Tag: commerces

  • À Marseille, Aubagne et Cabriès, les mineurs bannis la nuit

    À Marseille, Aubagne et Cabriès, les mineurs bannis la nuit

    C’est le maire de Marseille, Benoît Payan (DVG), qui a grillé la politesse au préfet de région, encore en train de rédiger son arrêté, ce mardi 20 octobre. L’élu a annoncé en fin de matinée la mise en place d’un couvre-feu partiel, le soir, à partir de 22h.

    La mesure concerne « uniquement les mineurs et exclusivement les zones commerciales de notre ville, particulièrement touchées par les pillages survenus ce week-end et menacées si nous devions vivre de nouveaux épisodes de violences », a dévoilé Benoît Payan. Le maire de Marseille estimant que « cette décision, si elle peut soulager les commerces et faciliter le travail des forces de l’ordre, doit être accompagnée d’un déploiement suffisant de forces de police sur l’ensemble de la ville ».

    L’arrêté préfectoral, finalisé dans l’après-midi, indique qu’à « l’issue des échanges entre le préfet et le maire de Marseille », un couvre-feu est instauré de 22h à 5h jusqu’à vendredi inclus dans des secteurs « identifiés ». Sont concernés l’hyper centre-ville, du Centre Bourse au quai des Belges en passant par le cours Pierre-Puget, la rue de Rome et le bas de La Canebière, mais aussi les grands centres commerciaux comme les Terrasses du Port, Grand Littoral, Bonneveine ou la Valentine. Les trottoirs, espaces de livraison, locaux techniques ou stationnements autour de ces derniers font partie du périmètre.

    D’autres communes sont aussi sous le coup de cet arrêté, avec la zone des Paluds à Aubagne, et celle de Plan-de-Campagne, à l’exception du cinéma, à Cabriès.

    Les adolescents non accompagnés de leur représentant légal et qui auraient envie de faire du shopping la nuit sont prévenus : ils sont passibles d’une amende de 4e classe, 90 euros minimum, le préfet Jacques Witkowski assurant que « les forces de sécurité nationales et municipales » seront mobilisées. Suite aux violences survenues samedi, Benoît Payan s’était interrogé sur la nature des consignes données aux forces de l’ordre et avait déploré leur nombre selon lui insuffisant. Attendu en début d’après-midi lundi, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, avait fini par se rendre dans la cité phocéenne dans la soirée, histoire d’éteindre la polémique.

    L’armée, le GIGN et le Raid

    Concrètement, sur les promesses du ministre de mettre en place davantage de forces de l’ordre à Marseille pour encadrer la manifestation prévue ce samedi 24 octobre, rien n’est encore calé. Il s’agirait notamment de compagnies mobiles que Beauvau doit encore valider, nous confie une source policière ce mardi, sans être en mesure de quantifier pour le moment ces effectifs. « Samedi et dans les jours qui viennent, je serai aux commandes et comptez sur moi pour être extrêmement ferme », a martelé Laurent Nuñez lors des questions au gouvernement, mardi après-midi. Prévoyant d’être confronté au « même type de casseurs », il compte déployer l’armée avec les forces sentinelles, et « d’autres forces comme la BRI, le Raid, le GIGN, pour chercher ces groupes épars », précise-t-il.

    La mise en place du couvre-feu a réjoui la présidente (DVD) du Département, Martine Vassal, « une première décision nécessaire face aux violences et aux pillages », estime-t-elle avant d’appeler à « une fermeté absolue ». Pour Hendrik Davi (L’Après), député de la 5e circonscription des Bouches-du-Rhône, « la solution doit être politique » et « réside dans la justice sociale et le respect des libertés fondamentales ». Et l’élu d’appeler à la mobilisation syndicale du 5 novembre.

    Dans un communiqué commun ce mardi, Amapola Ventron, maire de Cabriès, et Romain Amaro, maire des Pennes-Mirabeau, renouvellent « leur demande à l’État de déployer des moyens militaires sur la zone commerciale, comme il l’a déjà fait à de nombreuses reprises : mise en place d’un dispositif de type Vigipirate et déploiement de militaires de l’opération Sentinelle. »

    ET AUSSI

    Couvre-feux également à Paris et Lyon

    Un nouveau couvre-feu a été instauré à Paris, autour de la place de la République et des Halles, de mardi 23h jusqu’à mercredi 6h. Le préfet du Rhône a reconduit le couvre-feu dans l’hypercentre de Lyon, à partir de mardi 21h jusqu’à 6h mercredi, estimant que cette mesure ciblée avait « contribué au calme », a annoncé la préfecture.

    Un homme fiché S interpellé à Limoges

    Dans l’enquête sur l’incendie de la mairie de Limoges, un homme, fiché S et connu pour son appartenance à l’ultragauche, a été interpellé en Haute-Vienne. La sous-direction antiterroriste (SDAT) a été saisie.

    Nuñez accuse LFI qui rétorque

    Laurent Nuñez a reproché mardi aux Insoumis d’avoir « jeté de l’huile sur le feu » en accusant le ministre de l’Intérieur « de manipuler les services de renseignements pour les diriger contre La France insoumise » lors des événements violents du week-end. Mediapart a publié une enquête lundi soir dans laquelle il assure que le ministre de l’Intérieur a donné des consignes à ses services pour faire de LFI le bouc émissaire du « fiasco » du week-end de violences, citant notamment un commissaire du renseignement territorial qui affirme qu’il lui a été demandé « texto d’écrire que c’est LFI qui est derrière le mouvement alors que c’est objectivement faux de l’avis général des RT », les renseignements territoriaux. Manuel Bompard, coordinateur national du mouvement a dénoncé mardi matin « un scandale d’État » et annoncé saisir la Cour de Justice de la République.

    L’ONU condamne « tous les actes de violence »

    Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme a condamné mardi « tous les actes de violence » survenus lors de manifestations ces derniers jours en France et d’autres pays européens, et a appelé les parties prenantes à « apaiser les tensions ». « Les manifestations de grande ampleur qui se déroulent en Albanie, en Belgique, en France, en Italie et au Portugal suscitent des préoccupations en matière de droits humains. Je condamne tous les actes de violence et j’appelle toutes les parties concernées à apaiser les tensions et à empêcher toute nouvelle violence », a déclaré Volker Türk dans un communiqué. « Les gens ont le droit de manifester pacifiquement et de faire entendre leurs voix. Les États doivent faciliter l’exercice de ces droits », a-t-il ajouté, déplorant à la fois les actes de vandalisme et une réponse parfois « excessive » des forces de l’ordre.

  • Les commerçants espèrent redynamiser les centres-villes

    Les commerçants espèrent redynamiser les centres-villes

    Des représentantes d’unions commerciales de Manosque, de Digne, de Barcelonnette et de Castellane étaient rassemblées lundi matin à la CCI pour préparer la deuxième édition du Printemps du commerce et assister à une intervention de la Matmut sur comment bien assurer son commerce. Au vu de l’actualité, les commerçants en ont profité pour exprimer leur solidarité avec leurs confrères touchés par des dégradations samedi.

    « On a montré, nous, commerçants, qu’on avait un certain pouvoir de résilience, et qu’on était en capacité de surmonter certaines épreuves. Mais il ne faudrait pas que ce soit la goutte d’eau qui fasse déborder le vase, parce que, pour beaucoup, malheureusement, ils ne s’en relèveront pas », a regretté Jean-Pierre Pradalier, vice-président de la CCI en charge du commerce, qui a proposé aux commerçants présents de se joindre au rassemblement organisé devant la mairie de Digne-les-Bains lundi midi.

    « On s’associe à la douleur des personnes, parce que, outre le fait de perdre leur bien immobilier, il y a tout le traumatisme psychologique. Cela, on ne peut pas le réparer. Bien sûr, il y a les biens, mais il y a aussi toute la douleur des gens qui ont construit toute une vie un commerce, et en l’espace de quelques heures, c’est une vie qui est complètement saccagée », a abondé Alain Coppola, responsable commercial pour la Matmut, qui intervenait auprès des commerçants lundi matin pour leur expliquer comment bien s’assurer. « Le hasard du calendrier fait que, plus que jamais, ça s’anticipe », a souligné Ludivine Pero, responsable des partenariats. « Un professionnel sur deux n’est pas assuré, par manque d’information et de temps. Malheureusement, on se rend compte, quand arrive le problème, qu’on était pas assuré, qu’on avait pas fait ce qu’il fallait », a expliqué Alain Coppola. « Une entreprise qui est mal assurée ne se relèvera pas », a martelé le responsable commercial. « En tant que dirigeant, on est responsable de son entreprise, de son personnel, de ce qui peut arriver à ses clients, des produits et services que l’on propose à ses salariés, à ses stagiaires, de son local, des biens qui sont confiés et du lieu occupé », a rappelé Alain Coppola.

    Les unions commerciales et la CCI ont ensuite commencé à organiser la deuxième édition du Printemps du commerce, événement visant à redynamiser les centres-villes du département, désertés. « On doit aller plus loin sur cette deuxième opération », a encouragé Jean-Pierre Pradalier. L’idée de cet événement est de « faire revenir les personnes en centre-ville » et de « créer de la fréquentation en centre-ville », a souligné Emilie Bertheas, chargée de mission commerce à la CCI des Alpes-de-Haute-Provence. L’opération se déroulera cette année du 20 au 24 avril, pendant la première semaine des vacances scolaires. La CCI avait eu du mal à mobiliser des clients pour la première édition, qui se déroulait elle au mois de mars. Pour cette édition, elle « espère pouvoir embarquer Sisteron, et pourquoi pas Château-Arnoux, où une association de commerçants vient d’être créée ».

  • L’État dégaine les « couvre-feux partiels »

    L’État dégaine les « couvre-feux partiels »

    Alors que les Gilets jaunes annoncent déjà sur leur site Internet un « acte II », ce samedi 24 octobre, avec 120 actions déjà prévues, dont une manifestation en début d’après-midi à Marseille, puis un « acte III » le 31 octobre, et que les syndicats de salariés ont fixé une nouvelle journée de mobilisation au 5 novembre, le gouvernement, sous pression, serre la vis. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez était attendu de pied ferme par le maire, Benoît Payan (DVG), passablement remonté après la mise à sac du centre-ville, en marge de la manifestation. Prévue en début d’après-midi, sa venue à Marseille a finalement été reportée en raison d’une convocation à une cellule interministérielle de crise. Laurent Nunez est finalement arrivé dans la soirée (lire par ailleurs).

    À l’issue de cette réunion, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé la mise en place de couvre-feux « localisés » pour protéger les commerces. Le « bordel » est « très localisé sur des centres urbains », a-t-il estimé. À charge aux préfets de les déclencher, mais ces couvre-feux seront « partiels », a prévenu le Premier ministre. Une première carte a été communiquée dans la soirée, avec des couvre-feux partiels annoncés à Paris, Lille ou Nice. Sébastien Lecornu évoque aussi l’instauration d’un état d’urgence, « si c’est nécessaire ».

    Toujours en poste après avoir vu sa démission refusée dimanche soir par le président de la République, Laurent Nunez a annoncé des renforts d’effectifs de police et gendarmerie, ce week-end, dont on se demande bien où il va les trouver, les forces de sécurité étant déjà exsangues, estime notamment la CGT (lire par ailleurs).

    Le ministre de l’Intérieur a aussi affirmé que des mesures pour empêcher les casseurs et les pilleurs seraient mises en place, dès lundi soir. Après les scènes de pillages qui ont tourné en boucle sur les chaînes d’informations et les réseaux sociaux, le premier flic de France avait reconnu ce lundi matin, sur France Inter, « une perte de contrôle ». Mais il a refusé de « demander pardon » pour les manifestants gazés, les lycéens éborgnés ou ayant perdu une main. « On nous explique que la police tue ou blesse, et depuis deux jours, on nous demande où est la police : schizophrénie bien française ! », a même osé Sébastien Lecornu

    Avec 2 400 arrestations recensées au niveau national, ce week-end, le Premier ministre promet aussi « une réponse pénale massive ». À Marseille par exemple, 101 personnes ont été interpellées, dont 74 majeurs et 27 mineurs, majoritairement pour des faits de vol avec dégradations en réunion, a indiqué le Parquet. Des réponses pour le moment sécuritaires qui tentent de faire oublier que les mobilisations se succèdent depuis la mi-septembre, la journée de samedi ayant rassemblé à elle seule 800 000 participants.

    ET AUSSI

    La Région Sud réactive son fonds de solidarité

    La Région Sud indique réactiver son Fonds de solidarité pour les commerces pillés. Doté de 5 millions d’euros, il prévoit une aide forfaitaire de 10 000 euros par commerce touché. Des mesures de soutien aux communes pour sont également annoncées. Un Fonds abondé par le Département des Bouches-du-Rhône.

    SCH, rappeur

    « Je suis fier de voir que la majeure partie de notre jeunesse a une conscience politique, peuple militant imprégné d’idéal. La violence a une origine, elle n’est jamais gratuite, beaucoup de monde la condamne, mais personne ne réfléchit à sa source. On peut la condamner, mais l’histoire nous apprend qu’aucun changement n’a été obtenu sans révolte. »

    Nicolas Isnard veut un état de catastrophe commerciale

    Le président de la Métropole Aix-Marseille-Provence, Nicolas Isnard (LR), demande à l’État, lundi, de décréter un « état de catastrophe commerciale » après les pillages ayant touché de nombreux commerces. Sur le modèle des catastrophes naturelles, cette mesure, selon lui, « activerait alors l’obligation automatique d’indemniser pour toutes les compagnies d’assurances […] ». Il estime à plus de 10 millions d’euros le coût des dégradations et des interventions engagées.

    Cellule psychologique pour les commerçants

    La préfecture de région indique qu’un dispositif gratuit et confidentiel d’accompagnement psychologique à destination des commerçants a été mis en place, dès dimanche. Il est complété par un guichet unique ouvert par la CCI pour informer les entreprises. L’ordre des avocats et celui des experts-comptables mettent à disposition des ressources de conseil juridique.

    Martine Vassal, présidente (DVD) du Département des Bouches-du-Rhône

    « Des limites ont été franchies. L’urgence est absolue. Face aux violences, aux pillages et aux attaques contre nos forces de l’ordre, nous ne pouvons plus nous contenter de déclarations d’intention. […] Je demande la proclamation immédiate de l’état d’urgence et l’instauration de couvre-feux dans les secteurs où la situation l’exige, afin de prévenir de nouveaux débordements et de rétablir l’ordre républicain. […] La République ne peut plus reculer devant la violence. L’heure est à l’action et à la responsabilité ! »

    Les syndicats à Matignon mercredi

    Emmanuel Macron a indiqué dimanche que le Premier ministre réunirait prochainement partis politiques, syndicats, collectivités et parlementaires. Mercredi matin, ce sera au tour des syndicats, selon ces derniers.

    La CGT alerte sur la gravité de la situation du pays

    « Après 10 ans de macronisme, le pays craque de toutes parts », a affirmé, lundi, le bureau confédéral de la CGT, dans un communiqué. Rappelant que « les dégradations sont toujours instrumentalisées par le pouvoir, le patronat et l’extrême droite pour faire diversion des revendications et pour justifier la répression et les remises en cause des libertés publiques », elle souligne que « la seule voie de sortie de crise est la réponse immédiate aux revendications sociales exprimées depuis des mois ». Appelant à « l’ouverture immédiate de négociations avec les organisations syndicales et de jeunesse », elle martèle : « Face à la stratégie du chaos déployée par le gouvernement, gardons le cap sur nos revendications, soyons mobilisés jusqu’à leur satisfaction ».

    La CGT du Var appelle à poursuivre la mobilisation

    « Sourd aux revendications du pays (…), c’est le gouvernement qui porte la responsabilité politique de la montée des violences observée le 17 octobre », commente la CGT du Var, dans un communiqué publié lundi. Elle appelle à « poursuivre la mobilisation pacifique avec les jeunes, à mettre partout en débat, sur les lieux de travail, les conditions de la construction du rapport de force pour gagner sur les revendications, à préparer les prochaines étapes de mobilisation, dont la grande journée intersyndicale de grève et de manifestation du 5 novembre ».

    Soutien aux luttes du PCF de Gardanne

    Dans un communiqué, la section PCF de Gardanne fait « part de sa solidarité envers toutes les victimes de violence : commerçants, manifestants, fonctionnaires, les Marseillais dans leur ensemble », avant de réaffirmer son « soutien aux luttes sociales, notamment à celle des lycéens face au mépris et à la répression »

  • À Aix, un discours pour « rassurer »

    À Aix, un discours pour « rassurer »

    Durant 7 minutes, elle a adressé ses remerciements « aux sapeurs-pompiers et forces de l’ordre mobilisés » ce 17 octobre lors des manifestations. Si sa ville « n’a connu aucun dégât matériel », l’élue a toutefois exprimé « son soutien aux commerces vandalisés des communes alentour ». L’édile a insisté sur « les sanctions qui devaient être prises à l’égard des pilleurs et des casseurs ». Sophie Joissains a par ailleurs souhaité « rassurer les Aixois au sujet de la prochaine mobilisation du 5 novembre ».

    François de Canson, président (DVD) de la Région Sud, était aussi présent à Aix. Il a annoncé la réactivation du Fonds de solidarité commerces pillés. Avec « un budget de 5 millions d’euros », cette aide devrait « s’élever à 10 000 euros pour chaque commerce sinistré et participer à la réparation de caméras de vidéosurveillance endommagées lors des mobilisations ».

  • À Marseille, des commerçants sonnés par les dégâts

    À Marseille, des commerçants sonnés par les dégâts

    Rues Paradis, Grignan et Saint-Ferréol, des débris, des cintres et des emballages ouverts à la va-vite jonchent le sol ce dimanche matin. Les véhicules se frayent un passage entre les éclats de verre, principalement arrachés aux vitrines des boutiques de luxe et des bijouteries. Le centre Bourse a été touché et une odeur de brûlé plane encore sur le cours Belsunce. Des magasins de téléphonie mobile, de grande distribution, des banques et le commissariat de Police nationale ainsi que le poste de Police municipale ont été dégradés sur la Canebière. Les centres commerciaux de Grand Littoral et de la Valentine, et le Carrefour de Bonneveine présentent aussi des dégâts.

    En nettoyant sa boutique, une vendeuse de lunettes s’effondre, en pleurs : « Je n’ai plus rien ». Un peu plus loin, des agents de sécurité postés devant les panneaux de contreplaqués qui remplacent les vitrines brisées confirment aux passants « la boutique est complètement vide ». Sur la devanture d’un magasin d’accessoires, on peut lire « on a tout vendu ». Mais l’inscription « vendu » est barrée, remplacée par « volé ». Les agents du point d’information mis en place par la Ville à destination des commerçants sinistrés disent observer « un état de sidération chez les commerçants encore choqués ».

    Les élus réagissent

    La Ville a mis en place un numéro vert pour recenser les commerçants victimes et apporter de l’aide pour la sécurisation des boutiques. « Je demande à l’État de déclencher sans délai un plan d’urgence, et de nous réunir avec la Région, le Département et la Métropole pour créer un dispositif exceptionnel d’indemnisation des commerçants et des habitants sinistrés », a appelé le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan, ce dimanche. Pas encore dressé, le bilan pourrait s’élever à une centaine de sinistres. Le président (DVD) de Région, François de Canson, a constaté les dégâts à Marseille dimanche matin, aux côtés du préfet de région et des représentants du monde économique. « On a vécu ça en 2023, on le revit en 2026 : ce n’est pas tolérable », a-t-il affirmé. Dans la foulée, il a pris la décision de réactiver le fonds régional « solidarité commerces pillés », ouvert aux professionnels sinistrés des six départements, et appelle tous les acteurs publics à participer à son financement. « Il faut trouver des solutions et rassurer la population, le centre-ville ne doit pas mourir », a-t-il défendu, devant la CCI à Marseille. Une idée que partage la présidente (DVD) du Département, Martine Vassal : « Après l’urgence sécuritaire, nous devons empêcher une crise économique et sociale durable. » L’élue demande « la création immédiate d’un fonds exceptionnel de soutien aux commerçants », et assure que « le Département sera pleinement mobilisé pour accompagner les dispositifs d’urgence et les abonder financièrement ».

    EN BREF

    Soutien des maires de la Métropole à Benoît Payan

    Les maires de la métropole Aix-Marseille-Provence vont se réunir ce lundi autour du maire de Marseille Benoît Payan pour lui remettre une Marianne symbolique, en signe d’attachement et de soutien aux valeurs républicaines. À partir de 17h à l’Hôtel de ville.

    Rassemblement devant les mairies

    L’Association des maires de France a appelé dimanche à des rassemblements lundi « à partir de midi » devant les mairies après les violences, pillages et incendies de bâtiments publics constatés en marge de la mobilisation.

    Le PCF 13 tourné vers le 5 novembre

    Dans un communiqué le PCF 13 « salue la réussite de la journée nationale de mobilisation » mais « regrette que les conditions n’aient pas été réunies pour permettre aux organisations syndicales et aux partis politiques de se joindre pleinement aux cortèges ».

    Désormais tourné vers le 5 novembre, il appelle « à la responsabilité de toutes et tous pour que les mobilisations puissent se dérouler dans les meilleures conditions » après avoir qualifié les dégradations « d’inacceptables ».

  • Une première pierre pour le projet Phare du Port

    Une première pierre pour le projet Phare du Port

    « Retisser le lien entre ville et port. » C’est l’objectif affiché par le Port de Marseille-Fos avec le projet Phare dont la première pierre a été posée ce mercredi à deux pas de la Joliette en présence d’une pléiade d’élus locaux, représentants d’institutions ou encore de la direction de la GPMM. « Phare va être une maison commune. Phare est un futur siège social à la hauteur de ses missions, et c’est beaucoup plus que ça : C’est la réhabilitation de la halle J0, cette double halle édifiée en 1893 de 270 mètres », explique Christophe Castaner, président du conseil de surveillance du port.

    « Moderniser le port sans le renier »

    Concrètement, l’actuel siège social qui fait face à la place de la Joliette va être détruit pour être remplacé par un nouveau flambant neuf. Le hangar J0 va être complètement réhabilité pour être transformé en halles ouvertes au public et de nouveaux bureaux vont être construits. Le tout réalisé par Eiffage pour une belle enveloppe de 120 millions d’euros avec l’architecte marseillaise bien connue Corinne Vezzoni à la manœuvre. Le nouveau siège doit être « mis à disposition » pour 2028 alors que la livraison finale de l’ensemble est prévue pour 2030.

    « La plupart des Marseillais ignorent la beauté de ces halles de type Eiffel qui sont là. Notre objectif c’est de rendre ces halles aux Marseillais : avec des espaces ouverts, des commerces, des restaurants… C’est un nouveau morceau de ville », développe Christophe Castaner. Avant de résumer la philosophie : « On peut moderniser le port sans renier son identité. L’activité continue pendant que le public vient la découvrir. » En effet, cette ouverture du J0 aux Marseillais, avec l’arrivée d’espaces culturels, de squares végétalisés et une grande esplanade marque un tournant inédit dans la relation entre le port et la ville.

  • La préfète de police s’empare de la loi Ripost contre le stup’ et la délinquance

    La préfète de police s’empare de la loi Ripost contre le stup’ et la délinquance

    Pas moins de 300 gendarmes et policiers dans les quartiers, sur les routes et dans les transports en commun, dans les commerces, ont été mobilisés ce mercredi 30 septembre pour « lutter contre la délinquance en règle générale, et contre le trafic de stupéfiants », explique la préfète de police déléguée Corinne Simon, qui compte bien utiliser tous les leviers légaux mis à sa disposition. Dont la toute nouvelle loi Ripost promulguée en août.

    Le texte sanctionne notamment les rodéos urbains, la consommation de protoxyde d’azote, jusqu’à un an de prison, et rehausse le tarif de l’amende forfaitaire spécifique (AFD) de 200 à 500 euros, cette dernière figurant au casier judiciaire en cas de consommation de stupéfiant. Car c’est le consommateur qui est aussi visé, « le premier maillon de la chaîne », insiste Corinne Simon. Ripost permettant de suspendre le permis de ce dernier, même s’il est à pied, pour six mois en cas de « réitération », soit après deux contrôles, précise-t-elle. Des outils efficients et complémentaires à ceux existant considère la préfète.

    Une belle prise

    Une loi « fourre-tout » et qui porte atteinte aux libertés publiques dénonçait la CGT Intérieur. Quant aux AFD, le montant de leur règlement peine à être connu et leur taux de classement sans suite par les parquets locaux atteint 79% pointait la Cour des comptes dans un rapport publié en avril dernier.

    Mais ce jour-là, l’opération a néanmoins permis de mettre au jour un des maillons de la chaîne du trafic. Un commerce d’emballages du 15e arrondissement qui fournit au réseau voisin les sachets pour conditionner la drogue. « C’est ce que l’on retrouve sur nos points de deal », commente la commandante Laure Gambini de la division Nord, ravie de cette prise. À raison de 10 euros le sachet, chaque paquet en contenant 100, « cela représente des milliers d’euros » ajoute-t-elle, avant de lancer une vaste perquisition. Elle soupçonne également du travail dissimulé. L’employé se présentant comme le gérant ne l’étant pas franchement, il est embarqué en garde à vue. Un premier commerce du genre dans le 14e a été condamné en mars. « Ils se sentent un petit peu au-dessus des lois, disant qu’ils ne font que du packaging », constate Sébastien Lautard, directeur adjoint de la police des Bouches-du-Rhône, « mais ils sont dans le collimateur ».

  • Une taxe sur les locaux et les logements vacants en débat à Gap

    Une taxe sur les locaux et les logements vacants en débat à Gap

    Lutter contre les locaux commerciaux inutilisés en incitant leurs propriétaires à les mettre en vente ou en location : tel est l’objectif de la taxe sur les friches commerciales discutée lors du conseil municipal de Gap ce vendredi soir. L’ensemble des conseillers municipaux s’accorde sur un point : il est important de redynamiser le centre-ville. « Quels seront les moyens concrets mis en œuvre ?, a questionné Jean-Jacques Rostan, conseiller d’opposition. Existe-t-il un dispositif pour mettre en relation les propriétaires et les porteurs de projets à la recherche de projet ? Cette taxe est un bon début, mais elle gagnerait à s’inscrire dans une politique plus globale. » Le maire Roger Didier (DVD) a répondu que le travail n’était qu’à son début : « Ce qui est clair et essentiel, c’est qu’il faut faire réouvrir certains commerces. Car certains propriétaires proposent des loyers exorbitants, ce qui donne une idée de désertification du centre-ville. Ce n’est bon ni pour les commerçants qui restent, ni pour les visiteurs ! » Le centre-ville sera la priorité, mais que des locaux en périphéries pourraient être également concernés. « Ce serait bien plus intéressant si on débattait d’une stratégie globale à mettre en place plutôt que d’un outil sans réelle réflexion », a réagi l’élu d’opposition Élie Cordier. « Nous sommes à l’étape du constat, a insisté Roger Didier. Ce qui nous fait réfléchir à cette taxe, c’est que certains propriétaires sont entêtés et croient tenir entre leurs mains un bien inestimable. Ils préfèrent ne rien toucher du tout, plutôt que de toucher un peu moins mensuellement mais de faire revivre le centre-ville ! »

    Des assises du logement

    Dans le même registre, la taxe sur la vacance des locaux d’habitation (TVLH) a également été abordée. « Il s’agit d’une réforme pour simplifier les dispositifs déjà instaurés et remettre sur le marché les logements inoccupés », a précisé le maire. Près de 2 200 logements sont vacants dans l’agglomération Gap-Tallard-Durance, et 80% d’entre eux se situent à Gap. La TVLH remplacera à compter de 2027 la taxe d’habitation sur les logements vacants (THLV), en vigueur à Gap depuis plusieurs années. Des éléments concrets pourraient être apportés au cours des assises du logement que Roger Didier souhaite organiser au premier trimestre 2027. « Il est urgent de réouvrir les volets fermés dans le centre-ville ! », a-t-il affirmé. L’objectif sera notamment de créer un cahier des charges afin d’éviter que les promoteurs ne construisent des logements trop petits « qui paupérisent le centre-ville » et de favoriser l’installation de familles. « Je souhaite aussi mettre en place une opération programmée de l’amélioration de l’habitat, qui permettra d’encadrer les loyers et ainsi favoriser la location dans le centre », a précisé le maire.

    Agathe Di Lenardo

  • Un policier accusé d’aviser un rooftop d’une descente

    Un policier accusé d’aviser un rooftop d’une descente

    Un policier de la BAC Sud de Marseille comparaissait mardi pour violation du secret professionnel, détournement de fichier à des fins privées et une poursuite rarement utilisée de prise de mesure suivie d’effet pour faire échec à la loi. Le parquet a requis 15 mois de prison avec sursis, 5 ans d’interdiction d’exercer toute fonction dans la police.

    Alexis C., 47 ans, brigadier-chef à la BAC Sud de Marseille, nie avoir informé son ami Loïc D., 45 ans, responsable de la sécurité du rooftop le Limone à La Ciotat, de l’arrivée le 26 juillet 2025 d’inspecteurs de l’Urssaf et de policiers pour contrôler les contrats de travail des employés de l’établissement de nuit ouvert sur le toit terrasse du cinéma CGR.

    Ce n’était pas le premier contrôle de l’Urssaf ainsi planté. En juin, des opérations avaient été mises en échec à Marseille par des fuites. Le Pop Club à Vaufrèges où travaille aussi Loïc D. avait fermé 30 minutes avant l’arrivée de la patrouille. L’enquête de l’IGPN a révélé des échanges nourris entre les deux prévenus, très amis. Tatoués sur les doigts et jusque sur le crâne, ils fréquentent le même club de motards.

    Sur les téléphones saisis, les messages s’enchaînent : 22h23, le policier qui est en repos envoie un texto « répond urgent » car Loïc n’a pas décroché à l’appel WhatsApp. 22h24, les deux amis se parlent 20 secondes. 22h25, le chef de la sécurité envoie deux textos à ses patrons : « Urssaf part de Marseille pour contrôle Limone » – « Tu es sûr ? » – « Mon pote m’a appelé pour m’avertir » – « Il faut mettre les agents de sécu à l’abri. Que ceux qui n’ont pas de contrats se mettent à couvert » ordonne le patron. Loïc contacte aussi des potes militaires « ils vous ont pas grillé en videurs ? »

    « Je ne suis pas avisé de ce contrôle et je ne vois pas par quel moyen je peux l’être. Je suis ciblé particulièrement car je suis l’ami de Loïc, mais cette année, plusieurs policiers ont été contrôlés travaillant dans des établissements de nuit », réfute le policier muté en police secours. Pour lui, la concomitance du contrôle et des SMS, « c’est un concours de malchance ».

    « C’est une fille sur le parking qui m’a prévenu » assure Loïc D., très défavorablement connu avec 7 mentions au casier et contre lequel 9 mois ferme sous bracelet sont requis. L’ambulancier ultra-tatoué était sorti d’un an de prison en août 2024 pour des violences conjugales en récidive. Il admet avoir « beaucoup de contacts policiers dans [s]on téléphone ». Pour l’ambiance, c’est l’ex-leader de Blood and Honour Hexagone (BHH), un groupuscule néonazi dissout par Emmanuel Macron en juillet 2019.

    « Tous les deux, vous échangez régulièrement sur un contrôle de police pouvant avoir lieu. Le 14 février 2025, il y a ce SMS d’Alexis qui vous écrit “fais gaffe ce week-end je ne bosse pas” » note la juge. Le policier avance une autre explication, protectrice : « Avec les règlements de compte au Miami [4 morts en mai et août 2023, à la Valentine], j’ai des raisons de l’avertir. J’assure la sécurité de tout le monde, des boîtes, des commerces de nuit, des prostituées aussi. Je sais, ça peut faire un peu Batman d’avertir un ami que je ne travaille pas ».

    Pour le procureur Mathieu Vernaudon, « la chronologie est imparable sur l’origine de la fuite même si on n’a pas identifié d’où le policier tenait l’info. Cette téléphonie indiscutable est corroborée par une source anonyme du commissaire divisionnaire de La Ciotat ».

    « C’est un bon policier qui a toujours été exemplaire. Il a quelques fois fait passer son amitié en premier. Les fuites pourraient venir d’autres policiers pouvant faire des gâches dans ce genre d’établissement » a plaidé Me Pierre Gassend. Sur le fouinage dans un fichier d’État, « il y a pléthore de policiers qui abusent. Ne soyons pas hypocrites c’est une pratique courante ». Délibéré le 16 octobre.

  • Legré Mante : la consultation du public est lancée

    Legré Mante : la consultation du public est lancée

    La consultation du public sur le permis de construire au 195, avenue de Montredon (8e), sur les friches industrielles polluées Legré Mante, est ouverte depuis lundi et pour 30 jours.

    Les 25 premières expressions par voie électronique sont divisées. « Pourquoi faut-il construire 140 logements, générer de nouveaux déplacements et augmenter encore la pression sur un quartier déjà saturé pour rendre possible la réhabilitation d’un site dont la pollution est connue depuis des années ? », interroge une adhérente de Santé Littoral Sud. « Ce projet traîne depuis des années et il est vraiment temps qu’il puisse enfin voir le jour. Au-delà des logements, c’est tout un quartier qui va pouvoir être réaménagé », estime au contraire Sandrine.

    En juillet 2024, le tribunal administratif a annulé les deux permis délivrés en raison de l’information très lacunaire du dossier d’enquête publique, mais surtout pour non-respect de la loi Littoral : 300 logements représentaient une densification excessive en bord de mer. En juin 2013, les permis d’Océanis Promotion avaient connu le même sort judiciaire.

    Le nouveau projet propose 139 logements collectifs, dont 30% sociaux dans les bâtiments existants dépollués et réhabilités, une villa individuelle ainsi que 400 m² de surfaces commerciales. La société de construction-vente LGM Madrague (Constructa et Ginkgo) ambitionne « de faire renaître cette friche industrielle et permettre aux riverains de se la réapproprier » avec l’agence d’architecte Kern +associés et le paysagiste Marc Richier. « Ce site d’exception sera rendu aux habitants, à la nature, aux futures générations, avec la volonté de valoriser son architecture industrielle historique et de l’inscrire comme un témoignage précieux du passé marseillais. »