Tag: Bouches-du-Rhône

  • « La vraie arnaque, c’est la facture des usagers »

    « La vraie arnaque, c’est la facture des usagers »

    La Marseillaise : Pourquoi menez-vous cette grève reconductible ?

    Nicolas Davan : On se mobilise pour des revendications multiples. La première porte sur les factures des usagers pour laquelle on demande une TVA à 5,5%, comme les produits de première nécessité, contre 20% aujourd’hui. Elle était déjà à 20% sur les kilowatts d’énergie et elle est passée à 20% aussi pour les abonnements, cet été. On considère que l’énergie c’est un bien de première nécessité, donc cette TVA est anormale. La seconde porte sur notre grille des salaires. Nos employeurs ne respectent pas la loi car le minima de notre grille est à 9% en dessous du Smic. On demande donc que le bas de notre grille soit au Smic, avec tout ce que ça implique sur la suite de la carrière.

    Être payé en dessous du Smic est illégal, comment est-ce possible pour votre grille ?

    N.D : Une grille est échelonnée sur l’intégralité de la carrière. Quand un travailleur rentre dans les IEG, il a son salaire de base, le Smic, puis une évolution au fur et à mesure des années. Aujourd’hui, les salariés sont embauchés au Smic mais les premiers niveaux de notre grille n’amènent plus d’évolution salariale. Au lieu de prendre 3% d’augmentation, les trois premières années, le salarié n’aura rien. Pareil pour les trois années suivantes… À la fin, le salarié perd 9%… Dans un pays qui est le 3e où il y a le plus de millionnaires, 6e puissance mondiale… En toute logique, un travailleur devrait vivre bien et améliorer son niveau de vie progressivement. C’est vrai pour les agents des IEG mais aussi pour beaucoup d’autres professions. Il faut avoir en tête que les travailleurs de notre secteur ont été pionniers. Nous avons inventé le Smic avant le Smic, qu’on appelait le salaire national de base. Avant l’invention de notre système de retraite, nous avions un régime au sein des IEG. Tout cela avait servi de modèle. Maintenant, on sert de modèle mais dans le sens inverse.

    C’est d’autant plus incompréhensible dans un secteur qui fait globalement des bénéfices ?

    N.D. : Prenons l’exemple d’Enedis, là où travaillent les agents qui dépannent les réseaux de nuit comme de jour. Les dividendes versés aux actionnaires l’an dernier représentent 30 000 euros par agent. C’est fabuleux ! Les agents auront plus travaillé pour les actionnaires que pour eux-mêmes. Encore mieux : Prenons Elengy. Si l’on fait le ratio entre les salariés au statut des IEG et les dividendes dans l’entreprise, on arrive à 3 millions d’euros par agent. D’où notre raisonnement : Que ce soit pour baisser les factures, pour augmenter nos salaires, on sait où se trouve l’argent.

    Vous posez donc la question de la redistribution des richesses…

    N.D : Tout à fait. Et la vraie arnaque, c’est la facture des clients. Si les actionnaires se gavent autant, c’est aussi et surtout parce que les factures sont ultra-chères. Et sur le sujet, il suffit d’une loi pour les baisser. 100 euros de facture pour le gaz, c’est 10 euros pour les salaires et 40 pour les actionnaires !

    Et vous allez suivre le mouvement du 10 septembre ?

    N.D : Sur le fond, nous partageons les revendications exprimées. Nous dénonçons les mêmes mécanismes. Ce sont les mêmes personnes qui arnaquent les factures de nos clients et nos salaires, ce sont les mêmes qui veulent récupérer les deux jours fériés, qui veulent taper dans les cotisations… Donc la convergence avec le 10 nous va à merveille.

  • « Je m’engage pour un parc naturel des étangs »

    « Je m’engage pour un parc naturel des étangs »

    La Marseillaise : Qu’est-ce qui motive votre investissement dans les municipales ?

    Jean-Louis Sanial : Le collectif Sauvons nos étangs que je préside depuis deux ans a permis de faire reculer le projet HyVence de Géosel, qui consistait en la couverture sur cinq cents hectares de panneaux solaires flottants sur les étangs de Lavalduc et d’Engrenier. Ce qui équivaut presque à la surface habitée de la ville. Une usine d’hydrogène devait prendre place entre les étangs et une ligne électrique haute tension (souterraine, Ndlr) devait être tirée jusqu’à la zone industrialo-portuaire. Ce projet a provoqué un fort mécontentement dans la population face à cette nouvelle usine Seveso sur un terrain inondable, aux grands besoins d’eau douce, sans parler des dégradations paysagères et de la biodiversité. Le projet a été retiré suite à la mobilisation, mais maintenant, il faut passer à une nouvelle étape dans la défense de ce site naturel.

    En vous présentant d’emblée comme futur maire ?

    J.L.S. : Non, même si je l’ai déjà fait par le passé, lorsque j’étais dans la liste citoyenne du Front de gauche en 2014. Aujourd’hui, je suis engagé comme citoyen dans un collectif transpartisan, qui donne la parole à tous et dont les soutiens vont de LFI au RN. Mon but est avant tout de mettre en œuvre le projet de parc naturel des étangs de Fos-sur-Mer que nous avons développé avec le collectif, qui a été présenté aux élus et institutions de la région ainsi que lors du débat public Fos-Berre. Alors, je précise que nous sommes favorables au développement économique de la zone ainsi qu’aux projets industriels au sein de la zone industrialo-portuaire. Nous ne sommes pas contre l’industrie, mais nous voulons laisser libre accès à la population à cette zone humide, ce poumon vert de biodiversité, car nous avons déjà assez donné.

    Vous ne vous présentez pas comme tête de liste alors ?

    J.L.S. : Mon objectif est d’accéder à un statut d’élu dans une équipe qui me confie la mise en œuvre de ce projet de parc naturel. J’ai intégré Génération écologie car je n’étais membre d’aucun parti jusqu’à présent, et dont je partage un certain nombre de valeurs dont l’approche transpartisane. Par contre je réfléchis à mon implication, mais je ne serai pas tête de liste. J’intégrerai l’équipe qui aura le plus d’affinités avec le projet de parc naturel. Je crois que la problématique environnementale va être au cœur de la campagne, alors que 20% des émissions de carbone du pays se font à Fos.

  • Les Bosses de Provence fêtent leur trentième anniversaire

    Les Bosses de Provence fêtent leur trentième anniversaire

    Incontournable pour les passionnés du deux-roues, les Bosses de Provence approchent à grand pas. Le coup d’envoi de la mythique manifestation organisée par le Vélo Club de la Pomme sera donné le week-end des 13 et 14 septembre au campus de Luminy.

    Jusqu’ici, la recette ne change pas d’un pouce. Mais pour célébrer le 30e anniversaire des Bosses, le club phare du 10e arrondissement de Marseille, reconnu de nos jours dans l’Hexagone pour sa qualité de formation des jeunes, a souhaité marquer le coup en glissant quelques nouveautés.

    Si quatre courses étaient au programme l’année passée, il y en aura désormais plus que trois comme l’a détaillé le président des Pommiers, Patrick Sorin : le 50 km, mis en place il y a deux ans, « a rencontré son public et reste maintenu », le 93 km, le parcours historique qui « recueille le plus d’inscriptions et d’adhésions » avec plus de 900 participants pour l’heure, et le 150 km, le petit nouveau, qui fait la jonction entre les deux anciens longs parcours qu’étaient le 130 km et le 164 km, avec une montée inédite de la Sainte-Baume par Mazaugues.

    Une centaine de places encore disponibles

    « On s’est rendu compte que beaucoup de cyclistes éprouvaient des difficultés à démarrer avec la Gineste et se retrouvaient un peu seul sur le parcours. […] Ça va nous permettre dans le même temps d’avoir une plus grande densité de participants avec des paquets. Ce sera plus positif sportivement parlant », se justifie le président Sorin. Ce dernier, conscient que la formule cyclosportive est la plus plébiscitée, n’oublie pas d’évoquer que les 50 km et les 93 km, dont les parcours restent inchangés, peuvent être réalisées avec la formule randonnée, qui n’est pas du tout axée sur la performance.

    D’habitude organisées lors de la journée du samedi, les randonnées partiront pour la première fois le dimanche afin de permettre aux participants de « bénéficier de l’ambiance, de la dynamique des épreuves, des ravitos et surtout de la sécurisation du parcours ». « On s’aperçoit que ça plaît beaucoup, parce que l’on a doublé le nombre d’inscriptions sur les randos », se réjouit Patrick Sorin, qui a décidé avec ses équipes de limiter la participation générale à 2 000 coureurs. « On est très soucieux de la qualité de nos prestations, et après avoir bien débriefé nos deux dernières éditions, on s’est dit qu’il était raisonnable de se fixer un objectif maximum », poursuit le dirigeant du VC La Pomme. Pour l’heure, près de 1 900 ont déjà leur dossard pour le week-end fatidique.

    Inscriptions via le site bossesdeprovence.com

  • PLAN-DE-CUQUES 33 (14)

    PLAN-DE-CUQUES 33 (14)

    Après une préparation aux résultats mitigés et un premier tour de Coupe de France maîtrisé face à Nîmes, les Guerrières ont débuté leur saison en championnat par une victoire, mercredi soir à domicile, face aux pensionnaires de Besançon (33-24). Un adversaire du calibre européen qu’elles n’ont pas réussi à dompter la saison passée, aussi bien sur la phase aller que sur la phase retour. Mais grâce à une défense progressivement appliquée et un collectif bien rodé, avec des automatismes déjà présents, les protégées d’Angélique Spincer ont rapidement pris les devants. Offensivement, elles ont pu compter sur un trio Antonissen-Mathon-Dembelé qui a cumulé 19 buts dans cette partie. Portées par les 14 arrêts de leur brillante gardienne Andréa Novellan, les Plan-de-Cuquoises ont donné un coup d’accélérateur en début de deuxième période, où elles ont creusé jusqu’à cinq points d’écart au tableau d’affichage, et ainsi se diriger vers leur premier succès. « Je ne suis pas surprise de ce qu’on est capable de faire, mais je ne m’attendais pas forcément à ce qu’on domine autant le match », souligne Spincer, consciente que cette prestation aboutie est très encourageante pour la suite de la saison.

    1ère journée – Ligue Butagaz Energie

    Au gymnase des Ambrosis, à Plan-de-Cuques (300 spectateurs)

    Arbitres : MM. Bolla et Artes

    PLAN-DE-CUQUES : Novellan, Schupbach – Martel, Loquay, Berrais, Puleri, Kromoska, Antonissen, Dembele, Naal, Perret, Elisme, Mathon.

    Entraîneur : Angélique Spincer

    BESANÇON : Bonnet, Lerstad – Robert, Frecon, Bellonnet, Mairot, Mladenovska, Mumbongo, Di Rocco, Zazaï, Kingue, Bellec, Mandret, Mlamali.

    Entraîneur : Jérôme Delarue

  • Bruno Retailleau rend hommage aux policiers et pousse son agenda

    Bruno Retailleau rend hommage aux policiers et pousse son agenda

    Il n’aura fallu que trois heures après l’intervention des policiers à Belsunce pour que le ministre de l’Intérieur n’atterrisse sur le tarmac de Marignane. Ce mardi soir, Bruno Retailleau s’est immédiatement rendu à l’Évêché pour aller à la rencontre des forces de sécurité, les remercier après leur rapide intervention pour abattre l’assaillant qui a blessé cinq personnes dans le centre-ville de Marseille dans le milieu de l’après-midi. Rhabillant prestement la tenue de premier flic de France, après avoir été pris par les dissensions internes des Républicains sur le choix d’accorder leur confiance au gouvernement Bayrou le 8 septembre.

    Accueilli par le procureur Nicolas Bessone, le préfet Georges-François Leclerc, le maire (DVG) de Marseille Benoît Payan, la présidente (DVD) de la Métropole Martine Vassal et le vice-président (LR) de la Région Ludovic Perney, le résident de la place Beauvau est rapidement allé à la rencontre des forces de l’ordre et des marins-pompiers impliqués, les saluant un par un. « Vous savez mieux que moi le déroulement des faits, reconnaissait-il, dans les étages de l’hôtel de police de Marseille. S’il n’y avait pas eu une patrouille de la police aux frontières, le meurtrier poursuivait son parcours et il y aurait eu d’autres victimes. »

    Ligne ultra-droitière

    Après une pensée aux victimes et pour leurs proches, il a donc assuré les présents de ses remerciements, « au nom de la Nation ». « Ici à Marseille comme dans beaucoup d’autres endroits en France, votre rôle est difficile, pas toujours reconnu, certains même le contestent », pointait-il. Rendant hommage aux idéaux qui les ont poussés à s’engager, « même si parfois la flamme vacille sous les bourrasques de la bureaucratie et de la technocratie qui entrave votre travail ». Et de défendre face aux forces présentes : « Il n’y a pas de société qui puisse tenir debout uniquement avec des ayants droit, avec des individus réclamant toujours plus de droits. » Face à la presse dans la cour de l’Évêché, il ne met pas longtemps avant d’indiquer que l’agresseur abattu en fin d’après-midi, né en Tunisie en 1990, était déjà connu des forces de police : « Le préfet de l’Hérault avait saisi l’autorité judiciaire pour un certain nombre d’agissements, il avait proféré des insultes antisémites devant la mosquée de Sète. » Au premier rang devant lui parmi les journalistes, les militants du média identitaire Frontières lui demandent pourquoi l’auteur de ces agressions n’avait pas été expulsé. « La loi de 2024 permet de retirer un titre de séjour lorsqu’une condamnation est définitive, nous sommes dans un État de droit », leur répond le ministre de l’Intérieur. Qui face aux questions doit même rappeler que le parquet national antiterroriste ne s’est pas saisi de l’affaire, qu’il n’y a aucun motif de radicalisation. « Le mobile semble être un motif d’ordre privé », pointe Bruno Retailleau. Qui n’en profite pas moins pour rappeler que si la patrouille était présente à ce moment, c’est parce que consigne a été donnée par la préfecture de police de renforcer les actions face aux personnes sans titre de séjour régulier. « Les désordres migratoires finissent toujours par déboucher sur d’autres désordres, nos peuples souhaitent que nous reprenions le contrôle », lâche-t-il. Loin, très loin de l’hommage républicain aux forces de l’ordre.

  • L’avenir de la centrale de Martigues aussi en question

    L’avenir de la centrale de Martigues aussi en question

    C’est un mouvement de grève reconductible national qui donne le coup d’envoi de la rentrée sociale. À la centrale de Martigues-Ponteau, comme dans les sites d’Enedis ou des entreprises gazières, la fédération CGT des mines et énergies (FNME) a appelé à cesser le travail ce mardi, et dès la veille au soir en ce qui concerne les équipes de trois-huit. Devant l’entrée de la Centrale combinée gaz (CCG) d’EDF, les syndicalistes CGT de la centrale se mobilisent pour deux raisons majeures.

    « On demande une revalorisation à hauteur de 9% de la grille salariale et des indemnités d’astreinte », revendique Sébastien Koch, secrétaire général du syndicat CGT de la centrale de Martigues. Et pour cause, « plus personne n’est embauché aux 3 premiers échelons de notre grille car ils se situent en dessous du Smic. Le but pour nous est de remonter l’ensemble de cette grille, et pas seulement les trois premiers échelons, ce qui n’a pas été fait depuis des décennies », argumente le syndicaliste.

    Plus encore, « on réclame les 13e et 14e échelons d’ancienneté. Car si on rallonge la durée de travail, l’ancienneté ne suit pas cette évolution », abonde Sébastien Koch, qui rappelle que « dans les industries énergétiques et gazières, on a normalement 33% d’augmentation de salaire entre l’entrée et la sortie de l’entreprise, pour les carrières complètes ». Ce qui n’est plus le cas, selon le représentant syndical.

    Outre le salaire, les énergéticiens de la CGT proposent également de baisser les factures des usagers, principalement du grand public, par le retour de la TVA de 20 à 5,5%. Une variable d’ajustement pour les deux enjeux, donc.

    Une fonction stratégique

    La double particularité de la Centrale combinée gaz (CCG) de Martigues est à la fois d’être la seule dans la région appartenant à EDF, sur les trois dont dispose le groupe en France, mais également d’être historiquement liée au territoire industriel qui l’entoure. Les deux turbines au gaz naturel alimentent des générateurs pour une puissance cumulée de 930 mégawatts (MW) par heure, raccordée au niveau national et équivalente à l’un des quatre réacteurs nucléaires du Tricastin. Ces deux unités mises en service en 2012 remplacent les anciennes chaudières au fioul arrêtées en 2008. Cette centrale remplit « une fonction stratégique » pour EDF, répondant « à des besoins spécifiques de la région Paca lors de contextes de forte consommation ». De plus, le combiné gaz « produit rapidement de l’électricité en complément de l’énergie renouvelable », intermittente.

    Mais à l’heure des projets industriels décarbonés de Fos-Berre, dont la consommation électrique est évaluée à 3410 MW en 2035 selon une analyse de l’État, le secrétaire du syndicat CGT de la centrale de Martigues s’interroge. « On n’a jamais parlé de nos centrales dans le projet Fos-Berre » affirme-t-il. « Il y a besoin de la ligne très haute tension à 400 000 Volts pour alimenter la zone, mais il ne faut pas oublier les modes de productions locaux », fait-il observer. À ce titre, EDF assure que « ce site conserve sa raison d’être », mais ne « s’inscrit pas forcément dans une stratégie bien définie » au-delà de 2035. D’où l’inquiétude de Sébastien Koch pour « l’après 2035, où nous n’avons pas de réponses ».

    Au local, la lutte porte bien au-delà des enjeux nationaux. Mardi soir, la CGT fait état de plus de 200 piquets de grève et de l’absence de réponse des entreprises au mouvement social.

  • Bruno Genzana se lance dans la campagne

    Bruno Genzana se lance dans la campagne

    À six mois des élections, Bruno Genzana entre dans la campagne des élections municipales 2026 avec cette mesure et ce bon sens républicain qui caractérisent son parcours depuis des décennies. « On connaît désormais les règles du jeu qui, depuis 1983, faisaient que pour élire le conseil municipal, il fallait gagner un certain nombre de secteurs. ça a changé et j’y étais favorable, même si je regrette que la loi n’ait pas porté une réflexion plus profonde sur la répartition des compétences », apprécie le chef de file Les Centristes des Bouches-du-Rhône.

    Derrière Martine Vassal

    L’ancien conseiller départemental défend sans surprise une liste d’union entre le centre et la droite républicaine. Comme l’indique son courrier adressé aux habitants de la deuxième ville de France pour expliquer sa démarche, il se range derrière Martine Vassal, présidente (DVD) de la Métropole et du Département, dont il est membre du cabinet.

    « Je trouve qu’elle a acquis une notoriété que personne d’autre n’a. Comme Renaud Muselier (Ren.) a clairement dit qu’il n’était pas candidat, on se tourne tous vers elle », justifie celui qui est membre aussi de la majorité de droite au conseil régional. « à la fois en termes d’autorité, d’efficacité de gestion et de vision pour ce territoire, j’espère très sérieusement qu’elle sera notre cheffe de file. »

    La démarche qu’il engage à travers des consultations citoyennes de terrain, des carrefours-rencontres et un questionnaire en ligne se veut « modeste » et « sincère ». L’objectif : contribuer à l’élaboration d’une vision collective plus large pour la droite. « Une vision claire », reprend Bruno Genzana. « Pour cela, quoi de mieux que de donner la parole aux Marseillais ? Dans mon réseau, pour que les gens qui ont ou ont eu une activité liée au centre puissent s’exprimer, mais plus largement en allant rencontrer les habitants. »

    La démarche se veut à la fois pragmatique et ouverte : « J’ai une responsabilité : faire entendre la voix de celles et ceux qui attendent des propositions innovantes et réalistes. » Pour cela, Bruno Genzana mise donc sur la proximité, les rencontres de terrain et un questionnaire volontairement simple reprenant plusieurs thématiques sur la sécurité, l’économie, le centre-ville… « C’est une porte d’entrée… On commence par là et puis un dialogue peut s’engager. »

    Il vise « la liste de la mairie centrale »

    Candidat en 2014 à Aix puis en 2020 à Plan-de-Cuques, l’homme se sent désormais « 100% Marseillais » et se présentera à Marseille. Dans les 6-8 où il habite ? « On me demande souvent où ? L’élection par secteur va être importante dans cette bataille, mais il faut que nous raisonnions en liste municipale. Une liste d’union où il y aura des gens de tous les quartiers et toutes les sensibilités, répond le centriste. Donc je souhaite être candidat sur la liste de la mairie centrale, ce qui m’intéresse, c’est la vision globale de Marseille. »

    Mais le discours très à droite de certains élus Les Républicains, marchant dans les pas de l’extrême droite, ne l’effraie pas : « Je suis un vrai républicain, ceux qui ont suivi ma vie politique n’ont aucun doute là-dessus. Mais je préfère, dans une démocratie moderne, qu’une droite assume des valeurs qui ne sont pas 100% les miennes, sur des thématiques qui leur sont propres, plutôt que de laisser le champ libre à l’extrême droite. »

  • « Je ne pensais pas que les Bosses allaient autant marquer notre club »

    « Je ne pensais pas que les Bosses allaient autant marquer notre club »

    La Marseillaise : Vous avez créé les Bosses de Provence en 1994. Qu’est-ce qui vous a poussé à vous lancer dans cette aventure ?

    Jean-Pierre Carminati : L’idée est venue, à l’époque, de l’un de nos adhérents, qui était déjà adepte des cyclo-sportives. Ce n’était pas du tout dans l’air du temps au début des années 1990, il y en avait seulement quelques-unes. Il allait en faire à droite, à gauche et il nous a dit « pourquoi on n’en ferait pas une à Marseille ? ». On a réfléchi et on est parti comme ça, bille en tête.

    Vous auriez imaginé au moment de lancer cette course qu’elle allait exister encore trente ans plus tard ?

    J.-P.C. : Je ne pensais pas que les Bosses allaient autant marquer notre club. D’autant plus, qu’à l’époque, le club n’était pas ce qu’il est actuellement. Il n’avait pas l’envergure qu’il a aujourd’hui. Quand on a voulu se lancer, on a regardé budgétairement comme ça pouvait se profiler. Le copain, qui était à l’origine de l’idée, était optimiste et pensait que 500 personnes allaient se présenter. En réalité, on en a eu 210 seulement. On a mangé de l’argent. D’ailleurs, on en avait conscience une semaine avant, mais on avait déjà investi. Et si l’on arrêtait, on perdait autant que notre investissement, alors on s’est dit qu’on allait quand même le faire pour ne pas se déjuger. Il se trouve que ça a été financièrement un fiasco, mais on a eu un énorme succès d’estime. Tous les concurrents étaient ravis d’y avoir participé. Ça nous a fait plaisir, mais ça ne nous a pas empêchés de perdre 20 000 francs. Heureusement que le conseiller général de l’époque nous a aidés en nous donnant 150 000 francs, à condition que l’on baptise les Bosses du 13 au lieu des Bosses marseillaises. J’ai cru que j’allais tomber de ma chaise.

    Quel est votre plus beau souvenir tout au long de ces 29 éditions ?

    J.-P.C. : Je retiens les premiers départs que l’on faisait dans la foire de Marseille. On faisait le rassemblement des coureurs et le départ de la course sur le boulevard Michelet, comme nos amis de Marseille-Cassis. Et de voir partir cette foule qui remontait tout le boulevard, avec toutes ces couleurs bariolées, ça faisait un ruban magnifique. J’ai gardé toutes les photos chez moi. C’est quelque chose d’assez fort. À chaque fois que je donne le départ, ce dont je vais essayer de faire pour la 30e fois cette année, je réalise tout ce que l’on a fait. C’est l’aboutissement d’un travail colossal pour lequel j’ai voué ma vie.

  • Un mercato qui reconstruit l’arrière-garde olympienne

    Un mercato qui reconstruit l’arrière-garde olympienne

    Avec quatre buts encaissés, les trois premières journées de la saison ont mis en lumière la fragilité défensive de l’OM. La direction se devait de prendre ce dossier à bras-le-corps lors du mercato d’été, à deux semaines d’entamer sa campagne européenne en Ligue des Champions face au Real Madrid à Bernabéu.

    Parmi les douze recrues débarquées entre le 16 juin et le 1er septembre, six d’entre eux ont une vocation défensive : CJ Egan-Riley, Facundo Medina, Timothy Weah, Emerson Palmieri, Nayef Aguerd et Benjamin Pavard. Maintenant que Roberto De Zerbi dispose d’éléments aux talents prometteurs ou confirmés, il se retrouve confronté à un choix de riche : comment composer sa défense ? Sachant que Leonardo Balerdi et Amir Murillo font toujours partie de l’équation, le technicien italien va devoir sélectionner quatre ou cinq défenseurs, suivant le système qu’il souhaite mettre en place maintenant que son groupe est bouclé, sur les huit prétendants.

    Malgré ses récentes contre-performances, le capitaine Balerdi devrait garder sa place de titulaire. Sur le court terme en tout cas, car il pourrait rapidement séjourner sur le banc s’il ne retrouve pas de la régularité dans ses prestations. Et l’international argentin est désormais soumis à une rude concurrence avec l’arrivée de Benjamin Pavard.

    « Je suis vraiment très heureux de rejoindre l’OM, un club prestigieux. Déjà hâte de vous voir tous au Vélodrome. Allez l’OM ! », a-t-il lâché. Bien qu’il soit connu pour évoluer dans le couloir droit, l’ancien défenseur du Bayern Munich, et de l’Inter Milan plus récemment, occupe un rôle à plein temps dans la charnière centrale depuis la saison 2021/2022 avec le club bavarois.

    Les deux joueurs en question peuvent également coexister si l’entraîneur phocéen prévoit de repasser dans une défense à trois, où Nayef Aguerd serait positionné dans l’axe gauche. Le Marocain, pour lequel l’OM a déboursé pas moins de 23 millions d’euros, a été recruté dans l’espoir d’être le leader défensif tant attendu.

    Pavard, latéral dans une défense à quatre ?

    Avec un tandem Balerdi-Aguerd dans un système à quatre défenseurs, Pavard devrait trouver sa place comme latéral droit et Medina de l’autre côté. L’avenir d’Amir Murillo, titulaire régulier sous les ordres de Roberto De Zerbi, dépendra du choix tactique qui sera opéré par ce dernier : remplaçant quand l’OM évoluera dans un bloc à quatre et titulaire potentiel comme piston droit dans une défense à cinq.

    Mais compte tenu de la longue saison qui attend les Olympiens entre les journées de Ligue des Champions, de Ligue 1 et de Coupe de France, les remplaçants auront l’occasion d’avoir tout de même un temps de jeu conséquent. Au-delà de Murillo, cela est valable également pour Egan-Riley, Palmieri et Weah. Ce dernier pourrait également entrer en jeu comme joker offensif sur l’aile droite.

    Avec ces recrutements défensifs riches et intéressants, l’Olympique de Marseille n’a plus d’excuses désormais.

  • Étienne Donnet sur le court des grands au tournoi de Cassis

    Étienne Donnet sur le court des grands au tournoi de Cassis

    Étienne Donnet aurait pu ne pas vivre cette journée parfaite. Vainqueur d’un ITF 25 en Tunisie, il est rentré sur le sol français plus tôt que prévu et toutes les étoiles se sont alignées. Croyant pouvoir rentrer dans les qualifications du Challenger de Cassis, il demande, au cas où, une invitation au grand tableau. Accordée par l’organisation, le joueur de 24 ans l’utilise à merveille en écartant le local Sascha Gueymard Wayenburg au premier tour, ce mardi (6-4, 6-4). « C’est la meilleure performance de ma carrière », rappelle-t-il à l’issue de la rencontre. « C’est un gros résultat mais cela ne m’étonne pas vu ce qu’il produit en ce moment », poursuit son coach Antoine Pastrana.

    499e mondial cette semaine, le Lyonnais est assuré d’être 471e après le tournoi. Il n’a encore jamais fait mieux dans sa courte carrière. Pour cause, Donnet se trouve sur le circuit secondaire depuis seulement un an. Les cinq saisons précédentes, il les a passées aux États-Unis, dans deux universités. Un an et demi à Oklahoma State, trois autres saisons à Louisville. Un bachelor en administration du sport plus tard, le moment d’entrer dans le grand monde du tennis pro est arrivé.

    Plus de 350 places gagnées en 2025

    « La décision de partir a été simple. Je n’étais pas prêt à jouer sur le circuit à 18 ans et l’alternative américaine était la bonne. Je tire que du positif. La vie est plutôt simple, je n’avais rien d’autre à faire à part jouer au tennis et aller en classe. »

    Après l’expérience outre-Atlantique, le retour dans l’Hexagone se déroule très bien. Le jeune homme à la casquette entre à la All-In Academy, chez lui, dans la banlieue lyonnaise. Le lieu d’entraînement créé par Thierry Ascione et Jo-Wilfried Tsonga devient sa maison. C’est à ce moment qu’il retrouve Antoine Pastrana, croisé aux États-Unis. 850e mondial il y a 9 mois, Étienne Donnet ne fait que grimper les échelons et cette première victoire en Challenger est une nouvelle étape dans une saison qu’il espère conclure dans le top 400. Pour le moment, il ne se trouve pas sous l’eau financièrement grâce à des résultats corrects sur le circuit tertiaire mais pas seulement. « Je m’en sors aussi parce que je joue des tournois par équipes en Allemagne, en Italie et en France. » Sans doute une envie qu’il a rapportée du pays de l’oncle Sam, où la plupart des compétitions se jouent de cette manière.

    Au deuxième tour, Étienne Donnet découvre durant l’interview qu’il jouera un qualifié. Une opportunité pour voir plus grand cette semaine, tout en se méfiant de tous ses potentiels adversaires. « Dans ce genre de tournois, tout le monde joue bien. Que tu sois 600e ou 150e, le niveau est élevé dans tous les cas. Je m’attends à un match difficile. » Ce joueur complet, « pas le plus grand gabarit mais j’arrive à tenir physiquement », possède les capacités pour gêner un bon nombre de joueurs avec ses qualités. Une première surprise à Cassis et un homme à suivre dans les prochains jours.