Tag: CGT

  • La Fête des alternatives prône d’autres modèles

    La Fête des alternatives prône d’autres modèles

    C’est à nous de créer la société et non dépendre de directives gouvernementales sur le modèle d’une économie libérale débridée », donne le ton Erwan Bouisseren, de l’Union locale CGT d’Aubagne. « Avec cette fête, nous voulons montrer que des alternatives existent pour créer un autre monde non pas régressif, mais qui respecte l’humain et la planète », déclare-t-il. « Sensibles à l’impact de l’activité humaine sur notre environnement, soucieuses de la santé des travailleurs dans leur entreprise, inquiètes de l’évolution productiviste et capitaliste de notre économie et des restrictions de nos libertés que cela engendre, 25 associations se sont mobilisées pour organiser cet événement autour des alternatives possibles et nécessaires pour répondre à l’urgence écologique, économique et sociale », présente-t-il. La fête se déroule de 9h à 17h au boulodrome, sur le cours Négrel-Féraud, prêtés par la municipalité. L’expo Durance 360 degrés est à voir à la salle l’Univers du cigalon.

    De 9h à 13h, un marché paysan sera installé cours Négrel-Féraud. Le matin et l’après-midi, des tables rondes nourriront, elles, les réflexions. De 10h à 12h, Christian Ollivier, élu à Roquevaire et spécialiste de l’eau, participera, avec Marina Mesure (FI), élue au Parlement européen, un ex-cadre de la SPL Eau des collines, la référente biodiversité France Nature Environnement, à celle intitulée « Eau, bien commun ». De 14h à 16h, conférence et débat autour de « alimentation, production, consommation », avec par exemple le secrétaire de la Confédération paysanne 13. Sur place, le public retrouvera les stands des assos, un bar et une restauration engagés, et de la musique, avec les groupes Los Fralibos et le collectif Kalapech.

  • Vaucluse Un prétendu petit abattement en trompe-l’œil

    Vaucluse Un prétendu petit abattement en trompe-l’œil

    On ne sait pas si le message passera comme une lettre à la Poste, mais l’union des retraités CGT de Vaucluse y a mis tout son cœur, vendredi, en fin de matinée. Serge Andreozzi, membre du bureau et retraité de La Poste, a déposé dans la boîte aux lettres de l’antenne de l’Agirc-Arrco, dans l’intra muros d’Avignon, une motion pour la revalorisation des retraites complémentaires. Une dizaine de retraités l’accompagnait lors de ce rassemblement, s’inscrivant dans un appel national (lire ci-dessus), jour d’un conseil d’administration des caisses complémentaires de retraite.

    « Depuis 8 ans, le taux du point n’a pas bougé, à l’inverse de l’inflation : cela me fait perdre 200 euros par mois », calcule Serge Andréozzi. Le syndicat, soulignant la très bonne santé financière de l’Agirc-Arrco, exige notamment la mise en place automatique d’un principe de revalorisation annuel indexé sur l’évolution du salaire moyen.

    Les retraités CGT goûtent peu les propositions budgétaires du gouvernement Lecornu. Comme la suppression de l’abattement fiscal des retraités et son remplacement par un forfait de 2 000 euros. « J’ai fait les calculs hier soir, ça m’a empêché de dormir, j’aurais dû attendre ce matin car ça réveille, expose Serge Andreozzi. Avec mon épouse, nous avons 2 800 euros de retraite cumulée avec un abattement fiscal de 3 000 euros. Si le budget passe, on sera imposé de 40 euros de plus par mois, mais en cumulé, on perdra 110 euros avec le doublement des franchises médicales. » Françoise Lichière, ex-secrétaire générale de l’USR CGT 84, abonde en mettant en lumière l’effet pervers de ce changement fiscal : « On nous bassine depuis des semaines sur le fait que c’est juste une petite somme en plus par mois, mais en redevenant imposable, il y a plein d’autres petites choses en plus à payer comme par exemple l’abonnement transports. »

    Les retraités vauclusiens s’attellent déjà à la préparation locale de la journée d’action nationale et intersyndicale du 6 novembre. « On ne va pas rester les bras ballants », prévient Serge Andréozzi.

  • Les travailleurs sociaux des Flamants reçus en préfecture

    Les travailleurs sociaux des Flamants reçus en préfecture

    « On veut continuer à travailler dans les quartiers Nord, ce n’est pas normal de se retrouver devant la préfecture », confient les travailleurs de la Maison des solidarités des Flamants (14e), en grève, et reçus en délégation jeudi matin, en préfecture puis au Département. Après 1h30 d’entretien avec la commissaire divisionnaire affectée à la lutte contre le trafic de stupéfiants dans les quartiers Nord, Sarah Tournemire, les représentants font état d’un échange globalement positif, quoiqu’insuffisant. « Ils ne peuvent pas mettre des équipes à demeure. La géographie des Flamants est difficile à sécuriser », relate Valérie Marque, secrétaire générale CGT au Département. Elle poursuit : « Ils annoncent, à la rentrée des vacances, des réunions sur tout le territoire. » Pour l’heure, la CGT envisage aussi son AG.

  • [Entretien] Marc Pietrosino : « Nous avons de grands défis à relever à la CGT 13 »

    [Entretien] Marc Pietrosino : « Nous avons de grands défis à relever à la CGT 13 »

    Élu secrétaire général de l’organisation lors du 59e congrès de l’UD CGT 13, Marc Pietrosino succède à Olivier Mateu. Il prend ses fonctions en pleine crise politique, avec un gouvernement qui évite de peu la censure, prévoit de suspendre la réforme des retraites tout en préparant un budget rempli de mesures antisociales.

    La Marseillaise : Le gouvernement Lecornu II n’a pas été censuré ce jeudi, quelle est votre réaction ?

    Marc Pietrosino : C’est dommage de voir que l’espoir qu’avait créé le NFP auprès des travailleurs s’est fissuré avec cette absence de censure, puisque c’est le Parti socialiste qui n’a pas voté la censure. Cela implique donc une fissure de l’union de la gauche à l’assemblée nationale. Et, surtout, cela laisse le champ libre au gouvernement pour mener des mesures antisociales.

    Quel est votre point de vue
    sur la suspension de la réforme des retraites
     ? C’est insuffisant ou une victoire du monde du travail ?

    M.P. : Soyons clairs, ce n’est qu’une suspension et pas une abrogation comme le revendique la CGT. On va dire que c’est mieux que rien, mais que ce n’est vraiment pas grand-chose. Nous ne sommes pas dupes, c’est un piège ou un appât. Un appât pour hameçonner et laisser passer un budget beaucoup plus contraignant. Qui dit suspension, dit potentiellement reprise de la réforme. Concrètement, ce n’est pas un arrêt définitif. Le gouvernement fait miroiter quelque chose à courte durée dans le temps et qui peut reprendre à tout moment. C’est une très faible compensation face aux sacrifices qui vont être consentis par les foyers les plus modestes, les travailleurs et les plus précaires avec le reste du budget. Je ne sais pas si le jeu en vaut la chandelle. Mais on sait aussi que c’est un sujet qui va revenir d’ici l’élection présidentielle.

    Vous appelez à se préparer à
    de nouvelles mobilisations
     ? Une date de mobilisation des retraités est prévue au 6 novembre prochain.

    M.P. : S’il n’y a pas de mouvement social d’ampleur, la réforme des retraites ne sera pas abrogée. Oui, il faut qu’on se prépare à la mobilisation. Il faut déjà que nos délégués fassent le tour des entreprises, discutent avec les travailleurs et débattent avec eux afin de préparer la grève.

    Plus globalement, quel point de vue sur le budget ? Sophie Binet évoque un « budget catastrophique ».

    M.P. : Malheureusement, nous ne sommes pas étonnés : c’est un budget à l’image des précédents budgets présentés sous Emmanuel Macron. On est sur des budgets avec des mesures antisociales. Il va impacter le plus grand nombre, ceux qui en ont le plus besoin. C’est complètement inégalitaire, mais c’est la suite logique des politiques menées depuis le premier mandat.

    Quelles sont vos priorités pour ce mandat ?

    M.P. : La priorité est d’avoir une Union départementale unie, où toutes les organisations qui la constituent puissent combattre à l’unissons en vue d’obtenir de nouveaux droits pour les salariés. L’idée est de mettre en ordre de bataille les organisations et les syndiqués. Mais également de s’atteler à agrandir nos troupes, avoir des nouveaux syndiqués. Et, pour cela, il faut aller au plus près des professions dans lesquelles on n’est pas implanté.

    Votre expérience en tant que travailleur du commerce joue dans cette réflexion ?

    M.P. : Évidemment. Je viens d’un secteur d’activité qui a été le laboratoire du patronat. Ouverture 7 jours sur 7, automatisation à outrance qui a supprimé énormément de postes tout en imposant des cadences toujours plus grosses pour les travailleurs qui restaient… J’ai vu aussi apparaître des entreprises comme Amazon et ses plateformes, qui enchaînent les salariés via les nouvelles technologies. Cette expérience-là nourrit ma réflexion, il faut aller vers ces travailleurs. D’autant plus que beaucoup de travailleurs, avec le développement de nouvelles technologies, prennent le statut d’autoentrepreneurs et donc sortent des régimes généraux…

    Pour autant, vous avez également un secrétariat où l’on retrouve des représentants du grand port de Marseille, du service public postal, des territoriaux…

    M.P. : La force du secrétariat est justement d’avoir le port, les activités postales, la fonction publique, mais aussi d’avoir une coiffeuse, une garde d’enfants et un camarade à Malakoff. Il y a ce mélange entre bastions et territoires à conquérir.

    Le congrès a été houleux, avec un renouvellement important des instances décisionnaires. Comment rassembler les militants après ça ?

    M.P. : Il a été effectivement houleux parce qu’il a fallu qu’on se dise certaines choses, qu’on a peut-être attendues trop longtemps pour se les dire. Et ce n’est pas une bonne chose que ça éclate au congrès. Cependant, on sort avec une direction avec une participation à plus de 90% et la plupart des membres du secrétariat sont élus avec plus de 80% des voix. Cette liste a été validée par l’ensemble des organisations. Donc, on a une bonne base, avec cette liste. Les organisations nous ont fait confiance et nous ont suivis car elles ont voulu aller vers une autre voie que ce qui était proposé. C’est un gros challenge, on a de grands défis à relever à la CGT des Bouches-du-Rhône.

    C’est d’autant plus compliqué en cette période politique instable ?

    M.P. : On est dans un contexte bien particulier, effectivement. Comme je l’ai dit dans l’intervention de clôture du congrès, on fait face à de grands médias qui font passer le RN pour des gens fréquentables. Il y a une volonté de faire croire que c’est normal d’avoir peu de très riches et beaucoup de très pauvres. On est aussi dans une crise de la Ve République où l’on arrive au bout du bout d’une constitution qui ne convient pas, faite pour l’hyperprésidentialité. Les repères sont brouillés.

    Vous sentez les militants et les travailleurs prêts à répondre aux mauvais coups du gouvernement ?

    M.P. : On sent un bouillonnement social, c’est prêt à exploser. Mais c’est à nous d’aller vers les salariés pour les aider à exprimer leur colère, que les choses changent. Le monde travail est à bout.

  • Audience en référé pour réintégrer les salariés Pamar

    Audience en référé pour réintégrer les salariés Pamar

    Enfin, après deux renvois, l’audience en appel des salariés de la blanchisserie marseillaise Pamar s’est tenue devant la Cour d’Appel des Prud’Hommes. Ce mercredi après deux longues années de procédure, la dizaine d’employés de cette blanchisserie, sous le giron de la GIE Sainte-Marguerite, ont de nouveau emmené leur dossier face à la justice. « On vient chercher la réintégration en référé des salariés parce que les licenciements sont nuls, contextualise Me Steve Doudet, avocat des salariés. Ces licenciements contreviennent à l’exercice du droit d’alerte et de retrait, aux dispositions protégeant les salariés du harcèlement moral, ils contreviennent à l’exercice du droit d’alerte sanitaire et environnement, ainsi qu’au statut du lanceur d’alerte. » Pour cause, en décembre 2023, les salariés de la blanchisserie font valoir leur droit de retrait après que des menaces de mort aient été proférées à leur encontre sur le parking de leur lieu de travail. « Un droit de retrait transformé en conflit social », estime à la barre Me Nicolas François, représentant la blanchisserie. La direction ne réagira pas, avant de les licencier au printemps 2024 : décision rejetée par les Prud’Hommes, qui demandera la réintégration des travailleurs de la blanchisserie. La direction, elle, avait fait appel de cette décision. « Après toutes ces années difficiles, on aurait pu vivre des minima sociaux, accepter les dommages. Mais on se lève tous les matins pour notre dignité, donner un exemple à nos enfants », rappelle Kalathoumi Ibouroi, déléguée syndicale (CGT) du personnel. À ce conflit s’ajoutent des « humiliations régulières » venant de supérieurs, mais aussi des manquements à l’hygiène « graves » selon les salariés, qui ont déjà saisi l’inspection du travail (Dreets) à ce sujet. Me Steve Doudet plaide de son côté pour la confirmation de réintégration du personnel, une augmentation du quantum à 5 000 euros pour la CGT. Le jugement sera rendu le 12 décembre.

  • [Info La Marseillaise] Marc Pietrosino est élu secrétaire général de la CGT 13

    [Info La Marseillaise] Marc Pietrosino est élu secrétaire général de la CGT 13

    Après 3 jours de débats intenses, l’Union Départementale CGT 13 a élu son nouveau secrétaire général, ce mercredi en début de soirée. C’est Marc Pietrosino, qui prend la tête de l’organisation syndicale et qui succède ainsi à Olivier Mateu.

    Travailleur de la Fnac, Marc Pietrosino est bien connu des salariés des secteurs du commerce et du service. Il a mené plusieurs mouvements de grève, notamment sur les questions de hausse de salaires et de conditions de travail dans son enseigne et sur le magasin de la Valentine à Marseille. Fusion entre Fnac et Darty, fermetures d’enseignes et rapport de force dans un secteur où la syndicalisation est souvent difficile, il a l’habitude de faire face à tous les aspects des politiques néolibérales. En charge des questions de commerce à l’UD CGT 13, il est également secrétaire général de l’Union locale CGT de la Vallée de l’Huveaune, une des UL de la cité phocéenne. « Il faut rester sur le ciment de notre organisation, les idées qui ont fait la gloire de la CGT, et aller les diffuser sur le terrain au plus près des salariés », insiste-t-il.

  • Le collectif Verne-Mabily dénonce la présence d’amiante à l’école Verne

    Le collectif Verne-Mabily dénonce la présence d’amiante à l’école Verne

    Après avoir appris par voie de presse la suspension, puis l’abandon du projet de nouvel établissement, prévu depuis 2017 – d’abord sur le site de l’ancien commissariat, puis du collège Curie, avant de se reporter définitivement sur le site de l’ancien CCAS – pour suppléer les vétustes écoles Mabily (maternelle) et Verne (élémentaire), la colère est à son comble du côté du collectif Verne-Mabily. « On est scandalisé. On déplore l’absence de dialogue. Depuis juin, on a envoyé des demandes de rencontres avec le nouveau maire Minniti, on n’a eu aucune réponse », fulmine Cédric Turco, porte-parole du collectif, militant FSU, et enseignant à l’école Victor-Hugo.

    Raisons invoquées par la mairie : une démographie en baisse. « À Mabily, il y a 24 à 27 élèves par classe, 23 à Verne. Les élèves sont là. Des écoles comme Anatole-France ont aussi beaucoup d’élèves, construisons un nouveau groupe scolaire pour désengorger », répond Cédric Turco. Mais surtout, le prix des travaux, qui a presque doublé avec l’inflation et les coûts additionnels (de 7 millions d’euros en 2019, à plus de 13 millions en 2025). « Je préfère que la somme profite à toutes les écoles », indique Joseph Minniti, qui a proposé de créer un cinéma sur le terrain désert, où un parking provisoire va d’abord voir le jour. Inaudible pour le collectif : « Quand on entend qu’on veut arrêter un projet vital et qu’on annonce un port à 16 millions [à l’espace Grimaud, Ndlr.], ce sont des choix politiques qu’on ne comprend pas. De plus, il y a des missions qui ont basculé sur TPM, comme l’entretien des voiries, les ordures ménagères… La municipalité peut donc mettre de l’argent », fustige Cédric Turco.

    25 points d’amiante à l’école Jules-Verne

    D’autant plus qu’ « il y a des financements, comme le prouve la construction de l’école à La Valette, cofinancée avec des aides de la Région, de l’État, du Département et de TPM », ajoute Sophie Grimaud, représentante UNSA, enseignante en maternelle à Victor-Hugo. Quant à la répartition des moyens entre les écoles, pour des travaux débutés cet été, « à Victor Hugo, c’est une catastrophe. Ils veulent végétaliser la cour, ils ont fait des trous dans le béton. Il y a des pavés qui traînent, les enfants se les jettent dessus. Garçons et filles se partagent le même sanitaire, et la liste est encore longue », dénonce Cédric Turco.

    Situation encore plus alarmante à l’école Jules-Verne, où 112 élèves continuent d’étudier (ceux de Mabily ont été réaffectés à l’école Cotton, malgré « un manque criant d’espace », commente Cédric Turco), dans des bâtiments délabrés et des préfabriqués, sans solution interne de restauration, sans salle de motricité. Et surtout, au contact de l’amiante, comme révélé par France 5, qui a recensé sa présence, ou non, dans toutes les écoles françaises, dans le documentaire Vert de Rage, en 2023. Un fait corroboré par le Dossier Technique Amiante, réalisé dans l’école en 2020, qui fait état de 25 points contaminés : « C’est inacceptable. La municipalité est-elle au courant de l’histoire seynoise ? Sur les chantiers navals, des centaines d’ouvriers sont morts à cause de l’amiante », s’indigne le porte-parole.

    Malgré tout, le collectif se dit « uni, mobilisé et déterminé », et annonce une opération de sensibilisation devant l’école Verne ce jeudi, et une mobilisation après les vacances de la Toussaint. « Nous ne nous interdisons aucun moyen d’action. On est depuis 2017 sur le dossier, on ne lâchera pas, l’enjeu est trop important », martèle Cédric Turco.

  • Lecornu recule sans renoncer, CGT et FSU restent à l’offensive

    Lecornu recule sans renoncer, CGT et FSU restent à l’offensive

    Entre « une vraie victoire » saluée par la CFDT, « un premier pas » apprécié par FO et l’appel à « un blocage immédiat de l’application de la réforme » de la CGT qui continue d’exiger son abrogation immédiate, l’annonce de la suspension de la réforme des retraites, mardi, par Sébastien Lecornu devant l’Assemblée, a été diversement apprécié du côté des syndicats.

    Sur la même ligne que la CGT, la FSU tout en saluant « un premier recul » infligé à Emmanuel Macron et son gouvernement par le mouvement social, appelle à « pousser l’avantage ! ». La fédération « continue d’exiger l’abrogation de la réforme, la revalorisation des carrières, l’augmentation des salaires et des pensions des agent·es de la fonction publique et des mesures d’égalité salariale ».

    Et de rappeler son rejet du gel du point d’indice, de l’année blanche pour les pensions, du remplacement de l’abattement de 10% pour les retraités par un plafond de 2 000 euros, du gel des prestations sociales, du doublement des franchises médicales, des 3 000 suppressions de postes envisagées notamment dans les agences de l’État… « Et ce n’est pas l’ersatz de taxe Zucman assortie de toutes les exonérations possibles qui fera illusion ! », tance la FSU en regardant vers le PS.

    « La FSU continue d’exiger un tout autre budget pour 2026. Les défis auxquels notre pays est confronté, la crise sociale, la crise climatique, la crise démocratique exigent de mieux répartir les richesses, de renforcer les services publics, de reconnaître le rôle incontournable des agent.es publics, de mieux rémunérer le travail de se doter d’une protection sociale de haut niveau et d’en garantir l’accès universel. »

    De « la cohésion sociale »

    Mercredi, le Premier ministre a lui ouvert une nouvelle porte en proposant de « confier la gestion » du système de retraites aux partenaires sociaux, attendant des propositions « d’ici le printemps ». « J’ai confiance dans la démocratie sociale », a-t-il expliqué lors de sa déclaration de politique générale devant le Sénat. Et de citer en exemple la gestion par les syndicats et le patronat du système de retraites complémentaires Agirc-Arrco. « Pourquoi ne pas développer ce qui fonctionne ? C’est le bon sens », a-t-il souligné. Il y a deux jours, la CGT a pourtant appelé à une mobilisation le 17 octobre, jour où le conseil d’administration de l’Agirc-Arrco doit statuer avec une « marge d’appréciation » sur la revalorisation des retraites complémentaires…

    Le chef du gouvernement lors de son intervention devant l’hémicycle du palais Bourbon a également répété son intention d’installer une conférence des partenaires sociaux sur les retraites et le travail qui puisse rendre des propositions « d’ici le printemps » : « Toutes les propositions sont à étudier. Certains veulent les systèmes par points, d’autre part capitalisation, d’autres veulent abandonner toute référence d’âge. Mais ces propositions ne valent que si l’on sait qui est responsable ».

    La CGT avait souligné la veille que sa participation « dépendrait de l’ordre du jour et des modalités ». Une réserve d’autant plus justifiée que face à la chambre haute où sa proposition de suspendre la réforme des retraites, n’a pas les faveurs de la majorité de droite, le Premier ministre a assuré que « suspendre, ce n’est pas renoncer, ce n’est pas reculer non plus ». Pour faire passer la pilule, lui met en avant la stabilité générée par cette mesure, en échange de laquelle le PS ne voterait pas la censure. « La cohésion sociale, l’unité du pays et donc sa stabilité sont une force », a-t-il fait valoir, face aux protestations suscitées par l’évocation d’une suspension de la réforme. « Le budget de l’État et le budget de la Sécurité sociale déposés aujourd’hui, réaffirment clairement le choix politique de l’austérité et le refus d’augmenter les recettes de l’État par des mesures de justice fiscale. Ces choix sont dangereux pour la cohésion sociale », répond la FSU.

  • L’Union départementale CGT 13 se dote d’un nouveau cap

    L’Union départementale CGT 13 se dote d’un nouveau cap

    « Dès demain, on va se retrousser les manches et on va lever les poings. » Marc Pietrosino, nouveau secrétaire général de l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône, a donné le ton de sa mandature. Il a été élu, ce mercredi soir à la suite à trois jours de congrès qui se déroulait à la Halle de Martigues et prend donc la succession d’Olivier Mateu. « On a des échéances fortes à venir. Il y a des médias qui expliquent que le RN est fréquentable, le capitalisme est à l’offensive. On ne peut pas se passer d’une Union départementale forte dans ce département », a poursuivi celui qui est également secrétaire général de l’Union locale de la Vallée de l’Huveaune (lire ci-dessous).

    Il entend resserrer les rangs de l’organisation syndicale après un congrès marqué par des débats pour le moins houleux sur la stratégie de l’organisation. Et une ambiance électrique à l’image du dernier congrès confédéral. « On a vécu un congrès original, difficile. Il ne faut jeter la pierre à personne. Il faut prendre nos responsabilités. Personne ne sera exclu de l’Union départementale CGT 13, nous avons besoin de toutes les organisations », a-t-il martelé.

    Avant de lancer un appel à l’unité, toujours lors de son discours de clôture : « Toutes nos victoires sont collectives, toutes nos défaites sont collectives, c’est ça être une organisation syndicale. Nous avons l’habitude de chanter en manifestation qu’il n’y a pas de sauveur suprême, je ne suis pas un sauveur suprême, il n’y en a pas à la CGT. Il n’y a que des camarades, des organisations qui travaillent ensemble pour lutter contre le capitalisme et contre l’extrême droite. » Jessica Jadé, pressentie par la précédente direction pour prendre la relève n’a pas été reconduite comme secrétaire à l’organisation, de même qu’une large part des sortants.

    « Travailler tous ensemble »

    Marc Pietrosino prend donc ses fonctions avec un secrétariat et un bureau largement remaniés. Le nouveau secrétariat de l’organisation, élu en l’absence de vote « contre » de la commission exécutive, est composé de Nadia Mimoun pour l’UL CGT d’Istres, Sabrina Manka de la CGT Activités Postales, François Batista de l’UL Timone-Capelette, François Canu pour l’UL CGT Aix, Djamila Bounekir de l’UL La Rose et Pascal Galéoté, pour la CGT du Grand Port de Marseille. De quoi représenter la diversité géographique et la variété des secteurs d’activité des forces militantes CGT du département.

    « On va travailler tous ensemble, on va se rapprocher de toutes les organisations pour reconstruire cette union départementale », a expliqué Marc Pietrosino. Et autant dire qu’il aura du travail en cette période de crise politique et de successions de gouvernements. « On a, face à nous, des médias dominants qui diffusent les idées du capitalisme à grande échelle. Nous avons une grande force, nos militants, mais il faut qu’on améliore notre communication auprès des salariés. La CGT, sur le fond, a raison mais nous devons faire connaître nos idées au plus près du terrain », a développé le secrétaire général de l’UD CGT 13 en primeur pour La Marseillaise.

  • Un grand rassemblement pour la Verrerie à Nîmes le 16 octobre

    Un grand rassemblement pour la Verrerie à Nîmes le 16 octobre

    Dans un contexte qui s’est à nouveau tendu ces dernières heures, plus de 150 personnes se sont rassemblées devant la Verrerie du Languedoc vendredi 10 octobre. Après les syndicats, plusieurs personnes ont pris la parole devant le site dont la maire (SE) de Vergèze, Pascale Fortunat-Deschamps, qui a renouvelé son appel à un grand rassemblement. À l’applaudimètre, la date du jeudi 16 octobre a été choisie pour se réunir sous les fenêtres de la préfecture du Gard à Nîmes (11h) où l’intersyndicale et les élus locaux espèrent être reçus par le préfet. Un appel a par la suite été envoyé à toutes les organisations syndicales du Gard et des départements voisins. « Les élus locaux répondront présents », a assuré Pascale Fortunat-Deschamps qui était déjà entouré par une bonne quinzaine d’élus. « Je demande à tout le monde de tout faire pour que l’on soit le plus nombreux possible jeudi », a martelé Yohan Goupille, le délégué syndical CGT. Toutes les organisations politiques présentes ont confirmé leur soutien et leur mobilisation jeudi. Une cantine solidaire sera même mise en place jeudi midi.

    Car la température est en effet remontée d’un coup jeudi 9 octobre sur le site de la Verrerie du Languedoc condamnée à la fermeture par son propriétaire américain Owens-Illinois (O-I). Après une salve de négociations qui a permis « des avancées » selon l’intersyndicale, la tension est repartie à la hausse sur les coups de 14 heures jeudi. La direction d’Owens Illinois a en effet envoyé un communiqué de presse (sans avertir l’intersyndicale de son contenu) pour annoncer la fermeture « dans les prochains jours » du four à cause de la mobilisation des salariés qui occupent l’entrée du site depuis une quinzaine de jours.

    « Il s’agit de la seule option permettant de rétablir la sécurité des personnes et des installations, tout en préservant l’intégrité du four », écrit la direction. L’intersyndicale, composée de la CGT, de la CFE-CGC et de FO, a immédiatement réagi en organisant un rassemblement avec les salariés et les élus locaux vendredi, accompagné d’un point presse, pour dénoncer « les mensonges de la direction d’OI ». « Ce sont des menteurs », a martelé Yohan Goupille, délégué syndical CGT.

    « Les prétextes cités ne sont pas justifiés. Pendant plus de dix jours, ce sont les salariés qui ont maintenu l’activité et la sécurité en l’absence totale de direction sur le site. C’est toujours OI qui met de l’huile sur le feu. Un accord de méthode a été signé stipulant la fin du PSE au 31 octobre. Pourquoi arrêter le four quinze jours avant ? OI sont des voyous », fustige Yohan Goupille qui confirme que si le four est arrêté, il ne pourra pas redémarrer.

    « Nous constatons une remise en cause du droit syndical par des pressions exercées sur notre Délégué Syndical Central CFE-CGC (Guillaume Boisson, Ndlr), également responsable maintenance, sommé d’organiser l’arrêt du four dans des délais intenables, alors qu’il est mobilisé depuis plusieurs semaines dans les négociations à Lyon. L’utilisation des heures de délégation ne peut être soumise à autorisation ni à contrôle préalable de l’employeur », ajoute l’intersyndicale.

    « Pour arrêter le four, il faut faire couler 400 tonnes de verre au sol. Ça ne se fait pas comme ça. La dernière fois qu’on l’a fait, on s’était préparé pendant trois semaines. On avait mis deux secours électriques, trois secours d’eau et louer deux chargeurs pour sortir le verre. Aujourd’hui, on n’a qu’un chargeur. S’il tombe en panne, c’est la catastrophe. On nous demande d’être prêts lundi matin (le 13 octobre). Mais nous sommes en sécurité avec le four qui fonctionne. Ça ne risque rien. Par contre, si on fait cette intervention rapidement, non organisée, on risque vraiment la catastrophe humaine et industrielle », précise Guillaume Boisson.

    « Toutes nos avancées négociées dans le cadre du PSE ont été conditionnées. S’il y a une destruction du stock, ou qu’une personne commet un acte qui ne va pas, on perd l’intégralité de ce qu’on a obtenu. On répète à nos salariés de rester calme. La frontière entre la négociation et le chantage est fine. Ils veulent que le personnel dégoupille pour justifier leurs actions sauf que le personnel reste très professionnel et ça ils ne l’avaient pas prévu », explique l’intersyndicale qui espère donc rassembler des centaines de personnes jeudi 16 octobre pour pousser l’État à intervenir contre cette fermeture jugée comme un non-sens « social, industriel, économique et environnemental ».