Tag: CFDT

  • Où manifester jeudi 2 octobre dans le Gard et l’Hérault ?

    Où manifester jeudi 2 octobre dans le Gard et l’Hérault ?

    Pas moins de 12 rassemblements ou manifestations sont au programme de la deuxième journée de grèves et mobilisations dans le Gard et l’Hérault, jeudi 2 octobre.

    A l’appel des 8 formations qui composent l’intersyndicale, 5 cortèges sont prévus dans le Gard. Dès 10h à Alès (sous-préfecture), Bagnols-sur-Cèze (monument aux morts), et Uzès (mairie). La manifestation de Nîmes s’élancera à 14h30 du quai de la Fontaine. Enfin, Le Vigan donne rendez-vous à 18h (sous-préfecture).

    Dans l’Hérault, 7 mobilisations sont prévues. Trois à l’appel de l’intersyndicale à 10h30 à Montpellier (place Albert 1er), Sète (bourse du travail) et Béziers (place de la mairie). Quatre autres rassemblements sont prévus à l’appel de la CGT à 10h30 à Bédarieux (maison des syndicats), à 11h à Lodève (sous-préfecture) et enfin à 11h30 à Ganges (mairie) et Lunel (place de la République).

    Dans l’Hérault, Stéphane Audebeau (FSU 34) appelle à « continuer à mettre la pression au gouvernement pour faire valoir les intérêts du monde du travail : salariés, fonctionnaires, retraités et demandeurs d’emplois ». Lesquels seront, avec les services publics, « les premiers touchés par la politique d’austérité » à venir. « Nous réclamons plus de justice fiscale et sociale », insiste l’enseignant qui déplore le manque de profs et d’AESH.

    A la CGT 34, Sébastien Boudesocque rappelle que 1,1 million de personnes (près de 40 000 dans le Gard et l’Hérault) ont défilé lors du premier round intersyndical le 18 septembre. Face à la « langue de bois » du Premier ministre qui n’a eu que faire de « l’ultimatum », le secrétaire départemental de la CGT 34 rappelle que d’autres choix existent. Le cégétiste souhaite mettre à contribution les grandes fortunes et les grosses entreprises. « La France est championne d’Europe du versement des dividendes et dans le top 5 mondial pour le nombre de milliardaires ». Il rappelle que les 35 heures ont créé 350 000 emplois et le CICE seulement 100 000. « La théorie du ruissellement ne fonctionne pas. L’Espagne a fait d’autres choix en taxant les capitaux des banques », illustre-t-il.

    A la CFE-CGC 34, on alerte sur « la souffrance au travail », les cas de « burn-out » et de « dépression » qui se multiplient chez les cadres. Chez l’Unsa 34, Jean-Robert Biggio déplore « qu’aucune mesure de l’intersyndicale n’ait été retenue » par le Premier ministre et « qu’aucune recette fiscale supplémentaire n’ait été trouvée » alors même que 211 milliards d’euros annuels sont octroyés par l’État aux grandes entreprises « sans aucun contrôle ». Quant à la CFDT 34, Glawdys Klapka insiste sur le pouvoir d’achat et « les fins de mois difficiles à boucler » pour bon nombre de salariés.

    Enfin, du côté de FO 34, Franck Mary-Montlaur déplore que la rencontre avec le Premier ministre Sébastien Lecornu n’ait absolument « rien donné ». « Les salariés en ont marre d’attendre », s’agace le responsable héraultais. Il est pour l’heure le seul à émettre des réserves sur la stratégie des journées de mobilisation « saute-moutons ». « Elles coûtent trop cher. Soit on y va pour de bon…»

  • La rue maintient la pression sur Lecornu

    La rue maintient la pression sur Lecornu

    « Pour la rupture, on reviendra ! », a résumé la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, ce 28 septembre, dans La Tribune Dimanche, réagissant aux premières orientations exposées par Sébastien Lecornu, nouveau Premier ministre, vendredi, dans Le Parisien.

    Après deux grosses journées de mobilisation les 10 et 18 septembre qui ont rassemblé jusqu’à 1,1 million de personnes dans le pays et vu le retour d’une intersyndicale CGT-CFDT- FO-CFTC-CFE-CGC-UNSA-FSU et Solidaires, la nouvelle mobilisation, organisée ce jeudi 2 octobre, entend maintenir la pression pour plus de justice sociale. Sur le pavé, salariés du privé et du public, jeunes ou retraités, ils ont rappelé massivement leur volonté de pouvoir vivre dignement de leur travail, de leur pension, d’entrevoir un avenir, d’enrayer la casse du service public…

    Mais, après avoir été reçus à Matignon le 24 septembre, les syndicats ont été plus que déçus devant l’incapacité de Sébastien Lecornu à revoir sa copie. « Sans rupture réelle de sa part, il rejoindra à son tour le cimetière des Premiers ministres d’Emmanuel Macron », a mis en garde Sophie Binet.

    Car les pistes esquissées par le nouveau Premier ministre ne laissent guère d’illusion sur les orientations de sa future politique. Pas question de remettre l’impôt sur la fortune, ni de suspendre la réforme des retraites. Une réforme de l’assurance chômage est également dans les tuyaux, avec, dans le viseur, les ruptures conventionnelles.

    Quant au projet de budget pour 2026, que le gouvernement doit présenter d’ici mi-octobre pour respecter les délais constitutionnels, pas « d’austérité et de régression sociale », a assuré Lecornu. Tout en souhaitant réduire le déficit, fidèle aux fondamentaux de la doctrine macroniste et soucieux de le ramener sous la barre des 3% du PIB en 2029,

    Peser sur le parlement

    Sébastien Lecornu aura essayé de gagner du temps, en jouant dans un premier temps la carte du mutisme, ajoutant aux blocages, mais le calendrier politique s’accélère. Rencontre ce lundi avec les chefs de parti et de groupe du « socle commun », en clair la droite et le centre, nouvelles consultations politiques, RN compris, rencontre « de la dernière chance » avec les socialistes, vendredi… La session ordinaire de l’Assemblée s’ouvre également mercredi, alors que le nouveau locataire de Matignon devrait faire connaître son gouvernement. Et les oppositions attendent de pied ferme sa déclaration de politique générale, peut-être le 6 ou le 7, même si un proche envisageait qu’il puisse s’en passer. De quoi conduire tout droit à une motion de censure quand l’entretien accordé au Parisien a déjà crispé les oppositions…

    Côté syndicats, on espère maintenir la pression jusqu’à la fin des débats parlementaires en décembre, a déjà annoncé Sophie Binet.

  • À Aix-en-Provence, l’intersyndicale va revendiquer « la dignité » des travailleurs

    À Aix-en-Provence, l’intersyndicale va revendiquer « la dignité » des travailleurs

    Les syndicats battront aussi le pavé de la capitale de Provence : l’intersyndicale locale a annoncé répondre à l’appel national à la grève, ce jeudi. À Aix, le rendez-vous est donné à 10h30, devant le rectorat, lieu de départ « symbolique » pour les syndicats. Puis le cortège s’élancera vers la sous-préfecture. « On continue à mettre la pression sur le gouvernement, rappelle Fabienne Allard, représentante syndicale CFDT. Arrivé à un moment, il ne suffit pas de nous écouter ou de nous regarder, mais de nous entendre ».

    Parmi les revendications listées par l’intersyndicale, l’abrogation de la réforme des retraites, une justice fiscale, et la répartition des richesses. « Preuve terrible : visiblement, Lecornu part sur le même budget. Il est clair qu’ils n’ont rien compris », insiste Céline Peccini, co-secrétaire FSU-Snuipp 13. « La mobilisation est de plus en plus forte. On a réussi à faire abandonner la suppression de deux jours fériés, comme le décret des doubles bandes franchises médicales, pointe de son côté François Canu, secrétaire de l’union locale CGT. La CGT pense qu’il y a moyen que le 2 soit un tournant dans la mobilisation. C’est dans les boîtes que ça va se jouer. »

    Entre les appels nationaux à la mobilisation, les syndicats continuent de mener les actions locales. Ils seront par exemple ce mardi, aux Milles, pour tracter et encourager les salariés de la zone commerciale à rejoindre le mouvement.

  • L’office HLM 13 Habitat tourne vivement la page

    L’office HLM 13 Habitat tourne vivement la page

    Le conseil d’administration de 13 Habitat, l’office HLM du Département, s’est réuni vendredi pour valider l’ensemble des réponses apportées aux recommandations et aux observations émises par l’Agence nationale de contrôle du logement social (Ancols) dans son rapport définitif de juin dernier diffusées dans la presse et qui portait sur les exercices 2019-2023.

    La gouvernance de 13 Habitat a été renouvelée le 18 juillet dernier suite au scandale de l’attribution et de la rénovation coûteuse d’un logement social à des proches de la présidente d’alors, Nora Preziosi, dans un contexte de surcroît où 48 000 demandes de logement social à Marseille ne sont pas satisfaites. Une enquête préliminaire du parquet est en cours pour des soupçons de prises illégales d’intérêts.

    Présentées par son nouveau président Jean-Marc Perrin et le nouveau directeur général, Damien Vanoverschelde, ces réponses ont été adoptées à l’unanimité par les administrateurs. Dans un communiqué, l’office HLM dit s’engager « dans la mise en place de nouveaux process et de nouvelles pratiques, et le renforcement de dispositifs existants », pour réduire la vacance et les délais de remise en location et d’attribution des logements vacants, pour renforcer le contrôle interne sur les dysfonctionnements constatés, notamment en matière d’attribution, de marchés et de recrutements, pour prévenir les situations de conflits d’intérêts, notamment par la prochaine nomination d’un « référent déontologie » auprès du directeur général. L’office entend aussi « optimiser les coûts de gestion, en particulier de la masse salariale » ou encore « accroître le nombre de nouveaux logements locatifs sociaux ».

    « Les bases sont saines, la maison est belle, les salariés sont investis », a déclaré au conseil d’administration le directeur général entré en fonction le 22 septembre. « Nous avons à réactiver une chaîne fructueuse : remettre de l’entretien dans notre patrimoine, pour que les locataires soient satisfaits, pour que les salariés soient satisfaits et remplissent leurs missions, et pour que les élus locaux soient satisfaits et travaillent avec nous pour développer le logement social », ajoute Damien Vanoverschelde qui aussitôt arrivé a licencié le directeur des ressources humaines nommé en avril dernier, ce qui a déclenché une vive réaction syndicale de la CFDT Interco et de Sud logement social qui disent leur crainte d’une « chasse aux sorcières ».

  • Les salariés Carrefour en ordre de bataille à Aix-en-Provence

    Les salariés Carrefour en ordre de bataille à Aix-en-Provence

    Autour d’une journée de débats, organisée à l’appel de la CFDT Commerce et services des Bouches-du-Rhône, les salariés Carrefour, réunis en intersyndicale, sont venus des quatre coins de la France s’ordonner pour contre-attaquer le passage des magasins de l’enseigne en location sous-gérance. Voilà plus d’un an que la CFDT appelle à dénoncer le « montage destructeur » de la location-gérance. « En juin, un collectif de plusieurs magasins s’est mis en place pour apporter des éléments leur permettant d’aller combattre sur des expertises, rappelle Yann Durafour, délégué syndical CFDT de Carrefour Le Merlan. L’objectif est donc d’accompagner ces magasins et leurs salariés, pour assigner en justice Carrefour et récupérer les éléments. Le collectif a aujourd’hui grandi. » En intersyndicale – FO et la CGT ayant rejoint la réunion de ce vendredi – représentants nationaux de syndicats et experts judiciaires, incluant des avocats en droit du travail, se sont réunis pour réfléchir aux meilleures pistes de contre-attaque face à la multiplication des externalisations de magasins. Pour rappel, ce contrat par lequel le propriétaire d’un fonds de commerce en confie l’exploitation à un locataire-gérant qui l’exploite contre une redevance, cause aux salariés une « perte de leurs acquis sociaux au bout de 15 mois », selon la CFDT, une baisse de salaire, et davantage de précarité. Entre autres. « Aucun locataire-gérant depuis 2018 n’a réalisé de bénéfices. La location est juste une tromperie, une machine pour licencier, pour Jérôme Coulombel, ex-directeur du service contentieux au siège Carrefour de Caen. Vous avez osé bouger localement. C’est vous qui allez pouvoir faire sauter les verrous. » Si avocats et experts n’ont pas encore de réponses quant à la stratégie à adopter, le but reste, pour les salariés, de démontrer le système déloyal, pour les effectifs, de la location-gérance. « Le but est de montrer comment la location est une fraude pure et dure chez Carrefour », ajoute Yann Durafour. À suivre.

  • À Aix, un cortège soutenu par la jeunesse

    À Aix, un cortège soutenu par la jeunesse

    La foule double lorsque les étudiants rejoignent le mouvement intersyndical, déjà rassemblé sur le parvis du rectorat. En fin de mobilisation, la CGT estime à 2000 participants, contre 1 100 selon la police.

    En grande force, les étudiants en licence de psychologie, dont la rentrée des classes a été suspendue par des enseignants pour dénoncer le manque de moyens humains. « On est venus soutenir les travailleurs, mais aussi pointer du doigt les gros soucis que rencontrent les étudiants en psycho », souligne Noah, qui mène la foule étudiante, avec pour slogan : « On est jeunes, déters [déterminés], et révolutionnaires ». « Dans cinq ans, je suis une travailleuse aussi. Je ne veux pas débuter ma carrière sous-payée, précaire. J’ai cinq ans pour me battre et ça commence aujourd’hui », pointe Nina*, étudiante en première année sur le site Schuman. Les drapeaux du Poing Levé mais aussi de l’Union étudiante et d’Attac flottent parmi les plus jeunes du cortège. « La venue des jeunes est un très bon signe sur l’ampleur que peut prendre le mouvement, le fait que ça s’inscrive dans quelque chose qui est sociétal complètement », estime de son côté Céline Peccini, cosecrétaire de la FSU-Snuipp 13. Au-devant du cortège, l’intersyndicale CGT, CFDT, FSU mène la foule, réunie derrière une banderole ornée des sigles des organisations signataires du mouvement de ce jeudi. FO, signataire, a rejoint le cortège marseillais.

    « Les sacrifices pour le monde du travail ça suffit ! Oui, d’autres choix sont possibles », peut-on lire comme message. Derrière, qu’ils soient vêtus d’un dossard floqué de leurs syndicats ou munis des drapeaux des différents partis politiques de gauche (PCF, PS, EELV), les revendications sont multiples. « On espère que les travailleurs pourront allier les revendications de leurs entreprises et personnelles au mouvement d’aujourd’hui », explique François Canu, secrétaire général de l’Union locale CGT. Et pour cause, commerçants, personnel médical du centre hospitalier ou de Montperrin, chauffeurs routiers ou encore enseignants ont battu le pavé du rectorat à la sous-préfecture d’Aix en passant par le boulevard Victor Hugo et la Rotonde. « Les revendications sont totales, surtout au niveau de l’éducation, la culture, les points les plus importants de la société. On nous prend pour des imbéciles et les infos ne sont pas officielles, on en a marre », pointe Alexandra, comédienne.

    Les travailleurs trinquent

    « Aujourd’hui, on lutte contre ce que le gouvernement propose avec un budget qui comme toujours s’en prend aux travailleurs et aux classes moyennes. Ce n’est pas à nous de trinquer. on a déjà subi la réforme des retraites, on ne veut pas perdre les avantages au travail pour lequel on s’est battus », scande Sébastien, employé dans l’agroalimentaire depuis trente ans. « Les Français travaillent pour survivre, pas pour vivre », pointe Karima, déléguée syndicale CGT, employée dans une chaîne de grande distribution. Les énergéticiens aussi, ont largement répondu présent, en grève depuis le 2 septembre, mobilisés à l’aube sur le site hydroélectrique de Jouques. « On a comme revendications de baisser le taux de TVA sur la facture d’électricité des usagers, passée à 20% au mois d’août sur l’abonnement. On souhaite qu’ils la repassent à 5,5%. On ne veut pas que nos salaires pèsent sur la facture d’électricité des usagers », estime Sébastien Artaud, délégué CGT Energies. Autant de revendications exposées lors des prises de paroles syndicales. « Nous voulons des mesures concrètes pour lutter contre la précarité », rappelle Luc Bresson, représentant CFDT. Jusque-là, les syndicats promettent « que nous allons nous revoir ! »

    « J’ai cinq ans pour me battre et ça commence aujourd’hui »

  • Mobilisation du 18 septembre : les rendez-vous dans l’Hérault et le Gard

    Mobilisation du 18 septembre : les rendez-vous dans l’Hérault et le Gard

    La mobilisation s’annonce d’ampleur. Une journée de grève nationale et de manifestation est organisée, ce jeudi 18 septembre, à l’appel de l’intersyndicale (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA, FSU et Solidaires), pour protester notamment contre les nombreuses mesures d’économies budgétaires du gouvernement et pour la justice sociale et fiscale. Plusieurs rendez-vous sont programmés dans l’Hérault et le Gard.

    Uzès, 9h45, départ devant la mairie.

    Un départ est organisé pour Nîmes à 13h30 de la Poste.

    Alès, 10h, rendez-vous devant la sous-préfecture.

    Bagnols-sur-Cèze, 10h, départ au Monument aux morts.

    Le Vigan, 10h30, rendez-vous devant la sous-préfecture.

    Nîmes, 14h30, rendez-vous Jardins de la Fontaine, allées Jean Jaurès.

    Montpellier, rendez-vous à 10h30, Place Albert-Ier.

    Sète, 10h30, départ Place de la mairie.

    Béziers, 10h30, au départ de la Bourse du Travail.

    Bédarieux, 10h30, rendez-vous devant la Maison des syndicats.

    Clermont l’Hérault, départ sur l’Allée Roger Salengro.

    Ganges, rendez-vous à 18h devant la mairie.

  • Mobilisation du 18 septembre : les rendez-vous dans le l’Hérault et le Gard

    Mobilisation du 18 septembre : les rendez-vous dans le l’Hérault et le Gard

    La mobilisation s’annonce d’ampleur. Une journée de grève nationale et de manifestation est organisée, ce jeudi 18 septembre, à l’appel de l’intersyndicale (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA, FSU et Solidaires), pour protester notamment contre les nombreuses mesures d’économies budgétaires du gouvernement et pour la justice sociale et fiscale. Plusieurs rendez-vous sont programmés dans l’Hérault et le Gard.

  • L’intersyndicale au complet appelle à un 18 septembre massif

    L’intersyndicale au complet appelle à un 18 septembre massif

    Si bien des syndiqués se sont joints à l’appel citoyen du 10 septembre pour « tout bloquer », les syndicats n’étaient pas vraiment partie prenante, même si le mouvement était soutenu par la CGT et SUD. « Le blocage du pays ne peut se faire que par la grève, pas en bloquant des ronds-points », estime pour sa part Gilbert Fouilhé (FO 34).

    Jeudi 18 septembre, ce sera justement au tour des syndicats d’entrer pleinement dans la contestation sociale. Une journée de grèves et de manifestations* à l’appel d’une intersyndicale pour la première fois au complet depuis 2023 et le grand mouvement contre la réforme des retraites finalement passée en force via le 49-3. Si à l’époque l’épisode jugé anti-démocratique avait amené démobilisation voire résignation l’année suivante, il semble avoir été digéré et les troupes semblent à nouveau gonflées à bloc. « Une journée intersyndicale aussi tôt à la rentrée, c’est le signe de quelque chose qui va durer », professe Sébastien Audebeau, secrétaire de la FSU 34.

    Rien que dans l’Hérault, une cinquantaine d’appels à la grève public/privé sont déjà recensés le 18 septembre. De là à dire que des débrayages reconductibles vont s’enchaîner et réussir à faire fléchir le nouveau gouvernement Lecornu, il y a un pas. « Nous n’avons pas de bouton pour déclencher les grèves. Ce serait présomptueux d’annoncer tel ou tel mot d’ordre. Nous attendons les remontées de terrain, nos bases nous diront », tempère Franck Mary-Montlaur (FO 34). « L’intersyndicale a déjà prévu de se revoir. Mais ce n’est pas une journée de grèves qui suffira à faire plier le gouvernement », prévient le Sébastien Boudesocque pour la CGT 34.

    Ce qui est sûr c’est que tous les ingrédients de la colère sont là : une précarité grandissante et des solutions toujours plus austéritaires proposées par les gouvernements d’Emmanuel Macron au mépris du résultat des urnes. Mais plutôt que de réclamer le départ du chef de l’État ou de cibler son nouveau Premier ministre, l’intersyndicale appelle à un changement de leurs choix politiques.

    Redistribution des richesses

    À commencer par la question des salaires et des pensions à revaloriser. « Depuis 2010 et le gel du point d’indices des fonctionnaires, les collègues ont perdu 15 à 20% de pouvoir d’achat », calcule Sébastien Audebeau (FSU 34). Même tendance baissière du côté des cadres, insiste Frédéric Thieffy, président de la CFE-CGC 34. « Les entreprises privilégient l’actionnariat à l’encadrement. Le ruissellement à la baisse touche aussi les cadres. Il faut aussi arrêter de taper sur les retraités qui ont travaillé et cotisé toute leur vie. »

    Bref, « Les sacrifices pour
    le monde du travail, ça suffit
     ! », synthétise Sébastien Boudesocque. À la récurrente problématique de la dette, le cégétiste répond que des alternatives existent à l’image des 211 milliards d’euros annuels distribués aux entreprises sans contrepartie. « La part du PIB passé de la poche des travailleurs à celle du patronat est passée de 6 à 40%. » « La France est l’un des pays qui compte le plus de milliardaires où la rémunération du CAC40 est le plus élevée. Le monde du travail en a marre d’être les vaches à lait », abonde Franck Mary-Montlaur (FO 34). « De moins en moins de gens vivent dignement de leur travail. On a besoin d’une autre répartition des richesses, marre des miettes plutôt que la baguette », illustre Marie-Pierre Zabalète, co-secrétaire de Solidaires 34.

    Services publics à l’os

    L’inquiétude est tout aussi grande sur l’avenir des services publics. « Il y a une déconnexion entre les gouvernants et la réalité du terrain. Ils mettent en difficulté de fonctionnement les services publics, ce qui génère un sentiment de manque de reconnaissance », déplore Grégoire Delattre, secrétaire académique de l’Unsa. L’école et l’hôpital se disent particulièrement à l’os. « Certaines AESH sont rémunérées sous le seuil de pauvreté. On nous parle de ne pas remplacer un tiers des départs à la retraite », s’indigne Sébastien Audebeau (FSU) sans parler de la crise des vocations dans l’Éducation nationale qui a besoin « d’emplois pérennes ». Au CHU, « tout va mal, la colère monte. On a eu le Ségur, il faut passer à autre chose, on a besoin de ratios soignants/soignés », abonde Pierre Renard (CGT). Du côté de la CFTC enfin, Sylvie Bernard alerte aussi sur le besoin de justice sociale. « Pendant le Covid, on a vu le rôle d’amortisseur de la Sécu. Depuis 2019, il y a un durcissement des conditions d’accès à France Travail. Or, le chômage nous pend au nez à tous. »

    * À 10h30 place Albert 1er
    à Montpellier.

    À 14h30 haut des allées
    Jean-Jaurès à Nîmes.

  • Unis, les syndicats mettent le cap sur le 18

    Unis, les syndicats mettent le cap sur le 18

    La journée de blocage du 10 septembre et la manifestation qui a réuni plus de 80 000 personnes à Marseille ont, semble-t-il, donné des ailes aux organisations syndicales, réunies en intersyndicale en vue de la journée de grève et d’actions du 18 septembre prochain. « C’est un très bon premier départ pour une mobilisation sociale d’ampleur. Nous avons su faire la convergence avec les collectifs citoyens et les autres forces mobilisées. Cela dépasse largement nos rangs, et c’est ce qu’il faut développer. », souligne Jessica Jadé, secrétaire de l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône.

    Pour elle, comme pour ses homologues d’autres organisations syndicales, cette journée marque un tournant. « C’est une étape importante dans la construction d’un mouvement de longue haleine », abonde Franck Balliot, co-secrétaire départemental de la FSU 13, qui se félicite de la forte participation dans l’Éducation nationale, avec des taux de grève élevés dans plusieurs établissements. Pour Frédéric Michel, de Solidaires 13, cette journée était « le début d’une offensive sociale » qui n’attend qu’à se concrétiser avec la date du 18. Il insiste notamment la diversité du cortège : jeunes, retraités, chômeurs, non syndiqués : « Il n’y avait pas de défiance, mais une vraie convergence avec les syndicats ».

    Tous appellent, espèrent et vont travailler à une mobilisation aussi réussie pour le 18 septembre. « Il faut construire un rapport de force gagnant, réfléchir ensemble à une autre société. Ce n’est pas une rentrée sociale plan-plan : il y a un souffle, une dynamique », développe Frédéric Michel. « La colère est légitime. Elle est née des passages en force de Macron et de ses politiques antisociales », reprend Jessica Jadé pointant les politiques de « casse sociale » menées par les gouvernements successifs. Et de rappeler les menaces sur les congés payés, la sécurité sociale et le financement des retraites : « Ce n’est pas la nomination de Lecornu comme Premier ministre qui va nous rassurer ».

    Avis partagé même par des représentants de syndicats classés comme réformistes. « Sa nomination ne donne aucun espoir d’amélioration. Le 18 septembre est une étape dans un mouvement plus large pour imposer une autre voie : celle du respect des agents, des salariés et de leurs représentants », assure Rendi Dichri, de l’Unsa. À l’opposé de la logique d’austérité et d’individualisation des droits à l’œuvre depuis des années, son organisation demande urgemment une revalorisation immédiate des salaires, traitements et pensions, le respect des statuts et des droits collectifs, et des moyens suffisants pour les services publics. « Nous serons dans la rue, pas par habitude, mais parce qu’il y a un ras-le-bol général. Ras-le-bol d’être les premiers à payer et les derniers à être respectés », ajoute Guillaume Pascal, pour la CFDT 13. Il évoque notamment « une rupture » déjà actée avec le pouvoir en place du côté des travailleurs : « Respecter les salariés, c’est reconnaître leur engagement, écouter leur voix et partager équitablement les richesses qu’ils créent ».

    René Sale, secrétaire général de l’Union locale de FO d’Aix-en-Provence, dénonce aussi la poursuite de cette politique de destruction sociale et les annonces de Bayrou : « Deux jours fériés supprimés, déremboursements doublés, attaques contre les affections de longue durée… C’est une offensive contre la sécurité sociale et les droits ouvriers ». Sa confédération a déposé un préavis de grève reconductible du 1er septembre au 30 novembre : « On ne pourra pas manifester pendant 6 ou 8 mois. Il faut réfléchir à des actions plus fortes, décidées en assemblées générales ». Un meeting est prévu le 16 septembre à Marseille avec Frédéric Souillot.

    Tous attendent une large mobilisation et se préparent à l’installer dans la durée. A minima 3 manifestations sont au programme dans les Bouches-du-Rhône, 4 pour le Var. Et les militants vauclusiens tablent sur une participation massive pour le rendez-vous à Avignon (lire encadré rendez-vous ci-contre.

    « Nous construisons cette journée comme une étape dans un processus de mobilisation. », insiste Jessica Jadé. Il faudra aussi compter sur le soutien des membres des collectifs citoyens de « Bloquons tout », à l’origine du 10 septembre. Les assemblées générales qui se tenaient à Marseille dans la foulée de la première mobilisation se sont prononcées largement en faveur d’une participation massive à la date posée par l’intersyndicale. « Ce ne sera pas une mobilisation isolée. Le combat contre le budget austéritaire durera jusqu’en décembre » prévient Franck Balliot. « On peut financer la retraite à 60 ans. Ce qui se joue aujourd’hui, c’est la justice sociale. Il faut arrêter le pillage des caisses de l’État et réinvestir dans les services publics » conclut Jessica Jadé.

    « Le combat contre le budget austéritaire durera. »