Tag: centre social

  • [C’est l’été] Des activités mutualisées pour les petits alpins

    [C’est l’été] Des activités mutualisées pour les petits alpins

    « Ce que j’aime au centre de loisir c’est que c’est un travail d’équipe, on est jamais seuls. Si tu es triste, dans ton coin, quelqu’un vient te voir. » Raquette de badminton en main, encore essoufflé de ses efforts, Gabin, 8 ans, savoure son été. Ce jeudi après-midi, le gymnase du parc des sports de Briançon résonne des cris d’une petite centaine d’enfants venus des différents centres de loisirs pour participer à des olympiades intercentres.

    « Chaque jour de la semaine, on leur fait découvrir un nouveau sport, explique Hervé Michaux, coordinateur enfance au centre social. Des activités proposées tous les jours sur l’ensemble des centres de loisirs. Au Monêtier on a un groupe qui est en bivouac cette nuit à la montagne et qui a participé à une animation astronomie hier soir. » Les activités sont proposées sur les centres sociaux et de loisirs de Briançon, Villar-Saint-Pancrace, Val-des-Prés, Monêtier les bains et Villar-d’Arrêne. Au total, un peu plus de 200 places sont ouvertes pour tous les centres cumulés. C’est la communauté de Communes qui s’est vue attribuer cette compétence suite à la fermeture de la MJC de Briançon en 2023 pour raisons budgétaires. « On met notamment des tarifs communs entre les communes, un projet pédagogique commun. Ça permet d’éviter les inégalités entre les communes et de mutualiser les compétences des équipes », affirme Marie Chouissa, directrice du centre intercommunal.

    Encourager les familles

    à travers les enfants

    Le prix des activités dépend de l’âge et du quotient familial des ménages. Pour les centres de Briançon par exemple, les tarifs vont de 5,24 euros la journée à 13,60 euros selon le revenu familial. « Notre mission c’est de proposer des activités à destination des familles, des enfants, des adolescents, pour que ce beau territoire soit accessible à tous. Chaque semaine, on essaye de mettre en place une activité payante qui donne l’opportunité aux enfants de pratiquer, de découvrir des choses qu’ils ne pourraient pas forcément faire dans leur famille. Par exemple, cet été on a beaucoup développé le rafting », détaille Marie Chouissa. « Le rafting, en dehors du centre, c’est 45 euros par personne et il faut compter papa, maman… Ça fait tout de suite une grosse sortie. Moi, par exemple, je n’y vais pas avec mes enfants, complète Mathéo Posada, directeur d’un des centres de loisir de l’intercommunalité. Mais ils peuvent y aller avec le centre, et aussi faire de l’escalade, du cheval, des choses qu’on peut se permettre de faire avec la structure. »

    Comme à Marseille où certains enfants ne vont que très rarement à la mer, vivre dans un environnement exceptionnel ne suffit pas toujours à s’en emparer, faute de moyens, de temps, de renseignements… Le but du centre est aussi qu’à travers les enfants, les familles osent plus s’approprier et découvrir le territoire exceptionnel du Briançonnais. « Il y a des gens dans le Briançonnais qui n’osent pas, même si c’est gratuit et que c’est à côté. Il faut amener quelque chose de nouveau par notre savoir-faire, rappelle Hervé Richaux. Faire pétiller les yeux des enfants, qu’ils découvrent et que les familles se disent “ah tiens, ils ont fait ça, c’est où ? On pourrait y aller !“ »

  • Tichadou investigation, l’émission qui remet au centre le lien social à Port-de-Bouc

    Tichadou investigation, l’émission qui remet au centre le lien social à Port-de-Bouc

    Bonsoir à tous et bienvenue dans le 20h spécial Tichadou investigation. » Le ton y est pour cette émission réalisée par les ados du centre social Tichadou durant cette semaine passée et terminée vendredi.

    Au programme, « une enquête consacrée au rôle des centres sociaux : comment accompagnent-ils les habitants au quotidien et quels sont les défis auxquels ils font face », annoncent les deux speakerines, promettant reportages et témoignages.

    La directrice Yannick Combaluzier en est. « C’est la troisième année de notre cycle d’éducation aux médias, après le travail de presse écrite et photo l’été dernier », explique-t-elle. « Ce travail permet à l’ado de questionner l’info à laquelle il est exposé sur les téléphones », reprend-elle, mais aussi « de parfaire son expression orale et sa posture », selon la directrice.

    Le réalisateur Alexandre Mameli, venu pour la 10e fois au centre social, leur avait proposé trois thèmes. Les ados ont retenu le centre social car « ça nous concerne plus », justifie Kella, qui rentre en 1ère au lycée.

    « Faire les interviews c’était de la patate »

    Tous les rôles ont été distribués et échangés. « J’ai pris la caméra, le son au casque, monté le fond vert, mis les lumières », liste Sofiane, 13 ans. Mais sa partie préférée était de faire les interviews : « C’était de la patate », dit-il. Kella a préféré filmer et faire la voix off. « C’était un peu un mélange entre poser ma voix et parler normalement », détaille-t-elle.

    L’émission complète est disponible sur la page Facebook du centre social.

  • Le Festival de l’été donne rendez-vous dans les quartiers Nord

    Le Festival de l’été donne rendez-vous dans les quartiers Nord

    « On veut montrer une autre vision des quartiers Nord. » C’est le mot d’ordre de cette troisième édition du Festival de l’été, qui débarque du 3 au 7 août, chaque soir, dans un quartier différent du 14e arrondissement de Marseille. Organisées par le centre social de Sainte-Marthe la Paternelle, un organisme qui dépend du Centre de culture ouvrière, ces cinq soirées rassemblent des concerts, de la danse, mais aussi de la magie et une kyrielle d’animations.

    « Si on parle souvent de sortir les personnes des quartiers, l’inverse est également vrai », explique Anna Canales, coordinatrice enfance et famille du centre social. Celle-ci revendique une volonté d’« inverser le flux et faire venir du monde dans le 14e arrondissement ».

    En effet, « ne pas se concentrer sur l’offre culturelle de Marseille à son centre-ville » est l’enjeu essentiel du festival. Imaginé par le directeur du centre social en 2024, qui était alors parti du constat « qu’on n’imaginait jamais un festival dans le 14e arrondissement », raconte sa collègue Anna Canales.

    Pour ce faire, le festival proposera « des animations de base », un programme qui reviendra en boucle sur les cinq jours, comme des stands de nourriture, des châteaux gonflables ou des jeux en bois. La programmation culturelle, quant à elle, sera exclusive chaque jour, pour permettre « aux spectateurs de pouvoir suivre les cinq jours ». C’est donc « naturellement qu’est née l’idée de combiner les arts afin d’avoir un choix varié ».

    Des animations variées

    Le festival débutera le 3 août à la Visitation, avec les Magiciens du Garlaban et ses deux artistes, Céline et Arthur Tivoli, qui se produisent depuis plus de 20 ans. À la Simiane, le 4 août, c’est la danse qui prendra le relais avec les Coquelicots Éphémères. Une pièce contemporaine qui invite le spectateur à créer une nouvelle perception de l’espace urbain, mêlant danse et architecture. Pour les trois derniers soirs, les organisateurs ont misé sur la musique. Mercredi, Santo Cuero est un collectif marseillais dédié aux musiques traditionnelles de la côte caraïbe colombienne qui aura sa place sur scène. Les éditions précédentes ont été couronnées de succès, avec des « retours très positifs » de la part du public, affirme l’organisatrice. « À la Paternelle, par exemple, ce n’était pas que des habitants du quartier », se rappelle-t-elle, nombre de « personnes extérieures sont venues pour le festival », note-t-elle. Avec un seul regret cependant « il y avait encore trop peu de personnes du centre-ville [qui] se déplacent jusque-là », précise Anna Canales, en lançant les invitations pour cette nouvelle édition.

  • [C’est l’été] Au centre Fabien Menot à Port-de-Bouc, le lien social se rénove

    [C’est l’été] Au centre Fabien Menot à Port-de-Bouc, le lien social se rénove

    Deux ans et bien des changements. Depuis son arrivée en mai 2024, le directeur du centre social Fabien-Menot, Maxime Tardivel, dresse un bilan positif en cette fin juillet. « Nous sommes sortis du comité de suivi de la CAF, l’instance pour les centres sociaux en difficulté, par le renouvellement de notre agrément avec le nouveau projet social 2026-2028 », se félicite-t-il.

    Ce projet s’adapte l’été venu. « On est plus sur des activités détente, vacances. On a plus de temps pour se poser sur les bancs, devant le centre, pour discuter avec les habitants », relate le directeur, même s’il y a « moins de monde dans le quartier, avec les vacances et retours au pays ». Il ajoute : « Ceux qui restent sont ceux qui ont le plus besoin de nous, pour s’évader ou rêver un peu. » C’est l’idée du dispositif Quartiers d’été. « Depuis deux ans, cela finance des sorties familles communes aux quatre centres sociaux de Port-de-Bouc, porté par Mandela », indique Maxime Tardivel.

    Mais il existe une problématique bien particulière, l’été, sur la Presqu’île. « L’accès à la piscine et l’apprentissage de la nage, c’est difficile, alors qu’on est dans un quartier cerné par l’eau. On propose des activités aquatiques, dont le “savoir nager”, qui aura lieu la semaine prochaine, où trois centres sociaux de la ville vont emmener une cinquantaine de jeunes apprendre la nage », développe le directeur.

    « Nous sommes dans

    une vraie quête de sens »

    Ayant déjà été directeur de centre social auparavant, Maxime Tardivel voit une évolution du métier depuis les débuts de la politique de la Ville, dans les années 1980. « Aujourd’hui, on est sur une vraie quête de sens sur ce que nous pouvons apporter aux populations avec qui on travaille, que ce soit les habitants des quartiers populaires ou résidentiels. L’objectif est de mettre ensemble les gens, le centre social, c’est pour tout le monde, pas que pour les “cassos” ! », affirme-t-il.

    Cela prend du temps, « pour installer le vivre-ensemble, ça ne se décrète pas », selon lui. Les repas régulièrement organisés par le centre sont des moments importants de lien social : « Nous sommes des ambassadeurs de bienveillance », lance-t-il.

    Cette démarche vaut aussi pour le jeune public accueilli. « Il est parfois plus difficile de mettre en action les jeunes, notamment à cause des écrans dans leur poche dont il n’est pas évident de sortir. Dans une société où tout est fait pour nous inciter à consommer, il faut les inciter à être acteurs de leur vie, donner envie de créer des projets pour y arriver. On a un peu plus de mal à le mettre en place qu’auparavant », remarque Maxime Tardivel.

    La Gazette de la Presqu’île, journal de quartier réalisé avec les jeunes, répond à cette problématique et à celle « de faire le tri dans les infos », selon le directeur. « Beaucoup d’habitants se plaignaient de passer à travers l’info. On a fait le lien avec les jeunes qui se sont investis dans le journalisme », à travers plusieurs stages. « S’ils connaissent les mécanismes de construction de l’info, ils sauront mieux différencier les fake news et les infos orientées. J’espère qu’ils pourront vite écrire et faire des choix éditoriaux », conclut le directeur. À démarche inédite, enjeux inédits.

  • A Port-de-Bouc, la Maison des projets ouvre ses portes aux centres sociaux

    A Port-de-Bouc, la Maison des projets ouvre ses portes aux centres sociaux

    Vous savez où vous êtes ? » demande Fabienne Sanchez. « Au PAJ ! », lui répond Malek. La réponse, si évidente pour cette jeune Port-de-Boucaine, fait sourire la responsable de la Maison des projets. Car si le point accueil jeunes (PAJ) a investi l’aile sud du bâtiment de l’ancienne criée aux poissons, c’est avant tout la Maison des projets qui y est installée.

    La visite des jeunes du centre social Fabien Menot vendredi matin leur permet de découvrir le travail des différents services de la Ville qui y sont, comme la Gestion urbaine et sociale de proximité ou le Nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU) dont Fabienne Sanchez est la responsable.

    Dans la salle de réunion qui accueille les jeunes, pour la plupart issus des quartiers des Aigues-douces et de la Lèque, les différents plans de situation exposés permettent de se projeter dans le futur de la grande rénovation urbaine que connaît la Ville. En montrant la carte de la Presqu’île, Fabienne Sanchez explique les grandes lignes de la démarche. « On souhaite raccrocher le port et le centre-ville, notamment par des cheminements piétons », explique-t-elle, notamment par l’axe de la rue de Turenne. Cela passe par la démolition de la barre de la Lèque. « Il y aura de nouvelles constructions, avec reprise des rues », qui passeront par-dessus l’ancien emplacement de la Barre, comme le montre la responsable sur le plan, « et on va réaménager le terrain pour les boulistes et le city stade qui existe déjà ».

    « On va planter des arbres partout »

    Actualité oblige, le programme chasse les îlots de chaleur. « On va planter des arbres partout, pour se protéger de la chaleur, comme c’est le cas devant le centre Fabien Menot », détaille-t-elle, « on va aussi retirer l’enrobé de la place Lazzarino pour que ça absorbe moins la chaleur. On pense au changement climatique car on sait qu’autrement, c’est invivable comme en ce moment ». Les nombreux petits pois verts sur le plan en attestent.

    Déjà introduits à la rénovation urbaine par leur travail dans le journal de quartier avec le centre social, les questions viennent facilement. « Quand on va démolir, y’aura pas de morceaux qui vont tomber sur les maisons à côté », demande Zakaria. « C’est une très bonne question qui ressort souvent » lui répond Fabienne Sanchez, « tous les gens autour s’inquiètent de tremblements ou de fissures dans leurs maisons. Mais les entreprises de démolition sont habituées à ne pas créer trop de nuisance », assure-t-elle.

    De quoi inquiéter au vu du programme de démolition aux Aigues douces. « Les bâtiments H, J, et F vont être démolis et tous les espaces du centre social et du théâtre vont être refaits en concertation avec les habitants », détaille Fabienne Sanchez, avant la rénovation des bâtiments. Amine se demande : « Pourquoi on ne démolit pas plus ? » « Car il faut reloger tous les gens », lui répond la responsable, ce qui n’est pas encore terminé pour le bâtiment F.

    Amine embraye sur le calendrier. « Le désamiantage et la démolition de H9 et J10 doivent se faire d’ici la fin de l’année, la barre de la Lèque en début 2027 comme pour la place Lazzarino, puis on passera à la rénovation des bâtiments », lui expose l’urbaniste. La concertation est un maître-mot à toutes les étapes, des réunions publiques sont prévues en septembre pour présenter les travaux de rénovation des logements aux habitants.

    En attendant, la Maison des projets reste ouverte pour accueillir tous les publics. « Ici c’est un lieu où vous et vos parents pouvez venir poser des questions », affirme Fabienne Sanchez. Et bientôt plus encore : « On construit une exposition avec des maquettes virtuelles où vous pourrez vous balader dans les quartiers pour voir les aménagements. » À découvrir d’ici la fin d’année.

  • À Aix, des jeunes mettent la sécurité routière en images

    À Aix, des jeunes mettent la sécurité routière en images

    La terrasse des Deux-Ormes s’est transformée en plateau de tournage, le temps d’une matinée. Sur son parvis, des bénévoles de l’association Anonymal se tiennent derrière les caméras, braquées sur de jeunes bénéficiaires du centre social Jas Nord. Comme décor, les rues adjacentes, un sac de livraison, un scooter et un casque oublié.

    « On réalise un court-métrage de cinq minutes sur la thématique de la sécurité routière », résume, entre deux prises, Clémence Lethimonnier, technicienne audiovisuelle pour Anonymal. Le projet, soutenu par la Région Sud dans le cadre du programme « Passeurs d’images », a débuté dès lundi pour l’équipe composée de cinq jeunes entre 14 et 17 ans du centre social.

    Après deux jours dédiés à l’écriture du scénario, place aux tournages dans différents lieux du Jas de Bouffan. « On essaie d’orienter nos actions sur des sujets d’actualité. On s’est dit que le format vidéo est un support qui pourrait aider les jeunes à être sensibilisés sur le sujet. C’est un court-métrage tourné par des jeunes, pour des jeunes, précise de son côté Abou Ibrahima-Said, référent prévention jeunesse du centre social. Le scénario est écrit à partir de leur vécu, de ce qu’ils constatent régulièrement… On reste sur un tournage de fiction, avec plusieurs histoires mises en parallèle autour du message : restez attentifs. » Il précise : la démarche est volontaire.

    Entre deux prises de vues, Zakaria, conducteur du scooter pour la « scène du snack », revient d’abord sur la séquence. « Je joue un livreur, je viens récupérer une commande au snack et j’oublie mon casque, je pars sans », indique ce bénéficiaire du centre, âgé de 17 ans. Sa participation aux ateliers audiovisuels n’est pas la première. « Tout ce qui est cinéma, j’aime bien. Au total, j’ai dû faire quatre ou cinq tournages, retrace-t-il. Pour celui-là, on s’est tous mis d’accord sur le sujet avant de tourner. »

    Ce vendredi marquait le dernier jour de tournage pour l’équipe. Le court-métrage sera présenté en avant-première au grand public le 23 août, à l’occasion des Instants d’été.

  • [C’est l’été] Au centre social La Martine à Marseille, on reste ouvert en août, une première

    [C’est l’été] Au centre social La Martine à Marseille, on reste ouvert en août, une première

    Pour la première fois de son histoire, le centre social de La Martine (15e) ne fermera pas au mois d’août, cette année, comme 42 autres structures réparties dans tous les arrondissements de Marseille grâce au déblocage d’une enveloppe de 551 000 euros, répartis entre la préfecture des Bouches-du-Rhône, la CAF, le Département et la Ville de Marseille.

    Kader Allem, coordinateur jeunesse au sein du centre, ne cache pas sa satisfaction. Arrivé au center social voilà deux ans, « je trouvais ça un petit peu incohérent de ne pas ouvrir à cette période, sans connaître encore le quartier, on a une mission de service public », nous confie-t-il, entouré de sa directrice et de Noëlle Smith, coordinatrice technique et pédagogique des équipements sociaux à la Ville de Marseille. Il explique que le mois d’août reste « un moment très charnière pour les publics qu’on reçoit, que ce soit les enfants, les ados ou les familles, parce qu’il se joue beaucoup de choses à ce moment-là et beaucoup d’équipements sociaux sont fermés ».

    Bien que la Ville « prévoit pas mal de choses et d’animations dans les quartiers prioritaires, on va être clair, ils se retrouvent dans la galère la plus totale et on est aussi sur des familles qui restent à la maison », poursuit-il. Des familles dont les conditions de vie restent compliquées. « Ils n’ont pas de balcon, ils n’ont pas de terrasses, pas des 80 000m2, hein », ironise Kader. L’été creuse les inégalités. D’autant qu’en août, les travailleurs sociaux restaient de toute façon à disposition des familles, joignables par téléphone, pour poursuivre l’accompagnement alors que tout est fermé. « Il y a des jeunes, par exemple, qui n’ont pas trouvé de collèges ou de lycées pour la rentrée », illustre l’éducateur.

    « Recréer du lien social »

    « Il y a quelques années, on entendait parler d’acheter la paix sociale dans les quartiers, de façon générale, quand il y avait une ouverture au mois d’août », se souvient-il, mais « aujourd’hui, on n’est plus dans ça. On est vraiment dans une nécessité, du côté des habitants, mais aussi les partenaires, les politiques qui ont compris tout l’intérêt d’ouvrir à cette période-là », estime Kader.

    Le programme de ce mois particulier sera un peu différend. « On prévoit des animations familiales, intergénérationnelles, même si, bien entendu, il y aura des choses pour les ados, parce que c’est un public spécifique. Mais l’idée est de recréer aussi du lien social entre les enfants et leurs parents », précise Kader. Mais « peu importe le contenu, ce qui compte, c’est surtout la forme, on va être en horaire décalé. Faire beaucoup de choses à partir du début, milieu d’après-midi, jusqu’au début, milieu de soirée, pour permettre aux familles qui travaillent aussi de profiter de ces moments-là avec leurs enfants », détaille-t-il. Dans la même idée d’impliquer tout le monde, « on va travailler avec deux associations du quartier, la Martinoise et aussi le club de boules avec qui on va organiser un tournoi de pétanque, on ne se voit pas faire sans eux », ajoute-t-il. À la Martine, seront aussi accueillis les habitants de Kalliste ou de la Savine. Pour la suite, après un bilan et une enquête de satisfaction, l’expérience pourra être reconduite.

  • Des jeunes gèrent leur propre entreprise cet été à Manosque

    Des jeunes gèrent leur propre entreprise cet été à Manosque

    Déménagements, entretien de jardin, soin des animaux… Douze jeunes manosquins lancent cet été leur propre entreprise et proposent leurs services aux habitants de Manosque et de ses alentours, accompagnés par le centre social.

    « Les jeunes envoient leurs devis, puis leurs factures. Ils travaillent environ 20 heures par semaine, puis se partagent les bénéfices de l’entreprise après avoir payé leurs charges, en plus de la bourse au permis de 700 euros », explique la directrice du centre social de Manosque, Emmanuelle Evin.

    « Ce sont des jeunes de tous horizons qui collaborent pour ce projet pendant lequel ils vont prendre confiance en eux, se constituer un réseau, rencontrer des entreprises et des particuliers. Cela leur permet de passer d’adolescents à jeunes adultes, avec la possibilité de valoriser cette expérience sur Parcoursup » avance Malik Saadane, conseiller municipal de Manosque en charge de cette coopérative jeunesse de services.

    Neuf des douze jeunes participants sont issus des quartiers prioritaires de la Ville cette année, ce qui permet de garantir « l’égalité des chances », selon Malik Saadane.

    « Certaines années, ils ne gagnent pas grand-chose après avoir divisé les bénéfices par douze. C’est pour cela qu’on a ajouté la bourse au permis, ce qui a largement augmenté le nombre de candidats », explique Nesrine Rahou Guerfi, adjointe au maire de Manosque en charge du centre social. Ils étaient 81 à postuler cette année.

    « C’est une action qui revient cher, car il faut encadrer les jeunes pendant tout un été pour s’assurer qu’ils soient dans la légalité et la sécurité », avance Emmanuelle Evin. Le centre social peut ainsi compter sur les financements de l’État, de la CAF, de la communauté d’agglomération DLVA et de la mairie de Manosque. Le projet est également parrainé par la mission locale et par la coopérative d’activité et d’entrepreneurs Mosaïque.

    Une entreprise collaborative

    La coopérative fonctionne comme une vraie entreprise, avec un comité ressources humaines, un comité finances et un comité marketing. Les partenaires du projet confient d’ores et déjà des missions aux jeunes, comme des distributions de flyers ou des animations de jeux en bois. Chaque année, de nombreux habitants font appel à leurs services de lavage de voiture ou encore de jardinage. « C’est bénéfique pour vous et pour nous », a souligné l’un des jeunes participants vendredi, lors du lancement de la coopérative, active du 13 juillet au 21 août.

    « Je suis ravie du groupe, ils se sont vite intégrés et sont très motivés » s’est réjouie Aya, l’une des deux accompagnatrices, qui avait elle-même participé à la première coopérative jeunesse de services (CJS).

    Initiées au Québec il y a 30 ans, les CJS ont été expérimentées pour la première fois en France en 2013. Il en existe quatre sur la Région Sud, dont celle de Manosque et celle d’Oraison, pour la première année.

  • À Martigues, un village sportif pour se dépenser les pieds dans l’eau

    À Martigues, un village sportif pour se dépenser les pieds dans l’eau

    À une vingtaine de mètres du rivage, un petit groupe de personnes sillonne la plage de Ferrières, de l’eau jusqu’à la taille. « Ce n’est pas du longe-côte, mais de la gym aquatique », précise Salim Boumezzou, responsable du service animation de la Ville de Martigues. Bien que ce dispositif estival existe depuis quatre ans, Christiane y participe pour la première fois ce lundi 13 juillet.

    En sortant de l’étang de Berre, la retraitée confie : « J’avoue que j’ai beaucoup apprécié, ça faisait un moment que je ne bougeais plus. Ça fait du bien en temps de canicule. On combine le rafraîchissement et le sport. »

    Sans oublier le vivre-ensemble. Le maire Gaby Charroux (PCF) y met un point d’honneur : « L’entretien physique est important, certes, mais surtout la rencontre : parler, échanger, évoquer ses difficultés, ses bonheurs et ses plaisirs aussi. C’est l’un de nos leitmotivs. L’Homme est un animal social, donc c’est important. »

    Christiane, de retour sur la Côte Bleue depuis peu après une vingtaine d’années passées dans les Landes, se réjouit d’avoir pu rencontrer du monde : « J’ai discuté avec quelques personnes, ça m’a permis d’anticiper le forum des associations de septembre et d’en savoir plus sur les activités proposées par le tissu associatif local. »

    Accueil des enfants

    Cette année, Martigues a prolongé le dispositif avec un village sportif, qui restera installé jusqu’à la mi-août. Le programme d’activités fourmille : disque golfe, slack line, jeux d’adresse, water-polo, water-basket ou encore parcours de motricité aquatique… L’infrastructure et les dix encadrants qui l’animent resteront en place jusqu’au 14 août. « Ce qui est nouveau, c’est qu’on a matérialisé l’espace, qu’on a organisé l’accueil des enfants », explique Pierre Dharréville (PCF), adjoint au maire délégué aux services publics et à la jeunesse.

    Salim Boumezzou détaille : « Les créneaux du matin sont réservés aux centres sociaux, aux centres aérés, aux Maisons de quartier et aux clubs sportifs. L’après-midi, de 11h30 à 14h30, c’est un temps libre pour les autres jeunes publics. Pour les plus âgés (10 ans et plus), on propose aussi du kayak et du paddle. On accueille environ 400 enfants par semaine. »

    Animatrice au centre social de Canto-Perdrix, Lilya trouve l’initiative « top », « surtout avec cette chaleur, ça leur fait du bien de se baigner ». « C’est bien organisé et ça leur fait découvrir des activités », affirme-t-elle. À côté d’elle, Alya se « régale ». La petite martégale va encore passer deux semaines au centre social, alors elle est contente de cette journée : « Ça change, même si on fait plein de jeux tous les jours. »

    Organiser, faciliter

    et inciter

    Gaby Charroux résume : « C’est un centre aéré d’extérieur et de centre-ville permanent, jusqu’au 14 août. » L’édile se satisfait de voir la population profiter de « cet endroit privilégié ». « On voit tout l’intérêt que la réhabilitation de l’étang de Berre peut avoir en ces périodes de chaleur, avec une lagune en bien meilleure santé que les années passées et d’une plage de centre-ville comme Ferrières. Cet aménagement est une opportunité pour les habitants qui peuvent venir à pied ou se garer aisément, tout est organisé pour ça. »

    « Je pense que nous sommes dans notre rôle, en tant qu’élus municipaux, de gestion communale, poursuit-il. Permettre, autoriser, faciliter, inciter nos populations… Organiser la vie générale, sur tous les plans, ici sur le plan de la détente et de l’activité de physique et de loisir, jusqu’à hier avec les Fadas sur le plan de la réflexion, de l’accès à la culture… Ça va s’enchaîner tout l’été encore. »

    Informations auprès
    de la direction des sports

    04.42.44.37.19 / 04.42.44.36.54

  • [Cest l’été] La Rose des Vents, garde ses « portes ouvertes tout l’été »

    [Cest l’été] La Rose des Vents, garde ses « portes ouvertes tout l’été »

    Voilà deux ans qu’une décision a été prise au sein des équipes du centre social la Rose des Vents : celle de maintenir chacun de ses services ouverts tout au long de l’été. Autrefois centre social Aix Nord, désormais sous la direction de Rachid Sabbouri, le lieu est autonome depuis le début des années 2000. Et propose chaque été une programmation dense sur la saison estivale. « D’autant plus qu’on est montés crescendo sur les deux dernières années en termes de programmation estivale, mais c’est la première année où elle est aussi dense, précise Reda Gannouni, coordinateur de projet au sein de la Rose des Vents. Cette année on a une programmation monstre sur l’été. On est sur de l’animation pratiquement tous les jours, avec un événement ou une activité importants tous les deux jours. »

    Pour les équipes du centre social, qui fonctionnent par roulement au cours de l’été, la saison estivale est des plus intenses. « On voit sur notre territoire que de moins en moins de personnes le quittent pour partir en vacances, c’est en corrélation avec notre public, parce qu’on a le quartier le plus pauvre d’Aix-en-Provence. Les gens ont chaud, restent ici, certains ne peuvent même pas aller à la mer », contextualise Reda Gannouni. Faute, en partie, de l’inflation et des prix en hausse pour partir en vacances. Dès le mois de juillet, les quartiers de Beisson, où sont nichés le centre social mais aussi le quartier de Saint-Eutrope, un peu plus bas mais dépendant aussi de la structure, les journées et soirées d’été sont rythmées par la programmation de « l’Été Culturel à Beisson », orchestré par la Ville d’Aix-en-Provence mais dont l’organisation est en grande partie confiée au centre social. Au mois d’août, la Rose des Vents bénéficie notamment d’un autre dispositif, dénommé « Ouverture Estivale » : une béquille pour maintenir les activités, en plus des sorties organisées par le centre social lui-même. « On s’est dit qu’on allait mutualiser tous les dispositifs pour ne garder qu’une seule programmation. Le plus important est d’offrir un bel été aux habitants », déroule Reda Gannouni, qui restera vague sur les questions de baisse de budgets que craignent plusieurs structures culturelles et sociales.

    Moments d’échanges et de sensibilisation

    « On sait rester innovants et on essaie de ne pas prendre de risques trop onéreux », assure le coordinateur de projets. Pour cette saison, un seul credo reste la priorité des équipes : « amener l’animation au pied des bâtiments, résume Reda Gannouni. Chacun met la main à la pâte et on propose de la qualité, mais aussi quelque chose de digne pour les habitants, de ne pas être seulement dans les deux bouts de scotchs et un bout de ficelle. L’idée c’est de faire un peu moins, mais mieux ». Le programme, est réfléchi plusieurs mois en avance, explique ce dernier. Parmi les activités, des animations spécifiques aux plus jeunes publics, adressés aux adolescents mais aussi aux seniors et aux familles. « Pour résumer, il y aura des animations toute la semaine, pratiquement tous les jours et des temps forts deux fois par semaine, les mercredis et vendredis (…) le dernier événement n’aura lieu que le 29 septembre », explique Reda Gannouni. Parmi ces rendez-vous festifs : une sardinade géante le 22 juillet, mais aussi un panel d’activités autour du sport – hors grosses chaleurs ou à horaires adaptés –, des jeux, des projections en plein air… Toutes les informations sont à retrouver sur le site du centre social, mais aussi le site de la Ville d’Aix. Au vu des vagues de chaleur multiples dès ce début d’été, les horaires ont également été décalés d’une demi-heure. Beaucoup d’activités sont, en plus des animateurs, animées par la référente famille du centre social. « Une façon de faire de la sensibilisation informelle, sur des sujets comme la santé, les écrans, la parentalité…, détaille Reda Gannouni. C’est un temps dédié. La sensibilisation passe mieux lorsque c’est informel, on n’est pas dans un cadre descendant ou l’on prêche la bonne parole. Comme les gens se confient, échangent, on a ensuite de belles surprises qui nous permettent de penser et de créer d’autres activités, c’est un peu un laboratoire, ces moments-là. »

    Près d’un millier de personnes bénéficiaires

    Entre les quartiers de Saint-Eutrope et de Beisson, la programmation pourrait bénéficier à un millier de personnes, toutes générations confondues. « Ce ne serait pas un chiffre exagéré ! Je pense que chaque habitant des deux quartiers a participé à au moins une animation », commente Reda Gannouni. Pour que ce travail se poursuive, il faut compter « plusieurs journées dans une journée, résume le coordinateur de projet, au nom de l’équipe. Il faut aussi, et déjà organiser la rentrée et on a un œil sur septembre, il faut faire la demande de subventions dès le mois de juillet… Les journées défilent en un clin d’œil, huit heures sont déjà passées. Mais c’est amusant, il n’y a aucune journée de qui se ressemble, chaque jour il y a un nouveau problème qui arrive et une nouvelle solution à trouver… Si on aime la routine, il ne faut pas venir travailler dans un centre social. » Dans toute cette organisation, un seul hic : la charge administrative, plus complexe qu’il y a quelques années en arrière. « Ce qu’on comprend. Mais nous n’avons pas ce temps-là. Il y a une réflexion en cours pour alléger le système », explique Reda Gannouni. Pour autant, « quand on passe de la paperasse au réel, aux jeunes qui en redemandent, on oublie tout ça ».