militaire possible, ni dans cette région ni ailleurs sur Terre. Il faut donner des moyens pour que la paix puisse se réaliser.

    Jeudi, 18h30, 35 impasse Granet

  • Lecornu II : dernières heures avant la chute ?

    Lecornu II : dernières heures avant la chute ?

    Comme à l’accoutumée depuis la dissolution ratée de juin 2024, c’est une semaine cruciale qui s’ouvre pour le gouvernement en place. Le premier Conseil des ministres de cette équipe fraîchement nommée se tient ce mardi matin à l’Élysée, autour du président. Seront ainsi présentés les deux projets de budget, de l’État et de la Sécurité sociale, afin qu’ils puissent être transmis dans les temps au Parlement.

    « Notre seul objectif et seule mission » est « de surpasser et de dépasser cette crise politique » qui « sidère », et ce avec « sobriété » et « humilité », en mettant « les ego de côté », a déclaré le Premier ministre, en introduction d’une réunion de son nouveau gouvernement à Matignon, lundi après-midi. Il avait auparavant demandé des passations de pouvoir « sobres » qui se sont déroulées au moment du déjeuner, sans presse ni invités. Et, a fortiori, sans règlements de compte… La priorité pour le chef de gouvernement est de « donner un budget à la France d’ici la fin de l’année », assène Sébastien Lecornu. Parallèlement, la commission des Finances de l’Assemblée nationale, présidée par le député LFI éric Coquerel, commence ses auditions ce mardi.

    Puis, vient le moment de vérité. Le Premier ministre est ensuite attendu à l’Assemblée nationale, où il prononcera son discours de politique générale à partir de 15 heures. Les socialistes y attendent notamment la suspension « immédiate et complète » de la réforme des retraites de 2023. Si tel n’est pas le cas, les députés PS pourraient voter la censure déposée par leurs partenaires de gauche (lire ci-contre).

    Macron s’en prend

    aux oppositions

    De son côté, comme à son habitude, l’artisan du chaos en cours renvoie la responsabilité à ses opposants. « Je trouve que beaucoup de ceux qui ont nourri la division, les spéculations, n’ont pas été au niveau du moment où vit la France et de ce qu’attendent les Françaises et les Français », a insisté le chef de l’État à son arrivée en Égypte, pour assister à un « sommet pour la paix » à Gaza. « Les forces politiques qui ont joué la déstabilisation de Sébastien Lecornu sont les seules responsables de ce désordre », a-t-il osé. Les réactions ne se sont pas fait attendre. « Comment cet homme méprisant le peuple, plus préoccupé par les marchés que par les Français, peut-il encore se dédouaner de ses responsabilités. Emmanuel Macron est le seul responsable et coupable du chaos », conspue Stéphane Peu, co-président du groupe communiste à l’Assemblée.

    Le locataire de l’Élysée persiste et signe, demandant « à tout le monde de se ressaisir, de travailler avec exigence, respect ». Interrogé sur une possible dissolution en cas de nouvelle chute du gouvernement, il a assuré ne « faire aucun pari ». « Je souhaite que le pays puisse avancer dans l’apaisement, la stabilité, l’exigence et le service des Français », a encore déclaré le président.

    130 ministres nommés depuis 2022

    Ces nouvelles accusations en irresponsabilité ne passent pas. « L’arrogance et l’absence totale de remise en question d’Emmanuel Macron sont des cas d’école à enseigner sur la toxicité de la Ve République. Son refus d’admettre sa défaite est le seul responsable du chaos actuel, mais il prétend incarner la stabilité. Hallucinant », tacle la patronne des Écologistes Marine Tondelier.

    En réunissant pour la première fois ses troupes, Sébastien Lecornu les a remerciés « d’avoir accepté de rentrer au gouvernement de la République dans un moment qui, on le sait, est difficile ». Et pour cause, cette nomination a des airs de mission d’intérim. Celui qui a participé à tous les gouvernements depuis 2017, sans discontinuer, le sait mieux que quiconque. Peu de doutes subsistent sur la durée de vie de ce nouvel effectif. Hasard du calendrier ou pas, l’AFP a compilé, lundi, des données qui donnent le vertige. Depuis la réélection d’Emmanuel Macron en mai 2022, 130 personnalités se sont succédé au gouvernement, brisant déjà, à un an et demi de la prochaine présidentielle, le record absolu de ministres nommés sous un mandat présidentiel sous la Ve République. Une énième preuve, s’il en fallait, de l’instabilité chronique dans laquelle Emmanuel Macron a plongé le pays.

  • Gouvernement Lecornu 2 : toujours aussi bancal et libéral

    Gouvernement Lecornu 2 : toujours aussi bancal et libéral

    Il fallait aller vite. À peine 48h pour composer une équipe gouvernementale destinée avant tout à déposer un projet de budget. En vertu de la Constitution, le Parlement doit disposer de 70 jours pour l’examiner, avant le 31 décembre. Il faudrait que le texte lui soit transmis en ce début de semaine, en principe après un passage en Conseil des ministres, ce mardi.

    Sébastien Lecornu, reconduit à Matignon par un président jusqu’au-boutiste, a dit dimanche soir, selon son entourage, avoir « proposé un mélange de société civile avec des profils expérimentés et de jeunes parlementaires ». Une équipe de 34 ministres encore et toujours marquée à droite, avec la participation de membres des Républicains, à l’image d’Annie Genevard, reconduite à l’Agriculture, ou du député Vincent Jeanbrun, porte-parole du groupe LR à l’Assemblée nationale, nommé au ministère du Logement et de la Ville. Malgré le mot d’ordre du parti LR de ne pas participer au gouvernement, dans un contexte d’éclatement du fameux « socle commun », entendre ses potentiels alliés de la droite et du centre. Dans la foulée de l’annonce du gouvernement, le parti de droite a indiqué exclure les ministres LR.

    Les électeurs de la première circonscription du Tarn-et-Garonne ont choisi dimanche, lors d’une élection législative partielle, un candidat soutenu par le RN, Pierre-Henri Carbonnel, plutôt qu’une socialiste, après l’appel du patron de LR, Bruno Retailleau, à ne donner « pas une voix » à la gauche.

    C’est dans ce contexte de rapprochement entre droite et extrême droite que Sébastien Lecornu s’était donné 48 heures pour rassembler un second gouvernement. « Repartir n’était pas une évidence pour moi » a-t-il confié à nos confrères de la Tribune Dimanche. Et de prévenir que « si les conditions n’étaient de nouveau plus remplies », il partirait de nouveau. « Je ne ferai pas n’importe quoi. On ne peut pas continuer comme avant, il faut un gouvernement plus libre, y compris dans la relation aux partis politiques », a-t-il ajouté. Une bonne partie des groupes de l’Assemblée nationale appellent à la censure.

    À droite, les Républicains ont explosé, leur bureau indiquant « un soutien texte par texte ». Décision sur laquelle le Modem et Horizons pourraient s’aligner. Laurent Panifous, président du groupe Liot, indique lui que son groupe ne censurera pas le futur gouvernement si celui-ci respecte quatre conditions : ne pas utiliser le 49.3, revenir sur la réforme des retraites, une mesure de justice fiscale et de nouvelles têtes.

    En embuscade, la cheffe de file du RN se frotte les mains, Marine Le Pen se disant prête à « censurer tout ». Mieux, 95 % de ses candidats seraient même pré-investis en cas de dissolution. De quoi inquiéter quand on se remémore le CV de ceux présentés aux législatives de 2024, entre incompétence crasse, casier judiciaire chargé et autres propos racistes.

    Le PS en arbitre ?

    À gauche, après avoir tenté la destitution, LFI opte aussi pour la censure sans attendre. Pour son coordinateur et député de Marseille, Manuel Bompard, « le cirque doit s’arrêter ! ». Du côté des communistes, réunis en conseil national samedi, la dissolution ne fait pas un pli non plus. Les Verts eux, ont encore besoin de se persuader. La secrétaire générale d’EELV, Marine Tondelier, appelle à un vote de confiance, préfère écouter le discours de politique générale avant une motion, persuadée que Lecornu ne parviendra pas à aboutir.

    Avec 69 députés, les socialistes se posent en arbitre. Sans l’abandon du 49-3, des mesures pour protéger et renforcer le pouvoir d’achat des Français et une suspension immédiate et complète de la réforme des retraites, ce sera la censure prévenait Pierre Jouvet, secrétaire général du Parti socialiste depuis la fête de la Rose à Marseille ce 11 octobre. « Une telle suspension n’épuiserait pas le débat sur le budget et l’avenir de la France, mais ce serait un gage de sa bonne foi et de sa volonté d’ouvrir une nouvelle période », a précisé Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, toujours dans La Tribune Dimanche.

    Pour le Premier ministre démissionnaire remissionné, « il y aura un moment de vérité. » Reste à savoir laquelle…

  • Gouvernement Lecornu II : toujours aussi bancal et libéral

    Gouvernement Lecornu II : toujours aussi bancal et libéral

    Il fallait aller vite. À peine 48h pour composer une équipe gouvernementale destinée avant tout à déposer un projet de budget. En vertu de la Constitution, le Parlement doit disposer de 70 jours pour l’examiner, avant le 31 décembre. Il faudrait que le texte lui soit transmis en ce début de semaine, en principe après un passage en Conseil des ministres, ce mardi.

    Sébastien Lecornu, reconduit à Matignon par un président jusqu’au-boutiste, a dit dimanche soir, selon son entourage, avoir « proposé un mélange de société civile avec des profils expérimentés et de jeunes parlementaires ». Une équipe de 34 ministres encore et toujours marquée à droite, avec la participation de membres des Républicains, à l’image d’Annie Genevard, reconduite à l’Agriculture, ou du député Vincent Jeanbrun, porte-parole du groupe LR à l’Assemblée nationale, nommé au ministère du Logement et de la Ville. Malgré le mot d’ordre du parti LR de ne pas participer au gouvernement, dans un contexte d’éclatement du fameux « socle commun », entendre ses potentiels alliés de la droite et du centre. Dans la foulée de l’annonce du gouvernement, le parti de droite a indiqué exclure les ministres LR.

    Les électeurs de la première circonscription du Tarn-et-Garonne ont choisi dimanche, lors d’une élection législative partielle, un candidat soutenu par le RN, Pierre-Henri Carbonnel, plutôt qu’une socialiste, après l’appel du patron de LR, Bruno Retailleau, à ne donner « pas une voix » à la gauche.

    C’est dans ce contexte de rapprochement entre droite et extrême droite que Sébastien Lecornu s’était donné 48 heures pour rassembler un second gouvernement. « Repartir n’était pas une évidence pour moi » a-t-il confié à nos confrères de la Tribune Dimanche. Et de prévenir que « si les conditions n’étaient de nouveau plus remplies », il partirait de nouveau. « Je ne ferai pas n’importe quoi. On ne peut pas continuer comme avant, il faut un gouvernement plus libre, y compris dans la relation aux partis politiques », a-t-il ajouté. Une bonne partie des groupes de l’Assemblée nationale appellent à la censure.

    À droite, les Républicains ont explosé, leur bureau indiquant « un soutien texte par texte ». Décision sur laquelle le Modem et Horizons pourraient s’aligner. Laurent Panifous, président du groupe Liot, indique lui que son groupe ne censurera pas le futur gouvernement si celui-ci respecte quatre conditions : ne pas utiliser le 49.3, revenir sur la réforme des retraites, une mesure de justice fiscale et de nouvelles têtes.

    En embuscade, la cheffe de file du RN se frotte les mains, Marine Le Pen se disant prête à « censurer tout ». Mieux, 95 % de ses candidats seraient même pré-investis en cas de dissolution. De quoi inquiéter quand on se remémore le CV de ceux présentés aux législatives de 2024, entre incompétence crasse, casier judiciaire chargé et autres propos racistes.

    Le PS en arbitre ?

    À gauche, après avoir tenté la destitution, LFI opte aussi pour la censure sans attendre. Pour son coordinateur et député de Marseille, Manuel Bompard, « le cirque doit s’arrêter ! ». Du côté des communistes, réunis en conseil national samedi, la dissolution ne fait pas un pli non plus. Les Verts eux, ont encore besoin de se persuader. La secrétaire générale d’EELV, Marine Tondelier, appelle à un vote de confiance, préfère écouter le discours de politique générale avant une motion, persuadée que Lecornu ne parviendra pas à aboutir.

    Avec 69 députés, les socialistes se posent en arbitre. Sans l’abandon du 49-3, des mesures pour protéger et renforcer le pouvoir d’achat des Français et une suspension immédiate et complète de la réforme des retraites, ce sera la censure prévenait Pierre Jouvet, secrétaire général du Parti socialiste depuis la fête de la Rose à Marseille ce 11 octobre. « Une telle suspension n’épuiserait pas le débat sur le budget et l’avenir de la France, mais ce serait un gage de sa bonne foi et de sa volonté d’ouvrir une nouvelle période », a précisé Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, toujours dans La Tribune Dimanche.

    Pour le Premier ministre démissionnaire remissionné, « il y aura un moment de vérité. » Reste à savoir laquelle…

  • Les socialistes veulent faire de Marseille un exemple national

    Les socialistes veulent faire de Marseille un exemple national

    Comment répondre à la crise provoquée par Emmanuel Macron ? « Avec l’union évidemment et dans les Bouches-du-Rhône, on sait faire ! » À la Fête de la Rose, ce samedi 11 octobre, le premier secrétaire de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône, Yannick Ohanessian, annonce la couleur, du rose à l’arc-en-ciel. Il ne s’agit pas là d’une réunion de militants, mais d’un « rendez-vous avec l’histoire ». Où le contexte national s’entrechoque avec les enjeux des municipales. Et d’ériger Marseille en exemple, un « terrain d’union, témoin d’une gauche rassemblée et responsable » qui « redonne de la dignité » quand, à droite, la candidate Martine Vassal (DVD) lorgne sur l’extrême. « Elle veut se servir de Marseille, pas servir Marseille », balance Yannick Ohanessian, pour qui elle représente « toujours la même droite rigide et rance ».

    Dans la salle des Tables de la Friche, on retrouve presque toutes les composantes de la gauche, du sénateur PCF Jérémy Bacchi à l’écologiste Didier Jau, en passant par l’Après 13 avec Katia Yacoubi, des syndicalistes aussi.

    « Revenir à ce que

    nous sommes »

    Les maires PS d’Avignon, Cécile Helle, et de Vitrolles, Loïc Gachon, celle des 1-7 à Marseille, Sophie Camard (GRS), rappellent, lors d’une table ronde, combien ils sont en prise directe avec les citoyens. Loin de « l’ego trip de la présidentielle », commente cette dernière.

    Kamel Guemari, pilier de l’Après M, McDo devenu resto solidaire à Sainte-Marthe (14e), insiste : « il ne faut pas reproduire ce que l’on a déjà subi, les échéances sont courtes. »

    Pierre Jouvet, secrétaire général du PS, lui, martèle : « Faites de Marseille un exemple national, nous devons gagner les municipales avec la gauche rassemblée », avant de laisser la place à celui qui l’incarne : le maire de Marseille, Benoît Payan (DVG). « Il est temps de revenir à la genèse de qui nous sommes », s’enflamme l’élu, rappelant l’histoire du congé maternité, de l’abolition du travail des enfants ou de la réduction du temps de travail, des « conquêtes sociales », dont les « mêmes toujours nous disaient que ça allait être une catastrophe ». Il n’oublie pas de tirer sur LFI, affirmant sa « honte » quand il entend « certains députés pointer du doigt les communistes, oubliant que le parti des fusillés s’est levé avec les socialistes, les gaullistes, pour défendre nos libertés ». Vient le tour de la droite, avec sa honte « pour ceux qui oublient leur passé qui, se réclamant de l’héritage du général de Gaulle, sombrent et rampent devant les héritiers de Vichy ». Avant d’asséner, solennel : « nous n’avons pas été élus pour faire des compromissions mais pour changer la vie des gens. »

  • À Sète, le PCF veut irriguer la campagne de ses thèmes

    À Sète, le PCF veut irriguer la campagne de ses thèmes

    La tête de liste du collectif « Nouvelle Page » ne sera connue qu’à l’issue de la votation citoyenne du 11 octobre. Mais les communistes ont déjà débuté la campagne municipale.

    Les sections PCF de Sète, Frontignan, Balaruc, Mèze, Nord Bassin de Thau viennent de rédiger une lettre à destination de la population qui sera distribuée par les militants dans les prochaines semaines.

    Parmi les cinq grandes thématiques que les communistes du Bassin de Thau entendent placer au cœur de la campagne municipale, figure l’eau. Tandis que les contrats de délégation de service public arrivent à terme en 2026 ou 2027, le PCF milite pour un passage de l’or bleu en régie publique. « Les tarifs sont plus attractifs pour les usagers et cela permet de réinvestir l’argent dans l’entretien des réseaux plutôt que de rémunérer les actionnaires », argumente Jonathan Level, secrétaire de la section sétoise. François Liberti précise que des rencontres ont déjà eu lieu avec des maires ainsi que des réunions publiques à Mèze, Sète, Frontignan, Balaruc ou Montbazin. Selon l’ancien maire PCF de Sète, la privatisation de l’eau, bien commun, engendre des « errements » en matière de transparence et de facturation de l’ordre de +25%.

    Relier Sète à Mèze en bateau toute l’année

    Seconde proposition inspirée de Montpellier : la gratuité des transports en commun. « Il faut aussi revoir le plan de circulation sur l’agglo. Depuis la fusion, des quartiers sont mal desservis. Et pourquoi ne pas instaurer un transport en bateau sur l’étang pour relier Sète à Mèze toute l’année ? », illustre Jonathan Level. À contre-courant du très contesté parking souterrain de la place Aristide-Briand, le communiste milite pour des parkings de délestage aux entrées de ville avec navettes gratuites afin de « limiter les bouchons ». Une mesure qui va de pair avec un projet d’entrée Est « à repenser vers plus de foncier en faveur des activités économiques ». Enfin, le logement est identifié comme un point noir à Sète. Le secrétaire de section veut lutter contre la spéculation immobilière et pousser à la construction de « logements sociaux et d’habitats à prix accessibles à tous ».

  • Le PCF à la rencontre des Cuersois en vue des élections

    Le PCF à la rencontre des Cuersois en vue des élections

    Alors qu’aucune liste de gauche n’avait été présentée en 2020, la section PCF de Cuers, menée par Alain Bolla, son responsable, et Amaryllis Cimbron, tous deux membres de la direction de la Fédération du PCF Var, comptent y remédier en 2026. Sur un territoire où la gauche a une « légitimité importante » puisqu’« aux législatives, le NFP est arrivé deuxième derrière le RN », rappelle Alain Bolla, l’idée n’est pas d’imposer un programme, mais de le construire avec les forces de gauche et les citoyens partageant la volonté d’ériger « un projet nouveau pour Cuers, alternatif aux projets libéraux du national au local, une alternative de gauche, sociale, écologique et démocratique. »

    Les deux meneurs se disent ainsi « convaincus que face à la droite et à l’extrême droite, un autre chemin est possible. » Un chemin qui doit passer par l’échelon communal : « la commune est le cœur de la démocratie de proximité, mais elle est asphyxiée par les coupes budgétaires et les transferts de compétences. Les citoyens sont de plus en plus éloignés des décisions et des pouvoirs financiers », constatent les communistes. « Pour autant, elle peut être un pôle de résistance, de construction d’une alternative par des projets novateurs, solidaires, écologiques, répondant aux besoins sociaux et aux enjeux sociétaux. »

    Dans cette optique, de nombreuses questions se posent : « Comment la commune pourrait rendre du pouvoir d’achat aux citoyens ? Comment la repenser dans sa transition écologique et solidaire ? Comment aborder les questions liées à la santé ? Comment développer les services publics et reprendre la main sur les biens communs ? » Une liste non exhaustive à laquelle les Cuersois sont invités à réfléchir mardi 30 septembre à 18h30.

    Informations par mail : gauchecuers2026@gmail.com