Tag: Bouches-du-Rhône

  • Drogue : pour Macron, la répression en totem

    Drogue : pour Macron, la répression en totem

    Mettre un fléau systémique sur le dos des individus. C’est du libéralisme pur sucre. Et sans surprise, c’est l’essentiel du message du président de la République délivrée mardi à Marseille pour répondre au narcotrafic. En opposant les habitants des quartiers qui subissent de plein fouet la guerre de la drogue et ceux qui achètent ces produits, sous-entendus les « petits-bourgeois » des beaux quartiers, Emmanuel Macron ne fait pas avancer d’un iota le débat. Croit-il sérieusement que le passage de 200 à 500 euros de l’amende pour consommation va stopper l’usage de la drogue ? C’est faire fi de la dimension addictive et du problème de santé publique liée à la consommation de stupéfiants en France. Elle touche toutes les catégories sociales. Les trafiquants le savent.

    Marché de la mort

    Certes le président de la République a aussi parlé démantèlement des réseaux, de têtes aux manettes de ce marché de la mort à faire tomber. Mais les mots doivent être suivis d’actes courageux, concrets. L’État va-t-il prendre langue avec les dirigeants des pays producteurs à l’instar du Maroc ? Va-t-il enfin doter le port de Marseille de détecteurs efficaces pour ausculter les containers ? Va-t-il, cet État si répressif, donner tous les moyens à la justice – autre que des places de prison – pour lutter contre la corruption, mener des enquêtes, remonter les réseaux ? Va-t-il rétablir la police judiciaire démantelée ? Va-t-il protéger ceux qui osent parler, dénoncer ? La réponse à la pieuvre doit être multiforme et ne peut se payer de formules. L’État doit y mettre tous les moyens.

  • Un président les mains presque vides

    Un président les mains presque vides

    Un mois après l’assassinat de Mehdi Kessaci, le président de la République était particulièrement attendu à Marseille ce mardi, pour apporter des réponses face aux menaces du narcotrafic. Mais à l’issue de cette visite marathon, il n’aura guère sorti de ses poches qu’une seule nouvelle proposition, celle de sanctionner toujours plus durement les consommateurs de drogue avec une amende forfaitaire délictuelle passant de 200 à 500 euros. Déroulant pour le reste les actions déjà lancées dans le cadre du plan Marseille en grand.

    Taper le portefeuille

    « Nous avons tous une pensée pour la famille de Mehdi Kessaci après le drame qui s’est passé », a commencé Emmanuel Macron au cœur de l’entrepôt solidaire de la CMA CGM, à la Joliette, après s’être recueilli sur la tombe du jeune homme en présence de sa famille. « On avait déjà commencé le combat, et je vais tenir les engagements que j’ai pris », assure il au milieu des cartons d’aide humanitaire, entouré par quelque deux cent personnalités triées sur le volet pour un « Face aux lecteurs » de La Provence. Il énumère la création de l’Office anti-stupéfiants (Ofast), les renforts de police à Marseille avec 300 policiers en plus depuis 2021, l’arrivée de nouveaux magistrats. « Nous avons diminué par deux le nombre de points de deal physiques, je sais que c’est dur à entendre, mais on ne lâche rien », assène-t-il. Et d’annoncer le passage à une deuxième étape, après l’adoption de la loi narcotrafic au mois de juin. Le parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco) sera installé le 5 janvier, à Paris malgré les demandes des élus marseillais, les initiatives diplomatiques se poursuivront dans les prochains jours pour pouvoir arrêter les têtes de réseau à l’étranger tandis que l’action continue à l’échelon européen pour peser sur des réseaux sociaux de plus en plus mêlés au narcotrafic, des ventes en ligne à l’embauche des petites mains, jusqu’aux images des exécutions. « On ne doit rien lâcher, on doit pilonner », insiste Emmanuel Macron.

    Mais c’est face aux consommateurs qu’il durcit le ton. « Rien de tout ça n’arriverait s’il n’y avait pas des gens qui achètent de la cocaïne, du hash, lâche-t-il. Moi j’en ai ras-le-bol d’avoir des jeunes qu’on pleure et dans d’autres quartiers des gens qui considèrent que c’est festif d’acheter de la drogue. » Et donc d’annoncer cette hausse de l’amende forfaitaire délictuelle. « Il faut taper au portefeuille ceux qui consomment », défend-il, promettant une nouvelle campagne de communication.

    Mais au milieu de l’entrepôt glacial, il reste sourd aux interpellations des acteurs du terrain. « On voit les budgets des services publics diminuer drastiquement, les centres sociaux, les missions locales qui sont une part essentielle de la lutte contre le trafic perdre beaucoup », alertait Fadella Ouidef, de l’association culturelle Busserine, rappelant les coupes de la Métropole et de la Région. « L’État ne peut pas se substituer aux associations, c’est à vos collectivités de le faire », balaie Emmanuel Macron. Le plan Marseille en grand, répète-t-il, avec ses trois milliards d’euros de l’État déjà engagés, « est un plan qui n’a pas d’équivalent ailleurs ».

    « L’amende, c’est un pansement sur une jambe de bois, lâche de son côté l’éducateur spécialisé Mohamed Benmeddour à la sortie des échanges. Un jeune au chômage, qu’est-ce que vous voulez qu’il en ait à foutre ? » Et de témoigner : « Ces jeunes, ils se disent que ce qui va les sortir de la misère sociale, c’est le narcotrafic. Tu vas pouvoir dealer 6 mois puis acheter un commerce. »

    « On n’arrive pas à suivre »

    Les chantiers promis par l’Élysée sont pourtant bien sortis de terre, et le président de la République tour à tour s’est rendu au nouveau commissariat des 13e et 14e arrondissements (13,5 millions d’euros), puis à l’extension du centre pénitentiaire des Baumettes 3 (92 millions d’euros). Des avancées saluées par les agents concernés. Mais malgré tout, le désarmement des services publics s’y fait aussi sentir. « Il nous manque du matériel, des balises, expose une capitaine de l’Ofast. On doit prioriser des dossiers, c’est compliqué au quotidien. On n’arrive pas à suivre la grande criminalité. » « On retrouve une situation équilibrée, mais il y a un déficit de personnels, reconnaît de son côté le chef d’établissement des Baumettes, Jean-Marie Landais. On espère récupérer des sorties d’école en mai pour avoir des effectifs complets. » Le président, lui, écoute, puis part. Sans que la presse ne puisse lui poser de questions.

    Et aussi

    Feu vert pour la rénovation des copropriétés dégradées

    C’est en fin de journée, sur le chantier de construction de la nouvelle gare Saint-Charles souterraine, que le président de la République a annoncé que les quatre opérations marseillaises d’intérêt national de requalification des copropriétés dégradée ont obtenu le feu vert du Conseil d’État. « On sait que c’est une des choses les pires en matière de rénovation urbaines, partageait Emmanuel Macron. Quand on a plein de copropriétaires, on n’arrive pas à avancer. » De quoi déroger au droit commun pour rénover les 2 450 logements des Rosiers (14e), de Consolat (15e), du Mail (14e) et de la Maurelette (15e). Quant aux transports, la présidente (DVD) de la Métropole Martine Vassal se félicitait d’avoir déjà consommé le milliard d’euros de subventions : « Tout ce que j’espère, c’est que prochainement nous allons pouvoir renouveler ce contrat. »

    Une loi pour une majorité numérique en janvier

    À l’occasion de son tour de France de la presse quotidienne régionale imposé aux grands éditeurs par l’Élysée, le président de la République a répété, comme lors des précédents rendez-vous, son souhait : « L’idée, c’est d’arriver au début de l’année prochaine avec un texte qui définit la majorité numérique à 16 ans. » C’est qu’il a fait le constat, après des rencontres répétées auprès des propriétaires des réseaux sociaux, que « ceux qui produisent ces contenus ne sont pas intéressés par la santé mentale des jeunes, pour eux, ce ne sont que des produits ». Résolu à pousser au niveau européen pour faciliter la censure de contenus mensongers susceptibles de créer des troubles à l’ordre public, il ne rappelle que par un mot, à la fin, les besoins de trouver un modèle économique pour la presse, après les travaux des états généraux de l’information. Plus intéressé pour débrider la législation sur l’IA.

  • La Région Sud promet 500 millions pour la Défense et la sécurité

    La Région Sud promet 500 millions pour la Défense et la sécurité

    En partenariat avec le ministère des Armées et des anciens combattant, la Région Sud a lancé mardi en grande pompe l’Opération d’intérêt régional (OIR) Défense et Sécurité. Celle-ci s’articule autour de 7 priorités et de 50 actions déjà identifiées, qui doivent être rendues possible grâce à la mobilisation de 500 millions d’euros d’ici la fin du mandat.

    Une initiative qui s’inscrit dans la dynamique sécuritaire et militariste de la collectivité, entamée le 27 mars par Renaud Muselier (Ren.), président de la Région Sud, qui organisait alors une « agora de l’économie de défense ». « Avec cette OIR, la Région ne change pas de cadre, elle accélère. Elle met de la méthode, des moyens, de la clarté politique au service de la défense nationale, au service de la sécurité française, au service de la souveraineté de notre territoire et de la France », a lancé mardi Renaud Muselier, après avoir rappelé la place de choix qu’occupe PACA dans l’écosystème de la défense nationale, identifié comme « la première région militaire de France ». Yves Metayer, officier général de la zone de défense et de sécurité Sud, a quant à lui vivement soutenu la démarche initiée par la collectivité, la qualifiant de « formidable opportunité » pour « capitaliser sur les atouts de la Région Sud, terre de défense historique ».

    Renaud Muselier s’inscrit dans la ligne d’Ursula Von der Leyen, présidente de la Commission européenne, qui le 4 mars a lancé le plan ReArm Europe, promettant la mobilisation de 800 milliards d’euros dans les prochaines années pour renforcer la structure de défense européenne. Et dans celle du président de la République qui promet à la France « une économie de guerre ». Yves Metayer voit ces investissements militaires massifs de la Région comme une indispensable réponse au « contexte géopolitique instable ». « A l’heure où l’évolution du contexte stratégique impose d’accélérer la transformation de nos armées et notre industrie de Défense afin de les préparer aux engagements les plus durs, la synergie entre les différents acteurs conditionne directement le succès », a-t-il assuré. Alors, pour se préparer à toute éventualité, y compris à un potentiel « retour de la guerre », la Région entend, par cette OIR, soutenir la production d’équipement de défense, le développement de grandes infrastructures industrielles et d’entraînement des forces, l’innovation et la recherche, l’emploi dans le secteur mais aussi améliorer les moyens logistiques, de santé et de transport, augmenter les capacités de logement pour les forces et, enfin, permettre un « renforcement de l’esprit de défense ». Tout un programme.

  • « Taper au portefeuille ceux qui consomment » : Emmanuel Macron veut augmenter l’amende de 200 à 500 €

    « Taper au portefeuille ceux qui consomment » : Emmanuel Macron veut augmenter l’amende de 200 à 500 €

    Défendre le bilan du plan Marseille en grand. C’était l’objectif de la venue d’Emmanuel Macron, ce mardi 16 décembre, dans la cité phocéenne. Mais un mois après l’assassinat de Mehdi Kessaci, la lutte contre le narcotrafic était au centre des préoccupations.

    Alors que des annonces d’ampleur étaient attendues, ce sont les consommateurs de drogue que le chef de l’État a, pour l’heure, choisi de cibler, en passant l’amende forfaitaire de 200 à 500 €. « Rien de tout ça n’arriverait si des gens n’achetaient pas de la drogue. On a mis en place une amende forfaitaire délictuelle et on va la passer à 500 €, il faut taper au portefeuille ceux qui consomment, comme il faut que toute personne qui consomme se dise qu’elle alimente le narcotrafic », assure Emmanuel Macron.

    « On a tous une pensée pour la famille de Mehdi Kessaci après le drame qui s’est passé. Je sais l’engagement que j’ai pris vis-à-vis de cette famille et je vais tenir les engagements que j’ai pris », affirme le chef de l’État.

  • Les syndicats réclament des moyens

    Les syndicats réclament des moyens

    « Qu’ils inaugurent, c’est bien mais qu’ils respectent aussi les engagements d’échelonner l’ouverture, nous serons vigilants. » À la veille de la venue d’Emmanuel Macron pour inaugurer les Baumettes 3, Catherine Forzi, surveillante pénitentiaire et déléguée FO Justice, réclame des effectifs. Après l’ouverture d’un quartier homme mi-novembre, d’un autre la semaine suivante, un troisième va suivre en janvier, précise-t-elle. Mais il manquera toujours une vingtaine d’effectifs pour permettre le fonctionnement des deux « quartiers de confiance », en mai, où les détenus peuvent, durant la journée, circuler librement dans les coursives, assure-t-elle.

    Le chef de l’État n’a pas prévu de recevoir les organisations syndicales, mais Aïcha Khelfa, secrétaire régionale adjointe de la CGT Pénitentiaire a tout de même un message à lui faire passer : « qu’avec le ministre, ils se donnent les moyens humains et financiers de leurs ambitions ! Nous sommes la troisième force d’État mais la cinquième roue du carrosse. »

    Elle insiste aussi sur les effectifs : « on ne sait pas ce que ça va donner à la prochaine sortie de l’Enap [École nationale d’administration pénitentiaire Ndlr]. Il manque des personnels aussi dans l’insertion, la probation, l’administratif… » Ce qu’elle craint, c’est le transfert de détenus depuis les autres établissements, surtout avec l’ouverture du quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) à Luynes. De manière plus générale, sur les mesures prises dans les établissements pénitentiaires comme les « fouilles XXL » qui ont permis de saisir le 11 décembre, 44 téléphones et 70 g de substances illicites, rappelle FO, les deux syndicats appellent à plus de discrétion. « Le ministre communique à outrance, les détenus ont la télé » résume Aicha Khelfa, qui là encore, réclame des effectifs et un assouplissement de l’article 57 de la loi pénitentiaire du 24 novembre 2009 pour permettre des fouilles plus « systématiques. »

  • [Rue de la République] Posez vos questions à notre invité Jacques Witkowski

    [Rue de la République] Posez vos questions à notre invité Jacques Witkowski

    [#RueDeLaRépublique] Posez vos questions à notre invité Jacques Witkowski : lutte contre le narcotrafic, effectifs de police, ligne THT, avenir industriel, logement social, transports, plan Marseille en grand…

    À vous la parole ⬇️

  • [Entretien] Marc Poggiale et Jean-Luc Corréard : « Nous voulons assurer une sécurité totale de ce Grand prix »

    [Entretien] Marc Poggiale et Jean-Luc Corréard : « Nous voulons assurer une sécurité totale de ce Grand prix »

    Le Grand prix de Marseille – La Marseillaise fait figure, comme chaque année, de lancement de la saison cycliste. En France, c’est la toute première épreuve du calendrier, où toutes les équipes font tourner les jambes pour la première fois de l’année. L’édition 2026 se disputera le 1er février, Marc Poggiale et Jean-Luc Corréard évoquent les premiers détails de l’événement, à un mois et demi du jour-J.

    La Marseillaise : Qu’est-ce que représente le Grand prix cycliste de Marseille – La Marseillaise ?

    Marc Poggiale : Déjà, la première chose, c’est qu’il y aura un Grand prix. Il va avoir lieu le 1er février 2026, ce sera la 48e édition. L’épreuve s’inscrit dans une semaine de compétition cycliste dans le sud de la France, en compagnie de l’Étoile de Bessèges (4-8 février). Nous sommes intimement liés. Le Grand prix cycliste de Marseille – La Marseillaise s’inscrit dans l’ensemble des démarches du journal et dans les événements qu’il veut développer. La course se déroule le 1er février donc normalement, il fera beau. En tout cas, on l’espère.

    Jean-Luc Corréard : Le Grand prix marque le début des compétitions cyclistes professionnelles sur le territoire français. C’est traditionnellement la première épreuve pro, il n’y en a pas d’autres avant, même si maintenant ils ont l’habitude d’aller dans d’autres territoires [notamment en Australie avec le Tour Down Under, dès le 20 janvier, Ndlr]. C’est donc un rendez-vous important et suivi par le monde du cyclisme, car c’est là que l’on va découvrir les nouveaux maillots, les nouvelles mutations, les équipes… La course fait partie de la Coupe de France – FDJ United Series, qui regroupe 17 épreuves sur le plan national, avec un classement national. Et nous sommes donc la première de ces 17 épreuves.

    Quel est le nombre de personnes mobilisées pour organiser un tel événement ?

    M.P. : C’est l’un des éléments importants, dans notre façon de faire, de travailler. Le Grand prix cycliste de Marseille – La Marseillaise est construit grâce à une équipe de bénévoles. Actuellement, lors de la préparation, il y en a quelques dizaines mais il y en aura beaucoup plus au moment où va se tenir l’épreuve. Il faut un tas de gens sur le parcours, au départ, à l’arrivée, pour assurer la sécurité, le service, la prise en charge des coureurs et pour tous les spectateurs. Dans le monde du sport, sans les bénévoles, on ne peut pas faire grand-chose, donc c’est bien de les mettre en valeur.

    J.-L.C. : Nous aurons aussi un grand renfort de la gendarmerie d’un point de vue sécurité, nous aurons plus de 250 signaleurs, 25 gendarmes cyclistes.

    Pouvez-vous me détailler le parcours de cette 48e édition du Grand prix ?

    J.-L.C. : Le départ fictif sera donné à Château-Gombert puis le réel sera dans le village de Plan-de-Cuques. On va ensuite passer par Gréasque, Fuveau, Belcodène, Trets avant de monter le Pas de la Couelle (5,9 km à 4,6% de pente moyenne), qui est surnommé par les cyclistes « Le Petit Galibier ». Ensuite, les coureurs passeront par Nans-les-Pins, Gémenos, Cuges-les-Pins, Le Castellet avec, donc, un petit passage dans le Var. Ils iront à Roquefort-la-Bédoule, prendront le Pas d’Ouillier (2,3 km à 3,5%) à l’envers, franchiront le col de la Gineste (7,4 km à 3,2%) avant l’arrivée au Stade Vélodrome, ce qui n’avait pas été possible pour l’édition 2025. Un parcours qui sera entre l’est des Bouches-du-Rhône et l’ouest du Var. Les deux classements de la montagne seront au col de l’Espigoulier et au Pas de la Couelle. Le départ est prévu à 12h30 et l’arrivée aux alentours de 16h, pour 149 km de course.

    C’est la descente de la route des Crêtes qui était jugée dangereuse ?

    J.-L.C. : Nous voulons assurer une sécurité pleine et totale de cette épreuve, le comité d’organisation dirigé par Marc Poggiale a décidé de ne plus prendre la route des Crêtes cette année. C’est un secteur dangereux. Il y avait la possibilité de la prendre dans le sens inverse, mais cela n’a pas été retenu. Ça doit être notre leitmotiv, car il y a eu une attaque, notamment sur l’Étoile de Bessèges l’année dernière, pour dire que les organisateurs ne prenaient pas assez en compte la sécurité. Ce qui n’est pas vrai.

    Sur l’aspect sportif, que pouvez-vous révéler à l’heure actuelle ?

    J.-L.C. : Les engagés, je ne les connais pas car ce sont les équipes qui décident. Tout ce que l’on peut dire, c’est que nous aurons les deux équipes World Tour françaises [la première division mondiale du cyclisme, Ndlr], que sont Decathlon – CMA CGM et Groupama – FDJ, l’équipe du patron Marc Madiot, mais aussi de Maxime Decomble, jeune cycliste de La Ciotat (vice-champion d’Europe espoirs et 5e du Tour de l’Avenir) désormais intégré à l’équipe World Tour. Les Pro Team françaises (la deuxième division) seront également là, avec notamment Cofidis et Total Energies. Il y aura des équipes italiennes, espagnoles et des équipes comme Team Nice-Métropole Côte d’Azur ou Vélo Club Roubaix. D’ici la fin de la semaine, je pense que l’on pourra sortir le plateau complet avec toutes les équipes.

    M.P. : Ce plateau, ce sera 18 équipes, allant du World Tour aux équipes dites continentales.

    Quelles sont les actions prévues autour de la course ? Il y aura des animations ?

    M.P. : Nous allons avoir une conférence de presse le 15 janvier où nous allons présenter la course sous tous les angles. C’est-à-dire les équipes confirmées, tous les détails du parcours, les spécificités, les difficultés etc. On donnera des informations au fur et à mesure que les partenariats sont confirmés. On est en train de finaliser plein de choses sur la course et, tout autour de ça, on va mettre en place un certain nombre d’animations.

    La 48e édition du Grand prix cycliste de Marseille – La Marseillaise se déroulera le 1er février 2026, avec une boucle de 149 km entre Château-Gombert et le Stade Vélodrome.

  • OM : une victoire de caractère pour rester sur le podium

    OM : une victoire de caractère pour rester sur le podium

    Au-delà du facteur chance qui peut intervenir dans une rencontre sportive, l’OM et l’AS Monaco se sont livrés une belle bataille, dimanche soir au stade Vélodrome, pour la 16e journée de championnat. « C’était un très beau match, pour le public comme pour les entraîneurs », souligne Roberto De Zerbi, l’entraîneur marseillais. « Les deux équipes se sont créées beaucoup d’occasions, et quand on en crée autant, il y a forcément des erreurs défensives. Monaco est un adversaire fort, mais je pense que nous avons mérité de gagner. La première période nous a offert les meilleures occasions, et la seconde a été plus équilibrée. C’est une victoire de caractère », poursuit le technicien italien, conscient que son équipe avait clairement la possession du ballon (62%), avec 18 occasions de son côté contre 12 pour les Monégasques. « On doit améliorer notre jeu, on doit être plus propres dans la sortie du ballon. La pression de Monaco n’était pas très différente de celle du PSG. Les faits sont là, et ils parlent d’eux-mêmes. »

    Toujours dans les faits, Mason Greenwood a parfaitement joué son rôle de chef d’orchestre sur le terrain, tout en se montrant décisif en fin de match pour apporter trois points précieux à l’OM. Ce dernier termine ainsi l’année 2025 à la troisième place du championnat, à quatre points du Paris Saint-Germain et à cinq longueurs du Racing Club de Lens. « Mason a déjà montré toute sa qualité », estime le défenseur latéral gauche italien Emerson Palmieri. « Vous le connaissez depuis l’an dernier. C’est un joueur très important pour nous, parce qu’il est capable de tout faire : relier l’équipe, créer du jeu, marquer. »

    Projection en janvier

    Un autre protégé de Roberto De Zerbi s’est une nouvelle fois illustré face aux joueurs de Sébastien Pocognoli : Gerónimo Rulli. Le gardien argentin a multiplié les parades pour éviter aux Olympiens d’être dominés au tableau d’affichage. « Rulli a été très bon, les sauvetages de Weah et Aguerd nous ont aidés. On a joué avec courage. Je pense qu’il y a des situations qu’on doit mieux défendre. Le hors-jeu se joue de peu, il y a des fois où ça tombe dans notre sens », reconnaît l’ancien manager de Brighton, qui n’a toujours pas digéré les erreurs commises par le passé. « Je suis plus déçu d’avoir perdu des points contre Angers, Toulouse que d’être content d’être troisième. En Ligue des champions, on a fait des erreurs aussi. Je pense qu’après les fêtes, on va être content mais pas satisfait pleinement. C’est la mentalité pour devenir une grande équipe », ajoute-t-il, désormais tourné vers le dernier match officiel de l’année pour les Marseillais, dimanche 21 décembre à Bourg-en-Bresse, à l’occasion du 32e de finale de la Coupe de France.

    « La reprise au mois de janvier sera cruciale : dix matches en trente-cinq jours. Il faudra mettre le turbo, tout le monde devra s’impliquer. Les matches contre Lens et le PSG arrivent dans une période clé. Si on est au complet, je pourrai mieux gérer les énergies. Avec des retours comme Medina, Traoré ou Gouiri, ce sera plus simple de gérer le groupe. »

    Longoria évoque la course au titre et le mercato d’hiver

    Avant le coup d’envoi de la 16e journée entre l’OM et l’AS Monaco, le président Pablo Longoria a fait le point sur les ambitions du club, au micro de Ligue1+. « La question des titres est toujours présente à Marseille, il faut avoir de l’ambition. Pour nous, l’essentiel est de nous concentrer sur ce que nous pouvons contrôler, c’est-à-dire les prochains matches. Le moment pour faire un vrai bilan viendra plutôt en mars ou en avril, car la saison passe très vite », a-t-il déclaré. En ce qui concerne le futur mercato d’hiver, « l’objectif n’est pas d’accumuler des joueurs, mais de réduire certaines inefficiences dans l’effectif afin d’ajuster les coûts. Nous devons faire les comptes, en tenant compte du retour de joueurs importants, et rester prudents », a-t-il ajouté.

  • La tour de Babel Music XP va accueillir le monde à Marseille

    La tour de Babel Music XP va accueillir le monde à Marseille

    De retour pour sa 4e édition, qui se tiendra du 19 au 21 mars. 2026, Babel Music XP a dévoilé il y a quelques jours sa sélection officielle. Si ce forum et marché international à taille humaine s’impose peu à peu à la force de ses bras et tête au service de la filière musicale dans un secteur plus que jamais concentré dans les griffes des multinationales, il propose aussi une partie festival et grand public. Si les théâtres de ces musiques du monde propagées par des artistes prometteurs et chevronnés n’ont pas encore été annoncés, la seule certitude résidant dans le fait que le public les trouvera dans des salles du centre-ville comme l’an passé, on connaît désormais les 31 groupes qui garniront la programmation.

    « Ces projets investiront Marseille et ses lieux culturels, faisant dialoguer esthétiques, langues et imaginaires au fil de trois jours et trois nuits de découvertes sonores », indiquent les organisateurs de cet événement. Issus de « 25 pays et réunissant 111 artistes », des groupes qui feront voyager le public dans ce que les musiques actuelles du monde ont de plus électrisant.

    Notes mondiales en fusion

    Du Liban à la Corée du Sud en passant la Mongolie, l’Asie et le Moyen-Orient figurent parmi les parties du globe les plus représentées lors du 4e Babel Music XP. Avec quelques groupes aux sons venus de Palestine, cette terre aux inspirations musicales toujours prolixes, pluriséculaires mais aussi diablement modernes véhiculés par sa diaspora. Tel est le cas du multi-instrumentiste « parcouru par l’exil » Ahmed Eid, « qui fait le lien entre ses ancrages, entre Ramallah et Berlin » à travers un « répertoire de chansons pop mêlant musiques arabes traditionnelles et contemporaines, groove lancinant et arrangements électroniques ».

    L’Afrique et l’Amérique du Sud ne seront pas non plus en reste. Entre autres illustrations, le duo congolais « électro-punk et afro-rap » Article 15 ou encore la chanteuse et percussionniste vénézuélienne Rebecca Roger Cruz dont la voix ensorcelante, nourrie aux rythmes afro caribéens, se répand sur des rythmes rock comme flamenco et jazz. Le continent européen sera aussi dignement représenté, de « la nouvelle voix intense des traditions populaires italiennes ». Lavinia Mancusi aux polyphonies occitanes revisitées par le duo Cocanha.

    www.babelmusicxp.com

  • [Théâtre] « Un homme sans titre », hommage d’un fils à son père

    [Théâtre] « Un homme sans titre », hommage d’un fils à son père

    « Après la mort de mon père en 2020, j’ai partagé sa vie dans Un homme sans titre. J’ai voulu restituer son parcours, lui qui était taiseux et ne se plaignait jamais », écrivait Xavier Le Clerc. C’est cet ouvrage paru en 2022 que Jean-Louis Martinelli et Mounir Margoum adaptent du mardi 16 au samedi 20 décembre au Théâtre des Bernardines. Cet homme, c’est Mohand Saïd Aï-Taleb, engagé comme métallurgiste dans le Calvados, essoré par le labeur, les brimades et le racisme quotidien pendant les 30 glorieuses. Incarné seul sur scène par Mounir Margoum, « un ouvrier algérien noyé dans la masse de la main-d’œuvre pas chère », de retour dans son pays natal en 1979 où il épouse celle qui deviendra la mère de l’auteur.

    Dans les pas de Camus

    « Après le choc pétrolier, écrit encore Xavier Le Clerc, Mohand-Saïd aurait pu accepter la prime au retour de Giscard d’Estaing, de quoi se payer un aller simple et définitif. Une sorte de prime à la casse pour les immigrés relégués comme de vieilles machines, des bougnoules comme disaient les racistes de l’époque, mot qu’enfant, je confondais avec bagnoles, oui des bagnoles devenues inutiles, que nombre de politiques populistes rêvent encore de comprimer en César. »

    Un homme sans titre prend ainsi la forme d’une « chronique d’émancipation » dédiée à son père, dixit Jean-Louis Martinelli, pour lequel Xavier Le Clerc s’est inscrit « dans les pas d’Albert Camus et de son reportage en 1939, Misère de la Kabylie où est né le héros du roman quelques années plus tôt ».

    Places encore restantes pour les mercredi 17 (19h), jeudi 18 et samedi 20 décembre (20h). Entre 10 et 38 euros. www.lestheatres.net