Tag: chantier

  • Avignon : premier point d’étape du chantier de Bonpas

    Avignon : premier point d’étape du chantier de Bonpas

    Au sommet du monticule pas encore goudronné qui sera, à l’été 2026, l’un des nouveaux ponts du carrefour de Bonpas, Dominique Santoni, présidente (LR) du Département de Vaucluse, se réjouit ce mercredi 15 octobre de l’avancée du « plus grand projet » de sa mandature, à l’occasion d’un premier point d’étape de celui-ci, lancé en mai dernier.

    « Pour l’instant, on est dans les délais », confirme fermement au micro, devant des dizaines d’élus, d’employés et d’ouvriers, Valérie Verrier, conductrice d’opérations du service Maîtrise d’ouvrage du Département. Un ouvrage qui devrait donc être mis en service avant l’été prochain. Ce n’est cependant pas la première partie qui sera terminée. En effet, le giratoire permettant l’accès à l’autoroute A7 devrait être achevé dès cet hiver. « Nous n’avons pour l’heure pas eu de surprises », confirme Hervé Beynet, conducteur du service de maîtrise d’ouvrage du Département de Vaucluse.

    Contraintes multiples

    Et ce, même si de nombreuses contraintes pèsent sur ce projet censé régler le « nœud routier majeur de Vaucluse », comme le présente le Département.

    La plupart sont déjà connues, telle que la nécessité de maintenir la circulation. Et ce, grâce à la construction d’une route temporaire qui sera ensuite réutilisée comme une voie moins fréquentée. Mais aussi, ce que Hervé Beynet qualifie de « la plus grosse » contrainte du chantier, à savoir le canal EDF. Celui-ci, qui permet l’irrigation de cultures sur le territoire, doit être curé, démoli puis reconstruit. Mais cela n’est possible qu’en période dite de « chômage » de celui-ci, ce qui ne se tient que pendant deux petits mois en hiver. « Et vu sa taille, on ne peut pas tout faire d’un seul coup », confie le conducteur du service. L’opération sera donc réalisée en deux temps, en 2026 et 2027, pendant le laps de temps où celui-ci est vidé en hiver. Mais aussi des imprévus, comme par exemple la grue qui a dû être abaissée… à cause de l’aéroport à proximité. Cela, toutefois, sans conséquence, la situation ayant été réglée avec une grue plus petite, un drapeau à damier rouge et blanc permettant de la signaler aux pilotes en journée, ainsi qu’un signalement lumineux la nuit.

  • L’ombrière quai Ganteaume commence à prendre forme à La Ciotat

    L’ombrière quai Ganteaume commence à prendre forme à La Ciotat

    « C’est vraiment en harmonie avec ce qu’il y a autour. Les mâts rappellent les vieux gréements d’antan, et les éléments de l’auvent en métal, la couleur du platelage », observe hier matin Alexandre Mendez, charpentier et serrurier. Son entreprise, Cerni, compte parmi les entreprises, toutes ciotadennes, à avoir remporté le marché de l’ombrière. « Ce matin, on a posé les 3 mâts, et on commence à fixer les éléments de l’auvent », détaille-t-il. Adjoint au maire délégué aux travaux, Noël Collura rappelle : « Pour cette ombrière, l’architecte des bâtiments de France (ABF) nous avait demandé de rappeler notre histoire, et les chantiers navals. Comme les premiers bateaux ont été construits en bois, puis en métal, nous avons donc répondu à ses exigences. » L’inspiration pour le projet ? Le jeune architecte, Sébastien Labastie, embrasse le Port Vieux du regard. « On n’a rien inventé. Tout est là », lance-t-il. Composée de 12 éléments en acier galvanisé thermolaqué, aux lames couleur beige-brun et au cadre gris, l’ombrière de 5 mètres de large et 25 de long formera comme un parallélépipède fixé à 3 mètres de haut par rapport au sol.

    Des mâts à demeure

    «Elle est attachée aux mâts, à demeure, qui dépassent de 11 mètres du sol et sont habillés de bois exotique, l’iroko », développe l’architecte. « Mais s’il n’y avait que ça, elle s’affaisserait, et donc des câbles la soutiennent. Car ici, on est à la fois sous l’influence du mistral au nord-ouest, et en même temps du vent d’est qui génère les tempêtes qu’on connaît. » Des mâts, des câbles, et sans doute bientôt la même stridence du vent au travers des filins d’acier. L’ombrière ressemble bien à un navire, mais immobile, accroché à son quai. Mais pas tout à fait immobile quand même. L’architecte des bâtiments de France a en effet demandé à ce que l’auvent soit démonté, « parce qu’il y a des monuments autour », indique Noël Collura. L’auvent demeurera accroché à ses mâts «du printemps à l’automne », après quoi il faudra le démonter à la fin de chaque saison. Comme il est installé tard cette année, la Ville, qui porte le chantier de l’ombrière de près de 400 000 euros, négocie cependant pour qu’elle reste jusqu’à la saison prochaine. Quant à l’historique du projet, Noël Collura explique : «en 2020, nous avons refait le Port Vieux. On voulait le refaire comme à l’époque, avec des arbres le long du quai, et on se garait en épi. Mais les Ciotadens nous ont dit qu’il manquait d’ombre. C’est pourquoi nous avons planté 18 arbres depuis l’Escalet, auxquels vont s’ajouter dix autres, et l’ombrière sous laquelle on pourra s’asseoir, et admirer les bateaux».

  • À Cassis, le collège Gilbert-Rastouin a été équipé d’une entrée sécurisée

    À Cassis, le collège Gilbert-Rastouin a été équipé d’une entrée sécurisée

    Accolé à une pinède, le collège, situé avenue des Gorguettes, a été, dans les années 1960, conçu par « René Egger, qui a construit beaucoup de bâtiments scolaires et universitaires dans la région », éclaire Sylvia Doudekova. Elle-même architecte à i-lot architecture, son agence (Marseille) « a gagné le concours de maîtrise d’œuvre du collège fin 2019, début 2020. Les études ont été réalisées jusqu’en 2022, et le chantier de mai 2023 à fin 2024 ».

    Sur ce site singulier, où René Egger a positionné 4 plots, situés sur différents plans, « le projet portait notamment sur la réorganisation de l’entrée de l’établissement, ni identifiable ni sécurisé. La loge était par exemple à l’étage du bâtiment A, nous l’avons redescendue. Des portiques ont été installés à l’entrée du collège », amorce-t-elle.

    « Boîte aux maux »

    Entourée, lundi matin, notamment par Béatrice Bonfillon-Chiavassa, conseillère départementale déléguée aux collèges, et Marie-Pascale Zanettin, l’architecte poursuit la visite. Entre la cour haute et la cour basse, « nous avons créé une liaison élargie, avec un emmarchement plus large, prolongé par des gradins », commente-t-elle. L’extension créée, « un socle en béton brut qui soutient une charpente en acier galvanisé elle-même support d’un complexe de couverture végétalisé sur bac acier », l’a été sur l’espace de la cour, triangulaire. Dans ce bâtiment, la vie scolaire donne sur la cour haute, et sur un toit végétalisé lui aussi en forme de triangle et une salle polyvalente, sur la cour basse.

    « Ce projet répondait à de véritables besoins », a souligné la principale du collège. « Il nous manquait une salle polyvalente, la mise aux normes handicap, la rationalisation de certains espaces comme la loge, le bureau des surveillants. Le préau fait aujourd’hui près de 630 mètres carrés, alors qu’on n’en avait pratiquement pas… » « Les travaux, qui ont coûté 6,7 millions d’euros, ont été d’envergure, dans un site occupé, ce qui n’est jamais facile », a observé la conseillère départementale. Un peu avant, le Département des Bouches-du-Rhône a offert une nouvelle « boîte aux maux », qui se trouve, au collège, dans un local dédié. « L’intérêt du dispositif est que l’élève peut informer de sa situation en toute discrétion. Chaque fois que quelque chose est signalé, les membres de l’équipe Phare qui lutte contre le harcèlement scolaire, s’en emparent », précise la principale.

  • Olivier Galzi se lance sans partis, sans exclure leur soutien

    Olivier Galzi se lance sans partis, sans exclure leur soutien

    Moi, mon patron, ce n’est pas le président d’un parti, c’est Avignon », pose ce vendredi 10 octobre Olivier Galzi, ancien journaliste et présentateur du JT de France 2, lors de sa première conférence de presse en tant que candidat aux élections municipales à Avignon en mars prochain.

    Et il commence celle-ci en annonçant vouloir créer « un îlot de protection local » avec son mouvement citoyen contre « la grande urgence nationale dans un temps de folie incroyable ». Mais ce, sans l’appui d’un parti, même s’il est présenté par Renaud Muselier, président (Ren) de la Région, comme une candidature qui « mérite une grande attention », ou par Dominique Santoni comme quelqu’un qui « amène un discours de bon sens, un regard différent ». « Car si on tombe dans une logique partisane, on retombe dans les affairements nationaux. Donc on doit proposer quelque chose de 100% apartisan et tourné dans l’intérêt de la ville d’Avignon », poursuit-il en prônant « le bon sens ». Il assure déjà avoir « plus d’une centaine de soutiens prêts à se mouiller la chemise » et qu’il sent ainsi « une dynamique ». Il sera ce samedi 11 octobre en tractation dans les rues du quartier des Carmes.

    Questionné sur ces soutiens, le candidat rétorque par l’interrogative en demandant si, « soutenu par Mélenchon, cela ferait-il de moi un insoumis ? » Tout en concédant que « quand on est apartisan, on ne peut pas commencer à exclure les partis ». Un soutien qui est le bienvenu donc, confiant plus tard que, s’il fallait le définir « sur un axe droite-gauche, je dirais que je crois beaucoup en l’entreprise ». Tout en ajoutant que « dans la vie locale, elles sont devenues une protection pour les familles ».

    Des propositions

    en janvier

    Si l’ancien journaliste n’a pas détaillé de mesures, il confie tout de même « vouloir redonner de l’attractivité à la ville ». Et ce à travers trois axes prioritaires selon lui. Avec en premier chantier la sécurité, en deuxième la propreté et en troisième la circulation. Et ce, sans détailler comment il compterait procéder, précisant qu’il « veut écouter les Avignonnais et les Avignonnaises jusqu’à Noël » afin « d’affiner » ses idées pour les proposer en janvier prochain. Il plaide tout de même pour une reprise de la liaison Est-Ouest, dénonçant des « tergiversations », tout en présentant le projet rejeté par Avignon et le Grand Avignon comme une solution contre la « perte d’attractivité » de la ville. Tout en reconnaissant « que des choses ont été bien faites » pendant les mandats de Cécile Helle, comme les rénovations de la rue Carreterie ou la cantine scolaire de qualité et à prix réduit.

    Quant à un rapprochement avec Paul-Roger Gontard (La Convention) ou Joël Peyre (PRG), il assure qu’il ne va « avec personne », mais qu’ils « sont les bienvenus ».

  • La Bastide Marin retrouve une nouvelle jeunesse

    La Bastide Marin retrouve une nouvelle jeunesse

    Érigée tout près d’un micocoulier géant, la Bastide Marin, ce vendredi en milieu d’après-midi, tient la vedette. La bâtisse, construite en 1560, reçoit l’éclairage rasant du soleil qui amorce sa descente vers l’ouest. « Rajeuni de 200 ans », comme le dira plus tard Mireille Benedetti, personnage clé de cette renaissance, le bâtiment, déshabillé il y a peu de ses échafaudages, a été, depuis décembre dernier, restauré. La bastide, avec ses façades couleur grège et ses menuiseries « de plus de cinq siècles » rénovées, souligne Stefania Guidicci, architecte du patrimoine, a la beauté sereine de celle qui a traversé les âges et les épreuves. Avec humour et de façon originale, Mireille Benedetti, impliquée depuis 2004, au travers notamment de son association « La Ciotat il était une fois » dans la sauvegarde de la bastide, lui prête, ce vendredi, sa voix. « Ce n’est pas Mireille qui vous parle, mais celle que nous honorons », lance-t-elle au public, près d’une centaine de personnes. « Pendant près de dix mois, j’étais là, j’ai soutenu les travaux des ouvriers. J’étais un peu inquiète car ils ont décroûté la façade, démonté les fenêtres. Je me suis interrogée : est-ce la fin ? Non, ce n’était pas la fin, mais le début. Moi qui suis une très vieille dame, je peux vous dire qu’on peut survivre à toutes les épreuves », énonce celle qui est également conseillère municipale d’opposition. Et de brosser, en quelques phrases, l’histoire tumultueuse de la bastide, située 1943 avenue Guillaume-Dulac*. « Mes propriétaires sont des hospitaliers. Ils ont accueilli ici les malades ou navigateurs en quarantaine. Jusqu’au XXe siècle, on y a soigné les malades, les blessés de la guerre. » Appuyant légèrement sur l’accélérateur, Mireille Benedetti « atterrit » en 1992, date à laquelle la Ville rachète le lieu. « Jusqu’en 2004, il ne s’est rien passé. Finalement, la Belle au bois dormant que je suis a été oubliée mais préservée », raconte cette passionnée.

    « Elixir de jouvence »

    « Ici, nous sommes dans un vrai bastion patrimonial », souligne le maire (DVD) Alexandre Doriol, présent avec Jean-Louis Tixier, adjoint au patrimoine. « Le résultat des travaux n’est pas un lifting, mais un élixir de jouvence. Et quand on voit tout le cœur à l’ouvrage que vous mettez, quand on est Ville de La Ciotat, on s’incline. Merci à vous tous d’avoir fait vivre ce lieu », applaudit le maire. En préambule, Philippe, un bénévole a en effet rappelé que « Les Amis de la Bastide Marin » comptaient aujourd’hui « plus de 5 000 adhérents » ! Alors que, pour ce chantier, l’association « La Ciotat il était une fois » était maître d’ouvrage, en partenariat avec la Ville propriétaire des lieux, et Archigem (architectes du patrimoine), maître d’œuvre, « la suite va consister à intervenir sur la structure de l’escalier à double révolution, et sur les cheminées ornées de gypseries du XVIIIe siècle », évoque Stefania Guidicci.

    * Pour les Journées de l’architecture, ouvert de 10h à 12h ce samedi.

  • Un accident du travail laisse l’intervenant tétraplégique

    Un accident du travail laisse l’intervenant tétraplégique

    Une entreprise du BTP et son gérant répondaient de blessures involontaires et d’omission de mise à disposition d’équipements de travail contre les risques de chute.

    Le 9 mai 2023, à 7h20 du matin, Alain, 70 ans, se hisse avec son donneur d’ordre sur un échafaudage fait de trois tréteaux surmontés de madriers. L’auto-entrepreneur est missionné en qualité d’ « OPC chantier » sur un projet d’extension de villa, boulevard Gillet (13e). « Depuis le début de l’année, j’avais dit que je ne monterai plus sur les échafaudages à mon âge, sauf qu’on m’a demandé de venir contrôler le coffrage d’une poutre » a-t-il expliqué hier, cloué sur un fauteuil roulant depuis la chute qui l’a laissé tétraplégique.

    « C’était pas mon salarié », se défend le gérant comme cela l’exonérait des mesures de protection. « À 7h du matin, quand il est arrivé on a essayé de monter rapidement l’échafaudage, mais on n’avait pas encore mis les garde-corps. Je lui ai dit qu’il était hors de question qu’il monte car il était âgé et en plus il boitait. Il nous a mis la pression. Il s’est précipité pour monter. »

    L’inspection du travail n’avait pas voulu se déplacer, expliquant aux policiers qu’elle n’est pas compétente pour les auto-entrepreneurs qui ne sont pas des travailleurs au sens du Code du travail. Les policiers n’ont pas fait de constatations sur place. Reste des témoignages divergents. « La cause de la chute, c’est l’absence de dispositif de sécurité sur le chantier » retient Me Alexandra Costecalde-Bossy pour la partie civile. « On nous oppose qu’en tant que travailleur indépendant, il serait seul responsable de ses propres équipements. Mais ce n’est pas à lui de venir avec son propre échafaudage ! »

    Pour la procureure Isabelle Candau, le prévenu tente de « se rattraper aux branches ». La victime n’est pas un sous-traitant, mais un intervenant indépendant, il n’en reste pas moins qu’il n’y aurait pas eu de chute s’il y avait eu des garde-corps. « Non, la victime n’a pas concouru à son propre dommage » dit-elle et réclame jusqu’à 4 mois avec sursis et 10 000 euros d’amende contre le gérant, et jusqu’à 40 000 euros d’amende dont une partie avec sursis contre l’entreprise.

    « En tant qu’auto-entrepreneur, l’intervenant est soumis à sa propre réglementation sur la montée et la descente de l’échafaudage. Les garde-corps étaient présents sur le chantier mais il était encore tôt pour les monter » soutient Me Thomas Hugues qui a plaidé la relaxe de l’entrepreneur. Il rappelle la pauvreté de l’enquête : « Il n’y a aucune démonstration de la preuve car il n’y a eu aucun relevé sur la scène infractionnelle. Quand les policiers sont repassés 3 mois après, les travaux étaient finis. C’est dramatique. » Délibéré le 20 octobre.

  • L’État finance un chantier pour renaturer la pointe de Berre

    L’État finance un chantier pour renaturer la pointe de Berre

    En observant les flamants roses patauger dans les salins, les installations du géant de la pétrochimie LyondellBasell se font presque oublier. La pointe de Berre est un lieu de contraste. « Il y a de l’industrie, mais ce n’est pas pour autant qu’il faut laisser tomber ce beau littoral », lance le maire de la commune Mario Martinet (DVG). C’est tout l’objectif de l’État, qui, par le biais de la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM 13), vient de lancer un chantier de renaturation de cet espace, dont il est propriétaire, pour un montant de 70 000 euros.

    Depuis la semaine dernière, deux engins se relaient pour évacuer 700m3 de gravats et de blocs de béton armé. « Ces déchets du bâtiment sont déposés depuis plusieurs décennies, explique Mathieu Eyrard, directeur adjoint de la DDTM 13. On n’en connaît pas vraiment l’origine. » Le sous-préfet de l’arrondissement d’Istres, Christophe Borgus, élude : « On voit les traces du passé, maintenant on se tourne vers l’avenir. À un moment, on prend nos responsabilités et on enlève ce qui doit être enlevé. »

    Aux manettes, l’entreprise berroise de travaux publics Calvin Frères, sélectionnée pour des critères environnementaux. Sa présidente expose : « Ce marché nous permet de participer à l’amélioration du littoral berrois et de valoriser dans un circuit court ces déblais rocheux, puisqu’ils seront concassés à 9km d’ici pour être réemployés. »

    Un hotspot pour l’avifaune

    À l’avenir, les accès aux véhicules seront régulés « pour éviter les roulages intempestifs et avoir une renaturation naturelle », souligne Ludovic Roulet, chef du pôle domaine public maritime de la DDTM 13. « On travaille avec l’association de chasse maritime locale pour mettre en place une gestion des espaces qui permette d’avoir une continuité de circulation entre les eaux salées de l’étang en démolissant d’anciens petits ouvrages. »

    Un suivi de l’évolution de la végétation sera réalisé en partenariat avec l’Office français de la biodiversité, ainsi que des observations des espèces présentes avec le Conservatoire du littoral et le Gipreb, le syndicat mixte en charge restauration écologique de l’étang de Berre, « afin de voir comment les populations avifaunes se comportent sur le site pour identifier d’éventuelles opérations complémentaires de renaturation plus techniques », précise-t-il.

    Car le site présente des enjeux environnementaux majeurs avec des zones humides, des marais salants, des habitats naturels, et la proximité de deux sites Natura 2000, essentiels pour la biodiversité locale. Ludovic Roulet développe : « L’idée, c’est de favoriser la présence de lieux de nidification et de nourrissage pour les oiseaux, mais aussi d’améliorer la vision qu’ont les habitants de l’étang de Berre, ce qui les engagera à mieux l’aimer et le respecter. »

    Mario Martinet se réjouit de ce « retour aux origines » qui s’inscrit dans la droite ligne de son engagement, qui s’est déjà traduit par la renaissance de la plage de Berre, disparue dans les années 1970, en juin dernier.

  • Le préfet ouvre un boulevard au COM

    Le préfet ouvre un boulevard au COM

    Après des années d’atermoiements, le Contournement ouest de Montpellier (COM) semble sur la voie royale. Le préfet de l’Hérault vient de lui offrir un boulevard, une autoroute, diraient les opposants à ce projet routier de construction d’une 2 fois 2 voies (plus une voie d’urgence empruntée par les bus) de 6,2 km entre Saint-Jean-de-Védas et Juvignac.

    Le double objectif affiché par les porteurs du projet, à savoir relier l’A709 à A750 et ainsi réduire le trafic de transit dans Montpellier, qui souffre des embouteillages et de la pollution, a été réaffirmé par le préfet de l’Hérault. Comme il s’y était engagé, François-Xavier Lauch est (enfin) venu, lundi 15 septembre, présenter aux maires et conseillers métropolitains les contours d’un projet jusqu’ici ficelé en coulisses entre l’État, le maître d’ouvrage désigné (Vinci) et l’exécutif de la Métropole.

    Durant cette séance de travail d’1h30 non ouverte à la presse, le représentant de l’État a défendu bec et ongles le COM qu’il juge « indispensable », comme le président Michaël Delafosse (PS). Selon François-Xavier Lauch, les résultats de l’enquête publique préalable qu’il avait programmée en août (au grand dam des oppositions) sont sans appel. « Quand 6 000 personnes se prononcent sur une infrastructure de ce type, avec 65% en faveur du projet, je pense que c’est beaucoup. » Suffisant en tout pour annoncer publiquement qu’il délivrera l’autorisation environnementale le 30 octobre au chantier qui pourrait débuter (après les diagnostics archéologiques) fin 2026 ou début 2027. D’un coût de plus de 300 millions d’euros financé par Vinci (qui se rémunérera sur la hausse du tarif des péages de l’A9 à Baillargues et Saint-Jean-de-Védas), l’infrastructure doit être livrée à l’horizon 2030.

    Le préfet juge et partie ?

    Ainsi la messe semble dite, même si le préfet dit « s’attendre à des recours ». Pourtant, à l’instar de René Revol (Grabels), Isabelle Touzard (Murviel) ou Véronique Négret (Villeneuve), des maires ont soulevé des interrogations voire émis des réserves. C’est aussi le cas de Manu Reynaud, pourtant fidèle adjoint au maire M. Delafosse. Plutôt que ce qui est désormais qualifié de « route express », l’élu écologiste aurait préféré un « vrai boulevard urbain limité à 70 km/h, pas 90 km/h ». D’autant, insiste-t-il, que « l’infrastructure est conçue pour 110 km/h donc surdimensionnée ». Persuadé, à l’instar de l’échec annoncé du doublement de l’A9, que les bouchons persisteront après le COM, Manu Reynaud s’étonne aussi d’apprendre qu’aucun aménagement pour le covoiturage n’a encore été envisagé.

    Du côté du collectif AutreCOM, pas d’étonnement. Mais on s’agace d’un certain passage en force du préfet. « Il bafoue son rôle d’arbitre, il a un devoir de réserve. Il devrait attendre le rapport du commissaire enquêteur », souligne une porte-parole du collectif d’opposants. Chez AutreCOM, on s’interroge aussi sur la crédibilité des trois études commandées par la Métropole et présentées aux élus lundi soir. « La première a été faite par des personnalités émérites au Canada, la seconde confiée à un géographe pro-Frêche et la troisième à un chercheur du CNRS qui critique l’agence Atmo », liste la porte-parole qui y voit « des études de complaisance financées par le contribuable ». « Elles reprennent les éléments de langage de Vinci, elles sont bâclées. Leur seul but est de discréditer l’étude des Shifters, qui prouve que le trafic induit n’est pas pris en compte dans le projet de Vinci. »

    « Pour un vrai boulevard urbain limité
    à 70 km/h »

  • Musée de la Navale : quand la mémoire ouvrière dérange

    Musée de la Navale : quand la mémoire ouvrière dérange

    « Depuis 36 ans, après avoir défendu les chantiers, puis ces travailleurs, puis sa mémoire, nous avons eu une seule promesse de musée en 2005, qui n’a jamais été tenue », rappelle pour commencer Lucien Conac, le président de l’Association pour le maintien des intérêts des anciens de la Navale à La Seyne (Amians). Un long combat au cours duquel ses bénévoles n’ont cessé d’être force de proposition. Comme en 2021, où l’Amians présente un projet de 300 mètres carrés dans le vaste espace libre de plus de 10 000 m² derrière le casino Joa. En dehors des moyens de la Ville, lui répond-on alors.

    « Sentant l’oubli venir nous avons voulu faire réagir et proposer en 2024 quelque chose d’incontestablement possible puisque déjà décidé par la municipalité en 2005 », reprend le responsable associatif. En l’espèce, la création d’un espace muséal ouvert à tous dans le local que l’association occupe actuellement au 2e étage de la porte principale des Chantiers, un des seuls vestiges témoins de cette histoire ouvrière encore debout.

    Rien de pharaonique. Puisqu’il s’agit d’abattre quelques cloisons pour dégager une salle d’exposition permanente de 70 m².

    L’ancienne maire LR Nathalie Bicais « laisse croire qu’elle accepte »… Mais rien n’est fait. Et celui qui tient les rênes de la ville depuis qu’elle a été empêchée, Jo Minniti (DVD), semble poursuivre cette longue période de procrastination.

    « Il nous a reçus le 27 juin et c’est ce jour-là qu’il nous a confirmé que les travaux étaient reportés aux grandes vacances 2026 », explique le président de l’Amians. D’où son incompréhension d’avoir récemment lu dans la presse celui-ci prétendre que c’était l’association qui était responsable de ce retard, l’accusant entre autres de bloquer l’ouverture du chantier.

    Pour un vrai un lieu de mémoire des chantiers

    L’association dément et nous montre le petit local dans lequel dès la fin des classes de la Navale les bénévoles ont transporté tout ce qu’ils souhaitaient conserver, afin de laisser place au chantier.

    Vraisemblablement c’est le stand tenu au forum des associations pour présenter le projet et continuer à faire signer la pétition, recevant le soutien de la population mais aussi d’élus et de candidats qui a provoqué la réaction du premier magistrat.

    Concernant la deuxième attaque portant sur la volonté soi-disant de l’Amians de ne pas partager l’espace, le président est encore plus clair. « Ce que nous voulons c’est un authentique lieu de mémoire pour raconter l’histoire de la construction navale seynoise, pas une maison des associations. »

    Et de préciser : « Nous sommes pour travailler avec tout le monde, toutes les associations, toutes les personnes qui ont autorité pour le faire sur la vie des chantiers. Mais pas n’importe comment. Il faut qu’il y ait un directeur qui soit désigné pour ses compétences et son engagement. »

    Le problème est peut-être beaucoup plus politique. Puisqu’il y a également une volonté de la Ville de modifier les classes de la Navale dans lesquelles les membres de l’Amians sont également engagés, révèle Lucien Conac. Et de poursuivre : « Lorsque nous avons pris contact avec l’inspectrice de l’Éducation nationale de l’époque, il était bien question, dans le programme d’histoire, d’apporter notre appui aux enseignants pour traiter l’histoire de la révolution industrielle à partir des réalités locales. » Or ce qui serait dans les tablettes c’est de s’orienter davantage sur la modification du paysage, s’insurge-t-il.

    Un sujet nettement moins subversif, c’est clair. Puisque cela permet d’évacuer l’histoire de la concentration de capitaux par les propriétaires des moyens de production. Mais aussi de toutes les luttes sociales menées par les travailleurs qui se sont battus pour une vie meilleure.

    « Et nous, si on parle des Trente glorieuses, c’est pareil. C’est parce que nous avons eu la chance de vivre une période où il y avait de grands syndicats puissants, bien organisés dans de grandes entreprises que nous avons réussi à avoir des progrès extraordinaires », conclut le président de l’Amians.

    C’est ça la mémoire ouvrière. Ça ouvre aussi des perspectives.

  • Dépollution des calanques : le chantier XXL a démarré

    Dépollution des calanques : le chantier XXL a démarré

    Sur le terrain qui surplombe le petit port des Goudes, la pelleteuse est en place depuis le 1er septembre. Les griffes de l’engin s’attellent au terrassement de l’espace qui doit accueillir la base de vie du chantier et la tente de confinement de 250m2, prévue pour résister aux vents extrêmes. Cette structure abritera les opérations de dépotage des scories des entreprises. à l’Escalette, les ouvriers sont déjà à l’œuvre pour neutraliser les vestiges toxiques de l’ancienne usine de traitement du plomb, dont les rejets ont ruisselé jusqu’à la mer.

    Le chantier, qui s’étend sur 29 hectares au cœur du Parc national des calanques, est inédit. Il s’agit d’une intervention à la fois nécessaire et délicate, menée sur un site classé et habité. C’est donc sous surveillance renforcée que doivent se réaliser les opérations de décontamination des sols, de la mer et de l’air, où arsenic, plomb, zinc et mercure se sont accumulés, pendant des décennies.

    L’État a confié la mission à l’Ademe, accompagnée du groupe Antea, de coordinateurs environnementaux et de contrôleurs de la qualité de l’air, pour assurer le suivi d’un chantier, dont la fin est estimée au 30 mars 2027. « On ne dépollue pas un site de métaux lourds, prévient Mélodie Gros, en charge de la maîtrise d’ouvrage à l’Ademe. pour les dépôts de taille raisonnable, on retire les résidus pour les évacuer dans un centre de stockage de déchets dangereux. Mais, sur les scories qui présentent un risque d’instabilité, on confine sur place ». Cette dernière solution vise à vitrifier ou maçonner un coffrage en béton. Le dispositif sera ensuite recouvert d’un habillage paysager.

    À Montredon, des riverains encore inquiets

    « C’est bien ce qu’ils font. C’est nécessaire. Mais est-ce que toutes les mesures suffisantes pour protéger vraiment les habitants ont été prises ? » interroge Rolland Dadena, de l’association Santé littoral Sud, tract en main, au bord du boulevard Alexandre-Delabre. Membre du collectif d’associations de riverains (ASLS, Fare Sud et UCL) qui remue les autorités depuis 20 ans pour défendre l’environnement et la santé publique, ce retraité regrette de ne pas avoir été invité à la présentation du chantier, réservée par la Préfecture aux médias. Le collectif avait saisi la justice et obtenu, par décision du Tribunal administratif de Marseille en date du 16 décembre 2024, la condamnation de l’État à dépolluer les Calanques avant le 30 juin 2028.

    S’il reconnaît « les moyens importants engagés », le collectif reste vigilant face aux risques inhérents à une telle entreprise de décontamination.

    Pour la calanque de Saména, face à l’ex-usine Legré-Mante, l’État a budgétisé 14 millions d’euros. Le reste du site est pris en charge par le propriétaire, le groupe suisse Ginkgo. Mais là encore, une inquiétude persiste : « Le préfet a refusé de prendre la main et on ne sait rien de ce qui s’y passe. On n’a pas de garantie », déplore l’associatif. Sur l’ensemble du chantier, le collectif demande « la mise en place d’un plan de veille et de suivi sanitaire par les services de l’état ». Un dispositif préconisé en 2005 par L’INVS et prévu dans le Code de la santé publique. « Pas nécessaire », avaient estimé plus tôt les opérateurs : « on est sur des mesures de prévention ».