Tag: Bouches-du-Rhône

  • Plan écoles : la joie préside à l’inauguration du groupe scolaire Bouge

    Plan écoles : la joie préside à l’inauguration du groupe scolaire Bouge

    C’est un groupe scolaire de 28 classes – 9 maternelles, 18 élémentaires, 1 classe ULIS – dessiné par l’agence Satori Architectes sur le plateau des Lauriers (13e) dans le quartier de Malpassé, où les élèves plutôt que de descendre les marches du grand escalier ouvrant sur les cours de récréation, peuvent emprunter un toboggan géant.

    Nombreux étaient hier les minots à s’y glisser pour l’inauguration officielle de cet équipement public ambitieux, ouvert à la rentrée et qui s’inscrit dans la vague 1 de rénovation du vaste Plan École, un programme historique de 1,5 milliard d’euros qui concerne l’intégralité des 470 écoles de la ville dont 188 écoles nouvelles ou totalement rénovées.

    « C’est une très belle école en terme architectural, mais ce n’est pas qu’un geste architectural, c’est du très haut niveau d’exigence qualitative, environnementale. C’est pensé pour les enfants, les enseignants, le changement climatique mais aussi pour le quartier quand on voit la dimension du gymnase. Pour les écoles, il faut le meilleur », confie le maire de Marseille, Benoît Payan, quelques instants après avoir dévoilé la plaque avec la sous-préfète chargée du plan Marseille en grand, Virginie Avérous et le recteur d’académie, Benoît Delaunay. « La réalité de l’enveloppe, c’est 400 millions de l’État du plan Marseille en grand et on va être 1,1 milliard d’euros de la mairie si les coûts n’augmentent pas, explique le maire. « On voit bien qu’en 4 ans, c’est 300 millions d’euros supplémentaires. Mais quand on a autant de chantiers, les choses ne sont jamais comme certains peuvent l’imaginer. On ne construit pas des écoles avec des tweets. »

    « C’est magnifique ! C’est grand et pratique. Les petits adorent. Vous n’avez pas connu avant, c’était petit, vétuste, le gymnase était condamné », sourit une maman sur la terrasse pédagogique co-construite avec l’association Les Archiminots où les tout-petits font du vélo. Le meilleur est là. Chaque salle de classe de l’école élémentaire est équipée d’écran numérique interactif. On y trouve une bibliothèque, deux cantines, le gymnase de 600m², une conciergerie, deux cours de récréation végétalisées et désimperméabilisées.

    « C’est prometteur pour leur épanouissement »

    Situé en quartier prioritaire, le groupe scolaire a coûté 19,6 millions d’euros (40% État, 37% ANRU et 23% Ville). « On est sur une des dernières écoles de la vague 1. On était venu ici il y a 4 ans avec le président de la République, rendez-vous compte aujourd’hui de l’équipement qu’on a ! », se remémore la sous-préfète Virginie Avérous, qui goûte au plaisir de voir les sourires des enfants, des parents et des équipes éducatives. « Les écoles des vagues 2 et 3 qui entrent en chantier en cette fin d’année, ensuite la vague 4 annoncée par le maire. Sur 188 écoles, on en a livré 15 et une soixantaine sont encore en phase d’études et de démarrage des travaux », ajoute-t-elle.

    Un enthousiasme que partage le recteur d’académie, Benoît Delaunay : « Cette école offre des conditions de travail très bonnes pour les enseignants et les agents. C’est très prometteur pour l’épanouissement de ces enfants et leur devenir professionnel. Pour les deux directrices d’école que j’ai saluées, cela permet de repenser pédagogiquement les choses avec des espaces nouveaux. L’école, c’est justement offrir de nouvelles possibilités ».

  • L’OM, leader, ne s’enflamme pas avant Lisbonne

    L’OM, leader, ne s’enflamme pas avant Lisbonne

    L’OM en tête

    Face à des Normands qui leur ont tenu la dragée haute durant une mi-temps, les hommes de Roberto De Zerbi ont su trouver les ressources pour retourner la situation en leur faveur. « Un retour de trêve, c’est toujours délicat », a évoqué l’entraîneur marseillais en conférence de presse. « Il y avait le risque de perdre notre dynamique. Surtout dans une Ligue 1 qui n’est jamais facile. »

    Mais, en inscrivant six buts, son équipe a su se remettre dans le sens du jeu et profiter des faux pas parisien et lyonnais pour grimper seule sur la première marche du podium. « Mais nous ne sommes qu’à la mi-octobre, sur le plan comptable cela ne signifie rien pour le moment », tempère-t-il.

    Le quadruplé

    de Mason Greenwood

    Dans cette nette victoire olympienne, Mason Greenwood a été un acteur majeur. En égalisant sur penalty, puis en signant trois buts dans le jeu. Au final, l’Anglais s’offre le premier quadruplé de sa jeune carrière. Il succède à Jean-Pierre Papin, le dernier Olympien à avoir réussi une telle performance, en 1991 aux dépens de Lyon.

    Pour Roberto De Zerbi, « il peut encore s’améliorer, au-delà de marquer des buts. Il doit apprendre à plus s’impliquer dans le jeu défensif ».

    Le penalty et le carton rouge de Gautier Lloris

    C’est le tournant du match de samedi. Alors que Le Havre menait 1 – 0 et Fodé Doucouré avait eu une balle de break sortie avec brio par Jeffrey de Lange, Gautier Lloris va être le héros malheureux de la soirée. Débordé par Pierre-Emerick Aubameyang, le frère cadet de l’ancien capitaine de l’équipe de France dévie le ballon du bras droit, à l’entrée de la surface havraise, avant de s’écrouler. Dans un premier temps, Benoît Dechepy sort le carton jaune et désigne le point de penalty en faveur de l’OM. Appelé par son assistant vidéo, il va revoir les images de l’action. Il confirme le penalty, et transforme le jaune en rouge. « C’est une situation, une action de jeu, que l’on doit mieux gérer. Mais la manière dont les arbitres l’ont gérée, par contre, c’est très petit » a regretté Didier Digard. Pour l’entraîneur normand, la faute a été commise en dehors de la surface de réparation.

    La longue absence d’Amine Gouiri

    Victime de luxations répétées de l’épaule, Amine Gouiri a dû accepter de passer par la case opération pour éviter une nouvelle rechute, après avoir été à nouveau blessé avec la sélection algérienne. Il va être absence au minimum trois mois. Interrogé sur le recours à un joker, Roberto De Zerbi a éludé la question. « Nous avons suffisamment de solutions. Il y a Robinio Vaz, qui peut jouer seul ou à côté de Pierre-Emerick Aubameyang, Mason Greenwood peut aussi jouer en pointe, et puis Hamed Traoré va revenir. »

    Place à Lisbonne

    L’OM va donc se rendre à Lisbonne pour y affronter le Sporting du Portugal mercredi, en étant leader de la Ligue 1. « Gagner contre Le Havre, c’était très important » a reconnu Roberto De Zerbi. Et à présent que son équipe est leader de la Ligue 1, elle va être attendue à chacune de ses sorties.

    Après voir réussi sa reprise en championnat, l’OM va devoir démontrer qu’il est capable d’enchaîner dans une autre compétition, où ils restent sur un festival face à l’Ajax (4-0).

  • [Entretien] Marcel Rufo : « Il faut mettre des moyens financiers mais surtout des moyens en personnes  »

    [Entretien] Marcel Rufo : « Il faut mettre des moyens financiers mais surtout des moyens en personnes  »

    La Marseillaise : Au cours de la semaine passée deux enfants se sont donné la mort par pendaison. L’une à Sarreguemines et l’autre à Martigues. Ils avaient respectivement 9 et 12 ans. Fait-on face à une augmentation de ces suicides ?

    Marcel Rufo : C’est rarissime. Normalement, c’est 7 à 8 par an donc oui il y a une hausse. Et là, vous vous rendez compte, on en a déjà deux dans le mois… Ces tendances suicidaires, c’est comme les autres pathologies. Je crois que l’explication, c’est l’importance de deux phénomènes sur les réseaux sociaux, les moyens informatiques et le cyberharcèlement, surtout.

    Santé publique France alerte sur cette dégradation de la santé mentale chez les jeunes. Quelles en sont les causes ?

    M.R. : Il y a des réseaux sociaux, mais aussi l’incertitude généralisée, la guerre, l’écologie, l’avenir qui est sombre. Ils sont dans une situation où leur avenir, n’est pas rose, est plutôt dramatique. La question de la retraite, le fait qu’ils devront payer la retraite des personnes âgées, qu’ils n’auront pas de retraite eux-mêmes. C’est étonnant à les entendre. C’est très nouveau.

    Une étude menée par des chercheurs de l’Inserm et de l’Université Paris-Cité indique qu’un tiers des Français âgés de 11 à 24 ans présentent des signes de troubles anxieux ou dépressifs. Comment cela se manifeste-t-il ?

    M.R. : Par l’impression de ne pas avoir d’avenir, par de la morosité, des problèmes de sommeil. La perte de sommeil est un signe majeur. C’est la conséquence de cauchemars, de malaises, de l’anxiété et de l’angoisse, qui les réveille. Paradoxalement aussi, ces jeunes ont une hostilité, une violence, une auto-violence, la scarification est un phénomène très, très fréquent. Et ces suicides dont on parlait antérieurement.

    Le gouvernement avait fait de 2025 l’année de la santé mentale. Les moyens alloués sont-ils à la hauteur de cette ambition ?

    M.R. : C’est bien que la santé mentale soit en premier plan. Ce n’est pas assez pris au sérieux car ce n’est pas visible, comme pourrait l’être un cancer par exemple. Les parents et les enseignants sont peu au courant de tout cela, ou parfois ne le voient pas. Il faut connaître ces symptômes. L’alliance entre les familles et les enseignants aidera beaucoup les adolescents à surmonter tout ça. Il faut mettre des moyens financiers, mais surtout des moyens en personnes. Il faut former les enseignants et aussi les parents, c’est très important.

    Le club de santé scolaire, c’est vraiment le meilleur moyen de prévenir. Si on augmente ce personnel soignant et éducatif, on fait une véritable œuvre de prévention. La prévention coûte moins cher que le soin.

    Y a-t-il assez de places dans les services dédiés ?

    M.R. : Il n’y a pas assez de places. Je le vois à la Penne-sur-Huveaune, on a des listes d’attente énormes. Dans les centres médico- psychologiques (CMP), il y a plus de six mois à un an d’attente. Attendre six mois dans un état dépressif, un risque suicidaire….

    S’il y a un risque d’infarctus, on dit à quelqu’un qu’on verra dans six mois, a le temps de mourir.

    L’une des recommandations du CESE est la mise en place d’un « couvre-feu numérique pour les mineurs de 22 à 8 heures » ?

    M.R. : Oui c’est très bien. Demander à un adolescent ce qu’il écoute, ce qu’il regarde, ça fait partie d’un examen. Il ne faut pas l’oublier.

    Entretien réalisé par Laureen Piddiu

  • [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] À Cantini, dans le miroir d’Arikha, le souvenir de Germain Viatte

    [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] À Cantini, dans le miroir d’Arikha, le souvenir de Germain Viatte

    Des lumières et des cadrages qui se succèdent, une journée sans relief. Des tons rompus rapidement modulés, un intérieur d’atelier parisien avec un croisillon de hautes fenêtres et le montant d’un escalier de bois. Pas du tout ostentatoires, peu lisibles, deux références signent des appartenances tenaces. Sur les plus hautes bordures, voici deux affiches anciennes, délavées : les lettrines des posters évoquent Poussin et L’Enlèvement des Sabines ainsi qu’une exposition d’Ingres.

    Sur cette toile datée de 1987, la donne serait immobile et silencieuse comme chez Pieter de Hooch ou Morandi si ne surgissait pas au centre de l’image une apparition sans narcissisme ni complaisance. Décalé derrière le châssis d’une toile, en proximité avec le scénario des Ménines de Velasquez, l’autoportrait du peintre Avigdor Arhika interroge un tressaillement, les inquiétudes et la banalité d’un visage. Dans les reflets réduits d’un miroir, un être fragile et poignant recadre invinciblement notre vision, questionne nos regards.

    Décédé en 2010, né en 1929 entre Roumanie et Ukraine en Bucovine, la contrée d’enfance d’Aharon Appelfeld et de Paul Celan, Avigdor Arikha avait comme ces deux immenses écrivains, subi les persécutions nazies. Déporté comme son père qui mourut en 1942 dans un camp de travail forcé, la Croix Rouge l’avait sauvé in extremis. Avant de s’établir à Paris en 1954, il s’était formé aux arts plastiques à Jérusalem. Caravage vu au Louvre en 1966 l’avait conduit à adopter les partis pris de l’art figuratif. En sus de Roger Blin et de Samuel Beckett qui écrivit à son propos, il était lié d’amitié avec des historiens de l’art comme Jean Clair, Jean-Pierre Cuzin et David Sylvester.

    À l’occasion d’une exposition titrée « Peindre dans les lumières de la Méditerranée », Arikha avait présenté en octobre 1987 cet « Intérieur d’atelier avec miroir » au musée Cantini. Son complice et ami de toujours, Germain Viatte voulut immédiatement que ce tableau entre dans la cohérence de la collection d’un musée où Balthus, Bacon, Cremonini et Mason sont présents. Pour un montant de 40 000 dollars (260 000 francs de cette époque) la toile fut négociée à New York, auprès de la galerie Marlborough. Quelques saisons plus tard Cantini achetait un portrait photographique d’Arikha, réalisé par Martine Franck.

  • [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Collection musée Cantini, intérieur d’atelier avec miroir

    [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Collection musée Cantini, intérieur d’atelier avec miroir

    De prime abord, un tableau presque « limpide ». Des lumières et des cadrages qui se succèdent, une journée sans relief. Des tons rompus rapidement modulés, un intérieur d’atelier parisien avec un croisillon de hautes fenêtres et le montant d’un escalier de bois. Pas du tout ostentatoires, peu lisibles, deux références signent des appartenances tenaces. Sur les plus hautes bordures, voici deux affiches anciennes, délavées : les lettrines des posters évoquent Poussin et L’Enlèvement des Sabines ainsi qu’une exposition d’Ingres.

    Sur cette toile datée de 1987, la donne serait immobile et silencieuse comme chez Pieter de Hooch ou Morandi si ne surgissait pas au centre de l’image une apparition sans narcissisme ni complaisance. Décalé derrière le châssis d’une toile, en proximité avec le scénario des Ménines de Velasquez, l’autoportrait du peintre Avigdor Arhika interroge un tressaillement, les inquiétudes et la banalité d’un visage. Dans les reflets réduits d’un miroir, un être fragile et poignant recadre invinciblement notre vision, questionne nos regards.

    Décédé en 2010, né en 1929 entre Roumanie et Ukraine en Bucovine, la contrée d’enfance d’Aharon Appelfeld et de Paul Celan, Avigdor Arikha avait comme ces deux immenses écrivains, subi les persécutions nazies. Déporté comme son père qui mourut en 1942 dans un camp de travail forcé, la Croix Rouge l’avait sauvé in extremis. Avant de s’établir à Paris en 1954, il s’était formé aux arts plastiques à Jérusalem. Caravage vu au Louvre en 1966 l’avait conduit à adopter les partis pris de l’art figuratif. En sus de Roger Blin et de Samuel Beckett qui écrivit à son propos, il était lié d’amitié avec des historiens de l’art comme Jean Clair, Jean-Pierre Cuzin et David Sylvester.

    À l’occasion d’une exposition titrée « Peindre dans les lumières de la Méditerranée », Arikha avait présenté en octobre 1987 cet « Intérieur d’atelier avec miroir » au musée Cantini. Son complice et ami de toujours, Germain Viatte voulut immédiatement que ce tableau entre dans la cohérence de la collection d’un musée où Balthus, Bacon, Cremonini et Mason sont présents. Pour un montant de 40 000 dollars (260 000 francs de cette époque) la toile fut négociée à New York, auprès de la galerie Marlborough. Quelques saisons plus tard Cantini achetait un portrait photographique d’Arikha, réalisé par Martine Franck.

  • Un western spaghetti au pays de la bouillabaisse

    Un western spaghetti au pays de la bouillabaisse

    Il y a de la folie chez Guillaume Chérel et ce Retour à Marseille, où l’on retrouve son héros Jérôme Beauregard, le « Batman du pauvre », perdu de vue à la fin de Last Exit to Marseille, ne nous fera pas changer d’avis. Toujours aussi désargenté, le voilà de nouveau sur la brèche, bouleversé par l’assassinat sordide de la fille d’une de ses ex qu’il se jure de venger en débarrassant la ville de ses exécuteurs juvéniles avec tant de violence qu’« en comparaison Hannibal Lecter, le serial killer du Silence des agneaux passerait pour Benny Hill ». Mais le commanditaire, un chef narco, est désormais intouchable. Pire, influenceur en prison (sic), il a lancé un contrat sur sa tête ! C’est Péra, son copain flic corse qui l’a averti et lui a donné littéralement l’ordre de quitter Marseille illico.

    Nostalgie, nostalgie
    quand tu nous tiens…

    Beauregard, comme le personnage incarné par Henry Fonda dans Mon nom est Personne, en moins doué au revolver, file se faire oublier à Issoire, au fin fond du Puy-de-Dôme. Mais on n’arrête pas une fatwa. Un besoin pressant le fait échapper à une rafale de kalachnikov et, même planqué à la citadelle de Buron, il est victime d’une nouvelle attaque. Paris l’attend. On recrute des agents de sécurité pour les Jeux olympiques. Perdu dans la foule, il n’y risquera rien. Croit-il…

    Le regretté Henri-Frédéric Blanc, évoquant Last Exit to Marseille avait conclu : « Chérel décrit cette ville outrancière comme un entomologiste qui serait tombé amoureux de ses insectes. Du brutal mais rempli d’une vitalité contagieuse. » Un jugement de connaisseur. Chérel est lucide qui taxe son intrigue de « foutraque », mais qu’importe ! Renouant avec les méthodes du roman picaresque, faisant de lui-même le sujet de son livre, il nous offre, outre une peinture haute en couleur de la ville, beaucoup plus profonde que son ton caustique et persifleur ne le laisse paraître cependant, des tranches de vie d’un auteur brouillon et impétueux, bourré de talent, nourri de ses propres expériences de vigile détective privé, de ses amours et de ses goûts d’enfance, sous le signe de Pagnol, de Pif le chien, du couteau de Rahan et l’ombre tutélaire de Jack London. Un récit rocambolesque et tonitruant, d’où la tendresse n’est jamais absente. Un régal.

    Roger Martin

    « Retour à Marseille » Guillaume Chérel Éditions Gaussen 255p. 20€

  • [Lecture] Un western spaghetti au pays de la bouillabaisse

    [Lecture] Un western spaghetti au pays de la bouillabaisse

    Il y a de la folie chez Guillaume Chérel et ce Retour à Marseille, où l’on retrouve son héros Jérôme Beauregard, le « Batman du pauvre », perdu de vue à la fin de Last Exit to Marseille, ne nous fera pas changer d’avis. Toujours aussi désargenté, le voilà de nouveau sur la brèche, bouleversé par l’assassinat sordide de la fille d’une de ses ex qu’il se jure de venger en débarrassant la ville de ses exécuteurs juvéniles avec tant de violence qu’« en comparaison Hannibal Lecter, le serial killer du Silence des agneaux passerait pour Benny Hill ». Mais le commanditaire, un chef narco, est désormais intouchable. Pire, influenceur en prison (sic), il a lancé un contrat sur sa tête ! C’est Péra, son copain flic corse qui l’a averti et lui a donné littéralement l’ordre de quitter Marseille illico.

    Nostalgie, nostalgie
    quand tu nous tiens…

    Beauregard, comme le personnage incarné par Henry Fonda dans Mon nom est Personne, en moins doué au revolver, file se faire oublier à Issoire, au fin fond du Puy-de-Dôme. Mais on n’arrête pas une fatwa. Un besoin pressant le fait échapper à une rafale de kalachnikov et, même planqué à la citadelle de Buron, il est victime d’une nouvelle attaque. Paris l’attend. On recrute des agents de sécurité pour les Jeux olympiques. Perdu dans la foule, il n’y risquera rien. Croit-il…

    Le regretté Henri-Frédéric Blanc, évoquant Last Exit to Marseille avait conclu : « Chérel décrit cette ville outrancière comme un entomologiste qui serait tombé amoureux de ses insectes. Du brutal mais rempli d’une vitalité contagieuse. » Un jugement de connaisseur. Chérel est lucide qui taxe son intrigue de « foutraque », mais qu’importe ! Renouant avec les méthodes du roman picaresque, faisant de lui-même le sujet de son livre, il nous offre, outre une peinture haute en couleur de la ville, beaucoup plus profonde que son ton caustique et persifleur ne le laisse paraître cependant, des tranches de vie d’un auteur brouillon et impétueux, bourré de talent, nourri de ses propres expériences de vigile détective privé, de ses amours et de ses goûts d’enfance, sous le signe de Pagnol, de Pif le chien, du couteau de Rahan et l’ombre tutélaire de Jack London. Un récit rocambolesque et tonitruant, d’où la tendresse n’est jamais absente. Un régal.

    Roger Martin

    « Retour à Marseille » Guillaume Chérel Éditions Gaussen 255p. 20€

  • OM : Amine Gouiri va être opéré

    OM : Amine Gouiri va être opéré

    Le club olympien a annoncé la nouvelle au coup de sifflet final de la victoire face au Havre (6 – 2).

    L‘Olympique de Marseille informe que son attaquant Amine Gouiri va être opéré de l’épaule droite. Cette intervention, décidée d’un commun accord entre le joueur et le club, fait suite à plusieurs épisodes de luxation survenus ces derniers mois. Amine observera une période de rééducation estimée à environ trois mois.

    Cette opération a été choisie dans un objectif clair : permettre à Amine de retrouver toutes ses capacités physiques sans appréhension et de revenir plus fort sur les terrains.

  • L’OM étrille Le Havre et prend seul les commandes de la Ligue 1

    L’OM étrille Le Havre et prend seul les commandes de la Ligue 1

    L’enjeu, à savoir la possibilité de se hisser seul au sommet de la Ligue 1, a-t-il inhibé les hommes de Roberto De Zerbi ? Alors que le PSG avait été freiné par Strasbourg (3 – 3) et Lyon maté par Nice (3 – 2), les Phocéens avaient une occasion en or de booster leur moral, avant de se rendre à Lisbonne pour l’acte III de la Ligue des Champions, mercredi.

    S’ils ont finalement trouvé la clef de la défense havraise, les Marseillais ont dû faire preuve de patience. Et bénéficier d’un coup de pouce du destin pour faire voler en éclats l’organisation mise en place par Didier Digard, après que son équipe ait perdu Gautier Lloris.

    L’OM, sensiblement remanié pour permettre au groupe d’encaisser la charge de sept matches en vingt jours, a d’abord connu quelques sueurs froides. Notamment après que la défense marseillaise ait oublié Yassine Kechta. Le retour de Matts O’Riley n’était pas suffisant pour empêcher le Normand d’ouvrir le score. Les Havrais auraient même pu doubler la mise, sans un superbe arrêt de Jeffrey de Lange sur une frappe puissante de Fodé Doucouré (29).

    Après avoir flirté avec la correctionnelle, l’OM repartait de l’avant. Pierre-Emerick Aubameyang poussait Gautier Lloris à la faute. Avec non seulement une main qui annulait une action de but, mais dans la foulée un penalty donné aux Marseillais et un carton rouge pour le défenseur du HAC, après consultation de l’assistance vidéo par Bastien Dechepy. Mason Greenwood débutait son festival en remettant les pendules à l’heure.

    Il restait à finir le travail. Face à des Normands qui se repliaient sur eux-mêmes. Comptant sur les exploits de Mory Diaw pour éviter la punition. Le gardien du HAC ne faisait que retarder l’échéance. Peu après l’heure de jeu, Mason Greenwood, déjà décisif en première période, s’offrait un doublé qui libérait l’OM. L’Anglais y allait même d’un troisième, puis d’un quatrième but. Avant que Robinio Vaz et Michaël Murillo n’y aillent de leur contribution, plaçant définitivement son équipe seule en tête de la Ligue 1.

    OM – Le Havre 6 – 2 (1 – 1).

    8è journée de Ligue 1.

    Stade Vélodrome (64 869 spectateurs).

    Arbitre : B. Dechepy.

    Buts : Greenwood (34 sp, 67, 72, 76), Vaz (88), Murillo (90+4) pour l’OM, Kechta (24), Touré (90+2) pour Le Havre.

    Avertissements : Nadir (78) à l’OM, Zouaoui (45) au Havre.

    Expulsion : Lloris (31) au Havre.

    OM : de Lange – Pavard, Balerdi ( c ), Aguerd, Emerson (Murillo, 65) – O’Riley (Nadir, 65), Gomes (Vaz, 65) Höjbjerg – Greenwood (Bakola, 79), Aubameyang, Paixão (Weah, 71).

    Entraîneur : R. De Zerbi.

    LE HAVRE : Diaw, Négo, Sangante ( c ), Lloris, Zouaoui – Doucouré (Touré, 64), Ndiaye (Ebonog, 64), Séko (Namli, 84), Kechta (Kyérémeh, 84) – Soumaré, Samatta (Youté, 38).

    Entraîneur : D. Digard.

  • Steve Mandanda entre dans la légende de l’OM

    Steve Mandanda entre dans la légende de l’OM

    Steve Mandanda a effectué un retour remarqué au Vélodrome. Avant de donner le coup d’envoi du match OM – Le Havre, comptant pour la 8è journée de Ligue 1, le Fenomeno a fait son entrée sur la pelouse, entouré d’une haie de mannequins portant son maillot floqué avec le numéro 30.

    Le club olympien qui, en hommage à celui qui est désormais l’Olympien le plus capé de l’histoire, a décidé de ne plus attribué ce numéro aux futures recrues.