Tag: Bouches-du-Rhône

  • 4 000 ans d’histoire de viticulture française dans une poignée de pépins

    4 000 ans d’histoire de viticulture française dans une poignée de pépins

    Dans les années 1990 à Marseille, des archéologues mènent des fouilles sur la rive nord du Vieux-Port. Ils y découvrent des pépins de raisin particulièrement bien conservés. Leur âge ? Environ 2 600 ans. Soit la date à laquelle remonte l’arrivée de la viticulture en France via Marseille, sous l’influence des Grecs, selon les écrits historiques et l’archéologie. « Nous connaissions beaucoup de choses sur la production du vin et les échanges, mais très peu sur la nature des vignes utilisées, précise Laurent Bouby, ingénieur de recherche CNRS à l’Institut des sciences de l’évolution de Montpellier. Nous avons maintenant des outils paléogénomiques puissants ». Et les réponses commencent à tomber, notamment grâce à l’ADN ancien contenu dans ces pépins marseillais et d’autres découverts sur des sites archéologiques français. « Cela permet de retracer l’arbre généalogique de la vigne en France et l’origine des cépages actuels », résume le chercheur, coauteur d’une étude parue dans Nature Communications.

    L’étude confirme des éléments connus. Par exemple que les plus vieux pépins découverts en France, à Nîmes et âgés de 4 000 ans, sont bien issus de plantes sauvages. « Des populations similaires à celles que nous connaissons aujourd’hui », précise Laurent Bouby. Les habitants utilisaient et consommaient les baies. « Nous ne savons pas s’ils la cultivaient », nuance-t-il. La culture arrive avec l’introduction de vignes domestiques, il y a 2 600 ans à Marseille. « Cela marque vraiment le début de la viticulture », souligne le chercheur. Et l’étude montre que ces premières vignes domestiques ont des liens de parenté avec des cépages d’aujourd’hui.

    Clonage

    Comme cela avait déjà été observé en Italie, il y a eu des croisements entre vignes sauvages et domestiques. « Cela a été un moteur important pour l’évolution de la vigne cultivée au cours de sa diffusion en Méditerranée et en Europe », résume Laurent Bouby. Peut-être pour faire émerger des variétés adaptées à certaines conditions écologiques et climatiques. Et ainsi permettre à la viticulture de se répandre vers le nord de la France, dès le Ier siècle de notre ère, jusqu’à Valenciennes.

    Enfin, l’étude montre la maîtrise des techniques de clonage et de greffe, probablement dès l’arrivée de la vigne domestique, il y a 2 600 ans. « C’est important pour reproduire des individus à l’identique, souligne Laurent Bouby. Nous nous doutions que ces techniques étaient maîtrisées car les textes antiques en parlent. Nous l’attestons ici avec la paléogénomique ».

    À quoi ressemblaient ces vignes ? Étaient-elles précoces ou tardives ? Les baies étaient-elles blanches ou noires ? Grosses ou petites ? « Ce sont les questions qui nous occupent maintenant », glisse Laurent Bouby. L’ADN ancien contenu dans les pépins a encore des choses à dire quant aux pratiques et aux choix des premiers viticulteurs en France.

  • De Marseille à Berlin pour témoigner

    De Marseille à Berlin pour témoigner

    Gérard Agresti

    Fils de Roger Agresti (1921-2005) déporté rescapé du camp

    « Roger, mon père avait 21 ans. Il est revenu vivant de Sachsenhausen. Il était du convoi du 28 avril depuis Compiègne. Il a fait partie des “marches de la mort” jusqu’au bois de Criwitz avec un petit groupe de Marseillais qui ont cheminé vers l’ouest jusqu’à rencontrer des soldats américains le 2 mai 1945 aux environs de Schwerin. Arrivé gare Saint Charles, un marin lui est tombé dans les bras. C’était mon frère qui a dû lui annoncer que son père était mort. Papa parlait peu de sa déportation car les petits n’ont pas à entendre des choses atroces. Il nous avait écrit son témoignage en 1995. Quand il allait dans les collèges, c’était pour dire ce qu’il avait vécu mais aussi ce qui peut advenir. Après deux guerres mondiales, ce serait terrible si mon père humaniste voyait qu’autant de peuples se font massacrer aujourd’hui en Europe et au Moyen-Orient. »

    Fernand Riberi

    Petit-fils de Francesco Commentale, mort à Sachsenhausen

    « Les jeunes Allemands à qui j’ai raconté le sort tragique de mon grand-père sur lequel l’Histoire s’est acharnée ont posé beaucoup de questions. Le peuple allemand est très investi dans ce travail de mémoire. Ils ont un besoin de rédemption je crois. Ils nous renvoient l’image positive d’une jeunesse qui veut tirer les leçons de l’Histoire. Ces récits tragiques qu’on leur fait découvrir des rafles de Marseille de 1943, c’est une histoire qui leur appartient aujourd’hui. Vu le contexte international des conflits qui éclatent de l’Ukraine, à l’Iran et au Moyen Orient, c’est important. Si vous oubliez l’Histoire, elle ne vous oublie pas. Je leur ai dit à ces jeunes, vous êtes dépositaires aujourd’hui d’une mémoire qu’il vous appartient de transmettre. On espère que parmi eux, certains s’en empareront. On aura alors gagné notre pari. »

    Pascal Luongo

    Avocat qui a rédigé la plainte pour crime contre l’humanité

    « La mission du collectif est de transmettre cette mémoire afin qu’elle résonne au présent, portée par ceux qui l’ont vécu, en la replaçant dans la notion de crime contre l’humanité. Cette page tragique du quartier de Saint-Jean doit être racontée et enseignée comme la rafle du Vél d’Hiv commise six mois plus tôt les 16 et 17 juillet 1942 par les mêmes acteurs. Avec cette plaque, tous ceux qui viendront à Sachsenhausen sauront que 250 Marseillais y sont passés, certains y sont morts, tous victimes d’une action conjointe et concertée des nazis et de l’État français de Vichy. Cette reconnaissance est essentielle dans une période où les héritiers de Pétain, côté français et d’Hitler, côté allemand, retapent à la porte du pouvoir. Il faut transmettre la mémoire entre Marseille et Berlin de ce qu’a produit la collaboration et le nazisme, une page pas bien écrite, en tout cas pas lue et pas retenue. »

    Antoine Mignemi

    Président du collectif Saint-Jean 24 janvier 1943, raflé à 5 ans

    « Je suis un des derniers survivants de la rafle. J’avais 5 ans. J‘ai toujours porté au fond de moi cette tragédie. J’en garde des souvenirs d’enfant. Je revois le visage de ma mère marqué par l’angoisse quand on nous emmène le jour de la rafle. Mon père avait fui Mussolini. Nous étions pauvres mais heureux dans cette Petite Naples. Il y avait beaucoup de solidarité entre les gens. Mon père avait un salon de coiffure au 140 quai du Port. Nous habitions 66 rue Saint-Laurent là où je suis né le 24 novembre 1937 et qui a été rasé en février 1944. Quand on est revenu de Fréjus, ça a été la misère. Mon vécu a toujours été marqué par l’injustice permanente surtout sociale. J’ai des convictions sur la lutte des classes et je sais aussi qu’un pouvoir politique même démocratique peut arriver à imposer des injustices. Heureusement que la plainte pour crime contre l’humanité en 2019 a fait ressurgir cette rafle du 24 janvier 1943. »

  • La recette des pommes de terre boulangères

    La recette des pommes de terre boulangères

    C’est une recette à fois fondante et réconfortante que vous propose le chef Henri. Les pommes de terre boulangères se rapprochent du gratin dauphinois avec plus de légèreté.

    Un plat réconfortant

    Pour débuter cette recette, épluchez vos oignons, taillez-les, émincez-les puis lancez une compotée en utilisant une casserole. Au fond, nappez d’huile d’olive et déposez vos oignons que vous laisserez cuire à feu doux, en surveillant de temps en temps pour ne pas qu’ils accrochent. Le chef vous conseille d’essayer de couper vos oignons à peu près à taille égale pour une cuisson uniforme. Une fois la compotée lancée, lavez vos pommes de terre, la variété Agria est intéressante dans cette recette pour sa chair ferme. Inutile de les éplucher, mais coupez les deux extrémités au couteau puis faites de fines lamelles à la mandoline pour avoir des tranches identiques et ainsi favoriser la cuisson recherchée, c’est-à-dire fondante.

    Vous pouvez également lancer, en parallèle, un bouillon de poule en mettant dans une casserole des restes de poulet ou de poisson que vous mouillez à hauteur. Si vous n’en avez pas la possibilité, un bouillon Kub dans de l’eau fera l’affaire. L’important étant de ne pas réaliser un bouillon de légumes, car le collagène de la viande ou du poisson sera utile pour la sauce du gratin.

    Un nappage brillant

    Coupez le beurre en petits cubes et effeuillez vos herbes fraîches, évitez de garder les tiges pour ne pas qu’il y ait d’amertume. Réservez le tout.

    Une fois que tous vos éléments sont prêts, déposez en fond de plat la moitié de la compotée d’oignons. Faites ensuite une rosace avec les tranches de pommes de terre en partant de l’extérieur du plat vers l’intérieur. Quand vous arrivez à la fin de la rosace, le chef vous conseille de soulever la première tranche déposée pour y glisser la dernière, afin d’avoir un rendu joli. Assaisonnez avec du sel, du poivre et quelques herbes. Refaites un étage. Mouillez le tout avec le bouillon, à hauteur. Assaisonnez de nouveau, éparpillez les dés de beurre et enfournez à 170° pendant une heure. Bon appétit !

    Pour 2 ou 3 personnes il vous faudra :

    – 3 oignons jaunes
    ou blancs

    – 4 pommes de terre Agria

    – Un bouquet
    de sarriette,
    de marjolaine
    et de thym frais

    – Du bouillon de poule maison ou avec
    un bouillon Kub

    – 10g de beurre

    – De l’huile d’olive

    – Du sel et du poivre

  • Des fermetures de classes toujours sur la sellette à Aix

    Des fermetures de classes toujours sur la sellette à Aix

    La semaine dernière, un collectif de parents d’élèves de l’école maternelle Campra, se mobilisaient, inquiets d’une potentielle fermeture de cet établissement. Le collectif, s’est constitué après avoir appris qu’une des classes fermerait dès la rentrée 2026, inquiets d’une fermeture en 2027. Une information non officielle à ce stade. Sur place, plusieurs élus issus du groupe de gauche Aix Avenir ont participé à la mobilisation, avant d’être rejoints par une délégation de la Ville, dont l’élue en charge de l’éducation. Le 15 avril, faisant suite à cette mobilisation, l’ensemble des élus du groupe d’opposition ont envoyé « un courrier commun au Dasen, avec en copie Madame le Maire, pour exprimer notre incompréhension sur la fermeture de l’école et plus globalement sur la carte scolaire aixoise », indique Clément Frel-Cazenave (ELLV). Le courrier, que nous avons pu consulter, fait part d’une « incompréhension face aux décisions prises pour les écoles d’Aix lors du Conseil départemental de l’éducation nationale (CDEN) du 3 avril » et estime que cette décision n’a « fait l’objet d’aucune concertation préalable avec les élus de la ville ». Toujours selon ces lignes, 12 classes devraient être supprimées sur Aix, « certaines sont le prélude à des fermetures d’école ». Le courrier demande au Dasen « une révision des mesures de fermeture. » « J’ai eu Madame le Maire, il y a eu un travail avec les services (…) les élus de la majorité ont été associés, par l’intermédiaire de la rencontre que j’ai eu avec le maire. On est sur une école ou il y a deux classes aujourd’hui ou il y a 23 élèves à la rentrée prochaine et un IPS des plus élevés du Département (128 et demi). Il n’y a que des moyenne et grande sections à la rentrée prochaine, j’enlève un emploi sur les deux », recontextualise Jean-Yves Bessol, Dasen des Bouches-du-Rhône qui s’est engagé à répondre au courrier.

  • Ces jeunes-là ne sont pas invisibles. Et ils chantent « Bella Ciao ! »

    Ces jeunes-là ne sont pas invisibles. Et ils chantent « Bella Ciao ! »

    En Italie, le 25 avril marque la célébration de la libération du nazisme et du fascisme. La fin d’une dictature, le point de départ de la démocratie. Ce jour-là, il y a quatre-vingt-un ans, furent posés les fondements historiques de la Constitution.

    Cette année, le 25 avril revêt une signification particulière. Car, avec le référendum sur la justice du 23 mars, les Italiens furent, de fait, appelés à défendre les valeurs de la Charte constitutionnelle. Supprimer certaines dispositions aurait porté atteinte à certains des principes fondamentaux du droit qui régit notre démocratie.

    Contre toute attente, 58,9% des Italiens se sont rendus aux urnes. 53% ont rejeté la réforme.

    Mais le revirement spectaculaire ne résidait pas seulement dans la victoire du Non. C’était aussi le fait que 61% des jeunes de 18 à 34 ans aient voté « non ».

    Un chiffre frappant, inattendu, inimaginable. Il a soulevé de nombreuses questions, tant à droite qu’à gauche. Et un coup dur pour Giorgia Meloni et sa coalition. Car ces jeunes qu’elle imaginait hypnotisés par leurs écrans de téléphone portable, donc influençables et soumis, se sont mobilisés pour défendre la liberté.

    Où étaient-ils cachés ? se demandaient Giorgia Meloni et Elly Schlein, secrétaire du Parti démocrate. Sans oublier les analystes de la société italienne qui les imaginaient survivre péniblement, dans leur situation précaire, pour un salaire de misère.

    Pourtant, un signe était là. Lors des grandes manifestations pour Gaza en octobre dernier, qui ont rassemblé deux millions de personnes dans les rues, on a remarqué une forte présence des moins de 30 ans.

    Les jeunes sont donc là. Invisibles en politique, mais présents dans le grand chœur italien qui n’a pas oublié les accents de Bella Ciao !

    « Les jeunes nous ont sauvés ! », ont commenté de nombreux partisans du Non.

    Il s’agit maintenant d’aller de l’avant. D’élaborer des propositions politiques pour reconquérir ces énergies, qui ont prouvé qu’elles étaient loin d’être indifférentes.

    La droite tente de rectifier le tir en revoyant certaines positions qui se sont révélées contre-productives, à commencer par son soutien au trumpisme.

    La gauche commet la grave erreur de se poser la question des candidatures futures, sans saisir pleinement le message qui, grâce à l’appel du syndicaliste Maurizio Landini, est émané de la grande marche pour Gaza, où la jeunesse « invisible » s’est manifestée pour la première fois.

    Dans cette Italie, outragée par Trump, qui insulte même le Pape, et qui paie et paiera le prix de certaines amitiés malheureuses, pouvons-nous renouer avec le débat politique ? Et surtout, nous adresser aux jeunes ?

    Le 25 avril sera une nouvelle occasion cruciale de le comprendre. Ces événements surviennent alors que Giorgia Meloni rencontre Edi Rama, le Premier ministre albanais, pour renforcer la coopération en matière d’immigration et d’infrastructures. Alors que les centres de détention en Albanie demeurent un échec coûteux et illégal, dénoncé par les manifestations et les tribunaux. Alors que le pays, chiffres à l’appui, est englué dans une pauvreté qui touche également la classe moyenne. Alors que les 18% de jeunes ni en études ni en emploi représentent le deuxième taux le plus élevé d’Europe, cela souligne une crise profonde.

    C’est pourquoi le 25 avril ne sera pas seulement le Jour de la Libération. Ce sera aussi un jour de résistance qui, après 81 ans, est nécessaire pour défendre les valeurs de paix et de liberté. Un acte indispensable dans un monde devenu fou, où seuls ces jeunes, privés même du droit de rêver, peuvent nous sauver.

  • Un premier pas vers le grand projet du basket marseillais

    Un premier pas vers le grand projet du basket marseillais

    Pour une fois, les Marseillais n’ont pas besoin de se déplacer jusqu’au Technosport de Luminy pour voir évoluer l’équipe fanion de la section basket du Stade marseillais université club (Smuc). Cette dernière dispute, ce samedi, le premier match de son histoire au Palais des Sports de Marseille, à l’occasion de la 24e journée de Nationale 2 face à l’USO Rognonas. Une délocalisation inédite qui s’inscrit comme la première pierre du grand projet, officiellement présenté le mois dernier, destiné à doter la cité phocéenne d’un grand club.

    « C’est un premier pas, un test et un risque doit montrer le chemin que doit prendre notre projet », souligne Alexandre Fassi, vice-président de la société Marseille Basketball. Cette nouvelle marque va toutefois se baser sur le vécu du Smuc Basket comme point de départ du projet. « La section a toujours fourni un travail de qualité, voire d’excellence, dans la formation des jeunes. Aujourd’hui, on veut se servir de toutes les bonnes forces marseillaises du basket pour permettre aux jeunes attachés à notre ville d’y rester », lance l’entrepreneur local, conscient que les prodiges du territoire, à l’instar de Bastien Grasshoff (voir ci-dessous), s’envolent rapidement vers de nouveaux horizons dans l’espoir de devenir professionnel.

    Bascule entre le monde amateur et professionnel

    En bénéficiant des droits du Smuc, Marseille Basketball débutera son aventure en Nationale 2 la saison prochaine. Avec l’ambition d’arriver dès l’année suivante en Nationale 1. « C’est cette bascule-là qu’il faut savoir bien gérer, et c’est une étape fondamentale. Elle n’est pas simple, on le voit à tous les niveaux, parce qu’il faut aligner les compteurs à tous les niveaux. Au niveau sportif, organisationnel, marketing, économique et de l’image qu’on va renvoyer », détaille Alexandre Fassi, persuadé qu’une ville comme Marseille, et par extension sa métropole, possède trop d’atouts pour ne pas se lancer.

    Si l’objectif, d’un point de vue sportif, est d’atteindre la Betclic Elite d’ici 2031, le projet Marseille Basketball cherche avant tout à réunir le territoire métropolitain autour de la pratique de balle orange. Surtout chez les plus jeunes. « On veut aller à la rencontre des jeunes du 8e arrondissement comme des jeunes des quartiers Nord. Des gamins qui sont à la fac comme ceux qui sont à l’école de la seconde chance », indique le dirigeant phocéen. Ce dernier insiste sur le fait que le projet appartient à tous les Marseillais.

    Cela s’illustre notamment par la campagne de « Socios Capital », où les supporters auront la possibilité de devenir actionnaire du club. Une grande première dans le sport professionnel français dont le lancement opérationnel aura lieu ce samedi au Palais des Sports.

  • Benoît Payan alerte sur le risque de tutelle pour la Métropole

    Benoît Payan alerte sur le risque de tutelle pour la Métropole

    Sous les ors de la République, Emmanuel Macron pouvait bien promettre aux quelque 500 maires conviés à la suite de la séquence des municipales, « vous m’aurez toujours à vos côtés ». À l’Élysée ce jeudi soir, le président de la République leur a beaucoup parlé de simplification, « qui va nous permettre d’aller plus vite sur le terrain », de décentralisation aussi, « avec des idées en matière de logement en particulier, assez radicales », pour les prochaines semaines, et surtout d’indépendance stratégique. Et à peine des coupes imposées par l’État dans les budgets que doivent adopter toutes ces municipalités, n’évoquant que du bout des lèvres le fait « qu’on est dans une période plus difficile budgétairement ».

    Le sujet a pourtant été mis sous le feu des projecteurs ce jeudi, dans la deuxième Métropole du pays, l’une des plus impactées par les réductions des dotations de l’État. « À ce jour, il faut que nous trouvions 123 millions d’euros d’ici au 28 avril pour boucler le budget pour 2026 », alertait le vice-président (LR) délégué aux finances David Ytier (notre édition du 17/04). « Il faut que l’État prenne aussi ses responsabilités et nous aide », insistait auprès de la presse le président (LR) du conseil métropolitain, Nicolas Isnard. « Nous allons faire remonter ce mécontentement et nous avons déjà commencé », poursuivait-il, incluant l’ensemble des maires de l’hémicycle. « Le premier d’entre eux Benoît Payan est aussi à la manœuvre », glissait-il.

    La menace d’une fronde

    Absent de l’hémicycle métropolitain jeudi après-midi, le maire de Marseille faisait en effet partie de la dizaine de maires provençaux conviés à l’Élysée. Un déplacement « pour parler de Marseille, de la préoccupation des maires vis-à-vis du pouvoir d’achat et du budget », confiait son entourage. Après le long discours du président de la République, les deux hommes ont ainsi parlé de la nouvelle donne métropolitaine, placée sous le signe de l’entente et de l’espoir de pouvoir accélérer les nouveaux projets. Et de sa situation financière, de la difficulté à boucler son budget, des leviers pour y arriver tant dans les investissements à réaliser que pour subvenir à son fonctionnement. « La possibilité d’une tutelle a été abordée », reconnaît-on dans les couloirs de l’hôtel de ville. Benoît Payan l’a rappelé dès ce vendredi, sur les ondes de France info. « C’est non seulement un risque, mais un problème : si la deuxième Métropole de France était mise sous tutelle, il y aurait des conséquences en cascade, répondait le maire, indiquant qu’il avait averti l’État. Cela pourrait déclencher une forme de fronde des élus locaux. » En cas de refus de l’hémicycle métropolitain de voter le budget, le préfet serait contraint de prendre la main pour exécuter ses compétences obligatoires, expliquait-il. « Mais par exemple, les investissements, l’aide aux associations, les questions hors des compétences classiques vont être découpées. » Surtout, l’exemple d’un tel refus de voter le budget pourrait inspirer d’autres collectivités territoriales. « Ça commence chez moi, ce n’est pas un territoire anodin », appuyait Benoît Payan.

  • Le jeu pour comprendre les enjeux méditerranéens

    Le jeu pour comprendre les enjeux méditerranéens

    Sous la tente de la Métropole, à quelques mètres de l’entrée du salon des Nauticales sur le nouveau port à La Ciotat, une dizaine de modules en bois semblent attirer les plus jeunes. Organisée par l’association des Petits débrouillards, cette exposition interactive vise à expliquer aux plus jeunes, et aux moins jeunes, les différents enjeux autour de la mer Méditerranée.

    Douze ans et plus

    Le numérique, la biodiversité, les migrations, l’usage de la mer, les aires marines protégées… les thématiques abordées sur les différentes activités sont très diverses. Ce samedi et ce dimanche, des animations sous la forme de l’émission de vulgarisation scientifique C’est pas sorcier, seront également organisées en plus de l’exposition pendant toute la journée.

    Avec ces 12 panneaux en bois, l’exposition permet aux enfants d’appréhender par le jeu les divers enjeux autour de la mer Méditerranée. « Le but c’est que les enfants, à partir de 12 ans, ou un peu avant s’ils sont aidés, puissent faire les jeux en semi-autonomie et que cela leur apporte des réponses à leur questionnement », explique Nina Farge, médiatrice scientifique de l’association. L’un des panneaux permet par exemple de comprendre comment l’on peut récupérer et analyser les données en mer, avec un jeu de cartes.

    L’exposition, conçue en partenariat avec l’institut de recherche pour le développement a été réalisée par la branche régionale de l’association des Petits débrouillards. Une table des curiosités a également été montée par l’association pour permettre aux badauds de découvrir la diversité d’espèces maritimes, en Méditerranée et ailleurs.

    Exposition scientifique

    « Même si certains panneaux traitent de problématiques plus générales, la plupart traitent des sujets spécifiques à la Méditerranée, précise la médiatrice. On a tout voulu faire en interne, avec l’appui de chercheurs. Car on a toujours un conseil scientifique et on s’épaule aussi de nos partenaires de la recherche. » C’est la quatrième fois que l’association présente cette exposition, depuis sa création il y a un an et demi.

    Une façon ludique de faire comprendre aux enfants l’importance de cette mer pour le territoire, mais également sa fragilité et le besoin de la protéger.

    Billet pour le salon : lesnauticales.fr

    9 euros plein tarif, gratuit pour les moins de 12 ans

  • La mémoire en photographies de Mauthausen aux Rotatives

    La mémoire en photographies de Mauthausen aux Rotatives

    Présenter, à l’appui des images, la mémoire de l’horreur. C’est ce que propose l’exposition « La part visible des camps », composée de photographies du camp de concentration nazi de Mauthausen (1938-1945) et installée du 4 au 8 mai dans la salle des Rotatives de La Marseillaise (2e). L’exposition présente « l’ensemble des fonds d’images existants » sur Mauthausen, où furent conduits plus de 200 000 hommes, et quelques milliers de femmes. On y retrouve : des clichés SS, des photos prises, sur les mêmes appareils, par des détenus libérés et enfin celles prises par des libérateurs américains. L’exposition, portée par les Amicales française et espagnole d’anciens déportés de Mauthausen, auxquelles se sont associées les autorités fédérales autrichiennes, compte quelque 500 clichés et circule en Europe depuis 2005. Entrée libre de 10h à 18h.