Tag: Bouches-du-Rhône

  • Les marionnettes suivent le fil des Bouches-du-Rhône

    Les marionnettes suivent le fil des Bouches-du-Rhône

    Avec les marionnettes portées par les comédiens Abdul Haq Haqjoo et Farhad Yaqubi, ce mercredi sur la scène du Théâtre le Comoedia d’Aubagne, l’histoire de l’Afghanistan s’anime pour l’ouverture de la 12e édition du festival En Ribambelle !.

    Réfugiés de leur pays natal à Marseille en 2021, ils narrent dans Marjan, le dernier lion d’Afghanistan, leur rencontre avec l’ancien gardien du zoo de Kaboul, où se trouvait ce fauve, « offert par l’Allemagne en 1978 », qui « fut témoin des bouleversements successifs de son pays et, aujourd’hui, le symbole du courage du peuple afghan ».

    Des arts mêlés

    Visible aussi le 15 novembre à l’Espace Gérard-Philipe de Port-Saint-Louis-du-Rhône, et le 22 novembre à l’Espace Robert-Hossein, à Grans, ce spectacle illustre le déclic de paysages mentaux offert par la marionnette et l’objet, leitmotiv du programme jusqu’au 29 novembre. Sur de nombreuses scènes du département, 22 propositions où ces arts « se mêleront à la danse, au théâtre, au clown », au premier rang desquelles Magnéééétique Face B, du 18 au 20 octobre au Théâtre Massalia, où une « comédienne-clown » répare les cœurs avec humour et poésie à partir de cassettes audio. Du côté des Salins, à Martigues, A vue mêlera cirque, arts plastiques et théâtre. Un spectacle qui éprouve les rétines et les âmes, en piste les 16 et 17 octobre. En Ribambelle ! ouvrira les imaginaires et même les lieux, se délocalisant du 19 au 21 octobre dans le bassin du J4, à Marseille, pour un ballet sur l’eau, Mizu, porté par une marionnettiste, sa créature de glace et une danseuse.

    P.A.
  • Tout pour saisir les enjeux de l’eau en Méditerranée

    Tout pour saisir les enjeux de l’eau en Méditerranée

    La gestion de l’eau à travers le passé, le présent et le futur sera au cœur de cette 3e édition des Rencontres interacadémiques méditerranéennes, de mercredi à vendredi, entre les murs de la bibliothèque marseillaise de l’Alcazar. Organisé par l’Académie des Sciences, Lettres et Arts de Marseille, le colloque réunira 35 conférenciers venus de France, de Tunisie, du Maroc et d’Algérie.

    « Le but est d’avoir une approche pluridisciplinaire, explique Marc Sentis, secrétaire perpétuel de la classe des Sciences de l’Académie. Il y aura des écologues, paléoclimatologues, historiens, urbanistes, architectes, ainsi que des représentants d’institutions issus de divers pays du pourtour méditerranéen. »

    Durant trois jours, les participants tenteront de proposer une vision transversale des enjeux liés à la ressource en eau : de sa symbolique dans les différentes religions aux solutions face au réchauffement climatique, en passant par les questions de solidarité dans sa gestion.

    Un colloque pensé pour être accessible au plus grand nombre. Des classes de seconde avec leurs professeurs, assisteront à plusieurs conférences. « L’objectif de ce colloque est que tout le monde puisse venir, explique Marc Sentis. C’est sans inscription et gratuit pour que les visiteurs de l’Alcazar, venus pour autre chose, puissent suivre les conférences. »

    Les conférences et ateliers seront interactifs, avec un temps d’échange prévu entre les experts et le public.

    Programme complet sur le site academie-sla-marseille.fr

  • Philippe Négrier est parti

    Philippe Négrier est parti

    Nous le savions affaibli depuis ces dernières années mais il portait bien ses 94 printemps. Il y a une semaine, il participait encore à la réunion du mardi de sa cellule au 88, boulevard Chave.

    Une page d’histoire de la vie du quartier du Camas se tourne avec la disparition de Philippe, un humaniste au sens plein du mot, engagé dans tous les combats pour la justice, la fraternité, la solidarité et la paix.

    S’il naquit à Tourcoing en 1931 dans une famille nombreuse à laquelle sa mère, érudite et catholique pratiquante, transmit ses connaissances, c’est à Marseille qu’il s’attacha, lorsque son père ingénieur et héros de guerre y fut muté et plus particulièrement dans le quartier de Mazargues. C’est ici qu’à 15 ans, alors apprenti électricien, il découvrit le poids de l’action collective, lorsque poussé par un enseignant, il organisa la défense d’un camarade sanctionné injustement et menacé d’exclusion et qu’ainsi ils obtinrent l’abandon de la sanction. Il fut rappelé en Algérie en 1956 et servit dans les transmissions. Sa rencontre avec la violence de la colonisation et le désir d’émancipation du peuple algérien forgea sa conscience humaniste qu’il gardera toujours. Il était un militant du Mouvement de la Paix, dont il fut trésorier, parce que pour lui la paix était un combat fondamental.

    Formé au séminaire où son supérieur sut très vite déceler toute sa personnalité, il fut ordonné prêtre, d’abord dans le Panier puis en 1965 de la paroisse Saint-Michel-Camas tout en vivant dans une communauté religieuse à la Plaine. Devenu prêtre-ouvrier, il découvrit la solidarité entre travailleurs, les luttes et l’action syndicale. Ses paroissiens gardent le souvenir d’un homme d’Église ouvert et attentif aux questions du monde, travaillant comme plongeur dans un restaurant Salon Saint-Louis puis comme électricien de bâtiment. Il était actif au sein du mouvement de l’ACO (Action catholique ouvrière). En 1977, Pierre Camoin le convainc d’adhérer au PCF dans le cadre du Programme commun pour continuer son engagement dans le quartier. Très vite, il prend de nombreuses responsabilités comme trésorier, puis chargé de formation et enfin secrétaire de la section des 4-5, en conservant en secret son activité d’électricien. En 1983, il est présenté aux élections municipales, ce qui lui valut un article incendiaire de la part d’un rédacteur en chef d’extrême droite. Mais il sera un infatigable conseiller d’arrondissements, travaillant sur le logement et les écoles avec Renée Aillaud et poursuivra son action politique au conseil général auprès de Paul Biaggini puis de Joël Dutto, où il fut particulièrement sensible aux personnes en situation de handicap dans les quartiers Nord de Marseille. En 2020, il continuait le combat en s’engageant dans la campagne du Printemps marseillais. Parmi ses engagements syndicaux, notamment au sein de la CGT, il soutint une grève des vendeuses de chez André sur la Canebière en 1968 et défendit un salarié de la Banque de France, licencié parce que séropositif. Il fut aussi trésorier de Loisir Solidarité Retraite et organisé dans ce cadre des visites culturelles dans le Panier.

    Combien ceux qui l’ont côtoyé savent la belle personne qu’il était, emplie de culture et de sagesse. Ses prises de paroles nous poussaient à avancer sans se bloquer, à travailler tranquillement pour porter une vision d’avenir.

    Il nous invite à enrichir notre réflexion, à faire vivre l’intelligence collective, à sortir des anathèmes, à rassembler les communistes et à mieux comprendre la société en insistant : « Nous sommes en recherche. » Un grand merci, Philippe, pour tout ce que tu nous as apporté.

    Un rendez-vous est donné mardi 14 octobre à 11h à l’église Saint-Michel pour lui rendre un dernier hommage.

  • La Corniche en fête pour Algernon

    La Corniche en fête pour Algernon

    Du Pharo au David, les participants à la course Algernon ont vécu un dimanche exceptionnel.

    Dès 10h12, le peloton s’est élancé de la colline dominant le Vieux-Port. Qu’ils soient engagés sur la course des 5 km, des 10 km ou sur l’épreuve de marche, tous n’avaient qu’un but : « Partager un moment de convivialité ensemble, faire se rencontrer des générations et des personnes qui n’ont pas vocation à cela. Montrer que l’inclusion peut être une fête », résume Arnaud Chikli.

    Le directeur de courses et les organisateurs étaient satisfaits de voir ce flot multicolore descendre la Corniche, direction le David. Avec pour certains une boucle autour du Parc Borély

    « Simplement magnifique »

    Parmi eux, Lalie. La Martégale était inscrite sur la course des 5 kilomètres et termine 3e de sa catégorie. Sa sœur Noémie était à ses côtés. L’aînée s’est envolée, avant de franchir la ligne, à quelques minutes de celle qui a gagné chez les féminines. « Je me suis accrochée et je suis allée au bout de moi-même, parce que je voulais défendre ce podium », a-t-elle soufflé, une fois la ligne franchie. Sous les hourras de Gaëlle, sa marraine, avec qui elle participe habituellement à la Ronde Martégale.

    Au-delà de l’effort physique, c’est avant tout le partage qui
    demeure le maître-mot d’Algernon. Ils étaient 700, lors de la première édition qui s’était élancée de Luminy. Dimanche, ce sont 7 600 participants qui ont répondu à l’invitation de l’association Algernon. « Par certains aspects, elle ressemble un peu à Marseille-Cassis ! Et au moins, à l’arrivée, c’est possible de se baigner », plaisante une des figures du rendez-vous, qui n’a manqué aucune édition.

    De son côté, Clara s’est élancée du Pharo pour la quatrième fois. « Je n’ai pas de mots pour décrire ce que je ressens. Ce que j’ai vécu, c’est tout simplement magnifique. » La jeune femme, paraplégique depuis un accident, a couru avec une équipe qui l’accompagne dans ses défis depuis 2020. « Aujourd’hui, nous étions cinquante à ses côtés. Il y avait des pompiers, des soignants des hôpitaux de Hyères et la Timone qui sont toujours prêts à mouiller le maillot pour Clara », souligne la mère de l’athlète.

    Pour ce qui est des performances scratch, Jérémy Villard et Juliette Tarakanov, de l’équipe AMU Aix-Marseille, ont gagné la course des 5 kilomètres, avec un chrono de 16’55’’ et 20’56’’. L’équipe des universitaires d’Aix-Marseille s’est également distinguée sur les 10 km, avec la victoire pour Quentin Berga (32’44’’). Alors qu’Aurore Bender est la première femme (44’01’’).

    Palmarès sur www.kms.fr

  • Des vacances quand on a Alzheimer, c’est possible

    Des vacances quand on a Alzheimer, c’est possible

    La lutte contre la maladie d’Alzheimer n’a pas de frontières. Les associations France Alzheimer Vaucluse et Alzheimer Gesellschaft München organisent un séjour d’échange franco-allemand pour la 13e année, depuis le 6 octobre et jusqu’à ce lundi 13 octobre, avec pour destination, cette année, la Bastide des Joncas, à la Couronne.

    Peu avant midi, vendredi, un groupe de seniors s’adonnait à un jeu de balle sur le terrain de sport, pendant que d’autres profitaient d’un atelier bien être avec une esthéticienne. « Mixer les malades et les proches permet de ne pas perdre en motricité », commente Lisa Junglas, organisatrice franco-allemande de l’échange. Une odeur d’ail flotte dans l’air : la cuisine est communautaire et une participante prépare une soupe au pistou.

    Le programme du séjour est conséquent, avec notamment l’intervention des services neurologie de l’hôpital de la Timone et d’Avignon pour la remise du prix de la fondation Hertie le mardi, une excursion au Frioul le mercredi, visite du Mucem le jeudi, entre autres activités. « Ce cadre offre de vraies vacances aux aidants, un soulagement », confie Marcel Blanc, adhérent français. Daniel Di Natale abonde : « ça nous permet de nous aérer l’esprit en tant qu’aidant, car on a moins de contraintes en groupe. On sort du quotidien. Si on était que tous les deux, on pourrait pas relâcher l’encadrement. »

    « Unique en Europe »

    Mais comment faire quand on ne parle pas la même langue ? « Certains traduisent, d’autres n’en ont pas besoin. Il y a quelque chose qui se passe dans les tablées », estime Marcel Blanc. Peut-être car « le même thème nous réunit, nous connaissons les mêmes choses, alors on arrive à rire et danser, malgré la barrière de la langue », relève Lisa Junglas.

    L’organisation d’un tel séjour pour 68 personnes, dont 35 venues de Munich, est particulière. « Ça se prépare sur une année avec des réunions régulières », commente Thierry Sanchez, l’un des cinq accompagnateurs français aux côtés des cinq Allemands. Plusieurs sont des professionnels. « Thierry est bénévole et éducateur spécialisé, je suis conseillère conjugale et familiale salariée de l’association », indique Lisa Junglas. La chargée du programme côté allemand, Anna Walner, tient au « vivre ensemble » développé lors du séjour. « Nous avons réussi quand ils rentrent à la maison et passent l’année à dire que c’était sympa », lance l’éducatrice spécialisée de formation.

    Les acteurs des Rencontres sans frontières présenteront leur projet « unique en Europe », selon Lisa Junglas, au congrès international de Lyon, en 2026.

  • Licenciés d’ID Logistics, ils contre-attaquent au tribunal

    Licenciés d’ID Logistics, ils contre-attaquent au tribunal

    « On n’a pas lâché la lutte. On était dans la défense, on passe à l’attaque, ce mercredi 15 octobre », explique Alex Regnault, porte-parole des ex-salariés de l’entrepôt marseillais. « Tout ce temps a été mis à profit avec notre avocate, Mathilde Lanté, pour consolider les dossiers que nous irons déposer devant le conseil des prud’hommes. »

    En octobre 2024, ID Logistics, lâché par son quasi unique client Amazon, fermait les portes du hangar investi deux ans plus tôt à Saint-Antoine, dans le 15e arrondissement. Usant d’une clause de mobilité scélérate, l’employeur mettait brutalement un terme aux contrats précaires de ses salariés. En dépit d’une grève de plus d’un mois pour défendre leurs emplois, tous ceux qui ont refusé la mutation sur le site de Bollène, dans le Vaucluse, à plus de 130 km, ont été licenciés pour « faute grave ».

    Durant deux années, les salariés se sont succédé sur le site des quartiers nord pour décharger des camions, à bout de bras ou au transpalette, scanner des colis qui pouvaient dépasser les 55 kg, les trier ou les étiqueter. Le tout en étant chronométrés et dans un entrepôt au toit fuyant, sans chauffage ni climatisation, sans toilettes ni accès à l’eau. « Les plannings étaient communiqués à la dernière minute, des collègues se faisaient appeler en pleine nuit pour aller travailler, de 3h à 11h. En hiver, on avait tous les mains gelées, on crachait noir tellement c’était poussiéreux et pas ventilé. lors d’une coupure d’électricité, une équipe a travaillé à la lueur des phares des camions », témoigne Alex. Des conditions de travail indécentes qui amenaient à un turn-over et au recours à des contrats intérimaires très importants. « Sur 80 employés, on pouvait avoir 50 intérimaires. »

    Les maillons de la chaîne logistique se fendent

    « Mais on avait besoin d’un travail », justifie l’ancien salarié, pour ceux qui, comme lui, ont tenu le coup pendant deux ans. « Nous sommes majoritairement des mères et pères de familles nombreuses, certains avec des maladies chroniques, d’autres qui habitaient loin de l’entrepôt ont même déménagé pour s’en rapprocher et fait changer d’école leurs enfants en cours d’année », précise le jeune homme, devenu porte-parole du collectif contre ID Logistics et Amazon.

    Quand la direction leur impose le choix entre accepter une mutation à Bollène ou démissionner, c’est le coup de massue. « Il faut compter plus de 270 km aller-retour quotidiennement, le tout payé au Smic, alors que le coût du déplacement, pour nous, aurait été de plus de 900 euros par mois ! », précise Alex. Les salariés entament une grève pour négocier. Tentative vaine en dépit des actions et conférences menées et des nombreux soutiens qu’ils trouvent avec l’UD CGT, comme auprès du syndicat créé par Hervé Street, ancien patron marseillais d’une société de transports, devenu un symbole de la lutte contre la précarisation dans la sous-traitance en s’attaquant à FedEx, et de parlementaires de gauche.

    Mais ils ont appris à se battre et « même si on a été virés, on ne lâche pas sur la dignité. On n’acceptera jamais la faute grave, c’est un truc qui vous colle à la peau toute une carrière et c’était totalement déloyal », explique le collectif, qui a décidé de saisir la justice. Aujourd’hui, « pratiquement tous au chômage et dans des situations très précaires, on cherche une sorte de justice qui reconnaisse le traitement abusif de ce système déjà bien rodé des plateformes de logistique, qui broie les salariés et use d’aides d’état », indiquent les ex-salariés d’ID Logistics. « Et qui pourrait faire jurisprudence pour tous les autres dans notre cas. »

    Car, « quand on a commencé la grève, on s’est rendu compte que ces problématiques étaient très répandues dans la majorité des entrepôts ». Leur pétition lancée sur change.org intitulée « Non aux licenciements déguisés ! Solidarité avec les ID Logistics Amazon Marseille ! » pourrait faire boule de neige. Rendez-vous est donné à 13h30 le mercredi 15 octobre devant le tribunal de la rue Rigord, une tribune à signer à l’appui.

  • Licenciés d’ID Logistics, ils contre-attaquent au tribunal

    « On n’a pas lâché la lutte. On était dans la défense, on passe à l’attaque, ce mercredi 15 octobre », explique Alex Regnault, porte-parole des ex-salariés de l’entrepôt marseillais. « Tout ce temps a été mis à profit avec notre avocate, Mathilde Lanté, pour consolider les dossiers que nous irons déposer devant le conseil des prud’hommes. »

    En octobre 2024, ID Logistics, lâché par son quasi unique client Amazon, fermait les portes du hangar investi deux ans plus tôt à Saint-Antoine, dans le 15e arrondissement. Usant d’une clause de mobilité scélérate, l’employeur mettait brutalement un terme aux contrats précaires de ses salariés. En dépit d’une grève de plus d’un mois pour défendre leurs emplois, tous ceux qui ont refusé la mutation sur le site de Bollène, dans le Vaucluse, à plus de 130 km, ont été licenciés pour « faute grave ».

    Durant deux années, les salariés se sont succédé sur le site des quartiers nord pour décharger des camions, à bout de bras ou au transpalette, scanner des colis qui pouvaient dépasser les 55 kg, les trier ou les étiqueter. Le tout en étant chronométrés et dans un entrepôt au toit fuyant, sans chauffage ni climatisation, sans toilettes ni accès à l’eau. « Les plannings étaient communiqués à la dernière minute, des collègues se faisaient appeler en pleine nuit pour aller travailler, de 3h à 11h. En hiver, on avait tous les mains gelées, on crachait noir tellement c’était poussiéreux et pas ventilé. lors d’une coupure d’électricité, une équipe a travaillé à la lueur des phares des camions », témoigne Alex. Des conditions de travail indécentes qui amenaient à un turn-over et au recours à des contrats intérimaires très importants. « Sur 80 employés, on pouvait avoir 50 intérimaires. »

    Les maillons de la chaîne logistique se fendent

    « Mais on avait besoin d’un travail », justifie l’ancien salarié, pour ceux qui, comme lui, ont tenu le coup pendant deux ans. « Nous sommes majoritairement des mères et pères de familles nombreuses, certains avec des maladies chroniques, d’autres qui habitaient loin de l’entrepôt ont même déménagé pour s’en rapprocher et fait changer d’école leurs enfants en cours d’année », précise le jeune homme, devenu porte-parole du collectif contre ID Logistics et Amazon.

    Quand la direction leur impose le choix entre accepter une mutation à Bollène ou démissionner, c’est le coup de massue. « Il faut compter plus de 270 km aller-retour quotidiennement, le tout payé au Smic, alors que le coût du déplacement, pour nous, aurait été de plus de 900 euros par mois ! », précise Alex. Les salariés entament une grève pour négocier. Tentative vaine en dépit des actions et conférences menées et des nombreux soutiens qu’ils trouvent avec l’UD CGT, comme auprès du syndicat créé par Hervé Street, ancien patron marseillais d’une société de transports, devenu un symbole de la lutte contre la précarisation dans la sous-traitance en s’attaquant à FedEx, et de parlementaires de gauche.

    Mais ils ont appris à se battre et « même si on a été virés, on ne lâche pas sur la dignité. On n’acceptera jamais la faute grave, c’est un truc qui vous colle à la peau toute une carrière et c’était totalement déloyal », explique le collectif, qui a décidé de saisir la justice. Aujourd’hui, « pratiquement tous au chômage et dans des situations très précaires, on cherche une sorte de justice qui reconnaisse le traitement abusif de ce système déjà bien rodé des plateformes de logistique, qui broie les salariés et use d’aides d’état », indiquent les ex-salariés d’ID Logistics. « Et qui pourrait faire jurisprudence pour tous les autres dans notre cas. »

    Car, « quand on a commencé la grève, on s’est rendu compte que ces problématiques étaient très répandues dans la majorité des entrepôts ». Leur pétition lancée sur change.org intitulée « Non aux licenciements déguisés ! Solidarité avec les ID Logistics Amazon Marseille ! » pourrait faire boule de neige. Rendez-vous est donné à 13h30 le mercredi 15 octobre devant le tribunal de la rue Rigord, une tribune à signer à l’appui.

  • Top départ pour le congrès de l’Union départementale CGT

    Top départ pour le congrès de l’Union départementale CGT

    En pleine crise politique et après un début de mouvement social intersyndical avec plusieurs journées d’actions en septembre, les militants de l’UD CGT 13 vont plancher, pendant trois jours, sur l’avenir de l’organisation, à partir de ce lundi à la Halle de Martigues. « Plus de 600 délégués sont attendus. Ils viennent d’Unions locales de tout le département et de tous les secteurs », campe Jessica Jadé, secrétaire de l’organisation.

    Votes sur l’activité financière, établissement des instances décisionnaires avec l’élection du bureau et du secrétariat de l’organisation, discussion générale et retour sur les luttes menées ces dernières années… Le programme allie sujets techniques et débats de fond. Pour rappel, le dernier congrès de l’organisation, en 2022, avait abouti à la réélection d’Olivier Mateu comme secrétaire général. Avant que ce dernier ne soit candidat à la tête de la confédération lors du congrès de 2023, sur fond de vives critiques du bilan de Philippe Martinez. Candidature qui n’avait pas fait l’unanimité parmi les militants. Olivier Mateu est en retrait depuis plusieurs mois.

    « Dans cette période de guerre ouverte contre les travailleurs et de volonté de casse totale des conquis sociaux, on a un intérêt, presque une obligation, que l’ensemble des syndiqués et des organisations CGT soient rassemblés et unis pour être efficace et utile aux travailleurs », développe Jessica Jadé. En résumé, ce congrès s’annonce comme un moment de débats intenses et de réflexion sur les « orientations » de l’organisation.

    Sécurité sociale

    et santé au travail

    « On va débattre des enjeux, des réalités de terrain dans la période et de quelle Union départementale on a besoin pour mettre en échec les stratégies patronales dans les entreprises », poursuit la secrétaire. Mais aussi la riposte « aux attaques des gouvernements via des coupes budgétaires ».

    Côté programme, le congrès s’ouvre avec un discours du maire de Martigues, Gaby Charroux (PCF), et plusieurs temps forts sont prévus. Notamment avec l’organisation d’une table ronde autour des 80 ans de la sécurité sociale et un débat sur la santé au travail et les risques industriels. De quoi faire le lien entre politique menée nationalement et conditions de travail dans le département. Et sur fond de poursuite, ou pas, de la démarche départementale initiée par l’organisation depuis plusieurs années déjà.

  • Le CNM se prépare à défier Hanovre

    Le CNM se prépare à défier Hanovre

    À trois jours d’un premier match de Ligue des Champions, il est difficile de penser à autre chose. Même quand un derby provençal face au Pays d’Aix Natation se trouve sur le chemin.

    Bien qu’ils soient repartis avec la victoire (21-9), samedi soir au bassin Pierre-Garsau, les poloïstes du Cercle des nageurs de Marseille ont pris leur temps avant d’allumer le moteur et laisser la machine marseillaise prendre vie. « On a beaucoup travaillé ces derniers temps. Je pense que l’état d’esprit y était, mais le corps n’a pas suivi. On aurait dit que c’était mou. Avec tout le respect que j’ai pour Aix, on a quand même le match de Ligue des Champions en tête », reconnaît Ugo Crousillat.

    L’international français, passé par le club aixois lors de la saison 2017-2018, retient quand même des points positifs dans ce derby provençal. « Même si on a mal commencé en défense, on a réussi à se mettre dans le bain. On encaisse que neuf buts finalement. C’est encourageant », ajoute l’ancien lauréat du Graal européen avec l’écurie hongroise de Szolnok, en 2017.

    Lui et ses coéquipiers se tournent désormais vers leur prochaine rencontre : la réception de Hanovre, mardi (20h30). Le récent champion d’Allemagne reste sur une victoire de choix (14-10), samedi, en finale de la Supercoupe d’Allemagne face à son rival de Spandau 04.

  • Ahmed Bouchiber prend place sur le toit du monde

    Ahmed Bouchiber prend place sur le toit du monde

    Il était le plus heureux des hommes, vendredi soir, lorsqu’il a soulevé sa première ceinture mondiale. Le kickboxeur bédoulens Ahmed Bouchiber (29 ans) a vécu « la meilleure soirée » de sa vie lors du combat qui l’opposait au Libanais Samir Zayni, à l’occasion du Fight Night, au Palais des Sports de Marseille. Une victoire par KO dès le premier round a fait la différence en sa faveur. « Je ne lui ai pas laissé le choix, je voulais la victoire à tout prix », martèle le nouveau détenteur de la ceinture Wako Pro des poids légers, encore sur un petit nuage deux jours après son sacre.

    « Ça récompense l’ensemble de ma carrière, où j’ai souvent affronté de grands noms de notre discipline. Ça fait du bien d’être reconnu à ma juste valeur », confie-t-il. Soutenu par le public marseillais, dont les fidèles adhérents des MTP (Marseille Trop Puissants, groupe de supporters de l’OM), le pensionnaire du Boxing Team Louragh, à Aubagne, profite désormais de son nouveau statut, avant de songer à son futur combat.

    « J’en avais quelques-uns de prévus, mais j’ai préféré n’en accepter aucun pour rester concentré sur mon titre mondial », souligne Bouchiber, persuadé que les événements vont rapidement s’enchaîner d’ici quelques semaines, où il pourrait recevoir des propositions alléchantes. « Cette victoire va m’ouvrir des portes à l’échelle internationale », estime-t-il, conscient que de grands circuits mondiaux vont faire des mains et des pieds pour l’attirer.