Tag: commerce

  • À Marseille, l’appel à venir consommer dans le centre-ville

    À Marseille, l’appel à venir consommer dans le centre-ville

    Douze jours après les pillages et à la veille d’un nouveau samedi de mobilisation dont on peine à mesurer la teneur, si ce n’est sa ténébreuse coloration Halloween, les commerçants du centre-ville de Marseille veulent du concret. Plusieurs associations réunies par les Entrepreneurs Sud, le syndicat des PME présidé par Alain Gargani, font passer leurs messages.

    Le premier s’adresse à la population. « Des commerces restent encore debout dans un environnement éteint », plaide Guillaume Sicard, président de la fédération Marseille centre. « Il faut dire aux Marseillais : revenez samedi en centre-ville. Un commerce sur deux était fermé le week-end dernier mais beaucoup vont rouvrir. Venez nous soutenir, venez même nous saluer, ça nous fera plaisir. Et si vous pouvez acheter, c’est encore mieux. »

    Dans la 2e ville de France, 528 commerces ont été touchés : 331 sont sinistrés et 118 entièrement pillés, rappelle Alain Gargani avant que Corinne Innesti, présidente les Entrepreneurs 13, ne souligne qu’en 2023, 479 commerces avaient été vandalisés lors des émeutes. Pour être accompagnés, les commerçants comptent sur l’appui de l’État et « des aides directes ».

    « Garantie émeutes »

    Les regards se tournent vers « le fonds de solidarité national qui n’a pas encore atterri ». Quinze jours après, il y a urgence insiste Alain Gargani souhaitant un traitement des dossiers « au cas par cas » et un engagement « à hauteur de la perte non prise en charge par les assurances et les fonds » de la Région et du Département. Autre enjeu la qualification d’émeutes pour la journée du 17 octobre qui engagerait la responsabilité de l’état mais ouvrirait la garantie émeutes des contrats d’assurance.

    « Le pouvoir économique, institutionnel et politique local a été bien plus efficace que l’État », enchaîne Daniel Salenc. Futur président les Entrepreneurs 13 et ex-candidat RN aux municipales de La Ciotat, il réclame l’élargissement du chômage partiel « aux commerçants restés ouverts » mais dont le chiffre d’affaires s’est malgré tout effondré.

    Autre sujet : la sécurisation des manifestations, insiste Alain Gargani avant que les commerçants ne posent leurs revendications. À la Métropole, ils demandent la gratuité des transports et des parkings, à la municipalité de l’éclairage public à la tombée de la nuit, au préfet la possibilité de travailler tous les dimanches jusqu’au 24 décembre. Sur ce point « un accord favorable » est espéré, conclut Alain Gargani.

  • [Entretien] Jean-Luc Chauvin, CCI : « Il faut une issue politique et une responsabilité de chacun »

    [Entretien] Jean-Luc Chauvin, CCI : « Il faut une issue politique et une responsabilité de chacun »

    Si les commerçants ont pu faire part de leurs demandes après avoir vu leurs magasins pillés, voire détruits, en marge des manifestations, le président de la CCI appelle chacun à ses responsabilités au nom aussi, de la survie du centre-ville marseillais.

    La Marseillaise : Que retenez-vous de la rencontre avec le président de la République, ce lundi ? Êtes-vous satisfait ?

    Jean-Luc Chauvin : Nous sommes la ville de France la plus touchée avec 528 commerces dégradés, 331 sinistrés, 118 pillés. Cela veut dire qu’il n’y a plus de stock et que tout a été détruit dans la boutique parfois même incendiée. Une barbarie totale. Chaque samedi fermé, c’est 2% de chiffre d’affaires annuel perdu. Et le chiffre d’affaires d’un commerçant entre novembre et décembre, c’est 40% de celui de l’année. Il y a aussi eu des conséquences sur l’hôtellerie. Le fait que le président de la République lui-même soit là, c’est un signe positif, important pour les commerçants. Ils ont pu dire au président et aux ministres présents à la fois tout leur désarroi, tout leur découragement et leur inquiétude.

    Qu’avez-vous demandé ?

    J.-L.C. : On a pu faire passer un certain nombre de demandes essentielles. La première, c’est que les commerçants sont des gens qui investissent, qui prennent des crédits, qui sont en caution personnelle. C’est de l’emploi, de la richesse, des taxes, des impôts. Ils ont besoin de sécurité, d’être défendu par l’État. J’ai fortement insisté pour éviter qu’on arrive à des solutions où un certain nombre d’entre eux se sentant abandonnés, pensent à s’auto-organiser. On a bien vu ce week-end avec un parcours différent, avec un encadrement des forces de l’ordre différent aussi, qu’on a eu que sept commerces cassés. Sur les aides à redémarrer, le fonds national est sorti hier, c’est très bien. On a aussi évoqué avec le président de la République un sujet qu’il n’avait pas dans son spectre, les commerces qui n’ont pas été cassés mais qui sont dans le périmètre concerné. À Marseille, cela représente quatre rues, de la préfecture, à la Canebière, la Chambre de commerce et jusqu’au Centre-Bourse. Là, trois commerces sur cinq sont cassés et ceux qui ne le sont pas, ont eu peur. Et quand ils ouvrent, ils font zéro chiffre d’affaires. J’ai proposé des mesures de chômage partiel, à 100% dans les périmètres où il y a eu les couvre-feux, et que les commerces non pillés puissent aussi bénéficier du prêt à taux zéro de BPIFrance [Banque publique d’investissement] à 50 000 euros. D’autres comme notamment Bernard Marty, en tant que président de l’UMIH [Union des métiers et des industries de l’hôtellerie], et vice-président de la Chambre, ont demandé à ce que cela soit adapté à la capacité de remboursement de l’entreprise.

    Pour autant, comprenez-vous qu’il y ait des revendications ?

    J.-L.C. : Que les gens veuillent manifester, c’est tout à fait normal, c’est leur droit, c’est pas le sujet. Par contre, ce n’est pas admissible, comme malheureusement c’est le cas aujourd’hui, que des manifestations soient infiltrées par des casseurs, des pillards, et par, probablement, des personnes qui veulent en découdre avec les autorités, les forces de l’ordre et les services publics, au détriment même de revendications légitimes des manifestants. On ne peut plus continuer à manifester comme avant, peut-être faut-il adapter la façon de faire. Il faut que les manifestations puissent avoir lieu, mais pas au milieu des commerces, parce que ça casse tout.

    Comment voyez-vous la suite ?

    J.-L.C. : On a très, très peur pour ce samedi, c’est une fête compliquée parce que c’est une fête avec des masques, avec du sang… On a moins d’inquiétude sur le 5 novembre, parce qu’on sait que les manifestations organisées par les syndicats sont gérées, comme ils l’ont fait samedi. J’ai bien expliqué au président de la République qu’il fallait aussi de l’animation pour faire revenir les gens en ville, mais ils ne le feront que lorsqu’ils seront rassurés. Et que, pour cela, il fallait régler le problème de la grogne sociale et des lycéens. Il faut une issue politique et que chacun prenne ses responsabilités, individuellement et collectivement. Que les gens qui manifestent soient aussi coopératifs. Si on veut sauver nos commerces, il va falloir qu’on fasse un effort, peut-être consommer. Peut-être, au lieu d’aller acheter trois produits à 10 euros sur un site ou une plateforme chinoise, acheter un produit à 30 euros chez un commerçant français…

  • Martigues : au chevet des commerces et entreprises touchées par les inondations

    Martigues : au chevet des commerces et entreprises touchées par les inondations

    Placardée sur la vitrine, une affiche signale : « Fermés pour cause d’inondations ». Dans la rue Lamartine, les commerces rouvrent au compte-goutte, mais l’ambiance est morose. Des cartons posés à même les pavés témoignent des pertes dans les magasins.

    Chantal a été plutôt épargnée, bien que l’eau soit montée d’une quinzaine de centimètres dans sa boutique Génération junior, pourtant surélevée. « On habite au-dessus, donc on a pu réagir vite et aller mettre notre stock en hauteur », explique-t-elle. Sa fille, en revanche, a eu moins de chance. Ouvert il y a peu, son magasin « est foutu ».

    Désormais, les commerçants attendent le passage de l’expert en assurance. Magalie, propriétaire du magasin de prêt-à-porter La Cigale, n’a pas encore de date précise. « Ils sont sous l’eau, même s’ils donnent la priorité aux professionnels. » Si la Ville de Martigues ne peut pas encore précisément chiffrer le nombre de sinistrés, près de 800 demandes de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle ont déjà été formulées. Un record. Les maires ont obtenu une procédure accélérée auprès du Préfet pour obtenir cet arrêté qui facilitera toutes les démarches. La commission interministérielle doit se tenir le 27 octobre. En rendez-vous avec Jacques Witkowski jeudi, Gaby Charroux (PCF) a également plaidé pour obtenir un bureau d’experts des assurances centralisé pour dépêcher le retour à la normale.

    En attendant, une permanence de la Chambre de commerce et d’industrie est ouverte aux commerçants et aux entrepreneurs au sein de l’hôtel de ville. L’élu de l’organisme Philippe Berutti détaille : « On va recueillir leurs doléances et faire un état des lieux pour leur apporter des solutions, soit de financement, soit aller pousser auprès des collectivités pour obtenir des aides. L’idée, c’est de leur montrer qu’ils ne sont pas seuls. »

  • Gérald Darmanin en service après fiasco

    Gérald Darmanin en service après fiasco

    Suite à la bérézina de samedi dernier, les ministres défilent dans la cité phocéenne, dont une bonne partie du centre-ville a été mise à sac en marge de la manifestation. Après Laurent Nunez pour l’Intérieur, descendu de Paris lundi soir et bien vite reparti, c’était au tour du garde des Sceaux, Gérald Darmanin, de relayer l’intransigeance gouvernementale, ce mercredi 21 octobre, devant le tribunal judiciaire de Marseille.

    Il a tenu à rendre hommage aux agents de son ministère qui, « tout ce week-end, depuis 48 heures », se sont démenés pour faire « fonctionner de façon excellente le service public de la Justice », ose-t-il, quand sous l’ère Macron 1 puis 2, les fonctionnaires n’ont eu de cesse d’être attaqués, « dégraissés » et méprisés. Avec 2 500 gardes à vue au niveau national, il a fallu « qu’on double, voire qu’on triple le nombre de comparutions immédiates », poursuit le ministre, fier d’annoncer que 917 personnes ont été « déferrées avec poursuite », au point qu’à Marseille, Lille, Bordeaux ou Toulouse, « tous les dépôts sont pleins ». Et ce sans impacter les affaires courantes, assure Gérald Darmanin.

    Sur le profil de ces personnes interpellées, elles n’ont, en majorité, « jamais connu de casier judiciaire », précise-t-il, et font l’objet de peines sévères « prononcées et suivies par les magistrats du siège ». Et de donner l’exemple de cet homme de 34 ans, inconnu des services de police ou de justice, qui a volé des chaussures dans un magasin, à Marseille, et a écopé de trois mois ferme. « Ils ne voient pas le problème. Parfois, ils ont volé en famille. Il y a des gens qui sont désocialisés, mais aussi beaucoup qui ont un travail », s’étonne-t-il.

    La faute aux autres

    Selon lui, le phénomène reste lié à « des gens de moins en moins citoyens », à une série de « dysfonctionnements » de l’immigration, de l’intégration, de l’éducation, des parents voire de l’économie, avec, en bout de chaîne, « des policiers, puis des magistrats, puis des agents pénitentiaires qui se chargent des personnes qui ont de graves difficultés ».

    Sur l’absence mortifère de dialogue social, s’il reconnaît « qu’il est important d’écouter les manifestants », ce n’est pas son « travail » de ministre de la Justice, estime-t-il. Il laisse « à d’autres le soin d’avoir un avis sur la société », renvoyant le débat à la « campagne présidentielle qui arrive », où il « espère que ce sera l’occasion d’en parler ».

    Pour les victimes des pillages, il promet « d’aider les commerçants, employeurs, entrepreneurs, employés à pouvoir survivre à ces moments extrêmement difficiles ». Avec le patronat, la Confédération des buralistes, la Fédération de commerce, il entend « ouvrir la porte des tribunaux des affaires économiques pour les accompagner » et « compléter avec ce que fait le ministère de l’Économie et des Finances ».

    En marge de cette visite, le maire, Benoît Payan (DVG), qui a fait le déplacement au tribunal et a bénéficié d’une accolade marquée de Gérald Darmanin, a lui tenté de répondre aux angoisses d’une commerçante de la rue Montgrand (6e), Marjorie, encore émue des exactions de samedi dernier. « Je suis restée surveiller et protéger ma boutique, moi-même, jusqu’à 2h du matin, parce qu’on n’avait pas le choix », témoigne-t-elle tout en affichant son soutien aux manifestants. « J’entends la colère des lycéens, des Gilets jaunes, mais que va-t-on faire ce samedi ? », demande-t-elle à l’élu.

    « Je ne veux pas que les Marseillaises et les Marseillais courent le moindre risque, répond Benoît Payan. Je ne peux pas dire aux gens : “Allez, ouvrez votre commerce, faites comme si tout allait bien, la vie continue.” Je ne sais pas ce qui va se passer. Vous vous rendez compte ? Je suis maire de Marseille, je suis à l’aveugle. »

    Dans l’attente d’une décision concertée avec le préfet, l’édile se rend à Matignon, ce jeudi, où il sera reçu aux côtés de ses homologues parisien et lyonnais. Il ne s’agira pas là de causer sécurité, mais d’obtenir des garanties fortes pour les victimes et surtout d’évoquer le fond politique. « Quand on reste sourd et aveugle à ce qui se passe dans son pays et quand on s’amuse à monter les uns contre les autres, à la fin, on en paie le prix. Il faut une sortie de crise, c’est-à-dire écouter les demandes légitimes de celles et ceux qui manifestent », assène-t-il.

  • Les commerçants de Toulon solidaires face à la casse et aux pillages

    Les commerçants de Toulon solidaires face à la casse et aux pillages

    On les reconnaît aux panneaux de bois qui ont temporairement remplacé les vitrines brisées. Treize commerces toulonnais ont été la cible de casse et de pillages en marge de la manifestation de samedi. Si certains n’ont pas encore pu rouvrir leurs portes, la plupart, comme le concessionnaire moto Audemar, situé boulevard de Strasbourg, sont revenus à leur quotidien en début de semaine. « On ne lâche rien, on reste ouvert pour nos clients, on est opérationnels à 100% », affirme Céline Audemar, cogérante de l’entreprise familiale, fondée en 1922 dans les mêmes locaux, et qui a « survécu aux bombardements de Toulon en 1943 », raconte Christian, son père, toujours aux affaires. C’est la première fois que la boutique, dont une vitrine a été brisée, du matériel (casques, gants…) volé, et des motos endommagées, subi de tels dégâts.

    Samedi prochain dans les esprits

    Si « tout était sécurisé samedi grâce à l’intervention rapide de la police », et s’ils peuvent compter sur des « amis, commerçants, clients, élus, qui ont témoigné leur soutien, aidé à remettre en état ou proposé de l’aide », « les pertes financières sont importantes », déplore Céline, et ne sauront être compensées par les assurances, dont « les cotisations vont beaucoup augmenter ». Elles n’effaceront pas non plus « la peur et l’inquiétude que ça arrive à nouveau », appuie Adrien Audemar, frère de Céline et cogérant, tout de même « heureux de voir la solidarité » organisée autour d’eux.

    Une solidarité devenue un maître mot dans le monde du commerce, alors que l’acte II de la manifestation est annoncé pour ce samedi. « On fait remonter les craintes, pour être en sécurité lors des prochains événements », explique Thomas Bredolese, restaurateur et président des Vitrines de Toulon, l’association des commerçants du centre-ville, qui a participé à une réunion avec la mairie mardi après-midi.

    En attendant les annonces de la préfecture au sujet du dispositif de sécurité, ce mercredi, « on réfléchit à comment accompagner les commerçants touchés, qui ont subi un vrai choc psychologique », soutient-il. « On leur dit de prendre des photos des stocks avant samedi, on réalise un sondage pour quantifier les impacts, même indirects, auprès de tous les commerçants. On fera tout pour apporter un maximum de soutien. »

  • Prodef Industrie installe son siège à Marseille

    Prodef Industrie installe son siège à Marseille

    Une implantation qui intervient dans un contexte dynamique pour La Savonnerie du Midi, qui enregistre une croissance de plus de 7% au premier semestre 2026. Cette progression est notamment portée par La Corvette, la marque particulièrement dynamique dans les circuits bio, le digital et sur les marchés européens. De nouveaux développement commerciaux sont également annoncés pour la fin d’année 2026. La Corvette participera notamment au Salon du Made in France à Paris Porte de Versailles ainsi qu’à EquipHotel Paris où la marque lancera une offre spécialement dédiée au secteur de l’hôtellerie.

  • La préfète de police s’empare de la loi Ripost contre le stup’ et la délinquance

    La préfète de police s’empare de la loi Ripost contre le stup’ et la délinquance

    Pas moins de 300 gendarmes et policiers dans les quartiers, sur les routes et dans les transports en commun, dans les commerces, ont été mobilisés ce mercredi 30 septembre pour « lutter contre la délinquance en règle générale, et contre le trafic de stupéfiants », explique la préfète de police déléguée Corinne Simon, qui compte bien utiliser tous les leviers légaux mis à sa disposition. Dont la toute nouvelle loi Ripost promulguée en août.

    Le texte sanctionne notamment les rodéos urbains, la consommation de protoxyde d’azote, jusqu’à un an de prison, et rehausse le tarif de l’amende forfaitaire spécifique (AFD) de 200 à 500 euros, cette dernière figurant au casier judiciaire en cas de consommation de stupéfiant. Car c’est le consommateur qui est aussi visé, « le premier maillon de la chaîne », insiste Corinne Simon. Ripost permettant de suspendre le permis de ce dernier, même s’il est à pied, pour six mois en cas de « réitération », soit après deux contrôles, précise-t-elle. Des outils efficients et complémentaires à ceux existant considère la préfète.

    Une belle prise

    Une loi « fourre-tout » et qui porte atteinte aux libertés publiques dénonçait la CGT Intérieur. Quant aux AFD, le montant de leur règlement peine à être connu et leur taux de classement sans suite par les parquets locaux atteint 79% pointait la Cour des comptes dans un rapport publié en avril dernier.

    Mais ce jour-là, l’opération a néanmoins permis de mettre au jour un des maillons de la chaîne du trafic. Un commerce d’emballages du 15e arrondissement qui fournit au réseau voisin les sachets pour conditionner la drogue. « C’est ce que l’on retrouve sur nos points de deal », commente la commandante Laure Gambini de la division Nord, ravie de cette prise. À raison de 10 euros le sachet, chaque paquet en contenant 100, « cela représente des milliers d’euros » ajoute-t-elle, avant de lancer une vaste perquisition. Elle soupçonne également du travail dissimulé. L’employé se présentant comme le gérant ne l’étant pas franchement, il est embarqué en garde à vue. Un premier commerce du genre dans le 14e a été condamné en mars. « Ils se sentent un petit peu au-dessus des lois, disant qu’ils ne font que du packaging », constate Sébastien Lautard, directeur adjoint de la police des Bouches-du-Rhône, « mais ils sont dans le collimateur ».

  • Les dogmes du RN défendus ou remodelés en conseil municipal de La Seyne

    Les dogmes du RN défendus ou remodelés en conseil municipal de La Seyne

    Parmi les surprises, un peu feintes, il faut bien l’avouer, le contenu du vœu exprimé par la majorité en fin de séance, concernant « un soutien indéfectible aux sapeurs-pompiers et la valorisation de leur engagement citoyen ». La conseillère municipale d’opposition Alternative progressiste, Brigitte Cheinet (PCF), se félicitant au passage avec ironie que le maire adopte cette position, glissant toutefois que le groupe RN en novembre 2025 a voté contre l’augmentation du budget des Service départementaux d’incendie et de secours.

    Recevant la pique, Dorian Munoz cherche un peu à se défendre, puis abdique : « On a voté contre un projet plus global. Mais ce n’est pas grave on ne va pas se reprocher des choses. Votre camp politique a bien appelé à voter pour les macronistes contre le Rassemblement national. »

    On ne va donc pas chipoter. D’autant que le texte précise : « À l’heure où les crises climatique, sanitaire et environnementale se multiplient… » Terminé donc aussi le climatoscepticisme du parti d’extrême droite, apparemment. Serait-ce une inflexion idéologique ou une navigation au gré des courants ? Concernant le rapport social 2025 présenté, le conseiller municipal d’opposition Cédric Turco a déploré la faiblesse de l’analyse accompagnant les chiffres et surtout l’absence de véritable perspective. « Nous serons donc très vigilants sur l’évolution des effectifs et la défense du service public communal », prévient-il.

    « On m’a un peu forcé la main »

    Parmi les points positifs de la séance, on peut retenir, le projet de construction Altavilla, qui prévoit 41 logements sociaux pour jeunes actifs. Avec une livraison théorique du programme en 2028-2030.

    Mais aussi les 26 autres qui vont être réalisés en centre-ville dans le cadre de la convention pluriannuelle de renouvellement urbain conclue avec l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru). Cela va se passer entre autres sur le site de l’ancienne école Eugénie Cotton. Mais difficile d’en attribuer un quelconque mérite au maire en place qui en refuse d’ailleurs catégoriquement la paternité en précisant qu’il a été contraint de soutenir au final leur réalisation après s’y être fermement opposé lorsqu’il était dans l’opposition. « On m’a un peu forcé la main », déclare-t-il. Au risque sinon de perdre les 50 millions de l’Anru.

    « Avez-vous chiffré la pénalité SRU que la Ville devra payer en 2027 », interroge Stéphane Sacco (GRS) pour Alternative progressiste. Elle devait diminuer de moitié et passer de 1,2 million à 600 000 euros, annonce le maire de la 2e ville du Var.

    Concernant la mise en place de la taxe plutôt vertueuse sur les locaux commerciaux vacants en centre-ville, c’est l’intervention de l’ancien maire de droite Joseph Minniti qui a surpris tout le monde. Ce dernier s’emparant du vocabulaire du RN pour appeler à ne pas sanctionner « les propriétaires qui protègent notre ville »… De quoi ? « De l’arrivée des barber-shops », selon lui. Affligeant.

  • Le lycée Golf-Hôtel d’Hyères investit ses nouveaux locaux

    Le lycée Golf-Hôtel d’Hyères investit ses nouveaux locaux

    Tout vient à point à qui sait attendre. « Et ce n’est pas qu’un plaisir, c’était une impatience ! », s’exclame Christophe Garrione, nouveau proviseur du lycée Golf-Hôtel de Hyères, après avoir inauguré, ce lundi, les locaux du lycée de l’Hôtellerie, des arts et du commerce (LHAC), composante de l’établissement situé dans la ZAC de la Crestade. Après un chantier qui aura duré plus de quatre ans, une inauguration préalablement prévue en 2024, repoussée à 2025 puis à 2026, et décalée de deux semaines lors de cette rentrée pour cause de problèmes techniques, les 600 élèves des filières concernées ont enfin investi leurs nouvelles salles de classe. Un chiffre voué à grimper à terme à 675 avec, entre autres, l’ajout de BTS.

    Ce bâtiment de 14 000 m² vient suppléer l’ancien, construit en 1975 et en proie à des inondations régulières depuis une vingtaine d’années, sur une partie de ses formations et dans 28 divisions différentes. Avec 90 salles de classe, dont plusieurs équipées en ordinateurs, trois restaurants d’application dédiés aux élèves des cursus d’hôtellerie/restauration, ou encore d’une salle d’analyse sensorielle, une innovation qui permettra à ces derniers d’entraîner leur goût et leur odorat, le LHAC est doté de 2,8 millions d’euros de matériel pédagogique, numérique et mobilier financés par la Région. « Tout ce qui est fait est ce qu’on peut faire dans les lycées aujourd’hui », se félicite François de Canson, vice-président de la Région Sud en charge du développement économique. Cela, en concertation avec les enseignants, qui ont pu exprimer leurs besoins spécifiques : « On a écouté, on a pris le temps de concerter, ce qui fait qu’aujourd’hui, chacun rentre dans des salles qui lui conviennent. » De quoi poursuivre dans la lignée d’excellence du lycée, qui forme régulièrement des lauréats des concours des « Meilleurs apprentis de France ».

    De futurs logements pour les travailleurs saisonniers sur le site de l’ancien lycée

    Au-delà de l’aspect purement pédagogique, le site compte par ailleurs un internat de 150 places, un gymnase, ou encore un plateau sportif mis à la disposition des élèves. L’architecture du bâtiment a été pensée pour répondre aux défis de l’époque : outre sa modernité visuelle, il s’inscrit dans une vision durable, avec, entre autres, l’utilisation de bois, de nombreux espaces végétalisés (dont les toits terrasses), 500 m² de panneaux photovoltaïques, ventilation naturelle… Il est, enfin, desservi par des autobus zéro émission.

    Le coût du projet est estimé à 65 millions d’euros, bien loin des 46,5 millions annoncés en 2020 lors de son lancement. Un autre établissement va également être construit au Luc-en-Provence, à horizon 2030, permettant de tourner définitivement la page d’un lieu devenu désuet en accueillant les 400 élèves des formations (mécanique, travaux publics, électricité) qui y sont restés. Quant à ce dernier, il convient encore de savoir ce qu’il en sera fait sur le long terme, mais dans un premier temps, « on fera certainement des logements pour les saisonniers sur une partie », annonce François de Canson. « On gérera avec des associations adaptées à ce genre de gestion. Ces logements pourront aussi servir de logements pour les entreprises quand elles viennent faire des chantiers sur le secteur », ajoute-t-il.

  • Chez Auchan, le coup de pinceau n’a pas effacé la colère

    Chez Auchan, le coup de pinceau n’a pas effacé la colère

    On a refait le magasin, il est temps de s’occuper de ceux qui le font tourner. » Le communiqué de FO et de la CGT, qui appelaient à la grève mardi 8 septembre, n’y va pas par quatre chemins.

    Le magasin d’Auchan Pérols (au Sud de Montpellier) a beau avoir été rénové durant l’été, les revendications des salariés restent identiques : « Des effectifs adaptés à la charge de travail, des rythmes supportables, des conditions de travail dignes, une reconnaissance des efforts fournis ainsi qu’une politique disciplinaire juste et proportionnée. »

    Des requêtes portées de longue date par FO et la CGT jusqu’ici restées lettre morte auprès de la direction, avec qui le dialogue semble difficile. « Le climat social est plus que catastrophique. Les salariés et la hiérarchie sont sous une pression énorme. Entre la baisse d’effectifs et la hausse de charge de travail, les salariés sont à bout », alerte Quentin Leclerc.

    Une action en justice ?

    Selon le délégué syndical FO, le dernier PSE a laissé des traces. Clôturé en juin 2025 mais invalidé ensuite (la décision du Conseil d’État est attendue), ce plan social a dégraissé le magasin (330 salariés) de 8 emplois qui s’ajoutent à la centaine perdue en 5 ans, selon FO. Et ce n’est pas la réduction de surface (8 000 m² au lieu de 12 000 avec le projet Cap 8 000) qui rassure. « L’interdiction des engins autoportés sur le nouveau sol du magasin génère des trajets en plus pour la mise en rayon des palettes », illustre à titre d’exemple Quentin Leclerc.

    Il s’insurge aussi contre des procédures disciplinaires (dont une le vise) jugées « infondées » ou des menaces de sanctions, notamment contre les boulangers. Depuis l’arrivée en 2023 de la nouvelle direction puis de la perte par FO du bureau au Comité social d’entreprise (CSE) au profit de la CFE-CGC, le syndicaliste déplore un « manque de transparence ». Nouvelle organisation du travail (semaines hautes et basses), projet Cap 8 000, désamiantage, procédures disciplinaires… Le CSE rechignerait à fournir les documents à FO et à la CGT. Au point que si leur demande d’expertise des risques psychosociaux n’était pas inscrite à l’ordre du jour, Quentin Leclerc envisage « une procédure disciplinaire au tribunal pour entrave ».

    À terme, certains salariés craignent pour l’avenir même du magasin, certains supermarchés d’Auchan ayant laissé la place à des Intermarché. Le maire de Pérols, Jean-Pierre Rico (UDI), l’avait d’ailleurs laissé entendre fin 2024 avant de faire volte-face dans la presse et d’affirmer qu’Auchan restait bien à Pérols.