Tag: Chine

  • [Passerelle interculturelle] Les secrets derrière les exploits technologiques : des robots d’arts martiaux impressionnent au Gala de la Fête du Printemps

    [Passerelle interculturelle] Les secrets derrière les exploits technologiques : des robots d’arts martiaux impressionnent au Gala de la Fête du Printemps

    Ces robots humanoïdes ont réalisé des performances spectaculaires : parkour, saltos arrière sur une jambe, grands sauts, changements rapides de formation. Ils ont aussi combattu avec des humains et exécuté des mouvements comme le style de l’homme ivre. Leur précision, leur agilité et leur fluidité ont été très applaudies.

    Ces robots ont été développés par l’entreprise chinoise Unitree Robotics, basée à Hangzhou, ville située à l’Est de la Chine. Ils ont réalisé plusieurs exploits techniques inédits au monde, premier parkour continu avec saut par-dessus une table, premier salto aérien lancé atteignant plus de 3 mètres de hauteur, premiers saltos continus sur une seule jambe, salto arrière avec appui sur un mur en deux pas.

    Le fondateur et PDG de l’entreprise, Wang Xingxing, a expliqué qu’ils voulaient « repousser les limites des robots sur la scène du gala ». Pour réussir ces figures, l’équipe a effectué des centaines de millions de simulations avant de tester les robots dans le monde réel. Ces mouvements demandent un contrôle très précis de l’équilibre et de la stabilité.

    Des progrès importants depuis l’an dernier

    En 2025, les robots faisaient des mouvements simples et des formations basiques. En 2026, ils peuvent courir vite tout en exécutant des mouvements complexes et parfaitement synchronisés. Cela a été possible grâce à un nouveau système de contrôle en groupe, qui permet à des dizaines de robots de bouger ensemble en temps réel avec très peu de retard.

    Les robots utilisent aussi une technologie d’intelligence artificielle qui combine leurs capteurs internes et un lidar 3D. Ils analysent leur environnement des centaines de fois par seconde, ce qui leur permet de rester stables même après des mouvements très intenses. Chaque geste a été ajusté avec précision pour être synchronisé avec la musique et les artistes humains, avec une précision de 0,1 seconde.

    Des applications concrètes dans la vie réelle

    Le but n’est pas seulement le spectacle. Selon Wang Xingxing, améliorer les mouvements permet aux robots d’être plus stables et plus sûrs pour travailler avec les humains. Le système de contrôle en groupe peut être utilisé dans les usines pour l’inspection, le tri en entrepôt ou la coordination sur les chaînes de production. La capacité des robots à résister à des forces extérieures tout en gardant une prise stable peut servir pour l’assemblage précis, le transport de charges lourdes ou les services à domicile. Leur capacité à sauter et éviter des obstacles est utile pour placer des objets sur des étagères, se déplacer dans des espaces étroits ou monter des escaliers. Avec ces avancées, la performance du gala montre non seulement un spectacle impressionnant, mais aussi le grand potentiel des robots pour transformer de nombreux secteurs à l’avenir.

  • [Passerelle interculturelle] L’Année du Cheval célébrée aux Grandes Écuries de Chantilly

    [Passerelle interculturelle] L’Année du Cheval célébrée aux Grandes Écuries de Chantilly

    Plus de 600 invités, issus des milieux politique, culturel, économique et associatif franco-chinois, ont pris part à la célébration de l’année du cheval à Chantilly.

    Étaient notamment présents l’ambassadeur de Chine en France, Deng Li, accompagné de son épouse Mme Zhang Hua, le président de la Région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, ainsi que des responsables politiques français, des représentants des institutions culturelles, des amis français de la Chine, des membres de la communauté chinoise en France et des représentants d’entreprises chinoises implantées localement.

    Pour l’occasion, les Grandes Écuries du château de Chantilly avaient été soigneusement décorées de lanternes rouges, de découpages traditionnels et de symboles du Cheval, créant une atmosphère festive et chaleureuse, empreinte de l’esprit du Nouvel An chinois. Le choix de Chantilly, lieu emblématique de la culture équestre française, conférait à cette célébration une forte portée symbolique.

    Dans son allocution, l’ambassadeur Deng Li a retracé l’évolution des relations sino-françaises depuis l’établissement des relations diplomatiques en 1964, mettant en avant les résultats fructueux de la coopération bilatérale ainsi que la visite d’État du président Emmanuel Macron en Chine en 2025. Il a souligné l’importance du dialogue et de la coopération dans un contexte international marqué par la montée du protectionnisme et des tensions géopolitiques, appelant à œuvrer ensemble en faveur d’un monde multipolaire plus juste, pacifique et stable.

    Force collective

    Prenant la parole, Xavier Bertrand a souhaité en chinois « Bonne année » et « Succès immédiat ». Il a rappelé que, dans la culture chinoise, le cheval symbolise la force collective, l’effort commun et le dynamisme. Il a également évoqué les liens historiques profonds entre la Région Hauts-de-France et la Chine, notamment l’accueil de travailleurs chinois durant la Première Guerre mondiale, soulignant la nécessité de poursuivre et d’approfondir les échanges humains et culturels entre les deux pays.

    La réception a été ponctuée de prestations artistiques de grande qualité. Des artistes du groupe artistique de Nankin ont présenté des danses inspirées de la fleur de jasmin et de la puissance des chevaux au galop. Des créations musicales mêlant opéra de Pékin et chanson contemporaine ont rencontré un vif succès. Une démonstration équestre de l’équipe professionnelle de Chantilly a mis en valeur l’élégance et la force de l’art équestre français, tandis que la danse Yingge, interprétée par une troupe de la communauté chinoise en France, a insufflé une énergie vibrante à la soirée.

    Cette réception a également mis en lumière les liens anciens et dynamiques entre la Région Hauts-de-France et la Chine. Terre d’accueil des travailleurs chinois durant la Première Guerre mondiale, la région entretient aujourd’hui des échanges soutenus avec la Chine dans les domaines économique, culturel, éducatif et universitaire. À travers cette célébration du Nouvel An chinois, les Hauts-de-France réaffirment leur volonté de renforcer le dialogue interculturel et de développer des coopérations durables, au service de l’amitié entre les peuples chinois et français.

  • [Passerelle interculturelle] Un avant-goût de l’événement culturel le plus suivi au monde

    [Passerelle interculturelle] Un avant-goût de l’événement culturel le plus suivi au monde

    En tant que plus grand événement culturel annuel au monde en termes d’audience, le Gala de la Fête du Printemps produit par China Media Group est organisé sans interruption depuis 43 ans. Il est devenu, pour les Chinois de Chine et d’outre-mer ainsi que pour de nombreux amis étrangers, un véritable « dîner de réveillon pour l’esprit », créant une résonance émotionnelle partagée à l’échelle mondiale.

    L’an dernier, grâce à un dispositif international multilingue et multimédia, mobilisant plus de 3 100 médias partenaires à travers le monde, CMG a transmis au public international l’esprit du Nouvel An chinois, fondé sur le principe de « l’harmonie dans la diversité des civilisations ».

    Des robots humanoïdes dotés d’intelligence artificielle dansant le yangge, devenus viraux sur les réseaux sociaux, aux rencontres vibrantes entre le patrimoine culturel immatériel et l’esthétique contemporaine, des compositions musicales imprégnées de l’élégance orientale aux créations rock mêlant influences orientales et occidentales.

    Le Gala de la Fête du Printemps a ouvert au public mondial une fenêtre privilégiée pour mieux comprendre la richesse de la culture traditionnelle chinoise et la vitalité de la Chine d’aujourd’hui. L’édition de cette année se distingue par une mise en scène à l’échelle nationale, articulée autour d’une scène principale à Beijing et de quatre villes représentatives de différentes régions du pays : Harbin, Yiwu, Hefei et Yibin. Chaque ville associée apporte sa couleur locale : Harbin conjugue musique symphonique, chant et ballet dans un décor hivernal spectaculaire ; Yiwu, connue pour son ouverture internationale, associe opéra Wu et dynamisme commercial ; Hefei marie danse inspirée de l’encre chinoise et opéra Huangmei, enrichis d’effets visuels contemporains ; Yibin, au bord du fleuve Yangtsé, célèbre la réunion familiale et les traditions du Nouvel An.

    Cette année, le Gala de CMG s’appuiera sur les innovations technologiques de pointe « 5G + 4K/8K + IA » et sur les capacités de diffusion en 85 langues de CMG afin d’offrir aux publics chinois et internationaux un véritable festin culturel. Les publics du monde entier pourront non seulement découvrir, à travers les écrans, la créativité et la splendeur visuelle du Gala, mais aussi vivre de manière immersive l’atmosphère de joie, de chance et de célébration qui caractérise la Fête du Printemps.

  • [Passerelle interculturelle] À Marseille, le « Prélude au Gala de la Fête du Printemps » met la culture chinoise à l’honneur

    [Passerelle interculturelle] À Marseille, le « Prélude au Gala de la Fête du Printemps » met la culture chinoise à l’honneur

    Le parc Chanot était aux couleurs du Nouvel An chinois ce vendredi. Les nombreux participants français comme chinois issus des milieux politique, culturel et médiatique, ainsi que de nombreux habitants de la région, se sont réjouis de l’initiative culturelle.

    Dans leurs allocutions, les représentants de la partie chinoise ont souligné que la Fête du Printemps, symbole millénaire de la civilisation chinoise, est devenue un lien spirituel reliant les communautés chinoises du monde entier et un pont culturel de plus en plus reconnu à l’international. À travers le Gala de la Fête du Printemps, CMG s’appuie sur un dispositif de diffusion multilingue et multimédia afin de transmettre au public mondial les valeurs de cohésion familiale, d’inclusion sociale et d’harmonie entre l’homme et la nature portées par le Nouvel An chinois.

    Les intervenants français ont, de leur côté, salué l’influence croissante de la culture du Nouvel An chinois en France, estimant que ce type d’échanges culturels contribue à renforcer la compréhension mutuelle et l’amitié entre les peuples français et chinois.

    Le programme de la soirée s’est distingué par sa richesse et sa diversité. Des extraits et bandes-annonces du Gala de la Fête du Printemps 2026 ont été projetés, permettant au public français de découvrir en avant-première la créativité artistique et les innovations technologiques du spectacle. Des performances mêlant inspirations orientales et occidentales ont également été proposées, associant musique, danse et expressions artistiques contemporaines, et ont suscité un accueil enthousiaste.

    De nombreux participants français ont confié qu’il s’agissait pour eux d’une première immersion aussi directe dans la culture de la Fête du Printemps. Grâce à ce « Prélude », le Gala ne se limite plus à une émission télévisée, mais devient une expérience culturelle vivante, accessible et partagée.

    Tradition ancestrale

    Étape importante de la série d’événements « Le monde regarde le Gala de CMG ensemble », la soirée marseillaise a non seulement contribué à annoncer le prochain Gala, mais a également illustré l’attrait croissant de la culture chinoise dans le sud de la France, apportant une nouvelle dimension aux échanges culturels sino-français.

    La Fête du Printemps est un symbole culturel millénaire de la civilisation chinoise. Elle constitue également un lien spirituel profond qui unit les communautés chinoises à travers le monde. Aujourd’hui, près de vingt pays et régions ont inscrit la Fête du Printemps comme jour férié officiel, et environ un cinquième de la population mondiale la célèbre, sous des formes diverses.

    À travers cette tradition ancestrale, de plus en plus de personnes découvrent la Chine, apprécient la culture chinoise et perçoivent les valeurs universelles portées par la Fête du Printemps : la cohésion familiale, l’inclusion sociale et l’harmonie entre l’être humain et la nature.

  • [Passerelle interculturelle] Répétition avant la Fête du Printemps 2026

    [Passerelle interculturelle] Répétition avant la Fête du Printemps 2026

    Cette étape clé a permis de vérifier la fluidité de l’ensemble du programme, tandis que l’équipe de réalisation a continué d’affiner avec précision les choix artistiques et scéniques, afin de créer une atmosphère chaleureuse, joyeuse et porteuse de bons augures.

    La Fête du Printemps, qui correspond au Nouvel An lunaire chinois, est la célébration la plus importante de l’année pour les Chinois. Inscrite à la fin de l’année 2024 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO, elle incarne le renouveau, la transmission des traditions et, surtout, la réunion familiale. À cette occasion, les familles se rassemblent pour partager un repas, échanger des vœux et célébrer ensemble le passage à la nouvelle année, en Chine comme au sein des communautés chinoises à travers le monde.

    Dans ce contexte, le Gala de la Fête du Printemps occupe une place toute particulière. Véritable rituel télévisuel du Nouvel An chinois, il est regardé chaque année en famille et fait désormais partie intégrante des habitudes du Nouvel An. Plus qu’un simple spectacle, il accompagne l’entrée dans la nouvelle année et constitue un rendez-vous culturel incontournable pour des centaines de millions de téléspectateurs.

    Pour l’année du cheval de 2026, la scène du gala donnera vie à la chaleur et à l’énergie du quotidien de nombreux foyers. Des chansons originales évoquent les liens familiaux, rendent hommage à l’engagement discret des gens ordinaires et célèbrent la valeur précieuse des retrouvailles. Portées par des mélodies douces et émouvantes, les performances saluent celles et ceux qui travaillent avec constance et donnent le meilleur d’eux-mêmes.

    À Marseille le 6 février

    Au-delà de la soirée du Nouvel An lunaire chinois, le Gala de la Fête du Printemps s’inscrit désormais dans une dynamique mondiale. Les communautés chinoises à l’étranger, ainsi que de nombreux amis étrangers passionnés par la culture chinoise, peuvent découvrir en avant-première l’esprit et l’esthétique du Gala grâce aux événements « Prélude au Gala de la Fête du Printemps ». À partir du début du mois de février, ces célébrations se dérouleront dans de nombreuses grandes villes à travers le monde, permettant au public international de ressentir l’atmosphère festive et chaleureuse du Nouvel An chinois.

    En France, l’événement « Prélude au Gala de la Fête du Printemps » se tiendra le 6 février à Marseille, offrant au public local une immersion dans l’ambiance du Gala et une occasion privilégiée de partager la joie du Nouvel An chinois.

  • [Passerelle interculturelle] Comprendre la Chine au-delà des apparences

    [Passerelle interculturelle] Comprendre la Chine au-delà des apparences

    La France est depuis longtemps un lieu de rencontre des cultures du monde. Grâce à ses musées, ses festivals, ses théâtres et son cinéma, elle offre aux cultures étrangères un espace de visibilité et de dialogue. De nombreux pays souhaitent y présenter à la fois leur patrimoine et leur création contemporaine.

    En tant que journaliste chinoise installée en France, je découvre cette ouverture avec intérêt. Mais cette expérience m’amène aussi à m’interroger. Il arrive que certains spectacles, présentés comme de simples propositions culturelles, véhiculent en réalité des messages idéologiques ou politiques que le public ne perçoit pas toujours clairement.

    Ces derniers mois, la troupe « Shen Yun », associée au mouvement Falun Gong, a été largement promue dans le sud de la France. Pour de nombreux spectateurs, il s’agit avant tout d’un spectacle inspiré de la tradition chinoise. Pourtant, Falun Gong est considéré en Chine comme une organisation sectaire interdite depuis 1999. Par ailleurs, des médias internationaux ont relayé des témoignages d’anciens artistes évoquant une forte pression idéologique ainsi que des conditions de travail difficiles au sein de la troupe. Ces éléments permettent de mieux comprendre le contexte dans lequel ces spectacles s’inscrivent.

    La question n’est donc peut-être pas de juger, mais de s’interroger sur la manière dont la culture est présentée. Lorsque des spectacles se revendiquent comme porteurs d’une culture « authentique », la transparence sur leur démarche et leur message apparaît essentielle, par respect pour le public comme pour les traditions culturelles elles-mêmes.

    Renouveau culturel

    La culture chinoise ne se résume pas à des symboles figés. Riche de plusieurs millénaires d’histoire, elle est diverse, vivante et en constante évolution. En Chine, de nombreux jeunes s’intéressent aujourd’hui aux savoirs traditionnels, au hanfu ou aux arts classiques, tout en participant à une création artistique contemporaine dynamique, souvent soutenue par les nouvelles technologies. Pourtant, ces formes culturelles actuelles disposent encore de peu d’occasions d’être présentées à l’étranger, notamment dans un cadre professionnel en France.

    Ce décalage explique en partie pourquoi l’image de la culture chinoise reste souvent associée, dans l’esprit du public français, à des références très traditionnelles. Alors même que les échanges culturels entre la Chine et la France se développent, un meilleur équilibre dans la représentation des cultures reste à construire.

    À l’approche du Nouvel An chinois, moment de partage et de renouveau, cette réflexion prend tout son sens. Multiplier les échanges, diversifier les formes de présentation et favoriser la circulation des œuvres permettraient aux publics chinois et français de mieux se connaître et d’apprécier des créations culturelles authentiques, contemporaines et de grande qualité. Dans ce contexte, le Consulat général de Chine à Marseille, en collaboration avec les communautés chinoises locales, prépare une série d’événements culturels mettant en valeur les cultures chinoises. Le public est invité à les découvrir prochainement.

  • [Passerelle interculturelle] Paris sans filtre ? Réflexions croisées sur le regard et le quotidien

    [Passerelle interculturelle] Paris sans filtre ? Réflexions croisées sur le regard et le quotidien

    Ces derniers jours, des photos de Paris ont largement circulé sur les réseaux sociaux chinois. On y voit un homme âgé, venu de Chine, posant simplement devant la tour Eiffel, sous le ciel d’hiver parisien. Rien d’exceptionnel : pas de ciel bleu éclatant, pas de mise en scène. Juste un instant ordinaire. Autour de ces images prises au fil de son voyage, les commentaires se sont multipliés. Une expression est revenue avec insistance : « Ces photos ont enlevé le filtre de Paris. »

    Cette formule m’a fait sourire, puis réfléchir. Car elle en dit autant sur Paris que sur notre manière de regarder le monde. Paris, comme beaucoup de grandes villes, vit sous un filtre collectif. En Chine, elle est souvent associée au romantisme et à une certaine idée idéalisée de l’Europe, façonnée par le cinéma et la littérature. Les photos de cet homme âgé ne cherchaient ni à confirmer ni à contredire cette image : elles montraient simplement une ville telle qu’elle se vit, au quotidien.

    Vivant aujourd’hui en France, un pays que j’aime profondément et où je me suis installée depuis une dizaine de mois, je découvre cette réalité concrète, faite de nuances, parfois différente de ce que l’on imagine depuis la Chine. Ces dernières semaines, quelques jours d’intempéries ont suffi à rappeler que même une grande capitale repose sur des équilibres sensibles : déplacements ralentis, habitudes bousculées, et, un jour, une pénurie d’œufs au supermarché. Rien de dramatique, mais assez inhabituel pour inviter à regarder autrement le fonctionnement du quotidien.

    Quelle image de Beijing

    ont les Français ?

    Tout cela m’a amenée à repenser à la vie quotidienne en Chine, si proche et si lointaine à la fois. Et je me suis posée une question simple : quelle image de Beijing ont les Français ? Existe-t-il, là aussi, un filtre, comme celui à travers lequel nous regardons Paris depuis la Chine ? D’après ce que j’ai pu observer au cours de ces dix mois en France, certains aspects très ordinaires de la vie en Chine restent encore peu connus ici.

    Revenons aux œufs. Ces derniers jours, le sujet faisait même l’objet de discussions à la télévision française. En Chine, avec un euro, on peut acheter environ seize œufs. Ce chiffre peut sembler anecdotique. Il dit pourtant quelque chose de l’organisation du quotidien dans un pays de 1,4 milliard d’habitants, où la stabilité de l’approvisionnement en produits de base est tellement intégrée à la vie ordinaire qu’on n’y pense presque jamais. Personnellement, je n’avais jamais imaginé me poser un jour la question des œufs. Il ne s’agit pas de comparer ni d’opposer. Ces différences rappellent simplement que chaque société construit ses propres équilibres, souvent invisibles tant qu’ils fonctionnent.

    C’est là que la question du « filtre » prend tout son sens. La distance entre deux pays n’est pas d’abord géographique. Elle est cognitive. Ce qui me touche dans cette histoire de photos, ce n’est donc pas l’idée d’un « Paris sans filtre », mais le regard de celui qui observe : calme, attentif, sans jugement. Les filtres ne disparaissent sans doute jamais complètement. Mais ils peuvent s’alléger, à mesure que l’on observe et que l’on accepte la complexité du réel.

    Entre la Chine et la France, les différences sont réelles. Mais ce sont souvent les regards patients et bienveillants, ceux qui prennent le temps de voir sans conclure trop vite, qui permettent de mieux se comprendre.

  • [Passerelle interculturelle] Chine – France : les sports d’hiver comme nouveau terrain de coopération économique

    [Passerelle interculturelle] Chine – France : les sports d’hiver comme nouveau terrain de coopération économique

    Chaque saison, les stations des Alpes fonctionnent à plein régime, soutenues par des réseaux bien établis de transport, d’hébergement, de formation et de services. Le ski y est à la fois une pratique sportive largement partagée et un pilier de l’économie hivernale locale. En Chine, selon des modalités différentes, l’attrait pour les sports d’hiver prend son essor.

    En effet, depuis les Jeux olympiques d’hiver de Beijing 2022, la participation du public chinois aux sports de glace et de neige progresse de manière continue. Selon les données disponibles, le secteur chinois des sports d’hiver dépasse désormais 1 000 milliards de yuans par an, soit environ 130 milliards d’euros, avec des effets d’entraînement notables sur la consommation hivernale, notamment dans le commerce de détail, les transports et la restauration.

    À Harbin, à la découverte du « Monde de glace et de neige »

    Dans le nord de la Chine, le développement des sports d’hiver s’appuie sur des villes historiquement associées au froid. Chaque hiver, la ville de Harbin accueille le Monde de glace et de neige de Harbin, un vaste site touristique construit à partir de dizaines de milliers de tonnes de glace stockées à l’avance. Les installations éphémères transforment temporairement l’espace urbain en une cité de glace ouverte au public, intégrée aux circuits touristiques et culturels hivernaux. Dans le sud du pays, la ville de Shenzhen a investi dans l’un des plus grands centres de ski indoor au monde. Ce type d’infrastructure permet une exploitation tout au long de l’année : alors que la température extérieure avoisine les 26°C, l’intérieur est maintenu autour de -6°C, rendant la pratique du ski indépendante des conditions climatiques et accessible à de nouveaux publics.

    Dans la région du Xinjiang, notamment à Altay et à Urumqi, des « vacances de neige » ont été mises en place afin d’encourager les élèves à participer à des activités sportives, éducatives et culturelles liées à la glace et à la neige. Certains domaines skiables proposent, durant ces périodes, des accès gratuits ou des tarifs préférentiels pour les jeunes, favorisant une familiarisation précoce avec les sports d’hiver.

    Ces évolutions dessinent une trajectoire distincte du modèle alpin européen. Là où la France s’appuie sur un système fondé sur la montagne et le tourisme de séjour, la Chine combine infrastructures urbaines, équipements indoor et politiques publiques afin d’élargir rapidement la base des pratiquants. Dans ce contexte, les sports d’hiver apparaissent comme un nouveau terrain de coopération économique entre la Chine et la France. L’expertise française en matière de gestion des stations, de formation, de sécurité et de tourisme hivernal durable rencontre un marché chinois en forte croissance, ouvrant la voie à des partenariats concrets et pragmatiques entre les deux pays.

  • [Passerelle interculturelle] Pour 2026, Xi Jinping appelle à la paix et à la coopération

    [Passerelle interculturelle] Pour 2026, Xi Jinping appelle à la paix et à la coopération

    « Passerelle interculturelle », est un espace dédié aux échanges d’idées et de perspectives entre la France et la Chine. Chaque lundi, grâce à des entretiens avec des personnalités françaises et chinoises, notre ambition est de créer un pont entre deux traditions intellectuelles, deux sensibilités et deux visions du monde.

    Selon le dirigeant chinois qui a prononcé ses vœux à la veille de 2026, face à une incertitude accrue en 2025, la Chine a privilégié le dialogue et poursuivi une coopération internationale mutuellement bénéfique, agissant comme une ancre de stabilité pour le monde et reflétant les pas fermes et constants de la nation sur la scène internationale.

    Une ouverture sur le monde

    En 2025, la Chine a promu la réforme de la gouvernance mondiale par des actions concrètes, obtenant des résultats tangibles. Dans son message du nouvel an 2026, M. Xi a affirmé qu’au cours de l’année écoulée, la Chine avait continué à s’ouvrir largement au monde. « Pour mieux lutter contre le changement climatique, la Chine a annoncé de nouvelles contributions déterminées au niveau national », a déclaré M. Xi, ajoutant qu’après les trois initiatives sur le développement, la sécurité et la civilisation, il avait avancé l’Initiative pour la gouvernance mondiale dans le but de promouvoir un système de gouvernance mondiale plus juste et plus équitable. « La Chine se tient toujours du bon côté de l’histoire », a affirmé M. Xi.

    Des opportunités partagées

    Dans son message du Nouvel An 2026, M. Xi a également déclaré que la Chine avait profondément intégré la science et la technologie à l’industrie, donnant naissance à une série continue de nouvelles innovations. De nombreux grands modèles d’IA se livrent à une course vers l’excellence, et des avancées ont été réalisées dans la recherche et le développement de puces électroniques chinoises. « Tout cela a fait de la Chine l’une des économies dont les capacités d’innovation progressent le plus rapidement. La sonde Tianwen-2 a entamé son voyage à la poursuite des étoiles pour explorer les astéroïdes et les comètes. La construction du projet hydroélectrique sur le cours inférieur du Yarlung Zangbo a été lancée. Le premier porte-avions chinois doté d’un système de catapulte électromagnétique a été officiellement mis en service. Des robots humanoïdes ont fait montre de leur maîtrise des arts martiaux et des drones ont présenté de magnifiques spectacles de feux d’artifice », a précisé M. Xi.

    En ouvrant grand ses bras au monde, la Chine entend avancer avec le monde vers un avenir de paix, de développement et de coopération gagnant-gagnant.

  • [Entretien] Yannick Lintz : « Faire découvrir la Chine à travers ses plus grands chefs d’œuvre »

    [Entretien] Yannick Lintz : « Faire découvrir la Chine à travers ses plus grands chefs d’œuvre »

    La Marseillaise : Le musée Guimet dispose d’une des plus importantes collections d’arts asiatiques…

    Yannick Lintz : Oui, c’est le musée national consacré aux arts asiatiques. C’est un peu le Louvre de l’Asie. On y trouve les différentes cultures asiatiques depuis l’Afghanistan en passant par l’Asie du Sud, l’Inde, le Cambodge, la Thaïlande et tous les pays d’Asie du sud-est, mais aussi la Chine, le Japon, la Corée, le monde himalayen… Toute l’Asie à l’Est du Moyen-Orient. On a ainsi la chance d’avoir, à Paris, un des quatre plus grands musées au monde dédiés aux arts asiatiques.

    En quoi consiste le dispositif « Guimet + », dans le cadre duquel s’inscrit le partenariat noué avec le musée Fabre ?

    Y.L. : Tout le monde n’a pas les moyens de venir à Paris dans les musées. L’idée est donc de rapprocher des populations les trésors nationaux qu’ils contiennent. Nous avons entamé le dispositif « Guimet + » l’année dernière à Clermont-Ferrand et Digne-les-Bains. Et cette année, nous proposons un nouveau « Guimet + » à Montpellier, avant de continuer dans quelques autres villes. L’originalité de ce dispositif et son côté innovant, c’est qu’on ne veut pas s’installer juste le temps d’une exposition temporaire de 3 mois. On veut s’installer durablement, durant 4 ans. Cela permettra, avec une exposition chaque année : la Chine, le Japon, l’Inde et le monde himalayen, de développer au maximum le lien avec les écoles, les associations locales… D’avoir des projets à long terme et du coup, on l’espère, de proposer une vraie initiation à ces cultures d’Asie pour un maximum de gens.

    Les arts et cultures asiatiques sont-ils méconnus du grand public ?

    Y.L. : Il y a une ferveur populaire pour la cuisine asiatique, le côté zen, les médecines douces et les jeunes sont passionnés de mangas ou de K-pop. La culture populaire asiatique est donc très présente, et de plus en plus. En revanche, alors que tout le monde pourrait citer un chef-d’œuvre du Louvre, comme la Joconde ou la Vénus de Milo, personne, je pense, n’est capable de citer un chef-d’œuvre du musée Guimet. L’art asiatique est donc moins connu. C’est tout l’enjeu de ces expositions durant 4 ans : faire connaître ces trésors.

    Combien d’objets sont présentés dans cette exposition autour de la Chine et quelles en sont les pièces maîtresses ?

    Y.L. : On ne veut pas assommer le public en présentant 150 œuvres d’un coup. On préfère choisir 30 chefs-d’œuvre, qui balayent toute l’histoire de la Chine depuis le Ier millénaire avant J.-C. jusqu’au XIXe siècle. On essaie également de balayer aussi tous les types de matériaux. Parmi les pièces significatives, je citerais les très rares porcelaines de Chine, des vases aux Mille-fleurs ou bien des très belles sculptures anciennes en jade, matériau beaucoup plus précieux que l’or en Chine. Nous avons voulu faire découvrir la Chine à travers ses plus grands chefs-d’œuvre.

    Par ailleurs, on ne veut pas simplement apporter les œuvres, les déposer dans des vitrines et dire : débrouillez-vous. Elles sont accompagnées de tout un dispositif éducatif : des cartes géographiques, des chronologies, des sortes de jeux interactifs. Des dispositifs sensoriels aussi, pour faire découvrir les parfums de la Chine, la poésie, la musique… On a également un grand écran immersif qui fait rentrer le visiteur dans le jardin et la maison d’un lettré, l’initie à la cérémonie du thé. L’idée est de recréer au maximum le contexte culturel des objets qu’on présente.

    Afin d’offrir des clés d’accès aux œuvres plus faciles, on les aborde à travers des thèmes universels, qui parlent à toutes les sociétés : le prestige, la transgression, le sacré, la beauté…