Tag: Chambre régionale des comptes

  • Aubagne se lève pour la gratuité des transports

    Aubagne se lève pour la gratuité des transports

    On veut envoyer un message : la gratuité n’y touchez pas ! ». Devant la gare d’Aubagne, Maurice Marsiglia, président de l’Association se déplacer en liberté (Asdel), résume l’état d’esprit des plusieurs centaines d’habitants du Pays d’Aubagne qui manifestent pour le maintien de la gratuité des transports en commun, ce samedi matin.

    Il faut dire que les inquiétudes grandissent autour de ce conquis social en place depuis 2009 sur le territoire aubagnais. Après l’absence de vote du budget de la Métropole Aix-Marseille Provence face à un trou financier de 144 millions, la Chambre régionale des comptes recommande de « réinterroger » ce modèle. « Sa remise en cause serait catastrophique d’un point de vue écologique et social ! », dénonce Maurice Marsiglia, pointant un « triplement de la fréquentation » des transports en commun depuis la mise en place de la gratuité. « Ce n’est pas un symbole, c’est un combat », martèle Jean Pugens, membre du bureau de l’USR CGT 13 (lire ci-contre) et secrétaire de l’Asdel.

    Preuve de l’importance accordée à la gratuité, de nombreux élus de communes environnantes ont fait le déplacement mais aussi Jean-Pierre Squillari (DVG), le maire d’Aubagne.

    « Ce n’est pas une utopie »

    « Les transports en commun gratuits, c’est l’ADN du Pays aubagnais. Bien sûr que les recommandations de la CRC nous inquiètent, mais c’est le préfet qui va prendre la décision finale », explique l’édile. Avant de développer : « S’il se rend compte que nous luttons, que nous nous mobilisons pour conserver ces transports gratuits, on pourra orienter sa décision ». Marina Mesure, députée européenne insoumise va dans le même sens : « Depuis 2009, la gratuité des transports en commun est notre fierté en Pays d’Aubagne et de l’Étoile. Ce n’est pas une utopie, c’est un quotidien. » Pour elle, plus qu’une question financière, c’est surtout un choix de société : « C’est une conquête sociale et écologique indispensable. Au moment où la planète brûle, c’est le sens de l’histoire. »

    Les retraités CGT devant la préfecture

    L’Union syndicale des retraités CGT des Bouches-du-Rhône (USR CGT 13) organise, ce mardi 16 juin, une mobilisation pour défendre la gratuité des transports en commun pour les plus de 65 ans. Laquelle « a été obtenue en septembre 2025 après de nombreuses années de luttes », rappelle l’organisation, qui juge « qu’elle a fait la preuve de son utilité ». Le rendez-vous est fixé à 10h, devant la préfecture des Bouches-du-Rhône à Marseille.

    A.B.

  • Avant l’été, un grand nettoyage débute à Marseille

    Avant l’été, un grand nettoyage débute à Marseille

    Sur le quai de la Fraternité, les étals des poissonniers paraissent bien maigres à côté de la trentaine de véhicules de nettoyage stationnés, ce vendredi matin. Le dispositif se veut imposant, déployé pour illustrer la capacité qu’ont la Ville et la Métropole à « décaper Marseille ».

    Hedi Ramdane, adjoint au maire de Marseille délégué à la propreté, s’en félicite : « L’opération est faite à la demande du maire. C’est une nouvelle étape dans notre relation : la Ville et la Métropole vont pouvoir travailler main dans la main. »

    Sur le Vieux-Port, l’opération devrait durer 15 jours. « La question de la propreté est essentielle à Marseille, notamment durant l’été (…). Il y a un surplus de personnes, ce qui nécessite une action renforcée, expose l’adjoint. C’est la première pierre d’une opération qui va se prolonger au-delà du cœur de ville, pour pouvoir être réalisée dans d’autres secteurs. »

    Le coût du dispositif reste flou

    Devant les agents présents, Pierre Huguet, vice-président de la Métropole délégué à l’Amélioration du cadre de vie, martèle : « Vous l’avez compris, la volonté de la Métropole est de pouvoir mettre les moyens. » Par ailleurs, les élus promettent que de nouvelles machines de nettoyage arriveront d’ici quelques semaines.

    Cette opération propreté intervient dans un contexte budgétaire tendu, alors que la Chambre régionale des comptes vient de recommander d’importantes coupes dans les finances, dans la foulée du refus des élus de la Métropole de voter son budget (lire ci-dessus). Alors que le coût précis de ce dispositif reste pour l’instant flou, les élus tentent de rassurer : « Les chiffres correspondront à la réalité économique des Marseillais. »

  • Une Métropole des maires sous tension

    Une Métropole des maires sous tension

    L’addition était attendue, mais elle fait grincer des dents. En rendant son avis budgétaire ce jeudi midi sur les finances métropolitaines, un mois et demi après le refus de l’hémicycle d’adopter un budget grevé par les ponctions de l’État, la Chambre régionale a appuyé là où cela fait mal. Sur les 118 millions de coupes budgétaires soumises au préfet, qui doit rendre sa décision d’ici au début du mois de juillet, 53 millions d’euros pourraient être retirés à la dotation de solidarité communautaire (DSC), les fonds versés pour corriger les inégalités entre les communes. Si la fiscalité reversée aux communes, les attributions de compensation (AC) ne peut être modifiée sans vote à une majorité qualifiée des trois cinquièmes, ont confirmé les magistrats, cette coupe dans les dotations aux communes a de quoi faire tanguer la promesse du président (LR) de l’intercommunalité Nicolas Isnard, d’une Métropole au service des maires.

    Ex-président du conseil de territoire Marseille-Provence, vice-président de la Métropole lors de la dernière mandature et désormais sans délégation, le maire (DVD) de Gémenos, Roland Giberti, a ainsi interpellé le président de la Métropole pour protester contre la direction donnée à l’établissement public. Dans un courrier envoyé le jour même où la chambre régionale des comptes rendait son avis, celui-ci déplore le refus de voter le budget, qui avait été acté lors de la conférence des maires le 21 avril. « Laisser directement la main au préfet revient à renoncer à notre responsabilité et à transférer le travail à l’autorité représentant l’État », regrette-t-il. D’autant plus que beaucoup de maires n’ont pas été informés des échanges entre l’administration et les services de l’État. « Le silence ne peut pas tenir lieu de ligne politique », charge-t-il.

    « Hypocrisie » du RN

    L’ex-président de conseil de territoire déplore aussi : « Un déséquilibre croissant s’installe jour après jour au profit d’une gouvernance partagée instable et illisible. » En creux, le cafouillage sur les élections à la tête des organismes métropolitains a laissé des marques, après l’échec des candidatures marseillaises à One Provence et au syndicat mixte de l’Huveaune.

    Dans ce contexte, l’extrême droite se frotte les mains. « Nous saluons la plupart des recommandations des magistrats », applaudit face aux coupes l’élu UDR Jean-Baptiste Rivoallan, exception faite de celles qui touchent la dotation de solidarité communautaire. Mais face aux besoins de financement des transports, il refuse de mettre à contribution le patronat. Face aux critiques adressées à l’exécutif métropolitain, le collectif de droite Une génération pour Marseille dénonce « une hypocrisie », rappelant que le RN votait en janvier un amendement réduisant de 5 milliards les moyens alloués aux collectivités.

  • Marseille reste suspendue au couperet préfectoral

    Marseille reste suspendue au couperet préfectoral

    Le maire (DVG) de Marseille avait été le dernier à prendre la parole lors de la conférence des maires le 21 avril, pour défendre le refus de voter le budget métropolitain. Et n’avait eu de cesse, dans la foulée, de cibler les attributions de compensations versées aux autres communes. La copie rendue ce jeudi par la Chambre régionale des comptes ressemble à un douloureux retour de flammes : la municipalité marseillaise paye le plus lourd tribut, avec une perte sèche de 36 millions d’euros sur la dotation de solidarité communautaire négociée en 2023. Sans compter les restrictions imposées à la RTM désormais dirigée par la maire adjointe (DVG) Samia Ghali, ou sur la gestion des déchets.

    « C’est une équation mathématique qui est proposée par la Chambre régionale des comptes, ce n’est pas un exercice politique, et ce n’est pas ce qu’on lui demandait », souligne-t-on dans les couloirs de l’hôtel de ville. En affichant une satisfaction sur l’exercice réalisé par les magistrats, « qui va dans le détail pour comprendre le fonctionnement du budget métropolitain », et le constat, « un réquisitoire assez sévère de la majorité précédente ».

    Mais face à la lourde peine infligée aux finances communales, on insiste : « Ce sera au préfet de trancher, les recommandations ne l’obligent en rien. » Même si l’avis ne dresse pas plusieurs options possibles, comme certains élus métropolitains l’espéraient. « Si le préfet choisit de toucher la dotation de solidarité communautaire, cette coupe serait très difficile à encaisser pour de nombreuses communes, appuie l’entourage du maire. La Métropole est faite pour faire de la solidarité entre les villes, le préfet connaît son fonctionnement et sera dans la recherche d’une solution pour l’intérêt général. » En se défendant de chercher à mettre la pression sur la préfecture. Même si on reconnaît qu’il faudra trouver des solutions politiques, à compter de 2027. D’autant plus face aux promesses d’un « new deal métropolitain » lancées dans la campagne des municipales, qui avec ces coupes imposées trouvent des obstacles de taille sur leur route.

  • [Budget Métropole] Les agents redoutent une dégradation des services

    [Budget Métropole] Les agents redoutent une dégradation des services

    Au moins 4,4 millions d’euros d’économie sur la « charge de personnel et frais assimilés »… C’est ce que propose la Chambre régionale des comptes (CRC) pour rééquilibrer le budget déficitaire de la Métropole Aix-Marseille-Provence. Une économie sur les recrutements qui dégraderait les conditions de travail des agents et du service public, selon les syndicats.

    « Inquiet du gel d’une partie

    des recrutements »

    Bien que rassuré que la CRC ne préconise pas de baisse de salaire, Serge Tavano, secrétaire général du syndicat FSU-Territoriaux des Bouches-du-Rhône, se dit « inquiet du gel d’une partie des recrutements d’agents permanents ». Pour le syndicaliste, c’est le signe du « non-remplacement d’un départ sur deux ». Une perte de postes qui aura des conséquences sur les conditions de travail des agents, qu’ils soient dans l’administration ou l’opérationnel. « Parce qu’on demande souvent aux agents de faire des efforts et ils le font, car ils ont le sens du service public. Ils peuvent le faire sur du court terme, mais pas sur le long terme, ce n’est pas possible », s’alarme l’agent territorial.

    D’autant que cette baisse de budget risque de limiter le renouvellement des contractuels ou même leur recrutement, avec donc l’impossibilité de remplacer des arrêts maladies. Ce qui pourrait par exemple affecter le travail des éboueurs qui connaissent une augmentation de l’activité l’été. « On doit faire des choix budgétaires, mais pas sur les métiers de l’opérationnel », insiste-t-il.

    « Nous réclamons en urgence une table ronde avec l’ensemble des organisations syndicales pour que toute la transparence soit faite », partage de son côté la responsable de la CGT à la Métropole, Véronique Dolot, craignant les lourdes répercussions. « On essaie de présenter cela comme un exercice comptable, mais il s’agit bien de choix politiques, les seuls qui ont à y perdre sont les populations et les services publics. »

  • Des préconisations diversement appréciées

    Des préconisations diversement appréciées

    Jean-Pierre Squillari, maire (DVG) d’Aubagne

    « Ce ne sont que des préconisations pour le moment, car c’est le préfet qui va décider. Cependant, on est très inquiets pour la gratuité des transports sur le pays d’Aubagne. On ne peut pas d’un coup, d’un seul, supprimer ce qui a été acquis. La gratuité, c’est une institution ici. À ce sujet, d’ailleurs, je réaffirme qu’il faut se mobiliser, samedi, pour les transports de tout le pays aubagnais, à 10h devant la gare d’Aubagne (lire page 15). Il faut montrer que nous sommes mobilisés pour garder cette avancée sociale.

    Pour le reste, on est également inquiets, car on devrait aussi perdre la dotation de solidarité communautaire. Déjà que le budget était difficile à tenir, on se demande comment on va faire, on se pose des questions. ça va être très dur de tenir le budget, parce que là, on va presque perdre un million d’euros. Mais, pour l’instant, nous sommes dans l’incertitude, tant que le préfet n’a rien décidé. »

    Gaby Charroux,

    maire (PCF) de Martigues

    « D’après ce qu’on a pu voir, l’avis de la Chambre régionale des comptes est plutôt satisfaisant. D’abord, parce qu’elle se refuse à toucher aux attributions de compensation. À Martigues, cela représente 96 millions d’euros. Notre masse salariale municipale s’élevant à 92 millions, cela aurait signifié la suppression de centaines de postes municipaux. Il faut rappeler, aussi, que cet argent est une compensation de la suppression de la taxe professionnelle. Car quand les entreprises sont venues s’installer, il a fallu construire des écoles et des infrastructures, mais il faut continuer à les entretenir et les faire fonctionner. La Chambre a également décidé de ne pas proposer d’augmentation d’impôts. Ce qui signifie qu’ils font des économies sur les dotations de solidarité communautaires, en précisant le montant par ville. À Martigues, on perd 413 000 euros. À Marseille par contre, c’est 36 millions en moins, et c’est sûrement là que le bât blesse. On verra ce que le préfet décide. Mais la chambre régionale des comptes propose un axe à suivre, qui semble rigoureux et juste. Il faut rappeler que nous devons faire 140 millions d’euros d’économie sur un budget de 5 milliards d’euros. Selon moi, on aurait dû trouver des solutions au sein de la Métropole, mais je pense que l’on peut le faire. »

    Jérémy Bacchi, secrétaire du PCF

    des Bouches-du-Rhône

    « Nous ne voulons pas de l’austérité comme seul horizon. Les préconisations évoquées par la Chambre régionale des comptes mettent un coup d’arrêt aux projets de développement de notre territoire. Les répercussions sur les communes, déjà durement touchées par les coupes sombres des différents budgets de la nation, se voient à nouveau en première ligne. Elles sont pourtant un maillon essentiel de notre République, elles agissent dans la proximité pour faire vivre nos services publics et notre démocratie. Plutôt que de s’obstiner dans une logique austéritaire, il est urgent de repenser le développement de notre territoire pour créer de la richesse et donc des ressources supplémentaires à terme. Sans cela, notre territoire sera condamné au déclin, et avec lui, nos concitoyens et concitoyennes en paieront un lourd tribut. C’est pourquoi j’appelle M. le préfet, représentant de l’État, à prendre ses responsabilités pour faire prévaloir de solutions d’intérêt général ».

  • [Entretien] David Ytier : « Pas de solution tant que l’État ne bouge pas sur le versement mobilité »

    [Entretien] David Ytier : « Pas de solution tant que l’État ne bouge pas sur le versement mobilité »

    La Marseillaise : Comment accueillez-vous l’avis budgétaire rendu par la Chambre régionale des comptes ce jeudi ?

    David Ytier : On peut se questionner sur les mesures préconisées, mais nous disposons maintenant d’un audit complet, transparent, réalisé par des magistrats indépendants sur nos finances. Cela va nous permettre d’engager des discussions politiques et d’essayer de trouver des solutions pour équilibrer les finances de la Métropole pour 2026 mais aussi pour le reste du mandat. Même si ce n’était pas obligatoire, l’avis propose un certain nombre de pistes sur lesquelles nous pourrons travailler. Et il confirme qu’il est plus qu’urgent de prendre des mesures fortes, ce que nous disions dès le départ.

    Le président Nicolas Isnard défendait une Métropole des maires, avec comme priorité les transports. Cet avis menace le projet métropolitain ?

    D. Y. : Le président a convoqué une conférence des maires pour pouvoir en discuter. Ce qui est clair, c’est que quand on a des mesures urgentes et fortes à prendre, il n’y en a aucune qui est facile. Sinon nous n’en serions pas là aujourd’hui. L’avantage, c’est que la Chambre a cherché à identifier des mesures qui sont crédibles, notamment juridiquement. Nous ne pouvons pas tout faire, par exemple sur les attributions de compensation : c’est une dépense obligatoire qui relève du conseil métropolitain et des communes. Même s’il n’y a aucune mesure qui va pouvoir satisfaire tout le monde, il y a des pistes. Nous allons voir ce que le préfet va retenir, puis une fois que l’arrêté du préfet aura été signé, nous allons retrouver nos pouvoirs budgétaires. Et donc, nous pourrons refaire des ajustements, dans un cadre très contraint.

    Dans ces pistes, il y a l’abandon de la gratuité des transports, la fusion d’organismes métropolitains. Cela risque de faire grincer des dents…

    D. Y. : Nous avons un remède dès le départ qu’on demande à l’État, qui s’appelle le versement mobilité. Ce n’était pas le rôle de la Chambre d’en parler, évidemment. Mais c’est une mesure simple, basique, qui nous semble devoir régler une partie de nos problèmes. L’État, pour l’instant, ne bouge pas sur le sujet. Donc nous allons être obligés de s’équilibrer avec des remèdes compliqués à avaler. C’est clair et difficile. La gratuité, la location d’un certain nombre de lieux extrêmement coûteux, peut-être les attributions de compensation, ce sont des sujets dont il faut se saisir. Charge à nous de dire si on les suit ou on ne les suit pas.

    En bousculant les dotations de solidarité, la Chambre remet à plat le pacte fiscal voté en 2023. Il en faut un nouveau ?

    D. Y. : Les travaux vont démarrer sans doute en début d’été. J’espère que d’ici fin 2026, début 2027, on puisse disposer de ce pacte financier fiscal. Le précédent avait montré que c’est utile, les objectifs ont été pour l’essentiel suivis même si des clauses de revoyure n’ont pas été activées. Mais tant que l’État ne bougera pas sur le versement mobilité, tous nos efforts consisteront à accumuler des mesures de rigueur ou d’augmentation fiscale sans trouver la solution pérenne et structurelle. Le sujet est le même dans les autres Métropoles.

    Vous ne regrettez pas aujourd’hui d’avoir refusé de voter le budget ?

    D. Y. : Je n’ai pas de regret. Je me replace dans le contexte de début avril. Il aurait fallu qu’on valide un budget dans lequel il manquait 120 millions, et où la seule solution immédiate, c’était 5 points d’impôt en plus. Cela nous a permis d’identifier d’autres pistes, d’avoir un état des lieux transparent mis à la disposition de tous. Si nous avions mis le couvercle sur la marmite en rajoutant 5 points d’impôt, l’État continuerait à dire : « Vous voyez qu’ils arrivent toujours, ils ont des solutions, et basta. » Ce que l’on peut regretter, c’est quelles sont les solutions qui vont être choisies à la fin. Mais dans tous les cas, il faut une solution.

  • La Métropole à l’heure des coupes claires

    La Métropole à l’heure des coupes claires

    Ce jeudi midi, l’atmosphère brutaliste de la Chambre régionale des comptes est à la hauteur du message porté. Un mois et demi après le refus des élus de la Métropole Aix-Marseille de voter leur budget face aux coupes imposées par l’État, les magistrats financiers ont rendu au préfet une copie de près de 200 pages de préconisations. Pour que celui-ci puisse, sur la base de cet avis budgétaire, arrêter d’ici vingt jours un budget pour l’intercommunalité.

    Les élus provençaux avaient refusé de mener un « plan d’économies d’urgence » chiffré à 30 millions d’euros, leur laissant 90 millions de hausses d’impôts pour combler le déficit métropolitain. L’avis rendu ce jeudi par la Chambre régionale des comptes propose 118 millions d’euros de coupes budgétaires. « La Chambre ne fait que remettre un avis, le pouvoir de régler le budget relève bien du pouvoir du préfet des Bouches-du-Rhône », prévient d’emblée le président de la Chambre régionale des comptes, Xavier Lefort, au moment de présenter l’avis budgétaire à la presse. En trente jours, c’est un travail inédit qu’ont dû mener les magistrats qui ont examiné un budget de 5 milliards d’euros pour « assurer le fonctionnement a minima pour les semaines qui viennent de la Métropole ». D’autant plus que le déficit initialement chiffré à 123 millions d’euros s’élève finalement à 144 millions d’euros. Et le président de la Chambre de regretter : « Ne pas voter son budget, c’est renoncer à son pouvoir politique. »

    L’hémicycle métropolitain assumait une fronde politique, face aux prélèvements de l’État. « Contrairement à ce que l’on a pu entendre, les difficultés financières ne sont pas principalement dues à une baisse des financements de l’État », défend Xavier Lefort. Il cible davantage le coût des attributions de compensation, l’argent reversé aux communes pour compenser les anciens transferts de fiscalité, dont 174 millions sont indus répète-t-il. Et surtout le coût de fonctionnement des transports. Celui-ci explose avec la mise en service de nouvelles lignes de bus et tramway, sans recettes supplémentaires : en cinq ans, la subvention versée pour équilibrer son budget a doublé. « La Métropole a décidé de nouvelles mesures de gratuité qui aggravent cet effet ciseau », pointe le magistrat.

    Alors les transports devront payer. La Chambre propose de leur retirer 25 millions d’euros. La RTM, qui avec son nouveau contrat devait déjà réaliser 17 millions d’euros d’économies cette année, doit porter l’effort à 30 millions d’euros. Les autres services métropolitains sont aussi touchés. Des coupes à hauteur de 42 millions d’euros leur sont demandées. Les magistrats ont drastiquement réduit les frais de communication, les voyages, les études. Mais aussi les charges de personnel. Quelque 4,4 millions d’euros d’économies doivent être réalisées, dont 2,2 millions de gel d’embauches tandis que les crédits pour la médecine du travail sont divisés par deux. Pour la gestion des déchets, l’impact est de 2 millions d’euros. Les subventions aux associations et organismes métropolitains doivent de leur côté être réduites de 12 millions d’euros.

    Préconisations d’austérité

    Les attributions de compensations versées aux communes ne sont pas touchées. « Nous ne sommes pas en capacité de proposer une révision », explique Xavier Lefort, celles-ci devant être approuvées par une majorité qualifiée dans l’hémicycle. Mais la dotation de solidarité communautaire est presque totalement sabrée, avec 53 millions d’euros en moins sur les 66 millions prévus. Marseille paie le principal de la facture, avec une perte de 36 millions. Au risque d’un effet domino sur les finances municipales.

    Et les magistrats posent une série de préconisations pour l’avenir : une « maîtrise du contrat obligation de service avec la RTM », une gratuité des transports réinterrogée, avec plus de lutte contre la fraude, davantage de coupes dans les subventions aux associations, la fusion des organismes métropolitains… « La Chambre le redit, les prélèvements de recettes au bénéfice des communes membres devraient être revisités », insiste aussi Xavier Lefort.

    En tournant le dos à la recherche de nouvelles recettes. « Nous avons toujours considéré que l’augmentation de fiscalité est l’apanage des élus », explique-t-il. Malgré les marges de manœuvre notamment sur la redevance spéciale qui doit être levée auprès des entreprises pour la gestion des déchets, tandis que l’État refuse d’augmenter le plafond du versement mobilité payé par les employeurs pour les transports. Reste à savoir ce que proposera le préfet, d’ici la mi-juillet, sur la base de cette copie.

  • Des commerçants touchés par la tourmente métropolitaine

    Des commerçants touchés par la tourmente métropolitaine

    En appuyant sur le bouton rouge de la mise sous tutelle le 28 avril dernier, c’est une réaction en chaîne qu’ont déclenchée les élus de la Métropole Aix-Marseille. Parmi les victimes collatérales, des commerçants impactés par les chantiers métropolitains ne reçoivent plus le moindre centime des indemnités promises.

    C’est le cas à Aubagne du Régence, bien situé sur le cours Voltaire où le Val’tram doit entrer en service en 2027. Il y a deux semaines, celui-ci a vu son électricité coupée en plein service en raison d’impayés. « Ils ont bloqué pendant plus de deux ans la ville, et nous étions en face des dépôts du chantier du tramway, témoigne un responsable du restaurant. À partir de là ça a été la catastrophe. Cela a impacté la clientèle, la moitié du chiffre d’affaires a été perdue. » Son dossier avait été validé par la commission métropolitaine d’indemnisation amiable (CMIA), qui compense chaque semestre à hauteur de 60% des pertes constatées les professionnels touchés par les grands chantiers réalisés par l’institution. « Mais le dernier versement a été bloqué », déplore le responsable. Et face aux impayés, le courant coupé en plein service.

    « Stricte réserve juridique »

    « Une bonne dizaine de commerçants sont concernés, place Castellane à Marseille ou à Aubagne, partout où il y a eu des travaux », alerte Bernard Marty, le président de l’union des métiers et des industries de l’hôtellerie dans les Bouches-du-Rhône (Umih 13). Il déplore que ces indemnisations, déjà prévues, ne soient pas versées. « Nous ne sommes pas responsables des résultats financiers de la Métropole, tempête-t-il. Il y a des engagements pris, on aimerait qu’ils soient respectés. Tous ces commerçants sont en danger ! »

    « Il y a des situations très compliquées, nous avons identifié ce problème comme étant prioritaire », acquiesce l’adjointe (DVG) marseillaise au commerce, Rebecca Bernardi. « Tant que la situation n’est pas débloquée avec la chambre régionale des comptes, rien ne peut être versé », déplore-t-elle, alors qu’une commission qui devait se réunir a été annulée.

    « La Métropole est pleinement solidaire des commerçants impactés par les grands chantiers de transport », indique-t-elle, avec 268 dossiers déjà traités. Pour ceux qui ont déjà été validés, « le versement a subi un léger décalage technique lié au renouvellement de l’exécutif métropolitain » et doit être débloqué par les Finances publiques la semaine prochaine. Mais pour les nouveaux dossiers, elle reste « temporairement soumise à une stricte réserve juridique concernant l’engagement de nouvelles dépenses », jusqu’à la notification officielle du budget par le préfet début juillet. Après la validation lundi, la chambre régionale des comptes doit de son côté présenter sa copie ce jeudi, tandis que les maires de la Métropole se réuniront le 15 juin pour l’étudier.

  • [Rue de la République] Robin Prétot : « À Istres, nous allons fonctionner de manière plus horizontale et plus transparente »

    [Rue de la République] Robin Prétot : « À Istres, nous allons fonctionner de manière plus horizontale et plus transparente »

    Son élection

    Didier Gesualdi : Vous avez tourné assez violemment la page François Bernardini à Istres. Comment analysez-vous avec un peu de recul ce séisme politique ?

    On parle nous aussi de séisme. Nous aussi, l’écart de voix nous a surpris. On sentait qu’on avait une dynamique, on y croyait – il faut y croire – mais c’est vrai que le score a été assez net, d’autant que nous étions en triangulaire avec le RN. On fait 60% des voix, il en fait 30 et le RN 8. Il y a un vrai soutien de la population. Ça me satisfait parce que ça veut dire qu’on a coché toutes les cases. Je pense que ça s’explique à la fois par une lassitude, un rejet de M. Bernardini et de son équipe, mais aussi par une déconnexion qu’ils avaient sur les attentes des Istréens, qu’on a su peut-être mieux identifier et capter. Comme je le dis toujours à mon équipe : c’est très flatteur d’être élu à 60% en triangulaire, mais derrière, il y a un très haut niveau d’attente, une très grande exigence qu’il ne faut pas décevoir.

    Léo Purguette : Vous n’avez pas été très soutenu par votre famille politique et vous avez mis le RN très bas, comment l’expliquez-vous ?

    Les élections municipales, c’est peut-être le dernier scrutin qui est encore décorrélé des identités ou des idéologies politiques. Les gens n’ont pas voté pour moi parce que je suis de droite, ou parce que je ne suis pas de gauche, je ne sais pas comment le dire. Ils ont voté pour moi parce qu’ils me connaissent, que j’ai grandi avec eux, que je respire le même air qu’eux. L’exemple que j’ai pris durant la campagne : quand on dit qu’il faut rénover le centre-ville, est-ce que c’est de droite ou de gauche ? J’en sais rien, il faut le faire, c’est du bon sens, faisons-le. Quand on dit qu’on bétonne trop dans la ville, est-ce que c’est de droite ou de gauche ? Même si je n’ai pas été soutenu trop fort par les anciens de ma famille politique ou certains qui en font toujours partie, ce n’est pas bien grave parce que ce ne sont pas eux, mais les gens qui font l’élection.

    La Méthode

    Didier Gesualdi : Vous avez fait campagne sur la fin du « système Bernardini ». Ça signifiait quoi à l’époque et ça signifie quoi aujourd’hui ?

    Ça signifie qu’on va avoir une conception différente, moins verticale et plus horizontale. On a commencé à la faire en considérant mieux l’opposition. Une des premières mesures que je vais prendre, en tant que maire, sera d’élargir les droits de l’opposition.

    Didier Gesualdi : Vous êtes masochiste ? Vous voulez plus d’opposition ?

    J’ai été opposant moi-même et j’ai subi ce fonctionnement très centralisé où on verrouillait tout et où on ne nous donnait pas la possibilité d’exister vraiment, je ne veux pas le faire subir moi-même à mes propres opposants. Ils ont été élus aussi, ils ont une légitimité populaire, même s’ils ont perdu les élections. Le meilleur moyen de respecter les électeurs qui n’ont pas voté pour moi, c’est de donner la possibilité à leurs représentants de s’exprimer correctement. C’est ce qu’on a fait en travaillant ensemble le règlement du conseil municipal. On va aussi faire plus de transparence pour les citoyens en leur donnant accès aux replays des conseils municipaux, en mettant en ligne les documents budgétaires et en ouvrant la très grande terrasse qui me sert de balcon à la mairie pour profiter des feux d’artifice cet été. On va ouvrir la maison commune au peuple.

    Léo Purguette : On attend la copie de la Chambre régionale des comptes après votre refus de voter le budget de la Métropole. Faut-il réduire les attributions de compensation, qui sont pourtant vitales pour beaucoup de communes ?

    On s’est retrouvé au pied du mur. Le ver était dans le fruit, la Métropole a été mal montée depuis le début. Mon attribution de compensation, c’est-à-dire la subvention donnée à la Ville d’Istres au regard de l’histoire intercommunale, c’est 57 millions, soit la moitié du budget de la Ville. Si on me bouge cette somme d’1 ou 2% il faut trouver dans les caisses 1 à 1,5 million d’euros, c’est juste impossible. Toutes les Villes concernées se retrouveraient à leur tour à rendre leur budget à la Chambre régionale des comptes, on ferait tous faillite et la Métropole va s’effondrer sur elle-même. La piste n’est pas là. On peut se poser la question de la dotation de solidarité communautaire, il y aura un plan d’économies que le président Isnard a commencé à engager.

    Le procès

    Léo Purguette : Le procès de François Bernardini s’est ouvert lundi. Vous avez finalement décidé de vous porter partie civile en tant que commune. Pourquoi ce choix ?

    J’ai beaucoup réfléchi, beaucoup hésité. Je n’étais pas du tout dans cette logique au début. J’ai toujours expliqué, pendant la campagne, que je n’étais pas magistrat, pas procureur, mais un homme politique en campagne et qu’il fallait que chacun reste à sa place. Maintenant, les responsabilités qui sont les miennes en tant que maire d’Istres, c’est de défendre les intérêts de la Ville et dans le cadre de ce dossier avec plusieurs sujets qui peuvent toucher les finances communales, la question c’est : est-ce qu’on est victime ou pas ? On doit toute la vérité aux gens et aux agents, certains attendent que leur honneur soit lavé. Le meilleur moyen de savoir si des dérives concernent les finances publiques, c’est de se porter partie civile à ce procès. Aujourd’hui, on veut avoir accès au dossier, être partie à l’audience, sans esprit de revanche. Moi, je ne viens pas rejouer un match qui est déjà plié. Ce n’est pas mon objectif.

    L’incinérateur

    Didier Gesualdi : Vous avez dit qu’Istres n’avait pas vocation à accueillir tous les déchets du territoire. Ça veut dire que le projet de Suez ne se fera pas ?

    En tout cas, on fait tout pour que ça ne se fasse pas et j’ai bon espoir qu’on y arrive. Ça fait partie des surprises du début de mandat. J’ai découvert ça le 1er avril, comme une mauvaise blague. 250 000 tonnes de déchets, des centaines de camions qui viennent dans la ville.

    Léo Purguette : Suez conteste la qualification d’incinérateur, de quoi s’agit-il selon vous ?

    À partir du moment où vous brûlez des déchets, ça s’appelle de l’incinération. On peut toujours mettre des cache-sexes, décrire ça comme un petit poêle autour duquel on va se réchauffer en se balançant sur une chaise à bascule, ce n’est pas la réalité. La gestion des déchets doit se faire à l’échelle régionale. Notre territoire a déjà largement pris sa part avec la décharge d’Entressen, où étaient enterrées les poubelles des Marseillais et avec la construction de force de l’incinérateur de Fos. Il y en a marre. Place aux autres.

    Les projets

    Léo Purguette : Vous semblez vouloir arrêter beaucoup de choses, mais quels sont vos projets ? Vous venez d’être élu maire, que restera-t-il de Robin Prétot dans 7 ans ?

    On a créé des commissions extra-municipales lors du dernier conseil municipal pour pouvoir associer la population et les personnes qualifiées. Ça va être d’abord la rénovation du centre-ville qui est fortement dégradé. C’est le fameux « plan Phénix » qu’on va lancer pour injecter un peu d’argent et des moyens mutualisés avec la Métropole pour rénover de fond en comble ce centre-ville, et redonner du souffle à nos commerces et à notre vie touristique. Le deuxième sujet, c’est le parc de Boisgelin qu’on a promis pendant la campagne. On va lancer la première réunion de travail pour caler le modèle juridique et technique. On a présenté aussi le « plan de Coubertin » pour rénover les gymnases. Plutôt que d’en construire des nouveaux, il faut investir pour valoriser ces équipements.

    La droite

    Léo Purguette : La « Métropole des maires » qui conjugue droite et gauche tiendra-t-elle ?

    Cette Métropole a été prise en otage par une forme de prolongation du match des élections municipales de Marseille. Le président de la Métropole n’est ni Marseillais, ni Aixois, on peut sortir de ces logiques-là. Tous les maires, de droite ou de gauche, ont été élus légitimement par leurs électeurs, ils doivent être respectés. Je serai constructif. M. Payan comme les autres est légitime.

    Léo Purguette : Catherine Pila et Ludovic Perney briguent la tête des LR 13. Quel est votre choix ?

    À titre personnel, je soutiens la candidature de Ludovic Perney. Je suis un maire jeune qui prône le renouveau, je ne peux que soutenir un candidat jeune qui prône le renouveau. Ce n’est pas du tout en opposition à Catherine Pila, mais Ludovic, je le connais depuis longtemps, il a le bon profil.

    Didier Gesualdi : Les LR subissent des départs vers l’extrême droite. Peuvent-ils disparaître ?

    Non, je crois au clivage droite-gauche. Il existe dans tous les pays. Le spectacle national est pitoyable, je m’en tiens éloigné.

    La gestion

    Didier Gesualdi : François Bernardini a permis à Istres d’avoir un certain standing. C’est la forme de son action qui n’allait pas selon vous ?

    On vivait au-dessus de nos moyens. On a eu cette culture-là à la vieille époque du SAN Ouest Provence, où l’argent coulait à flots avec la taxe professionnelle. On pouvait beaucoup investir, avoir la folie des grandeurs. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Il faut être raisonnable avec l’argent public. C’est facile de construire un gymnase avec 70% de financement d’autres collectivités, mais après, il faut le faire fonctionner. Il faut bien payer l’eau, l’électricité, les agents…

    Léo Purguette : Vous avez fait le choix, avec le nouveau président de la Métropole, d’interrompre le processus menant vers l’ouverture du grand théâtre d’Istres. Pourquoi ? Les habitants ne vont-ils pas en pâtir ?

    On n’a pas interrompu le processus dans le sens où les travaux continuent. Il y aura trois mois de retard à cause d’une entreprise qui se décharge d’un lot très précis.

    Léo Purguette : Une fois fini, il n’ouvrira pas au public à la date prévue…

    Le but c’est qu’il ouvre au public. Mais ce qu’on dit, c’est qu’il n’ouvrira pas tant qu’on n’aura pas trouvé de solution idéale pour le supporter. Ce qu’on a fait c’est tirer la sonnette d’alarme. Cet équipement va être une pépite pour la commune, mais on ne doit pas se poser la question de son fonctionnement le jour où on coupe le ruban. Une fois qu’on aura trouvé le modèle, j’ai bon espoir qu’on arrive à une ouverture comme prévu en septembre 2028. Je pense qu’on y arrivera.

    Léo Purguette : Vous pensez à quoi ? Une privatisation ? Une délégation de service public ?

    Ça peut être une délégation de service public ou un modèle un peu hybride. c’est pour ça qu’il faut qu’on mette les techniciens juridiques, financiers et les professionnels du milieu culturel pour voir quel est le bon modèle. À mon niveau, je n’ai pas la bonne solution.

    Didier Gesualdi : Vous voulez cesser de bétoniser, mais que dites-vous aux Istréens qui cherchent à se loger ?

    Il y a une juste mesure entre construire 0 logement et 1 000 logements par an comme aujourd’hui. C’est deux fois plus qu’Aix-en-Provence alors que l’on a que 45 000 habitants. Martigues, Aubagne ou Salon en font entre 150 et 200 par an. Il faut loger les gens bien sûr, mais dans une juste mesure, car une fois qu’on a des logements, quid des parkings, des routes, des services publics, des places en crèches ? On ne se pose jamais ces questions.

    Didier Gesualdi : Si je vous écoute, j’ai l’impression que je vais avoir affaire à un maire gestionnaire alors qu’il y avait un maire bâtisseur. Ça ne fait pas rêver. Comment faire rêver les Istréens ?

    Ce qui ne fait surtout pas rêver, c’est de se retrouver quand il faut payer sa taxe foncière avec une nouvelle hausse d’impôt. À titre personnel, je vis dans 110 m², je paye 2 300 euros de taxe foncière pour un appartement au centre-ville. Je trouve que c’est hors-norme. Le but d’avoir un maire gestionnaire, c’est de préserver l’avenir, de pouvoir avoir des équipements avec en face des bonnes recettes pour ne pas avoir de mauvaises surprises et venir encore chercher le contribuable.

    Léo Purguette : Pour ou contre la hausse du versement mobilité ?

    Je suis favorable au déplafonnement du versement mobilité. Cette taxe que payent les entreprises peut se faire de manière différenciée sur le territoire. Dans le golfe de Fos, toutes les entreprises se plaignent qu’il est mal desservi pour leurs salariés.

    La République c’est quoi ?

    Robin Prétot : « On dit souvent que c’est le modèle le «moins pire» pour une société, pour moi, c’est le meilleur modèle démocratique. Il promeut le pouvoir au peuple, c’est ce qu’on essaye de faire à l’échelle locale, à Istres. C’est un système qui ne doit pas s’exonérer du concept de nation qui va avec. La République, c’est un système institutionnel qui ne fonctionne que si, derrière, il y a une nation unie. »

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Jean-Luc Rovinelli :

    Bonjour. Pourquoi cette hostilité contre la gratuité ? Si ce sont les habitants qui payent alors qu’avant c’était gratuit, où va l’argent ?

    D’abord, la gratuité, il y a toujours quelqu’un qui paye en réalité. C’est généralement le contribuable. Moi je préfère toujours faire payer l’usager plutôt que le contribuable parce que, par principe, c’est plutôt à ceux qui utilisent un service de le payer. Les taux d’imposition à Istres sont déjà hors-norme. Voilà pourquoi je suis contre le tout gratuit. En plus, cela donne l’impression aux gens que c’est vraiment gratuit, alors qu’il y a quelqu’un qui paye, ça crée l’illusion que c’est la fête alors qu’il manque de l’argent partout. Il y a des réalités économiques, financières et budgétaires aujourd’hui qu’il faut bien réaliser. Ça ne veut pas dire que l’on ne peut pas avoir des tarifs sociaux selon les niveaux de revenus, par exemple sur la cantine.

    Léo Purguette : Si on suit votre raisonnement, vous allez donc baisser la fiscalité ?

    Pour l’instant, il n’y a surtout pas de hausse. Il y a eu trois hausses successives lors du dernier mandat. On est à 54% de taxe foncière, quand je dis ça aux autres maires, ils hallucinent. On est au max ! La règle number one c’est : « on n’augmente plus du tout les impôts ». Et dès qu’on pourra les baisser, on les baissera. Dans la campagne, j’ai dit qu’on prendrait le temps de voir. C’est le but de l’audit.