Tag: Bouches-du-Rhône

  • Accusée de clientélisme, la Métropole poursuit en justice Sébastien Delogu

    Accusée de clientélisme, la Métropole poursuit en justice Sébastien Delogu

    Par une décision signée ce vendredi de la main de sa présidente (DVD) Martine Vassal, la Métropole Aix-Marseille est allée poursuivre en justice le candidat Insoumis aux municipales dans la cité phocéenne, « compte tenu des propos tenus par monsieur Sébastien Delogu et notamment lors de son interview du 21 novembre 2025 à 7h44, diffusée à l’occasion de l’émission “ici matin Ici Provence” ».

    Dans la foulée de sa candidature pour les municipales, le député LFI des quartiers Nord, invité de la matinale de la radio publique, s’en était pris à « un système à faire tomber ». « On a vu un système clientélaire corrompu : pour avoir un appartement, il faut donner de l’argent, pour avoir un travail à la Métropole ou à la mairie, il faut donner de l’argent », lâchait-il. Sans mettre en cause la présidente de la Métropole elle-même : « Ce n’est pas elle directement, c’est tout le système qui est corrompu. » Un discours dégagiste assumé : lors de son premier meeting, le 6 décembre, il annonçait avec des accents sarkozystes vouloir « nettoyer au Kärcher ce système corrompu » (notre édition du 08/12).

    S’il assurait, sur Ici Provence, avoir fait plusieurs signalements au parquet, il ne citait néanmoins pour exemple que l’attribution d’un logement social par l’ex-présidente (SE) évincée de 13 Habitat, Nora Preziosi, à sa mère, et l’embauche présumée de son conjoint comme directeur de cabinet par la présidente de la Métropole. Des faits à chaque fois déjà visés par une enquête. « Vous allez dans les quartiers de Marseille, tout le monde va vous dire on m’a proposé un emploi et il faut que je donne de l’argent », argumentait aussi le candidat.

    Une enquête préliminaire a bien été ouverte en juin 2022 visant un ancien cadre de FO à la Métropole, Alain Nobili, qui percevait plusieurs milliers d’euros pour des promesses d’embauche, comme le révélait le site d’information Marsactu. Il avait été révoqué et la Métropole elle-même avait signalé ses agissements au parquet.

    Sollicitée, l’équipe de campagne de Sébastien Delogu n’a pas donné suite tandis que l’entourage de la présidente de la Métropole ne fait pas de commentaires sur cette plainte. L’avocat désigné par l’intercommunalité Me Pierre Bruno indique de son côté qu’une communication sera faite « en temps voulu ».

  • [Entretien] Patrick Sorin : « Proche du podium national sur la formation des jeunes »

    [Entretien] Patrick Sorin : « Proche du podium national sur la formation des jeunes »

    La Marseillaise : Quelle est votre source de satisfaction principale au travers de cette saison 2025 riche en événements pour votre club ?

    Patrick Sorin : Dans le cadre de notre projet « Ambition la Pomme 2028 », notre objectif principal reste la formation des jeunes. L’année qui se termine a été très intéressante parce qu’on est à 70 victoires toutes sections confondues. J’en profite pour parler de l’école de cyclisme, qui est d’ailleurs championne régionale pour la première fois, où l’on a cumulé tout au long de la saison plus de 100 podiums et 11 titres régionaux. On conforte donc notre place de leader régional sur le cyclisme sur route. Et j’estime qu’on est proche d’ailleurs du podium national sur la formation des jeunes. Je pense qu’on va atteindre la barre des 300 licenciés dans très peu de temps, dont une centaine de jeunes. Ce qui est extrêmement réjouissant dans un contexte national qui n’est pas celui-là.

    La section cyclo-sportive nommée « Cyclo Compèt », créée il y a moins d’un an, s’avère déjà être un succès. Quelle est la prochaine étape de ce projet ?

    P.S. : On s’est donné un objectif pour 2026. La Fédération française de cyclisme a créé, il y a quelques années, un trophée Label d’Or. Ça porte sur une quinzaine de cyclos sportifs en France. Il y a un classement par équipe annuel et national. Notre objectif est de nous retrouver en 2026 sur le podium de ce trophée Label d’Or. Nos cyclos sportifs concernés par cette section reçoivent des entraînements programmés de la part de Claire Lafforgue, notre directrice U19. Je suis très satisfait qu’il y ait une porosité entre les sections.

    Concernant l’organisation de vos événements, quel est le plan de bataille pour la saison à venir ?

    P.S. : Les Bosses de Provence, ça y est, c’est parti. La 31e édition, l’an prochain, aura lieu le 26 septembre. Mais on a un deuxième événement qui grandit aussi : celui qu’on organise au Ventoux chaque été avec Bernard Hinault et les urologues. Ça ne cesse de grandir avec un retentissement qui devient international puisqu’il y a des Belges, des Hollandais, des Anglais et des Suisses qui nous rejoignent. C’est super intéressant parce que les urologues invitent leurs patients atteints d’un cancer de la prostate et sortant d’une chimiothérapie, à essayer de monter le Ventoux. Toujours dans un esprit de solidarité et de convivialité.

    Entretien réalisé par Camille Kadoum

    Parmi les événements prévus dans
    leur calendrier, le Vélo Club la Pomme organisera au début du mois de juillet
    le championnat régional U15, U17 et U19, rebaptisé sous le nom de Grand Prix de Belconnen.

  • Basket : Fos-sur-Mer retrouve le sourire à Marseille

    Basket : Fos-sur-Mer retrouve le sourire à Marseille

    La petite visite à Marseille valait le détour. Les basketteurs de Fos Provence Basket, qui restaient sur trois contre-performances d’affilée en championnat, ont retrouvé le chemin de la victoire face à Saint-Vallier (111-98), samedi soir au Palais des Sports de la cité phocéenne, à l’occasion de la 17e journée de Nationale 1. « C’est une très belle victoire », se réjouit Emmanuel Schmitt, entraîneur de la formation provençale. « On avait déjà à cœur de casser cette série de défaites, surtout face à une équipe qui va sûrement se qualifier pour la poule haute et devant un beau public pour lequel on se devait de montrer un beau spectacle », enchaîne le technicien suisse, conscient que les rencontres des « Marseille Basket Series », dont ce premier acte a fait « sold-out », sont des occasions pour ses joueurs de sortir de leur routine à la Halle du Dr Henri Giuitta. Sous les yeux du récent président et ancien entraîneur des BYers, Rémi Giuitta, les Fosséens ont atteint pour la première fois de la saison la barre des 100 points. Au-delà de l’apport habituel du meneur international bahamien Dominick Bridgewater, l’ailier américain Kareem Thompson a su tirer son épingle du jeu avec ses 30 points. « Il a été agressif beaucoup plus que ses derniers matchs », remarque Emmanuel Schmitt. « C’est un garçon qu’on a choisi pour qu’il amène de l’agressivité, de l’intensité et de la percussion. On attend de lui qu’il prenne davantage ses responsabilités », ajoute-t-il, fier de l’état d’esprit de ses protégés après une première partie du mois de décembre compliquée. « La saison est très longue en Nationale 1, il y a donc forcément des hauts et des bas », souligne l’arrière provençal Tom Dary-Sagnes. « Après, on est au courant qu’on a une cible dans le dos, donc forcément toutes les équipes vont vouloir nous faire déjouer. Mais à nous de rester concentrés, de continuer à travailler sur notre jeu, sur les attitudes et ne jamais se relâcher. Et je pense que si on est dans ce mindset-là, on va être difficile à prendre », poursuit le natif de Lyon, lucide sur la rude concurrence autour de la troisième place au sein de la poule B. Fos-sur-Mer a pour l’instant l’avantage, mais Mulhouse et Berck se rapprochent dans leur rétroviseur.

    FOS-SUR-MER 111 (53) SAINT-VALLIER 98 (46)

    17e journée – Nationale 1

    Au Palais des Sports de Marseille.

    1/4 temps : 30-28, 23-18, 30-27, 28-25. FOS-SUR-MER : Merignat, Bridgewater (25 pts, 2 rebs et 10 pass), Thompson (30 pts, 5 rebs et 2 pass), Dary-Sagnes (11 pts, 3 rebs et 3 pass), Doucouré (13 pts et 2 rebs), Bernaoui (14 pts, 10 rebs et 3 pass), N’Goli, Mendy (9 pts, 6 rebs et 1 pas), Karabi (8 pts, 6 rebs et 2 pass), Bourama (1 pt et 2 rebs). 23 fautes personnelles, dont 2 exclusions (Karabi et Bridgewater).

    Entraîneur : E. Schmitt

    SAINT-VALLIER : Archinard (15 points, 3 rebonds et 4 passes décisives), Hoyaux (7 pts et 6 rebs), Derradji (7 pts, 2 rebs et 7 pass), Sidibe (4 pts et 5 rebs), Thimon (3 pts, 1 reb et 1 pas), Jogminas (21 pts, 6 rebs et 3 pass), Rasolonjatovo (16 pts, 3 rebs et 6 pass), Bosc (2 rebs et 2 pass), Houblon, Yao-Delon (20 pts, 1 reb et 2 pass), Neree (5 pts et 1 reb). 32 fautes personnelles, dont 3 exclusions (Yao-Delon, Bosc et Hoyaux). Entraîneur : A. Casimiri

  • Un village de Noël pour rompre l’isolement à Marseille

    Un village de Noël pour rompre l’isolement à Marseille

    Entre décors festifs, musique et stands animés : le Centre Communal d’Action Sociale (CCAS) a transformé un futur site d’accueil en véritable Village de Noël. Pensé pour les personnes de plus de 75 ans, non-imposable et résident de la ville de Marseille, le centre associe distribution de colis avec la présence de travailleurs sociaux et un accompagnement numérique.

    Dès l’entrée, les bénéficiaires peuvent échanger avec des conseillers numériques, demander de l’aide pour une démarche en ligne ou l’utilisation d’un smartphone. « Les personnes viennent pour le colis et se rendent compte qu’il existe tout un panel de services », explique un agent.

    Sur place, Corinne, agente à la Ville de Marseille, observe l’effet immédiat du dispositif. « Je peux vous dire que du bien. La déco est magnifique, le personnel adorable, les gens sont contents. ». Pour elle, le colis de Noël – vin, chocolat, cassoulet, pain d’épices ou savon de Marseille – a une valeur symbolique très importante. « Quand vous avez 900 euros et que vous êtes seule, recevoir un colis offert, c’est comme un petit trésor. » Un geste simple mais qui permet de rompre la solitude et de redonner le sourire.

    Pour les organisateurs, cette quatrième édition marque un tournant. « Cette année, on a voulu un vrai village de Noël », explique Charly Demey, conseiller directeur du CCAS. Ce nouveau dispositif laisse place à un lieu vivant et convivial. « Les colis sont un prétexte pour créer du lien et repérer des situations plus complexes », souligne-t-il. Le site accueillera d’ailleurs prochainement une agence de services sociaux du CCAS, et l’opération pourrait être reconduite sur d’autres lieux l’an prochain.

    Un pari réussi

    Vice-présidente du CCAS de Marseille, l’adjointe au maire Audrey Garino (PCF) l’affirme : l’initiative a tenu toutes ces promesses. « C’est un prétexte à l’échange, un moyen pour nous d’aller vers les personnes et de lutter contre l’isolement », rappelle-t-elle, saluant le travail des équipes mobilisées. Elle souligne également qu’à Marseille, près de 50 000 personnes âgées de plus de 60 ans vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté. Dans une ville où la précarité touche durement les personnes âgées, cette initiative s’inscrit donc dans une démarche plus large du CCAS. De nouvelles agences doivent d’ailleurs ouvrir prochainement dans les 3e et 15e arrondissements. Autant d’actions pour répondre à une précarité souvent silencieuse et recréer du lien, bien au-delà des fêtes de fin d’année.

  • Les policiers jouent les pères Noël à l’hôpital Saint-Joseph

    Les policiers jouent les pères Noël à l’hôpital Saint-Joseph

    « Merciiiiiiii père Noël ! » Dans les couloirs de l’hôpital Saint-Joseph en cette veille de week-end c’est un peu les festivités avant l’heure. Avec Minnie, Léo le lion policier et le bonhomme Noël, les membres de l’association Partenaires police 13 assurent la distribution de cadeaux aux enfants malades du service pédiatrie.

    « On fait ça chaque année depuis 5 ans, on a fait appel à une collecte nationale avec une autre association parisienne qui s’appelle Fraternité police », explique Cyrille Faure, président fondateur de l’association. L’idée : « Apporter des cœurs dans les yeux des enfants », ajoute-t-il, mais aussi donner une autre image des gardiens de la paix, montrer que derrière l’uniforme, « il y a des papas Noël, des mamans Noël ». Un moment également « solennel, fraternel qui rapproche tout le monde ». Et d’en profiter pour rappeler que « les parents sont là pour éduquer les enfants, nous, on est là pour les protéger ».

    Coiffés d’un bonnet, on retrouve là des personnels du Raid, de la BRI (brigade de recherche et d’intervention), de la Sûreté urbaine ou de la Bac (brigade anti-criminalité) qui se relaient pour remettre les puzzles, jeux de société, poupées et autres petites voitures aux petits malades. Parmi eux, Alain, la cinquantaine, membre de la brigade motocycliste qui insiste sur le côté humain de son métier. Pour lui, « donner de la joie aux enfants cela n’a pas de prix ». Dans une des salles d’attente, Ranya, bout de chou de 3 ans, n’en croit pas ses yeux, ravie. « Franchement c’est très sympa, car ici ce n’est pas très gai », commente sa maman. Au fil des chambres, l’accueil est chaleureux.

    Bouffée d’air frais

    pour les parents aussi

    Depuis son lit à barreau, Soan, 2 ans et demi, qui bataille avec son asthme, n’est pas franchement rassuré mais un check avec Léo le lion le convainc, il finira par un petit sourire. Une bouffée d’air frais pour son papa, « les journées sont interminables, on espère en sortir très bientôt » nous confie-t-il. Plus loin cette petite-fille raconte : « Quand j’ai vu les policiers tous en rond par la fenêtre de la chambre de mon petit frère, j’ai cru qu’il y avait un problème. Il a l’appendicite mon petit frère ». Impressionnée, sa grand-mère envoie : « Eh bien c’est toute la brigade qui s’est déplacée, et pour une fois en douceur ». Alain encaisse la pique : « Vous savez pour nous c’est chaud quand c’est chaud en face ». Un petit tour en néonatologie et il est temps de prendre la pose avec les soignants, tout aussi emballés par la présence des policiers qui promettent évidemment de revenir l’année prochaine.

  • [Un brin d’histoire de Noël] Une fête de l’ère industrielle

    [Un brin d’histoire de Noël] Une fête de l’ère industrielle

    « Jésus donne dit-on aux enfants qui sont sages la nuit de la Noël des bonbons à gogo » énonce une réclame pour le « Noël de bébé » dans Le Petit Marseillais du 25 décembre 1890 qui annonce un « grand bal de famille » orchestré par l’Estudiantina provençale et surtout le « grand souper » du 31 décembre.

    Au XIXe siècle, Noël est encore d’une grande sobriété commerciale. Ce n’est pas encore la débauche mercantile de l’ère consumériste des Trente glorieuses. Mais se met en place le rituel du cadeau de Noël pour les enfants sages et surtout les étrennes qui renvoient à l’antiquité quand les Romains célébraient Strena la déesse de la santé romaine en offrant de la verveine. « Étrenne » un mot qui surgira au XIIe siècle pour signifier le cadeau du nouvel an. Il faut attendre l’essor des grands magasins et surtout leur catalogue de cadeaux pour affirmer la poupée comme le cadeau genrée destinées aux filles. Pour les garçonnets, le petit soldat de plomb forgera leur patriotisme. L’industrialisation va produire le jouet mécanique (locomotive, cheval en fer-blanc) et les animaux en peluche. Recevoir une orange ou une banane est un luxe envié. En revanche, une pomme de terre ou un morceau de charbon vexeront les indisciplinés.

    Les magasins de nouveautés se transforment. Le Printemps, les Nouvelles galeries vont commercialiser le rituel et créer la féérie des vitrines. On passe des bougies aux guirlandes électrifiées. A Paris, le Bon Marché inaugure en 1909 la première vitrine animée de Noël qui cette année là est consacrée à la découverte du pôle Nord. La magie de Noël se répand en province et avec elle l’enchantement des objets manufacturés tombés du ciel lors de la belle nuit de Noël.

    Le sapin de Noël nous vient d’Allemagne mais surtout de la perte existentielle en 1871 de l’Alsace-Lorraine. Le sapin des Vosges décoré devient aussi « un vieux patriote, un fier protestataire » (Le Petit Marseillais du 13 décembre 1894) qui représente pour les Alsaciens Lorrains « le pays d’où ils ont dû émigrer ».

  • Une journée de magie pour petits et grands

    Une journée de magie pour petits et grands

    Bouches-du-Rhône

    Gardanne. Spectacle gratuit « Alice et le miracle de l’hiver » à voir à partir de 4 ans à la Maison du peuple à 18h30. Pour réserver : 04.42.65.77.00

    Allauch. Spectacle familial gratuit à l’espace François-Mitterrand à 11h, « Le père Noël perd son costume » pour les enfants de 3 à 10 ans.

    Cassis. Exposition « Les lutins préparent Noël » aux Salles Voûtées à voir gratuitement de 10h à 13h et de 14h à 18h jusqu’au 4 janvier.

    Var

    Cogolin. Parade et déambulation du père Noël accompagné par Tic & Tac au départ du centre Maurin des Maures dès 16h.

    Sanary-sur-Mer.

    Rendez-vous sur le port

    pour le traditionnel feu

    d’artifice de Noël à partir
    de 19h.

    Le Pradet. Ateliers créatifs, spectacles jeune public et
    arrivée du père Noël à découvrir gratuitement de 15h à 17h
    à l’espace des Arts.

    Vaucluse

    Avignon. Rendez-vous place Pie, des Corps Saints, Carnot et des Carmes pour découvrir le festival des chorales avec 4 groupes de gospel entre 14h30 et 18h30.

    Carpentras. Un personnage tout de bleu vêtu vient à la rencontre du public à la chapelle du Collège pour le parer
    de maquillage et paillettes qui rappellent les merveilles des abysses entre 14h et 18h.

  • [Les illuminations font un carton] La capitale de Provence parée de lumière

    [Les illuminations font un carton] La capitale de Provence parée de lumière

    Difficile de se déplacer dans les rues de la Capitale Provençale, tant la foule était massive. « On ne va jamais réussir à arriver au Cour Mirabeau ! », souriait Jeanne, trois petits sous le bras, alors que le sapin Place de l’Hôtel de Ville venait de s’illuminer sous les yeux de centaines de spectateurs, téléphones brandis pour le premier décompte animé par Sophie Joissains, maire de la Ville et l’équipe municipale. « J’avais prévu les courbatures aux trapèzes ! Bon, les illuminations je connais je viens tous les ans. Si ça ne tenait qu’à moi, j’aurais attendu de venir un jour moins bondé. Mais je crois que les gosses ne me l’auraient pas pardonné… », pointe Régis, sa fille sur les épaules. Il aura fallu suivre une déambulation musicale, avant d’arriver, enfin au pied de la fontaine du Roi René, où, du haut du cours Mirabeau, où la maire s’est adressée à une foule qui n’en finissait plus. 3,2,1…. La Ville est parée de ses lumières jusqu’à la fin des festivités.

    Comme les « grandes » villes

    « Ce qui me chauffe le cœur est de vous voir aussi nombreux, a lancé Sophie Joissains, maire de la Ville, aux spectateurs en nombre. Nous traversons une période un peu compliquée en ce moment. Tout n’est pas tout à fait rose, je dirais presque que tout est morose. Mais nous abordons une belle période, qui est une parenthèse enchantée », lançait Sophie Joissains aux spectateurs. « C’est vrai, c’est nécessaire d’avoir un peu de gaieté en ces temps », souffle Michelle, en premier rang. S’il y a bien quelques protestations dans la foule : peu de places de parkings, monde dense dans ces petites rues, des ventes sur les stands à prix élevés… mais l’esprit des fêtes conquit la majorité des visiteurs. « Ce n’est pas si différent des autres années mais c’est toujours joyeux. Après tout, on ne vient pas pour le protocole, mais on vient pour l’esprit. C’est le seul moment de l’année où on peut être tentés par un peu de douceur, par un peu de gaieté », assure Gisèle. Plus loin, Romy, Olivia et Jade tentent de se frayer une petite vue sur la scène, où le concert gospel emboîte le pas aux discours. « Trop beau ! » lâchent les petites. Derrière elles, Chloé et Anne-Laure, apprécient peut-être moins le spectacle que leurs filles, mais savourent le moment crêpe chez Café Nino, « les lumières et les odeurs de chocolats » et « oui, la Ville a mis le paquet, surtout avant les élections municipales ! » De son côté, la municipalité assure avoir mis autant d’efforts dans les préparatifs que les années précédentes. « On est tombés sur le lancement par hasard, on est venus de Grenoble entre potes, s’amuse Clément. Franchement, ça vaut bien les illuminations des grandes villes ! On ne rate jamais celles de Lyon mais peut-être bien qu’on reviendra l’année prochaine : il fait moins froid et on respire un peu plus niveau monde ! » Les illuminations lancent une longue série d’animations et d’événements. La municipalité le rappelle d’ailleurs : le programme sera chargé, des divers marchés en passant par la Fontaine aux jouets. Jusqu’à la fin décembre, voire début janvier, touristes et locaux pourront retrouver la Foire aux Santons sur l’esplanade Cézanne, différents manèges sur le Cours Mirabeau, les places Général de Gaulle et Jeanne d’Arc, le marché des 13 Desserts jusqu’au Réveillon ou la Grande crèche aixoise à l’Office de Tourisme.

  • L’Arbois, cette décharge sauvage à perte de vue à Aix-en-Provence

    L’Arbois, cette décharge sauvage à perte de vue à Aix-en-Provence

    Des monticules de déchets et détritus divers à perte de vue avec en toile de fond la légendaire silhouette de la montagne de Sainte-Victoire qui se détache dans l’azur. Cézanne pris de nausée n’y mettrait pas son chevalet. L’ordure supplante la garrigue et la pinède sur le plateau de l’Arbois aux confins du territoire communal d’Aix-en-Provence. À deux cents mètres de la gare TGV, cette immense décharge sauvage attire, d’année en année, toujours plus dépôts, principalement des gravats de construction du bâtiment qui s’entassent avec des pièces de carrosserie automobile, des apports des particuliers comme une épave de bateau, un jet-ski, des matelas.

    Devant l’inertie des pouvoirs publics, un collectif citoyen « Déchargeons le plateau d’Aix-TGV » s’est créé en 2019, né de la pétition de Valentin qui cumule aujourd’hui plus de 60 000 signatures pour alerter sur ce scandale environnemental. Autorités, propriétaires fonciers privés et publics se renvoient la balle.

    15 hectares de détritus

    et déchets

    La décharge s’étend désormais sur 15 hectares. « On a atteint en dix ans des records en volumes. On estime la superficie à l’équivalent de 20 terrains de foot ici et autant de l’autre côté là-bas », pointe Frédéric, un membre du collectif qui arpente cette zone de désolation sous une pluie fine. On est au voisinage du grand site Natura 2000 du plateau de l’Arbois, si précieux pour le pastoralisme.

    Un premier site de déchets correspond à l’ancienne aire d’accueil provisoire de gens du voyage, une parcelle de 8,7 ha que la communauté d’agglomération du pays d’Aix-en-Provence louait depuis novembre 2013 à Drekra Foncier, propriétaire et ancien exploitant d’un contrôle technique de poids lourds. La commune lui a rendu le site en mars 2017 sans aucun état des lieux mais avec des monticules de déchets évalués à 41 000 m³, précise un jugement de la cour administrative d’appel validé par le Conseil d’État en juillet 2025 et qui considère que Dekra ne peut être regardée comme responsable de ces déchets et qui annule la mise en demeure par la commune d’Aix en avril 2020 de les éliminer. Le jugement rappelle que « les contrats conclus prévoyaient notamment une prise des lieux “dans l’état actuel”, à charge pour le preneur d’aménager le terrain et de le restituer en bon état d’entretien, étant précisé que le preneur s’engageait particulièrement à se conformer aux obligations relatives à l’élimination des déchets ». En octobre 2020, une parcelle de 5 000 m² du conseil départemental a été dépolluée de 1 320 m³ de déchets. On estimait alors à environ 250 000 m³ le volume de déchets abandonnés sur l’Arbois, considéré comme la 3e plus grande décharge sauvage de France.

    « Ils se moquent de nous »

    « On était à 6 millions d’euros de budget d’enlèvement des déchets mais depuis deux, trois ans, le même schéma se reproduit sur ce site limitrophe et là un nouveau cycle démarre. Il y en aura pour 10 à 12 millions d’euros. Le déchet appelle le déchet. Les gens voient que c’est un dépotoir alors ils jettent. Je parie que dans 10 ans, ils seront encore là », assure Frédéric. « La Ville d’Aix ne s’en occupe pas du tout. Ils se moquent de nous. Ils essayent de renvoyer la faute sur les autres. On demande un rendez-vous à Mme Joissains depuis septembre », déplore Béatrice.

    Les gens d’ailleurs pensent qu’on est sur le territoire de Vitrolles et ne se doutent pas qu’on est au point le plus reculé de la commune d’Aix. « En réalité, c’est tout le département qui vient jeter ici. S’il y avait un feu l’été, avec les pneus, les huiles, les pots de peinture, les produits chimiques, ça serait assez catastrophique avec le mistral. C’est urgent de s’en occuper. » Pour le collectif, c’est un environnement et une réflexion complète autour du déchet qu’il faut repenser : « Comment on les produit, qui les paye, quels sont les accès aux déchetteries et les filières de retraitement. Aujourd’hui, c’est devenu de plus en plus difficile d’accéder à une déchetterie. On a des quotas pour rentrer. Quand on arrive, les bennes sont pleines. Il faut un vrai raisonnement mais pas seulement sur l’Arbois. »

  • Un concours de bergers pour assurer la relève agricole

    Un concours de bergers pour assurer la relève agricole

    En remontant le chemin de terre du Domaine du Merle, les bêlements se font entendre de loin. À 400 mètres de l’entrée, un hangar en bois accueille la finale régionale des Ovinpiades des jeunes bergers, un concours qui s’adresse aux étudiants de 16 à 24 ans des formations agricoles.

    À l’intérieur, des dizaines de bêtes sont parquées dans des enclos, sur un épais tapis de paille. Juste derrière la grande porte coulissante, des agneaux se collent les uns aux autres. « Les jeunes doivent analyser leur état corporel de santé », détaille Rémi Lecomte. Au fond, installés autour d’une table, des candidats bûchent sur leur copie. « C’est de la génétique, ils doivent répondre à une problématique d’un éleveur et lui proposer le bélier le plus approprié », poursuit l’animateur ovin de la Maison régionale de l’élevage. À côté, une jeune fille saisit une brebis et la place sur une cage de retournement pour lui parer les sabots. Dans un champ à proximité, les jeunes s’affrontent sur de la pose de clôture électrique.

    Au total, sept épreuves servent à départager les 52 participants venus de dix centres de formation, répartis aux quatre coins de la région. « Ils sont notés sur les gestes quotidiens de tout éleveur de brebis », résume Rémi Lecomte. À la fin de la journée, les deux meilleurs se qualifient pour la finale nationale des Ovinpiades, qui se déroulera au Salon de l’agriculture, le 21 février prochain.

    De l’expérience

    et des contacts

    L’année dernière, c’est Basile qui a obtenu les meilleures notes et qui est monté à Paris. « Je suis arrivé avec beaucoup moins d’entraînement que les autres et je n’avais pas l’ambition de gagner, mais je me suis régalé et ça m’a apporté beaucoup d’expérience », raconte le jeune homme de 19 ans. De l’expérience, mais aussi des contacts. Après l’événement, il parvient à se faire embaucher chez Gaël Eyssautier, un éleveur du Mercantour qui avait décroché le titre de vice-champion du monde des jeunes bergers en 2014. « J’ai la chance de pouvoir apprendre auprès de lui, je me forme pour pouvoir m’installer ensuite », confie Basile. Son projet : reprendre l’exploitation familiale, laissée en « stand-by » depuis le décès de son grand-père, qui était agriculteur, en 2015. « Je voudrais faire de la viande et du lait », précise-t-il.

    Le renouvellement

    de la filière élevage

    C’est tout l’enjeu des Ovinpiades : faire de la formation de berger une porte d’entrée vers l’élevage ovin, qui se heurte à une problématique de renouvellement alors qu’il se trouve à un moment charnière de transmission, puisque chaque année 500 exploitants quittent la profession et 500 nouvelles recrues la rejoignent.

    La filière souhaite réduire sa dépendance aux importations alors que plus de la moitié de la viande ovine consommée en France vient de l’étranger et vise désormais un objectif d’un million d’agneaux supplémentaires produits par an pour assurer la souveraineté alimentaire et répondre à la demande des consommateurs.

    « Les métiers de l’agriculture n’attirent pas beaucoup, notamment à cause de l’astreinte et des craintes des difficultés économiques, concède Rémi Lecomte. Nous, on est là pour leur faire voir que c’est accessible techniquement, puisque ce sont des animaux assez petits donc tout le monde peut les gérer sans avoir besoin de force physique particulière et financièrement. »

    Au Domaine du Merle, centre de formation de bergers salariés, « on s’aperçoit que 30% d’entre eux deviennent éleveurs à long terme », affirme Frédéric Laurent, enseignant. « L’avantage c’est que cela permet une installation assez progressive puisqu’ils bossent pour des exploitants, petit à petit quand ça se pérennise, les éleveurs peuvent leur acheter quelques brebis, s’ils ont suffisamment de terres à pâturer ils leur laissent quelques hectares, donc ça limite de gros investissements au départ. »