Tag: Bouches-du-Rhône

  • « Nos têtes sont plus dures que les murs des prisons »

    « Nos têtes sont plus dures que les murs des prisons »

    « Nos têtes sont plus dures que les murs des prisons. » C’est par cette formule que l’illustre avocat Thierry Levy a intitulé un petit essai dans lequel il critiquait la centralité de la prison en écrivant : « Lorsqu’elle échoue dans l’objectif de réinsertion qu’elle proclame, elle réussit à étancher la passion vengeresse et à infliger une cruauté qu’elle camoufle. » Avec 86 229 personnes détenues au 1er décembre 2025, soit un taux d’occupation globale de 136% la passion vengeresse qu’évoque l’auteur paraît assouvie. Face à cette situation critique du système carcéral français, l’actuel ministre de la justice cherche des solutions sans renier son paradigme sécuritaire. Après avoir pensé à louer des places de prisons à des voisins européens, il s’est inspiré de l’Allemagne pour proposer la construction de 3 000 nouvelles places de prison dites modulaires c’est-à-dire sous la forme de préfabriqués. Plus vite et moins cher serait la devise du ministère. Il y a pourtant 5 ans et demi, lorsque la France sortait du confinement, la population carcérale passait sous la barre des 100% d’occupation sans construire de nouvelles cellules. Comment ? Dans une France confinée, la ministre Nicole Belloubet a d’abord envisagé la suppression des parloirs famille pour les personnes détenues. Mais, face à la crainte de mutinerie, cette dernière s’est résolue à envisager des mécanismes de régulation carcérale. Les juges de l’application des peines ont été incités à employer de manière anticipée les mécanismes d’aménagement de peine pour les personnes condamnées à de courtes peines. Résultat : en 2021, la population carcérale baisse de 70 730 à 62 673 détenus ce qui fait revenir le taux d’occupation juste au-dessous des 100%. Malgré le succès de ces mécanismes, et en dépit de leur caractère peu coûteux, aucun enseignement n’en a été tiré et seulement cinq ans et demi plus tard, la France a battu son record de personne écrouées.

    En effet, le personnel politique n’entend pas porter ce type de mesure en raison du coût électoral réel ou supposé. La CGPL raconte : « Je rencontre beaucoup de députés qui me disent qu’ils sont d’accord avec moi, mais qu’ils n’ont pas l’opinion avec eux. » Autrement dit une telle mesure n’est pas à l’ordre du jour faute de courage politique… Ainsi, la politique ministérielle de constructions de prisons modulaires permet au ministre d’espérer concilier une volonté répressive, supposée provenir de l’opinion publique, et un système carcéral au bord de l’explosion. Pourtant l’échec de la politique capacitaire est largement documenté car plus il y a de places disponibles plus on a recours à l’incarcération, notamment en détention provisoire. Nul doute que la tête du ministre est plus dure que les murs des prisons.

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  • Les affiches de Toulouse-Lautrec s’invitent à l’Hôtel de Caumont

    Les affiches de Toulouse-Lautrec s’invitent à l’Hôtel de Caumont

    Plonger dans l’univers bohème du Paris de la Belle Époque : telle est l’immersion proposée par la nouvelle exposition du centre d’art de Caumont, en place jusqu’au 4 octobre et consacrée à Henri de Toulouse-Lautrec, « grand maître de l’avant garde parisienne ». Imaginée par Fanny Girard, directrice du musée Toulouse-Lautrec, et Gilles Genty, historien de l’art spécialiste du postimpressionnisme, l’exposition adopte un angle précis : celui d’un « créateur d’icônes », capable de « sublimer ses contemporains » grâce à « des images très fortes qui ont traversé les siècles ».

    Car Henri de Toulouse-Lautrec, né à Albi en 1864 avant de partir étudier la peinture à Paris, affiche la particularité de représenter des figures immédiatement reconnaissables, là où nombre d’artistes de son époque privilégient des incarnations anonymes. Surnommé « l’âme de Montmartre », il laisse derrière lui (il meurt en 1901), à travers ses affiches et ses peintures, un témoignage saisissant des visages qui ont animé le Paris de la fin du XIXe siècle.

    à chaque univers

    ses visages

    Habitué des cafés‑concerts, cabarets et théâtres emblématiques de son temps, Toulouse-Lautrec en devient l’un des observateurs privilégiés et représente nombre de leurs protagonistes. Parmi elles – car ce sont souvent des femmes – : La Goulue, Jane Avril ou Loïe Fuller, stars des affiches de l’artiste Albigeois.

    Mais le « faiseur d’icônes » fige aussi d’autres visages : ceux qui incarnent des productions commandées par les publicitaires, ceux de son entourage, fréquemment peints, mais aussi ceux qu’il croise au hasard de ses déambulations. Autant d’univers auxquels l’exposition entend rendre hommage, avant de clore le parcours sur les représentations des « marges de la société » auquel « il rend une certaine dignité », d’après Fanny Girard.

  • [Entretien] Faf Larage : « Il suffit d’écouter le rap pour prendre la température d’une époque »

    [Entretien] Faf Larage : « Il suffit d’écouter le rap pour prendre la température d’une époque »

    La Marseillaise : Vous n’aviez jamais été en duo sur un titre avec Shurik’n avant 1997. C’est à la suite d’une remarque d’Imhotep (producteur d’IAM et de plusieurs classiques du rap marseillais) que vous vous lancez alors pour « La garde meurt mais ne se rend pas »…

    Faf Larage : Exactement. C’est l’équipe de son label Kif-kif production qui nous a sollicités pour qu’on fasse un maxi [format musical se situant entre le single et l’album, Ndlr] ensemble.

    C’était parti pour un morceau
    et ça a fini trois ans plus tard
    en album avec «
     La garde »…

    Faf Larage : Ça s’est construit au fil du temps. Quand cela a été un peu plus calme pour mon frère avec IAM et de mon côté, on a décidé de faire un album tous les deux pour se faire plaisir.

    Comment a surgi l’idée de cet album, qui est un exercice de style hip-hop où vous réunissez vos univers respectifs d’héroic fantasy et de samouraï ?

    Faf Larage : L’idée est venue assez rapidement. Dès le premier morceau qu’on a fait, on avait déjà cette réflexion en tête. Quand on voit le clip du titre La garde meurt mais ne se rend pas, c’est assez flagrant. De mon côté, ma référence était simple. Avant La garde, le premier maxi solo que j’avais fait chez Kif-Kif s’appelait Stormbringer. C’est une épée d’une saga d’héroïc fantasy [elle apparaît dans Le cycle d’Elric, écrite entre les années 1960 et 80 par l’écrivain anglais Michael Moorcock, Ndlr.]. J’avais déjà ces références très tôt donc, quand on part sur La garde, il y a déjà tout cet univers d’héroïc fantasy qui est présent.

    « La garde meurt mais ne se rend pas » sample un titre écrit par le compositeur italien de musique de films Pino Donaggio (issu du film réalisé en 1980 par Brian de Palma, « Pulsions »)…

    Faf Larage : Pour la petite histoire, cette instru, c’est mon frère qui l’a faite. Un son Shurik’n. On reste dans l’école. J’ai tout de suite validé.

    Dans votre album en commun, vous puisez aussi dans des boucles du trompettiste de jazz Donald Byrd pour « Old man » et celles du maestro soul Roy Ayers pour « Ça m’saoule ». À cette époque, le sample était roi, contrairement à aujourd’hui pour des raisons juridiques et économiques. Pour vous, est-ce que cela a participé à l’appauvrissement de la musicalité du rap ?

    Faf Larage : Bien sûr. C’est logique. Nous-mêmes, on a commencé à le vivre. À l’époque, quand les samples ont commencé à être payants, qu’il y a eu la chasse aux samples – et même si aujourd’hui, avec du recul, je trouve ça complètement normal car on leur prend une musique sans leur demander leur autorisation – on s’est retrouvés avec des producteurs comme Swizz Beatz qui sont arrivés avec les synthétiseurs cordes. Au début des années 2000, on a commencé à voir arriver tout le son Ruff ryders (label où était signé le Mc aboyeur DMX). On se rend alors compte que la musique commence à être plus pauvre qu’au moment des samples. Même pour de gros artistes comme les Jay-Z et autres, ça devient beaucoup plus pauvre en termes de musicalité. Après, on a trouvé notre truc ailleurs, en se situant plus dans l’énergie. Mais la musique en a quand même pris un coup.

    En 2000, dans « La garde », vos paroles comme votre musique donnent un côté cinématographique à l’album. Imhotep disait à « La Marseillaise » il y a plusieurs mois que « le rap a toujours été la bande originale de son époque ». À ce compte, qu’est-ce que le rap actuel dit de notre société selon vous ?

    Faf Larage : Imhotep a raison. Il suffit d’écouter le rap pour replonger dans une époque et en prendre la température. Pourquoi le rap est-il le reflet de ce qu’il se passe dans notre société et d’une certaine jeunesse ? Car c’est la bande originale de notre époque. Les anciens disent souvent que les morceaux d’aujourd’hui ne font que 2 minutes. Bien sûr, mais c’est parce qu’on vit dans un monde de clics. Tout va très vite. Tout ce qu’on fait ne doit pas durer. On n’est pas dans l’idée de prendre le temps. Les morceaux sont à cette image. Même dans les paroles, on n’a plus le temps de s’installer dans un thème. Aujourd’hui, il y a 10 thèmes dans un couplet, encore à l’image de ce qu’il se passe aujourd’hui : dans les infos, le fait de scroller sur les téléphones. Les gens ne s’attardent plus sur un sujet.

    Sur « J’ai pas envie », vous rappiez : « T’as pas envie que des puissants ou des fanatiques déterminent sur des cartes ce qui t’appartient ou pas. » Le rap, c’est la BO d’une époque mais ça peut aussi résonner drôlement à nos oreilles aujourd’hui…

    Faf Larage : Tout à fait. Et malheureusement.

    Dans « Je me dois de représenter », vous attaquiez le morceau en disant : « On va conjurer le sort qu’ils nous réservent (…) on veut entendre si des gens d’en bas réussissent. » 25 ans après, vous vous dites que la mission est réussie ou cela vous laisse plutôt un goût amer en bouche ?

    Faf Larage : Je suis mitigé. Évidemment qu’il y a aujourd’hui des gens qui viennent d’en bas et qui réussissent. Mais on a pris vraiment un modèle américain avec tout le côté de rêve, de se dire qu’on peut partir de quartiers et devenir millionnaires. Et en même temps, il y a toujours ce côté très américain dans le sens où il y a cette possibilité mais ça reste un rêve. C’est le loto. Tout le monde peut jouer et gagner, mais quand on regarde de plus près, on se rend compte que la majorité de ceux qui réussissent ont plus de chances que d’autres et sont avantagés dès le départ. On reste dans une société qui maintient les gens d’en bas toujours en bas. Il y a un plafond de verre. Tu peux grimper, mais uniquement jusqu’à un certain stade. Je parle en termes de masse. On peut s’élever jusqu’à un certain stade, puis c’est fini. Après, ça concerne l’élite et ce n’est plus pour nous.

    Propos recueillis par Philippe Amsellem

    Rimes phocéennes au Fonky festival de Mars

    Comme le rappelait DJ Djel, son chef d’orchestre, au moment du lancement du Fonky festival de Mars il y a trois ans, l’idée est de « promouvoir les artistes de la ville et des alentours pour leur donner l’occasion de défendre leurs projets sur scène, sachant qu’aucun festival de rap mettant en avant les talents marseillais n’existait ». Un juste combat qui en est désormais à sa 3e édition et se tient vendredi 24 et samedi 25 avril, à la Friche Belle de Mai. Parrainée par Soprano, une mouture où sont annoncés des artistes et groupes comme Missan, Carpe Diem, Dilome, Sako, Kyzi, L’Amir’al, Berreta, Maze, Derk16, Sirrine LV, Zbig, Zicler, Toadzzy, Fokca, Benefils, Dj Rebel, Idazerrr, Creestal, Kayla et L’Ami Caccio.

    Programme et billets sur lafriche.org et shotgun.live/fr/festivals/fonky-festival-de-mars-3

  • Bernard Thoron, défenseur du bon sens paysan

    Bernard Thoron, défenseur du bon sens paysan

    Clope à la main, béret vissé sur la tête, Bernard Thoron gratte Glue entre les cornes. « Je l’ai appelée comme ça parce que c’est un pot de colle », plaisante-t-il. Sa chèvre du Rove ne lui laisse aucun répit. Une seconde d’inattention et elle frotte sa tête à sa cuisse, soucieuse de ne pas se faire oublier. Dans son troupeau d’une centaine de bêtes, toutes portent un nom. « Il y a une dizaine de familles, explique-t-il. Il y a la lignée des politiques : la fille de Ségolène s’appellera Royal. Il y a les fleurs, les expressions provençales… » Des sobriquets légers, pour un métier qu’il prend très au sérieux.

    Et pour cause : le monde paysan lui colle à la peau depuis tout gamin. « Mes grands-parents avaient une ferme dans la Drôme, raconte-t-il. C’était trop beau, c’était la vie. Et puis j’ai fait pédiatre, parce que ça aussi c’est la vie. » C’est en 2018, alors que la retraite approche, que Bernard Thoron revient à ses premières amours. « Je suis passé éleveur caprin en pro, et je continuais les consultations à mi-temps à côté, détaille-t-il. Je m’y suis totalement consacré en 2021. »

    Produire, transformer

    et vendre localement

    Sur son terrain à Saint-Julien, le Martégal fait quelques travaux. Il construit une étable, pour nourrir et traire ses chèvres, et une « brousserie », pour transformer le lait en fromage. Sa maison devient la fermette de la Croix d’Estrine. « On a un hectare sur lequel on essaye de tirer quelques choses en maraîchage biologique intensif », résume-t-il. Sa devise : « Produire, transformer et vendre localement. »

    De ses poules, ses chèvres et son potager, il obtient yaourts, crèmes aux œufs, viande de chevreau, terrines et rillettes de cabri, confitures, gelées ou encore marmelades. « On valorise tout. Tout le monde devrait faire ça, ce serait une belle évolution de l’agriculture », affirme-t-il.

    « On », c’est lui, son berger Alexis et son deuxième employé Almonzer. « Les petites exploitations nécessitent beaucoup de main-d’œuvre, confie Bernard Thoron. Malheureusement, la PAC (politique agricole commune) distribue principalement les aides à l’hectare et pas au nombre de travailleurs, ce qui est un problème. » Par chance, le Martégal peut compter sur sa retraite, ce qui lui laisse la liberté de se payer seulement lorsqu’il est à l’équilibre.

    Des gardiens

    de l’environnement

    L’éleveur honnit « l’évolution voulue par ceux qui pensent la souveraineté alimentaire », qu’il considère « déconnectée des réalités du terrain ». « Il va falloir changer cette co-gestion avec la FNSEA, qui sont des financiers. On arrive à une impasse », prévient-il.

    Lui plaide pour une agriculture raisonnée, à taille humaine, locale. Son rêve ? Installer une « ceinture périurbaine de micro-fermes avec du maraîchage » à Martigues, mettre en place un circuit court municipal pour alimenter les crèches, les écoles et les foyers seniors en produits du coin, mais aussi « créer un magasin des producteurs » pour valoriser ces pratiques, vertueuses à bien des égards.

    En ce qui concerne l’élevage des chèvres du Rove, qui partent quotidiennement brouter dans la colline, le « pastoralisme entretient et ouvre les espaces naturels », certifie Bernard Thoron. En d’autres termes, il permet de répondre aux obligations légales de débroussaillement.

    « Le problème, c’est que l’Office national des forêts pense que les caprins sont néfastes à la régénération de la forêt méditerranéenne », poursuit-il. Les chèvres sont par principe interdites dans les forêts soumises au régime forestier. Pourtant, selon l’éleveur, « c’est l’inverse : ça évite d’avoir des repousses de pins tellement serrés qu’ils en deviennent des allumettes ». « La Rove fait un parcours, elle ne reste pas au même endroit, donc elle éclaircit et paysage naturellement. Le pastoralisme est un respect de la ressource, car on en a besoin pour
    nos bêtes
     ! »

    À l’avenir, Bernard Thoron continuera de militer pour faire entendre « le bon sens paysan ». Mais il ne s’inquiète pas : « On a une clientèle de plus en plus intéressée, et beaucoup de producteurs veulent s’y mettre. »

  • Les 72 heures de l’écologie de retour pour la 3e édition

    Les 72 heures de l’écologie de retour pour la 3e édition

    Pas moins de dix lieux totems accueilleront les 72 heures de l’écologie à Aubagne et à Marseille, un événement porté par La Cité des Transitions.

    Cette nouvelle édition rassemble de nombreuses associations, avec la participation des villes de Marseille et d’Aubagne, ainsi que d’acteurs de la Métropole Aix-Marseille‑Provence. L’accès est gratuit et ouvert au grand public.

    L’événement se veut engagé

    « C’est un événement important parce que la filière de tous nos acteurs est particulièrement dynamique et c’est l’occasion d’aller à leur rencontre et de connaître leurs actions », explique Marianne Morini, responsable de la Cité des transitions. L’événement permet également de faire redécouvrir des lieux parfois oubliés des Marseillais, comme le stade nautique Florence-Arthaud, ancienne marina olympique habituellement fermée au public.

    Marianne Morini annonce : « C’est aussi l’occasion de faire changer un peu les regards, parce qu’on fait souvent croire que l’écologie et la solidarité sont des façons un peu austères d’aborder le changement qui est nécessaire, et là on montre que c’est tout l’inverse. »

    Ce rendez-vous annuel est proposé par des organisations engagées avec des associations locales, des structures de l’ESS (l’économie sociale et solidaire), des collectifs et des institutions. Des noms comme les Shifters, Enercoop Paca et Banlieue Santé.

    « Notre association est un réseau d’acteurs engagés dans les transitions écologiques et sociales. Ces mêmes acteurs qui organisent les 72 heures de l’écologie », explique-t-elle.

    Une nouveauté permet aussi d’augmenter l’ampleur de l’événement. En effet, la Cité des transitions s’est associée avec le Jour de la Terre, le 22 avril, qui est aussi une journée primordiale pour les acteurs engagés dans l’écologie, notamment à Marseille. « Entre la thématique et les lieux, c’est obligé de trouver un intérêt, en plus c’est gratuit », insiste Marianne Morini.

    Les 72 heures de l’écologie
    à Marseille et Aubagne,
    du vendredi 24 au dimanche 26
     avril. Programme
    sur citedestransitions.org

  • Finances de la Métropole et Smart City au menu des débats

    Finances de la Métropole et Smart City au menu des débats

    Ce jeudi, Sandrine Zunino, élue aux finances, a présenté un bilan financier 2025 qui « démontre que les efforts fournis dès le début de mandat produisent leurs effets ». Pour 2026, le budget présenté, qui s’élève à 84,646 millions d’euros, a été « construit dans un contexte difficile, une habitude pour nous depuis 2020 (…). Nous avons tenu grâce à une gestion rigoureuse », concluait, en fin de conseil, le maire Hervé Granier. Pas d’augmentation d’impôts non plus, et des « efforts nécessaires » pour « amortir l’inflation ». Sur le budget primitif 2026 du budget principal, « il s’équilibre à 35,875 millions d’euros en section d’investissement et à 48,770 millions d’euros en section de fonctionnement ». De quoi faire réagir, notamment à gauche au sein du groupe mené par Jean-Marc La Piana.

    Les inquiétudes ont notamment porté sur les aides attribuées par la Métropole, en déficit de 123 millions d’euros, et sur la menace de plusieurs maires de ne pas voter le prochain budget (nos éditions des 21 et 22 avril). « ça pourrait avoir des conséquences lourdes pour notre commune. Le Département prévoit aussi de réduire d’un tiers son aide aux communes, ce qui aura un impact sur nos capacités d’investissement. Quels seront les impacts concrets sur les projets d’investissement de notre ville ? », interroge Jimmy Bessaih (DVG). « Nous n’avons pas de dispositif de subvention d’investissement de la Métropole, à part le fond concours, qui permet de prolonger les délais et permettait de disposer de subvention d’investissement pour les projets des communes. Il y a une prolongation de dates pour que l’on puisse finaliser et justifier nos opérations, veut rassurer Sandrine Zunino. Pour le Département, les dossiers sont de plus en plus exigeants (…). Jusqu’à présent, on n’a pas été impactés sur nos dossiers. »

    Un autre sujet épineux s’est invité dans les débats : celui de la Smart City. Lancé en 2021, le projet évalué à près de 40 millions d’euros a été abandonné fin 2022. La résiliation du marché a donné lieu à des contentieux. « Les provisions pour risques sont établies à 143 000 euros. On persiste à penser qu’avec les recours contentieux autour de la Ville, notamment celui de la Smart City, cela nous semble assez bas », estime Marion Robert (DVG).

    Provisions

    « Je retourne la question : à combien la fixez-vous ?, lance Arnaud Mazille, troisième adjoint. En ne se fondant pas sur les demandes folkloriques, faramineuses et infondées qui ont bonne voix dans la presse, mais ne sont en rien justifiées et dépassent le montant initial du marché ? » « Il aurait fallu provisionner au moins un quart du budget. L’entreprise demande 40 millions de dommages et intérêts, il est logique de mettre un quart de ces provisions en place. C’est ce que la Cour des comptes (CRC) demande », insiste Bruno Priouré (RN), document de la CRC brandi à l’appui. À noter que le montant spécifiquement provisionné pour ce contentieux s’élève à 10 000 euros. « Il existe beaucoup de voies de recours, mais il y en a une qu’on n’a pas encore invitée, c’est celle contre la bêtise, sinon, vous passeriez du temps dans les prétoires, rétorque Arnaud Mazille. La provision est évaluée au regard des éléments du dossier, que nous avons à jour, de risques qui sont regardés par les services et conseils de la ville. Déjà trois décisions ont été rendues dans l’intérêt de la commune. »

  • Le Premier ministre veut se tenir « aux côtés » de la Métropole

    Le Premier ministre veut se tenir « aux côtés » de la Métropole

    Deux jours après la décision des maires de la Métropole Aix-Marseille de ne pas voter le prochain budget de l’intercommunalité face aux coupes de l’État, le Premier ministre Sébastien Lecornu était attendu de pied ferme, à Marseille. Interrogé sur cette fronde des élus provençaux, le locataire de Matignon a reconnu en conférence de presse une copie « dure pour les intercommunalités ».

    « Il se trouve que la copie pour les collectivités locales du budget, c’est la copie de la majorité sénatoriale », justifiait-il, en précisant que « le choix politique qui a été fait par les sénateurs, c’est plutôt d’épargner les communes rurales, c’est de faire attention aux Départements ». Cela d’autant plus à proximité des élections sénatoriales, le 27 septembre prochain. Mais le Premier ministre regrette aussi les conséquences des orientations qu’il a fait passer par 49.3 pour des territoires confrontés au défi de la réindustrialisation. Alors il s’engage : « Il est certain que les intercommunalités devront faire l’objet d’une méthode complètement différente pour le budget de l’année prochaine, ou alors on viendrait abîmer des territoires où il y a des projets économiques. » Un engagement plus facile à prendre qu’à tenir, au vu de l’absence de majorité à l’Assemblée et des aléas qu’ont connu les précédents projets de loi de finances.

    Rien ne change pour l’instant

    Surtout, cette promesse ne change rien pour le budget qui sera présenté mardi prochain à l’hémicycle métropolitain. « Nous n’allons abandonner personne », avance Sébastien Lecornu. « Il ne faut pas empêcher le début du mandat à la Métropole, et donc, l’État va se tenir aux côtés des élus, mais avec un chemin de vérité sans démagogie, sans posture, sans promesses aussi qu’on ne peut pas tenir », poursuit le Premier ministre. Tandis que patronat comme maires lui demandaient de revenir sur les coupes budgétaires, il se défend : « Pour l’impôt, comme pour ces sommes d’argent qui sont importantes, il faut une loi de finances. » Et face au président de la Métropole, assis derrière les journalistes, le résident de Matignon assène que « les bons gestionnaires font des économies ». En invitant à piocher dans le fonds de roulement de la Métropole, sur lequel il veut « demander de la transparence » alors même que, du côté de l’intercommunalité, on glisse que l’État a reconnu une erreur d’analyse sur le sujet face à des réserves inexistantes.

    « Il soulève un point technique qui ne réglera pas le problème », balaie donc le président (LR) de la Métropole, Nicolas Isnard. Qui pour autant tente de voir le verre à moitié plein dans la réponse faite par l’État et veut y voir « un début de solution ». « Nous avançons, nous pouvons être satisfaits d’avoir un Premier ministre qui comprend les difficultés, partage l’édile salonais. Dans la prochaine loi de finances, il faudra reconnaître le traitement infligé aux intercommunalités parce que dans la situation d’aujourd’hui nous ne pouvons pas porter de projets. »

    « Mais dans l’immédiateté, les problèmes sont toujours sur la table », reconnaît aussi Nicolas Isnard, même s’il comprend que le Premier ministre « n’a pas de baguette magique ». Alors malgré les rencontres et l’attention portée par l’État sur la Métropole, il persiste et signe : l’hémicycle métropolitain ne votera aucun budget, ni aucun taux d’imposition cette année. « J’ai été élu président avec un mandat sacré, protéger les communes et les deux millions d’habitants de ce territoire, insiste-t-il. Si la seule solution qui nous est donnée est d’assommer les contribuables, on ne le fera pas, ce ne sera pas nous. Je protégerai jusqu’au bout mes contribuables et mes communes, on ne touchera pas les attributions de compensations [l’argent reversé par la Métropole aux communes en héritage de la taxe professionnelle, Ndlr.] ni la fiscalité sur les ménages. » Une responsabilité dont il laisse l’État se charger, face aux 123 millions d’euros qui manquent pour boucler le budget. « C’est celui qui est à l’origine de cette déflagration qui assumera les conséquences, on ne peut pas assumer les décisions qui ne sont pas les nôtres », proteste le maire de Salon-de-Provence en insistant sur les 120 millions de coupes budgétaires de l’État en deux ans.

    « Moi en l’état, je ne voterai pas un budget tel qu’il a été construit », abonde le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan, qui rappelle qu’il ne l’avait pas non plus voté les années précédentes. Face à une Métropole « fiscalement injuste », il appelle de ses vœux un nouveau pacte financier et fiscal entre les communes. « On vit dans une ligne où on a deux lignes de métro alors qu’on fait deux fois et demi Paris et cinq fois Lyon, ce n’est pas parce qu’on l’a décidé, l’argent y est, mais il sert à faire autre chose », proteste-t-il. Au risque de laisser la chambre régionale des comptes faire table rase pour reconstruire par-dessus.

  • L’élite mondiale retrouve les eaux aixoises avec plaisir

    L’élite mondiale retrouve les eaux aixoises avec plaisir

    Après une étape en Italie, la Coupe du monde de nage avec palmes revient à Aix-en-Provence pour la troisième fois.

    « Les conditions sont excellentes. Le club est dynamique avec des bénévoles actifs et un site fonctionnel. Pour la Fédération et le Comité mondial, c’est primordial », justifie Antoine Fauveau, président de la commission nage avec palmes de la Fédération française d’études et de sports sous-marins (FFESSM).

    Le bassin de la piscine Yves Blanc va accueillir l’élite mondiale de la nage avec palmes, discipline spectaculaire, combinant puissance et technique et permettant aux athlètes d’atteindre des vitesses impressionnantes grâce à leurs palmes.

    Quatre types de compétition sont au programme des 500 nageurs qui ont effectué le déplacement. Monopalme, bipalme, nage en surface ou en immersion, en apnée ou avec bouteilles. « Les catégories débutent avec des épreuves de sprint, sur 50 mètres, jusqu’au demi-fond avec 1 500 mètres », détaille Antoine Fauveau.

    Les nageurs présents à Aix-en-Provence vont représenter 86 clubs et 20 pays. « Il y a des Colombiens, des Africains et une forte délégation de nations européennes », détaille le dirigeant national. Face à cette concurrence, « dans ce qui est une étape clé de la saison » poursuit-il, « les nageurs Français ont une carte intéressante à jouer ».

    Plusieurs locaux sont

    à suivre

    Cette manche de la Coupe du monde fait suite à celle de Lignano. En Italie, l’Aixois Anthelme Robisson a récolté deux médailles d’or lors de la première manche. Tandis que la Ciotadenne Camille Julien est revenue avec une médaille d’argent dans sa catégorie.

    Ces deux Provençaux auront donc à cœur de poursuivre leur belle série. Et d’autres locaux seront à surveiller. À l’image de la championne d’Europe du 100 mètres en immersion Maïwenn Hamon. L’Aixoise sera dans son bassin fétiche et tentera de transformer l’essai. Elle sera en quelque sorte la locomotive de ses coéquipiers, Kallisté Fourton-Bellini et Colas Zugmeyer. À suivre également, la prestation du Ciotaden Antonin Lebeau.

    « Les Français auront l’étiquette de favoris, car les meilleurs sont au rendez-vous d’Aix-en-Provence », note Antoine Fauveau. La délégation tricolore qui compte utiliser cette manche de la Coupe du monde pour lancer la course aux qualifications des championnats du monde, en Corée du Sud.

    « Nos Français auront une belle opposition, car les meilleurs Allemands et Colombiens sont là. Ce sont deux nations phares de la nage avec palmes », insiste Antoine Fauveau. « Il y a aussi d’importantes délégations italienne et espagnole qui peuvent aussi créer la surprise. »

    Pour Frédéric di Meglio, président de la FFESSM. « Accueillir cette compétition répond à notre volonté de mise en avant de notre fédération, de sa diversité et sa capacité de contribuer au rayonnement de la France en organisant des événements d’envergure. Cette troisième édition organisée à Aix-en-Provence témoigne de cette volonté d’asseoir notre influence mondiale. »

    « Avec l’aide de toute l’équipe organisatrice fidèle et de la FFESSM nous espérons que cette manche de Coupe du monde sera encore plus belle que les précédentes et servira les objectifs de nos nageurs vers les échéances internationales », confie Colomba Fourton-Bellini, président du PAN.

  • Marseille reste en première ligne face à l’urgence sociale de la crise du logement

    Marseille reste en première ligne face à l’urgence sociale de la crise du logement

    Huit ans après le drame de la rue d’Aubagne, la question du logement reste brûlante dans une ville touchée comme le reste du pays par la crise de la construction. Avec ici un gros enjeu : répondre à l’urgence sociale. Si la Métropole détient la compétence logement, la municipalité de gauche, l’origine des États généraux du logement en 2022, a activé plusieurs leviers depuis 2020.

    Objectif de 4 500 logements par an

    En matière de lutte contre l’habitat indigne, elle agit d’abord avec le pouvoir de police du maire. Plus de 3 300 signalements de logements potentiellement dangereux ont été traités par la Ville en 2024 pour un total 254 arrêtés de mise en sécurité, 220 arrêtés de mainlevée, 45 arrêtés d’insalubrité et 900 mises en demeure pour non-respect du règlement sanitaire, conduisant à la mise en conformité de 700 logements.

    Pour garantir la sécurité des habitants, Marseille recourt aussi aux travaux d’office lorsque les propriétaires défaillants n’agissent pas. En 2024, 102 procédures ont été engagées, pour un investissement de 3,9 millions d’euros. Depuis 2025, la baisse de ces procédures témoigne, selon la Ville, d’un effet dissuasif auprès des copropriétaires et bailleurs concernés.

    La lutte contre les marchands de sommeil constitue un autre pilier de l’action municipale. 194 propriétaires ont été signalés au procureur de la République et la Ville s’est constituée partie civile dans 14 affaires. Depuis 2020, 29 marchands de sommeil ont été condamnés.

    La transformation de l’habitat passe aussi par une rénovation urbaine de grande ampleur. À Marseille le programme est doté de 2,5 milliards d’euros, dont 650 millions de subventions Anru. Il concerne 14 quartiers NPNRU et 41 quartiers prioritaires, avec 3 450 logements à réhabiliter, 3 600 logements reconstruits pour compenser 3 000 démolitions. Parallèlement, plus de 32 millions d’euros de travaux urgents ont été engagés depuis 2023 sur des copropriétés dégradées. Fin 2025, les décrets déclarant d’intérêt national des opérations de requalification des copropriétés du Mail, des Rosiers, de la Maurelette et de Consolat, ont enfin été signés. Ils étaient attendus depuis 2022.

    Sur le volet de la production, la Ville s’est engagée à atteindre 4 500 logements par an. En 2024, 3 340 logements ont été autorisés, et 1 315 logements sociaux ont été agréés.

    Enfin, afin de contenir la tension locative, la Ville a renforcé la régulation des meublés touristiques. En 2024, 80% des 800 demandes de changement d’usage ont été refusées et 130 boîtes à clés illégales, retirées de l’espace public. En février, deux propriétaires à plus de 255 000 euros d’amendes pour des locations illégales. En parallèle, l’encadrement des loyers, en attente de validation ministérielle, constitue l’un des leviers majeurs envisagés pour préserver l’accès au logement des Marseillais.

  • Nina Perret comme à la maison à Plan-de-Cuques

    Nina Perret comme à la maison à Plan-de-Cuques

    Une recrue ambitieuse, qui arrangeait toutes les parties concernées. Il y a un an jour pour jour, le HBPC et Dijon annonçaient le prêt de la jeune arrière gauche Nina Perret. Une saison dans les Bouches-du-Rhône était prévue pour l’espoir française. Mais récemment, les deux clubs se sont mis d’accord pour que la joueuse née en 2004 poursuive sa carrière à Plan-de-Cuques.

    Une décision en adéquation avec les ambitions du HBPC et parce que l’arrière formée à la JDA Dijon est épanouie au club. « J’ai été super bien accueillie au club, on était beaucoup de filles à arriver cette année dans l’équipe, donc c’est vrai que ça m’a permis de prendre mes marques petit à petit dans le groupe. C’est la première fois que je changeais de club, mais ça s’est bien passé. »

    Surtout que Nina Perret a rapidement eu des responsabilités en match, la confiance de l’entraîneur Angélique Spincer étant rapidement arrivée. Une confiance qui lui a permis de poursuivre son développement. « J’ai de plus en plus de temps de jeu dans l’équipe et même individuellement, on travaille aussi, avec Angélique et Christophe [Medjber, coach adjoint] à l’entraînement et ça me permet vraiment de progresser techniquement », appuie l’arrière gauche.

    Une expérience internationale

    Du haut de ses 21 ans, la Bourguignonne a pourtant une certaine expérience du haut niveau. En club, bien sûr, où elle a eu l’opportunité de jouer la Coupe d’Europe avec Dijon, mais aussi en sélection nationale. Passée par les équipes de France jeunes, elle a même été championne du monde U20 en 2024 avec les sœurs jumelles Borg ou encore d’autres Dijonnaises comme Lilou Pintat et Nina Dury. « J’ai eu la chance de faire les équipes de France jeunes et c’est vrai que c’est un autre contexte que le club, on peut se regrouper avec d’autres filles, d’autres entraîneurs et dans un cadre international, donc ça aussi ça m’avait permis d’avoir de l’expérience et de connaître un peu autre chose », dit-elle simplement.

    Sur le terrain, son apport est non négligeable, avec un contre un explosif et sa relation privilégiée avec Nele Antonissen, buteuse hors pair. Ses qualités pourront apporter à son équipe, dans ce choc du vendredi soir contre Nice. Un match important pour la suite d’une saison déjà prometteuse. « Mine de rien, Nice est devant nous au classement et c’est l’occasion de prendre des points. On est encore dans l’objectif de faire mieux que la saison dernière où on avait fini 7e. »

    21e journée de Ligue Butagaz Energie

    Gymnase des Ambrosis (20h)

    Plan-de-Cuques : Novellan, Schüpbach – Martel, Loquay, Berrais, Kromoska, Naal, Antonissen, L.Dembélé, A.Dembélé, Perret, Mathon

    Nice : Colic, Errin – Abdelmalek, Ahlen, Benezeth, Dupuis, Fall, Le Blevec, Pontoppidan, Rouly, Sajka, Sy, Semedo Monteiro