Tag: CGT

  • Sprint final pour Marc Pena au Jas de Bouffan

    Sprint final pour Marc Pena au Jas de Bouffan

    Sprint final et dernier temps fort de campagne pour Marc Pena, le candidat d’Aix Avenir, liste d’union de la gauche, en lice pour le second tour de l’élection municipale dans la cité du roi René. Ce jeudi soir, à la salle du Cèdre au cœur du Jas de Bouffan, quartier populaire d’Aix aux dizaines de milliers d’habitants, le candidat a fait salle comble pour une réunion publique placée « sous le signe de l’échange ». Laquelle a débuté avec la manière via la lecture d’une déclaration du secrétaire de l’Union locale CGT de la ville (lire ci-dessous). Puis une prise de parole attendue du candidat, ce quartier étant le lieu de son premier meeting de campagne, manière de boucler la boucle : « On avait commencé au Jas de Bouffan, nous terminons au Jas de Bouffan. C’est un quartier emblématique, avec plus de 30 000 personnes ». Avant de regretter : « Il n’y a pas eu la mobilisation souhaitée ici avec un taux de participation qui n’atteint pas 30% dans certains bureaux, pendant qu’on vote à 65% à Puyricard [quartier du nord d’Aix, Ndlr.] » Mais rien n’est perdu à ses yeux, puisqu’il se remémore son élection comme député aux dernières législatives : « Dans un autre contexte, il y avait eu une forte mobilisation. Il faut donc à nouveau expliquer que le niveau communal est très important. Il faut rappeler que tout commence par là. » L’idée est donc de provoquer la mobilisation dans les quartiers jugés délaissés. Il développe le raisonnement en pointant « un problème d’égalité dans les territoires aixois ».

    Mobiliser les abstentionnistes

    « Le Jas de Bouffan peut s’interroger sur sa place dans la politique municipale, comme l’ensemble des quartiers populaires », poursuit-il. Et prévient : « Cela fait déjà 25 ans qu’on est gouverné par les Joissains, avec 7 ans de plus, la municipalité accentuerait ses politiques discriminatoires. » À l’inverse, il assure : « Notre liste est la seule qui peut changer Aix. »

    Et il énumère des raisons d’y croire. Arrivé 2e avec plus de 20% des suffrages exprimés, Marc Pena peut potentiellement espérer un report de voix de la liste insoumise (8%) et celle de Révolution écologique pour le vivant (Rev, 4,72%) qui n’étaient pas en capacité de se maintenir pour le 2nd tour (lire notre article du 19/03). Laquelle a clairement affiché son soutien à Marc Pena. « Il est encore possible de gagner. Il faut que nous allions convaincre les abstentionnistes mais pas avec des “y a qu’à et faut qu’on” mais en leur expliquant concrètement ce que signifie des services publics de qualité. » Il prend l’exemple de mesures concrètes de son programme : « Des logements étudiants pour qu’ils ne paient pas de loyer exorbitant pour un taudis, c’est ça la solidarité qu’on porte. » Ou encore « créer des maisons de quartier pour coconstruire les choses avec les citoyens, alors que Sophie Joissains ne consulte même pas ! ».

    « Des valeurs de progrès »

    Même si Sophie Joissains, la maire sortante le devance à l’issue du premier tour, il martèle : « Il y a des réserves de voix, il n’y a qu’une liste qui peut battre Sophie Joissains, nous devons tous nous être rassemblés ». « Les Joissains gouvernent depuis 25 ans, certains disent que c’est une fatalité, comme un vieux roi qui ne veut pas mourir », dénonce-t-il. Mais pas de fatalité de son côté : « N’ayons pas peur de rappeler nos valeurs de gauche, nos valeurs de progrès. Une fois élus, ce sera à nous de ne pas décevoir. »

    Des valeurs qui comptent vu le contexte aixois : « En face de moi, j’ai trois candidats de droite et d’extrême droite. (…) Hier, j’avais des croix gammées sur mon visage sur les affiches, ce n’est pas innocent. » D’où l’espoir d’Aix Avenir de changer la ville de l’intérieur.

  • [Tribune] À Martigues, toutes et tous mobilisés contre le fascisme, les politiques au service du capital et pour le progrès social

    [Tribune] À Martigues, toutes et tous mobilisés contre le fascisme, les politiques au service du capital et pour le progrès social

    Martigues est une ville construite par des générations de travailleuses et de travailleurs : ouvriers de l’industrie, de l’énergie, salariés du port, travailleurs de la pétrochimie, agents des services publics et personnels hospitalier. Les conquêtes sociales qui structurent notre territoire ne sont pas des privilèges. Elles sont le fruit des luttes du monde du travail, des combats syndicaux, des mobilisations populaires qui ont permis de construire ici une ville de solidarité et de progrès social. Aujourd’hui, ces conquêtes sont menacées. À Martigues comme partout en France, l’extrême droite tente de progresser en s’appuyant sur la détresse sociale qu’elle n’a pourtant jamais combattue. Le Rassemblement national prétend parler au nom de la population, des travailleuses et des travailleurs. Mais derrière ses discours, la réalité est claire : le RN est au service du même système que la droite et les politiques libérales de Macron celui du capital et des intérêts économiques dominants.

    L’histoire nous l’a toujours démontré : « du capitalisme naît le fascisme ».

    Quand les crises s’aggravent, quand les inégalités explosent et que la colère sociale monte, les forces du capital cherchent à détourner cette colère en divisant les travailleuses et les travailleurs. C’est précisément le rôle de l’extrême droite. Elle oppose les travailleurs entre eux ; elle désigne des boucs émissaires ; elle détourne les colères pour protéger les véritables responsables : ceux qui profitent du système. Partout dans les villes où l’extrême droite et la droite gouvernent, les résultats sont les mêmes : Ce sont les travailleuses, les travailleurs, les jeunes, les retraités et les privés d’emploi qui paient la facture. Moins de services publics ; moins de solidarité ; plus de privatisations ; plus de précarité ; plus de répression. À Martigues, les projets portés par ces forces politiques sont révélateurs. La droite veut stopper la construction de logements sociaux, attaquant directement le droit au logement des familles populaires.

    Dans le même temps, l’extrême droite développe un discours sécuritaire permanent, qui cherche à masquer les véritables enjeux sociaux.

    Car pendant qu’elle parle d’ordre et de sécurité, elle ne remet jamais en cause les politiques qui détruisent les services publics, affaiblissent l’hôpital et précarisent les travailleuses et les travailleurs. S’ils passent au pouvoir, les centres sociaux, les crèches, les services municipaux, les structures collectives seraient attaquées par des logiques de réduction des moyens et de privatisation.

    L’hôpital public subirait toujours plus la même logique destructrice : manque de moyens, pénurie de personnel, dégradation des conditions de travail. Le patient devient un client, la santé devient un marché. Ces orientations correspondent exactement aux politiques libérales menées par le gouvernement d’Emmanuel Macron, qui affaiblissent les protections sociales et organisent la mise en concurrence des services publics.

    Dans le même temps, la droite et l’extrême droite soutiennent les mêmes orientations : Renforcement de la répression, restrictions des libertés, développement d’une économie de guerre et augmentation des budgets militaires au détriment des investissements sociaux. Elles soutiennent les logiques d’armement et d’affrontement international plutôt que la paix entre les peuples, tout en fermant les yeux sur les crimes commis contre le peuple palestinien. Leur stratégie est toujours la même : diviser le monde du travail pour protéger les intérêts du capital.

    Mais à Martigues, l’histoire démontre une autre voie. Les conquêtes sociales, la défense de l’industrie, le développement des services publics et du logement social ont toujours été obtenus par l’unité et la mobilisation du monde du travail. Martigues est une ville où les travailleuses et les travailleurs se sont toujours battus pour leurs droits.

    Elle doit rester une ville de solidarité, de services publics et de progrès social.

    Face à l’extrême droite et à ses politiques de division, la CGT appelle les travailleurs, les jeunes, les retraités et l’ensemble de la population martégale à se mobiliser.

    Pour combattre le fascisme et défendre le progrès social, misons le bulletin de vote de Gaby Charroux.

    Face à l’extrême droite et aux politiques antisociales menées au service du capital : Le monde du travail doit rester uni, organisé et mobilisé.

    Par UL CGT région martégale, CGT Territoriaux Martigues, CGT Hôpital Martigues, CGT Total La Mède, CGT Pétrochimie Lavéra, CGT Inéos Petroineos

  • Les syndicats martégaux à l’offensive contre le RN

    Les syndicats martégaux à l’offensive contre le RN

    Dès 6h mardi matin, les militants de l’Union locale CGT du pays martégal et des syndicats qui la composent sont rentrés en campagne. « Tous mobilisés contre le fascisme et pour le progrès social », peut-on lire sur les tracts tirés du communiqué publié lundi après-midi (voir ci-dessous), distribués à l’entrée de l’hôpital, puis devant l’hôtel de ville à 8h et à la cafétéria du complexe pétrochimique de Lavéra à midi.

    « Nous prenons position dans la campagne motivés par les 28% de l’extrême droite », explique Jessica Jadé, cosecrétaire du syndicat CGT des agents de la Ville après la distribution à la mairie. « En aucun cas le RN ne répond aux enjeux du camp des travailleurs. Déjà, la bascule impacterait directement le nombre de services publics, par la privatisation de l’entretien, des espaces verts, des crèches ou de la restauration collective », détaille la syndicaliste. Mais aussi, « quand l’extrême droite parle de baisser le budget de fonctionnement, il parle de nos salaires ! Nos conditions de travail sont directement impactées », considère Jessica Jadé.

    Un avis complété par sa cosecrétaire Mylène San Nicolas. « Ça veut dire ne plus remplacer lors de départs à la retraite », estime-t-elle, mais aussi « la remise en cause de la qualité du dialogue social », avec la majorité actuelle et « plus de difficultés à obtenir des avancées pour les agents, avec le RN ou des antisociaux en place ».

    Les discours et les actes

    Au sein du complexe pétrochimique de Lavéra, à la pause de midi, les travailleurs se pressent à la cafétéria. Toute une équipe s’est mobilisée à leur rencontre. « J’ai grandi avec la mairie Lombard, puis Charroux, et je veux que mon fils puisse profiter de tout ce qu’elle propose », explique Anthony Celor, cégétiste à Naphtachimie et habitant de Lavéra, rappelant que « Gaby Charroux est le seul à s’être occupé des problèmes dans nos entreprises, contrairement aux autres qu’on voit jamais et qui votent contre la nationalisation d’Arcelor, l’augmentation des salaires et pour les baisses de budget des Villes ».

    Cyril Renard, travailleur d’Ineos syndiqué à Sud Chimie, trouve « super bien fait » le tract de la CGT qui est distribué. « Il permet d’aller convaincre, d’expliquer les mensonges et bluffs et pourquoi faire barrage au RN qui est contre les syndicats, affirme-t-il. Tout ce qu’ils ont fait et voté à l’Assemblée montre qu’ils sont contre les travailleurs », conclut-il.

    Des positions partagées par Sandrine Jacquemus, travailleuse sur site. « Tout le monde doit prendre ses responsabilités » considère-t-elle, pointant que « bizarrement, il n’y a aucun syndicat d’extrême droite pour défendre les travailleurs, c’est bien parce qu’ils défendent le capital ».

    Issu de Naphtachimie, le secrétaire de l’Union locale CGT, Daniel Bretonès, affirme que « jamais un salarié n’a tiré d’avantages de l’extrême droite ». Et assène : « Qui était devant Kem One ou Total La Mède pour nous soutenir lorsque ces usines étaient menacées ? Qui est le premier à nous avoir répondu pour défendre l’hôpital ? Qui était devant les écoles quand des classes étaient menacées ? Qui était à Notre-Dame-des-Marins à 4h du matin pour soutenir les habitants et appeler les crèches pour apporter du lait ? C’est Gaby Charroux et Pierre Dharréville, et il n’y avait pas d’élections à ces moments-là », liste le syndicaliste.

    Dans ce contexte, Daniel Bretonès affirme que « Gaby Charroux est le seul à pouvoir faire barrage au RN », de même qu’il défend « un bon bilan et programme », contrairement à « celui qui se cache derrière Bardella et n’a jamais été là ».

    Jean-Luc Di Maria s’explique sur son maintien à Martigues

    Le candidat DVD a publié une vidéo sur le réseau social Facebook, mardi soir, pour expliquer avoir décidé de maintenir sa candidature au second tour. « Pas le choix le plus simple, mais assumé » justifie-t-il. « Je ne ferai aucune alliance avec le RN » tranche le candidat. « Nos valeurs ne sont pas les mêmes », note Jean-Luc Di Maria, indiquant avoir demandé à Emmanuel Fouquart (RN) : « Quelle est ta position sur la promesse faite à la communauté musulmane concernant un bail emphytéotique pour construire leur mosquée ? sa réponse a été niet ! Voilà la vérité » lance-t-il. « Gouverner n’est pas diviser, mais unir. Je refuse les calculs politiques qui vont à l’encontre des valeurs que je défends » tance le candidat, qui tiendra son meeting jeudi à 18h30, salle du Grès.

  • Quatre gares touchées par une grève d’un sous-traitant

    Quatre gares touchées par une grève d’un sous-traitant

    On va perdre plusieurs centaines d’euros avec la reprise ! » Bruno Bilny, représentant syndical CGT pour l’entreprise PY Facility, s’inquiète du passage des salariés sous pavillon d’Onet Accueil d’ici le 1er avril. Une inquiétude telle qu’une « cinquantaine de salariés » sont en grève, depuis ce samedi 14 mars, dans les gares de Marseille Saint-Charles, de Toulon, d’Aix-TGV et Avignon-TGV.

    Un passage dans le cadre d’un appel d’offres, lancé par la SNCF qui est donneuse d’ordre sur le marché de l’accompagnement des personnes à mobilité réduite (PMR). « On fait monter et descendre les personnes à mobilité réduite dans les trains, on les aide et accompagne », explique Amandine Benoit, également représentante CGT. D’habitude, les reprises se déroulent sans accroc : « Tous les 5 ans, nous sommes soumis à des appels d’offres, avec souvent des reprises, il n’y a jamais eu de problèmes. » Mais cette fois, il y a un couac puisque le transfert ne concerne pas « les conquis sociaux précédents ». Les salariés perdraient « tickets restos, chèques vacances et Noël » tout en payant « une mutuelle plus chère ». Cerise sur le gâteau : « Notre 13e mois, la prime d’été, le dimanche payé double, tout est indexé sur le salaire. Là, la nouvelle direction a annoncé que tout allait être mis en une prime fixe et pas indexée », conclut Bruno Bilny.

  • La CGT en défense de la réparation navale

    La CGT en défense de la réparation navale

    Un mois après la mise en demeure par les services de l’État du Chantier naval de Marseille en raison des nuisances sonores de la forme 10 (notre édition du 12/02), la CGT de la réparation navale s’inquiète des conséquences possibles pour leur activité. « Une telle décision est incompréhensible et totalement anormale au regard des enjeux économiques et sociaux d’un port qui se veut de renommée internationale », pointe l’organisation syndicale dans un communiqué publié ce dimanche.

    Selon l’arrêté préfectoral, les seuils imposés ont été dépassés 48 jours dans l’année entre le 1er août 2024 et le 31 juillet 2025, pour l’essentiel pendant la nuit. « Le syndicat CGT ne remet en aucun cas en cause l’existence de nuisances pouvant affecter les riverains », pointe-t-il. Mais il rappelle qu’un comité de suivi a été mis en place en préfecture, rassemblant l’ensemble des acteurs concernés, et qu’eux-mêmes militent pour améliorer leurs conditions de travail. « En protégeant les travailleurs, nous contribuons également à réduire l’exposition des habitants à ces nuisances », souligne le syndicat qui assure que l’employeur « ne ménage pas ses efforts, tant sur le plan matériel que financier ». Alors l’organisation s’inquiète d’une remise en cause de l’activité sauvée grâce à la mobilisation de ses salariés après la liquidation de 2009. En s’étonnant que les services de l’État soient plus proactifs sur ces nuisances sonores que sur le problème de l’amiante sur le port, malgré l’interpellation de la CGT. Alors il promet qu’il « restera vigilant quant aux conséquences de cette décision préfectorale ».

  • Arcelor va relancer le haut-fourneau n°1 en juin

    Arcelor va relancer le haut-fourneau n°1 en juin

    C’est une nouvelle que beaucoup attendaient. ArcelorMittal a annoncé vendredi par communiqué le redémarrage du haut-fourneau numéro 1 du site de Fos-sur-Mer, fixé pour juin 2026, après une série de travaux visant à « prolonger sa durée de vie », selon la direction du site. Une « bonne nouvelle » accueillie par le syndicat CGT de l’entreprise, employeur de 2 500 salariés organiques et missionne 1 200 travailleurs sous-traitants. Le deuxième, en production, poursuivra son fonctionnement.

    La décision de redémarrage de ce haut-fourneau endommagé par un incendie en octobre 2025 a été prise au regard d’une confiance retrouvée dans le marché de l’acier européen et en « considérant que les mesures de défense de l’Union européenne seront mises en œuvre rapidement », d’après la direction de l’usine.

    L’une de ces mesures est le Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), règlement européen visant à soumettre les produits importés à un tarif équitable, au regard du carbone émis lors de la production de biens à fort impact carbone entrant en Europe. L’autre est l’ensemble des contingents tarifaires qui limitent l’import sans frais de douane et doublent ces frais lorsque les quotas francs sont dépassés.

    Des recrutements et 60 millions d’euros investis

    Ce plan de relance comprend un volet humain et financier. D’abord, l’entreprise va compléter ses équipes avec des recrutements d’opérateurs et de techniciens de maintenance tels que des électriciens, mécaniciens ou automaticiens. D’autre part, un budget d’investissement dédié est prévu par la direction, « portant ainsi l’enveloppe d’investissements du site de Fos-sur-Mer à 90 millions d’euros » pour l’année 2026 « afin d’accompagner cette montée en puissance du site ».

    ArcelorMittal précise que « dans le même temps, la démarche d’amélioration de la productivité et de la performance se poursuit afin de renforcer la compétitivité du site ». Les études pour la décarbonation ne sont pas remises en question : « Les études d’installation d’un four à arc électrique se poursuivent » conformément à la trajectoire initiée en 2024. Ces sujets ont été présentés au personnel en CSE « dans le cadre du dialogue social », conclut l’entreprise.

    Une avancée « satisfaisante » pour Stéphane Martins de Araujo, secrétaire du syndicat CGT du site de Fos-sur-Mer. Mais insuffisante : « il y a certes des investissements pour les hauts-fourneaux, mais à court terme, entre 3 et 5 ans », considère le syndicaliste. « Quand on veut faire marcher un four pendant 15 à 20 ans il faut entre 120 et 150 millions d’euros. Quid de l’avenir au-delà de 2030 ? De plus le projet de décarbonation n’englobe que 20% de notre capacité de production, ce n’est pas suffisant pour pérenniser notre activité », détaille le responsable.

    Sur le plan humain, « 80 des départements du site vont perdre du personnel par rapport à l’ancienne marche à deux fours », indique Stéphane Martins de Araujo, parlant de 210 emplois en moins. Un manque couplé, selon le syndicaliste, « au recours à l’intérim sur des postes clés avec des risques d’accident qui s’accroissent », considérant qu’« il faut entre 6 mois et un an pour former des agents autonomes, voire plusieurs années pour certains postes de maintenance les plus importants, alors que le redémarrage est prévu dans 3 mois », pointe-t-il. Dans ce contexte, Stéphane Martins de Araujo et la CGT « ne lâcheront pas » sur la nationalisation du groupe, à défaut « de vraies annonces à Fos et Dunkerque à hauteur des besoins d’acier de la France ».

  • Un rassemblement pour la paix à l’appel du PCF d’Istres

    Un rassemblement pour la paix à l’appel du PCF d’Istres

    Après une première initiative début février, la section PCF d’Istres organise un rassemblement le samedi 14 mars, porte d’Arles à 11h, pour dire « halte à la guerre » après que les États-Unis et Israël aient déclenché les hostilités en Iran, le 28 février.

    « Ce n’est pas la première fois que nous nous mobilisons, il y a aussi le Mouvement de la paix, la CGT, la FSU, la Ligues des droits de l’Homme, Istres solidarité Palestine » explique Denis Rousseau, membre de la section. Alors que le président de la République a autorisé les avions américains à se ravitailler sur la base militaire toute proche, « nous sommes bien placés pour évoquer cette actualité brûlante », poursuit-il, inquiet de l’attitude d’Emmanuel Macron « qui navigue à vue », loin « de la position courageuse des Espagnols qui ne veulent pas être les vassaux des États-Unis ». Pour aller plus loin, le PCF devrait aussi s’organiser en comité de lutte.

  • À Fos, le syndicat CGT des dockers appelle à voter Rémi Esnault

    À Fos, le syndicat CGT des dockers appelle à voter Rémi Esnault

    Rémi Esnault (DVG) salue une « reconnaissance importante ». Le syndicat général CGT des ouvriers dockers et des personnels de la manutention portuaire du Golfe de Fos appelle à voter pour la liste « Notre Fos », emmenée par le successeur désigné de René Raimondi (ex-PS), dimanche 15 mars.

    Dans un communiqué de presse, l’organisation explique avoir été amenée « à travailler sur plusieurs sujets » avec la majorité sortante, « notamment sur les nouvelles implantations industrielles » à l’instar de GravitHy, Marcegaglia, Elyse ou encore Neocarb. « Nous avons beaucoup de points de convergences sur le développement de notre port, mais aussi concernant les routes », affirme-t-elle, citant la liaison Fos-Salon, le contournement autoroutier de Martigues et de Port-de-Bouc ou encore le barreau des étangs, « et bien entendu sur la création d’emplois ». Ces industries, attendues d’ici quelques années, devraient entrainer la création de plus de 10 000 postes.

    La CGT rappelle par ailleurs que l’alliance du RN et de la droite, en France comme à Fos avec ici la candidature de Philippe Maurizot, soutenu par le label d’extrême droite « La Provence qu’on aime », existe pour « finir de casser notre modèle social, notre sécurité sociale, nos retraites ». Avant de développer : « Dans notre histoire portuaire, ces politiques de droite et d’extrême droite, n’ont jamais été à nos côtés, ce sont nos adversaires de classe, servant les intérêts du grand patronat. »

    Pour Rémi Esnault, primo-candidat, ce soutien est précieux « parce que le port, l’industrie et l’emploi font partie de l’ADN de notre territoire », affirme-t-il. Il organise d’ailleurs une « soirée des Fosséennes et Fosséens », ce jeudi 12 mars à son local de campagne (39 avenue Jean Jaurès). Un moment « de convivialité, de partage et de dialogue » à partir de 18h mais aussi avec un objectif : « mobiliser les forces avant le premier tour ». « Terminons cette campagne dans l’esprit qui nous anime depuis le début : proximité, sincérité et énergie », conclut-il.

  • La CGT des services publics monte au créneau

    La CGT des services publics monte au créneau

    L’Union départementale et son collectif services publics jugent nécessaire d’intervenir dans la campagne des élections municipales », campe Frédéric Larrivée, pour la CGT des Finances publiques du département, ce mardi, aux côtés des représentants des travailleurs de différents pans des services publics.

    Tous portent le même message en vue du premier tour, ce dimanche : « Il y a la possibilité d’avoir un relais au rapport de force. » Et, in fine, que l’élection des maires, « premier échelon politique », est cruciale sur bien des aspects pour le monde du travail comme pour les administrés. « Il y a des règles d’injustice fiscale, au national comme au local », entame Frédéric Larrivée, prenant l’exemple de la taxe foncière, compétence municipale. Monia Haddaoui, pour la CGT Éduc’Action 13, abonde avec l’exemple de « la loi pour le statut des AESH [accompagnants d’élèves en situation de handicap, Ndlr] refusée par les sénateurs ». Lesquels sont élus par les grands électeurs et représentent les collectivités.

    Le lien est tout trouvé avec l’alerte de la CGT Métropole AMP : « La montée du fascisme pourrait donner un représentant de l’extrême droite à la tête de l’établissement », s’inquiète Dominique Maccari pour le syndicat. Car la composition de l’hémicycle métropolitain dépend des municipales. « La question du visage politique qu’aura la Métropole peut entraîner une vraie baisse de moyens via les dotations aux communes », ajoute Véronique Dolot, de la CGT AMP.

    « L’extrême droite,

    c’est du recul social »

    Laquelle craint « des mesures dont l’objectif serait d’affaiblir tout bloc d’opposition aux idées fascistes ». Johnny Benoît, pour les agents territoriaux du Département, en sait quelque chose : « Quand une collectivité est gérée par l’extrême droite, c’est du recul social. À Marignane, la priorité est d’investir dans la levée de drapeau et les uniformes plutôt que de rénover le bâti scolaire. »

    Même inquiétude à l’hôpital, avec la CGT de l’AP-HM (Assistance publique – Hôpitaux de Marseille) qui dénonce un potentiel relais des politiques libérales dans la santé : « Les conseils de surveillance des hôpitaux publics sont présidés par les maires. C’est là que se votent les budgets et se décident les orientations », conclut Greg Fontaine pour l’organisation.

    Amaury Baqué
  • [Entretien] Marc Pietrosino : « L’extrême droite n’a pas une politique au service des citoyens »

    [Entretien] Marc Pietrosino : « L’extrême droite n’a pas une politique au service des citoyens »

    La Marseillaise : L’UD a réalisé un vaste document sur les élections municipales, quel est le sens de cette initiative ?

    Marc Pietrosino : La CGT n’est pas neutre. Nous sommes en contact permanent avec les salariés du département, nous avons donc une vision pour améliorer le quotidien des travailleurs dans le cadre de ces élections. Cette campagne pour le scrutin n’aborde pas toujours de la bonne manière toutes les compétences des communes. À partir de celles-ci, l’idée était de mettre sur la table notre vision des choses, de donner des pistes, aux différents candidats, hors RN et extrême droite évidemment. Et cela fait écho à d’autres travaux d’organisations syndicales CGT, comme ceux de nos camarades de la Métropole ou de la santé, qui ont interpellé les candidats, dans leur domaine de compétence. Pour l’Union départementale, nous avons une démarche globale. Nous aimerions d’ailleurs que les candidats, a minima les progressistes, se positionnent sur nos propositions.

    Vous abordez largement la réindustrialisation, qui n’est pas une compétence directement municipale, qu’attendez-vous des candidats sur le sujet ?

    M.P. : Nous appelons les candidats à se saisir des problématiques industrielles. Je prends l’exemple d’Arcelor : toutes les collectivités doivent être à l’unisson pour accompagner la décarbonation, pour sauver l’usine. Nous avons besoin d’acier en France. Par extension, pour décarboner nos industries et les activités maritimes, on va être obligé d’avoir une alimentation massive en électricité. En ce sens, la ligne Très Haute Tension [projet de ligne de 300 000 volts entre Jonquières et Fos, Ndlr.] doit se faire dans le respect des normes environnementales, en concertation, en n’opposant pas industrie et écologie. Mais je préviens les candidats et futurs élus : si on ne veut pas finir dans le tout-tourisme, il faut cette ligne. Plus globalement, il faut qu’ils activent tous les leviers pour qu’on ne loupe pas ce tournant : sur les services publics qui doivent suivre, la demande en logement… Ils ont une grande responsabilité pour l’avenir de la zone. Par contre, nous avons été très déçus par la campagne pour le volet activité portuaire de notre département. Il y a eu de grosses attaques sur les bassins Est de Marseille. Le candidat RN propose la construction d’une marina, ce qui équivaut à supprimer 15 000 emplois. Et une déception vis-à-vis des candidats progressistes qui ne parlent du port que pour donner des accès à la mer et de nouvelles plages.

    Printemps Marseillais comme LFI parlent de l’emploi comme une priorité sur le port…

    M.P. : Nous sommes heureux quand ils affirment que c’est une priorité. Mais nous avons été surpris par les positions voulant donner de nouveaux accès à la mer au détriment des activités. Nous veillerons à ce qu’ils réaffirment ce soutien à l’emploi.

    Vous évoquez aussi les attaques sur les Bourses du travail, comme à Arles. C’est un exemple des politiques antisociales qui peuvent être menées contre les travailleurs par les mairies ?

    M.P. : Avant d’attaquer frontalement les salariés, ils s’attaquent d’abord aux corps intermédiaires, aux contre-pouvoirs, aux représentants des salariés. Priver les syndicats de leurs lieux de vie historiques n’est pas anodin. Cela revient à les empêcher de travailler, c’est une façon d’annihiler ceux qui défendent les intérêts des travailleurs. Et par ricochet, les droits de ces derniers. Les maires progressistes doivent sanctuariser les Bourses. L’exemple d’Arles est parlant : De Carolis est dans la ligne droite de la macronie, son gros chantier à Arles a été d’attaquer la Bourse du travail… Pour vouloir en faire un office de tourisme, ça en dit long.

    Dans cette lignée, il y a déjà eu des mairies passées aux mains de l’extrême droite dans le département, quelles conséquences pour les travailleurs ?

    M.P. : Les camarades de la fonction publique pourraient expliquer longuement ce qu’ils ont subi durant les mandats de l’extrême droite, à Marignane ou Vitrolles il y a quelques années… Ce sont des mises au placard, un management détestable, une politique qui n’est pas au service des citoyens. Si on a le malheur d’en avoir d’autres après ce scrutin, on ne fuira pas, on combattra et on montrera qu’une autre voie est possible.

    Vous appelez les militants à soutenir les listes progressistes au regard du danger de l’extrême droite dans certaines communes ?

    M.P. : Quand les forces progressistes réussissent à s’entendre, on appellera toujours à voter pour celles-ci. Bien souvent, leur programme reprend ce que l’on demande syndicalement, on aurait donc tort de ne pas les soutenir. Pour le cas des listes dispersées, nous appellerons au rassemblement des forces progressistes au second tour face à l’extrême droite.

    Vous tirez la sonnette d’alarme sur le logement, vous revendiquez plus de logement social ? Quid de l’encadrement d’Airbnb ?

    M.P. : Il y a deux aspects : certaines communes jouent le jeu du logement social, d’autres préfèrent payer des pénalités plutôt que d’en avoir. Nous enjoignons les communes à être dans les clous au niveau de la loi. Et à bâtir des logements sociaux partout sur le territoire. Nous avons le droit d’avoir des logements sociaux près de la plage, dans des communes dites touristiques. D’où le lien avec une autre problématique : celle des plateformes comme Airbnb. Il faut vraiment les encadrer, que les maires privilégient les logements pour ceux qui travaillent et vivent dans leur commune. Le nombre de logements de ces plateformes, dans certaines villes, provoque une hausse des prix de l’immobilier et empêche les travailleurs de s’y loger. Le logement est une compétence de la municipalité, les maires doivent agir dans ce domaine.

    Il y a tout un panel de revendications pour « renverser la fragilisation des services publics », comment faire ?

    M.P. : Nous devons avoir une fonction publique territoriale forte, qui ne délègue pas au privé. Cela passe par une fin des emplois précaires, le recours à des contractuels. Les partenariats public-privé se résument par « financement par le public et bénéfice pour le privé ». De fait, nous sommes favorables aux régies publiques. Avoir l’eau en régie publique, c’est une eau moins chère pour les citoyens, et de meilleure qualité. Pareil pour la restauration scolaire : il faut sortir de cette privatisation à tout va. Ce n’est que par des régies publiques qu’on pourra avoir une alimentation saine et équilibrée pour nos enfants dans les écoles. C’est une question de contrôle citoyen sur le service en question.

    Vous vous inquiétez aussi de l’enjeu métropolitain ?

    M.P. : C’est un scrutin dans le scrutin. La couleur politique qui sortira des différentes élections municipales, aura une influence directe sur la couleur politique de la Métropole. Et quand on connaît les prérogatives de cette dernière, notamment en matière économique, ça ne sera pas la même chose d’avoir une métropole majoritairement à gauche ou à droite. Le pire serait d’avoir une Métropole aux mains du RN. Ce serait une catastrophe pour le développement de l’emploi.