Tag: Chine

  • [Passerelle interculturelle] Pour 2026, Xi Jinping appelle à la paix et à la coopération

    [Passerelle interculturelle] Pour 2026, Xi Jinping appelle à la paix et à la coopération

    « Passerelle interculturelle », est un espace dédié aux échanges d’idées et de perspectives entre la France et la Chine. Chaque lundi, grâce à des entretiens avec des personnalités françaises et chinoises, notre ambition est de créer un pont entre deux traditions intellectuelles, deux sensibilités et deux visions du monde.

    Selon le dirigeant chinois qui a prononcé ses vœux à la veille de 2026, face à une incertitude accrue en 2025, la Chine a privilégié le dialogue et poursuivi une coopération internationale mutuellement bénéfique, agissant comme une ancre de stabilité pour le monde et reflétant les pas fermes et constants de la nation sur la scène internationale.

    Une ouverture sur le monde

    En 2025, la Chine a promu la réforme de la gouvernance mondiale par des actions concrètes, obtenant des résultats tangibles. Dans son message du nouvel an 2026, M. Xi a affirmé qu’au cours de l’année écoulée, la Chine avait continué à s’ouvrir largement au monde. « Pour mieux lutter contre le changement climatique, la Chine a annoncé de nouvelles contributions déterminées au niveau national », a déclaré M. Xi, ajoutant qu’après les trois initiatives sur le développement, la sécurité et la civilisation, il avait avancé l’Initiative pour la gouvernance mondiale dans le but de promouvoir un système de gouvernance mondiale plus juste et plus équitable. « La Chine se tient toujours du bon côté de l’histoire », a affirmé M. Xi.

    Des opportunités partagées

    Dans son message du Nouvel An 2026, M. Xi a également déclaré que la Chine avait profondément intégré la science et la technologie à l’industrie, donnant naissance à une série continue de nouvelles innovations. De nombreux grands modèles d’IA se livrent à une course vers l’excellence, et des avancées ont été réalisées dans la recherche et le développement de puces électroniques chinoises. « Tout cela a fait de la Chine l’une des économies dont les capacités d’innovation progressent le plus rapidementLa sonde Tianwen-2 a entamé son voyage à la poursuite des étoiles pour explorer les astéroïdes et les comètes. La construction du projet hydroélectrique sur le cours inférieur du Yarlung Zangbo a été lancée. Le premier porte-avions chinois doté d’un système de catapulte électromagnétique a été officiellement mis en service. Des robots humanoïdes ont fait montre de leur maîtrise des arts martiaux et des drones ont présenté de magnifiques spectacles de feux d’artifice », a précisé M. Xi.

    En ouvrant grand ses bras au monde, la Chine entend avancer avec le monde vers un avenir de paix, de développement et de coopération gagnant-gagnant.

  • [Entretien] Yannick Lintz : « Faire découvrir la Chine à travers ses plus grands chefs d’œuvre »

    [Entretien] Yannick Lintz : « Faire découvrir la Chine à travers ses plus grands chefs d’œuvre »

    La Marseillaise : Le musée Guimet dispose d’une des plus importantes collections d’arts asiatiques…

    Yannick Lintz : Oui, c’est le musée national consacré aux arts asiatiques. C’est un peu le Louvre de l’Asie. On y trouve les différentes cultures asiatiques depuis l’Afghanistan en passant par l’Asie du Sud, l’Inde, le Cambodge, la Thaïlande et tous les pays d’Asie du sud-est, mais aussi la Chine, le Japon, la Corée, le monde himalayen… Toute l’Asie à l’Est du Moyen-Orient. On a ainsi la chance d’avoir, à Paris, un des quatre plus grands musées au monde dédiés aux arts asiatiques.

    En quoi consiste le dispositif « Guimet + », dans le cadre duquel s’inscrit le partenariat noué avec le musée Fabre ?

    Y.L. : Tout le monde n’a pas les moyens de venir à Paris dans les musées. L’idée est donc de rapprocher des populations les trésors nationaux qu’ils contiennent. Nous avons entamé le dispositif « Guimet + » l’année dernière à Clermont-Ferrand et Digne-les-Bains. Et cette année, nous proposons un nouveau « Guimet + » à Montpellier, avant de continuer dans quelques autres villes. L’originalité de ce dispositif et son côté innovant, c’est qu’on ne veut pas s’installer juste le temps d’une exposition temporaire de 3 mois. On veut s’installer durablement, durant 4 ans. Cela permettra, avec une exposition chaque année : la Chine, le Japon, l’Inde et le monde himalayen, de développer au maximum le lien avec les écoles, les associations locales… D’avoir des projets à long terme et du coup, on l’espère, de proposer une vraie initiation à ces cultures d’Asie pour un maximum de gens.

    Les arts et cultures asiatiques sont-ils méconnus du grand public ?

    Y.L. : Il y a une ferveur populaire pour la cuisine asiatique, le côté zen, les médecines douces et les jeunes sont passionnés de mangas ou de K-pop. La culture populaire asiatique est donc très présente, et de plus en plus. En revanche, alors que tout le monde pourrait citer un chef-d’œuvre du Louvre, comme la Joconde ou la Vénus de Milo, personne, je pense, n’est capable de citer un chef-d’œuvre du musée Guimet. L’art asiatique est donc moins connu. C’est tout l’enjeu de ces expositions durant 4 ans : faire connaître ces trésors.

    Combien d’objets sont présentés dans cette exposition autour de la Chine et quelles en sont les pièces maîtresses ?

    Y.L. : On ne veut pas assommer le public en présentant 150 œuvres d’un coup. On préfère choisir 30 chefs-d’œuvre, qui balayent toute l’histoire de la Chine depuis le Ier millénaire avant J.-C. jusqu’au XIXe siècle. On essaie également de balayer aussi tous les types de matériaux. Parmi les pièces significatives, je citerais les très rares porcelaines de Chine, des vases aux Mille-fleurs ou bien des très belles sculptures anciennes en jade, matériau beaucoup plus précieux que l’or en Chine. Nous avons voulu faire découvrir la Chine à travers ses plus grands chefs-d’œuvre.

    Par ailleurs, on ne veut pas simplement apporter les œuvres, les déposer dans des vitrines et dire : débrouillez-vous. Elles sont accompagnées de tout un dispositif éducatif : des cartes géographiques, des chronologies, des sortes de jeux interactifs. Des dispositifs sensoriels aussi, pour faire découvrir les parfums de la Chine, la poésie, la musique… On a également un grand écran immersif qui fait rentrer le visiteur dans le jardin et la maison d’un lettré, l’initie à la cérémonie du thé. L’idée est de recréer au maximum le contexte culturel des objets qu’on présente.

    Afin d’offrir des clés d’accès aux œuvres plus faciles, on les aborde à travers des thèmes universels, qui parlent à toutes les sociétés : le prestige, la transgression, le sacré, la beauté…

  • [Passerelle interculturelle] CMG dévoile le thème et le logo du Gala de la Fête du Printemps

    [Passerelle interculturelle] CMG dévoile le thème et le logo du Gala de la Fête du Printemps

    Placée sous le signe de l’Année du Cheval, cette édition adopte pour thème « Des coursiers au galop, en marche sans entrave », promettant un spectacle culturel à la fois dynamique et ambitieux.

    Le concept central du thème, « Qi Ji », que l’on peut traduire par « coursier », est un terme ancien et élégant de la culture chinoise, désignant le légendaire « cheval capable de parcourir mille lis », symbole de vitesse, d’excellence et de puissance. Cette image forte incarne l’esprit intrinsèque de la nation chinoise : l’audace d’innover, la persévérance dans l’effort et l’élan constant vers l’avant.

    Plus encore, « Qi Ji » présente une proximité phonétique avec le mot chinois signifiant « miracle ». Cette double résonance exprime une détermination affirmée à créer de nouveaux prodiges et une confiance inébranlable dans la réalisation des objectifs nationaux. Le thème s’inscrit ainsi dans une vision pleine d’espoir pour une nouvelle ère et un nouveau parcours, en résonance avec l’ouverture de la période du 15e Plan quinquennal (2026-2030).

    Sur le plan artistique, l’inspiration du thème trouve ses racines dans le célèbre poème antique « Li Sao », issu du recueil classique « Chants de Chu » (Chu Ci), qui évoque la chevauchée d’un noble destrier, métaphore du courage de prendre les devants et d’ouvrir la voie pour les autres.

    Le logo du Gala de la Fête du Printemps 2026 constitue une abstraction visuelle riche, inspirée de ce thème. Son design intègre harmonieusement des motifs décoratifs traditionnels chinois, tels que les motifs de nuages (« yunwen ») et les motifs de tonnerre (« leiwen »), pour esquisser la silhouette de quatre coursiers avançant côte à côte. Pensé comme une forme infiniment extensible, transformable et cyclique, le logo compose une image vivante de dizaines de milliers de chevaux lancés dans une course irrésistible.

    Cette création met en valeur le charme de l’esthétique traditionnelle tout en transmettant l’énergie impétueuse et ascendante d’une époque en plein essor. Ensemble, le thème et le logo instaurent une atmosphère festive et porteuse de bon augure, destinée à rassembler les communautés chinoises du monde entier autour d’un grand festin culturel à l’occasion du réveillon du Nouvel An chinois.

    La Fête du Printemps, ou Nouvel An chinois, est l’une des célébrations traditionnelles les plus importantes de la culture chinoise. Le Gala annuel de la Fête du Printemps demeure une tradition profondément ancrée et chérie par les familles chinoises à travers le monde, jouant un rôle fédérateur majeur. Depuis sa première diffusion en 1983, l’émission est reconnue par le Guinness World Records comme le programme télévisé le plus regardé au monde.

  • [Passerelle interculturelle] Chine–France : un même regard sur le cinéma

    [Passerelle interculturelle] Chine–France : un même regard sur le cinéma

    « Je dois vous dire ici la longue et profonde admiration que la France porte à la Chine, mais plus particulièrement que le cinéma français porte au cinéma chinois. La Chine n’a pas seulement cent vingt ans d’histoire cinématographique, elle a offert au monde de formidables réalisateurs. La France et la Chine ont un point essentiel en commun, nous croyons profondément à l’expérience du cinéma » indique Gaëtan Bruel, le président du CNC soulignant également le fait que « Dans un contexte où beaucoup de pays sont tentés de considérer le cinéma davantage comme une industrie que comme un art, ou estiment que la salle n’est plus indispensable puisque les films peuvent être vus sur les plateformes, nos deux pays, nos professionnels, nos artistes, nos talents — réaffirment la valeur unique du cinéma. »

    Dès 1958, Cerf-volant du bout du monde première coproduction sino-française et l’un des premiers films chinois en couleur, révélait déjà la force de l’échange artistique entre les deux pays. Le cinéma n’est pas seulement un art : il constitue une véritable langue interculturelle. Chen Wenqin, professeure associée à l’Université de la communication de Chine et amie proche, partage également son analyse sur l’évolution de la coopération cinématographique franco-chinoise. « Les échanges cinématographiques entre la Chine et la France débutent dans les années 1950, lorsque Fanfan la Tulipe arrive sur les écrans chinois et rencontre un immense succès. En 2025, année de double anniversaire, on constate que cette coopération a largement dépassé la simple collaboration technique pour devenir un véritable espace de co-création, où les deux traditions esthétiques se rencontrent et dialoguent. » Elle a également souligné que « Des coproductions comme Wolf Totem jusqu’aux projets plus récents, il ne s’agit plus seulement de traduire une culture vers l’autre, mais d’explorer de nouvelles narrations et d’offrir une expérience spectatorielle renouvelée. On observe aussi l’émergence d’une nouvelle génération de cinéastes chinois, capables de naviguer entre plusieurs systèmes esthétiques tout en restant profondément ancrés dans leur culture : un auteurisme transculturel en plein développement. »

    Marché dynamique

    La Chine est aujourd’hui l’un des marchés cinématographiques les plus dynamiques. En 2025, le box-office a dépassé 50 milliards de yuans, et des succès tels que Ne Zha 2 ou Nanjing Photo Studio confirment cette vitalité. Cette croissance soutient l’émergence de nombreux films, ainsi que les œuvres de Jia Zhangke et Lou Ye, soutenues à plusieurs reprises par le CNC. La professeure Chen Wenqin a également expliqué qu’en tant que spectatrice de longue date, elle perçoit le cinéma comme une forme de lecture intertextuelle : « À travers la Nouvelle Vague française, les spectateurs chinois ont pu observer l’angoisse de la modernité en France. À travers les récits familiaux du cinéma chinois, les spectateurs français peuvent lire la manière dont les Chinois pensent la dialectique entre le collectif et l’individu. Cette intertextualité crée un troisième espace : ni point de vue purement chinois, ni regard purement français, mais une dimension nouvelle qui se déploie dans l’intervalle entre les deux cultures. Le cinéma dépasse les clivages idéologiques. Les personnages ordinaires des films chinois ouvrent de nouvelles expériences esthétiques aux spectateurs français, tandis que les questionnements des auteurs français nourrissent la réflexion des cinéastes chinois. À travers ces échanges, chacun découvre mieux ses propres angles morts culturels. »

  • [Passerelle interculturelle] Rencontre avec Charles Personnaz, directeur de l’Institut national du patrimoine

    [Passerelle interculturelle] Rencontre avec Charles Personnaz, directeur de l’Institut national du patrimoine

    « Passerelle interculturelle », est un espace dédié aux échanges d’idées et de perspectives entre la France et la Chine. Chaque lundi, grâce à des entretiens avec des personnalités françaises et chinoises, notre ambition est de créer un pont entre deux traditions intellectuelles, deux sensibilités et deux visions du monde.

    Dans un monde où tout change très vite, le patrimoine nous rappelle ce qui demeure. Il nous relie à ceux qui nous ont précédés et ouvre un chemin pour ceux qui viendront après nous. Dans ce dialogue silencieux entre les siècles, la Chine et la France partagent une même conviction : protéger les traces du passé, c’est préserver la lumière de l’avenir.

    C’est dans cet esprit que nous avons rencontré Charles Personnaz, directeur de l’Institut national du patrimoine (INP). Le directeur nous a parlé de ses voyages en Chine et des liens tissés depuis longtemps entre les conservateurs et restaurateurs français et chinois.

    « Par exemple, moi j’ai été très impressionné, en Chine, de voir la qualité du suivi scientifique des œuvres. C’est-à-dire la qualité des moyens mis en œuvre, et puis des personnes qui travaillent sur ces questions, pour préserver le patrimoine et faire attention que les conditions de chaleur, d’humidité, que les éventuels dommages des œuvres soient suivis le plus précisément possible. » présente-t-il. Le directeur souligne combien la Chine a investi dans ses laboratoires, ses universités et ses institutions culturelles pour renforcer la protection des œuvres.

    Expérience de travail ensemble

    Parmi les coopérations emblématiques, le temple de Gongshutang, dans la province du Shanxi, est devenu un symbole fort de l’amitié professionnelle entre les deux pays.

    « Également, nous avons des échanges professionnels avec nos collègues chinois sur un certain nombre de matériaux. Nous avons mené à deux reprises une très belle opération, assez unique, sur un monument emblématique du patrimoine chinois, puisqu’il est inscrit au patrimoine national de la Chine, qui est le temple de Gangshutang, près de Xi’an. Et sur ce temple, les Français, élèves et professeurs, et les experts chinois ont partagé leurs connaissances du bois, des peintures qui sont particulières, parce qu’elles sont entre la laque et la peinture. Et donc, cet échange a permis d’avancer vers un constat d’État partagé sur ce monument et la manière, à terme, de le restaurer », explique-t-il.

    Une coopération qui s’inscrit dans le temps

    Cette coopération n’est pas un hasard, mais le fruit d’une longue histoire d’estime mutuelle. « Le patrimoine est l’un des sujets sur lesquels la France et la Chine coopèrent le mieux, du fait de l’immense richesse du patrimoine des deux pays, du fait aussi d’une tradition de connaissances réciproques, dans notre institut qui n’est pas très ancien, mais depuis le début, il y a eu des liens avec la Chine, du fait aussi de l’attention qui est portée au plus haut niveau politique à ces questions du patrimoine et du patrimoine dans les relations franco-chinoises. Et donc aujourd’hui, effectivement, à travers la coopération entre les musées, à travers la coopération que nous menons dans le domaine de la formation et de l’expertise, à travers la coopération dans le domaine des archives également, on peut dire que l’actualité de nos différentes coopérations est très vivace. »

    Du mausolée de Qin Shi Huang et de ses guerriers de terre cuite à Notre-Dame de Paris, les deux pays portent une responsabilité commune envers les trésors de l’humanité. La Chine et la France, riches de traditions qui se répondent, ont tout à gagner à multiplier les échanges dans le domaine du patrimoine. Que ce dialogue culturel permette à nos deux grandes civilisations de mieux se comprendre et de se rapprocher encore.

  • [Passerelle interculturelle] 10e anniversaire de l’Accord de Paris : rencontre avec Laurent Fabius

    [Passerelle interculturelle] 10e anniversaire de l’Accord de Paris : rencontre avec Laurent Fabius

    « Passerelle interculturelle », est un espace dédié aux échanges d’idées et de perspectives entre la France et la Chine. Chaque lundi, grâce à des entretiens avec des personnalités françaises et chinoises, notre ambition est de créer un pont entre deux traditions intellectuelles, deux sensibilités et deux visions du monde.

    À l’occasion du dixième anniversaire de l’Accord de Paris, nous avons rencontré Laurent Fabius pour revenir sur ce moment historique et sur la décennie qui a suivi. Laurent Fabius demeure l’un des artisans essentiels de la diplomatie climatique mondiale. L’image de lui frappant le petit marteau vert, le 12 décembre 2015, est restée gravée dans la mémoire du monde entier, en Chine aussi, ce geste a suscité une immense émotion. En se remémorant cette scène, Laurent Fabius raconte « Il y avait près de 200 ministres. Lorsque j’ai vu qu’il n’y avait aucune opposition, j’ai dit : L’Accord de Paris est adopté. Il y a eu une explosion de joie dans la salle. Même les ministres très posés, très calmes, s’embrassaient. Je me souviens particulièrement de la délégation chinoise, avec M. Xie Zhenhua, qui m’a beaucoup aidé à obtenir cet accord. »

    Un monde transformé, de nouveaux défis

    Dix ans plus tard, le contexte international a profondément changé. Les crises géopolitiques se multiplient, les événements climatiques extrêmes deviennent plus fréquents, et l’intelligence artificielle introduit de nouveaux défis énergétiques. Laurent Fabius prévient « Le développement de l’IA exige des data centers, qui consomme énormément d’électricité. On estime que, d’ici quelques années, la consommation d’électricité nécessaire sera équivalente à celle de l’ensemble de l’Europe. À l’époque, on n’en parlait pas, donc la situation est plus compliquée. Et surtout, ce qui me frappe, c’est que les pays agissent en ordre dispersé. »

    La Chine, un acteur clé et moteur de la transition

    Dans ce contexte complexe, Fabius tient à souligner le rôle déterminant de la Chine dans la lutte contre le changement climatique. Il rappelle que « Au mois de septembre dernier, le président Xi Jinping a présenté aux Nations unies le plan en matière climatique de la Chine. Nous voyons donc qu’il va y avoir un effort continue, et c’est une chose très importante. Alors bien sûr, beaucoup disent qu’il faudra en faire encore plus ; et souvent, la Chine d’ailleurs fait plus que ce qu’elle annonce, donc ça c’est de ce point de vue là une bonne chose ».

    Il insiste aussi sur les contributions concrètes de la Chine surtout dans les technologies vertes, les véhicules électriques, les moteurs électriques et les panneaux solaires. Ces progrès accélèrent la transition énergétique mondiale et rendent accessibles des solutions indispensables pour réduire les émissions. Les performances chinoises suscitent parfois des inquiétudes, notamment en Europe, où certains secteurs se sentent fragilisés. L’inquiétude face aux déséquilibres commerciaux est compréhensible, mais chaque grande révolution industrielle crée des tensions avant de générer de nouvelles coopérations. L’ancien premier ministre insiste néanmoins « Les problèmes sont faits pour être surmontés. »

    Alors que le président français vient d’achever sa visite en Chine, un nouveau cycle de dialogue s’ouvre entre les deux pays. À ce moment charnière, les enjeux du climat, de l’économie et de la technologie appellent une vision à long terme. C’est désormais l’heure de mettre à l’épreuve la sagesse des dirigeants et de redonner à l’Accord de Paris l’élan collectif qui avait ému le monde entier il y a dix ans.

    Par Dong Qiao, correspondante de China Media Group à Paris

  • Patrons et élus planchent sur la souveraineté lors du forum économique Soft

    Patrons et élus planchent sur la souveraineté lors du forum économique Soft

    « L’Europe : sursaut ou sursis ? ». C’est la question à laquelle ont tenté de répondre les plusieurs centaines d’entrepreneurs et élus présents pour Soft 2025, forum économique organisé par l’agence de développement de la Région Sud, RisingSud, ce jeudi à Marseille. « C’est l’occasion pour les grands dirigeants d’entreprises […] de parler de transition, innovation, d’industrialisation », résume Bernard Kleynhoff, président de RisingSud et conseiller régional.

    Le tout, avec quelques invités de marque comme l’ambassadeur de l’Ukraine (lire ci-dessous) ou encore le ministre délégué au commerce extérieur, Nicolas Forissier. Ce dernier revenait justement de Chine et a tenté de justifier la stratégie commerciale paradoxale d’Emmanuel Macron et ses gouvernements successifs. S’il vante « la révolution économique permanente » et la « planification » du pays de Xi Jinping, il juge que la France « verse trop dans la protection ». Même principe sur les accords commerciaux : d’un côté il plaide pour « plus de fermeté dans les négociations » et appelle à « ne pas être dépendant », et de l’autre il loue les accords de libre-échange, comme le Mercosur ou encore le Ceta. « Le Ceta, c’est tout bénef ! Le Mercosur est une opportunité ! », explique-t-il, tout en reconnaissant tout de même « qu’il faut protéger des filières sensibles ». En bref, il résume grossièrement le débat à « l’ouverture commerciale versus le protectionnisme et la fermeture des frontières ». Pas de quoi vraiment éclairer les lanternes des participants qui venaient débattre, par une série d’ateliers et de tables rondes, de la souveraineté européenne et française au sein de celle-ci.

    « On n’a pas de cohésion »

    Le président de la Région Sud, Renaud Muselier (Ren.) n’a pas manqué de rappeler sa capacité à capter les fonds européens pour des projets locaux : « Quand on est arrivé à la tête de la Région, on prenait 300 millions d’euros de fonds européens. À la fin de cette mandature on aura 10 milliards ! Ça finance d’Iter à Airbus jusqu’aux villages de haute-montagne où l’on refait des églises et des lavoirs. » Mais retombe dans la même forme de paradoxe que le ministre. Il loue l’aide financière de l’État ou de l’Europe en direction des entrepreneurs pour faire face au « souverainisme américain » mais ne veut pas entendre parler de contreparties. « Je suis d’une culture où il faut laisser grandir l’esprit d’entreprise. Nos voisins innovent et avancent pendant que nous, on fabrique des dispositifs de régulation permanents », développe-t-il. Compliqué donc de « redonner un sens à l’Europe » dans ce cadre.

    Finalement, certains patrons se montrent plus lucides. À l’instar d’Elie Girard, PDG d’Alice et Bob, start-up d’informatique quantique qui travaille sur des technologies potentiellement révolutionnaires : « À part Airbus, les géants européens ça ne marche pas vraiment. Le problème c’est que si on devient un géant en Europe, on sera vu comme un géant français pour nos voisins européens… Et ils achèteront américain. On n’a pas de cohésion suffisamment forte. »

  • [Entretien] He Youlin : « La Chine et les États-Unis doivent être partenaires et amis »

    [Entretien] He Youlin : « La Chine et les États-Unis doivent être partenaires et amis »

    La Marseillaise : Dans un monde secoué par les conflits, que retenez-vous de la rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping ?

    He Youlin : La rencontre du Président Xi Jinping avec le Président américain Donald Trump à Busan en Corée du Sud, a attiré l’attention du monde entier, leur dernière rencontre remonte à 6 ans. Ce premier tête-à-tête des deux chefs d’État depuis l’entrée en fonction du nouveau gouvernement américain marque le retour sur la voie du dialogue des dossiers économiques et commerciaux sino-américains. La Chine et les États-Unis doivent être partenaires et amis. C’est un enseignement de l’histoire et une nécessité réelle. Les deux chefs d’État sont convenus de poursuivre des interactions régulières. Le Président Trump a exprimé son souhait de visiter la Chine dans les premiers mois de l’année prochaine et invité le Président Xi Jinping à effectuer une visite aux États-Unis.

    Avant cette rencontre, le PCC a défini les contours du prochain plan quinquennal. Quels en sont les objectifs ?

    H.Y. : Le quatrième plénum du 20e comité central du Parti communiste chinois s’est tenu avec succès à Beijing. Le plénum a défini l’orientation historique du développement de la Chine pour les cinq ans à venir. Pendant la période du 14e plan quinquennal, la Chine a enregistré de nouveaux progrès pionniers, des réformes profondes et des réalisations historiques dans son développement économique et social. Au cours de ces cinq années, la puissance économique, la puissance technologique et la puissance globale de la Chine ont atteint de nouveaux paliers, avec une augmentation attendue du PIB d’environ 4 200 milliards d’euros par rapport à celui de cinq ans auparavant, le volume PIB de l’année 2025 est estimé à 17 000 milliards d’euros. Pour la période du 15e Plan quinquennal, l’économie chinoise, avec ses bases solides, ses nombreux atouts, sa grande résilience et son énorme potentiel, verra ses conditions de soutien et sa tendance fondamentale à long terme rester inchangées. La Chine transformera ses atouts en une efficacité réelle pour un développement de haute qualité.

    Quelles implications pour le reste du monde ?

    H.Y. : Le plénum a envoyé un signal positif selon lequel la Chine est prête à continuer à partager les opportunités et à promouvoir le développement avec tous les pays. Nous avons clairement indiqué qu’il fallait élargir régulièrement l’ouverture institutionnelle, sauvegarder le système commercial multilatéral et étendre la circulation internationale ; élargir activement l’ouverture autonome, promouvoir l’innovation et le développement du commerce, étendre l’espace de coopération en matière d’investissements dans les deux sens, et construire ensemble une initiative « la ceinture et la route » de qualité [les nouvelles routes de la soie, Ndlr]. Ces dispositions démontrent pleinement la ferme détermination et la confiance de la Chine à élargir son ouverture de haut niveau. Le développement de la Chine injectera inévitablement plus de certitude et d’énergie positive dans le monde.

    Elle fournira plus de sagesse et de solutions chinoises au monde, partagera les opportunités et se développera ensemble avec tous les pays du monde, y compris la France, promouvra une multipolarisation mondiale égalitaire et ordonnée et une mondialisation économique inclusive et bénéfique pour tous, et contribuera à la construction d’une communauté de destin pour l’humanité.

    Comment, dans ce contexte, envisagez-vous votre mission dans le Sud de la France ?

    H.Y. : Cette année marque le 40e anniversaire de l’établissement du Consulat général de Chine à Marseille. Notre Consulat s’est toujours engagé à développer les relations de coopération amicale entre le Sud de la France et la Chine. Nous continuerons à forger l’amitié, à promouvoir activement les coopérations gagnant-gagnant dans divers domaines tels que le commerce et l’investissement bilatéraux, les sciences et technologies, l’éducation, la culture, le tourisme, la connectivité et le développement durable, et à accorder une attention particulière au rôle de la finance dans le renforcement de la coopération bilatérale, afin d’accompagner le Sud de la France à mieux profiter des nouvelles opportunités offertes par le nouveau développement de la Chine et à apporter de nouvelles contributions à l’édification d’un partenariat global stratégique sino-français plus solide et plus dynamique.

  • Juno : un nouveau détecteur géant pour la chasse aux neutrinos

    Juno : un nouveau détecteur géant pour la chasse aux neutrinos

    Alors que deux détecteurs de neutrinos sont en cours de déploiement au fond de la mer Méditerranée avec le projet KM3NeT, un troisième est entré en service en Chine : Juno. « Un projet XXL », insiste José Busto, chercheur au Centre de physique des particules de Marseille (CPPM) et impliqué dans le projet depuis une dizaine d’années. Le détecteur est composé d’une sphère de 35 mètres de diamètre plongée dans une piscine enfouie à 700 mètres sous terre. Et il est complémentaire aux deux autres : « Ils observent des neutrinos différents », ajoute le chercheur. Ceux produits sur Terre par des centrales nucléaires pour Juno. Ceux venus de l’atmosphère ou du cosmos pour KM3NeT. Pendant dix ans, Juno étudiera les propriétés fondamentales de cette particule élémentaire –une brique de base, indivisible, de la matière– encore très méconnue.

    Théorisé en 1930 et découvert en 1956, le neutrino n’interagit avec presque rien –ce qui le rend difficile à détecter- et a une masse presque nulle. « Si faible qu’on a longtemps pensé qu’il n’en avait pas, souligne José Busto. Jusque dans les années 2000… » Aujourd’hui, les physiciens veulent étudier cette masse et notamment la hiérarchie des masses. Car il existe trois types de neutrinos : le neutrino-électronique, le neutrino-muonique et le neutrino-tauique. Lequel est le plus lourd ? Le plus léger ? « Nous avons des indices, mais c’est encore incertain », admet José Busto. Pour y voir clair, ils souhaitent étudier le phénomène d’oscillation -c’est-à-dire le passage des neutrinos d’un type à l’autre.

    Physique fondamentale

    Juno est positionné entre deux centrales nucléaires chinoises : celles de Yangjian et de Taishan. « Les centrales nucléaires produisent beaucoup de neutrinos », souligne José Busto. Mais il s’agit de neutrinos-électroniques à basse énergie. « Placer un détecteur à proximité est bien pratique pour les étudier », ajoute-t-il. Très précisément, Juno se situe à 53 kilomètres de chacune des centrales. « Selon les calculs, c’est là que se produira le plus d’oscillations », explique le chercheur. Quand un neutrino-électronique interagit avec le liquide contenu dans la sphère du détecteur, cela produit une réaction qui émet une lumière caractéristique. Ce signal permet de détecter l’interaction du neutrino, sa position, son énergie… « Le détecteur doit être ultra-sensible et s’affranchir des effets de la radioactivité ambiante », insiste José Busto. C’est là qu’a résidé la principale contribution du CPPM.

    À travers cette étude de la masse des neutrinos et du phénomène d’oscillation, les scientifiques espèrent répondre à des questions de physique fondamentale (voir interview). « Des premiers événements ont déjà été observés », glisse José Busto. Mais ils servent pour l’instant à calibrer le détecteur. Il faudra être patient avant d’obtenir les premiers résultats réellement utiles.

  • Alexis Sanchez en finale mondiale

    Alexis Sanchez en finale mondiale

    Premier objectif rempli pour Alexis Sanchez, à Shanghaï. Le para-rameur français s’est qualifié pour la finale des championnats du monde, en individuel. Le sociétaire du Marseille AAS a réussi à se classer 3e de la seconde série, ce qui lui a permis d’arracher son ticket au temps. Comme souvent, il est parti fort, restant proche de l’Anglais Ben Pritchard, finalement vainqueur de la course. Repris à mi-parcours par l’Italien Giacomo Perini, le Tricolore de 27 ans a résisté, dans le dernier kilomètre, au retour de l’Allemand Marcus Klemp. Moins de deux secondes entre les deux hommes et une qualification pour Alexis Sanchez, qui rejoint cette finale à six. Justement, il sera placé dans la ligne d’eau numéro 6 pour cette chasse à la médaille prévue vendredi à 8h20, heure française.

    Une autre chance en deux de couple

    Le rameur, amputé des deux jambes suite à un accident de moto, fait partie du gotha mondial dans sa discipline. Il a terminé 5e aux JO de Paris, une breloque dorée déjà remportée par le Britannique Pritchard. 4e aux championnats d’Europe de Plovdiv (Bulgarie), Alexis Sanchez est monté sur le podium lors de la Coupe du monde de Lucerne, à la fin du mois de juin (2e). Par rapport à sa série, le Marseillais aura vingt secondes à gratter pour espérer un podium mondial. Dans les temps de l’Ukrainien Roman Polianskyi sur le premier 1000m, c’est ensuite qu’il a faibli. Dans la nuit de mardi à mercredi, Alexis Sanchez sera aligné en deux de couple avec Perle Bouge. Une autre chance de médaille pour le duo français.