Tag: Bouches-du-Rhône

  • Cancer et travail de nuit : l’hôpital fait appel

    Cancer et travail de nuit : l’hôpital fait appel

    C’était une « décision de justice historique » pour Sylvie Pioli. Cette infirmière a travaillé 25 ans de nuit à l’hôpital de Martigues jusqu’à développer un cancer du sein en 2014, reconnu lié au travail de nuit par la décision du tribunal administratif de Marseille du 3 mars (notre édition du 6 mars). Mais le 30 avril, l’ancienne infirmière reçoit un courrier des ressources humaines de l’hôpital, que La Marseillaise a pu consulter, faisant état de la décision du centre hospitalier de Martigues de faire appel.

    « C’est avec une immense incompréhension que je vois cette reconnaissance contestée », indique Sylvie Pioli, jointe mercredi 20 mai. « J’ai consacré ma vie à soigner les autres pendant 35 ans jusqu’à tomber malade à mon tour. Mais ce combat dépasse mon histoire personnelle. Il concerne toutes les femmes qui travaillent de nuit dans des conditions éprouvantes », rappelle l’ex-infirmière.

    « Garantir la sécurité juridique de l’hôpital »

    Sollicité par La Marseillaise sur les raisons de cet appel, l’hôpital de Martigues n’a pas souhaité commenter la décision du tribunal administratif dans sa réponse du vendredi 22 mai. Parlant de « l’éventualité d’un appel » alors qu’il a déjà été notifié, « l’établissement n’a pas vocation à commenter ni à divulguer sa stratégie juridique. Notre rôle demeure d’appliquer les textes, d’accompagner les agents et de garantir la sécurité juridique de l’hôpital. » En même temps, l’hôpital de Martigues affirme que « la maladie est une réalité qui est prise en considération avec la plus grande attention. Toutes nos pensées vont à la professionnelle ainsi qu’à ses proches. » Un double discours assumé qui n’entame pas la « détermination » de l’infirmière « pour que toutes les femmes concernées soient enfin entendues et respectées ».

  • À Bel Ombre, tous les partenaires seront associés à la sauvegarde

    À Bel Ombre, tous les partenaires seront associés à la sauvegarde

    La défaillance du syndic de cette copropriété du 11e arrondissement et les lourdes dettes accumulées ont conduit à une dégradation du bâti et de graves dysfonctionnements qui ont conduit la justice à la placer sous administration provisoire, confiée à AJAssociés en 2023. Le 3 avril dernier, un plan de sauvegarde a été décidé par la préfecture en coordination avec les collectivités pour permettre d’engager des travaux d’urgence, notamment la remise en fonctionnement des huit ascenseurs qui desservent 16 étages.

    Plusieurs centaines de milliers d’euros ont été mobilisés par l’État, à travers en particulier des subventions de l’Agence nationale de l’habitat (Anah) mais la situation financière non redressée plombait l’avancée des travaux. L’État a donc engagé en mars une nouvelle étape avec la décision prise en avril d’élaboration d’un plan de sauvegarde. À cet effet, un opérateur, dont la désignation organisée par la Métropole est prévue à l’automne, sera chargé d’assurer un accompagnement portant à la fois sur les aspects financiers et le suivi des travaux.

    Le 19 mai, face à l’inquiétude des copropriétaires et locataires de la résidence qui ne voient pas d’amélioration dans leur quotidien, une réunion initiée par Isabelle Epaillard, préfète déléguée à l’égalité des chances, faisait un nouveau point d’étape sur l’avancement du dossier. L’Anah a accordé en octobre 2025, comme l’État s’y était engagé, rappelle la préfecture, « une subvention à hauteur de 50% du montant du devis de l’ascensoriste AMS proposé par les copropriétaires, soit plus de 700 000 euros ». L’administrateur a reçu l’agrément ainsi que l’avance de 70%, soit plus de 500 000 euros en janvier dernier. AJAssociés a lancé les appels de fonds auprès de l’ensemble des copropriétaires, « 3 580 euros en moyenne par copropriétaire, au lieu de 7 000 précédemment » précise l’administrateur. Cependant, AJA « n’est pas en mesure de signer les devis faute de fonds suffisants, seuls 19 copropriétaires sur 247 ont versé leur quote-part à date, soit 70 000 euros », indique la préfecture.

    Des procédures longues

    Auxiliaire de justice, le cabinet AJA est le seul en capacité de représenter juridiquement la copropriété, de rendre compte de sa gestion et d’engager des décisions opérationnelles. Parmi les copropriétaires, 64% sont bailleurs contre 36% occupants. « Mais nous sommes aujourd’hui tous coincés, or nous refusons de laisser sombrer Bel Ombre, de laisser les marchands de sommeil et le deal s’emparer de nos immeubles, comme c’est le cas dans d’autres copropriétés dégradées », plaide Yoann Titous, porte-parole de 130 signataires d’une pétition pour exiger des réponses d’urgence et être associés au comité de suivi du plan de sauvegarde.

    « Ces copropriétés présentent des dysfonctionnements depuis des décennies. Cela témoigne d’une fragilisation sociale sur un temps long de certains copropriétaires qui n’ont pas eu les moyens d’assumer leurs responsabilités d’entretien de leur bien, souligne la préfecture, ces renoncements aboutissent à un mur des investissements pour remettre aux normes les équipements qui se conjugue à un mur des impayés des charges ».

    Pour désenrayer la spirale, « nous voulons la transparence sur les devis car il y a un écart énorme entre celui présenté par AJA et ceux des copropriétaires et c’est en raison de ce désaccord que les fonds n’ont pas été réunis », objecte Radhouane Ouachani, membre de LFI, en soutien à l’association Préservons Bel Ombre qui réunit 148 propriétaires et locataires, sur 233 appartements. La transparence sera faite, s’est engagée Isabelle Epaillard.

  • [Entretien] Maurice Marsiglia : « Nous voulons la gratuité dans tout le département »

    [Entretien] Maurice Marsiglia : « Nous voulons la gratuité dans tout le département »

    La gratuité des transports dans le Pays d’Aubagne et de l’Étoile remise en cause ? C’est la crainte de Maurice Marsiglia, militant de la gratuité depuis le début de sa mise en place. Entretien pour mieux comprendre les enjeux des transports gratuits.

    La Marseillaise : Comment fonctionne actuellement le système de gratuité dans les transports ?

    Maurice Marsiglia : Dans les douze communes du Pays d’Aubagne et de l’Étoile, les bus et tramways sont entièrement en accès libre, pas uniquement pour les habitants mais pour tous les usagers. Le système est financé depuis 2009 par les entreprises locales de plus de 11 salariés, à hauteur de 2% de la masse salariale. Dans notre association, Se déplacer en liberté, nous souhaitons élargir la gratuité à l’ensemble de la Métropole. Pour cela, il faudrait augmenter la contribution des entreprises à hauteur de 3,5%, comme cela se fait déjà en Ile-de-France. Selon nous, le projet est réaliste, c’est seulement un choix politique.

    Cette proposition va à l’encontre
    de la direction que semble prendre la nouvelle Métropole. Que savez-vous de ses intentions à l’égard du projet
     ?

    M.M. : La direction de la Métropole n’a jamais répondu à nos sollicitations. Elle a seulement communiqué sur la dette de 123 millions d’euros et son envie de faire des économies, avec dans le viseur la gratuité des transports. C’est pourquoi nous nous préparons en organisant une réunion publique ce mercredi 27 mai.

    La gratuité est-elle une cause importante de cette dette ?

    M.M. : Les chiffres sont clairs : la gratuité correspond à un déficit de 2 millions d’euros par an, et représente 0,04% du budget total de la métropole. Donc c’est totalement anodin sur une dette de 123 millions. Pour nous, le problème, c’est qu’on fait payer aux habitants une mauvaise gestion. Des projets comme le Val’Tram ou le Bus + coûtent énormément à la collectivité et leur conception est mal pensée. La gratuité, quant à elle, profite à tous de manière concrète.

    Quels sont ses effets justement ?

    M.M.  : Premièrement, elle a permis d’augmenter le pouvoir d’achat des habitants. Selon les familles, les économies vont de 50 à 60 euros par mois. La fréquentation des transports a aussi explosé, aujourd’hui on compte trois fois plus d’usagers qu’avant la gratuité, avec un fort impact sur la qualité de l’air. Et les incivilités ont presque disparu.

    Qu’attendez-vous de cette réunion publique ?

    M.M. : Nous souhaitons réunir un maximum d’habitants et élus pour expliquer les effets positifs de la gratuité et laisser chacun faire des propositions. Nous devons faire pression sur la Métropole pour éviter le pire : que l’on revienne à un système payant.

    Réunion publique le 27 mai à 18h à la salle du Bras d’Or à Aubagne, entrée libre

  • [Exclusif] Pollution aux Riaux : l’État savait depuis un an

    [Exclusif] Pollution aux Riaux : l’État savait depuis un an

    Pour la mairie de secteur, l’alerte est tombée inopinément à la fin du mois d’avril, lorsque l’Agence régionale de santé (ARS) a demandé à publier sur son site internet un message pour informer les habitants des risques de pollution. « Dans le cadre de la mise en sécurité du site de la société Recylex, en liquidation judiciaire, une pollution aux dioxines et furanes a récemment été découverte sur le terrain », expliquent l’ARS et la préfecture dans une communication conjointe à destination des riverains. Et d’annoncer la réalisation de prélèvements dans le voisinage de ces 80 hectares de friches situées sur les hauteurs des Riaux, dans le 16e arrondissement de Marseille.

    « Cela a créé un petit affolement pour l’école de l’Estaque », reconnaît le maire (PCF) du secteur, Jean-Marc Coppola, même si finalement l’établissement n’est pas dans le périmètre des prélèvements préconisés. Certes, la pollution n’est pas un sujet nouveau pour les riverains de ces sites industriels exploités en continu de 1883 à 2001 pour produire sulfate de soude puis plomb avant de traiter les minerais de cobalt et aurifères. L’alerte avait ainsi été déjà donnée aux habitants sur la présence de plomb et d’arsenic. « Ceux qui ont connu l’exploitation des usines ont déjà eu des analyses il y a quinze ans, explique Jean-Marc Donjon, le président du comité d’intérêt de quartier (CIQ) des Riaux. Mais les nouveaux Estaquéens découvrent le sujet. Ils ont été surpris de cette communication abrupte de l’ARS. »

    Un chantier jusqu’en 2027

    Les analyses qui ont décelé la présence de ces nouveaux polluants avaient pourtant été réalisées en novembre 2024, et leurs résultats transmis à la Direction régionale de l’environnement (Dreal) début 2025. C’est une expertise rendue en novembre 2023 suite à la liquidation en 2021 de l’entreprise propriétaire du site Recylex (ex-Metaleurop) qui a sonné l’alerte. Au moment de recenser les travaux de dépollution restant à réaliser, elle relevait qu’il n’existait aucune donnée concernant les concentrations en dioxines et furanes dans les sols. Classés parmi la « sale douzaine » des polluants organiques persistants, ces composés chimiques peuvent endommager le système immunitaire et provoquer des cancers, explique l’Organisation mondiale de la santé. Et les services de l’État, dès 2008, avaient exigé de Recylex que ces analyses soient effectuées. « Les investigations, réalisées en novembre 2024, ont permis de mettre en évidence des concentrations significatives de dioxines et furanes sur l’ensemble de l’emprise investiguée, relate le rapport d’une inspection réalisée le 20 juin. Au vu de l’historique de la zone et de la présence d’une zone résidentielle à proximité du site, il est fort probable que de tels polluants soient présents aux abords. » Un an et demi après, l’ARS recommande aux habitants de se laver soigneusement les mains après avoir joué ou travaillé en extérieur, de passer la serpillière plutôt que le balai, d’éviter de consommer œufs, fruits et légumes du jardin.

    « Il faut qu’on dissipe le caractère anxiogène du message pour ceux qui le découvrent », rassure Jean-Marc Coppola, qui a réuni ARS et préfecture après avoir été informé. Une rencontre qui a débouché sur l’organisation d’une réunion publique d’information ce jeudi au centre municipal d’animation Estaque-Riaux afin de faciliter le travail de prélèvements auprès des habitants. Et connaître, enfin, les conséquences de cette pollution, alors que la mise en sécurité du site, initialement prévue pour 2002 avec une enveloppe de 40 millions d’euros, reste encore inachevée. Poussant la préfecture le 9 septembre dernier à mettre en demeure le liquidateur judiciaire, en lui ordonnant de finir les travaux d’ici au 30 octobre 2027.

  • Une décision de justice cruciale pour la posidonie

    Une décision de justice cruciale pour la posidonie

    France nature environnement (FNE), partie civile dans l’affaire, s’était félicité de la décision du tribunal maritime de Marseille, le 22 novembre 2024 qui avait créé une jurisprudence, reconnaissant le préjudice écologique porté aux herbiers de posidonie causé par les ancrages illégaux. Deux capitaines de yachts, hongrois et turc, le Take Off et My Falcon, avaient mouillé dans des zones interdites par arrêtés du préfet maritime de la Méditerranée et avaient été condamnés à verser respectivement 86 537 euros et 22 423 euros.

    « Une dizaine d’affaires de ce type ont été audiencées » en première instance devant ce même tribunal mais cinq capitaines ont fait appel explique Judith Sébert, juriste à FNE. Deux premières affaires arrivent ce mardi 26 mai en cour d’appel d’Aix-en-Provence. L’une concerne le capitaine du Belongers, un grand yacht d’environ 50 mètres qui avait écopé de 15 000 euros d’amende à Villefranche-sur-Mer pour avoir fait fi de la réglementation. L’autre, le capitaine du Saharet of Tyre, un voilier de 33 mètres, qui s’est fait prendre dans une zone interdite au nord de l’île de Porquerolles mais aussi près de la Corse, a été condamné en septembre 2025 à régler une amende de 100 000 euros.

    Un calcul pour évaluer

    le coût de la destruction

    « Tout va être redébattu avec le concours de biologistes ou de l’Office français de la biodiversité », précise Judith Sébert, car FNE ne compte pas lâcher l’affaire. « C’est une jurisprudence vraiment ambitieuse, impulsée par notre association », insiste la jeune femme.

    FNE présentera de nouveau son calcul pour étayer sa démonstration avec l’évaluation du coût écologique de la destruction. « Un calcul fondé sur les valeurs écosystémiques de la posidonie » qui apporte beaucoup à l’humain, rappelle la juriste. Cette plante à fleurs « endémique de la Méditerranée qui peuple les petits fonds côtiers, produit énormément de services » poursuit-elle. La posidonie constitue à la fois une zone d’habitat pour tous les invertébrés, tous les poissons des côtes, puits de carbone et assure aussi une production d’oxygène. « C’est vraiment [un garant de] la bonne santé de notre mer Méditerranée », martèle Judith Sébert.

    Concrètement, après une synthèse de nombreuses recherches scientifiques sur le sujet, FNE en arrive à 86 676 euros par hectare. Sachant qu’il faut, selon l’association, 25 ans minimum pour qu’un herbier se régénère tel qu’il était avant l’impact, que le tribunal maritime a lui retenu 13 ans, considérant qu’à partir de la première année la repousse est déjà effective, « on multiplie, donc, 86 676 euros par 13, par la surface abrasée par le mouillage », conclut Judith Sébert.

    S’il reste possible de renaturer l’espace détruit, « la transplantation de boutures de ces herbiers [doit être effectuée] par des personnes expertes » détaille FNE, car la manœuvre reste « très technique. » Raison de plus pour éviter de les anéantir au départ…

  • Les bénévoles de la Croix-Rouge en quête de générosité

    Les bénévoles de la Croix-Rouge en quête de générosité

    À l’arrêt du tram de la Joliette, avec leur chasuble fluo et leur timbale au logo de l’association auxiliaire des pouvoirs publics, Jacob, Greg et Jean-Paul sont immédiatement identifiables. Ils accueillent avec un large sourire le flot de passagers débarqués de la rame, « en espérant que sur 50 personnes, l’une d’elles donnera quelques euros ou centimes », explique Greg, qui participe à cette quête pour les Journées nationales de la Croix-Rouge française.

    « 3 euros, c’est un paquet de lingette pour bébé, 4 c’est un panier-repas, 10 ce sont 50 couvertures de survie… », précise ce bénévole de 54 ans, engagé depuis dix ans auprès de l’association après avoir lui-même « bénéficié de colis alimentaires quand je me suis retrouvé en difficulté ». Cette semaine est « un levier indispensable pour permettre aux bénévoles de poursuivre leurs missions et de s’adapter aux réalités de leur territoire, souligne la Docteure Caroline Cross, présidente de la Croix-Rouge française. Chaque don collecté est utilisé localement ». À Marseille l’opération permettra de financer Le Carrefour des Solidarités, épicerie solidaire et boutique vestimentaire, ouvert il y a quelques mois à la rue Simone Sedan, l’achat de véhicules et l’augmentation de l’offre de formation aux gestes qui sauvent. « Nous sommes quelques équipes sur le terrain, place Sébastopol, Place Castellane, et ici à La Joliette. Il y a aussi une campagne d’appel aux dons sur les réseaux sociaux », indique Greg. A 46 ans cet aide soignant salarié depuis 20 ans de la Croix-Rouge, regrette : « Il y a de plus en plus de besoins et c’est plus difficile pour les gens de donner car de plus en plus se retrouvent face à des difficultés financières, je le constate clairement quand j’interviens à domicile ».

    « 50 personnes vues

    en une soirée de maraude »

    Dans la rue également, témoigne Jean-Paul, 58 ans, sans emploi et bénévole depuis 3 ans : « La semaine dernière on a vu 50 personnes en une soirée lors de notre maraude entre Timone et Belsunce, des étudiants, des familles… et les places d’hébergement sont saturées dès le matin ».

    Chaïla, vendeuse chez Sephora en pause méridienne, se dirige spontanément vers eux pour déposer des pièces dans la tirelire. « Quand on peut, on aide, c’est absolument nécessaire de rester solidaires quand le système s’effondre » est convaincue la jeune femme qui se dit « consciente des enjeux de société, avec les prix à la hausse des matières premières, le manque de logements et les aides sociales à la baisse ».

    Un habitant du 15e arrondissement glisse un billet de 5 euros dans chacune des boîtes. Un couple de touristes allemands envoie leurs filles, ravies, contribuer aux dons. « Donner un peu c’est se sentir utile », confie un retraité en vidant sa petite monnaie. Rayan, 14 ans, s’excuse de ne laisser « que 70 centimes. C’est tout ce que j’ai mais je les ai et il y en a qui n’ont rien ». Jean-Paul le remerciement pour son geste et lui remet l’autocollant des donateurs.

    Hakima, ex-bénévole, reconnaît son ancien coéquipier de maraude et vient le saluer. « Je suis restée un an à la Croix-Rouge, explique-t-elle, mais j’ai eu des soucis de santé et il faut aller bien pour pouvoir aider les autres ». Une femme, visiblement en détresse, vient à la rencontre des bénévoles : « Je suis à jeun depuis quatre jours. J’ai droit aux colis alimentaires je ne sais pas où sont les points de distribution ». La collecte est aussi l’occasion « de prendre contact, d’informer, de discuter, de rompre l’isolement », ajoute Jacob.

    Avant d’enchaîner avec leur maraude les trois bénévoles font le compte : « Près de cent euros récoltés seront toujours une bouffée d’oxygène pour aider les Marseillais les plus démunis ».

  • Pro D2 : Provence Rugby franchit le barrage briviste

    Pro D2 : Provence Rugby franchit le barrage briviste

    Sous le regard de Fabien Galthié, Provence Rugby a confirmé sa fin de saison dynamique. Le manager de l’équipe de France était venu soutenir son fils, Mathis, le demi de mêlée de Brive. Il a finalement assisté à une démonstration de force des joueurs de Philippe Saint- André.

    Si les Aixois ont concédé le premier essai de la rencontre, alors qu’ils n’étaient que treize sur le pré suite à deux cartons jaunes, ils ont rapidement repris le contrôle grâce à un coup d’accélérateur ponctué d’un essai de Caleb Muntz. Par la suite, il n’y aura plus qu’une équipe à pratiquer un rugby cohérent. Les Aixois récitaient leurs gammes, face à des Corréziens sans inspiration et parant souvent au plus pressé.

    Avec Adrien Lapègue en jambes, Provence Rugby se dirigeait vers une qualification sans trop forcer. L’ailier était privé d’un premier essai en tout début de rencontre. Avant de s’offrir un doublé qui lui permettait d’atteindre la barre des cinquante réalisations sous les couleurs aixoises, et de placer les Provençaux sur la voie royale. Cela malgré un sursaut d’orgueil briviste et deux nouveaux cartons jaunes dans les dernières minutes.

    Cette voie qui passera par Colomiers, vendredi 29 mai, où Provence Rugby jouera sa demi-finale du championnat de Pro D2 chez le deuxième de la phase régulière.

    Provence rugby – Brive 39 – 21 (21 – 7)

    Barrage de Pro D2

    Stade Maurice David

    8 300 spectateurs

    Arbitre : A. Marbot.

    PROVENCE : 5 essais Muntz (19), Latterrade (23), Lapègue (34, 45), Drouet (59), 4 transformations (19, 23, 34, 58) et 2 pénalités (76, 80) Vareiro.

    Avertissements : Bituniyata (6), Tuisue (16), Yemsi (58), Harrison (72).

    BRIVE : 3 essais Tuivaka (17), Gué (68), Fraissenon (74), 3 transformations Shillcock.

    Avertissement : Fraissenon (58).

  • Water-polo : les Marseillais prennent une « petite » avance

    Water-polo : les Marseillais prennent une « petite » avance

    Le plus dur a été fait, ils n’ont plus qu’à ne pas craquer au match retour. Les pensionnaires du Cercle des nageurs de Marseille ont disposé des Croates de Jadran Split (19-16), samedi 23 mai à domicile, lors de la phase aller de la finale de l’Euro Cup.

    Titrés en 2019 dans cette même compétition, les poloïstes phocéens ont clairement démontré leur envie d’ajouter une deuxième étoile sur le maillot du club. Entreprenants dès le début du match, les Marseillais – emmenés par le serial-buteur Thomas Vernoux (4 buts) – ont pris suffisamment leurs distances au tableau d’affichage pour maîtriser le cours de la rencontre. Bien soutenus par le millier de supporters présent dans les tribunes du bassin Pierre-Garsau, les protégés de Milos Scepanovic ont à la fois été performants en défense, grâce aux nombreux arrêts de Petar Tesanovic, mais aussi en attaque où sept joueurs différents ont trouvé le chemin des filets. Une performance collective qui a fait la différence.

    Avec un avantage de +7 au score juste avant la mi-temps, les joueurs du CNM pouvaient espérer plier le duel sur les deux derniers quart temps. Mais les Croates ont montré qu’ils n’étaient pas en finale pour rien et ont progressivement remonté la pente. Les Phocéens, légèrement épuisés, ont résisté jusqu’au bout afin de conserver une avance de trois buts avant de voyager jusqu’à Split, le 6 juin. Où, mis à part un cataclysme, le CNM soulèvera le deuxième trophée européen de son histoire.

  • [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au musée Cantini, Via le Cirva, Caccavale transcrit Christian Guez

    [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au musée Cantini, Via le Cirva, Caccavale transcrit Christian Guez

    On admet les colonnes néoclassiques, les vitres qui donnent sur l’extérieur ne sont plus sottement bouchées : en premier plan devant les buissons, on aperçoit une stèle en acier, forgée par Chillida.

    L’été dernier, dans cet espace, il y avait des œuvres de Giacometti. Auparavant, sur une table, des céramiques de Baya. Les conservatrices de Cantini, Amélie Lavin et Louise Madinier, le directeur du Cirva Stanislas Collodiet proposent une installation de Guiseppe Caccavale. Sur un socle légèrement surélevé, on est confronté à trois séries de trois vers de Christian G. Guez Ricord, des tercets de taille inégale. Le dernier vers dit qu’« Un feu ancien disperse le carré qu’il trace ».

    « Des gongs d’éveil » qu’on lit ou bien qu’on murmure. On contemple, on épelle des lettres blanches. Ce ne sont pas les messages du feu de la Pentecôte, leurs apparences grisées évoquent des morceaux de givre, des fragments de glacier. Une par une, ces lettres furent réalisées par les ouvriers-souffleurs du Cirva, leurs noms sont rappelés. Il s’agit de la première page de Neumes, un recueil de Christian Guez : en vitrine voici sa couverture pensée par Jean Degottex et sa première page, du Garamond sur papier centaure ivoire édité en mars 1983 par André Dimanche. Dans la première salle, on imagine le travail d’imprégnation, de rythmique et d’incorporation conduit par Caccavale, des aquarelles bleues reproduisent les pages de Neumes. Une chose manque, la diction de Christian, le tremblement de sa voix, un enregistrement quand il lisait en public.

    Ces lettres procèdent pourtant d’une intense écoute au cœur d’une ville-monde. Caccavale est arrivé à Marseille à la faveur d’une exposition collective, cet artiste formé à Naples avait 25 ans ; ses dessins et ses collages furent adoptés par Jean-Pierre Alis de la galerie Athanor en 1986. Il décida de vivre à Marseille pendant 20 ans, rue des Bons-Enfants. Giuseppe n’a jamais croisé Christian Guez, décédé en juin 1988. Au début des années 1990, un ami de Christian, Jean-Jacques Ceccarelli lui offrit Neumes : Caccavale et l’alchimie du Cirva en sont les témoins et les traducteurs.

    Jeudi 19 juin, 16h, rue Grignan, Caccavale et Michaël Battala évoquent Ch.Guez.

  • La municipalité marseillaise veut mettre la nature en vedette

    La municipalité marseillaise veut mettre la nature en vedette

    Dans les allées du parc du XXVIe-Centenaire, les deux anciens colistiers du secteur, Hervé Menchon (EELV) et Pierre Huguet (G.s) se prêtent volontiers aux activités de rempotage. Ce samedi, les deux adjoints ont inauguré le village nature installé dans le grand parc du 10e arrondissement à l’initiative de la municipalité pour la Fête de la nature.

    « Cette Fête de la nature rend visible l’invisible, permet de sensibiliser à la fragilité de notre territoire », met en avant l’adjoint écologiste à la biodiversité. Après l’adaptation de la lumière du parc pour protéger les espèces nocturnes, il promet d’étendre ces trames sombres sur d’autres espaces de la ville, en particulier le littoral. Pendant que les enfants découvrent animaux et plantes de la ville, cette fête est l’occasion pour la municipalité de défendre son action, en particulier dans ce secteur qui a basculé à l’extrême droite. «Si on compte ce qu’on a investi dans ce parc dans le précédent mandat et ce qu’on prévoit d’investir dans ce mandat, c’est 3,5 millions d’euros», glisse Pierre Huguet, face à la renaturation engagée d’un parc trop longtemps laissé à l’abandon. Désormais doit y être engagé le chantier de l’étanchéité des bassins.

    Pour le grand public, la Fête de la nature se poursuit ce dimanche avec une journée festive au parc de la Ravelle (13e arr.), autour du Jarret. «Symboliquement, il y a une fête en amont et en aval du Jarret», sourit Hervé Menchon : la rivière coule aussi sous le parc du XXVIe-Centenaire.