Tag: centre hospitalier

  • À Martigues, CGT et CFDT se mobilisent pour les acquis des soignants

    À Martigues, CGT et CFDT se mobilisent pour les acquis des soignants

    La réunion devait avoir lieu dans le bureau de Loïc Mondoloni. Le directeur du centre hospitalier de Martigues l’a finalement déplacée dans la salle de la Pinède, où se tient habituellement le conseil de surveillance. À raison : plus d’une centaine de personnes s’y sont rassemblées à 10h, ce mardi, parmi lesquelles les représentants syndicaux CGT et CFDT de l’établissement, les soignants, la CGT de l’hôpital d’Aubagne, l’Union locale CGT martégale et de celle des quartiers sud de Marseille, afin de connaître les intentions de la direction sur la révision d’accords locaux.

    Laure Privat, représentante CGT, explique : « Après la publication du rapport de la Chambre régionale des comptes, la réponse du directeur consiste à faire des économies sur les accords locaux signés en 1999. » Trois jours de repos médailles et cinq jours de repos retraite sont concernés. « Ça correspond à 0,87 emploi temps plein par an, donc c’est ridicule en termes d’économies », dénoncent Laurence Virazel et Nathalie Martin, de la CFDT. Loïc Mondoloni justifie : « Une injonction de rappel à la loi a été prononcée. Si ce n’est pas respecté, le directeur de l’établissement est responsable civilement et financièrement. »

    Une action lors du CSE

    Mais ce qui mobilise le plus reste la fin de la prise en compte du temps de pause méridienne dans le temps de travail. La CGT et la CFDT craignent un « plan social déguisé », puisque dans son rapport, la Chambre régionale des comptes indique : « Cette pratique conduit l’établissement à rémunérer indûment chaque année près de 73 800 heures, soit près de 46 équivalents temps plein. » Pour Damien Maurin, représentant CFDT, l’inquiétude porte surtout sur « certaines catégories administratives et techniques ».

    Le directeur de l’hôpital affirme : « L’examen des organisations et cycles de travail s’effectuera avec les partenaires sociaux. Ils seront consultés pour chacune d’entre elles au cours de l’année 2026. (…) Le retour à la légalité n’est pas un plan social. (…) L’hôpital connaîtra l’année prochaine de nombreux développements significatifs, avec de l’emploi à la clé. »

    Le rassemblement de ce mardi n’était qu’une première étape. L’organisation entend maintenir la pression avec un nouveau rassemblement lundi 15 décembre à 9h, lors du Comité social et économique (CSE).

  • Relancer la vaccination pour les personnes à risque en Vaucluse

    Relancer la vaccination pour les personnes à risque en Vaucluse

    Le retour du froid est synonyme de retour des pathologies hivernales telles que la grippe ou la bronchiolite. Face à ça, comme le rappelle l’ARS de Vaucluse, la vaccination permet de protéger les plus fragiles. Mais le message ne passe pas forcément.

    « Il y a eu une baisse de 49% de vaccinations pour la population à risque », déplore ainsi Loïc Souriau, directeur départemental de l’ARS Vaucluse, ce mercredi 19 novembre depuis ses bureaux à Avignon. Le taux étant descendu en dessous des 50% en 2024 pour les catégories à risque, à savoir les plus de 65 ans, les femmes enceintes et les personnes atteintes d’affections de longue durée et de maladies graves. Tout en précisant que l’idéal pour réellement freiner serait un taux de 75% pour ces populations. Un geste qui a toute son importance en termes d’impact sur la santé publique. En effet, toujours d’après l’organisme de santé, deux tiers des personnes admises en réanimation à cause de ces maladies hivernales n’étaient pas vaccinées. Tout en rappelant que le spectre du Covid plane toujours au-dessus de nos têtes et qu’il est possible de se vacciner simultanément pour les deux maladies, et d’ainsi éviter de surcharger le personnel de santé.

    Pourquoi ce recul ? « Il y a malheureusement des croyances erronées à ce propos. Les fake news ont la vie dure. Alors qu’on se pose beaucoup moins de questions lorsque l’on prend un Doliprane et des antibiotiques, alors qu’il y a un risque hépatique pour l’un et que cela crée des bactéries résistantes pour l’autre », embraye le directeur de l’ARS. Pour y remédier, la campagne a démarré plus tôt, soit avant le 14 octobre cette année. Tout en insistant sur les gestes barrières, notamment à l’approche des fêtes et l’inévitable brassage de la population.

    Papillomavirus

    Autre vaccin pour lequel l’ARS est mobilisée : celui contre le papillomavirus, en particulier dans les collèges du territoire. Depuis trois ans désormais, l’organisation s’associe avec le centre hospitalier d’Avignon afin d’organiser une campagne dans les établissements pour les élèves de 5e, avec deux doses nécessaires données à plusieurs mois d’écart. Mais souvent, très peu de jeunes sont vaccinés « alors que c’est une question de santé majeure », regrette Loïc Souriau, le virus pouvant dégénérer en cancer de l’utérus, de la gorge, des testicules ou encore de l’anus. Et surtout pour les jeunes hommes, pour lesquels le taux de vaccination ne dépasse pas encore les 20%. Le directeur de l’ARS prend exemple sur l’Australie et la Nouvelle-Zélande où « la dynamique très engagée a permis une disparition des lésions précancéreuses pouvant dégénérer », assure le responsable. Pour rappel, d’après une étude publiée en 2023, près d’un tiers (31%) des hommes de plus de 15 ans serait atteint par au moins l’un des variants du virus.

    Hôpital d’Apt et médecins volontaires

    Loïc Souriau a également confirmé l’arrêt de la chirurgie à Apt, assurant que l’hôpital a besoin « d’un nouvel élan » et que les équipes de Cavaillon « sont prêtes depuis des années » à accueillir l’activité. Concernant l’accueil de médecins volontaires sur les zones en manque, les débuts « restent timides », mais confie que de nouvelles permanences ont été ou vont être assurées à Lapalud, Sault et Valréas ces prochaines semaines.

  • La Ligue contre le cancer et la Ville de Martigues financent un mammographe

    La Ligue contre le cancer et la Ville de Martigues financent un mammographe

    Après l’hôpital de Salon-de-Provence, c’est au tour de l’hôpital de Martigues de se voir doter d’un mammographe neuf, en grande partie financé par la Ligue contre le cancer. Une bonne nouvelle, alors qu’Octobre rose (mois dédié à la sensibilisation au dépistage du cancer du sein) vient de s’achever, que salue le directeur de l’établissement, Loïc Mondoloni : « Cet équipement d’imagerie médicale, destiné à détecter les tumeurs du sein, permet aussi de faire de la prévention et du dépistage, ce qui est un élément extrêmement important. Cette prise en charge existait déjà au centre hospitalier de Martigues. Ceci étant, les équipements arrivent à un niveau d’utilisation qui nécessite leur remplacement. Le niveau de précision du nouveau mammographe nous permettra d’utiliser à bon escient l’intelligence artificielle et l’imagerie virtuelle pour connaître le niveau d’atteinte de la patiente en cas de tumeur, et pour savoir s’il y a une suspicion éventuelle ou un niveau de fragilité. »

    Cet appareil dernier cri, d’un coût de 280 000 euros, financé à hauteur de 200 000 euros par la Ligue contre le cancer et de 80 000 euros par la Ville de Martigues, remplacera le précédent, qui datait de 2012. Si 13 années peuvent paraître peu à l’échelle d’une vie, dans le domaine médical, c’est un monde. L’évolution des technologies est un « sujet très important » pour les établissements, affirme Loïc Mondoloni. « Les équipements très onéreux comme les IRM ou les scanners doivent être renouvelés tous les sept ans, pour des montants qui peuvent aller de 600 000 euros à 1,5 million d’euros », illustre-t-il. Une exigence compliquée à honorer, alors les hôpitaux sont exsangues.

    Accompagnement et soins support

    Magali Maugeri, directrice de la Ligue contre le cancer des Bouches-du-Rhône, le concède : « On pallie les manques de l’État. » Cette année, le comité départemental de l’association a accordé plus de 900 000 euros au financement de la recherche et d’équipements médicaux, une somme record.

    « On le sait, l’argent manque », poursuit-elle. Pas seulement au plus haut niveau de l’État : « L’accompagnement financier qu’on propose aux familles touchées par la maladie devient de plus en plus récurrent, les gens sont pris à la gorge. Cette année, on va en aider plus de 480 à hauteur de 600 euros maximum. L’an dernier, elles étaient 320. »

    La Ligue contre le cancer propose aussi un accompagnement psychologique et social gratuit aux malades et aux aidants, avec des ateliers de sport adapté, une offre de soins de support et un accès à professionnels de santé et de bien-être. L’association tient des permanences au Pôle santé handicap de Martigues.

  • L’hôpital de Toulon – La Seyne ambassadeur du don d’organes

    L’hôpital de Toulon – La Seyne ambassadeur du don d’organes

    Avec près de 30 prélèvements par an, la Coordination hospitalière des dons d’organes et de tissus du Centre hospitalier intercommunal de Toulon -La Seyne-sur-Mer (Chits), aux côtés des équipes médicales, chirurgicales et soignantes, joue un rôle crucial dans l’organisation des activités de prélèvement d’organes et de tissus en vue de greffes. « La coordination du don d’organes du Chits a été créée en 2000 pour recenser tous les donneurs potentiels d’organes et de tissus, d’accueillir et accompagner les proches, d’organiser les prélèvements, de former les professionnels de santé, d’informer le grand public. Et également, d’être dans un réseau avec d’autres lieux de soins, l’hôpital d’Hyères, l’hôpital Sainte-Anne, l’hôpital de Brignoles et les cliniques », détaille Yann Le Bras, directeur du Chits.

    Une coordination qui a permis, en 2024, 102 prélèvements d’organes et 182 prélèvements de tissus au Chits, qui s’est récemment doté d’une nouvelle salle de prélèvements. « Derrière cela, il y a bien sûr des réalités humaines, mais ces chiffres montrent l’activité et un élément très fort d’engagement des équipes », salue Yann Le Bras. C’est pourquoi le Chits a formalisé son engagement, vendredi, en signant, aux côtés du « Collectif Greffes+ », une charte faisant de l’hôpital un ambassadeur du don d’organes, afin d’intensifier la sensibilisation de l’ensemble de son personnel, des patients et des visiteurs.

    « Devenir ambassadeur du don d’organes est pour nous un élément majeur. C’est participer à un mouvement solidaire national permettant de sauver des milliers de vies chaque année », se félicite Yann Le Bras. Un pas de plus pour un hôpital déjà engagé dans cette démarche depuis 25 ans : « Cela marque l’intensification de l’effort de notre établissement pour sensibiliser l’ensemble de la communauté hospitalière, ainsi que les patients et visiteurs. » « Quelle plus belle chose que de donner la vie, mais quelle plus belle chose aussi que de redonner la vie à des personnes qui sont en attente d’un organe et qui souvent décèdent avant », appuie Dominique Andreotti, pneumologue et adjointe à l’action sociale à la mairie de Toulon.

    2 à 3 décès chaque jour

    en France faute de dons

    Il faut tout de même rappeler que nous sommes tous, de fait, présumés donneurs d’organes par la loi, sauf opposition de notre vivant. Cependant, celle-ci prévoit aussi que les proches des défunts soient systématiquement consultés. Mais bien que plus de 80% des Français y soient favorables, moins d’une personne sur deux en a parlé, si bien que leur volonté ne peut être respectée. Dans un tiers des cas, les proches, dans le doute, s’y opposent, et le prélèvement ne peut avoir lieu. « Peu importe ce qu’on en pense, il faut que chacun interroge autour de soi et se pose la question, petit et grand, car il n’y a pas de minimum d’âge pour le prélèvement d’organes, et on peut prélever jusqu’à 90 ans. Il faut aussi se sentir concerné par la solidarité humaine, avoir envie de donner ce qui ne nous a servi et ne nous servira plus », martèle Odile Desrue médecin coordinateur du don d’organes et de tissus, qui rappelle qu’il y a « 20 000 demandeurs chaque année en France, et ce nombre tend à augmenter petit à petit, car on greffe moins de gens qu’il y en a sur liste d’attente. Chaque jour, deux à trois personnes meurent en attente d’organe. »

    Cependant, la situation s’est légèrement améliorée ces dernières années, même si le chemin reste encore long, passant par l’éducation, mais aussi, certainement, par des décisions législatives : « Le Covid a fait beaucoup de mal à la greffe et au don, mais on remonte petit à petit les chiffres, et on a passé la barre des 6 000 greffes en 2024. On espère continuer à progresser, mais ça ne va pas aussi vite que la demande. 80% des Français sont pour mais le taux de refus est de 36%. En Espagne, où le don a été inscrit dans la citoyenneté, il y a 20% de refus », souligne le docteur Desrue.

  • La lutte contre l’arrêt du bloc à Apt s’exporte en Cité des Papes

    La lutte contre l’arrêt du bloc à Apt s’exporte en Cité des Papes

    Pas moins de deux bus descendront d’Apt pour une manifestation ce jeudi 6 novembre à 15h30 devant la cité administrative d’Avignon contre la fermeture du bloc opératoire de l’hôpital d’Apt, dont le transfert vers l’hôpital de Cavaillon est prévu au 1er janvier prochain sur décision de l’ARS (voir encadré ci-contre).

    « C’est tout un territoire que l’on coupe de la santé, ce sont des vies que l’on met en danger », lâche dans un communiqué le collectif Apt.es à faire bloc, organisateur du mouvement soutenu par la mairie, la CGT ou encore la communauté de communes du Pays d’Apt Luberon, qui met à disposition les moyens de transport.

    L’ARS a décidé de la fermeture du service « dans un contexte marqué par un vieillissement de la population, une hausse des maladies chroniques et des tensions sur les ressources médicales » dénonce le collectif, tout en avançant un manque de rentabilité et une activité en berne. Mais, d’après l’équipe médicale, cette décision est « fondée sur des motifs erronés et dépourvue de justification économique, sanitaire et territoriale sérieuse », tout en démontant un par un ces arguments qui « entrent dans une logique de manipulation ». Tout d’abord, rapport d’activité du GCS Apt-Avignon à l’appui, il est assuré que « le déficit abyssal du centre hospitalier n’est pas lié à l’activité chirurgicale » et même qu’« au contraire cette activité est dans la dynamique préconisée par l’Anap ». Le volume d’activité serait lui en « constante augmentation », tout en lâchant qu’un transfert de l’activité d’endoscopie « arrive très à propos alors que le seul praticien endoscopiste de Cavaillon vient de partir à la retraite ».

    Ministres sollicités

    Trois recours avaient été déposés mais ont été rejetés par la justice. Au moins un nouveau recours en référé va être déposé « avec des arguments différents » nous confirme-t-on du côté du comité des usagers du centre hospitalier. Plusieurs courriers ont également été adressés à différents ministres et élus. À commencer par la présidente du Département et ancienne maire d’Apt, Dominique Santoni (LR), qui, après avoir rencontré le ministre de la Santé de l’époque, Yannick Neuder, en juillet dernier, a écrit au Premier ministre Sébastien Lecornu. Dans cette lettre ouverte datée du 20 octobre, elle a réagi au discours prononcé par le locataire de Matignon face aux sénateurs le 15 octobre dernier, pendant lequel il assurait qu’il n’y aurait pas de fermeture d’hôpital en 2026. Elle demande donc un délai supplémentaire « pour redonner une activité à la hauteur des besoins de notre territoire ». L’ordre des médecins de Vaucluse s’est, lui, adressé à la nouvelle ministre de la Santé, Stéphanie Rist, le 23 octobre, évoquant dans sa lettre une fermeture « qui aura comme conséquences une difficulté d’accès aux soins ainsi qu’une prise en charge rapide, entraînant une possible perte de chance » pour les patients.

    L’ARS défend un projet global

    Depuis le début, l’Agence régionale de santé (ARS) répond invariablement que « ce n’est pas une fermeture, c’est un projet avant tout », défend Loïc Souriau, directeur de l’ARS 84. L’activité prévoit d’être transférée à l’hôpital de Cavaillon. « On propose d’injecter 10 millions d’euros pour refaire la moitié de l’hôpital, de consolider sa filière gériatrique, d’augmenter la capacité de l’Ehpad dans un timing assez court et avec des investissements qu’aucun hôpital n’a eu en Vaucluse », assure Loïc Souriau. L’ARS estime que « l’impact sur l’offre locale reste limitée dans la mesure ou la chirurgie pratiquée aujourd’hui à Apt est très faible ».

    F.C.

  • Le chirurgien aubagnais reconnu coupable d’escroqueries sur dix CPAM

    Le chirurgien aubagnais reconnu coupable d’escroqueries sur dix CPAM

    L’ex-chef du service de chirurgie orthopédique du centre hospitalier d’Aubagne a été reconnu coupable mercredi d’escroquerie aggravée au préjudice de notre système de protection sociale : plus de 400 000 euros détournés en trois ans en explosant son activité libérale et en double facturant des actes fictifs. Il écope de deux ans de prison avec sursis et de 100 000 euros d’amende. La condamnation est assortie d’une interdiction d’exercer pendant 5 ans sa profession en activité libérale au sein d’un hôpital public et à 5 ans d’inéligibilité.

    Le docteur Ikbel Farhat, 52 ans, qui plaidait l’erreur, l’ignorance et le complot à son procès le 21 octobre, était le seul des 7 médecins avec activité libérale au sein de l’hôpital d’Aubagne, à avoir explosé le volume de remboursement d’interventions par la Sécurité sociale : 313 actes en 2019 pour 98 000 euros d’honoraires libéraux, 569 actes pour 159 000 euros en 2020 et 845 en 2021 pour 327 000 euros, soit cette année-là 113% d’activité libérale, un taux surréaliste et incompatible avec la limitation à 20% pour un praticien hospitalier public à temps plein déjà rémunéré 10 000 euros par mois.

    « Le volume de ces facturations indues exclut la simple erreur », considère le tribunal pour qui le chirurgien n’a pas seulement facturé en libéral des actes relevant du public, mais a également facturé des actes accomplis par des confrères à lui, leur « volant des malades », des actes fictifs remboursés une seconde fois par la Sécurité sociale. Ainsi des actes sur 57 patients du docteur Roge qui découvrait le pot aux roses, que le prévenu réussissait à se faire rembourser en faussant des feuilles de soins.

    « Ces comportements démontrent une réelle volonté de frauder, dans un objectif purement financier », énonce le jugement rendu par la 6e chambre correctionnelle qui observe que le praticien « se présente comme un médecin dédié au service public et ne faisant pas ce métier par appât du gain, alors que le tribunal peine à voir quel autre intérêt il y aurait dans ces actions, qui n’ont aucune plus-value pour le patient ».

    Les CPAM des Alpes-Maritimes, du Bas-Rhin, des Hauts-de-Seine, de Seine-Saint-Denis, les moins impactés ont obtenu la fixation de leurs dommages-intérêts pour une poignée d’actes frauduleux. En revanche, les intérêts civils des CPAM les plus lourdement touchés, celles du Var, des Bouches-du-Rhône, de l’Ardèche et la caisse nationale militaire de Sécurité sociale, seront examinés à l’audience du 7 mars 2026. Le conseil départemental de l’Ordre des médecins obtient un euro symbolique.

  • La CGT de l’hôpital de Martigues inquiète d’une possible suppression d’acquis sociaux

    La CGT de l’hôpital de Martigues inquiète d’une possible suppression d’acquis sociaux

    « Ils veulent faire des économies de bouts de chandelle sur le peu d’acquis qu’on a », se désole Laure Privat, secrétaire du syndicat CGT du centre hospitalier de Martigues. Dans un tract aux personnels publié ce lundi, le syndicat alerte sur une possible remise en cause par la direction de plusieurs jours de congés ainsi que la prise en compte de la pause de mi-journée dans le temps de travail, fruit d’un accord signé en 2002.

    En substance, Laure Privat indique qu’il s’agit « de trois jours de congés lorsque l’on reçoit une médaille d’ancienneté à 20 ou 30 ans et de cinq jours avant le départ en retraite ».

    Du reste, « nous avons 20 minutes de pause pour 6 heures travaillées. Aujourd’hui la majorité des services sont en 12 heures et on arrive souvent avant la prise de poste pour aider les collègues à la relève. Pour un quart d’heure volontaire par jour, on ne demande qu’un jour de repos par an. Mais aucune négociation n’est possible », regrette la syndicaliste.

    Des « irrégularités » ?

    Ces dispositions seraient des « irrégularités » parmi d’autres citées dans le rapport de la Chambre régionale des comptes portant sur la période 2019-2023 (notre édition du 31/10). Pour la CGT, « l’État doit mettre la main à la poche pour ne pas faire d’économies sur nos acquis. Le service public est une priorité », affirme Laure Privat.

    Contactée, la direction du centre hospitalier de Martigues n’a pas donné suite à nos sollicitations dans nos délais.

  • [Entretien] Laure Privat (CGT) : « Un État providence qui finance les hôpitaux »

    [Entretien] Laure Privat (CGT) : « Un État providence qui finance les hôpitaux »

    La Marseillaise : Le rapport pointe la vétusté des bâtiments de l’hôpital. Quel est le quotidien des personnels qui y travaillent ?

    Laure Privat : Ça fait des dizaines d’années qu’on alerte la direction sur l’état immobilier de l’hôpital. Elle n’a jamais pris ses responsabilités pour faire les travaux en temps et en heure. Ils ont laissé l’établissement à la dérive. Ce sont des murs qui tombent, des locaux qui sentent mauvais, des inondations et des infiltrations dans les Rayettes, à chaque fois qu’il pleut. Les agents, au lieu de s’occuper des patients, épongent. Régulièrement, les ascenseurs à brancards ne fonctionnent pas. L’été, quand il y a la canicule, il n’y pas d’air conditionné. Il n’y a même pas de rideau aux fenêtres, dans les chambres, il fait 38 degrés. Non seulement ça joue sur nos conditions de travail, mais en plus, ça pénalise les patients. On a énormément d’arrêts maladie qu’on peine à remplacer.

    La direction prévoit un plan d’efficience de 14 millions d’euros. Que pensez-vous de cette politique ?

    L.P. : Ça fait des années qu’ils font des restrictions. Lors du conseil de surveillance, le directeur a annoncé qu’il nous enlèverait des acquis pour faire des économies. Ils veulent nous enlever le peu qu’on a, comme les jours de congés au titre des médailles du travail et du départ en retraite, par exemple. Ce sont des miettes, ça ne suffira pas à combler le déficit. Ce qu’il faut, c’est que l’État mette la main à la pâte.

    Quelles sont les revendications
    de la CGT
     ?

    L.P. : On demande 170 millions d’euros et 90 emplois statutaires à temps plein, et ça, c’est seulement pour pallier les manques actuels, pour avoir un hôpital en état de fonctionner. On a réalisé un audit avant d’avoir connaissance de l’agrandissement de la zone industrialo-portuaire de Fos, qui va amener de nouveaux habitants. Il faut qu’on revienne à un État providence qui finance les hôpitaux plutôt que les entreprises ou l’armée. Nos impôts doivent servir à notre santé.

  • La Chambre des comptes pointe le déficit structurel de l’hôpital de Martigues

    La Chambre des comptes pointe le déficit structurel de l’hôpital de Martigues

    Le rapport est assez alarmant. Mardi 28 octobre, la chambre régionale des comptes (CRC) Provence-Alpes-Côte d’Azur a publié ses observations après avoir contrôlé le centre hospitalier de Martigues, à compter de l’exercice 2019. Elle pointe une « situation financière structurellement déficitaire », aggravée par des dépenses jugées irrégulières et un manque d’investissements pour moderniser ses installations.

    Pourtant, l’activité de l’établissement est en hausse. Sa part de marché en médecine est ainsi passée de 44,6% en 2019 à 48% en 2022. En hospitalisation complète de chirurgie, la progression est encore plus soutenue, puisque la part de marché a atteint 39,4% en 2022 contre 31,8% en 2019. Mais cette progression ne suffit pas à assurer une situation financière saine, qui ne « s’est trouvée améliorée que durant la période de crise sanitaire du fait d’une activité soutenue et des aides exceptionnelles qui ont été allouées durant cette période par l’ARS, note la chambre régionale des comptes. Hors période de crise sanitaire, la dynamique de progression des charges nettement supérieure à celle des produits conduit à des déficits qui s’accroissent. » Entre 2019 et 2023, les dépenses ont progressé de 34%, soit 42 millions d’euros supplémentaires. En valeur absolue, les plus fortes augmentations concernent les charges de personnel (27,4 M) et les charges à caractère médical (8,7 M).

    Le directeur de l’établissement, Loïc Mondoloni, explique : « Le Centre hospitalier de Martigues a aujourd’hui 50 ans et est conçu comme un bâtiment des années 70. L’évolution vers l’ambulatoire, la modernisation des plateaux techniques, le développement des technologies s’imposent. Mais, si la structure n’évolue pas, les possibilités sont limitées. Prendre en charge correctement chaque patient conduit dès lors à devoir déployer des ressources supplémentaires à celles d’un bâtiment configuré de manière optimale et fonctionnelle. »

    Une incapacité

    d’auto-financement

    Des avantages octroyés au personnel de manière irrégulière sont également mis en lumière. Le document rapporte, par exemple, qu’1,2 million d’euros de temps de travail additionnel majoré au-delà du tarif réglementaire a été versé à certains praticiens des urgences, entre 2019 et avril 2023. Le directeur alors en fonction, Barthélémy Mayol, a justifié cette décision par « le caractère essentiel du service des urgences dans le fonctionnement de l’établissement et la nécessité de disposer d’une équipe médicale en nombre et compétences suffisants dans ce service ». Loïc Mondoloni assure que ces irrégularités de rémunération « ont aujourd’hui quasiment toutes cessé ».

    La juridiction financière signale, par ailleurs, l’incapacité d’auto-financement de l’hôpital : « La faible évolution des immobilisations, l’importance des aides extérieures, l’accroissement des dettes financières témoignent d’un établissement qui ne peut investir sans aide ou sans emprunt. Le centre hospitalier de Martigues ne dispose d’aucune ressource lui permettant d’autofinancer l’entretien de ses bâtiments, ainsi que le renouvellement ou l’acquisition d’équipements. » Hors, la vétusté des locaux a été soulignée dans le rapport du contrôleur général des lieux de privation de liberté concernant la psychiatrie, à l’issue de sa visite en mai 2019, et de la Haute Autorité de santé, en juillet 2020.

    Un plan de restructuration et des économies

    Un plan de restructuration de 60 millions d’euros, dont 28 millions d’euros financés par le Ségur, est néanmoins sur la table. Il vise à construire un bâtiment médico-technique comprenant un nouveau bloc opératoire, un nouveau service d’urgences dimensionné pour 60 000 passages par an et le regroupement des soins critiques. Mais ,son financement ne convainc pas la CRC, qui ne le trouve « pas soutenable ». « Tous les indicateurs aujourd’hui dégradés se détérioreraient davantage. »

    Pour redresser la barre, « un plan d’efficience de plus de 14 millions d’euros a été élaboré » par la direction et « l’ensemble des pôles d’activité médicale », précise Loïc Mondoloni. Il est en cours d’analyse auprès des services de l’Agence régionale de santé.

  • Un nouveau service oncologie a ouvert ses portes à l’hôpital d’Hyères

    Un nouveau service oncologie a ouvert ses portes à l’hôpital d’Hyères

    Les patients en oncologie hyérois et des communes alentours n’auront plus besoin de faire la route jusqu’à Toulon. Face aux demandes malheureusement croissantes et une capacité de prise en charge qui s’essouffle, un nouveau service a ouvert ses portes au centre hospitalier (CH) de Hyères, en vertu d’un projet commun de coopération territoriale avec le centre hospitalier intercommunal Toulon – La Seyne-sur-Mer, à destination des patients de l’est de la métropole.

    Un lancement réalisé en deux temps puisque les premiers patients – en hospitalisation – ont pu bénéficier de ses services cet été, alors que l’accueil de jour a été mis en place début septembre, occasionnant l’ouverture officielle du service, marquant une étape importante dans l’élargissement de l’offre de soins sur le territoire.

    Doté d’une capacité de dix lits en hospitalisation et de dix lits en hôpital de jour (soit vingt patients quotidiens), il permet d’accueillir jusqu’à trente personnes à la journée. Il réunit trois médecins, ainsi qu’une équipe pluridisciplinaire (infirmiers, aide-soignants, assistante médico-administrative, pharmaciens, psychologue, assistante sociale et diététicienne) sous l’égide du Docteur Philippe Bernard, et est rattaché au pôle Médecine et spécialités Hépato-gastro piloté par le Docteur Amandine Chollet.

    Trois unités de soin

    Avec l’ouverture de ce nouveau service d’oncologie, conformément aux recommandations du Plan national cancer, le patient du CH d’Hyères bénéficie d’une prise en charge personnalisée et proche de son domicile. Le traitement administré est discuté en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP). Il est ensuite administré par du personnel formé aux soins oncologiques en unité spécifique et encadré par des soins de support (prise en charge de la douleur, nutritionnelle, psychologique, sociale).

    Le service d’oncologie s’articule autour d’une offre de soins qui se décompose en trois parties. D’abord, les consultations externes réalisées par les deux médecins oncologues. Lors de la consultation initiale, le traitement est explicité au patient, complété par un temps infirmier. Le patient est régulièrement suivi tout au long de son parcours de soins et accompagné en fin de traitement. Ensuite, l’hôpital de jour, situé au rez-de-chaussée, qui s’inscrit dans le prolongement des consultations externes. Il est ouvert du lundi au vendredi de 8h à 18h. Il accueille les patients en ambulatoire pour leurs traitements (chimiothérapies, immunothérapies, thérapies ciblées…). Enfin, l’unité d’hospitalisation, installée depuis l’été au deuxième étage, dédiée à la prise en charge en hospitalisation complète des patients les plus fragiles, notamment en situation de soins palliatifs.