Tag: collecte

  • Faire face à la faim en 2025 : à Marseille, les bénévoles tentent de subvenir aux besoins

    Faire face à la faim en 2025 : à Marseille, les bénévoles tentent de subvenir aux besoins

    « On sait ce que représente la Banque alimentaire, c’est un devoir de participer à cette collecte », appuie Abdelkader Boubeker, fondateur de l’association Forbin. À ce jour la Banque alimentaire nationale estime la portée de son aide à 2,4 millions de personnes, elle approvisionne 6 044 associations partenaires. Forbin est l’un de ces points relais. « Tous les 15 jours, nous allons à l’antenne de la Pomme pour réarmer nos stocks. On décharge trois à quatre tonnes de produits », exprime fièrement Kader, « les commandes se font en amont sur internet ». Forbin aide 200 familles, cela débloque un certain nombre de points et donc un certain nombre de produits disponibles, « par exemple j’ai le droit de commander 200 bouteilles de lait », explique-t-il.

    En arrivant dans le local ou plutôt « la maison du bonheur » comme affiché sur la porte, Fakia Bengana, résidente du Bosquet, s’approche du trésorier pour récupérer un jeton, « cela permet de réguler les flux », explique Kader, mais aussi de vérifier les inscriptions. Elle retourne sur ses pas et s’assoit sur l’un des sièges, entourée d’autres femmes pour attendre son tour. « Pour s’inscrire, il faut présenter une fiche d’imposition, prouver son identité et participer à hauteur de 10 euros symboliques par an », détaille-t-il. Lorsque leur tour arrive, les bénéficiaires peuvent rentrer dans une seconde salle et choisir leurs produits. « L’hygiène est très importante, si les bénéficiaires ne viennent pas avec leur sac surgelé, ils ne peuvent pas en prendre », montre Kader. Fakia ou les autres bénéficiaires ne peuvent pas toucher les produits. Aziz Djezzar et Gérard Data, gants en latex aux mains, déposent les articles sur un chariot à roulette et guident la petite dame à travers ses achats, « ici tout est entre cinquante centimes et deux euros maximum », détaillent les deux bénévoles retraités. Le parcours se termine aux fruits et légumes, à côté de la file d’attente, le rayon de Yoann Faure. « Ça vous fera un euro cinquante, Madame », dit-il après avoir pesé le sachet.

    Les bénéficiaires vont ensuite voir le trésorier Élie Bonnani pour payer. Posté derrière son bureau, l’homme au visage froid surprend par son enchaînement de blagues. « Parfois j’aide aussi les bénévoles. On se sent comme une famille ici, on peut discuter », explique Fakia, qui a été contrainte de venir jusqu’à Forbin après que l’association de son quartier a cessé ses activités il y a deux ans. Kader déplore la baisse des subventions aux associations alors que les besoins ont augmenté : « Depuis le Covid, la précarité s’est accrue ; on a de plus en plus de jeunes qui viennent. » Yamina Mansri, femme de ménage et mère de trois enfants, ajoute à la volée : « Nous sommes en guerre comme dit Macron. Mais la guerre c’est de finir les fins de mois. »

    En parallèle Kader constate une hausse du bénévolat spontané. Pour autant, les temps sont durs pour son association comme pour les autres, il explique que « les 3 000 euros de subventions couvrent à peine le loyer et les charges ». Yamina insiste : « L’équipe est super, ils sont sociables et gentils. J’ai trouvé un endroit où je me sens bien. » En partant, la femme de ménage s’exclame : « Merci les jeunes ! »

    Le nombre de bénéficiaires a doublé dans le Var

    Dans le Var, la collecte de la Banque alimentaire de La Garde est soutenue par 220 commerces, surtout alimentaires. 1 500 bénévoles sont mobilisés pour collecter les denrées, avec comme priorités, pour pallier les manques, les plats cuisinés (ravioli, couscous…), café, riz, compotes, desserts, biscuits et couches pour bébés. Une campagne d’importance, car en 2025, « le nombre de bénéficiaires a doublé, de 30 000 à 62 000 », déplore Martine Hergat, vice-présidente de la Banque alimentaire du Var. Et d’autant plus que le Fonds social européen a réduit ses subventions de 40%. En conséquence, une campagne de dons en ligne a été lancée sur monpaniersolidaire.org. Ad.B.

  • Quand l’austérité fabrique la misère

    Quand l’austérité fabrique la misère

    Le rendez-vous symbolise l’insécurité alimentaire et la misère qui gagnent le pays. Ce week-end, la Banque alimentaire lance sa collecte nationale.

    Entre denrées alimentaires ou produits d’hygiène, les besoins sont vastes. Et le nombre de bénéficiaires ne cesse de croître, ces dernières années.

    Ce phénomène correspond à un constat insupportable : le taux
    de pauvreté, en France,
    a atteint en 2023 son niveau le plus élevé depuis que l’Insee le calcule, à savoir 9,8 millions de personnes concernées (15,4% de la population). Il ne s’agit plus de la pauvreté, mais de misère.

    Rétablir un État social fort

    Pendant ce temps, l’État se dérobe. Tout comme l’Union européenne. Les politiques d’austérité ont démantelé les filets sociaux, laissant les associations colmater les brèches, avec des moyens toujours plus réduits. Et abandonnant le peuple à la charité.

    La Banque alimentaire, confrontée aux baisses de subventions, à la hausse des coûts et du nombre de bénéficiaires, fait aussi face à une réduction du volume des dons. Encore le signe d’un contexte social difficile.

    La faim n’est pas
    une fatalité. Elle est le symptôme d’un choix politique : celui de laisser les inégalités prospérer. Ce n’est pas aux bénévoles, dont il faut saluer l’engagement, de réparer les dégâts de l’austérité mais à l’État de garantir le droit fondamental à l’alimentation.

    Augmenter les subventions aux associations ne suffira pas. Il faut rétablir un État social fort, taxer les profits indécents, investir dans les services publics et garantir à chacun l’accès à une alimentation digne.

  • [Grand entretien] Joseph Pronesti : « Deux fois plus de bénéficiaires en 5 ans » à la Banque alimentaire

    [Grand entretien] Joseph Pronesti : « Deux fois plus de bénéficiaires en 5 ans » à la Banque alimentaire

    BIO EXPRESS

    La Marseillaise : Quel est votre parcours ?

    Joseph Pronesti :

    Je fais partie de la Banque alimentaire du Gard depuis 2010 et j’en suis le président depuis 2020. Quand j’ai pris ma retraite professionnelle après une carrière en tant qu’agent EDF-GDF, ma femme et moi avons ouvert une petite épicerie solidaire à Aramon. Quelques années plus tard, nous l’avons cédée au Secours catholique et je me suis investi auprès de la Banque alimentaire. À l’arrivée du Covid, on m’a sollicité pour devenir président. L’association compte aujourd’hui 90 bénévoles. Notre rôle est de récolter les invendus des supermarchés et les surplus des producteurs pour les redistribuer aux associations partenaires comme les Restos du cœur par exemple.

    SIX NOUVEAUX CAMIONS

    La Marseillaise : Que s’est-il passé la nuit du 27 novembre 2024 ?

    Joseph Pronesti : Nous avons subi un attentat, un acte volontaire pour lequel une personne a été arrêtée et condamnée. Cette nuit-là, je suis arrivé sur place à trois heures du matin. Tous nos véhicules avaient été détruits. On venait de terminer la collecte de denrées de 2024, nos étagères étaient garnies. J’étais désemparé mais dès le lendemain, un élan de solidarité s’est mis en place. Les bénévoles ont commencé la tournée des supermarchés avec leurs véhicules personnels, les Banques alimentaires d’autres départements, des voisins producteurs et commerçants, la Croix Rouge nous ont prêté des camions. Une immense chaîne de solidarité s’est mise en place et on a pu reprendre les collectes le jour même.

    Où en est l’association aujourd’hui ?

    J.P. : Grâce à une cagnotte en ligne que j’ai rapidement mise en place après l’incendie, nous avons réussi à récolter 528 000 euros. Elle a été remplie grâce à des dons de particuliers touchés par notre histoire, des subventions de l’État et des fonds versés par des villes et communautés de communes. Nous sommes rapidement arrivés au-delà du montant du préjudice de la perte des six camions qui était de 450 000 euros. Cet argent nous a permis de passer commande de six camions frigorifiques flambant neufs que nous avons inaugurés le 17 octobre. La somme a également permis de rembourser les frais de réparation engagés sur les véhicules qui nous avaient été prêtés. Cette solidarité a boosté nos bénévoles. On a pu revoir le ciel bleu de la Banque alimentaire très vite après l’incident. Ce fut un moment magique.

    UNE NOUVELLE COLLECTE

    La Marseillaise : Quand est prévue la prochaine collecte de la Banque alimentaire ?

    J.P. : Nous serons dans les supermarchés les 28, 29 et 30 novembre pour récolter des produits de longue conservation comme des boîtes de légumes ou des plats cuisinés, des produits d’hygiène pour adultes et bébés. On prend donc les petits pots, les couches, les laits en poudre infantiles, etc. En entrant dans le supermarché, souvent les clients me demandent ce dont on a besoin. Généralement, je leur propose de prendre ce qu’ils aimeraient recevoir. Et alors ils savent. Quand je participe aux collectes, j’aimerais avoir une caméra pour capturer les yeux des enfants quand ils me tendent ne serait-ce qu’un paquet de pâtes. Ils sont si fiers. Ils savent que c’est important. J’ai aussi en tête l’image de ce vieil homme qui avait acheté une boîte de sardines pour lui, et une autre pour la Banque alimentaire. Il n’avait peut-être pas les moyens d’acheter plus. Il aurait pu manger trois jours avec ça, mais il a fait l’effort. C’était fantastique.

    Quelle est l’importance de ces collectes ?

    J.P. : L’année dernière, nous avons récolté 167 tonnes de denrées alimentaires. Mais nous avons distribué 1 935 tonnes de nourriture sur l’année. La collecte d’hiver ne représente qu’environ 10% de la distribution annuelle mais elle reste essentielle car nous récupérons des produits de marques connues que nous allons donner ou revendre à très bas prix à nos bénéficiaires. Cela leur redonne un peu de dignité humaine. Se nourrir c’est important, mais se sentir digne l’est tout autant. Si nous n’y faisons pas attention, on risque de rompre le lien social. La personne risque alors de basculer dans l’alcool, la drogue, la dépression et aller jusqu’au suicide.

    SITUATION SOCIALE

    La Marseillaise : Comment évolue la demande auprès de la Banque alimentaire ?

    J.P. : Quand j’ai pris la présidence en 2020, nous avions
    19 800 bénéficiaires. Aujourd’hui, nous en avons 44 637. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. On recense des populations nouvelles en demande comme des étudiants, des retraités, des smicards, des personnes en reconversion professionnelle ou qui travaillent dans l’éducation par exemple. Ce sont des personnes qui, malheureusement, n’arrivent plus à joindre les deux bouts à cause de l’augmentation du coût de la vie.

    La demande pourrait-elle dépasser votre capacité ?

    J.P. : Elle va dépasser c’est sûr, car l’aide européenne est limitée et parce que l’État ne nous accorde pas plus de financements pour augmenter la qualité et la quantité des produits. Les supermarchés donnent moins et les agriculteurs ne peuvent pas surproduire délibérément pour nous faire des dons. Si la demande continue d’augmenter ainsi, il nous faudra trouver de nouvelles solutions. J’ai sollicité le Département du Gard à hauteur de 150 000 euros pour passer commande auprès des agriculteurs pour l’année prochaine. Mais encore faut-il qu’il puisse suivre financièrement lui aussi…

    COMMENT S’ANNONCE L’HIVER ?

    J.P. : C’est la période la plus difficile pour nous. On a besoin de beaucoup de provisions, d’où l’importance de cette collecte des 28, 29 et 30 novembre. Mais nous ne sommes pas toujours bien vus dans les supermarchés. Il arrive qu’on nous dise que nos actions « ne profitent qu’aux immigrés ». Bien sûr, c’est faux. Et il ne faut pas croire qu’on est à l’abri parce qu’on vit dans une belle maison et qu’on part en vacances dans les îles. Un divorce, un accident, une maladie grave peuvent faire basculer une vie entière. Nous ne nourrissons pas des profiteurs, mais des personnes dans le besoin.

  • La collecte individuelle des déchets à l’étude pour Saint-Pierre et les Laurons

    La collecte individuelle des déchets à l’étude pour Saint-Pierre et les Laurons

    À chaque conseil de quartier, les ordures reviennent sur le tapis. Sauf que cette fois mardi soir pour Saint-Pierre et les Laurons, la porte de sortie du problème est à l’initiative du représentant de la Métropole, chargée de la collecte.

    Le problème pour M. Tokarski, habitant la colline des Cléments, est que « les grands containers dans lesquels l’ensemble du quartier jette ses ordures sont insuffisants », ce qui conduit certains à jeter derrière et autour. Il remarque que « dans les quartiers où il y a les containers individuels y’a pas de problèmes ». Le maire (PCF) de Martigues Gaby Charroux « interpelle aimablement » le représentant de la Métropole Thomas Fian, présent à la réunion, à ce sujet. « Oui, nous pouvons mener une étude pour voir s’il est possible de doter en bacs individuels » annonce le fonctionnaire, qui « partage le constat qu’avec les bacs individuels on n’a pas d’objets indésirables » autour des bacs ni dedans. Une étude qui sera menée en étroite collaboration avec Odile Teyssier-Vaïsse (PCF), l’adjointe de quartier.

    « J’avais prédit que ça serait dysfonctionnel »

    Les dysfonctionnements dans la collecte ont une triple conséquence. L’insatisfaction des usagers contribuables, qui peinent à signaler leurs problèmes, malgré l’application Réflexe de la Métropole, qu’un habitant a voulu utiliser mais qui « se met en erreur ». La saleté autour des poubelles, qui est du ressort du service propreté urbaine de la Ville, qui « intervient très souvent et ramassent parfois deux plateaux par jour alors que c’est pas leur job », rappelle Odile Teyssier-Vaïsse.

    Et au fond, une certaine frustration. « Je ne trie plus. On nous dit c’est la Métropole, mais c’est facile de se défausser », lance cet habitant excédé au maire. Odile Teyssier-Vaïsse intervient : « Non, ça n’est pas facile. Mais remarquez que quand c’était nous en gestion y’avait pas de problèmes » estime l’élue, au sujet de l’ex-Communauté d’agglomération de l’ouest de l‘étang de Berre (Caoeb).

    Gaby Charroux, auteur d’un livre sur la métropolisation, approfondit. « J’avais prédit que ce serait terrible et c’est le cas partout autour. Et on paye désormais une taxe d’enlèvement des ordures ménagères, qu’on payait pas avant avec la Caoeb. La Ville paye son service propreté, qui paye encore lorsqu’on dépose au Vallon du Fou, qu’on avait nous-même financé. On paye trois fois ! » détaille l’édile.

    Ou quand les centres de décision s’éloignent autant que les finances.

  • Une collecte solidaire de jouets dans le département du Var

    Une collecte solidaire de jouets dans le département du Var

    Noël, une période pour faire plaisir aux siens, mais aussi pour penser aux autres. C’est dans cette optique, et face au constat alarmant qu’encore trois Français sur dix jettent leurs jouets inutilisés à la poubelle alors qu’ils pourraient resservir, que plusieurs collectivités varoises (l’Agglomération Provence Verte, les Communautés de communes Cœur du Var, Lacs et Gorges du Verdon, Pays de Fayence, Golfe de Saint-Tropez et le SMIDDEV) organisent, en partenariat avec deux éco-organismes agréés par l’État, Ecosystem et Ecomaison, une grande collecte solidaire de jouets. Du 1er au 31 novembre, 64 points de collecte sont mis à disposition des habitants, pour y déposer des jouets neufs ou d’occasion (d’intérieur, d’extérieur, de société, électroniques, cadeaux…), à des fins de réemploi ou de recyclage, en fonction de leur état.

    Le recyclage de jouets, vecteur d’insertion

    En plus de ces points, l’opération s’étend à 24 magasins et associations, pour permettre à tous de participer à l’opération. A l’issue de celle-ci, ces associations locales (Com’Collecte, la Croix Rouge, Une Main Tendue pour les Gens dans le Besoin, Un Noël pour Chaque Enfant…) se chargent de récupérer les dons. Ils seront ensuite triés, nettoyés et remis en état pour être offerts ou revendus à prix solidaire, au sein d’ateliers de réemploi, sources d’activités pour des centaines de personnes en insertion, conférant à cette collecte un double intérêt. Les jouets qui ne pourront être remis en état seront dépollués et recyclés par Ecomaison, et par Ecosystem pour les jouets électriques et électroniques.

  • [Entretien] Joseph Arakel : « Il manque encore un millier de bénévoles à la Banque alimentaire »

    [Entretien] Joseph Arakel : « Il manque encore un millier de bénévoles à la Banque alimentaire »

    La Marseillaise : Du 28 au 30 novembre, la Banque alimentaire organise sa Grande Collecte. En quoi consiste cet événement ?

    Joseph Arakel : Cet événement, c’est un appel à la générosité du grand public. Cela permet aux personnes d’acheter des produits supplémentaires lors de leurs achats dans les supermarchés, pour les donner aux coordinateurs qui s’occupent de la collecte dans le magasin. Cela permet de remplir nos stocks de denrées, afin de les donner à des associations qui, elles, se chargent de la redistribution auprès des publics vulnérables.

    Pourquoi est-il si important pour votre association ?

    J.A. : C’est important, car avec la dette qu’il y a en France, nos subventions publiques diminuent. Donc, pour nous, cette grande récolte, c’est une manière de se réapprovisionner face à une demande qui s’accroît et des financements qui diminuent. En 2024, la demande a augmenté de 30%. Les étudiants, par exemple, étaient 300 par semaine, en 2019, ils sont 3 000 aujourd’hui [à faire appel à l’aide alimentaire, Ndlr.]. Les retraités n’y arrivent plus non plus et viennent chercher leur colis, et même des gens qui travaillent. Donc, les seules réponses dont l’on dispose, ce sont : la générosité du public, des entreprises agroalimentaires et les dons financiers qui nous permettent d’acheter des produits.

    Comment la Banque alimentaire réagit à cette situation ?

    J.A. : Jusqu’à présent, la collecte représentait 10% de nos réserves. Mais j’espère que cette année, cela sera 20%, parce que l’on arrive plus à faire face. On a réussi à mobiliser 240 magasins, contre 160 l’année dernière, dans les Bouches-du-Rhône. En multipliant les points de collectes, on espère augmenter la quantité de nourriture que l’on va récupérer.

    Vous avez donc besoin de plus de bras qu’avant…

    J.A. : On a besoin de 3 000 personnes, uniquement sur les Bouches-du-Rhône. Pour le moment, il nous manque encore un millier de bénévoles. Donc, j’en appelle à toute âme de bonne volonté, toute entreprise qui veut détacher du personnel en mécénat de compétence ou même tout étudiant qui veut participer. Tout le monde peut se mobiliser, que ce soit pour une demi-journée, un, deux ou trois jours, selon ses disponibilités.

    Et que devront-ils faire ?

    J.A. : Il faut que les personnes prennent contact avec la Banque alimentaire, qui leur indiquera une grande surface. Ils devront distribuer des sachets que les gens rendront, garnis de ce qu’ils auront acheté. Les sachets sont ensuite vidés dans des palettes. La mission, c’est cela : être présent dans les magasins et faire en sorte de tout transvaser dans les containers.

  • Ces librairies engagées pour la lecture

    Ces librairies engagées pour la lecture

    Elles sont près de 800 en France, une quarantaine en région Paca et huit à Marseille : les librairies indépendantes participent en nombre, cette année encore, à l’opération « Donnez à lire », organisée par le Syndicat de la librairie française et le Secours populaire. Depuis 10 ans maintenant, du 17 octobre, journée mondiale du refus de la misère, au 20 novembre, journée internationale des droits de l’enfant, les enseignes participantes invitent leurs clients à ajouter un ou plusieurs livres jeunesses à leurs achats. Collectés par les libraires, les ouvrages sont ensuite envoyés au Secours populaire, qui s’occupe de les redistribuer aux jeunes dans le besoin.

    Mais que donner à lire ?

    La librairie Maupetit, installée en haut de la Canebière (1er), fait partie des enseignes marseillaises inscrites au dispositif. « Maupetit participe à l’opération depuis plusieurs années déjà. Nos clients fidèles commencent à connaître le principe, détaille Quentin Rulleau, libraire de la boutique. Nous avons installé une affiche à l’entrée et dans la librairie et nous répondons bien sûr aux questions des clients s’il y en a. Mais globalement, on laisse le Secours populaire s’occuper de la communication. »

    La boîte qui contient les livres offerts la veille, placée près de l’entrée, compte ce jeudi matin 11 ouvrages, la plupart destinés aux enfants entre 5 et 10 ans. « C’est vrai qu’on collecte un peu moins de livres pour les adolescents », concède Quentin. « J’ai plusieurs clients qui sont venus me demander conseil pour sélectionner un livre à offrir. Ce n’est pas une question facile. Le dispositif s’adresse à des enfants de 2 à 18 ans, donc ça dépend de ce que la personne veut transmettre », explique Prune, elle aussi libraire chez Maupetit. « Et, des fois, il y a des clients inspirés : une dame m’a récemment demandé s’il était possible d’acheter uniquement pour donner au dispositif. Elle a finalement offert une pile de livres jeunesse », poursuit-elle.

    Dans les rayons de la librairie du centre-ville, aucun des clients interrogés n’a connaissance de l’opération. Lina, étudiante de 19 ans, est cependant emballée par l’initiative. « C’est intéressant que l’action se déroule dans les librairies indépendantes. Elles sont fréquentées par un public particulier, souvent de professeurs ou d’universitaires qui s’intéressent à une littérature spécifique, à laquelle les jeunes en lien avec le Secours populaire n’ont pas forcément accès. C’est un bon canal de transmission », s’enthousiasme la jeune fille. S’il fallait choisir un livre à offrir, elle opterait pour Le petit prince, qui « se lit à tout âge avec un niveau de lecture différent ».

    En 2023, grâce à « Donnez à lire », 22 000 livres ont été offerts à des jeunes accompagnés par le Secours populaire.

  • Le Téléthon prend de la hauteur jusqu’à la Sainte-Victoire

    Le Téléthon prend de la hauteur jusqu’à la Sainte-Victoire

    Au pied de la Sainte-Victoire, Victoria, Tom, Alice et Louis s’apprêtent à gravir l’un des flancs de la montagne. D’ici quelques semaines, le Téléthon rayonnera un peu partout en France (5 et 6 décembre). Mais, ce vendredi matin, les élèves officiers de l’école nationale des sous officiers de sapeurs pompiers (Ensops) lancent les premières actions locales. Ce jeudi matin, épaulés par les équipes de l’AFM Téléthon (voir ci-dessous), les élèves de la 120e promotion ont enfilé les baskets, malgré la pluie, pour accompagner ces quatre jeunes âgés 8 à 19 ans jusqu’au Prieuré Sainte-Victoire, à l’aide de trois joëlettes et un fauteuil tout-terrain prêtés par le Parc national des Calanques de Marseille et l’association Dunes d’espoir.

    L’action a aussi été coorganisée avec l’association des Amis de la Sainte-Victoire. « Dans notre promotion, nous avons deux parents d’enfants en situation de handicap. On a voulu faire une action qui puisse montrer notre soutien à leur engagement au quotidien », explique le lieutenant Thomas Chabay. La promotion, nommée « ambassadrice » et responsable d’organiser une mission en vue du Téléthon 2025, s’est constituée en équipe chargée de projet.

    Informer sur la maladie

    Le lieutenant Chabay poursuit : « étant donné qu’on était proches de la montagne Sainte-Victoire, on a fait le lien avec la symbolique portée dans le nom et proposé un défi sportif solidaire qui est l’une des valeurs du métier de pompier. »

    « L’ascension de la Sainte-Victoire est quelque chose qui permet de fédérer le collectif (…), il y a une vraie culture du sport, de l’effort, de la cohésion dans énormément de casernes en France, précise Salomé. Il y a des initiatives qui sont portées, chaque année, par des dizaines de milliers de projets pour lever des fonds à l’intention de l’AFM Téléthon. »

    Une cagnotte en ligne est accessible sur les pages de l’Ensops. Si elle n’est pas directement liée à l’ascension de ce jour, la promotion espère que la médiatisation de la randonnée permette de l’étoffer. En milieu d’après-midi, ce jeudi, 210 euros avaient déjà été récoltés. « Mais le Téléthon, c’est aussi mettre en lumière les pathologies et montrer au travers de ces enfants accompagnés sur cette ascension que le handicap n’empêche pas d’avancer dans la vie », note le Colonel Laurent Kihl, directeur de l’Ensosp.

    « C’est une super expérience pour Tom (16 ans), dans un environnement de pompiers qu’il affectionne, dans l’environnement Téléthon qui est une organisation qui a du sens pour lui, forcément. Il est pressé, il attend ça depuis des semaines, ajoute Alexandra, sa mère. Le souhait de Tom n’est pas de bénéficier des fonds, mais à travers les pompiers, cette action, participer et aider les autres enfants en situation de handicap. » En route donc, pour une journée de randonnée sur 10 km. D’autres actions internes à l’école seront également organisées pour soutenir le Téléthon et collecter des fonds. Eva Bonnet-Gonnet

  • On’Tchao dans la lumière du Marseille-Cassis

    On’Tchao dans la lumière du Marseille-Cassis

    Anne Courbier a eu l’idée de son association il y a cinq ans, quand elle a cherché un moyen d’aider sa fille Coline dans son combat contre la maladie.

    « Tout est venu du doudou de ma fille. Elle a vu en lui une aide. Cette présence, combinée aux soins suivis dans les hôpitaux de la région [Timone, Marseille Nord et Renée-Sabran de Giens, Ndlr], lui ont donné les forces pour surmonter la mucoviscidose », explique la jeune maman. Lorsqu’elle a créé l’association pour prolonger la thérapie, la Carnusséenne a demandé à sa fille de choisir un nom. « C’est celui du doudou qui s’est imposé. »

    Ainsi est née On’Tchao. Une structure au nom atypique, qui depuis cinq ans a fait son petit bonhomme de chemin. « Nous travaillons en collaboration avec l’association Grégory-Lemarchal qui nous a donné un bon coup de pouce pour nous lancer », poursuit Anne Courbier. Afin de faire connaître sa structure, elle a également relevé un défi lancé par Coline. « Courir Marseille- Cassis. C’était l’édition juste après le Covid. Moi qui n’étais pas du tout sportive, j’ai réussi à aller au-delà de moi-même. Je me suis surpassée pour aller chercher la médaille et lui offrir ensuite. »

    Après avoir fait la fierté de sa fille, elle a récidivé, terminant une seconde fois la plus belle course du monde. Et depuis, « nous engageons régulièrement un groupe ». Cette année, ils seront 80 à courir sous la bannière On’Tchao. Avec une nouveauté. « Les organisateurs de la course nous ont proposé de mettre en avant nos actions. Pour nous, c’est une très belle récompense. » Que Marseille-Cassis promeuve une association telle que celle d’Anne Courbier coule de source. Car la pratique sportive et la prévention des maladies pulmonaires peuvent être liées.

    Le 26 octobre, elle suivra la course, mais n’en prendra pas le départ. « Un petit pépin au genou m’en empêche », regrette-t-elle. Mais elle aura ses représentants, en tutus roses, avec ballons et licornes, qui porteront les couleurs d’On’Tchao. Les fonds récoltés serviront à poursuivre les interventions dans les centres hospitaliers. « Nous essayons d’apporter de petites douceurs aux enfants, en leur proposant des ateliers de cuisine, en décorant les chambres pendant les fêtes et en fournissant des kits de soins », détaille-t-elle.

    Des activités qui vont jusqu’à des semaines de pratique sportive à l’hôpital, une sensibilisation au don d’organes ou encore d’accompagnement aux personnes touchées par des handicaps invisibles. « Nous sommes petits, mais, comme le colibri, nous apportons notre contribution à ce combat de tous les instants contre la mucoviscidose. » Quant aux fonds provenant du Marseille-Cassis, « ils seront destinés à apporter un coup de pouce financier au centre de lutte contre la mucoviscidose de Nice », précise Anne Courbier.

    Renseignements : www.ontchao.com

  • La Banque alimentaire cherche des bénévoles pour sa grande collecte

    La Banque alimentaire cherche des bénévoles pour sa grande collecte

    La grande récolte dans les supermarchés, c’est 10% de ce que nous distribuons à l’année. » Devant des membres de la Banque alimentaire, bénévoles, associations et entreprises, Joseph Arakel, président de la Banque alimentaire des Bouches-du-Rhône, rappelle l’importance de cet événement. Ce lundi, une centaine de personnes se sont réunies dans la salle d’honneur du Département, à Marseille, pour lancer l’organisation de ces collectes de dons dans les supermarchés, du 28 au 30 novembre. Face à l’augmentation de la précarité et des besoins, le président espère mobiliser de nombreux de bénévoles pour récolter plus de nourriture.

    Des dons nécessaires dans un contexte où l’insécurité alimentaire explose. Dans les Bouches-du-Rhône, 107 000 personnes ont recours à l’aide alimentaire, soit 5,3% de la population du département, d’après les chiffres de la Banque alimentaire. L’association permet d’approvisionner 188 associations qui s’occupent de la redistribution. Des associations qui viennent prêter main-forte pour ces trois jours de collecte. « C’est grâce à cet organisme que l’on peut fournir des paniers aux personnes dans le besoin, donc on se doit d’aider », explique Nathalie Dumas, bénévole à la Croix Rouge d’Aubagne.

    Le nombre de bénévoles est, pour le moment, insuffisant pour atteindre les objectifs du président de la banque alimentaire : 200 tonnes de plus que l’année dernière, où déjà 400 tonnes de denrées avaient été données dans le département. « Il y a une baisse des dons liée à l’augmentation de la précarité et donc des besoins, explique Alexis Lada, chef d’exploitation. C’est pour cela que l’on a besoin de plus de monde pour récolter plus de dons. ».

    « 360 commerces, dans toutes les Bouches-du-Rhône, ont donné leur accord, mais il faut que l’on trouve des bénévoles », insiste Julie Caseville, salariée de la Banque alimentaire en charge de la grande collecte. « Pour l’instant, nous sommes à 40% d’inscription. Mais on est optimiste et on espère avoir assez de bénévoles pour que les 360 magasins participent à la récolte », sourit-elle.

    Mail : ba130.collecte@
    banquealimentaire.org