Tag: commerce

  • [Patrimoine] L’Hôtel de Pesciolini et ses atlantes baroques

    [Patrimoine] L’Hôtel de Pesciolini et ses atlantes baroques

    L’hôtel de Pesciolini est classé au titre des monuments historiques depuis l’an dernier en tant que « rare témoignage de l’urbanisme, de l’architecture et de la sculpture baroques à Marseille, placé dans la scénographie urbaine exceptionnelle du Cours Belsunce issue de l’agrandissement urbain du dernier tiers du XVIIe siècle ». Sa porte a d’abord été inscrite au titre des monuments historiques en 1929. L’immeuble a subi il y a deux ans un incendie qui a heureusement vite été circonscrit.

    L’historien Georges Reynaud a retracé l’identité de cette demeure de la noblesse marchande qu’il qualifie de « pièce maîtresse du baroque marseillais ». En avril 1672, Amant de Venerosi-Pesciolini, issu d’une lignée de banquiers et de négociants toscans ayant fait souche à Marseille, achète à son beau-père un terrain à bâtir d’environ 180m2 près du couvent des Récollets qui alors fait face au cours à l’angle de la rue de Dauphine, actuel rue National. Ce beau-père, c’est Barthélemy Cousinéry, un conseiller du commerce élu second échevin de Marseille en 1668.

    Amant engage les entrepreneurs César Portal et Alexandre Casteau pour construire son hôtel particulier avec des boutiques au rez-de-chaussée au prix convenu de 10 200 livres. La pierre vient des carrières de la Couronne. Initialement, il demande aux bâtisseurs de prendre exemple sur les atlantes sculptés par Pierre Puget pour l’hôtel de ville de Toulon en 1657. En cours de projet, le commanditaire se ravise et veut des atlantes semblables au luxueux hôtel d’Espagnet bâti en 1651 au 38, cours Mirabeau à Aix-en-Provence. Les atlantes de l’hôtel de Pesciolini avaient leur pendant de l’autre côté de la rue d’Aix avec deux cariatides portant le balcon d’un hôtel disparu. Leur symétrie composait un fond de scène à l’extrémité montante de ce cours royal.

    On ne sait pas si Pesciolini y a vécu. Jean-Paul de Foresta, juge de paix, louait la demeure en 1692. L’hôtel est vendu en 1708 à Joseph Villet, un courtier royal qui le revend en 1714 à Gantel-Guitton, futur seigneur de Mazargues. Durant la Révolution, son fils qui fut maire de Marseille de 1779 à 1782, s’enfuit à Lyon après l’incendie de son château de Mazargues. L’hôtel particulier est alors vendu en 1794 aux enchères à Barthélémy Girard, un ancien charcutier, puis en 1806 à Jean-Sylvestre Reynard, raffineur de sucres et négociant en denrées coloniales. Endetté jusqu’au cou, il le revend quinze ans plus tard à Jean-Joseph Martin, le savonnier le plus riche de Marseille. L’historien Georges Reynaud identifie trois commerces en 1848 dont des bains publics coté rue d’Aix et un débit de tabac à l’angle. Une salle de billard est sans doute installée selon lui dans l’entresol.

    À présent, son propriétaire, l’important professionnel de l’immobilier Auguste Lafon, a prévu de restaurer l’édifice pour établir un commerce et un restaurant en pied d’immeuble, un local de stockage au premier étage, des bureaux associatifs au second, et des logements du 3e au 5e étage. Une autorisation de travaux a été délivrée par la conservation régionale des monuments historiques. Le permis prévoit de restituer les chapiteaux ioniques. Les pierres de parement et les modénatures seront restaurées en pierre de la Couronne. Les seuils des portes et commerces, et les soubassements, le seront en pierre de Cassis. Un protocole de restauration des sculptures doit être élaboré. Le Centre interdisciplinaire de conservation et de restauration du patrimoine sera associé aux protocoles de nettoyage des parties sculptées. Les menuiseries de fenêtres anciennes XVIIe et XVIIIe en façade et les impostes seront restaurés. Les vantaux de la porte d’entrée seront remplacés sur modèle du XVIIe. Un ferronnier d’art bichonnera le garde-corps de ce somptueux balcon.

  • À Digne, une commerçante démunie après sept dégâts des eaux

    À Digne, une commerçante démunie après sept dégâts des eaux

    « J’ai eu une grosse remise en question, je me suis demandé si je devais changer de métier » : Elisabeth Kestens, gérante de la boutique de lingerie Fleur de Peau, en plein centre-ville de Digne, a bien failli jeter l’éponge après des dégâts des eaux à la chaîne et un risque d’effondrement dans son local.

    Installée dans une boutique rue de l’Hubac depuis six ans, elle n’a eu cesse de découvrir de mauvaises surprises en ouvrant boutique au petit matin. Entre les voisins du dessus partant en vacances en laissant l’eau de leur douche couler, les fissures sur la façade causant un nouveau dégât des eaux et un incident de chauffe-eau, le sort s’est acharné sur cette pauvre commerçante. Elle a dû tirer rideau pendant plus d’un mois rien qu’en 2026 à cause de toutes ces mésaventures, ce qui représente une perte de chiffre d’affaires importante.

    « L’assurance me demande de mettre fin au contrat d’ici la fin de l’année et de quitter ce local, car il y a toujours un souci et je leur coûte beaucoup trop cher : ils ont dépensé plus de 31 000 euros pour mes dégâts ! » affirme la commerçante.

    En janvier, Elisabeth a dû fermer pendant dix jours durant une période cruciale, celle des soldes, à cause d’un risque d’effondrement dû à des poutres abîmées. « C’est un immeuble vétuste, avec de nombreux défauts structurels », reconnaît son syndic. « C’est un stress complet au quotidien. Je dois sans cesse changer de casquette et devenir gestionnaire de sinistres », déplore la commerçante, qui a dû faire appel à une psychologue pour l’accompagner dans ces moments difficiles. Elle espère trouver un moyen de quitter le local d’ici 2027, mais est « enfermée par un bail ficelé d’une manière qui l’empêche de partir » avant 2029.

    Contacté, l’administrateur judiciaire en charge du dossier a indiqué ne pas souhaiter répondre aux sollicitations de journalistes.

    « Autant de mésaventures pour la même personne »

    « C’est une copropriété occupée par des résidents qui ont des très petits budgets, donc les moyens financiers sont limités », explique le syndic, tout en reconnaissant « des désagréments certains » pour la commerçante. « L’assemblée générale décidera des moyens accordés », mais les rapports ont conclu à l’absence de danger et à des travaux à faire sur la toiture, ainsi que pour sécuriser le plancher.

    « C’est la première fois que je vois une situation aussi alambiquée, avec autant de mésaventures pour la même personne », regrette Jean-Pierre Pradalier, vice-président de la CCI en charge du commerce. La CCI accompagne Elisabeth aux côtés de la mairie, pour qui il est primordial de conserver les commerces du centre-ville déserté. « Elle serait dans son bon droit de quitter le local avant terme, mais elle est tenue d’y rester juridiquement parlant. Un bras de fer coûterait beaucoup d’argent pour une issue incertaine et trop tardive », explique le vice-président. La CCI est en train de voir si elle peut mettre en place une action juridique.

  • Les voisins d’un rooftop illégal obtiennent sa fermeture en référé

    Les voisins d’un rooftop illégal obtiennent sa fermeture en référé

    L’exploitation commerciale du toit-terrasse constitue un trouble manifestement illicite » a tranché, vendredi, le juge des référés. Le tribunal judiciaire de Marseille ordonne à Benjamin Honnorat, gérant du bar Le Pigment, 237 Corniche Kennedy, 7e, « de mettre fin à l’activité commerciale exercée sur les terrasses ». L’ordonnance prononce une astreinte de 500 euros par jour de retard.

    à l’audience, jeudi, Me Hinde Kalai, l’avocate du syndicat des copropriétaires de l’immeuble avait plaidé avec énergie « l’illégalité de l’activité commerciale » exercée sur deux terrasses réunies en une seule à la suite de travaux non déclarés par les gérants du fonds de commerce autorisé en rez-de-chaussée. « Cette terrasse de 100 m2 constitue une partie commune de l’immeuble mais elle reçoit certains soirs jusqu’à 50 personnes simultanément », a-t-elle expliqué, ajoutant que si les gérants du bar ont la jouissance privative de cette terrasse suite à l’acquisition de deux appartements en dessous, cela ne les autorise pas à se livrer à une exploitation commerciale prohibée par le règlement de copropriété.

    « L’accueil de public

    est strictement interdit »

    « Des travaux d’ampleur ont eu lieu sans autorisation préalable de la copropriété. Ils ont percé, mis des garde-corps. Les copropriétaires vivent un cauchemar, a insisté Me Kalai, les clients du bar utilisent le hall d’entrée qui est évidemment une partie commune réservée à l’habitation pour monter. Tout cela génère des nuisances sonores. »

    Créé sans autorisation d’urbanisme, le toit-terrasse a ouvert en septembre 2025, sans même avoir reçu un avis de la commission communale de sécurité. Cette situation a fait l’objet d’un PV d’infraction de la Ville transmis au parquet de Marseille qui a convoqué cette semaine le gérant. La Ville nous a confirmé d’ailleurs (LM du 15 mai) avoir mis en demeure le bar le 25 septembre 2025 lui signifiant « l’interdiction d’accueillir du public sur le toit-terrasse ». « L’accueil de public sur le toit-terrasse est strictement interdit » avait rappelé la conseillère municipale déléguée à la commission communale de sécurité et des périls, Laure Rovera, dans un courrier du 5 mai, faisant suite à une nouvelle alerte de la maire de secteur : « L’absence de réaction des services à la situation de cet établissement produit, selon ce que nous remontent les habitants du quartier, un effet d’entraînement : d’autres exploitants commencent à s’autoriser des occupations comparables de l’espace public, invoquant le précédent. Une réponse claire et rapide des services municipaux s’impose donc, au-delà même du cas particulier » a écrit Sophie Camard le 21 avril dernier aux élus en charge de l’urbanisme, des emplacements et de la sécurité civile. Force est de constater que la mise en demeure municipale de septembre dernier est restée sans effet à ce jour.

    « J’ai un diagnostic structure »

    « Où est l’urgence dans ce dossier, je ne la vois pas » a d’ailleurs contesté à l’audience Me Axel Daurat, avocat du bar Pigment qui dénonce un tohu-bohu médiatique, soutient qu’« il n’y a aucun trouble de jouissance anormal ». « La terrasse et la cage d’escalier sont des lots privatifs exclusifs. Il n’y a pas besoin de changement de destination. J’ai un diagnostic structure qui dit que tout va bien. Où est le trouble anormal du voisinage ? Démontrez-moi un préjudice collectif ! » D’expliquer in fine que son client est « engagé dans une démarche de régularisation complète et de bonne foi ». D’ailleurs un avis favorable a été émis ce 8 juin par la commission communale de sécurité à sa demande d’autorisation de travaux déposée en mars.

    Quand bien même la Ville accordait une autorisation de travaux en ERP, elle ne serait délivrée que « sous réserve des droits des tiers » et ce ne serait toujours pas une « autorisation d’ouverture au public ». Le parquet reste saisi d’infractions pénales et l’ordonnance du juge est exécutoire de plein droit.

  • Marseille : brassage de fraternités à la Camaraderie

    Marseille : brassage de fraternités à la Camaraderie

    Un soir de match, en attendant le coup d’envoi, la terrasse est bondée. À l’intérieur, trois minots disputent une partie de baby-foot avec un septuagénaire, tandis que deux gamines profitent de l’estrade pour improviser un spectacle. Derrière le comptoir, deux frangins, Pierre et Boris Breuvart, activent les tireuses et servent les sirops, gratuits pour les enfants, à tour de bras.

    « à la base, on cherchait un local assez grand, ancré dans le quartier, pour monter un projet social, utile à tous, sans clivages », explique Pierre, 41 ans, ex-éducateur intervenant en milieu carcéral et auprès de publics SDF. L’aventure dans laquelle se sont lancés les deux frères, biberonnés à l’éducation populaire des maisons de quartier, a mûri pendant plus de quatre ans. Boris, 38 ans, a complété une formation en zythologie et a déjà pu tester ses recettes grâce au soutien logistique de ses confrères de la Minotte. Le pari social, c’est « la micro-insertion par l’emploi de personnes dépendantes à l’alcool et une passerelle vers les chantiers d’insertion », annonce Pierre, sans ciller. Pas si délirante, l’idée repose sur un principe réaliste : « Ni sevrage, ni abstinence, mais une logique de réduction des risques. » Il s’agit d’éviter aux personnes dépendantes de tomber de Charybde en Scylla. « C’est souvent un traumatisme qui amène à l’alcool. On boit pour trouver du lien social. Plus on boit, plus on le perd, au travail, avec les amis… C’est ce cercle vicieux, qui finit par isoler complètement, qu’on veut briser. »

    Après de fastidieuses recherches et une aide à la démarche de la Ville, ils signent bail avec le propriétaire du 76 pour y installer leur SAS. Les 440 m2, qui ont accueilli au fil du temps « un débit de liqueurs et charbon, le cinéma Le Chic, les ateliers du théâtre Gyptis et les stocks du supermarché de la place Cadenat », précise Pierre, étaient à l’abandon depuis des années. Tout en gardant l’existant, d’énormes travaux étaient nécessaires. Les frères ont beaucoup investi, relevé les manches et le défi. à la rentrée, le houblon devrait fermenter dans les cuves rutilantes que l’on aperçoit derrière les vitres, au fond du bar. Pas d’embouteillage, mais « une production destinée à nos clients », indique Boris.

    Mais le public est déjà là. Lieu de solidarité, La Camaraderie accueille les associations, les concerts et les expositions made in Belle de Mai. On y déguste les fritures de Joël et un petit producteur de légumes bio y a également trouvé un relais. « C’est ce qu’il manquait au quartier, apprécie Délia, mère de deux ados. On habite à deux rues, mais je ne sortais pas. Ici, on rencontre des voisins qu’on ne connaissait pas. Et les femmes s’y sentent bien. » Une dame aux dreadlocks poivre et sel entre en saluant à la volée deux travailleurs kurdes en habits de chantier, un père de famille comorien, un artiste aux cheveux violets et deux futures mamans en terrasse. « Je sors du ciné Gyptis, je découvre. C’est une belle surprise », lâche-t-elle en engageant la conversation avec un couple au comptoir. Un lieu de mixité, de fraternité et de sororité s’est mis en ébullition.

  • [Entretien] Éric Besatti : « Attaquer en justice est un classique du RN »

    [Entretien] Éric Besatti : « Attaquer en justice est un classique du RN »

    La Marseillaise : Quelle est votre réaction au débouté en diffamation de la Ville de Beaucaire, du maire (RN) Nelson Chaudon et l’ancien maire Julien Sanchez ?

    Éric Besatti : C’est une petite victoire dans une grande bataille contre les tabous en démocratie. On aurait aimé ne pas jouer ce match, que la mairie réponde et soit claire sur sa politique. Il est scandaleux que ceux qui ne respectent pas leurs obligations de transparence nous attaquent. Mais la vague de solidarité à notre égard leur donne tort.

    Sur le fond, qu’est-ce qui vous a attiré les foudres des élus RN Julien Sanchez et Nelson Chaudon ?

    E.B. : Certaines communes ne publient pas leurs critères de préemption ou location de commerces, ni aucune liste de ceux bénéficiant d’un « plan commerce ambition », voté en 2021. Tous mes témoignages font montre d’une discrimination dont on a du mal à comprendre la logique. La loi n’est pas assez dure avec les mairies qui sont opaques. Ils se prennent des avertissements de la Commission d’accès aux documents administratifs [Cada] et au bout de 2 mois ils sont obligés de fournir le document, sinon on doit aller au tribunal administratif avec des avocats. On a la même opacité à Arles. Ils nous renvoient toujours à la Cada alors que les administrations doivent donner les documents aux citoyens qui le demandent. Mais on nous oppose souvent qu’« on sait ce que vous allez écrire ». Les politiques devraient plutôt se dire qu’un citoyen n’est pas un ennemi et qu’il a le doit d’être informé. C’est en cela que nous préférons la culture de la libre circulation des documents. La copublication d’une enquête avec Streetpress a pu jouer, car c’est une rédaction antifasciste.

    Qu’est-ce que cela traduit des agissements de l’extrême droite ?

    E.B. : Attaquer en justice pour faire perdre du temps et de l’argent est un classique du RN. Ça a fait parler de nous et de notre travail, plus de gens nous suivent, même si ce n’est pas ce qui nous importait le plus. Cela montre que le RN à Beaucaire ne veut pas que les gens s’expriment sur les commerces. Témoigner est difficile et les rares à l’accepter le font à visage couvert. C’est un terrain très difficile.

    Cette procédure judiciaire doit vous laisser une grosse ardoise…

    E.B. : Nous sommes condamnés à 5 000 euros d’amende en plus de 1 200 euros de frais d’avocat. Si on veut nous aider, il suffit d’aller sur le site, s’inscrire, s’abonner, donner… Ça sera utilisé pour l’enquête ou payer les frais d’avocat.

  • Le port de Marseille-Fos tire son épingle du jeu malgré la crise

    Le port de Marseille-Fos tire son épingle du jeu malgré la crise

    Çela peut paraître paradoxal. Alors que les crises se succèdent, le Grand Port maritime de Marseille-Fos (GPMM) affiche des résultats plus qu’encourageants pour ce premier semestre 2026.

    « On ne peut pas considérer que la guerre en Ukraine, la crise en mer Rouge, les tensions dans le Golfe et le détroit d’Ormuz soient des facteurs favorables au commerce mondial et à l’économie, reconnaît ce vendredi le président du directoire, Hervé Martel. Pour autant, en termes de flux, on est très peu affectés. Les origines des marchandises et des produits énergétiques sont très peu en provenance du Golfe. Le fait que le canal de Suez ne soit pas rouvert fait que beaucoup d’armateurs continuent de faire le tour de l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance. Cette nouvelle organisation maritime temporaire a eu un impact sur les grands ports de transbordement dans l’Ouest de la Méditerranée, et un impact positif pour nous. »

    En pleine recomposition des échanges mondiaux, le port renforce son positionnement. Plusieurs accords stratégiques ont été conclus, notamment avec les ports indiens de Jawaharlal Nehru Port Trust et Adani Ports, ouvrant de nouvelles perspectives de coopération autour du corridor Imec, destiné à renforcer les échanges entre l’Inde, le Moyen-Orient et l’Europe.

    « Les sujets diplomatiques, qui sont un peu perturbés en ce moment, n’empêchent pas les autorités portuaires de se positionner à un niveau plus économique et technique », glisse Hervé Martel.

    Dans l’ensemble, les activités se portent bien, même si les performances restent contrastées selon les filières. À fin juin 2026, le trafic s’établit à 36,4 millions de tonnes, soit un retrait de
    -3% par rapport à l’année passée, notamment sous l’effet des vracs.

    Raffineries à plein régime

    D’une part, un incident survenu fin 2025 sur le réseau Natran a affecté les capacités d’importation de gaz naturel liquéfié (-46%). « La bonne nouvelle, c’est que ça devrait être réparé en septembre », souligne le président du directoire. De l’autre, la morosité de la sidérurgie provoque « une baisse de l’ordre d’un tiers » sur le premier semestre. La reprise amorcée de l’activité, avec le redémarrage du 2e haut-fourneau d’ArcelorMittal après près de 3 ans d’arrêt, ouvre des perspectives plus favorables.

    Côté vracs liquides, la filière rebondit nettement, portée par les raffineries locales qui tournent à plein régime avec des volumes mensuels proches de 2 millions de tonnes (+10%) et une trajectoire de retour aux niveaux d’avant-crise. « Le corollaire, c’est une baisse de 3% des importations des produits raffinés », note Hervé Martel.

    La filière conteneurs, elle, est particulièrement dynamique avec plus de 823 000 EVP traités à fin juin (+13%). Elle s’appuie sur une progression soutenue des échanges avec l’Asie, notamment la Chine, premier partenaire du Port, et l’Algérie.

  • Meublés touristiques : une amende record infligée !

    Meublés touristiques : une amende record infligée !

    Le couperet est doublement tombé sur un multipropriétaire parisien qui faisait passer son vaste appartement de 150 m2 au 118 rue Dragon (6e), à Marseille, pour sa résidence principale afin de le louer en meublé touristique, en contournant les règles.

    Le tribunal judiciaire a entendu les arguments développés par Me Jorge Mendes Constante, à l’audience du 6 mai dernier, et a infligé lundi, pour la première fois en France à l’encontre d’un propriétaire, l’amende civile maximale de 100 000 euros. Somme qui sera versée au budget de la Ville. Il a écarté la demande d’un retour à l’habitation, le propriétaire ayant depuis signé des baux de colocation à des étudiants.

    Le conseil de la Ville, avec la brigade de contrôle, a démontré sans équivoque que ce propriétaire, un cadre « en accompagnement au management de transition à l’international », avait loué son appartement dans son intégralité sur les plateformes AirBnB et Booking, soit un chiffre d’affaires de 207 600 euros, hors nuitées louées en direct. Ce grand appartement, qui dispose de 12 couchages et 2 supplémentaires dans la chambre de bonne, était loué selon le voisinage « en permanence » à des groupes de plus de dix personnes, occasionnant de nombreuses nuisances. « Le nombre de nuitées facturées démontre l’absence de Paul C. sur de longues périodes, peu compatibles avec la réalité d’une résidence principale », retient le tribunal.

    « Une fable grossière pour maximiser les profits »

    « Le fait que l’appartement soit proposé à la location de manière permanente démontre que [le propriétaire] ne se réservait aucune disponibilité de son appartement ». Par ailleurs, l’annonce ne présente pas l’appartement comme étant occupé par son propriétaire, « mais totalement vide à la disposition des voyageurs ». « Force est de constater que Paul C. se présente sur ses réseaux comme un entrepreneur de Paris et qu’il domicilie l’une de ses entreprises à Paris », ajoute le tribunal.

    Si la qualification de résidence principale suppose une occupation effective du logement pendant au moins huit mois par an, « il n’en demeure pas moins que la personne qui déclare sa résidence principale doit démontrer y vivre effectivement, démonstration à laquelle échoue Paul C., pas même pour quelques jours par an », retient encore le tribunal, qui regarde les éléments narrés pour établir l’effectivité de sa résidence à Marseille comme « le récit d’une fable grossière ». « Paul C. s’est enferré dans un mensonge flagrant » et « a sciemment détourné les règles imposées pour la location de meublés touristiques de courte durée afin de maximiser les profits et ce sans aucun égard pour le voisinage. »

    Mais ce n’est pas tout, le juge considère que « les revenus générés par la location de cet appartement sont particulièrement importants et qu’ils ont été dissimulés ». Fait remarquable, le tribunal indique adresser copie du présent jugement aux services fiscaux, estimant que « le caractère vraisemblablement supérieur de ses revenus réel, tant fonciers qu’en qualité de consultant, à ceux ainsi déclarés et la personnalité de Paul C. donnent à penser qu’une infraction pénale (fiscale) est susceptible d’avoir été commise. »

    La Ville estime que la moitié des 12 937 meublés touristiques identifiés, en 2024, sont dans l’illégalité. Le jugement retient la légitimité de son combat : « Ainsi que l’a rappelé le Conseil Constitutionnel, la lutte contre la pénurie de logements revêt un caractère d’intérêt général ».

  • Une première braderie pour un grand commerce convivial à Aubagne

    Une première braderie pour un grand commerce convivial à Aubagne

    « C’est la première fois que je vois une grande braderie comme celle-là. C’est bizarre qu’il n’y en ait jamais eu avant. Quelle bonne idée. Ça met de la vie dans le centre-ville et ouvre un peu les esprits. J’ai l’impression que le nouveau maire apporte un autre élan », exprime en ce dimanche 28 juin Alain, habitant d’Aubagne depuis 16 ans, un sachet rempli d’habits chinés sur place qu’il offrira à sa petite-fille. Il est 10h et le cours Foch bruisse de monde, aussi bien sur ses terrasses que devant des stands et étals en tous genres. « Ça amène du monde, ça fait travailler les commerçants de la ville et c’est aussi l’occasion de revoir des copines », exprime quant à elle Marie, sexagénaire au sourire fleuri, tout comme le « joli haut » bigarré qu’elle vient d’acheter.

    La première grande braderie d’Aubagne prend la forme d’une vide-grenier XXL qui s’est également déployé sur les rues Rastègue et Martinot, dont l’affluence a aussi été décuplée par le marché alimentaire de l’Esplanade de Gaulle et une exposition de voitures anciennes sur le Cours Voltaire. Le Cours Barthélémy ne fait lui non plus pas exception à la règle avec son lot d’objets décoratifs et de bonnes affaires textiles disposés sur des tables de fortune et parfois à même le sol. « Cette grande braderie, c’est super. Ça redonne un aspect populaire à Aubagne qu’elle avait perdu. Ça fait revenir du monde dans le centre-ville, un dimanche qui plus est », s’enthousiasme Christelle, qui tient un stand devant le numéro 16 du Cours Barthélémy, là-même où un certain Marcel Pagnol est né le 28 février 1895. « Par les temps qui courent, c’est une bonne idée d’acheter d’occasion. Pour les porte-monnaie de tout le monde, vu le coût de la vie, mais aussi pour la planète. La seconde main, c’est l’avenir », dit-elle devant ses jouets et vêtements qui partent comme des petits pains.

    Rendez-vous en octobre

    « L’idée est de donner à tous les Aubagnais l’envie de se réapproprier le centre-ville, de le fréquenter », contextualise Clémentine Fardoux, 1ère adjointe au maire. « Ce matin, j’ai vu la joie des habitants de voir de la vie dans leur centre-ville, un mélange de populations, de générations et de catégories sociales. C’est tout ce dont je rêve pour ma ville : retrouver enfin un Aubagne qui vit et permet aux gens de se rencontrer », déclare cette élue notamment en charge des ressources humaines et de l’urbanisme à propos de cette grande braderie, dont la prochaine édition se tiendra « début octobre ».

  • Une intersyndicale bien décidée à résister aux politiques antisociales

    Une intersyndicale bien décidée à résister aux politiques antisociales

    « On a décidé, avec les organisations syndicales progressistes, celles qui ont conscience du moment dans lequel on se trouve, de nous mobiliser aujourd’hui devant l’UPV », commence le secrétaire général de la CGT, Richard Roméo-Giberti. Et de poursuivre : « On a des adversaires de classe aussi bien dans la classe politique que dans le patronat visiblement, puisqu’ils s’acoquinent les uns avec les autres. »

    D’où la nécessité de se rassembler et de construire un rapport de force pour refuser cette connivence antisociale et leurs offensives. « La majorité gouvernementale, bien aidée par l’extrême droite, veut voler le 1er Mai aux salariés qui sont en première ligne, c’est-à-dire les salariés du commerce », reprend le patron de la CGT dans le Var.

    Une nouvelle tentative d’enfoncer aujourd’hui un coin dans les acquis sociaux, après deux premières charges infructueuses en janvier et en avril, avec le passage au Sénat « d’une proposition de loi qui ouvre en grand les possibilités de déroger au 1er Mai avec le travail des boulangeries et des fleuristes ».

    Un attrape-nigaud, prévient-il, puisque derrière la rhétorique de défense du petit commerce, c’est encore au profit des grands groupes, comme Interflora et Carrefour, que la majorité veut légiférer. « Et si on laisse passer ça, on s’expose à d’autres coups bas, met en garde Richard Roméo-Giberti. On voit très bien que leur intention, c’est de s’attaquer in fine, notamment à la cinquième semaine de congés payés ». Et de poursuivre : « Le 1er Mai, on n’y touche pas. C’est le seul jour chômé pour tout le monde et c’est le fruit de décennies et de décennies de luttes sociales. »

    Pas de justice sociale

    sans solidarité

    Pas question en tout cas, « après s’être fait voler deux ans de vie avec la retraite à 64 ans », d’accepter de laisser banaliser le travail le 1er mai, « au nom du profit et des lobbies économiques ».

    « Nous refusons cette attaque symbolique et sociale ! Le 1er Mai est un jour de solidarité, de lutte et de conquêtes sociales. Il appartient au monde du travail, pas aux actionnaires », affirme avec force Zoé Desmoulins (Solidaires), lors de la prise de parole de l’intersyndicale.

    Géraldine Compain (Unsa) met en évidence, elle, que « faire travailler davantage celles et ceux qui peinent déjà à boucler les fins de mois ne répond en rien à l’explosion des prix de l’alimentation, à l’augmentation des loyers et des factures d’énergie, aux salaires qui stagnent et à la précarité qui gagne du terrain ». D’autant plus une aberration, dénoncent les syndicats, que pendant que « la vie chère étouffe la population, les grandes entreprises accumulent les profits ».

    L’intersyndicale exige donc l’augmentation immédiate des salaires, pensions et minima sociaux ; l’indexation des salaires sur les prix ; ainsi que le blocage des prix des produits de première nécessité et de l’énergie.

    Julie Birebent (FSU) a rappelé comment, pendant ce temps, comme toujours, « l’extrême droite tente de détourner la colère sociale en désignant des boucs émissaires et en essayant de se mettre dans la poche du patronat ». Et vote, impunément pour l’instant, contre les intérêts des salariés, contre les droits syndicaux et contre les solidarités.

    « Le progrès social se construit par l’unité des travailleurs, pas par la division », a martelé Anaïs Pascual (CGT). De l’unité, il va en effet en falloir pour défendre efficacement les droits et les libertés menacés. « Il n’y a pas de justice sociale sans démocratie et sans solidarité », insiste-t-elle. Et de poursuivre : « Nous exigeons des salaires pour vivre, pas survivre ! »

    Une aspiration largement partagée qui devra se traduire par de grandes mobilisations politiques et sociales pour aboutir.

  • La répression des fraudes passe au peigne fin le Salon Côté sud

    La répression des fraudes passe au peigne fin le Salon Côté sud

    À l’entrée du Salon Côté Sud, ils sont cinq à dégainer une carte professionnelle floquée du drapeau tricolore. Au dernier jour de ce salon d’arts et design, installé au parc Jourdan, les agents de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) s’attellent à contrôler différents stands installés sur cet immense Salon. Ustensiles de cuisines, couverts, produits cosmétiques, parfums d’intérieur, bijoux et vêtements… En résumé, « on fait attention à l’affichage, explique S.I., l’une des agents de répression des fraudes. Mais aussi à la loyauté et la sécurité ». Soit à la véracité des allégations thérapeutiques, environnementales, et autres, vantés autour du produit. Mais aussi à ce qu’il soit sûr pour son consommateur. Au niveau local, la DGCCRF est constituée de trois services : le contrôle de l’alimentaire, des produits industriels, types jouets et produits chimiques, et le contrôle des prestations de service. Des prélèvements, peuvent parfois être effectués sur les textiles, avant d’être envoyés au Service commun des laboratoires (SCL), « partagé par la DGCCRF et le ministère de l’Économie et des Finances », précise l’agent. Premier arrêt pour une partie des fonctionnaires, répartis en groupes, un stand de tissus et vêtements de plage, arrivé de Saint-Malo. « C’est tout Made in France ! », lance fièrement la commerçante, habituée aux contrôles. « C’est ce qui nous intéresse ! ». « On a donc une allégation d’origine et de pur coton. Il y a un certain nombre de choses qu’on va faire vérifier par demande documentaire. Elle aura quinze jours pour nous envoyer tout ça », explique E.B., l’un des agents, tout en manipulant des textiles et analysant l’étiquetage. « Il n’y a que la composition qui est obligatoire. Pour nous, l’origine ne l’est pas. Mais si on la met, il faut être honnête. »

    Une vingtaine de stands contrôlés

    Sur ce premier stand, l’échange reste préventif. « On préfère prévenir que guérir. Guérir passe soit par des procédures administratives, soit par des procédures pénales. Soit des avertissements ou des injonctions, sinon ce sont des procès-verbaux pénaux, pour pratique commerciale trompeuse, infractions diverses relatives au produit… », poursuit ce même agent. « C’est quand même intéressant, il y a un échange pour corriger des choses », lance la commerçante Direction ensuite un stand de créateur. Le site internet de cette boutique indépendante a déjà été contrôlé. « Je pense que vous connaissez nos services », introduit S.I. Sur ce stand, un défaut de labellisation des matériaux est pointé. « Il va falloir indiquer le matériau », soutiennent les agents à cette commerçante, qui explique être seule pour « tout gérer » et indiquer oralement la composition de ses bijoux à ses clients. « J’ai jamais eu aucun souci (…) un moment je suis artisan, je fais tout toute seule, je fais tout ça dans mon atelier… Vraiment, je ne vends pas de la drogue quoi, plaide cette commerçante. C’est un peu tiré par les cheveux. Si je vendais des produits très chers, tout ça, je comprendrais la démarche. Mais là, on voit bien la différence des prix sur la vitrine. » Une première mesure de police administrative lui avait été envoyée, sur un premier contrôle. « Je pense qu’on va lui faire un courrier d’avertissement, pour lui rappeler la réglementation », explique E.B. « En général, les professionnels nous indiquent qu’ils sont de bonne foi on n’en doute pas on adapte [les mesures, Ndlr] », indique I.S. Côté commerçants, la complexité des règles et mesures à connaître et suivre reviennent régulièrement, sur les contrôles. « La réglementation européenne est quasiment présente sur l’ensemble des produits », contextualisent les agents. Sur un autre stand de produits cosmétiques provençaux, une « jeune » boutique, l’inquiétude s’impose comme première réaction face au contrôle. « Vous connaissez la réglementation autour des produits cosmétiques ? » pose I.S. « Je défie un ingénieur de donner toute la réglementation applicable sur le cosmétique », ironise ce commerçant, chez qui quelques modifications seulement sont à faire, notamment sur l’appellation d’ingrédients d’origine naturelle. « Je crois qu’à la répression des fraudes, on applique 10 000 textes », confie l’un des agents. Au total, une vingtaine de stands ont été contrôlés. « Plusieurs contrôles d’allégations sur l’origine des produits doivent encore être approfondis » et « un peu moins d’une dizaine de non-conformités mineures ont été relevées (…) », indique la DGCCRF.