Tag: Bouches-du-Rhône

  • L’envers du décor tisse sa toile au Canebière film festival

    L’envers du décor tisse sa toile au Canebière film festival

    Appartenant depuis plus d’un an aux mêmes propriétaires, Philippe Dejust et Alexis Dantec, les cinémas les Variétés et l’Artplexe lancent la première édition du Canebière film festival. « On voulait créer un événement commun entre les deux salles pour que les spectateurs de l’un puissent se familiariser à l’autre », rappelle Emmanuelle Meilhoc, coordinatrice de cette manifestation qui démarre mercredi 8 octobre.

    Piochant aussi bien du côté des films d’art et essai que grand public, le festival entend souligner « le travail des techniciens de cinéma. Des postes rarement valorisés. En plus, après l’Ile-de-France, on est la deuxième région en termes de jours de tournage. Ce vivier de compétences, il fallait le mettre en avant », constate-t-elle.

    Chaque édition se focalisera sur un métier en particulier. Pour la première, place aux décorateurs, avec une invitation particulière faite à Katia Wyszkop. Les spectateurs auront l’occasion d’échanger avec cette cheffe décoratrice ayant notamment travaillé avec Maurice Pialat pour Sous le soleil de Satan, Palme d’or controversée du festival de Cannes 1987. Ou, plus récemment, Vie privée, film réalisé par Rebecca Zlotowski, avec Jodie Foster et Daniel Auteuil au casting, projeté en avant-première aux Variétés. « Katia Wyszkop a commencé à travailler dans les années 1980. Elle avait fait
    les Beaux-Arts ainsi que des études d’architecture
     », situe Emmanuelle Meilhoc. « Elle a vécu des débuts difficiles auprès de Maurice Pialat, qui n’était pas si simple que ça », euphémise-t-elle. « D’autant plus que les femmes décoratrices se faisaient rares à l’époque. »

    De « Météors »

    à « L’Engloutie »

    En ce qui concerne les longs-métrages en compétition au Canebière film festival, chaque projection sera accompagnée de techniciens ayant officié sur l’œuvre. Parmi ceux-ci, le réalisateur Hubert Charuel ainsi que le chef décorateur Thomas Grézaud pour Météors, fruit d’un « travail incroyable pour reconstituer un site de déchets nucléaires », ou encore Louise Hémon et Anna Le Mouël pour L’Engloutie. « Un film qui parle d’une jeune institutrice au XXe siècle qui vient enseigner dans un village reculé des Alpes françaises. C’est presque un huis clos qui a été tourné à plus de 2 500 m d’altitude, dont les décors ont nécessité beaucoup de neige et d’éléments naturels. Le décor est encore plus important dans ce genre de dispositif », éclaire Emmanuelle Meilhoc. « Et avant chaque séance », précise son alter ego Antoine Bertrand, « on projettera un court-métrage réalisé par des élèves d’écoles de la région, issus du master d’écriture documentaire d’AMU, de la CinéFabrique, de Kourtrajmé, de la classe préparatoire cinéma du lycée Marseilleveyre, et de la Satis, à Aubagne ».

  • Un cargo à voile pionner en escale à Marseille

    Un cargo à voile pionner en escale à Marseille

    Sur la traversée Atlantique, on envisage d’utiliser uniquement la voile. Les moteurs de propulsion nous servent seulement à sortir du port et à y rentrer. » Entre deux coups de talkie-walkie avec son équipage, Mathieu Poulain, commandant du Neoliner Origin, ne cache pas sa satisfaction de naviguer avec le « premier cargo roulier de grande capacité à propulsion principale vélique du monde ».

    Entendez par là le premier navire de commerce à voile, de dimension industrielle. Et quelles voiles ! 3 000 m² de voilure total, en panneau de carbone avec un intérieur en fibre de verre, sur deux mats en carbone « Made in France » de plus de 70 m de haut et « autoporteurs »…

    Quand le Neoliner Origin déploie sa voilure en accordéon dans le port de Marseille, elle cache le soleil pour les dockers depuis les quais. « C’est carrément différent. Quand on est à la voile, au niveau des vibrations et du bruit, je n’ai jamais connu un navire aussi confortable depuis ma cabine. C’est dingue », poursuit le capitaine Mathieu Poulain. En escale à Marseille avant de prendre le large vers Nantes, son port d’attache, la CMA CGM et Neoline présentaient cette « innovation » qui pourrait bien être la première pierre d’un nouveau genre de fret maritime.

    « Décarboner à 80 % »

    « Il a une capacité de 1 200 mètres linéaires, c’est l’équivalent de 350 à 400 voitures, il peut aussi transporter des conteneurs, pour une capacité de 265 EVP [équivalents vingt pieds, Ndlr] », explique Jean Zanutti, président de Neoline, compagnie dont la CMA CGM est au capital. « C’est le premier navire dont le moyen de propulsion principal est la voile, contrairement à d’autres navires qui ont des aides à la propulsion, mais ce ne sont que des aides. Là, on va décarboner le transport jusqu’à 80 % », abonde Xavier Leclercq, vice-président du groupe CMA CGM, en charge des constructions neuves. Et le Neoliner Origin ne souffre pas de la comparaison avec ses homologues consommateurs de carburant. « En moyenne, ça va prendre à peine deux jours de plus pour une traversée Atlantique », précise Xavier Leclercq. « On est capable d’être alignés en termes de prix sur ce trajet grâce à l’économie de fioul, même si l’amortissement est plus cher », ajoute Jean Zanutti. Si toutes les routes maritimes ne conviennent pas forcément au navire, reste qu’il est « une solution remarquable » pour la décarbonation du fret maritime. « C’est un voilier, mais c’est d’abord un cargo, un navire de commerce qui embarque de la marchandise par roulage. Mais, lorsqu’on est en mer, on hisse les voiles et on est propulsé uniquement par le vent », confirme le commandant, Mathieu Poulain.

    Une innovation à plus de 60 millions d’euros avec beaucoup d’avantages et quelques inconvénients. « C’est un peu particulier à piloter, on est assisté par pas mal d’ordinateurs et d’automatisation. On est limité par la puissance et la force du vent. Sinon, ça reste relativement facile à manœuvrer grâce notamment aux balestrons [support sur lequel est fixé le mât Ndlr] qui tournent à 360 degrés », développe le capitaine. Avec l’espoir d’insuffler un vent nouveau pour le transport de marchandises sur les mers. « J’espère et je rêve que ça puisse être le futur de la navigation », conclut Mathieu Poulain.

    « Lorsqu’on hisse les voiles, on est propulsé uniquement avec le vent »

  • La Banque alimentaire cherche des bénévoles pour sa grande collecte

    La Banque alimentaire cherche des bénévoles pour sa grande collecte

    La grande récolte dans les supermarchés, c’est 10% de ce que nous distribuons à l’année. » Devant des membres de la Banque alimentaire, bénévoles, associations et entreprises, Joseph Arakel, président de la Banque alimentaire des Bouches-du-Rhône, rappelle l’importance de cet événement. Ce lundi, une centaine de personnes se sont réunies dans la salle d’honneur du Département, à Marseille, pour lancer l’organisation de ces collectes de dons dans les supermarchés, du 28 au 30 novembre. Face à l’augmentation de la précarité et des besoins, le président espère mobiliser de nombreux de bénévoles pour récolter plus de nourriture.

    Des dons nécessaires dans un contexte où l’insécurité alimentaire explose. Dans les Bouches-du-Rhône, 107 000 personnes ont recours à l’aide alimentaire, soit 5,3% de la population du département, d’après les chiffres de la Banque alimentaire. L’association permet d’approvisionner 188 associations qui s’occupent de la redistribution. Des associations qui viennent prêter main-forte pour ces trois jours de collecte. « C’est grâce à cet organisme que l’on peut fournir des paniers aux personnes dans le besoin, donc on se doit d’aider », explique Nathalie Dumas, bénévole à la Croix Rouge d’Aubagne.

    Le nombre de bénévoles est, pour le moment, insuffisant pour atteindre les objectifs du président de la banque alimentaire : 200 tonnes de plus que l’année dernière, où déjà 400 tonnes de denrées avaient été données dans le département. « Il y a une baisse des dons liée à l’augmentation de la précarité et donc des besoins, explique Alexis Lada, chef d’exploitation. C’est pour cela que l’on a besoin de plus de monde pour récolter plus de dons. ».

    « 360 commerces, dans toutes les Bouches-du-Rhône, ont donné leur accord, mais il faut que l’on trouve des bénévoles », insiste Julie Caseville, salariée de la Banque alimentaire en charge de la grande collecte. « Pour l’instant, nous sommes à 40% d’inscription. Mais on est optimiste et on espère avoir assez de bénévoles pour que les 360 magasins participent à la récolte », sourit-elle.

    Mail : ba130.collecte@
    banquealimentaire.org

  • Marseille en lutte face à sa Métropole

    Marseille en lutte face à sa Métropole

    Peu importait l’ordre du jour, ce lundi matin, en conseil métropolitain. Le débat était ailleurs, déjà annoncé quelques jours plus tôt en conseil municipal de Marseille. Après le ralliement de son président Patrick Pappalardo à l’UDR, la nomination de nouveaux représentants au sein du bailleur social Provence Métropole Logement (PML, ex-HMP) est ainsi l’occasion pour l’adjoint marseillais Pierre Huguet (G.s), de rappeler les transfuges de la majorité métropolitaine vers l’extrême droite. « Cette porosité constante ressemble parfois à une véritable passerelle », s’alarme-t-il, réclamant la démission de la vice-présidence du maire de Marignane, éric Le Dissès. Sans que la présidente (DVD) de la Métropole, Martine Vassal, ne réagisse.

    Carences des transports

    et de la propreté

    Alors la gauche marseillaise énumère, au fil des modifications budgétaires, ses griefs sur les politiques métropolitaines dans la ville centre. à commencer par les transports en commun. « Après un printemps houleux, un été compliqué, nous avons un mois de septembre éprouvant, rappelle l’adjointe marseillaise aux mobilités, Marie Batoux (PM). Ce sont chaque jour des bus qui manquent ! » Dans la foulée, le maire (PS) des 2-3, Anthony Krehmeier, enchaîne sur les problèmes de propreté, qui ont agité la rentrée : « Marseille est abîmée par une collecte défaillante et voilà qu’on nous explique que si Marseille est sale, ce serait la faute des Marseillais ! Mais soyons sérieux, dans quelle commune accepteriez-vous que l’on parle ainsi de vos habitants ? » à chaque fois, Martine Vassal laisse couler. Le temps que les délibérations passent, avec une extrême droite qui, pour la première fois, monte au front en séance plénière pour insister sur l’insécurité. « Moi, j’attends toujours la loi Allisio sur la sécurité », balaie Martine Vassal.

    Finalement, la présidente (LR) de la RTM, Catherine Pila, prend la parole pour répondre à la gauche marseillaise, mettant en avant le déploiement de la gratuité, qui a profité à 2,2 millions de voyageurs depuis la rentrée, les nouveaux bus à haut niveau de service. Avant d’expliquer le manque de matériel roulant par les retards de livraison de la société Iveco, qui n’a fourni que 47 bus électriques sur les 75 qui devaient arriver. « Dans un contexte de développement de l’offre, cela a créé une petite tension sur le parc de bus, de moins de 5% », explique-t-elle, avant de promettre que « dans quelques jours, la situation sera de nouveau à la normale ». Après elle, Jean-Yves Sayag (DVD) balaie les questions de propreté : « La situation est simple : on nettoie, aussitôt après, c’est dégradé. » Et de rappeler que Marseille a refusé de reprendre la propreté.

    « Les discussions ont été complexes, riches, mais ne nous ont pas permis de récupérer les compétences », commence Benoît Payan. « Rendez les sous ! » l’interrompt le maire de Peynier, Christian Burle. L’édile marseillais bondit. « Quel maire ici à quelqu’un dans son opposition qui choisit ce qu’il fait pour son aménagement, ce qui se passe pour la propreté ? » s’emporte-t-il. Le maire (DVD) de Châteauneuf-les-Martigues (DVD), Roland Mouren, en profite pour promettre aux Marseillais que s’ils ont la taxe d’enlèvement des ordures ménagères la plus élevée, ils ne paient pas pour autant pour les autres villes. Mais il reconnaît la saleté. « Vous prenez un marteau, et tous ceux qui pissent, vous tapez sur ce qui dépasse », préconise-t-il. Dans un brouhaha, la séance est levée.

  • Marseille en lutte face à sa Métropole

    Peu importait l’ordre du jour, ce lundi matin, en conseil métropolitain. Le débat était ailleurs, déjà annoncé quelques jours plus tôt en conseil municipal de Marseille. Après le ralliement de son président Patrick Pappalardo à l’UDR, la nomination de nouveaux représentants au sein du bailleur social Provence Métropole Logement (PML, ex-HMP) est ainsi l’occasion pour l’adjoint marseillais Pierre Huguet (G.s), de rappeler les transfuges de la majorité métropolitaine vers l’extrême droite. « Cette porosité constante ressemble parfois à une véritable passerelle », s’alarme-t-il, réclamant la démission de la vice-présidence du maire de Marignane, éric Le Dissès. Sans que la présidente (DVD) de la Métropole, Martine Vassal, ne réagisse.

    Carences des transports

    et de la propreté

    Alors la gauche marseillaise énumère, au fil des modifications budgétaires, ses griefs sur les politiques métropolitaines dans la ville centre. à commencer par les transports en commun. « Après un printemps houleux, un été compliqué, nous avons un mois de septembre éprouvant, rappelle l’adjointe marseillaise aux mobilités, Marie Batoux (PM). Ce sont chaque jour des bus qui manquent ! » Dans la foulée, le maire (PS) des 2-3, Anthony Krehmeier, enchaîne sur les problèmes de propreté, qui ont agité la rentrée : « Marseille est abîmée par une collecte défaillante et voilà qu’on nous explique que si Marseille est sale, ce serait la faute des Marseillais ! Mais soyons sérieux, dans quelle commune accepteriez-vous que l’on parle ainsi de vos habitants ? » à chaque fois, Martine Vassal laisse couler. Le temps que les délibérations passent, avec une extrême droite qui, pour la première fois, monte au front en séance plénière pour insister sur l’insécurité. « Moi, j’attends toujours la loi Allisio sur la sécurité », balaie Martine Vassal.

    Finalement, la présidente (LR) de la RTM, Catherine Pila, prend la parole pour répondre à la gauche marseillaise, mettant en avant le déploiement de la gratuité, qui a profité à 2,2 millions de voyageurs depuis la rentrée, les nouveaux bus à haut niveau de service. Avant d’expliquer le manque de matériel roulant par les retards de livraison de la société Iveco, qui n’a fourni que 47 bus électriques sur les 75 qui devaient arriver. « Dans un contexte de développement de l’offre, cela a créé une petite tension sur le parc de bus, de moins de 5% », explique-t-elle, avant de promettre que « dans quelques jours, la situation sera de nouveau à la normale ». Après elle, Jean-Yves Sayag (DVD) balaie les questions de propreté : « La situation est simple : on nettoie, aussitôt après, c’est dégradé. » Et de rappeler que Marseille a refusé de reprendre la propreté.

    « Les discussions ont été complexes, riches, mais ne nous ont pas permis de récupérer les compétences », commence Benoît Payan. « Rendez les sous ! » l’interrompt le maire de Peynier, Christian Burle. L’édile marseillais bondit. « Quel maire ici à quelqu’un dans son opposition qui choisit ce qu’il fait pour son aménagement, ce qui se passe pour la propreté ? » s’emporte-t-il. Le maire (DVD) de Châteauneuf-les-Martigues (DVD), Roland Mouren, en profite pour promettre aux Marseillais que s’ils ont la taxe d’enlèvement des ordures ménagères la plus élevée, ils ne paient pas pour autant pour les autres villes. Mais il reconnaît la saleté. « Vous prenez un marteau, et tous ceux qui pissent, vous tapez sur ce qui dépasse », préconise-t-il. Dans un brouhaha, la séance est levée.

  • « La vraie question est celle de la répartition des richesses »

    « La vraie question est celle de la répartition des richesses »

    La Marseillaise : L’ex-Premier ministre, Sébastien Lecornu affirmait vouloir augmenter les salaires, une des pistes qui revenait était de réduire l’écart entre le salaire brut et net. Maintenant qu’il a démissionné, la CGT est-elle toujours inquiète pour l’avenir de la Sécurité sociale ?

    Jean-Marie Angeli : L’inquiétude est encore plus grande qu’avant ! Soit l’on va revenir devant les urnes, soit on va avoir un énième gouvernement Macron, ce qui ne changera pas le programme. On ne sait tout simplement pas ce que va devenir la sécurité sociale. Il faut d’abord comprendre qu’est-ce que la différence entre le salaire brut et le salaire net. Le brut, c’est avec les cotisations. C’est vrai que, quand on regarde basiquement un bulletin de salaire, on constate que le brut est plus important que le net. Les salariés se disent donc, de prime abord, que ça serait intéressant de réduire cet écart. Mais il faut avoir en tête ce qui est payé par ces cotisations, notamment la sécurité sociale et l’assurance maladie. Admettons que demain, il n’y ait plus de cotisations, que les employeurs paient au brut, cela implique que les salariés devront prendre une couverture privée. Dont le coût n’aurait à voir avec le coût de ce qui est pris en charge pour la sécurité sociale. La droite et le patronat font croire que gagner une pseudo-augmentation de salaires en rapprochant le brut du net ferait gagner en pouvoir d’achat. Mais ce que les salariés perdraient en cotisations serait remplacé par un système privé qui coûterait beaucoup plus cher. Rappelons donc que la meilleure solution pour augmenter les salaires est… D’augmenter les salaires tout simplement ! La droite, puisque ces propositions de réduction brut-net viennent de là, a depuis des années ce discours issu du grand patronat de dire que « les charges sur les salaires font qu’on ne peut pas augmenter les salaires ». Face à ces discours, il faut là encore rappeler que « ces charges » sont en réalité des cotisations. Et cette année, on est à plus de 80 milliards d’euros d’exonération de cotisations pour les patrons.

    Dans cette optique de réduction de l’écart brut-net, il est évoqué une baisse de la CSG pour une TVA sociale, quelles conséquences potentielles ?

    J.-M.A. : La problématique est que, pour compenser les exonérations de cotisations du patronat, une partie du financement de la sécu a été aspirée dans les impôts. La CGT propose le « 100% sécu » où il n’y a plus d’impôt dans le financement de la sécurité sociale. La CSG est donc supprimable dans cette optique. Mais la question est celle du remplacement de cette entrée de financements si elle est faite par ce gouvernement… Et passer par une TVA sociale, c’est encore une escroquerie. Ce terme est une aberration puisque la TVA est l’impôt le plus inégalitaire, puisque tout le monde la paie. Les propositions mises sur la table reflètent une volonté de faire payer toujours les mêmes : la classe moyenne et les plus pauvres, jamais les patrons. Revenons au fond du problème : Bayrou comme Lecornu évoquent un déficit de 44 milliards de l’État. Ce qu’on demande donc, c’est que l’État se désengage de la sécurité sociale, que les patrons n’aient plus d’exonérations. L’État n’aura donc pas à les compenser. Et c’est à mettre en lien avec le rapport du sénateur Fabien Gay qui fait état d’aides et de subventions à hauteur de centaines de milliards pour les entreprises, aux 100 milliards d’évasion fiscale.

    Que répondez-vous aux travailleurs qui se disent qu’une hausse de salaire est bonne à prendre quoi qu’il arrive ?

    J.-M.A. : Les salariés qui arrivent à avoir des organisations syndicales qui peuvent faire correctement le travail comprennent que c’est un piège, même si c’est de plus en plus compliqué de faire ce travail d’explication. Effectivement, on a un tel niveau de bas salaires, que les travailleurs sont au pied du mur. Et certains se disent « je vais le prendre même si ça me coûte ». Il faut bien rappeler que c’est une illusion et qu’en réalité, la hausse des salaires ne dépend que d’une volonté politique. L’argent est là et la vraie question est celle de la répartition des richesses.

  • « C’est une situation sans conteste inédite sous la Ve République »

    « C’est une situation sans conteste inédite sous la Ve République »

    Pour André Roux, plusieurs solutions sont sur la table et aucun délai d’action n’est fixé dans la constitution.

    La Marseillaise : Qui assure concrètement l’intérim pour le moment ?

    André Roux : Le gouvernement Lecornu nommé dimanche soir est juridiquement en fonction. Le gouvernement précédent, qui expédiait les affaires courantes, n’est plus en charge. C’est donc ce gouvernement qui aura exercé les plein pouvoirs pendant 12 heures qui [est aux manettes]. C’est un peu cocasse effectivement…

    Est-ce une situation inédite dans l’histoire du pays ?

    A. R. : Sous la Ve République sans conteste. Le précédent gouvernement le plus court, c’était Barnier qui a duré 3 mois. J’ai fait une petite recherche pour voir si c’était déjà arrivé. Sous la IVe, il y a eu un gouvernement qui a duré deux jours en 1950, celui d’Henri Queuille, plusieurs fois ministre. Il faut remonter à la IIIe, dans les années 20, pour avoir un gouvernement qui avait duré un jour. Là, il aura duré 12 heures, c’est assez stupéfiant.

    Est-ce le signe que nous sommes arrivés au bout de cette Ve République ?

    A. R. : La Ve, pas forcément. C’est surtout la conjonction de plusieurs facteurs politiques qui a conduit à cette situation. D’abord la décision, il faut bien le dire, peu rationnelle du président de la République, de la dissolution de juin 2024. Je crois que c’est ça qui a tout déclenché. Il faut penser aussi qu’il y a un manque de sens politique. Le président aurait peut-être pu, au lieu de nommer trois Premiers ministres successivement, et issus du bloc central ou socle commun comme on l’appelle, accepter une cohabitation avec un Premier ministre issu de la gauche. Cela aurait été une solution. Mais son logiciel ne l’a pas poussé en ce sens.

    Quelles sont désormais les issues constitutionnelles ?

    A. R. : La première, c’est la nomination d’un nouveau Premier ministre. Même si politiquement, on voit mal un Premier ministre du socle commun renommé, les mêmes causes produisant les mêmes conséquences. Il faudrait un Premier ministre de centre gauche, ce qui pourrait être une solution à laquelle Emmanuel Macron s’est refusé jusqu’à présent.

    La deuxième, c’est la dissolution, qui dépend aussi du président, ce qui provoquerait des élections dans les 20 jours au moins et 40 jours au plus. Le paradoxe, c’est que celle de l’année dernière n’était pas justifiée politiquement ou rationnellement, alors que là à mon avis, ce serait la solution la plus conforme aux institutions.

    La troisième solution c’est la démission, comme l’avait fait de Gaulle en 69. Après l’échec du référendum, un communiqué de l’Élysée qui disait en deux phrases : « Je cesse d’exercer mes fonctions de président de la République, cette décision prend effet à midi. » Le président du Sénat assure alors l’intérim et l’élection présidentielle a lieu dans 20 jours au moins, 35 jours au plus. L’inconvénient, c’est qu’il n’y aurait pas vraiment de campagne électorale approfondie, faute de temps. La quatrième possibilité, tout à fait improbable, c’est la destitution comme le réclame LFI. Sur le plan juridique, on peut douter de sa pertinence car c’est selon des critères très précis et puis il y a un véritable parcours du combattant. Il faut que le bureau de l’Assemblée accepte la motion mais le bureau a basculé à droite depuis quelques jours, il faut ensuite que ça passe en commission des lois, que l’Assemblée et le Sénat votent à la majorité des deux tiers.

    Y a-t-il un délai pour agir ?

    A. R. : Non, la Constitution ne le prévoit pas. Un gouvernement démissionnaire peut rester en place plusieurs jours, semaines… Ce qui avait été le cas du gouvernement Attal. Certains constitutionnalistes pensent qu’il faudrait justement réviser la constitution. Après il y a la pression politique et celle de l’opinion, la situation serait intenable…

  • [Entretien] André Roux : « C’est une situation sans conteste inédite sous la Ve République »

    [Entretien] André Roux : « C’est une situation sans conteste inédite sous la Ve République »

    Pour André Roux, plusieurs solutions sont sur la table et aucun délai d’action n’est fixé dans la constitution.

    La Marseillaise : Qui assure concrètement l’intérim pour le moment ?

    André Roux : Le gouvernement Lecornu nommé dimanche soir est juridiquement en fonction. Le gouvernement précédent, qui expédiait les affaires courantes, n’est plus en charge. C’est donc ce gouvernement qui aura exercé les plein pouvoirs pendant 12 heures qui [est aux manettes]. C’est un peu cocasse effectivement…

    Est-ce une situation inédite dans l’histoire du pays ?

    A. R. : Sous la Ve République sans conteste. Le précédent gouvernement le plus court, c’était Barnier qui a duré 3 mois. J’ai fait une petite recherche pour voir si c’était déjà arrivé. Sous la IVe, il y a eu un gouvernement qui a duré deux jours en 1950, celui d’Henri Queuille, plusieurs fois ministre. Il faut remonter à la IIIe, dans les années 20, pour avoir un gouvernement qui avait duré un jour. Là, il aura duré 12 heures, c’est assez stupéfiant.

    Est-ce le signe que nous sommes arrivés au bout de cette Ve République ?

    A. R. : La Ve, pas forcément. C’est surtout la conjonction de plusieurs facteurs politiques qui a conduit à cette situation. D’abord la décision, il faut bien le dire, peu rationnelle du président de la République, de la dissolution de juin 2024. Je crois que c’est ça qui a tout déclenché. Il faut penser aussi qu’il y a un manque de sens politique. Le président aurait peut-être pu, au lieu de nommer trois Premiers ministres successivement, et issus du bloc central ou socle commun comme on l’appelle, accepter une cohabitation avec un Premier ministre issu de la gauche. Cela aurait été une solution. Mais son logiciel ne l’a pas poussé en ce sens.

    Quelles sont désormais les issues constitutionnelles ?

    A. R. : La première, c’est la nomination d’un nouveau Premier ministre. Même si politiquement, on voit mal un Premier ministre du socle commun renommé, les mêmes causes produisant les mêmes conséquences. Il faudrait un Premier ministre de centre gauche, ce qui pourrait être une solution à laquelle Emmanuel Macron s’est refusé jusqu’à présent.

    La deuxième, c’est la dissolution, qui dépend aussi du président, ce qui provoquerait des élections dans les 20 jours au moins et 40 jours au plus. Le paradoxe, c’est que celle de l’année dernière n’était pas justifiée politiquement ou rationnellement, alors que là à mon avis, ce serait la solution la plus conforme aux institutions.

    La troisième solution c’est la démission, comme l’avait fait de Gaulle en 69. Après l’échec du référendum, un communiqué de l’Élysée qui disait en deux phrases : « Je cesse d’exercer mes fonctions de président de la République, cette décision prend effet à midi. » Le président du Sénat assure alors l’intérim et l’élection présidentielle a lieu dans 20 jours au moins, 35 jours au plus. L’inconvénient, c’est qu’il n’y aurait pas vraiment de campagne électorale approfondie, faute de temps. La quatrième possibilité, tout à fait improbable, c’est la destitution comme le réclame LFI. Sur le plan juridique, on peut douter de sa pertinence car c’est selon des critères très précis et puis il y a un véritable parcours du combattant. Il faut que le bureau de l’Assemblée accepte la motion mais le bureau a basculé à droite depuis quelques jours, il faut ensuite que ça passe en commission des lois, que l’Assemblée et le Sénat votent à la majorité des deux tiers.

    Y a-t-il un délai pour agir ?

    A. R. : Non, la Constitution ne le prévoit pas. Un gouvernement démissionnaire peut rester en place plusieurs jours, semaines… Ce qui avait été le cas du gouvernement Attal. Certains constitutionnalistes pensent qu’il faudrait justement réviser la constitution. Après il y a la pression politique et celle de l’opinion, la situation serait intenable…

  • [Municipales] Martine Vassal tend la main aux électeurs de Stéphane Ravier

    [Municipales] Martine Vassal tend la main aux électeurs de Stéphane Ravier

    « Il a des électeurs qui vont se retrouver orphelins. La seule personne qui peut correspondre à ce que les Marseillais attendent c’est moi. J’invite les électeurs de Stéphane Ravier à regarder mon programme et celui proposé par le RN » déclare dans les colonnes de La Provence ce samedi Martine Vassal. Elle assure ainsi que sur le thème de la sécurité, « l’original, c’est moi », et promet de se distinguer sur l’économie. Peu importe si Stéphane Ravier lui-même a été clair sur son soutien « sans réserve » à Franck Allisio et au RN, s’affichant à ses côtés vendredi soir dans les allées de la Foire de Marseille.

    « Je souffre pour les gens qui se disent macronistes, déplore en face le maire (DVG) Benoît Payan, en marge de l’inauguration des écoles Aygalades – Oasis. On a voté pour des macronistes pour faire barrage au RN, on a fait un front républicain en considérant qu’il y a des pas qu’il ne fallait pas franchir… Mais quand elle dit que l’original, c’est elle, que je lis : « j’invite les électeurs de Stéphane Ravier», dont même le RN dit qu’il est trop extrême, il n’y a plus de limite. Tout est permis, et pour glaner quelques voix, on perd sa boussole. » Et de plaindre Gabriel Attal ainsi qu’Emmanuel Macron qui « nous ont raconté qu’ils ont fondé leur combat contre le RN ». De quoi piquer dans les rangs de Renaissance. « Nous avons confiance en Martine Vassal pour rester fidèle à la Charte des valeurs de Renaissance, qu’elle s’est engagée à poursuivre », réagissent ce dimanche les responsables du parti à Marseille. Avant de promettre de ne laisser passer « aucune entorse » aux valeurs humanistes, laïques et progressistes.

  • [Entretien] « La Nuit du bien commun, un cas d’école sur la manière dont l’extrême droite s’infiltre »

    [Entretien] « La Nuit du bien commun, un cas d’école sur la manière dont l’extrême droite s’infiltre »

    La Marseillaise : En quoi est-ce qu’il est nécessaire de se mobiliser lundi soir, malgré le maintien de la Nuit du bien commun ?

    Catherine Lecoq : C’est impossible pour nous de céder les espaces de culture à des gens qui ont des idées telles que celles de Stérin. Ce n’est qu’une excuse, sous couvert de charité, pour faire monter les votes pour l’extrême droite. Dans notre fondement d’humanisme et d’expression libre et non faussée, il est hors de question que cela se produise sans opposition

    Anne-Marie Alary : On est dans la rue depuis un mois pour tracter et informer la population du projet politique derrière ce gala de charité, et de qui est Stérin. Cet événement est extrêmement dangereux. C’est un cas d’école sur la manière dont l’extrême droite s’infiltre de partout et mène une bataille culturelle. Il est aussi important d’aller protester le 6 avec les autres organisations des Bouches-du-Rhône. Il faut s’attendre, je pense, à ce qu’il y ait du monde.

    Derrière le discours sur la « générosité », voyez-vous une tentative d’acheter de l’influence politique et culturelle ?

    C.L. : Oui. C’est comme le Rocher-Mistral, dans la même veine que celle qui est de réécrire l’histoire. Ce n’est pas loyal, pour avoir un terme lissé. Le négationnisme, à un moment donné, ça va.

    A.-M.A. : Oui, mais de façon insidieuse, contrairement à son financement pour l’école de journalisme [L’institut libre de journalisme, Ndlr.] et l’institut de formation des futurs élus. Il a un livret qui s’appelle Politicae. Il a déjà fait ses réseaux, il était propriétaire du Crayon, média en charge de d’animation de débats au Delta Festival (Marseille). Il porte aussi le Label des plus belles fêtes de France, dont a bénéficié la Bénédiction du Calisson. On l’a dit dans notre tract, on craint que le tout soit un cheval de Troie au projet Périclès du milliardaire [code pour Patriotes, enracinés, résistants, identitaires, chrétiens, libéraux, européens et souverainistes, Ndlr]. révélé par L’Humanité.

    Pierre-Edouard Stérin est proche d’associations réactionnaires, anti-IVG, droits LGBT… Comment expliquer qu’un tel événement puisse encore trouver des salles et des relais institutionnels ?

    C.L. : Il filoute. Les élus ne savent pas toujours que politiquement, c’est quelque chose d’indigne qui se produit. Mais alertée par les citoyens, la municipalité a annulé la tenue de l’événement. À Marseille, Pierre-Edouard Stérin a été refoulé, notamment grâce à la pression citoyenne. À Aix-en-Provence, au niveau de la mairie, on n’a pas eu les mêmes facilités à faire annuler la salle, sous régie publique. La direction elle ne pouvait pas prendre sur elle de refuser. Mais nous, dans le milieu du spectacle vivant, on s’est mis en réseau, et le 6MIC aura fort à faire pour trouver des techniciens afin d’assurer la soirée.

    A.-M.A. : Stérin usurpe le terme de « Bien commun » et beaucoup de personnes ne savent pas que c’est lui derrière, qui l’utilise pour diffuser des idées d’extrême droite. La vérité émerge petit à petit, puisque partout en France comme à Aix, on dénonce cette usurpation. Mais ce n’est pas simple de s’en rendre compte : il use des sociétés-écrans où il n’apparaît pas, par exemple la société Obole, comme on le répète régulièrement. Sur le terrain, on se rend compte que beaucoup de gens découvrent tout ça.

    Est-ce que ce type de soirées ne vient pas accentuer la dépendance des associations à des mécènes privés, au détriment d’un financement public, réputé plus transparent ?

    C.L. : C’est ce que veulent depuis longtemps nos patrons ! S’il n’y avait plus de service public, les gens de l’extrême droite seraient les plus heureux. Ce qui est dégueulasse aussi, dans cette histoire, est que les termes de la solidarité interprofessionnelle, le « bien commun », sont repris. Mais ce mot n’appartient pas à l’extrême droite.

    A.-M.A. : On suit la mode américaine : celle des galas contre le service public. C’est une dérive inquiétante. D’ailleurs, Stérin a une démarche libertarienne, et fait partie du réseau atlas où l’on retrouve le Heritage Foundation, qui a soutenu Trump.

    Certains soutiennent que Pierre-Edouard Stérin s’est retiré de l’organisation et n’a plus aucun lien avec la Nuit du bien commun. Que répondez-vous ?

    C.L. : Même si l’on nous dit qu’il n’est plus actionnaire, c’est faux, ça a été prouvé. On va nous faire croire que Monsieur Stérin n’est plus dans la boucle, mais il est toujours dans la boucle. Ces Nuits du bien commun sont bien tenues pour récolter des fonds, puis alimenter des groupuscules d’extrême droite. Le projet Périclès, est clair, précis et circonstancié.

    A.-M.A. : C’est la société Obole qui a négocié la location de la salle du 6MIC, comme ailleurs en France. Cette plateforme numérique de collecte de dons a été fondée par le milliardaire Stérin en 2017. Même si elle se dit toujours au service « du bien commun et de l’économie sociale et solidaire », on craint que ce ne soit encore qu’une société écran.

    Le syndicat Solidaires 13, la section du Parti communiste local (PCF), Marc Pena, député (PS) de la 11e circonscription des Bouches-du-Rhône et les responsables du mouvement Bloquons-Tout à Aix, Riposte Antifasciste, tout comme certains salariés d’associations participantes à l’événement qui nous ont contactés, ont également manifesté leur opposition au maintien de la Nuit du bien commun.

    « Il est hors de question que cela
    se produise sans opposition. »