Construit en 1928, le Cercle Naval de Toulon constituait, jusqu’en 2016, un lieu de réception et de restauration de la Marine. Classé Monument historique en 2018, il accueillera, dès septembre 2027, l’École des Industries Avancées (EDEIA), école d’ingénieurs spécialisée en robotique et système embarqué, et le Collège des sciences navales, centre de recherche cofondé avec l’École des Mines Paris – PSL, associant aussi l’Ifremer et l’École navale. Ce projet est lié à la feuille de route André Jubelin, qui vise à renforcer l’industrie de défense française dans le cadre de l’augmentation du budget militaire 2025-2030, prévoyant notamment la création de 10 000 emplois dans le Var. Coût du chantier : 6,9 millions d’euros. Ad.B.
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Un chantier solidaire pour lancer l’année de l’école de commerce à Aix
Les premiers jours en école de commerce ne se sont pas déroulés dans les amphithéâtres, mais dans le bruit des scies. Depuis lundi, les premières années de l’ESSCA (école supérieure des sciences commerciales) se relaient sur un chantier solidaire mené sur les pelouses de l’Institut des Parons, établissement médico-social spécialisé dans l’accueil de personnes en situation de handicap.
Dossards floqués aux couleurs de l’école sur le dos, ils sont une trentaine à manier scies et ponceuses, à s’essayer à la découpe et à l’assemblage de planches de bois. D’ici la fin de la semaine, tout un mobilier extérieur doit être installé dans l’un des espaces verts de l’institut afin de compléter le nouveau pôle autisme, qui accueille une quarantaine de personnes.
Provoquer le « déclic »Sur le vaste site de l’institut, plusieurs aménagements ont déjà été construits par des étudiants. Voilà six ans que l’ESSCA fait appel à l’entreprise britannique Splash Projects pour impliquer ses premières années dans un chantier solidaire en guise de séminaire d’intégration. « Les communautés, les associations avec lesquels nous travaillons décident ce dont elles ont besoin (…). Nos designers dessinent, puis le projet est mené par nos clients, explique Meg, de Splash. On crée des passerelles ! »
Côté direction, l’initiative permet d’implanter, dès les premiers jours de cursus, les « valeurs de l’ESSCA », juge Claire Bourgeois, directrice du campus aixois. Cette année, ils sont une centaine d’étudiants à participer au projet et à se relayer. Le chantier, débuté lundi, a été bouclé et inauguré ce vendredi 4 septembre. « Surtout, c’est une manière de se rencontrer totalement différente. D’être présents pour aider, pour construire puis de voir une inauguration ou les parents des résidents sont là. Ils ont l’occasion de voir que ce qu’ils font est utile », poursuit Claire Bourgeois.
Emmanuelle Bodu, responsable de l’expérience étudiante, estime « que ce qu’ils font aujourd’hui, c’est découvrir ce qu’est manager en équipe, travailler en s’ouvrant aux autres ». Sur les autres sites de l’école, dont les campus de Malaga et de Budapest, des chantiers similaires se déroulent simultanément. Parmi les étudiants, l’initiative a pu être une surprise. « On ne pensait pas faire des travaux la première semaine. On se sent utiles », estime Jade, entre deux coupes de bois. À ses côtés, Lou trouve que le projet s’inscrit dans l’idée qu’elle se faisait du commerce. « J’ai aussi choisi (ce cursus) pour le côté associatif, on va se retrouver devoir évoluer avec différentes valeurs, qu’elles soient sociales, environnementales. » Pour cette avant-dernière matinée de chantier, plusieurs résidents de l’Institut, les éducateurs, se sont rendus sur le site pour constater l’évolution des travaux. « Ces jeunes sont en devenir et, demain, ce seront peut-être des managers. Cette petite journée, ça peut faire des déclics », estime Thierry Pouplier, directeur de l’Institut des Parons. Globalement, participer à l’inclusion dans le monde du travail.
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Une coopérative italienne pour aller « au-delà des rêves »
Il aura fallu 20 ans pour que la coopérative « al di là dei sogni », littéralement « au-delà des rêves », voie le jour. C’est au sein de ce bien de 17 hectares situé à Maiano di Sessa Aurunca, dans la province de Caserte, saisi après l’arrestation d’un chef mafieux en 1991, comme le permettait déjà la loi italienne, puis définitivement confisqué en 1994, que les éducateurs marseillais ont été accueillis, durant une semaine, pour un échange d’expériences sur la lutte contre le narcotrafic.
Un chantier sabotéIls ont notamment pu rencontrer Simmaco Perillo, son président et fondateur. Un témoignage « fort » nous confie l’un des éducateurs, Mohamed Benmeddour. Transférée à la municipalité en 1998, la propriété a été abandonnée jusqu’en 2005. Une époque où « parler de la Camorra était encore très difficile : c’était un sujet tabou et parfois même dangereux », explique le président de la coopérative, qui dépose pourtant un projet, accepté et financé par l’Europe. Mais il lui faudra s’armer de patience et surtout de courage.
L’appel d’offres lancé par la municipalité pour rénover le bâtiment est remporté par une entreprise liée au clan des Casalesi, l’un des clans les plus puissants de la Camorra à Caserte. Le chantier est « réalisé de manière absurde » constate Simmaco, avec « par exemple les toilettes destinées aux personnes handicapées, mais pas accessibles en fauteuil roulant. Des fenêtres cassées, un système de chauffage qui ne fonctionnait pas avec des tuyaux qui entraient dans les murs, mais ne menaient nulle part ».
Simmaco signale les vices, le responsable des travaux publics de la municipalité est arrêté, l’enquête révélant sa proximité avec le clan. De quoi comprendre « quelque chose de très important », estime l’associatif : « Le mafieux n’était pas nécessairement le personnage correspondant au stéréotype traditionnel. Il pouvait aussi être un fonctionnaire municipal, bien habillé, avec une voiture et une cravate ». Une quinzaine de jours après avoir obtenu officiellement les clés, le 16 janvier 2009, des inconnus entrent dans le bâtiment et détruisent tout avant de disparaître. En « colère et frustré », Simmaco décide de planter sa tente et de vivre sur les lieux. Il sera rejoint par une quarantaine de jeunes de Maiano. Malgré les intimidations, « avec le temps, les choses ont changé », se félicite-t-il, heureux d’avoir gagné la confiance des habitants.
À la fois projet de réinsertion sociale, lieu de vie et de soins pour les plus précaires, la coopérative s’inscrit aussi dans l’agritourisme, proposant produits bios et restaurant. Elle propose des formations, y reçoit les écoles. Et ce n’est qu’un début. Depuis août 2025, la coopérative est propriétaire d’un autre site saisi à un entrepreneur en lien avec la Camorra, trois villas à Baia Domizia, avec vue sur la mer. Elle imagine en « faire un lieu polyvalent pour accueillir les jeunes de la région et y organiser des activités musicales, des débats et des initiatives sociales ».
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La RN202 fermée pendant deux mois, les commerces inquiets
En visite sur le chantier en cours d’installation mercredi, la préfète Isabelle Tomatis a écouté les inquiétudes des maires des communes affectées et expliqué l’importance des travaux de sécurisation de la route nationale, qui sera fermée pendant deux mois et demi, entre Saint-Julien-du-Verdon et Vergons.
« L’impact économique sur les commerces est catastrophique », regrette le maire de Vergons, Martial Joubert. Dans son village, le restaurant, dépendant du passage sur la route, a dû fermer pour deux mois et demi et mettre huit personnes au chômage technique. « En protestation, les habitants voulaient arrêter le Tour de France Femmes, qui passait par ici, avec des banderoles. Il a fallu faire de la diplomatie », se rappelle l’édile. « Cela nous impacte aussi, il y a déjà eu un début de saison difficile et cela vient s’ajouter », abonde le maire de Saint-Julien-du-Verdon, Thierry Collomp.
La préfecture le martèle avoir fait de son mieux pour faire des concessions et satisfaire les besoins des entreprises locales, tout en garantissant la sécurité des usagers de la route.
Une pause méridienneElle a notamment mis en place une pause méridienne, qui permet aux deux entreprises locales de BTP et de biscottes de se faire livrer, d’expédier et de transporter du matériel. De 12h à 14h, ainsi qu’avant 8h30, après 17h et le week-end, les véhicules peuvent circuler. « Des efforts ont été faits à l’issue de la concertation », insiste la préfète.
La préfecture tente également de mettre en place un remboursement pour les restaurateurs et commerces affectés.
Si les maires des communes alentour ont essuyé des critiques sur le montant des travaux, 8 millions au total, et 1,5 million pour cette année, la préfète le martèle : « La sécurité n’a pas de prix » et les travaux de sécurisation sont « indispensables ». En visitant le chantier, en cours d’installation mercredi, elle le constate elle-même en levant la tête vers la roche : « Cela peut nous tomber dessus à tout moment, on comprend immédiatement le danger. »
La préfecture et la Direction interdépartementale des routes Méditerranée (Dirmed) espèrent que les travaux, qui avancent petit à petit chaque année, avec des contraintes de temps importantes, s’achèvent d’ici 2028. Il est impossible d’intervenir sur la route pendant la période touristique, en hiver ou au printemps, pour respecter la biodiversité.
Un drone passe toutes les semaines pour surveiller l’évolution et vérifier si les écrans, positionnés pour récupérer les chutes de pierres, sont endommagés. Les écrans pare-pierres installés à cet endroit sont « les plus importants de toute la France », selon la Dirmed.
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Le chantier du collège Centre de Gap se poursuit
La sonnerie du collège Centre de Gap retentit et les élèves de sixième se dirigent vers leurs salles de classe, réorganisées du fait des rénovations. De l’autre côté des barrières de chantier, le président des Hautes-Alpes, Jean-Marie Bernard, et la vice-présidente chargée de l’éducation, Maryvonne Grenier, constatent l’avancée des travaux qui ont commencé cet été, après l’installation des modulaires fin 2025.
Le collège était très vétuste, avec notamment des infiltrations d’eau par la toiture. « Il fallait un parapluie pour circuler dans les couloirs », ironise Maryvonne Grenier.
Au programme : curage et désamiantage, rehausse d’un bâtiment pour gagner de la surface, destruction puis reconstruction d’un bâtiment… À la fin des travaux, prévus à l’horizon 2029, le collège disposera notamment d’une grande salle polyvalente et d’un préau, et sa capacité d’accueil s’élèvera à plus de 600 élèves. Pour cette rentrée 2026, ils sont 480 à être inscrits.
De gros investissements« C’était un chantier tellement attendu, il était temps », se réjouit Élodie Hoffmann, la principale de l’établissement. « Cela fait 25 ans que l’on parle de cette rénovation ! », confirme Maryvonne Grenier.
« Le Département a relancé la machine », explique Jean-Marie Bernard. Initialement, le dossier était entre les mains de la Région. « Mais ça a traîné, poursuit le président. Nous avons donc repris la maîtrise d’œuvre. »
Près de 22 millions d’euros ont été investis par le Département dans ce projet. « Parmi les trois gros chantiers de rénovation des établissements scolaires, il s’agit du plus coûteux », note Maryvonne Grenier. Cette rénovation vient compléter celle du collège des Hauts-de-Plaine à Laragne-Montéglin, aujourd’hui en finition, et celle de l’« école du socle », qui mutualisera école maternelle, primaire et collège à Serres. « Sur deux mandats, au total, près de 60 millions d’euros ont été investis dans ces travaux », estime le président des Hautes-Alpes.
Le Département a financé en parallèle de petits travaux dans différents établissements, comme récemment des réparations de la toiture du collège de Tallard et des rénovations dans celui de Veynes.
Agathe Di Lenardo
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À Marseille, les 6e découvrent des classes rénovées
Nouveau look pour de nouvelles vies. C’est dans une cour fraîchement rénovée que les 6e du collège André-Chenier (12e) ont fait leur rentrée, mardi, accueillis pour l’occasion par Martine Vassal, présidente (DVD) du Département, et ses équipes.
Mais c’est au chef d’établissement, aux airs marqués de chef militaire, qu’est naturellement revenu le discours de « bienvenue » aux tout nouveaux collégiens. « Le collège André-Chenier jouit d’une extrême réputation. Cette réputation est due à notre travail, mais surtout au travail des élèves, a-t-il débuté. Notre projet d’établissement est intitulé “tradition et modernité“. Tradition, car nous sommes ici attachés à certaines valeurs : travail, discipline, respect, politesse. (…) Ici, c’est la norme et c’est obligatoire ». Une entrée en matière presque adoucie par la prise de parole de la présidente, centrée, elle, sur « la chance d’apprendre ». « L’entrée en 6e est un cap. (…) Vous allez changer. Comme vous pouvez le voir dans les différents rangs, vous avez des tailles différentes. Vous allez aussi grandir différemment dans la tête, dans le corps. Les personnes présentes aujourd’hui sont là pour vous aider à faire cette mutation », a-t-elle rappelé. Et de poursuivre : « La chance que nous avons dans notre pays, c’est de permettre à toute personne, d’où qu’elle vienne, quel que soit son milieu social, de pouvoir apprendre. Saisissez-la ! »
Nouveaux locauxUne chance qu’on sait pourtant inégalement répartie, d’où, sans doute, la nécessité de la distribution du traditionnel kit de rentrée, remis à l’ensemble des jeunes lors de leur arrivée en 6e. Chaque élève entame donc sa scolarité dans le secondaire muni d’un ordinateur portable – dont le fonctionnement est interrompu à partir de 21h – une calculatrice scientifique Texas Instruments de niveau collège, et une carte C-Jeune, chargée à hauteur de 150 euros, utile pour payer une licence de sport, acheter des places de cinéma ou des livres. La carte est recréditée à chaque rentrée scolaire pour tous les collégiens.
En plus de leur nouveau matériel, les 6e vont donc pouvoir profiter de nouveaux locaux cette année, comme leurs camarades des autres niveaux. Une salle polyvalente et un CDI équipés de ventilateurs au plafond, des brise-soleil aux fenêtres, une entrée sécurisée, un toit tapissé de panneaux photovoltaïques qui alimentent 44% des besoins énergétiques du bâtiment et un sol désimperméabilisé pour que les eaux de pluie soient absorbées : autant d’aménagements qu’auront permis les travaux de réhabilitation, pour un coût avoisinant les 10 millions d’euros pour le Département. Entamé il y a deux ans dans le cadre du projet Charlemagne, qui promettait la rénovation de 132 établissements entre 2017 et 2027, le chantier a été livré le 28 août. « La question, pour un collège urbain, qui existe et qui a été construit assez bien, était de savoir comment le mettre au goût du jour, c’est-à-dire faire en sorte qu’il soit conforme au programme de l’Éducation nationale tout en respectant les normes environnementales, a détaillé le directeur de l’architecture et de la construction au Département. La restructuration a permis d’amener le collège aux normes actuelles et permet un respect absolu de l’environnement, sachant que le Département a une politique très volontariste sur le sujet, la présidente est extrêmement regardante. » Des arbres doivent encore être plantés dans la cour centrale pour y amener de la fraîcheur.
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La préfecture autorise la démolition de 124 logements à la Castellane
Au total, ce sont ainsi 124 logements qui doivent être livrés aux engins de chantier, sept ans après le début de la démolition de la tour K. Dans le cadre du chantier de renouvellement urbain de la Castellane et de la Bricarde, quelque 702 logements doivent être démolis et 900 autres réhabilités, avec la création de nouvelles rues, la requalification de trois groupes scolaires, la relocalisation des deux centres sociaux et la construction d’une nouvelle crèche. Un chantier à 304 millions d’euros.
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La digue de la Durance anticipe le scénario du pire
Dans le lit de la Durance, à quelques mètres de la bien nommée zone d’activité Bords de Durance de Cavaillon, un peu moins d’une dizaine de tractopelles et autres camions disposent des blocs de pierres de plusieurs centaines de kilos sur plusieurs dizaines de mètres le long de la digue.
Une opération de « confortement » de l’ouvrage afin de résister aux crues centennales. Le tout est piloté par le Syndicat Mixte d’Aménagement de la Vallée de la Durance (SMAVD) qui a présenté, jeudi 13 août, les avancées de l’opération qui devrait être terminée d’ici la fin de l’année. « On avait diagnostiqué des faiblesses dans l’ouvrage construit dans les années 90. Avec ces travaux, le tout peut résister à un débit jusqu’à 5 000 mètres cubes par seconde, ce qui équivaut aux crues centennales », explique Bertrand Jacopin, directeur des études et travaux pour le SMAVD.
Parmi les aménagements réalisés, les plus visibles sont ces gros blocs empilés sur plusieurs mètres de haut mais aussi dans le sol, le long de la digue. C’est ce qu’on appelle les « enrochements ». Ce qui permet à l’installation de moins subir les effets de l’eau. Ce que l’on voit moins, c’est la modification de la structure même de la digue et du talus, la partie visible de l’extérieur. « L’eau s’infiltre et il y a un risque d’érosion venant de l’intérieur. Il fallait donc le modifier », poursuit Bertrand Jacopin. Des arbres plantés le long de l’ouvrage ont également dû être déplacés. La plupart ont été plantés en centre-ville de Cavaillon. Quelques centaines de mètres plus loin, c’est un mur de béton qui a été renforcé. Des sortes de clous de plusieurs mètres ont été ajoutés pour éviter que la structure ne bascule en cas de crue.
Crues attendues
en octobre« Cela va protéger plus de 30 000 personnes », se réjouit le responsable des travaux. Des critiques avaient cependant émané de collectifs de sinistrés qui estimaient que des projets de la sorte ne protègent qu’une partie de la population. « On ne peut pas mettre des digues de partout. Ce serait bien trop cher. D’autant que le chantier sera sans impact pour l’hydraulique », évacue Bertrand Jacopin.
Le chantier doit également se faire dans un temps limité. Dès le mois d’octobre, les premières crues empêchent tout véhicule de s’approcher du lit du fleuve. Tandis qu’au printemps, différentes espèces se reproduisent dans le secteur, empêchant toute activité. D’après le SMAVD, les températures très chaudes de l’été annoncent généralement de fortes crues. L’occasion pour la digue confortée de prouver sa valeur.
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![[C’est l’été] Michel, mécano et copilote de choc](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/07/2597ef97814174a6d7643d6ea4deafa1.jpg)
[C’est l’été] Michel, mécano et copilote de choc
Si on le cherche, il est souvent dans le grand hangar, tôt le matin et tard le soir, à prendre soin d’un outil de travail qu’il connaît sur le bout des doigts. Michel Romani, mécanicien opérateur de bord, « l’acronyme c’est MOB », détaille-t-il, a pour mission de préparer et vérifier que mécaniquement, l’hélicoptère de la Sécurité civile est apte au vol. À savoir un Dragon H145 D3 de chez Airbus Helicopters tout neuf, un beau bébé à 14 millions d’euros, dotés de moteurs plus puissants que son prédécesseur et capable aussi de transporter 800 litres d’eau, s’il est équipé en conséquence, pour se transformer en bombardier en cas d’incendie.
« Je vérifie tous les éléments et je prépare l’appareil à sa journée de travail », précise-t-il en sortant la bête à l’extérieur du hangar au moyen d’une remorque télécommandée. Une maintenance qui « peut durer une demi-heure, trois quarts d’heure, une heure ». « On essaie le moins possible de pénaliser les missions. On essaie de faire ça très tôt le matin ou le soir », ajoute-t-il.
À bord, Michel Romani aide aussi le pilote à la conduite de l’engin, « on est les seuls à travailler dans le monde comme ça ». L’idée : apprécier au mieux la situation technique. Sur « certaines zones qui ne sont pas forcément proches de notre base, ça permet d’échanger en disant “Tiens t’as vu ce qu’on a eu comme voyant, qu’est-ce que t’en penses ? On peut rentrer, on peut pas rentrer, c’est dangereux…”. Et après, derrière, il y a une décision commune qui s’établit pour le projet d’action. » Il faut aussi tenir compte des 2h45 d’autonomie maximum même si « un petit réservoir supplémentaire donne 45 minutes supplémentaires », ajoute le mécano copilote. Si le travail relève avant tout d’une « osmose interne de l’équipe », la préparation reste cruciale. « Il y a beaucoup de discussions avant d’aller travailler sur une zone, qu’on appelle une zone de chantier. On va repérer l’environnement dans un premier temps. C’est-à-dire s’affranchir des lignes électriques, des arbres, l’aérologie, dans quel sens arrive le vent… Tous ces paramètres à prendre en compte pendant le vol », détaille-t-il avant de dérouler une « check-list ». « On va se dire des choses qui sont répétitives. On énonce des acronymes qui nous servent de pense-bête », ajoute Michel Romani. Une indispensable routine sans tomber non plus dedans, des instructeurs venant recadrer tous les 6 mois.
Une technologie qui aide
à la décisionLa technologie aide aussi à la prise de décision : « On navigue avec des systèmes qui sont très rassurants même si ce n’est pas pour autant que l’on n’est pas exposé aux nuages, au brouillard… »
Militaire dans l’aviation légère de l’Armée de terre pendant 18 ans puis rentré chez EADS (qui deviendra Airbus), fin 2001, Michel Romani bénéficie aussi de son expérience. Agent technique durant 4 ans dans un bureau d’ingénierie, il a touché à la conception des appareils. « J’ai découvert une autre facette du métier, j’ai vu l’autre côté, le développement, la fabrication. Donc j’ai commencé par le Tigre et j’ai fini sur le NH90, avec un petit peu de Super Puma Marc 2 Plus mais très peu. J’ai participé à mon petit niveau » raconte-t-il, intéressé par « la technicité, le développement d’un aéronef ». Mais l’appel du vol est le plus fort. Il embarque pour un CDI contractuel dans la Sécurité civile en 2005. « On n’est pas fonctionnaire, et si l’État demain décide de se séparer des 40 hélicoptères et bien on fait partie du lot », explique-t-il.
« Dans la Sécu, on n’attend pas la réalisation dans 4 ans, le résultat, on l’a tout de suite et on a la satisfaction d’avoir été utile. C’est un mélange de plaisir, parce qu’on est payés pour faire quelque chose qu’on aime mais à côté de ça, on ne se balade pas non plus, notre métier c’est d’être au service des personnes », pose-t-il. Et d’insister : « Sans passion, on ne peut pas faire ça. Ce n’est pas possible. Parce qu’il y a trop de contraintes. On travaille les week-ends, les jours fériés, à Noël, au jour de l’An… C’est 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Voilà, on est là pour ça. » La passion, un point commun aux 80 personnes qui travaillent à la base, et qui donne aussi « de l’énergie » quand « tout le monde est super motivé » se réjouit Michel qui ajoute l’envie de « former les jeunes », souvent des quarantenaires pour l’aéronautique, qui viennent en grande partie de l’armée et entament une deuxième carrière.
Le mental compte aussi quand les interventions s’enchaînent. « C’est vrai, on est détachés, et il le faut car on affronte souvent des trucs un peu graves », convient-il évoquant ce moment « avant Noël, vers Lançon-Provence, où il y avait eu un accident avec deux voitures. Un véhicule a été coupé en deux, la jeune conductrice est morte car elle était au téléphone. Elle a glissé et l’autre conducteur l’a vue arriver sur lui. On en parle suffisamment, il y a des campagnes, mais la réalité est là pour rappeler les conséquences », témoigne-t-il. Il se souvient également d’une mission au début de sa carrière, en Guadeloupe lors des mouvements sociaux de 2009. « On avait récupéré un môme de 11 ou 12 ans qui était en train de se noyer. Il faisait le bouchon, il s’était épuisé à nager pour revenir. On l’a sorti de l’eau et on l’a emmené à l’hôpital. C’est la partie gratifiante du métier, on se dit qu’on a servi à quelque chose », sourit-il. Il est aussi intervenu lors « des inondations, la tempête Alex… On se retrouve à sortir les gens à moitié nus par les Velux sur les toits… »
Mais pas question de se relâcher : « Ici finalement, on ne se repose pas, c’est une remise en question permanente », apprécie Michel Romani avant de repartir vérifier son treuil.

