Tag: Bouches-du-Rhône

  • Une liste « verte et sociale » alternative à la majorité

    Une liste « verte et sociale » alternative à la majorité

    Elle est clairement l’outsider des prochaines élections municipales. Entre François Bernardini, le maire d’Istres en poste depuis 2008 candidat à sa propre succession, et son principal opposant politique Robin Prétot (LR), Catherine Mickus, tête de liste du collectif créé en mars 2025 « Istres verte et sociale », voudra se frayer un chemin grâce à une campagne de qualité « menée sur les idées ».

    Arrivée à Istres en 2016, l’interprète de conférence à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) porte une alternative à la majorité sortante. « On ne dit pas que le maire a tout fait faux, ce n’est pas vrai, explique-t-elle. Il y a tout un réseau d’actions sociales qui sont tout à fait remarquables, et ça, on ne le remet pas en question. » Mais la presque retraitée, encartée chez la France insoumise, veut aller plus loin, avec un projet inscrit dans la « ligne du Nouveau front populaire ».

    Ses priorités : l’écologie et la transparence. « La surbétonisation de la ville n’est pas durable, il faut que ça cesse, affirme-t-elle. Et puis il y a l’enquête du Parquet national financier à l’encontre du maire (*) qui pose question. Ce n’est plus acceptable d’avoir ce type de gouvernance au XXIe siècle, il faut que ce soit moins horizontal en associant beaucoup plus les citoyens, donc en mettant en place des outils de concertation, de consultation et de participation. »

    Pour incarner l’orientation de cette liste de rassemblement de gauche, à laquelle se sont alliés Europe Écologie-les Verts, Génération.S et le Parti socialiste, Catherine Mickus a lancé une série d’actions concrètes, comme des ramassages de déchet, afin d’allier « l’utile à notre programme ». Les événements sont à retrouver sur les réseaux sociaux d’Istres verte et sociale.

    (*) Poursuivi pour des faits supposés de corruption, favoritisme et abus de biens sociaux, François Bernardini, présumé innocent, comparaîtra en juin 2026 devant le tribunal judiciaire de Paris, selon La Provence.

  • Serge Secchi signe un retour gagnant !

    Serge Secchi signe un retour gagnant !

    Deux cent vingt joueurs ont pris samedi matin le départ de ce qui est l’un des deux derniers championnats départementaux. Il est vrai que comme dans le prochain qui se déroulera début novembre à Port-de-Bouc : le triplette mixte au Jeu Provençal, ces deux compétitions entrent exclusivement dans le concept départemental, comprendre qu’il n’y a pour l’heure, aucun accès vers un championnat national.

    Peut-être, une des raisons qui fait que certains bons joueurs de la spécialité, aient décidé de faire l’impasse sur leur participation.

    Quoi qu’il en soit, ils sont quand même un nombre conséquent à être venus tenter l’aventure, se jauger sur leur capacité en solitaire.

    Répartis sur quatre sites, dont trois dans le décor du Bassin minier à savoir la Bouilladisse, la Destrousse et Peypin et un l’A.B. Saint-Tronc, le site où s’était terminée la précédente édition.

    Là justement, où avait été sacré Kévin Giani devant Stéphane Girardet son dauphin lui qui fût champion en 2023.

    Si l’IA du tirage au sort, permettait aux deux garçons de revenir sur le terrain de leurs exploits, ils ne pourront franchir le cap de la première journée, et ainsi laissé la voie libre pour les 32 derniers assaillants qui vont se retrouver le lendemain à Peypin.

    Peypin, où avant de nous y rendre nous avions croisé en entame ce samedi, sur ce complexe de Saint-Tronc, un jeune garçon tout juste junior licencié justement à Peypin.

    Nous étions dans la Poule 25 : alors que Kevin Giani venait de baisser pavillon face au Septèmois de l’Étoile, Daniel Jamakorzian et que dans le même temps le jeune Clément Marasca s’était incliné face à Pierrick Armitano. Nous le retrouvons donc, face au champion en titre. S’il est évident, pour lui, que la marche était bien haute, les éloges avancés par ses adversaires en disent long sur le talent et les qualités de ce jeune, fort prometteur dans la discipline. Nous retrouvions donc le dimanche matin sur le complexe sportif de Peypin, où sous la direction du président du comité Patrick Fara accompagné de Jean Léonetti et Éric Vassallucci les délégués, va se poursuivre la compétition.

    Un complexe soigneusement préparé par l’équipe du président Rachid Belhadji, hélas balayé par un mistral violent et froid.

    Voilà qui rafraîchit beaucoup la température, mais pas l’ardeur des 32 derniers assaillants qui se lancent à l’assaut du titre départemental… Laissé vacant depuis la défaite de Kevin Giani la veille.

    Un constat s’impose quand Gaëtan Groubon est le premier à vaincre en 16e. On peut noter que la Boule Modérée compte six fers au feu. Cette belle armada perd ensuite Christian Enrico et Enzo Paolucci.

    Le choc de ce premier tour sans vouloir offenser les autres protagonistes oppose Serge Secchi et Lucas Lombardi. Le champion départemental en famille va connaître un petit passage à vide qui lui sera fatal. Ce qui mettra son adversaire sur orbite.

    En 8e le sort offre un duel fratricide entre deux « Modérée ». À son terme, Gaëtan Groubon s’incline par la plus infime des marges, et l’on voit Mickaël Martins de Arujo prendre la voie royale. Des deux représentants de la Boule Dorée Franck Secchi va se fourvoyer et sombrer en se démarquant de deux points, dans une belle bataille navale face au Ciotaden Yannick Lefèvre.

    Alors que Patrick Bellusci va prendre la route des quarts soutenu par Karim Bentahar, en dominant le vert de Biver Thierry Marchi. Ça roule bien pour Sylvain Lanati, avant que sur la route des quarts, il ne croise Martins de Arujo, qui lui fasse prendre la voie de garage.

    Inexorablement la sélection bat son plein et Marc Enrico qui a bataillé fort pour venir à bout de Lefèvre, va payer cette dépense d’énergie dans le dernier carré. Il ne pourra empêcher son adversaire de se hisser en finale.

    Dans le même temps, l’enfant du pays, Rosa, livre une farouche bataille face à Martins de Arujo. Le local va s’incliner face à un adversaire bien efficace à l’appoint.

    L’appoint, cette précision qui va manquer dans le dernier acte à Martins de Arujo. Lui qui avait été magistral jusqu’à cette finale, va par deux fois passer au travers. Ce qui va lui être fatal, surtout face à un garçon de la trempe de Serge Secchi.

    Le sociétaire de la boule Sainte Rosalie La Fare signant ainsi après un séjour dans la Haute-Garonne un retour gagnant.

    16e de finale : Gaëtan Groubon – Michell Marquand 11-4 Franck Secchi – Enzo Paolucci 11 5 Mokhtar Boukaala – Jean-David Merlin 11-1 Mickaël Martins de Arujo – Pierre Fucito 11-9

    Henri Ambrosino -Lorenzo Leroy 11-8

    Sylvain Lanati – Charles Vella 11-6

    Nicolas Tondi – Christian Enrico 11-9

    Enzo Groubon – Christophe Arrigoni 11-4

    Christophe Ligéro – Franck Kritter 11-8

    Thierry Marchi – Jason Burg 11-9

    Philipe Jodar – Anthony Gugliotta 11- 8

    Fabien Rosa – Nicolas Dorison 11-6

    Marc Enrico – Kevin Vallauri 11-4

    Patrick Bellusci – Quentin Tricon 11-8

    Serge Secchi – Lucas Lombardi 11-7

    Yannick Lefèvre – Stéphane Picon 11-9

    8e de finale :

    G. Groubon – M. Martins de Arujo10-11

    M. Enrico – M. Boukaala 11-4

    F. Secchi – Y. Lefèvre 9-11

    E. Groubon. – F. Rosa 2-11

    H. Ambrosino – N. Tondi 11 -1

    P. Jodar – S. Lanati 6-11

    T. Marchi – P. Bellusci 4-11

    F. Kritter – S. Secchi 3-11

    Quarts de finale :

    S. Lanati – M. Martins de Arujo 8-11

    H. Ambrosino – F. Rosa 10-11

    P. Bellusci – S. Secchi 4-11

    M. Enrico – Y. Lefèvre 11-10

    Demi-finales :

    M. Enrico – S. Secchi 5-11

    M. Martins de Arujo – F. Rosa 11-8

    Finale : S.Secchi – M. Martins de Arujo

    1-0 // 1-1 // 3-1 // 3-3 // 5-3 // 8-3 // 8-5 // 11 -5

  • Aix retrouve la lumière

    Aix retrouve la lumière

    Rappelons-nous des heures de gloire de la Boule de la Petite Vitesse à Aix-en-Provence. C’était de 1966 jusqu’au début 2000. Il y avait un événement incontournable la veille de La Marseillaise. C’était le Grimaldier appelé le pré-Mondial La Marseillaise. Le dernier tour de chauffe avant la grande étape Marseillaise. Toutes les têtes de série étaient présentes. Le record de participation a été validé en 1999 (154 triplettes), l’année de la victoire de Pierre Helfrid, Louis Molinas, José Palazon. Hélas, en 2003 le concours s’arrête sur le succès de Gilles Gayraud, José Batista, Patrick Vilfroy.

    Vingt ans après, Aix retrouve son lustre d’antan grâce à Bruno Mansio sous le nom de la Boule Aixoise. Il emmène dans ses valises le géant Marco Foyot vainqueur à trois reprises du Grimaldier. Un coup de maître ! Grâce à l’aura de Foyot derrière des grands joueurs adhérents (Hatchadourian, Chagneau, Riviera, etc.). Deux ans après, le club organise un National en grande pompe dans l’illustre Parc Jourdan. Ce sera ce week-end.

    Avec Cisou Cantarel, enfant du pays, plaque tournante également de la société bouliste (dont le grand-père fut l’un des grands noms de la pétanque aixoise avec Élie Vian), Aix a trouvé un trio solide. Mansio, Foyot, Cantarel et une belle équipe de bénévoles pour partir dans cette aventure.

    Elle commence demain avec le concours doublette à 14h. Samedi, début du National à 9h et du National Féminin à 14h, dimanche à 9h, concours jeûnes minimes-cadets-juniors. Lundi, Régional Vétérans.

    Le plateau pour ce National est royal avec la présence de pratiquement tous les champions et des équipes de rêve comme Montoro, Bonetto, Puccinelli. Henri Lacroix sera sur la ligne de départ avec Doerr et Bandikian. Christophe Sarrio est accompagné de Nonce Murati et Agaccio.

    Les locaux Riviera, Cantarel, Hatchadourian devraient briller sur leur terre. Le multiple champion du monde Philippe Suchaud compose une équipe insolite avec Nicky Gargowitch et Petit Jean. Le champion de France, Laurent Matraglia est associé à Jean-Claude Jouffre et Jessy Lacroix. L’excellent Yoann Cousin joue avec les expérimentés Cédric Salvini et Kevin Lelouche.

    Il faut se méfier de Thierry Grandet, Laurent Dumont et A.Cortes. Au rayon homme en forme, Albaladejo est dans le top 5. Il devrait briller avec Élie Winterstein et J.C Gimenez.

    Le petit phénomène Dawson Herleman est associé à Gino Deslys et Frédéric Delys. L’Italien champion du Monde Alessio Cocciolo, Laurent Nguyen et Michel Adam peuvent prétendre à la victoire. Gilles Gayraud, Gino Dubois et Jonathan Ramos sont homogènes et difficiles à manier.

    C’était un petit tour de table mais d’autres triplettes sont susceptibles de bousculer la hiérarchie et venir briller au pays de Cezanne.

  • Avec Chambéry, une bonne connaissance débarque à l’Arena

    Avec Chambéry, une bonne connaissance débarque à l’Arena

    Chambéry, ville au pied des montagnes vivant passionnément pour le handball depuis plusieurs décennies. Géant souvent dans l’ombre du grand Montpellier, le Chambéry Savoie Mont-Blanc Handball (CSMBH) peut se targuer d’avoir sorti de grands noms du sport tricolore. Parmi eux, Daniel « Air France » Narcisse, l’un des Experts, Melvyn Richardson, fils de Jackson, qui a lancé sa carrière en Savoie. Il y a aussi eu les champions du monde Cyril Dumoulin et Xavier Barachet. Plus tard, Alexandre Tritta et Antoine Tissot sont sortis de ce centre de formation renommé.

    Des trophées et une aventure européenne

    Aujourd’hui au Pauc, ces deux derniers vont retrouver leur ancien club, ce jeudi soir (20h), à l’occasion d’un match avancé de la 6e journée de Starligue. Une affiche entre deux formations rêvant de retrouver les compétitions européennes et avec un jeu pouvant être spectaculaire. « C’est un peu moins particulier que la saison dernière, car je venais de quitter le club. C’est toujours sympa de les retrouver et ça donne une saveur particulière à l’affrontement sur le terrain. » Ces mots d’Antoine Tissot lancent la confrontation. Le jeune ailier droit a passé six ans à Chambéry, dont quatre en professionnel. Il garde évidemment de bons souvenirs de sa formation au CSMBH : « Je me rappelle d’une finale de Coupe de France (perdue) contre Nantes, la 4e place en championnat nous a offert la Coupe d’Europe avec des déplacements à Berlin ou Bucarest. Ce sont des moments marquants. »

    Alexandra Tritta est lui un historique de la maison chambérienne. Au Phare, la salle de l’équipe, il a été l’un des gardiens de la réussite du club durant les années 2010. « J’ai encore des copains là-bas, c’est cool de les retrouver, mais il faut aussi gagner. J’ai le souvenir de la victoire en Coupe de France (2019), mais surtout les grosses ambiances au Phare avec les Frega et les Fondus, les groupes de supporters. »

    Actuellement, quatre Aixois sont passés par Chambéry (Brouzet et Kalandadze, également), sans compter le directeur sportif, Philippe Gardent. Même si l’effectif a été largement modifié en deux ans, Tritta et Tissot possèdent encore quelques amis en Savoie. « Il y a le capitaine Pierre Paturel, Queido Traoré, des historiques », dit le premier cité. « Le coach adjoint Raphaël Planchet aussi », ajoute le second. D’anciens joueurs du Pauc sont également au CSMBH désormais. Ce match ressemble donc à une réunion d’anciens coéquipiers, sans oublier le but principal pour les deux équipes : gagner.

  • [Entretien] Le procès de Mazan « a montré que la violence sexuelle est massive »

    [Entretien] Le procès de Mazan « a montré que la violence sexuelle est massive »

    Stéphanie Fonvielle, maîtresse de conférences en linguistique à Aix-Marseille université (AMU), Laurence Hérault, anthropologue et professeure à l’AMU, ainsi qu’Irène Sériaux, étudiante en master 2 d’anthropologie, répondent à La Marseillaise.

    La Marseillaise : Le 2 septembre 2024, le procès des viols de Mazan démarre, à Avignon. Comment vous êtes-vous dit, à quatorze, « on y va » ?

    Laurence Hérault : C’était spontané. Dans notre coin, on s’intéressait au procès et à un moment, on s’est parlé et on s’est dit : « Ce procès est à nos portes et il faudrait une enquête anthropologique, car il va sans doute être historique. on ne peut pas ne pas travailler dessus. » L’équipe s’est formée et on a passé un peu plus d’un mois, en décembre 2024, à Avignon.

    Stéphanie Fonvielle : Ça a demandé un aménagement complètement inédit dans le monde de la recherche. C’est-à-dire qu’on a des cours à suivre, des articles à faire. On a dû suspendre beaucoup de choses, simplement pour pouvoir partir. Je pense que ça explique le style et l’urgence dans l’écriture. C’était assez inédit pour nous : le monde de la recherche, c’est le temps long.

    Dans votre livre, vous vous intéressez surtout aux personnes autour du procès. Pourquoi ?

    L.H. : On ne voulait pas faire une anthropologie judiciaire. On est partis avec l’idée de l’événement. Qu’est-ce que ce procès, en tant qu’événement, fait aux gens, à leur vie ? Donc, il fallait sortir du tribunal, qui était quand même le centre névralgique, mais notre idée était d’aller vers les gens.

    S.F. : Nous, on sait faire de l’enquête de terrain. On avait une force de frappe importante d’attaque. On est 14 enquêteurs et enquêtrices : ça veut dire 200 entretiens, 1 000 pages de transcription, une force de frappe qu’un seul ou deux chercheurs ne peuvent pas avoir.

    Qu’est ce qui vous a marqué dans cette enquête de terrain ?

    S.F. : Voir comment une ville peut devenir un événement d’écriture. Pendant ce procès, il y a une prise d’écriture collective, par les militantes et les associations féministes, à travers les collages. Il y a eu l’émergence de nouveaux slogans, comme celui en réponse à « il y a viol et viol » [ce qu’avait dit un avocat de la défense Ndlr], qui a donné « non, un viol est un viol », qui est repris dans les mouvements féministes.

    L.H. : Ce qui est ressorti, aussi, est que la violence sexuelle est massive et qu’elle est l’expérience profonde et quotidienne des gens. Même ceux qui ne se sentent pas concernés sont quelque part touchés par le procès ou par la violence sexuelle.

    Vous mobilisez le concept de « continuum de violence sexuelle ». De quoi s’agit-il ?

    Irène Sériaux : C’est un concept de [la sociologue] Liz Kelly, qui signifie que les femmes vivent continuellement des violences, sans forcément les hiérarchiser, mais en les voyant comme un ensemble quotidien. C’est de dire que l’expérience commune des femmes, c’est celle potentiellement d’être victime de violences.

    L.H. : L’expérience des femmes, c’est « je peux subir n’importe quelle violence, n’importe quand, de n’importe qui ». C’était notre approche féministe de départ, l’idée que les violences sont systémiques et structurent la société. Sans le verbaliser, les femmes sont conscientes de ça. L’une d’elles nous a dit, en parlant du procès, qu’elle n’était pas tombée du 10e étage en l’apprenant. Les hommes en sont moins conscients. Mais ça bouge. Ce procès a montré des prises de conscience masculines. Il faut que, collectivement, on se rende compte que cela ne concerne pas que les femmes.

    Propos recueillis par Eva Janus

    « Mazan, anthropologie d’un procès pour viols », aux éditions Le bruit du monde.

  • La cuisine centrale de La Ciotat à la pointe de la sécurité alimentaire

    La cuisine centrale de La Ciotat à la pointe de la sécurité alimentaire

    « Ici, on cuisine comme à la maison », lance, mercredi, le maire (DVD) Alexandre Doriol.

    Devant la nouvelle cuisine centrale, située sur la voie Roumagoua Sud, plus de 150 personnes assistent à l’inauguration. Les enfants de trois centres de loisirs, ceux de l’Abeille, de Louis-Pécout et Paul-Bert, ont planté juste avant un olivier, un citronnier, et un laurier-sauce aux abords du bâtiment.

    Hormis le fait que cette « cuisine familiale » est destinée à 2 400 petits Ciotadens chaque jour, la société Garig, à qui la Ville a confié la gestion du service de restauration scolaire ; prépare les repas sur place, à partir de produits frais, locaux et de saison. Elle s’est notamment engagée à favoriser les producteurs du terroir, en circuit court, le bio, avec deux repas entièrement issus de l’agriculture biologique par semaine, et à garantir une alimentation équilibrée, adaptée aux besoins nutritionnels des enfants.

    « Si nous apprenons à chacun à bien se nourrir, je crois que nous aurons fait le meilleur cadeau que l’on puisse faire aux enfants », souligne pour sa part Jean-Louis Tixier, adjoint à l’éducation. Conçu par l’architecte Clément Croce, le bâtiment de la cuisine centrale, qui s’étend sur 3 200 mètres carrés sur un terrain de 6 180m2, intègre en effet, à l’étage, une cuisine pédagogique. Par le biais d’ateliers, les minots seront initiés au goût, aux saisons et à l’origine des produits. Ils apprendront à réaliser des recettes, parfois avec les aînés qui partageront leur savoir-faire.

    Purée de pommes du chef

    Entreprise familiale régionale fondée en 2006, a rappelé Martin Dubar, son président, la société Garig s’est vue confier par la Ville de La Ciotat la délégation de service public (DSP) sur la restauration scolaire pendant douze ans. Sur un terrain propriété de la commune, Garig a pré-financé la cuisine centrale, pour 3,9 millions d’euros. Au bout de douze ans, la Ville, au travers du prix des repas payés à la société, aura remboursé cette somme et le bâtiment lui reviendra. Référent chef de production chez Garig, Christophe Brocci guide maintenant un groupe dans le bâtiment de la cuisine centrale. Chacun doit porter des surchaussures par mesure d’hygiène. Sous un éclairage blanc, les chambres froides se succèdent, pour les fruits, les fromages, la viande, les légumes… Dans la salle de préparation froide, il fait moins de 10 degrés. Puis on pénètre dans la zone de préparation chaude, équipée de fours, sauteuses… dernier cri, choisis pour leur faible consommation énergétique. Tout est fait pour veiller à une sécurité alimentaire optimale. En fin de circuit, l’allotisseur répartit, école par école, les repas que les petits Ciotadens retrouveront à la cantine. Par exemple cette « purée de pommes du chef » cuisinée le jour même.

  • À Martigues, ils ont marché ensemble pour soutenir et aider les aidants

    À Martigues, ils ont marché ensemble pour soutenir et aider les aidants

    « Un Français sur six est aidant, il faut mieux les reconnaître et les accompagner » plaide le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux, au parc des sports Julien-Olive, mercredi après midi, alors que s’ouvre le 2e village des aidants organisé par la Ville, le CIAS du Pays de Martigues et l’association d’aide aux aidants Le Maillon. De nombreux partenaires sont de la partie, comme l’association France Parkinson, APF France Handicap ou l’association des malades à corps de Lewy.

    Au stand de l’association Le Maillon, chacun peut venir en quête d’accompagnement. « Vous avez quelqu’un qui peut venir chez vous et vous donner du temps. Oui, ça existe ! » explique Eric Palmieri, directeur de l’association, à une personne de passage. « Nous avons une psychologue qui reçoit les aidants et les aidés pour déterminer l’accompagnement à mettre en place. Généralement, notre aide médicopsychologique va ensuite intervenir au domicile et décharger l’aidant pendant 4 heures, dans le cadre du dispositif temps libéré », détaille-t-il.

    « Ils ne sont pas seuls »

    « On leur dit déjà qu’ils ne sont pas seuls », indique Sandrine Silvieri, psychologue coordinatrice de la plateforme de répit du Maillon, qui organise « du soutien psychologique et des actions collectives pour réinsérer socialement les aidants, car parfois, ils s’isolent du fait de leur rôle. On s’appuie sur le réseau partenarial qu’on voit ici, dans un esprit d’entraide mutuelle », dans ce village des aidants.

    Mais, comme le souligne la psychologue, « les dispositifs ne sont pas tous pareils selon les territoires. La plateforme du Maillon couvre 19 communes autour de l’étang de Berre et on observe des disparités ». À Martigues, Sandrine Silveri estime « qu’on est bien. Le pôle social est assez important et dispose de bonnes ressources ». « Si seulement ça pouvait être la même chose partout… », fait-elle remarquer.

    Pour le maire, Gaby Charroux, « oui, la question des aidants est une question sociale, mais aussi de santé publique », affirme l’édile. Une question « transversale, qui concerne le handicap, le grand âge, la santé mentale et touche toutes les générations. C’est tout l’enjeu des politiques publiques », rappelle Gaby Charroux, à l’heure des ponctions sur le budget des collectivités.

  • À la Fiesta des Suds, le son zen de Morcheeba pour sortir du chaos

    À la Fiesta des Suds, le son zen de Morcheeba pour sortir du chaos

    « La musique est une manière douce de communiquer », se plaisent à dire les membres de Morcheeba. La formulation parfaite pour résumer 30 ans de carrière, tissée au long du fil discontinu de la voix astrale de Skye Edwards et des productions planantes de Ross Godfrey, les rescapés et piliers du groupe qui seront sur la scène de la Fiesta des Suds, jeudi 9 octobre. Rien d’étonnant au regard de l’origine de leur nom, tiré de « More Cheeba » : comprenez ainsi « plus d’herbe ». Celle qui se fume et non pas qui se broute.

    Comme un voile vaporeux et mélodieux qui drape leur trip hop made in England, cette musique lancée par la vague Massive Attack et qui a puisé dès les années 1990 dans les rythmes de la musique afro-américaine, pour les enduire d’électro et de dub. Trigger hippie, Big calm, The seasi les tubes se sont enchaînés jusqu’au mitan des années 2000, la décennie suivante fut plus avare en pépites dont Morcheeba avait le secret. Mais voilà que le désormais tandem Skye Edwards – Ross Godfrey vient délivrer à nouveau une recette qui avait fait la marque de fabrique du groupe, avec le nouvel album Escape the chaos. Mais s’évader de quel chaos, au juste ? « Les réseaux sociaux ont beaucoup empiré ces dix dernières années. J’y ai renoncé. L’ère de l’information est épuisante. Mais la musique, elle, peut envelopper chacun de nous dans un cocon sonore. C’est un sanctuaire », laisse planer le guitariste et claviériste Ross Godfrey.

    Appel de détresse tout autant qu’hymne à l’amour, Escape the chaos s’ouvre par le titre Call of love. Sur des riffs grassouillets, la voix de Skye Edwards, chanteuse londonienne, parolière et estampille de Morcheeba, se rappelle au souvenir de ses nombreux nostalgiques. Un appel à l’amour dans ce monde de brutes. « Il faut apprécier les bonnes choses. Les médias exagèrent les nouvelles pour attirer notre attention. La désinformation sème la confusion sur l’essentiel : se reconnecter à la nature et profiter d’une vie plus simple », affirme Ross Godfrey, peintre musical, dont la palette esquisse aussi bien des ballades pop à la sérénité toute affichée (Elephant clouds), que des quêtes zen épousant la voix de miel de Skye Edwards (Molten).

    Une histoire de connexions

    Fidèle à son credo depuis trois décennies, jalonnées de hauts et de bas, Morcheeba creuse encore son sillon : celui de la bande originale de nos turpitudes. En quête de refuge au milieu du chaos. « Nous aimons toujours créer des disques d’atmosphère, qui permettent au public de s’évader du quotidien », rembraye Ross Godfrey, qui n’a peut-être encore jamais atteint un tel niveau de production dans Escape the chaos.

    Morcheeba, c’est souvent une histoire de contrastes, de jeux de textures. Une parenthèse qui apaise les fracas du monde, viennent encore rappeler aujourd’hui des titres tels que Peace of me, au cours duquel le rap martial craché par le Mc, Oscar, s’atténue au contact de l’harmonie prodiguée par Skye Edwards. Que dire encore de Far we comme, mélopée harnachée à différentes cordes, qui donne presque le sentiment d’une chanson expiatoire. Des scratchs hip-hop de Cooler heads à la pop kitsch et futuriste de Hold it down, le combo se rapproche de l’esprit de ses débuts.

    « Il est difficile de dire d’où la musique de cet album nous est venue. Elle s’est développée naturellement. C’est une expression abstraite de nos sentiments. On a commencé à improviser sur certains morceaux lors des balances, puis on a réservé des studios pendant nos jours de repos entre deux concerts. On a mis plus de deux ans à le concevoir », souligne Ross Godfrey, grand manitou d’une œuvre presque mystique. Pour autant, précise-t-il, « je ne crois en aucun dieu. Mais je sais que l’univers est un endroit génial et que nous sommes tous connectés ».

    Programme complet de la soirée sur www.fiestadessuds.com

  • En grève, les chauffeurs de La Poste lèvent le pied

    En grève, les chauffeurs de La Poste lèvent le pied

    Les camionnettes jaunes de La Poste à l’arrêt, ce mercredi. En grève reconductible depuis le 30 septembre dernier, avec le soutien de la CGT, quasiment aucun des chauffeurs qui desservent les bureaux de poste de la cité phocéenne n’a quitté le site des Aygalades, dans le 15e arrondissement.

    En cause ? Leur opposition à un projet de réorganisation qu’ils jugent mal ficelé. « On n’a pas été consultés, l’augmentation de la charge de travail n’est pas compensée et la direction veut passer en force ! », résume Stéphane, chauffeur livreur pour le service postal depuis plus d’une vingtaine d’années. Cette refonte des livraisons est en lien, selon les chauffeurs, avec le dispositif « Log’issimo », un service présenté par La Poste comme une réponse aux « enjeux de la logistique du premier et du dernier kilomètre », proposant des livraisons diversifiées. « Ils ont mis en place les nouvelles tournées sans venir nous en parler ! Mais on va faire plus de kilomètres, finir plus tard… Et sans compensation ! », dénonce Stéphane. Autour de lui, ses collègues approuvent d’un signe de tête. « On n’a pas de reconnaissance de notre travail ! Pour eux, ce n’est pas fatigant ce qu’on fait », poursuit Christophe, également chauffeur depuis plusieurs dizaines d’années.

    Concrètement, la nouvelle organisation les obligerait à se rendre quasi systématiquement à la plateforme industrielle de courrier Marseille-Provence (PIC Vitrolles) avant de revenir aux Aygalades. À cela s’ajoute le rude quotidien des petites mains du service postal : « On n’a pas de 13e mois, peu de primes, des amplitudes horaires de travail de dingue… La pénibilité de notre travail n’est pas reconnue », poursuit Christophe. Le tout, pour des salaires au ras des pâquerettes. Deux livreurs de moins de trente ans déplorent des salaires nets de « 1 425 et 1 400 euros par mois », pour respectivement 6 et 7 ans d’ancienneté. On comprend mieux leur revendication d’une « prime compensatoire » de 500 euros pour ladite réorganisation.

    Échec des négociations

    Contactée précédemment, La Poste confirmait la volonté de réorganisation, mais avec une analyse tout autre de la situation : « Un projet est en cours sur l’organisation du transport, avec pour objectif de recentrer les chauffeurs sur leur cœur de métier, à savoir la conduite de poids lourds, en les déchargeant progressivement des tâches de manutention. » Avant de battre en brèche les accusations de dialogue social au point mort : « Il fait l’objet du dialogue social toujours en cours à La Poste. » Reste qu’une réunion de négociations s’est déroulée dans l’après-midi, réunissant grévistes, la CGT et la direction. « La direction n’a rien lâché, il y a eu un refus sur tous les points des revendications », relate Stella Estaque pour la CGT. Les grévistes se réunissent donc à nouveau, ce jeudi, pour étudier les suites à donner au mouvement.

  • L’hommage de Payan à Jean-Claude Gaudin

    L’hommage de Payan à Jean-Claude Gaudin

    Ils sont venus, ils sont tous là, ce mercredi matin, face à la fontaine de l’Espérance qui marque l’entrée du parc du XVIe centenaire, dans le 6e arrondissement de Marseille. Un an après la décision du conseil municipal de donner le nom de Jean-Claude Gaudin au parc qu’il avait lui-même créé, il y a près d’un quart de siècle, les élus et personnalités de tous bords sont venus nombreux pour l’inaugurer, et en particulier les très proches de l’ancien maire, son directeur de cabinet Claude Bertrand et son adjoint Jean-Pierre Chanal. Sur le premier rang protocolaire, de Martine Vassal à Sabrina Agresti-Roubache, ne manquait que le président (Ren.) de Région Renaud Muselier, représenté par son vice-président Ludovic Perney (LR).

    « Éviter les fractures »

    « Ce parc, il me le disait souvent, c’était l’une de ses plus belles satisfactions, parce qu’il s’agissait de planter un poumon vert en cœur de ville, revitaliser des quartiers en déshérence », salue, sur l’estrade installée, Philippe Girard, qui lui a succédé à la tête de l’association Marseille Espérance. Et de rappeler la gare en déshérence qu’était cet espace, les négociations avec le ministre communiste des Transports de l’époque, Jean-Claude Gayssot, pour l’aménager. « Penser un parc urbain là où d’autres imaginaient béton, centre commercial et autres projets rémunérateurs, tout est dit de sa volonté de préférer le geste qui rassemble à celui qui fracture », insiste-t-il face aux représentants des cultes et de l’Académie des Sciences, lettres et arts de Marseille.

    Après avoir dressé le portrait, vendredi en conseil municipal, d’un maire trompé par son entourage sur l’état des écoles de Marseille, le maire (DVG) Benoît Payan lui rend aussi hommage. « Jean-Claude Gaudin n’aura hérité de rien, il aura tout gagné, tout arraché à sa propre condition, au jugement de sa propre famille politique comme aux combats électoraux qu’il aura menés », salue l’ancien opposant. Il rappelle ses réalisations, le Mucem, le stade Vélodrome, ce parc du XVIe centenaire, « un de ses premiers rêves ». « Il n’a pas eu que des mots d’amour pour Marseille, il a eu aussi des actes d’amour », lance-t-il. Avant de rappeler : « Il nous a souvent dit que la première mission d’un maire, c’était de rassembler, pour éviter les fractures. C’est cela que je veux retenir. » Un message adressé à la candidate de la droite Martine Vassal ? « Dans une matinée d’hommages, je ne vais pas commencer à porter des coups, répond-il à la presse. Ce qui m’inquiète, c’est d’abord le Rassemblement national, pas sa copie. » Au premier rang, l’intéressée, privée de parole, ne cachait pas sa colère. « Faire de ce moment de recueillement un instant de récupération politique est une erreur », partageait-elle à travers un communiqué de presse en amont, confiant sa « profonde déception » de n’avoir pu parler. Une demande des proches de l’ancien maire, qui souhaitaient l’hommage le plus sobre possible, indique la municipalité. « Je crois que Jean-Claude Gaudin aurait été heureux que cette inauguration se soit passée comme ça, et très fier que ce parc porte son nom », partage, parmi ses fidèles, Jean-Pierre Chanal. La politique, disait l’ancien maire, n’est pas tout.