Tag: communistes

  • Hommage à Victor Jara : le PCF contre-attaque à Béziers

    Hommage à Victor Jara : le PCF contre-attaque à Béziers

    Mais quelle mouche a donc piqué Robert Ménard ? En annonçant, via les réseaux sociaux de la Ville de Béziers et dans le Journal du Biterrois, canard municipal, qu’un hommage serait rendu à Victor Jara, chanteur et militant communiste chilien assassiné sous la dictature de Pinochet, l’édile d’extrême droite en a laissé plus d’un pantois.

    Le 27 mai, la Ville s’apprête donc à inaugurer une statue du Chilien, place du 14-Juillet, dans le cadre de la journée nationale de la Résistance. Le maire est coutumier du fait : chaque année, un buste est inauguré : en 2025, Laure Moulin, la sœur de Jean Moulin ainsi qu’un autre de la journaliste russe Anna Politkovskaïa, en 2023, celui du soldat israélien Aner Shapiro, etc. Mais cette année, au vu des valeurs prônées par Victor Jara, que tout oppose à Robert Ménard, ce choix a de quoi surprendre.

    À commencer par la section biterroise du PCF, qui a annoncé organiser son propre hommage, le même jour, à 12h30
    – les forces progressistes, associations, syndicats sont conviés par les communistes. « Quand nous avons appris la nouvelle, nous avons été surpris. Il n’y a rien de mentionné sur son passé de communiste. Cela nous a paru un peu fort de café et il y a peut-être une tentative de réécrire l’Histoire », fait valoir Jean-Marc Biau, secrétaire de la section PCF de Béziers et conseiller de la Région Occitanie. En effet, l’hommage est destiné à « honorer la mémoire et l’engagement du poète et chanteur chilien Victor Jara, assassiné en 1973 sous la dictature [de Pinochet] », peut-on lire sur les réseaux sociaux de la Ville. Sauf que Victor Jara, certes chanteur, est avant tout un militant communiste.

    Torturé par l’extrême droite

    Véritable chantre de la révolution chilienne, ce dernier défendait des valeurs de solidarité, de partage des terres et dénonçait la répression militaire. « Il était également directeur de théâtre, il a dirigé plusieurs pièces où il mettait en scène le peuple », reprend Jean-Marc Biau. Autant de valeurs prônées du fait de son engagement politique. C’est d’ailleurs cet engagement qui lui a valu d’être sauvagement assassiné et torturé par les hommes de Pinochet, ses doigts avaient été brisés. Sauf que tout cet engagement disparaît comme par magie quand on lit la présentation faite par la Ville dans le Journal du Biterrois. Seul est mentionné le fait que Victor Jara est « révolté contre l’injustice. » « Quels sont les objectifs de Robert Ménard ? », s’inquiète Jean-Marc Biau. En tentant de dépolitiser un pan entier de l’Histoire, Robert Ménard veut gommer les véritables valeurs portées par la gauche, opposées aux siennes. D’où l’importance, pour les communistes, de mener ce genre d’hommage.

  • Le PCF adopte sa feuille de route pour la présidentielle

    Le PCF adopte sa feuille de route pour la présidentielle

    Ordre du jour chargé pour la direction communiste ce week-end : débat sur la situation politique, célébration des 90 ans du Front populaire, définition de déroulement du congrès qui aura lieu à Lille du 3 au 5 juillet, processus de choix pour la présidentielle, vote d’un cahier thématique sur la paix et adoption du budget du parti.

    Après l’adoption d’une résolution « Pour la paix et une vie digne, refusons de payer la crise capitaliste et préparons l’avenir ! » (90 pour, 2 contre et 6 abstentions), c’est la préparation du congrès et de l’échéance présidentielle qui a le plus animé les débats.

    Pour mettre en œuvre les décisions qui seront prises lors du congrès national, qui se tiendra à Lille du 3 au 5 juillet, le conseil national a décidé que les délégués se réuniraient en conférence nationale, à son issue, afin de définir le bulletin de vote qui sera soumis aux adhérents pour qu’ils tranchent le positionnement du PCF pour la présidentielle, lors d’un vote organisé du 3 au 6 septembre.

    « Le projet doit nous guider plus que le casting »

    Un calendrier approuvé par 63 voix pour, 9 contre, 8 abstentions, critiqué par plusieurs membres du conseil national. « C’est speedy-gonzales, c’est un passage en force », considère ainsi Jean-Noël Aqua (Paris). « Le calendrier est trop court pour que la majorité des communistes prenne la décision », pour Émilie Lecroq (Seine-Saint-Denis). « Le congrès ne doit pas ressembler à celui de Marseille qui était un grand meeting », ajoute Denis Öztorun (Val-de-Marne). Frédéric Boccara défend l’idée d’une conférence nationale « à l’automne ».

    Sur le fond, Saliha Boussedra (Gard) juge qu’une candidature communiste serait « incompréhensible au lieu de travailler à la constitution d’un bloc de gauche », en soulignant le risque d’une victoire de l’extrême droite.

    D’autres, au contraire, relèvent le niveau très bas de la gauche qui se situe autour des 30% dans le pays et la nécessité de candidatures qui mobilisent et contestent à l’extrême droite son hégémonie dans les catégories populaires. Bora Yilmaz (Meurthe-et-Moselle) appelle à « faire reculer l’extrême droite avec une candidature communiste » et alerte sur l’importance du calendrier pour éviter un choix par défaut « comme en 2017 ». Esteban Evrard (Pas-de-Calais) estime que « les communistes veulent partir à la bataille ». Pour Clara Gimenez (Hérault), la présidentielle est un moment-clé pour « faire découvrir notre projet de société », quant à Nicolas Cossange (Hérault), il insiste : « Il n’y a que Fabien Roussel qui puisse être notre candidat et donc notre porte-parole. »

    Avant eux, le secrétaire national du PCF s’est exprimé : « J’ai lu les trois textes alternatifs qui viendront certainement enrichir la base commune et nos débats. N’en ayons pas peur, le débat est salutaire, utile », a-t-il affirmé, appelant à projeter le PCF dans les « 15 à 20 prochaines années, pour qu’il soit une force politique forte, révolutionnaire, solide, unie ».

    Il s’est déclaré « disponible » pour porter le projet communiste devant les Français lors de l’élection présidentielle. « Je suis prêt, si les communistes en décident, à y mettre toute mon énergie », a-t-il indiqué. Pour lui, « le pire serait de ne pas choisir » et « le projet doit nous guider plus que le casting ».

    CALENDRIER

    6 et 7 juin : vote des adhérents pour choisir la base commune de discussion du congrès.

    13 et 14 juin : congrès de section.

    20 et 21 juin : congrès départementaux.

    3, 4 et 5 juillet : congrès national à Lille avec réunion en conférence nationale le 5 afin de définir les différentes options soumises aux communistes pour la présidentielle.

    3 au 6 septembre : vote des adhérents sur le choix pour la présidentielle.

  • Le Parti communiste pointe l’imposture du RN à l’approche du 8 mai

    Le Parti communiste pointe l’imposture du RN à l’approche du 8 mai

    « N’ayons pas la mémoire courte ! » Voilà le titre du communiqué réalisé par le PCF Var, à quelques jours des commémorations de la capitulation de l’Allemagne nazie, le 8 mai 1945, marquant la fin de la Seconde Guerre mondiale. Comme chaque année, des cérémonies pour rendre hommage aux combattants et à tous ceux qui ont œuvré pour la victoire se tiendront dans l’ensemble d’un département marqué par le sceau de la résistance. De nombreuses figures historiques telles que les communistes Léon et Roger Landini, ou Gabriel Péri, en sont issues et ont combattu au sein des FTPF (Francs tireurs et partisans français) et des FTPF MOI (main-d’œuvre immigrée), créées par le PCF.

    Cette année, toutefois, ces commémorations auront une résonance particulière : celles-ci seront présidées par un nombre croissant de maires d’extrême droite, RN en tête, notamment dans deux des cinq plus grandes villes varoises (La Seyne-sur-Mer et Fréjus), et dans plusieurs autres communes (Six-Fours, La Valette-du-Var, Signes, Puget-sur-Argens, La Motte, entre UDR et RN). Ce qui fait dire à Pierre Daspre, secrétaire départemental du Parti communiste du Var, qu’on « ne peut plus se contenter de commémorer la fin de la guerre », eu égard à la montée en puissance d’un parti frontiste « créé par des Waffen SS, en compagnie de Jean-Marie Le Pen, condamné à de multiples reprises pour incitation à la haine raciale et propos négationnistes et antisémites, en agglomérant plusieurs partis d’extrême droite ».

    « Le RN est l’ennemi

    des travailleurs »

    Un état de fait « qu’il ne suffit plus de marteler. On n’est plus en 1945, il faut aussi expliquer que le RN est l’ennemi des travailleurs », souligne-t-il. Car, au-delà de la résistance face à la barbarie de l’idéologie nazie, « le programme du Conseil national de la Résistance était très progressiste et les résistants réfléchissaient à une société meilleure. Ils dénonçaient, par exemple, le monopole de la presse et des industries. En son sein, les militants communistes ont porté le combat pour les nationalisations, la Sécurité sociale, ce qui a conduit à un progrès social énorme, encore plus fort que lors des temps du Front populaire », illustre-t-il.

    À l’inverse, le secrétaire départemental du PCF dénonce « l’imposture sociale » et « les contradictions énormes » du parti présidé par Jordan Bardella, qui se positionne « en défenseur des travailleurs », quand, dans le même temps, « il est un allié objectif des grands tenants industriels et du monde de la finance, et qu’il déjeune avec le Medef ».

    Les élus et militants communistes du département seront, comme le devoir de mémoire leur incombe, présent lors des différentes cérémonies, vendredi. Pierre Daspre les invite cependant à « ne pas être passifs », et à travers leur présence, à « rappeler ces faits et dénoncer la duplicité du Rassemblement national. Tous les camarades dans les sections doivent porter cela dans leurs villes ». Aucune “contre-manifestation” ou mobilisation annexe n’est cependant prévue, mais chacun est appelé « à prendre des initiatives », le 8 mai, et tous les autres jours de l’année.

  • Les communistes fêtent des avancées dans le département

    Les communistes fêtent des avancées dans le département

    « Ça fait chaud au cœur ! » C’est devant une foule pleine de sourires que le sénateur et secrétaire départemental du PCF 13, Jérémy Bacchi, a salué des campagnes « ô combien courageuses après cette séquence électorale qui a été harassante ».

    Suite à la fin des municipales, les militants se retrouvaient dans les jardins de la fédération du département pour « un moment fraternel et convivial » accompagné du verre de l’amitié, vendredi dans la soirée. Et ils ont de quoi se féliciter : « On reprend pied de partout ! Une augmentation de 20% du nombre d’élus dans les Bouches-du-Rhône. 14 communes où nous n’avions plus d’élus et où nous en avons aujourd’hui, dont 7 de plus de 10 000 habitants », résume le sénateur. Ce dernier n’entend « pas s’autocongratuler » mais bien démontrer la pertinence de la démarche communiste pour ce scrutin local. « Il faut prendre la mesure de notre capacité à faire bouger des lignes dans un département où des observateurs prédisaient un raz-de-marée du Rassemblement national », martèle-t-il. Il cite évidemment la victoire, plus que symbolique, de Jean-Pierre Squillari, « un ami de longue date de notre parti, un maire apparenté » à Aubagne. Et aussi la « prise de la mairie des 15-16 à Marseille », de Jean-Marc Coppola.

    Beaucoup de plus et peu de moins

    À cela s’ajoute évidemment des bastions conservés, des élus d’opposition plus nombreux… D’où les tonnerres d’applaudissements pour les victoires d’André Molino à Septèmes-les-Vallons, de Paul Sabatino au Rove, de Laurent Belsola à Port-de-Bouc ou encore de Gaby Charroux à Martigues. Cette dernière « démontre qu’on a une gestion municipale tournée vers les habitants ». Le discours du sénateur reflète cette dynamique globale : d’un côté il loue l’élection de Jean-Marc Coppola « qui a ému tous les communistes », de l’autre il salue « la campagne courageuse d’Arianne Lombardi en terre d’extrême droite à Marignane qui arrive deuxième ». Même quand le PCF, ou les listes d’union de gauche dans lesquelles il était impliqué, ne remporte pas la ville, Jérémy Bacchi insiste sur les progressions : « À Plan-de-Cuques, nous n’avions plus d’élus depuis 1989, nous en reprenons. À Châteauneuf-les-Martigues, comme à Allauch, cela faisait près de 20 ans qu’on n’avait pas d’élus ! » Il cite également les « listes citoyennes soutenues » et énumère : « À Aix nous avons un élu et une citoyenne apparentée, à Cabriès nous gagnons des élus comme à Gardanne, à Gignac, à Mallemort, à Sausset-les-Pins ou encore à Vitrolles… » En bref, beaucoup de plus et peu de moins pour les militants communistes.

  • Un congrès pour un « communisme de conquêtes »

    Un congrès pour un « communisme de conquêtes »

    Le XLe du PCF est lancé. Après une phase d’élaboration par la commission élue à cet effet, le texte « Un communisme de conquêtes » a été présenté au conseil national samedi avant d’être adopté ce dimanche à 77% des suffrages exprimés (74 pour, 22 contre, 9 abstensions).

    Dans un monde déchiré par les guerres et dans une France en crise aussi bien politique qu’économique, le texte prend le parti de la paix, des coopérations internationales, d’une République refondée et du travail. Il prolonge le travail du « Plan climat empreinte 2050 » présenté par le PCF pour répondre à l’urgence climatique et à l’effondrement du vivant tout en créant les conditions d’une nouvelle industrialisation. Il propose également de relever le « défi du socialisme au XXIe siècle », en défendant un « socialisme aux couleurs de la France » vu comme un « processus » vers une « visée révolutionnaire, le communisme ».

    «  Avec le peuple et pour le peuple »

    Considérant par ailleurs, qu’il n’y a « pas de fatalité », à la victoire de l’extrême droite en 2027, le projet de base commune affirme que « les communistes veulent consacrer toute leur énergie à permettre une autre issue : des jours heureux pour la France ». « Le PCF veut incarner cet espoir, avec sincérité, avec honnêteté, avec un projet construit avec les citoyens, avec le monde du travail, avec la jeunesse. Il veut le faire avec le peuple et pour le peuple », détaille le projet de base commune.

    Un moment important pour présenter la perspective d’ « une société des biens communs, de l’émancipation et du développement des capacités humaines ».

    À la suite de la présentation du texte, des voix critiques se sont élevées pour déplorer un travail insuffisant sur le concept de socialisme, une prise en compte trop anecdotique des luttes féminismes, du monde de la création ou encore de l’enjeu climatique. Des membres de la commission économique du PCF ont aussi pointé des « manques » dans le texte à propos de l’analyse de la situation et des propositions économiques.

    Après une nuit passée à incorporer des amendements, la commission présidée par Léon Deffontaines a présenté une version corrigée et enrichie qui a permis de réunir une large majorité des suffrages exprimés.

    Plusieurs intervenants ont néanmoins regretté que des « textes alternatifs » circulent avant même l’adoption du projet de base commune par le conseil national, en contradiction avec l’esprit des règles de vie commune du PCF.

  • Les communistes tirent les enseignements des municipales

    Les communistes tirent les enseignements des municipales

    Une semaine après le second tour des élections municipales, les membres du conseil national du PCF étaient réunis sous la coupole de la place du colonel Fabien pour faire l’analyse des résultats et adopter le projet de base commune de discussion en vue du congrès qui aura lieu à Lille en juillet (lire ci-dessous).

    Réélu dès le premier tour maire de Saint-Amand-les-Eaux, Fabien Roussel, a ouvert la session en remerciant et en félicitant les militants communistes : « Vous avez su convaincre, animer, rassembler. C’est à vous que nous devons nos victoires ! Ce sont désormais des centaines de maires et des milliers d’élu·es communistes et apparentés qui vont pouvoir agir au service des Français·es, des services publics, de la démocratie locale, de la justice sociale et climatique. »

    Dans son rapport, Pierre Lacaze, responsable national en charge des élections, souligne que « le PCF s’en tire bien selon ceux qui avaient préparé leurs analyses ou graphiques sur sa disparition. Au lieu de cela, plus de la moitié des maires communistes ont été élus ou réélus au premier tour ».

    Il se félicite notamment des victoires importantes obtenues dans le sud de la France : « À Nîmes, nous gagnons une ville de 150 000 habitants, ce n’était pas arrivé depuis 25 ans. Après la formidable victoire de Vincent Bouget, il va également gouverner la Métropole. Nous regagnons aussi Aubagne, ville de 47 000 habitants avec un apparenté, Jean-Pierre Squillari. » Le dirigeant communiste se réjouit également de la victoire à Amiens d’une équipe d’union de la gauche qui devrait permettre à Léon Deffontaines, porte-parole du PCF, de devenir président délégué de la Métropole.

    Le PCF demeure la deuxième force de gauche du pays par son implantation municipale.

    Néanmoins, pour Pierre Lacaze, « ces victoires ne masquent pas l’avancée du RN ». Par ailleurs, pour lui, « les plus lourdes difficultés à gauche sont liées à la perte de grandes villes et de métropoles par les écologistes ou le PS ».

    Il relève une situation contrastée s’agissant de la FI qui « ne gagne de communes que sur la gauche, 3 sur les communistes 4 sur les socialistes et perd les 3 villes qu’elle avait gagnées en 2020 ».

    Pour Fabien Roussel, la situation à Vénissieux où une liste insoumise bat de 25 voix la municipalité communiste sortante, est choquante. « Des députés LFI, élus avec notre soutien dans le cadre du Nouveau front populaire, attaquent nos mairies ensuite, c’est inadmissible, il y a un minimum de code d’honneur en politique », s’indigne-t-il.

    Bilan positif

    En revanche, les nouvelles sont réjouissantes pour les communistes dans les Bouches-du-Rhône. Jérémy Bacchi, sénateur et secrétaire départemental, dresse un bilan positif de la séquence : maintien des municipalités en place, gain d’Aubagne, place renforcée dans les majorités de gauche comme à Marseille. « Nous augmentons de 25% le nombre des élus communistes et apparentés dans le département », annonce-t-il sous les applaudissements de ses camarades.

    À l’issue des débats, le conseil national a adopté à l’unanimité la représentation de chaque fédération pour le congrès qui se tiendra à Lille début juillet : 3 délégués par fédération plus 1 par tranche de 100 cotisants entamée et a élu la commission des candidatures et la délégation du PCF au congrès du Parti de la gauche européenne organisé à Bruxelles mi-avril.

  • [Infographie] Une majorité confortable pour Benoît Payan

    [Infographie] Une majorité confortable pour Benoît Payan

    Forte de 54,34% des suffrages, la nouvelle majorité du Printemps marseillais s’assure une avance confortable avec 73 élus sur les désormais 111 sièges du conseil municipal, version réforme de la loi PLM, soit 10 de plus qu’en 2020. Pour mémoire il y a 6 ans, en pleine crise sanitaire, il avait fallu ferrailler dur pour que l’écologiste Michèle Rubirola prenne la tête de la Ville, avec le soutien de Samia Ghali (DVG) qui briguait elle aussi le poste dans un premier temps.

    Devenue finalement maire adjointe, cette dernière a désormais intégré le Printemps marseillais et fait partie des piliers sur lesquels s’appuie le Printemps nouvelle mouture. Tout comme Pierre Huguet (G.s), ex-adjoint à l’Éducation, Éric Méry, ex-adjoint à l’Urbanisme, le député PS Laurent Lhardit, les socialistes Joël Canicave, ex-adjoint aux Finances, Anthony Krehmeier, maire des 2-3 réélu, ou encore Yannick Ohanessian ex-adjoint en charge de la Tranquillité publique. Jusqu’alors en charge du Logement, Patrick Amico (GRS), bien que 71e sur la liste, est aussi de retour.

    On retrouve également les communistes, Audrey Garino, Jean-Marc Coppola, Nathalie Tessier, respectivement en charge de la Solidarité, la Culture et le Droit des femmes dans la mandature écoulée. Rangs du PCF qui se trouvent renforcés avec Anthony Gonçalves, oncologue et chef de file du parti pour ces municipales, Mohamed Itrisso, militant des quartiers nord et cofondateur du collectif SOS Comores et Ibrahim Mze, responsable du collectif fédéral du logement du PCF 13.

    Troisième de la liste, le militant écologiste, Amine Kessaci, devenu symbole national de la lutte contre le narcotrafic après l’assassinat de deux de ses frères, va également peser dans l’hémicycle.

    Une opposition RN

    Il y a aussi les petits « nouveaux » qui ne le sont pas vraiment, ayant déjà fait leurs preuves dans les secteurs ou à la métropole, comme Emilia Sinsoilliez, ex-première adjointe au maire des 2-3, Enda Amraoui, présidente du collectif pour une société plus inclusive, « Plus jamais sans nous » et ex-adjointe à la mairie des 4-5, Juliette Masson, ex-déléguée aux Écoles dans les 6-8 ou Jean-Marc Signes, ex-conseiller métropolitain écologiste, élu dans les 11-12. Côté société civile, Karim Touche, directeur général de la Ligue de l’enseignement 13 ou Yahya Güngörmez, représentant du Conseil démocratique kurde à Marseille font leur entrée.

    En face l’extrême droite. Franck Allisio, ayant totalisé 40,29% des voix, se pose en leader d’une opposition passée de 9 à 34 élus. Cumul des mandats oblige, il devra sans nul doute démissionner de la Région. Il s’appuiera sur des historiques comme Jean-Marc Graffeo, responsable départemental de Reconquête !, la députée RN Gisèle Lelouis ou Eléonore Bez, conseillère régionale. Il pourra compter sur une ribambelle d’ex-élus de secteur, Sophie Arrighi, Thibaut Charpentier, Jessy Nakache, ou Gérard Audibert. Figure aussi Jean-Baptiste Rivoallan, ancien président du groupe de la droite marseillaise à la métropole.

    Droite marseillaise atomisée avec 4 élus seulement dont Martine Vassal (DVD), présidente du Département, son bras droit Romain Simmarano (Ren.), Fabienne Bendayan, ex-présidente du Crif Marseille et Stéphane Pichon, président du Conseil régional de l’ordre des pharmaciens.

  • À Arles, un duel opposant de Carolis à Koukas au cœur d’une quadrangulaire

    À Arles, un duel opposant de Carolis à Koukas au cœur d’une quadrangulaire

    À Arles, le second tour a beau prendre la forme d’une quadrangulaire, il sera plutôt de l’ordre du duel. D’un côté, le maire sortant Patrick de Carolis (Horizons), arrivé en tête au premier tour avec 34,09 %. De l’autre, le candidat de l’Union pour Arles, Nicolas Koukas (PCF), qui a su fédérer neuf partis autour de lui après avoir été désigné par une démarche citoyenne. Il a obtenu 25,38 % des suffrages dimanche.

    L’ancien adjoint Jean-Michel Jalabert (DVD), qui a choisi de présenter une liste dissidente, et l’agriculteur investi tardivement par le Rassemblement national Rémy Benson complètent le podium, avec des scores respectifs de 13,69 % et
    16,37 %. Dimanche soir, à l’annonce des résultats, Patrick de Carolis s’inquiétait déjà d’un « éparpillement des voix » qui pourrait provoquer « le retour des communistes à la tête de la ville » et avait appelé son ancien élu à retirer sa candidature.

    Jean-Michel Jalabert sur la ligne de départ

    Le concerné avait directement annoncé qu’il serait sur la ligne de départ au second tour, renvoyant la responsabilité à son ancien patron et tout en le taclant son score : « 88% des maires sortants ont été réélus dès le premier tour, c’est un désaveu de la population parce qu’une majorité ne veut pas continuer dans cette voie-là. »

    Sur ses réseaux sociaux, Patrick de Carolis a réagi : « Jean-Michel Jalabert choisit la politique du pire, préférant risquer de sacrifier l’avenir d’Arles sur l’autel de ses rancœurs. Je déplore ce choix irresponsable. Il choisit de prendre le risque de servir de marchepied au retour du parti communiste et de l’extrême gauche à la tête de notre ville. »

    Report de voix et soutien des Écologistes

    De son côté, Nicolas Koukas devrait pouvoir compter sur le report de voix de l’électorat d’Anne Testut, qui menait une liste Lutte ouvrière (0,65%) et de Jecilla Regad. La tête de liste LFI rejointe par les Écologistes, qui a obtenu 9,81% des suffrages au premier tour, a néanmoins refusé de donner de consigne de vote, déclarant dimanche : « Nos électeurs sont intelligents (…). Ils savent qui sont nos ennemis et pour qui ne pas voter. »

    Dès mardi, le sénateur écologiste des Bouches-du-Rhône Guy Benarroche était quant à lui sorti du silence, appelant « à se mobiliser massivement en faveur de Nicolas Koukas lors du second tour », prenant acte du résultat de Jecilla Regad. « Si les trajectoires évoluent, notre objectif demeure inchangé : mettre fin à la gestion actuelle de la ville, écrit le parlementaire. Lorsque l’essentiel est en jeu – l’avenir écologique, social et démocratique d’un territoire – le rassemblement devient une nécessité. (…) Nous dénonçons une méthode de gouvernance marquée par un manque de concertation et des orientations qui accentuent la gentrification, au détriment de l’équilibre social des quartiers. »

    Pour mettre fin au « système de Carolis », Nicolas Koukas invoque la participation des citoyens. « Les résultats se joueront à quelques centaines de voix près », annonce-t-il, alors que l’abstention a atteint 43,65% au premier tour. « L’unité fait notre force, et demain, elle fera la victoire et la réussite collective d’Arles. Il est grand temps de rendre Arles aux Arlésiennes et aux Arlésiens. »

  • [Entretien] Bertrand Perrin : « La perte de ces municipalités demeure un moment difficile »

    [Entretien] Bertrand Perrin : « La perte de ces municipalités demeure un moment difficile »

    La Marseillaise : Comment vivez-vous les résultats des élections municipales dans les Alpes-de-Haute-Provence ?

    Bertrand Perrin : Les résultats de ces élections municipales sont difficiles pour l’ensemble des forces progressistes dans les Alpes-de-Haute-Provence, particulièrement pour les communistes. Dans plusieurs communes où nous exercions des responsabilités, parfois depuis de nombreuses années, les électeurs ont choisi l’alternance. Durant cette campagne, des femmes et des hommes se sont mobilisés pour défendre une vision commune de la société : celle de la solidarité, de la justice sociale et de la démocratie.

    Que souhaitez-vous dire aux maires sortants de votre famille politique qui n’ont pas été réélus ?

    B.P. : Nous voulons adresser un remerciement particulier aux maires comme à l’ensemble des élus qui quittent aujourd’hui leurs fonctions. Pendant des années, parfois des décennies, ils ont consacré leur énergie et leur vie au service de leurs concitoyens, incarnant une certaine idée de la politique : proche des habitants, et fidèle aux valeurs de la gauche authentique. Leur action, qui a marqué durablement la vie de leur commune, constitue un héritage précieux pour toutes celles et ceux qui continueront à faire vivre ces valeurs dans les années à venir.

    Comment vivez-vous la perte de plusieurs communes communistes ?

    B.P. : La perte de ces municipalités demeure un moment difficile. Ces villes ont longtemps été des lieux cherchant à répondre concrètement aux besoins : défense des services publics, soutien au tissu associatif, solidarité, accès à la culture pour tous, au travers de politiques sociales et démocratiques permettant à chacun de vivre dignement. Les communistes conservent et gagnent néanmoins des élus et des adjoints dans plusieurs communes du département. Leur présence continuera de porter la voix de celles et ceux qui refusent l’état actuel des choses et défendent l’intérêt général. Nous le disons avec force : nous refusons toute résignation.

    Comment analysez-vous plus largement ces résultats ?

    B.P. : Ce résultat s’inscrit dans un contexte politique plus large : celui d’une campagne que nombre d’observateurs, à l’aube de la présidentielle, ont qualifié de « nationalisée ». C’est la situation d’un pays profondément bousculé par les politiques libérales, par la crise sociale, et par la progression inquiétante de la droite extrême et de l’extrême droite. C’est aussi un climat politique national où le refus persistant de certaines forces de travailler ensemble, où les affrontements et les stratégies électoralistes ou populistes de division ont contribué à brouiller l’image même de la gauche à travers le pays, nourrissant la défiance envers l’ensemble des organisations progressistes. Dans ce contexte, la responsabilité des forces de gauche est immense.

    Restez-vous déterminé malgré tout ?

    B.P. : Les communistes continueront à prendre toute leur part dans la bataille qui s’ouvre : celle du rassemblement populaire et de la reconstruction d’une perspective de gauche capable de répondre aux attentes du monde du travail et de la jeunesse, et de montrer qu’une autre voie est possible pour notre pays. Nos idées vivent dans les luttes sociales, les mobilisations citoyennes et l’engagement quotidien de ceux qui font vivre nos communes. Cette période n’est qu’une étape dans la bataille politique : l’histoire des mouvements de transformation sociale est faite de combats longs, parfois de reculs, mais toujours portés par la conviction profonde que la justice sociale, la démocratie et l’écologie constituent des nécessités concrètes.

  • Le PCF Var interpelle la droite au second tour

    Le PCF Var interpelle la droite au second tour

    Après un premier tour difficile pour les listes progressistes, le PCF Var partage son analyse. Pointant « une participation en baisse par rapport à 2014 », qui n’a pas joué en faveur de la gauche, et qu’il explique par « le contexte anxiogène des guerres et les trop nombreuses affaires judiciaires concernant des élus varois », il salue malgré tout « les campagnes dynamiques » menées par les partis de gauche « avec des citoyens engagés dans la plupart des villes varoises ».

    Le PCF regrette cependant la division de la gauche, qui ne lui a pas permis de « peser fortement » à La Seyne, où « chacun peut juger de l’irresponsabilité des uns et des autres face au danger du RN qui pourtant était annoncé », notant toutefois qu’« après une très bonne campagne de la liste de gauche PCF-GRS-Après-MRC, Stéphane Sacco arrive nettement en tête de la gauche ».

    « Empêcher l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite »

    Autre responsable « des résultats contrastés » : le « vote utile pour faire barrage au RN et ne permettant à la gauche de se maintenir qu’à La Seyne, La Garde, Solliès-Pont ». Toulon en Commun en a ainsi fait les frais au profit de Josée Massi selon le PCF Var, qui ajoute que cette dernière « a besoin des voix de gauche pour être élue, et doit en tenir compte ». Et enjoint, de manière générale, « les candidats de la droite sous la menace du RN » à prendre en considération « le vote des électeurs de gauche au premier tour ».

    « L’extrême droite peut conquérir plusieurs communes : Toulon, La Seyne, Draguignan, Six-Fours, Solliès-Pont, Salernes… Il est impératif d’empêcher son arrivée au pouvoir », martèlent les communistes, qui continueront « à défendre après les élections les intérêts de la population en matière de logement, de santé, d’éducation, de sécurité… »