Tag: centre social

  • À Martigues, un village sportif pour se dépenser les pieds dans l’eau

    À Martigues, un village sportif pour se dépenser les pieds dans l’eau

    À une vingtaine de mètres du rivage, un petit groupe de personnes sillonne la plage de Ferrières, de l’eau jusqu’à la taille. « Ce n’est pas du longe-côte, mais de la gym aquatique », précise Salim Boumezzou, responsable du service animation de la Ville de Martigues. Bien que ce dispositif estival existe depuis quatre ans, Christiane y participe pour la première fois ce lundi 13 juillet.

    En sortant de l’étang de Berre, la retraitée confie : « J’avoue que j’ai beaucoup apprécié, ça faisait un moment que je ne bougeais plus. Ça fait du bien en temps de canicule. On combine le rafraîchissement et le sport. »

    Sans oublier le vivre-ensemble. Le maire Gaby Charroux (PCF) y met un point d’honneur : « L’entretien physique est important, certes, mais surtout la rencontre : parler, échanger, évoquer ses difficultés, ses bonheurs et ses plaisirs aussi. C’est l’un de nos leitmotivs. L’Homme est un animal social, donc c’est important. »

    Christiane, de retour sur la Côte Bleue depuis peu après une vingtaine d’années passées dans les Landes, se réjouit d’avoir pu rencontrer du monde : « J’ai discuté avec quelques personnes, ça m’a permis d’anticiper le forum des associations de septembre et d’en savoir plus sur les activités proposées par le tissu associatif local. »

    Accueil des enfants

    Cette année, Martigues a prolongé le dispositif avec un village sportif, qui restera installé jusqu’à la mi-août. Le programme d’activités fourmille : disque golfe, slack line, jeux d’adresse, water-polo, water-basket ou encore parcours de motricité aquatique… L’infrastructure et les dix encadrants qui l’animent resteront en place jusqu’au 14 août. « Ce qui est nouveau, c’est qu’on a matérialisé l’espace, qu’on a organisé l’accueil des enfants », explique Pierre Dharréville (PCF), adjoint au maire délégué aux services publics et à la jeunesse.

    Salim Boumezzou détaille : « Les créneaux du matin sont réservés aux centres sociaux, aux centres aérés, aux Maisons de quartier et aux clubs sportifs. L’après-midi, de 11h30 à 14h30, c’est un temps libre pour les autres jeunes publics. Pour les plus âgés (10 ans et plus), on propose aussi du kayak et du paddle. On accueille environ 400 enfants par semaine. »

    Animatrice au centre social de Canto-Perdrix, Lilya trouve l’initiative « top », « surtout avec cette chaleur, ça leur fait du bien de se baigner ». « C’est bien organisé et ça leur fait découvrir des activités », affirme-t-elle. À côté d’elle, Alya se « régale ». La petite martégale va encore passer deux semaines au centre social, alors elle est contente de cette journée : « Ça change, même si on fait plein de jeux tous les jours. »

    Organiser, faciliter

    et inciter

    Gaby Charroux résume : « C’est un centre aéré d’extérieur et de centre-ville permanent, jusqu’au 14 août. » L’édile se satisfait de voir la population profiter de « cet endroit privilégié ». « On voit tout l’intérêt que la réhabilitation de l’étang de Berre peut avoir en ces périodes de chaleur, avec une lagune en bien meilleure santé que les années passées et d’une plage de centre-ville comme Ferrières. Cet aménagement est une opportunité pour les habitants qui peuvent venir à pied ou se garer aisément, tout est organisé pour ça. »

    « Je pense que nous sommes dans notre rôle, en tant qu’élus municipaux, de gestion communale, poursuit-il. Permettre, autoriser, faciliter, inciter nos populations… Organiser la vie générale, sur tous les plans, ici sur le plan de la détente et de l’activité de physique et de loisir, jusqu’à hier avec les Fadas sur le plan de la réflexion, de l’accès à la culture… Ça va s’enchaîner tout l’été encore. »

    Informations auprès
    de la direction des sports

    04.42.44.37.19 / 04.42.44.36.54

  • [Cest l’été] La Rose des Vents, garde ses « portes ouvertes tout l’été »

    [Cest l’été] La Rose des Vents, garde ses « portes ouvertes tout l’été »

    Voilà deux ans qu’une décision a été prise au sein des équipes du centre social la Rose des Vents : celle de maintenir chacun de ses services ouverts tout au long de l’été. Autrefois centre social Aix Nord, désormais sous la direction de Rachid Sabbouri, le lieu est autonome depuis le début des années 2000. Et propose chaque été une programmation dense sur la saison estivale. « D’autant plus qu’on est montés crescendo sur les deux dernières années en termes de programmation estivale, mais c’est la première année où elle est aussi dense, précise Reda Gannouni, coordinateur de projet au sein de la Rose des Vents. Cette année on a une programmation monstre sur l’été. On est sur de l’animation pratiquement tous les jours, avec un événement ou une activité importants tous les deux jours. »

    Pour les équipes du centre social, qui fonctionnent par roulement au cours de l’été, la saison estivale est des plus intenses. « On voit sur notre territoire que de moins en moins de personnes le quittent pour partir en vacances, c’est en corrélation avec notre public, parce qu’on a le quartier le plus pauvre d’Aix-en-Provence. Les gens ont chaud, restent ici, certains ne peuvent même pas aller à la mer », contextualise Reda Gannouni. Faute, en partie, de l’inflation et des prix en hausse pour partir en vacances. Dès le mois de juillet, les quartiers de Beisson, où sont nichés le centre social mais aussi le quartier de Saint-Eutrope, un peu plus bas mais dépendant aussi de la structure, les journées et soirées d’été sont rythmées par la programmation de « l’Été Culturel à Beisson », orchestré par la Ville d’Aix-en-Provence mais dont l’organisation est en grande partie confiée au centre social. Au mois d’août, la Rose des Vents bénéficie notamment d’un autre dispositif, dénommé « Ouverture Estivale » : une béquille pour maintenir les activités, en plus des sorties organisées par le centre social lui-même. « On s’est dit qu’on allait mutualiser tous les dispositifs pour ne garder qu’une seule programmation. Le plus important est d’offrir un bel été aux habitants », déroule Reda Gannouni, qui restera vague sur les questions de baisse de budgets que craignent plusieurs structures culturelles et sociales.

    Moments d’échanges et de sensibilisation

    « On sait rester innovants et on essaie de ne pas prendre de risques trop onéreux », assure le coordinateur de projets. Pour cette saison, un seul credo reste la priorité des équipes : « amener l’animation au pied des bâtiments, résume Reda Gannouni. Chacun met la main à la pâte et on propose de la qualité, mais aussi quelque chose de digne pour les habitants, de ne pas être seulement dans les deux bouts de scotchs et un bout de ficelle. L’idée c’est de faire un peu moins, mais mieux ». Le programme, est réfléchi plusieurs mois en avance, explique ce dernier. Parmi les activités, des animations spécifiques aux plus jeunes publics, adressés aux adolescents mais aussi aux seniors et aux familles. « Pour résumer, il y aura des animations toute la semaine, pratiquement tous les jours et des temps forts deux fois par semaine, les mercredis et vendredis (…) le dernier événement n’aura lieu que le 29 septembre », explique Reda Gannouni. Parmi ces rendez-vous festifs : une sardinade géante le 22 juillet, mais aussi un panel d’activités autour du sport – hors grosses chaleurs ou à horaires adaptés –, des jeux, des projections en plein air… Toutes les informations sont à retrouver sur le site du centre social, mais aussi le site de la Ville d’Aix. Au vu des vagues de chaleur multiples dès ce début d’été, les horaires ont également été décalés d’une demi-heure. Beaucoup d’activités sont, en plus des animateurs, animées par la référente famille du centre social. « Une façon de faire de la sensibilisation informelle, sur des sujets comme la santé, les écrans, la parentalité…, détaille Reda Gannouni. C’est un temps dédié. La sensibilisation passe mieux lorsque c’est informel, on n’est pas dans un cadre descendant ou l’on prêche la bonne parole. Comme les gens se confient, échangent, on a ensuite de belles surprises qui nous permettent de penser et de créer d’autres activités, c’est un peu un laboratoire, ces moments-là. »

    Près d’un millier de personnes bénéficiaires

    Entre les quartiers de Saint-Eutrope et de Beisson, la programmation pourrait bénéficier à un millier de personnes, toutes générations confondues. « Ce ne serait pas un chiffre exagéré ! Je pense que chaque habitant des deux quartiers a participé à au moins une animation », commente Reda Gannouni. Pour que ce travail se poursuive, il faut compter « plusieurs journées dans une journée, résume le coordinateur de projet, au nom de l’équipe. Il faut aussi, et déjà organiser la rentrée et on a un œil sur septembre, il faut faire la demande de subventions dès le mois de juillet… Les journées défilent en un clin d’œil, huit heures sont déjà passées. Mais c’est amusant, il n’y a aucune journée de qui se ressemble, chaque jour il y a un nouveau problème qui arrive et une nouvelle solution à trouver… Si on aime la routine, il ne faut pas venir travailler dans un centre social. » Dans toute cette organisation, un seul hic : la charge administrative, plus complexe qu’il y a quelques années en arrière. « Ce qu’on comprend. Mais nous n’avons pas ce temps-là. Il y a une réflexion en cours pour alléger le système », explique Reda Gannouni. Pour autant, « quand on passe de la paperasse au réel, aux jeunes qui en redemandent, on oublie tout ça ».

  • À Bagnols, la nouvelle maire RN s’en prend aux centres sociaux

    À Bagnols, la nouvelle maire RN s’en prend aux centres sociaux

    L’association se savait dans le collimateur de la nouvelle maire Pascale Bordes. Après l’annonce d’une coupe d’environ 40% dans le budget des associations, Mosaïque en Cèze s’attendait justement à voir sa subvention réduite d’environ 80 000 euros. Mais jamais elle n’aurait pensé que la nouvelle équipe irait jusqu’à supprimer l’intégralité de la subvention d’une association dont l’action est pourtant reconnue sur le territoire bagnolais depuis 1992.

    « Nous gérons deux centres sociaux qui ont pour objectif l’animation de la vie sociale sur un territoire, c’est-à-dire de lutter contre toutes les formes d’isolement et d’exclusion », explique Vincent Poutier, le président de l’association qui s’appuie sur 18 salariés. « Nous avons 600 familles qui adhèrent à Mosaïque en Cèze, c’est-à-dire entre 1 200 et 1 500 personnes. C’est 8 000 personnes accueillies sur une année. Nous organisons environ un millier d’animations par an, soit 3 ou 4 activités par jour comme nous sommes fermés le dimanche. » Après le vote de la suppression de cette subvention lors du conseil municipal du 25 juin, les sympathisants RN présents ont applaudi cette décision…

    Un avenir incertain

    À la suite de l’élection municipale de mars dernier, Vincent Poutier avait tenté de rencontrer la majorité pour présenter les actions de l’association et essayer de la convaincre de son importance sur le territoire. Mais aucun dialogue n’a pu s’installer alors que deux élus de la majorité ont, de fait, un siège à l’Assemblée générale de l’association. « Sous prétexte qu’on gérait mal et que la Ville était au bord de la cessation de paiement alors qu’il y a un compte administratif positif d’1,9 million d’euros, on nous annonce qu’on n’aura pas de subvention en 2026. On ne peut pas dire que les rapports sont mauvais, il n’y en a pas. C’est une décision violente car nous n’avons aucun aménagement possible et que cela concerne l’année en cours. Qu’il n’y ait même pas de dialogue, je trouve que c’est extrêmement difficile à vivre parce que c’est un vrai mépris et ça empêche de pouvoir se projeter sur l’avenir », précise Vincent Poutier.

    Pour l’heure, l’association peine à réellement évaluer toutes les conséquences de cette décision mais elle s’attend à réduire la voilure l’an prochain. Cette aide de la mairie représente en effet 45% des subventions perçues par Mosaïque en Cèze. C’est 20% du budget total de l’association. « Moins 20% dans le budget, ce n’est pas moins 20% d’activités parce que lorsqu’on lance une activité, il y a des cofinancements de plusieurs acteurs et la subvention municipale permettait justement de compléter pour lancer une activité. C’est-à-dire qu’aujourd’hui, les 20% d’argent en moins, ça remet en cause pratiquement 30 à 35% de nos projets », explique Vincent Poutier.

    Les équipes de l’association sont donc à pied d’œuvre pour analyser projet par projet, comment ils peuvent sauver le plus d’activités possibles. L’association devrait communiquer en septembre pour détailler les conséquences concrètes de l’absence de subvention communale. Au-delà des activités, elle devra également supprimer des postes pour retrouver l’équilibre budgétaire. D’autant que les autres collectivités ne souhaitent pas rallonger leur aide tant pour des raisons financières que politiques. « Cette année va être difficile parce qu’on a déjà engagé des choses depuis janvier et qu’on sait désormais qu’on n’aura pas les financements pour. On va finir l’année dans le rouge », s’inquiète le président de l’association qui espère désormais recevoir du soutien de la population locale.

    « Indépendamment du RN, parce que le mouvement associatif est attaqué par les gouvernants actuels, je réfléchis actuellement avec un certain nombre de gens, pour se mobiliser et défendre le mouvement associatif en sachant que c’est un travail de longue haleine et qu’il ne va pas payer tout de suite », conclut Vincent Poutier.

  • À Marseille, une tournée pour célébrer les congés payés

    À Marseille, une tournée pour célébrer les congés payés

    Depuis le 22 juin et jusqu’en novembre, une camionnette festive sillonne la France pour aller à la rencontre des territoires, des structures et des publics qui font vivre cet héritage au quotidien. Les Marseillais ont bénéficié de deux dates au Panier(2e) et au centre social de Campagne l’Évêque (15e). À chaque étape, l’Eskale se déplie comme une guinguette itinérante : tables, guirlandes, exposition, témoignages, échanges autour des acquis sociaux du Front Populaire, banquets citoyens, bals, …

  • Les locataires des Bourrely privés de gaz

    Les locataires des Bourrely privés de gaz

    Un mois sans gaz et des angoisses… Depuis l’installation de détecteurs de monoxyde de carbone, mi-juin, les habitants des Bourrely Perrin (15e) subissent des coupures intempestives à la moindre alerte. Résultat : plus d’eau chaude, plus de possibilité de cuisiner. « Dans mon immeuble, les marins pompiers et GRDF nous ont dit que moins deux, ça explosait » assure Cynthia, qui témoigne de ruptures de service touchant des appartements ou carrément un de la trentaine de bâtiments de cette cité construite en 1965. Entourée d’autres habitants en colère, réunis ce vendredi 10 juillet devant le centre social, elle raconte le manque d’information, la peur d’absorber un gaz inodore et dangereux.

    « Vous vous rendez compte ? On a ici des personnes très âgées mais aussi des enfants en bas âge, des mamans seules, tout ça en pleine canicule » poursuit-elle. L’une d’entre elles, Yamina, a pris ces deux petits sous le bras pour être hébergée chez une amie. « Mes enfants ont été hospitalisés parce qu’ils avaient relevé 490 ppm dans l’air chez moi » affirme la jeune femme quand une exposition à 400 ppm après 3 heures cause des maux de tête intenses.

    Le sommet de l’iceberg

    La mairie de secteur a ouvert le stade de La Martine pour permettre à ceux qui le peuvent de venir prendre une douche. Une réunion s’est tenue en urgence jeudi après-midi avec un représentant de Treize Habitat. « On nous a expliqué que les pigeons ont fait leur nid dans les bouches d’aération empêchant l’air de circuler et on nous a distribué des plaques électriques qu’on nous demande de restituer par la suite car le problème va se reproduire » s’indigne la jeune femme.

    Surtout ces coupures ne sont que le sommet de l’iceberg des « conditions de vie déplorables de près de 5 000 personnes précaires » résume Cynthia. Photos à l’appui, chacun témoigne des moisissures sur les murs, des colonnes d’évacuation amiantées qui débordent, des fuites d’eau qui provoquent des charges indues, du balcon dont les rambardes tiennent avec des bouts de ficelle… « On va se constituer en collectif, aller à la maison de l’avocat pour entamer un recours » promet Cynthia.

    De son côté, la direction de Treize Habitat précise dans un communiqué que « plusieurs logements du bâtiment 15 » sont concernés et qu’une « dizaine de locataires a été prise en charge pour des gênes respiratoires, sans gravité ». Le gaz a été coupé « par mesure de sécurité » et « ne pourra être rétabli qu’après diagnostic de Qualigaz ». La direction du bailleur ajoute que « dans l’attente, des plaques d’appoint vitrocéramiques, électriques, ont été distribuées aux locataires présents » et que « tout est mis en œuvre pour rétablir le gaz le plus rapidement possible ». Elle impute le problème « aux fortes chaleurs actuelles, qui ralentissent la bonne ventilation dans le bâtiment et l’aspiration verticale naturelle du monoxyde de carbone par les gaines » et se félicite que les détecteurs de monoxyde de carbone installés par ses soins dans les logements aient « joué pleinement leur rôle ».

  • Le tour de France de Marine Tondelier passe par le sud.

    Le tour de France de Marine Tondelier passe par le sud.

    Mardi, elle s’est rendue chez les Scop-Ti pour saluer une bataille de 1 336 jours pour garder des emplois avant de se rendre à Marseille, Place Sébastopol où elle a été rejointe par le maire de secteur, l’écologiste Didier Jau.

    Ce mercredi matin, elle se rend au centre social du Grand Saint-Antoine pour présenter sa proposition de « droit aux vacances pour tous ».

  • Agression au centre social : la mairie de Gap apporte son soutien au personnel

    Agression au centre social : la mairie de Gap apporte son soutien au personnel

    Pour l’heure, le centre social les pléiades, dans le Haut-Gap, est fermé, la quasi-totalité de son personnel est en arrêt de travail, suite à une agression contre l’équipe du centre survenue mi-juin. Les faits se sont déroulés un lundi après-midi, alors que le centre était fermé. Un des deux agresseurs serait venu à l’entrée du centre, « manifestant une forte hostilité », et « assenant de grands coups de pied dans la porte. » Une personne du centre lui aurait alors ouvert, l’individu serait revenu à plusieurs reprises sur les lieux, proférant des insultes et menaces de mort à l’adresse du personnel. Le deuxième individu, resté dehors, aurait lui « proféré des menaces de mort à caractère raciste visant explicitement les personnes blanches. »

    « Pas de couteau »

    Contrairement au récit de certains habitants du quartier rapporté par le Dauphiné Libéré, la mairie affirme qu’un seul individu s’est introduit dans les locaux, qu’il « n’était pas armé d’un couteau et il n’y a pas eu de menace de brûler le centre social ».

    Pour l’heure, les agents du centre sont en arrêt de travail, l’un d’eux a fait valoir son droit de retrait, rendant de facto le centre social Les Pléiades fermé pour une durée indéterminée. La Ville condamne « avec la plus grande fermeté ces agissements inacceptables », et fait savoir qu’elle apporte son « son plein et entier soutien à tous ses agents, profondément et légitimement affectés par ces faits ».

  • À l’Estaque, un an après, le feu pose question

    À l’Estaque, un an après, le feu pose question

    Des flammes hautes de plusieurs mètres, poussées par le vent, avec des sautes de feu de 300 mètres, atteignant au plus fort de son activité les 1 200 mètres par minute… De l’enfer de l’incendie du 8 juillet 2025, les sinistrés de l’Estaque n’ont rien oublié, encore traumatisés. Parti d’une voiture en feu aux Pennes-Mirabeau en fin de matinée depuis le tunnel des 4 vents, sur l’A55, l’incendie avait atteint rapidement le Jas de Rhode, nourri par les déchets du centre de tri de la métropole, avant d’accélérer, encore, jusqu’au nord de Marseille, s’attaquant aux collines du Verduron. En centre-ville, une ambiance fin du monde. Un panache de fumée jaunâtre, avec des quantités de particules fines « 10 fois supérieures au seuil journalier réglementaire », analysait alors AtmoSud, association de surveillance de qualité de l’air, avait obscurci le Vieux-Port, recouvrant la ville de cendres.

    Bilan malgré la mobilisation de 875 sapeurs et marins-pompiers : 750 hectares ravagés, 91 maisons touchées. Et tout de suite, lors des premières réunions avec les autorités, une polémique majeure sur la lenteur d’intervention des secours et l’absence de moyens aériens immédiats. S’ils soulignaient la réaction rapide de la Ville avec la mise à disposition du centre social pour l’accueil, les dons et des permanences pour les accompagner dans leurs démarches, les habitants des Hauts de l’Estaque pointent la responsabilité du préfet d’alors, Georges-François Leclerc qui a pris la main sur les opérations et transféré le commandement des sapeurs-pompiers, en charge du départ du feu aux Pennes-Mirabeau, aux marins-pompiers de Marseille, compétents sur le territoire de la deuxième ville de France, au milieu de l’après-midi. Dans la foulée, un collectif est créé.

    Après le feu, la pluie

    et les coulées de boue

    Le très long communiqué du préfet qui tente de se justifier ne convainc pas. Nombre de sinistrés reprennent les propos de Grégory Allione, ex-patron du Sdis 13 (Service départemental d’incendie et de secours) jusqu’en janvier 2023, aujourd’hui député européen macroniste, qui s’insurge contre une décision purement « administrative » des opérations de secours prise par la Direction générale de la sécurité civile à Paris, pour l’envoi des canadairs. « Quand vous êtes dirigés par des gens qui n’ont jamais commandé un feu c’est une difficulté opérationnelle, ce type de décision m’exaspère », dénonce-t-il à qui veut l’entendre.

    Plaintes contre X

    « Pour avoir des réponses »

    Deux mois plus tard, les sinistrés allaient subir la double peine. À l’incendie dévastateur, succèdent des coulées de boues lors des premiers épisodes cévenols de la fin septembre. Le mur de la gare de l’Estaque, une dizaine de mètres de haut, explosé par les flots, les rails emportés. Chemin de la Nerthe, chemin du Marinier, d’énormes bouts de bitumes dévalent la route. Là encore la solidarité joue à plein.

    Au fil des mois, la galère se poursuit avec les assurances qui font traîner. Si le directeur de « France assureurs » a assuré dans nos colonnes au lendemain du feu que des correspondants en région étaient missionnés pour faciliter les choses, les experts tardent à passer et les litiges se multiplient retardant d’autant la reconstruction. Le conseil municipal a voté une aide exceptionnelle d’un million d’euros, la métropole de 500 000 euros pour éviter de faire l’avance des frais.

    Du collectif émane mi-décembre une association des victimes de l’incendie de l’Estaque, les plaintes contre X « pour avoir des réponses »
    commencent à tomber. Aujourd’hui, elles seraient une centaine. Le mode de commandement n’a pas évolué et Georges-François Leclerc est devenu préfet d’Île-de-France. Promis en février, le comité local d’aide aux victimes n’a pas eu lieu assure un sinistré quand pour l’actuel préfet Jacques Witkowski, cette aide relève du ministère de la Justice…

  • À Martigues, les habitants co construisent un projet de transition

    À Martigues, les habitants co construisent un projet de transition

    Un chemin serpente derrière les immeubles de Boudème. Là, un QR code attend d’être scanné par les promeneurs. Un clic amène sur une page qui recense la biodiversité communale, entre pins d’Alep, coquelicots et écureuils. C’est l’une des nombreuses actions initiées par Neede, une structure de médiation scientifique qui se donne pour mission d’accompagner les populations méditerranéennes dans leur compréhension des enjeux de la transition environnementale.

    Pourquoi méditerranéennes ? « C’est la zone la plus peuplée au monde qui se réchauffe le plus vite et qui vit, avant toutes les autres, les impacts du dérèglement climatique », explique Cyprien Fonvielle, directeur général de Neede.

    C’est à Martigues que l’organisation s’est lancée dans le tout nouveau dispositif financé par la Métropole Aix-Marseille, « Quartier en transition », qui vise à renforcer le pouvoir d’agir des citoyens et à accélérer les transitions locales grâce à un réseau d’acteurs et une méthode participative.

    Cyprien Fonvielle développe : « L’un des axes d’intervention pour nous est à destination des publics les plus fragiles, notamment les populations des quartiers prioritaires, parce que ce sont ceux qui génèrent le moins d’impact sur l’environnement et ceux qui souffrent le plus des effets induits du réchauffement climatique et de la chute de la biodiversité. (…) On considère que la transition pour être efficace doit être faite territoire par territoire. (…) Il faut arriver à comprendre les actions qu’il faut porter pour que les politiques publiques soient pleinement ancrées dans le réel de ces populations-là. »

    Une feuille de route

    Emma Chatelon et Loren Porée, chargées de projet chez Neede, ont encadré six mois d’ateliers dans les quartiers de Canto-Perdrix/Quatre Vents et de Boudème. Au total, 350 habitants ont participé à 31 rendez-vous. « On a travaillé sur trois axes : la reconnection à la nature, l’ouverture des quartiers et le lien social, puis l’orientation et l’insertion professionnelles », expliquent-elles.

    À Canto, « des habitants nous ont dit qu’il y avait une problématique de moustiques et de chenilles processionnaires, on a donc construit des nichoirs à oiseaux avec eux, qu’on a installés près du centre social », illustre Loren Porée. Neede a aussi proposé un temps sur la gestion des ravageurs et des espèces envahissantes pour les riverains qui ont une parcelle dans les jardins partagés. D’autres sujets n’ont pas pu être traités, à l’instar de la gestion des déchets et des dépôts sauvages. « Dans ce cas, on l’inscrit dans les préconisations qu’on envoie aux pouvoirs publics », précise Emma Chatelon.

    « On travaille avec les services de la Ville et de la Métropole pour définir le pas d’après, souligne Cyprien Fonvielle. L’enjeu, c’est d’essayer de faire un effet boule de neige. (…) On sait aujourd’hui que sur les questions climatiques, un euro investi, c’est cinq euros économisés demain. »

  • Tranquillité publique : la préfète de police fait dans la dentelle

    Tranquillité publique : la préfète de police fait dans la dentelle

    « Si vous saviez ce radar, j’ai bataillé ! Mais on l’a eu, j’en avais marre de faire des massages [cardiaques] à des enfants. » Intarissable, Anissa Cheurfa, présidente du comité d’intérêt de quartier (CIQ) de la Viste, emmène cet après-midi-là la préfète de police déléguée, Corinne Simon, son directeur adjoint, Pierre Gilardeau et le commandant Jean-Christophe Roux, chef du bureau de la prévention de la délinquance, pour une visite express de la Viste (15e). Objectif : « devancer les difficultés avant qu’elles arrivent », en matière de sécurité publique résume la préfète, qui souhaite prendre le temps d’écouter les habitants, au plus près de leurs préoccupations. « C’est vous qui savez ce qui se passe, quelles sont les problématiques », martèle-t-elle, rappelant que le répressif va avec le préventif.

    Avoir des magasins utiles

    Du parc Brégante au collège Jean Moulin, le long de l’avenue de la Viste, le noyau villageois représente 6 800 habitants nous explique Anissa. « Deux mondes », avec celui des cités, qui coexistent tant bien que mal. Délinquance, stationnement anarchique qui empêche le ramassage des poubelles, potelets arrachés, tags… Les troubles à la tranquillité publique sont nombreux. « On subit de grosses bagarres depuis ce week-end avec 20 à 25 personnes qui se frappent, au niveau du 68 et 75, jusqu’à 2h du matin, trois policiers de la Bac sont venus pour désamorcer mais c’est récurrent l’été », raconte Jean-Marc, un riverain. En cause visiblement, la boisson qui échauffe les esprits. « Il faudrait peut-être plus contrôler les terrasses », propose-t-il tandis que le directeur adjoint note scrupuleusement.

    D’une manière générale, les habitants regrettent le temps où l’avenue était commerçante. La Poste a fermé, les magasins ont tiré petit à petit le rideau, sous l’effet de l’insécurité assurent-ils. Ils imaginent bien le retour d’une « boucherie, une papeterie, je vais chercher le journal à l’Estaque », se désole Anissa. Snack et chichas, « c’est bon on en a assez, on veut des magasins utiles », complète Jean-Marc. La chargée de mission au centre social Del Rio, point sensible du quartier, est venue aussi témoigner d’une certaine amélioration. « Chaque fois qu’on appelle on est entendu », se félicite-t-elle précisant qu’un tournoi de foot avec enfants et policiers doit avoir lieu le samedi.

    Un radar efficace

    Sur l’étroit trottoir de l’avenue de la Viste, entre trous dans le bitume et bacs à poubelles, Anissa tient également à montrer le fameux radar dont elle a demandé l’installation pour limiter la vitesse à 30 kilomètres heure sur cet axe très passant. Et c’est efficace avec une diminution du nombre d’accidents note le commandant Roux. De 5 dont un mortel en 2025 sur les six premiers mois de l’année avant le radar, « nous sommes passés à 2 blessés légers dont un piéton », indique-t-il.

    Poursuivant son cheminement, la petite troupe passe devant la piste pédagogique routière, abandonnée depuis des années, dont on devine les panneaux dans les herbes folles. « Dites-lui à Samia Ghali et aussi au maire de secteur Jean-Marc Coppola, qu’il faut faire quelque chose », nous intime Anissa. Au bout de l’impasse, tout à côté des 30 parcelles du jardin partagé, le belvédère offre une vue imprenable sur la rade marseillaise, surplombant les grandes lettres « Marseille » devenues emblématiques. Un tableau gâché par les multiples canettes de bière en verre au sol, et une bouteille de protoxyde d’azote. « C’est là que les gens viennent le soir consommer de l’alcool, de la drogue et deviennent agressifs », dénonce Jean-Marc. « Bon les jeunes, il faut aussi savoir leur parler », tempère Anissa.

    Même si, côté point de deal, les opérations policières se multiplient avance le commandant Roux, 31 depuis le début de l’année, autant que toute l’année dernière réunie, les prises passant de 46 kg d’herbe de cannabis en 2024 à 2 kg en 2025. « Parce que vous nous avez alertés, on a mis les moyens », rappelle-t-il. Pierre Gilardeau a de son côté noirci deux pages de carnet. CIQ, collectifs sont une source précieuse pour agir de manière coordonnée avec les autres acteurs concernés comme les collectivités estime la préfète. « On a cette capacité à mettre tout le monde autour de la table », insiste Corinne Simon qui veut faire du « cousu main ». Quand parfois changer le sens d’une rue ou mettre un banc résout le problème…