Tag: Bouches-du-Rhône

  • Dans un contexte « inquiétant », la Ville comme stabilité

    Dans un contexte « inquiétant », la Ville comme stabilité

    Campagne électorale oblige, Gaby Charroux (PCF) a opté pour la « retenue » lors de ses vœux à la population. Pas d’évocation de programme ni d’attaque à l’encontre de ses adversaires, présents dans la salle, donc. C’est au sein d’une Halle de Martigues comble que le maire, qui brigue un 4e mandat, a fait part de ses craintes quant à l’état du monde, en cette nouvelle année qui s’est ouverte sur l’attaque de Donald Trump à l’encontre du Venezuela, en violation du droit international.

    « Oui je suis inquiet quand une grande puissance s’improvise gendarme du monde en ne respectant pas, au passage, ses propres lois, assume-t-il. Inquiet des menaces proférées, par cette même grande puissance, à l’endroit, notamment, d’un pays européen. Inquiet de la docilité de nos dirigeants. »

    Alors que les conflits se multiplient, Gaby Charroux l’assure : « Parler de paix n’est pas un caprice. (…) C’est refuser la tentation de la division pour privilégier la voie de l’unité, de la concorde et de l’amitié entre les peuples. »

    Des repères et du lien

    Au milieu de cette instabilité, tant de l’ordre international que de « nos institutions nationales », et de l’incertitude qu’elle engendre pour la population, le maire-candidat rappelle : « Les collectivités territoriales, et plus spécifiquement les communes, ont été des espaces de stabilité », fustigeant le gouvernement Bayrou d’avoir amputé leur budget faisant perdre, « pour près de 2 000 communes, plus de 250 millions d’euros » avec le dispositif Dilico, dont 2 millions à la Ville de Martigues en 2025.

    « Les communes offrent des repères, créent du lien (…) répondent présentes à chaque étape de la vie de nos administrés » affirme celui qui veut repartir afin de poursuivre les actions menées lors des derniers mandats.

    « Je suis content d’entendre les soutiens apportés à cette politique municipale, même si elle n’est pas parfaite, consent Gaby Charroux. On a besoin de batailler encore pour un certain nombre de dossiers difficiles dont nous avons perdu la compétence, je pense à la collecte des ordures ménagères qui agite chacun d’entre nous. Mais on a besoin de ces pôles solides que sont les collectivités territoriales, qui ne bougent pas dans la tempête malgré des budgets amputés. Ce sont grâce à elles que les habitants ont accès à des services publics de qualité et de proximité, qui sont d’intérêt général. »

  • « On risque de perdre la dimension humaine de la médecine »

    « On risque de perdre la dimension humaine de la médecine »

    La Marseillaise : Pourquoi aller manifester à Paris ce samedi ?

    Alice Starkman-Eusebio : C’est la dernière chance. Je suis en grève pour protester contre diverses mesures du budget de la Sécurité sociale et j’irai manifester contre les éléments de ce projet. Ils mettent, selon moi, fin à l’exercice de la médecine générale, celle qui me motive. Tout deviendrait régi par des décisions comptables et économiques. On perd complètement la dimension humaine qu’on a déjà du mal à faire encore dans notre pratique quotidienne.

    Prenons l’exemple des transports médicalisés. Qu’en est-il ?

    A.S.-E. : Pour nos patients très âgés qui ne peuvent pas se rendre à l’hôpital autrement qu’en ambulance, je prescris le transport. Ça fait déjà plusieurs fois que la Sécu vient me voir en me disant que je prescris trop d’ambulances. Or, j’ai une patientèle plutôt âgée avec beaucoup de pathologies, ce qui n’est pas pris en compte, car la Sécu ne recoupe pas les fichiers. Si je prends un exemple, j’ai une dame de 94 ans, sans famille, qui a besoin d’aller voir son rhumatologue à l’hôpital. Quand je lui ai dit que je ne pourrais peut-être plus continuer à marquer le bon de transport pour l’ambulance, elle est partie en pleurs. C’est une source de stress énorme pour elle. Je me suis dit, c’est pas possible, je ne peux pas travailler comme ça.

    Sur la question des dépassements d’honoraires, comment sont-ils définis ?

    A.S.-E. : On est censé décider de nos dépassements « avec tact et mesure », c’est la formule consacrée. Ça veut dire qu’on est censée s’adapter aux gens que nous avons en face de nous, et ne pas faire n’importe quoi. Le premier problème est d’arriver à le faire comprendre et accepter par les patients. Pourquoi fait-on du dépassement ? Par exemple, moi, je me pose la question sur les consultations très longues. J’ai de plus en plus de patients qui arrivent avec huit problèmes, ou tous leurs résultats d’un coup. J’ai des créneaux de 20 minutes, et là, c’est pas possible. Pareil, si on doit reprendre un dossier sur plusieurs années, voir tout un historique. Je n’ai pas le droit de coter plus d’une seule consultation dans le cadre de la convention. Le dépassement correspondrait alors au temps supplémentaire. Aujourd’hui, toutes les consultations sont plus longues, on doit trouver des solutions pour le manque de rendez-vous de dermato ou de scanner… On perd du temps et tout ça n’est pas pris en considération, ni valorisé. Une de nos revendications est d’ailleurs une cotation sur les consultations longues ou compliquées, qui serait conventionnée.

    La question des déserts médicaux revient aussi souvent…

    A.S.-E. : Premier questionnement : pourquoi les médecins, si personne d’autre n’y va ? S’installer dans un endroit, sans école, sans service public… C’est quand même compliqué. Après, sur la mise en place, il y a le projet pour que les internes de 4e année de médecine générale s’installent là-bas. Nous, on trouve ça un peu limite d’envoyer des jeunes seuls, pas expérimentés, dans des endroits où ils vont devoir se roder. Pas vraiment favorable, ni pour eux, ni pour leurs patients.

    Envoyer des médecins installés travailler un ou deux jours par mois dans des déserts médicaux ?

    A.S.-E. : À la limite, mais ça pose plusieurs problématiques. Est-ce qu’il y a une secrétaire ? Des dossiers médicaux ? On ne connaît pas les gens. La complexité des consultations devient énorme. Depuis quand n’ont-ils pas vu de médecins ? Quand ont-ils été pris en charge ? Où sont les correspondants ? Les spécialistes ? Les hôpitaux ? Concrètement, ça paraît un peu compliqué. Quid du cabinet principal ? Les charges ? Mes patients ? On a posé des questions, sans vraiment avoir de réponse. À part « prenez un remplaçant ! ». Sachant qu’il n’y en a pas, le problème reste entier. Et je n’évoque pas la prise en charge des déplacements, ni du logement. À ce jour, on a juste reçu un courrier pour savoir si on était volontaire pour les déserts médicaux.

    Quelle serait la solution ?

    A.S.-E. : Il faudrait décentraliser la formation. Dans la réalité, les médecins s’installent soit là où ils ont grandi, soit là où ils ont fait leur internat, car c’est là qu’ils ont créé des liens. Il faut prendre ça en considération. C’est logique. C’est bien d’être entourés.

    Les modifications du numerus clausus dans les écoles de médecines, ont-elles changé des choses ?

    A.S.-E. : La situation démographique aujourd’hui de la profession était prévisible, et ce qui a été fait lors de l’augmentation des numerus clausus était totalement insuffisant. Ensuite, il y a quelque chose de nouveau, parmi les étudiants de première année : une proportion énorme qui abandonne. Ma génération en 96, nous étions une centaine. Si un abandonnait, c’était l’événement. Aujourd’hui, c’est de l’ordre de 20%. Autre fait, actuellement tous les généralistes fraîchement diplômés ne s’installent pas en tant que médecin traitant. Ils préfèrent faire des remplacements. Par exemple, dans le 7e, sur le nombre de médecins généralistes déclarant exercer dans l’arrondissement, seule la moitié est réellement installée, et suit des patients comme médecin traitant.

  • Au Rove, de premiers vœux de paix pour le maire Paul Sabatino

    Au Rove, de premiers vœux de paix pour le maire Paul Sabatino

    Les applaudissement étaient nourris ce vendredi soir, sous les guirlandes du gymnase Blaise-Gouiran, pour de nouveau rendre hommage au maire historique du Rove, Georges Rosso, disparu au mois de mai 2025. À l’occasion de ses premiers vœux à la population, Paul Sabatino tenu à saluer la mémoire de son prédécesseur qui, un an plus tôt sur la même estrade, annonçait qu’il lui transmettrait le flambeau. « Je voudrais que tu entendes, toi dont la place du village porte désormais le nom, ce tonnerre d’applaudissement des habitants qui ne t’oublient pas et te remercient », appelle ainsi l’édile communiste, après avoir honoré « un serviteur fidèle de l’intérêt général profondément attaché à son village ».

    Mais alors que l’année s’est ouvert sous le bruit des bombes au Venezuela, ce sont plus particulièrement des vœux de paix qu’a apporté le maire. « Mais ou s’arrêtera Donald Trump, quelle sera sa prochaine cible ? Est ce que la France et l’Europe vont enfin réagir à la hauteur de cet évènement ? », interpelle-t-il. Et d’appeler à « résister à la haine, au mensonge, aux idéologies qui font de l’autre un ennemi ».

    Sur scène, il tient aussi à rendre hommage aux forces de sécurité, particulièrement dans leur travail face aux dépôts sauvages et à la surfréquentation, il fait applaudir aussi toutes les associations rovenaines. « Grâce à nos bénévoles, notre village est plus vivant, plus humain, plus solidaire », souligne-t-il, avant d’évoquer le 90e anniversaire du Front populaire et des conquis sociaux à défendre « tellement importants pour les populations fragiles ».

  • Benoît Payan prêt à se lancer dans la campagne

    Benoît Payan prêt à se lancer dans la campagne

    Cette fois, ça y est. Ce samedi matin, le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan, doit selon nos informations officialiser sa candidature pour les prochaines municipales. Une annonce déjà esquissée par des affichettes collées en ville proclamant que « Marseille c’est toujours le printemps » qui ont fait grincer des dents dans les rangs d’une droite prompte à dénoncer cet affichage sauvage. De quoi présager un coup d’accélérateur dans une campagne certes engagée depuis la rentrée, mais qui peinait encore à prendre.

    Le terrain n’en a pas moins été soigneusement préparé. Depuis l’automne s’égrainent les ralliements des différentes formations politiques au Printemps marseillais, depuis le Parti communiste français le 2 octobre dernier jusqu’au Parti radical de gauche ce jeudi. Un rassemblement qui cette fois comprend également les Écologistes, malgré les affaires qui ont ciblé leur éphémère chef de file (notre édition du 09/01), ainsi que le parti de la maire adjointe (DVG) Samia Ghali, Marseille avant tout. « Ils ont fait partie de cette majorité pendant six ans, l’objectif est de poursuivre la transformation de notre ville », explique le président (G.s) du groupe Printemps marseillais, Pierre Huguet.

    Un état-major préparé

    Militants et élus ont aussi été très actifs pour occuper le terrain. Le 20 septembre dernier l’adjoint à l’éducation avait appelé « à la plus grande consultation citoyenne de Marseille ». Résultat : en quatre mois, plus de 15 000 portes ont été frappées dans les huit secteurs de la ville. « C’est notre marque de fabrique depuis 2020, nous faisons avec les habitants », appuie Pierre Huguet. Alors que la droite avait lancé son référendum pour tester ses propositions, que les insoumis avaient consulté à travers leur commission d’enquête citoyenne, « nous avons réalisé la plus grande opération de démocratie participative », assure-t-il. Avec en tête des résultats les préoccupations sur la propreté, la sécurité et les transports. « Ce sont des compétences métropolitaines, on voit bien que le service n’est pas rendu », glisse l’élu. S’ajoutent aussi des rencontres thématiques, qui ont permis de rencontrer un millier d’acteurs associatifs. « Cette matière viendra conforter le projet que l’on présentera aux Marseillais », assure Pierre Huguet.

    Pour le reste, tout est prêt. Déjà parmi les artisans de la victoire du Printemps marseillais en 2020, l’ancien directeur de cabinet du maire Arnaud Drouot dirigera la campagne de Benoît Payan. Un local est d’ores et déjà loué sur la Canebière, et les premières affiches officielles devaient y être livrées ce vendredi pour lancer des opérations de collage et de tractage dans toute la ville ce samedi. En attendant les propositions et les candidatures.

  • Rassemblement en solidarité avec le Venezuela

    Les progressistes marseillais se réunissent une nouvelle fois pour dénoncer l’agression impérialiste des États-Unis sur le Venezuela et le kidnapping de son dirigeant Nicolas Maduro. Le rendez-vous est ainsi donné à 11 heures sous l’ombrière du Vieux-Port ce samedi. « L’impérialisme c’est la guerre (…) du Venezuela à la Palestine, les mêmes logiques d’ingérence et de domination menacent la paix et piétinent le droit international », alerte la fédération PCF des Bouches-du-Rhône dans un tract appelant au rassemblement. « Se féliciter d’un changement de régime imposé par une intervention militaire étrangère, comme l’a fait Emmanuel Macron, c’est légitimer la loi du plus fort », dénoncent les communistes locaux.

    Contre « l’impérialisme des États-Unis de Trump »

    Les insoumis du 13 ont eu aussi confirmé leur participation à cette nouvelle manifestation face à « l’impérialisme des États-Unis de Trump » et en « solidarité avec le peuple vénézuélien ». « Contre la loi du plus fort, défendons la souveraineté des peuples », martèlent ils.

    Cette attaque dirigée par Washington sur Caracas a profondément traumatisé la population et fait plus de 100 morts. Jeudi, le milliardaire républicain qui dirige les États-Unis a évoqué une « tutelle » de plusieurs années sur le pays et tente déjà de s’approprier ses réserves en pétrole. Ainsi, l’association France Cuba Marseille 13 se joint à l’appel à protester pour « dire stop aux agressions guerrières et aux violations du droit international et dire oui au droit à l’autodétermination des peuples ». De même que l’UD CGT des Bouches-du-Rhône, affiliée à la Fédération syndicale mondiale (FSM), dont les militants seront présents en « solidarité avec le peuple vénézuélien » et pour défendre le « respect de la souveraineté des États ».

  • La CGT alerte sur les points chauds du département

    La CGT alerte sur les points chauds du département

    L’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône commence l’année sur les chapeaux de roues. L’organisation syndicale a mené sa première action d’ampleur, ce vendredi dans la matinée, avec un rassemblement devant le siège de la chambre de commerce et d’industrie métropolitaine (CCIAMP) à Marseille. « Unis rien n’est inéluctable. Aujourd’hui, nous sommes réunis et tous issus d’entreprises et de secteurs d’activités différents pourtant complémentaires et essentiels à la vie dans le département », tempête Marc Pietrosino, secrétaire général de l’organisation. À ses côtés, on retrouve les militants et représentants syndicaux de plusieurs secteurs clés de l’activité économique locale : agents du Grand port maritime, des industries métallurgiques du pourtour de l’Étang de Berre comme Arcelor ou encore des travailleurs de l’énergie. Mais aussi des figures des « dossiers » du syndicat, à l’instar de Kalathoumi Ibouroi, déléguée syndicale de Pamar, Nicolas Guglielmacci pour la Coopérative de presse et de messagerie méditerranéenne (CPMM) ou encore une délégation de la Centrale de Gardanne. Il faut aussi compter sur la présence des cheminots de Marseille, de postiers ou encore d’agents territoriaux et de la santé. « Nous sommes tous dépendants des uns des autres. La convergence existe entre la métallurgie, l’énergie, la santé, les activités maritimes, le rail, la distribution de la presse ou le commerce », développe Marc Pietrosino, insistant sur le fait « qu’il n’y a pas de petits ou grands dossiers ». Et certains sont particulièrement sensibles : par exemple, la CPMM fait face à une diminution de taux de rémunération des messageries. De quoi « mettre en péril à court terme la viabilité même des coopératives ».

    « D’autres rencontres

    à venir »

    Concrètement, l’objectif du jour est d’alerter la chambre consulaire sur les différentes problématiques, et conflits, rencontrées sur les différents « dossiers sensibles et stratégiques ». « On porte ensemble nos revendications directement auprès des décideurs économiques et politiques », explique le secrétaire général. Avant de préciser que cette initiative est « le début d’un nouveau cycle ». Le tout en vue « d’obtenir des investissements pour nos infrastructures, pour nos industries, dans les transports ».

    L’organisation syndicale a d’ailleurs été reçue par des représentants de la CCI. « La rencontre était plutôt positive, il y a eu une écoute attentive pour certains dossiers, plus partielle pour d’autres », relate Marc Pietrosino. Avant de conclure : « Il va y avoir d’autres rencontres. »

  • Les résidents gelés de Frais Vallon reçus par le bailleur

    Les résidents gelés de Frais Vallon reçus par le bailleur

    On n’est pas des pingouins ! », « Il fait plus chaud dans nos frigos que dans nos appartements », crient les locataires en brandissant des pancartes devant le siège de Provence Métropole Logement. Une situation qui se répète chaque hiver depuis plusieurs années dénoncent les associations CLCV et CGL.

    « Je n’ai eu aucun chauffage de tout l’hiver. Et l’eau chaude, c’est un peu et plus rien », décrit Angélique, locataire du bâtiment N. Au B1, chez Jessica, « on accumule les couvertures, les enfants dorment avec des polaires et des bonnets ». Aziz, 74 ans, ne sent plus ses jambes « le soir à cause du froid qui passe sous les fenêtres. Les boiseries sont trop usées ». Au 14e étage, une locataire de la tour K a « mis du scotch sur les vitres ». Au bâtiment O, « on promène des convecteurs électriques du salon aux chambres, mais la facture va exploser », craint Aminata. Quant à Hadidja, au bâtiment G, elle « fait bouillir des marmites d’eau pour laver les enfants ».

    Devant l’entrée du siège, l’ancien logo HMP est toujours là. Et le passif d’une gestion peu réactive pèse encore. Aux rênes de Provence Métropole Logement depuis mai 2024, Jean-Bernard Dambier a accusé réception de l’injonction du maire de Marseille aux bailleurs sociaux à prendre les mesures nécessaires. Il reçoit les responsables associatifs, puis les locataires, par groupes d’immeubles. Frais Vallon est alimenté par un seul réseau de chaleur armé d’une chaufferie qui date de la construction de la cité dans les années 60. « Un système fuyard qui présente des dysfonctionnements. On a fait des travaux pour créer des petits réseaux. En découplant les bâtiments K, L et M, ça a déséquilibré l’ensemble », explique le nouveau directeur général. Les logements sont chauffés par le sol par inertie, il faut régler le thermostat de la chaudière à plus de 30 °C pour en obtenir 20 dans les logements en bout de circuit.

    Accélérer la rénovation

    La situation devrait revenir progressivement à la normale d’ici lundi. « J’ai accordé aux locataires une remise sur 15 jours de charges », précise le DG. S’il admet « faire ces travaux un 20 décembre n’était pas opportun », le responsable de PML s’attache à accélérer les réhabilitations en attendant les travaux Anru prévus en 2027 pour 600 logements. « En fin de premier semestre 2026 nous attaquons les travaux d’isolation des façades et rénovation des appartements dans les tours H et F, un investissement de 85 000 euros par logement. »

    « La régie fait son boulot, ils mettent les moyens, reconnaît Thierry Del Baldo, président de la CGL 13, mais ils sont débordés par la vétusté. » PML entame une réhabilitation lourde de 4 500 logements de son patrimoine, dont les cités Jean-Jaurès et Massalia, et investit une enveloppe de 4 millions d’euros sur deux ans pour rénover les ascenseurs, notamment aux Lauriers et aux Iris.

  • « Le travail d’équipe permet de retrouver du lien social »

    « Le travail d’équipe permet de retrouver du lien social »

    En plus de son poste de coprésidente du collectif Épices, Floriane Rieu est directrice de la Table de Cana, l’un sept restaurants membres de l’association, dans la cité phocéenne. En 35 ans, l’établissement a accompagné 1 500 profils en réinsertion.

    La Marseillaise : À qui s’adressent vos programmes de réinsertion ?

    Floriane Rieu : Notre objectif est de proposer un accompagnement professionnel et social à des personnes qui soit n’ont pas travaillé depuis plus de deux ans, soit sont aux minima sociaux et ne parviennent pas à retourner sur le marché de l’emploi. Nous proposons de les former à un métier en lien avec la cuisine. Cela peut être commis de cuisine, pâtissier, chauffeur-livreur, serveur, magasinier, plongeur… L’accompagnement social permet, lui, de travailler sur les problématiques périphériques, parfois responsables de l’éloignement de l’emploi : endettement, problèmes de logement, accident de la vie… L’idée est qu’en deux ans maximum, les personnes puissent retourner sur le marché de l’emploi.

    Quelles sont les particularités d’une réinsertion par la cuisine ?

    F.R. : La cuisine se prête bien à la réinsertion, déjà parce que c’est beau et bon, donc c’est valorisant pour les personnes qui viennent. Ensuite, c’est un travail qui se fait en équipe, ce qui permet de retrouver du lien social, pour des personnes qui ont souvent subi beaucoup de solitude. La cuisine permet d’échanger, de vivre des moments de convivialité. C’est aussi un métier évolutif, c’est-à-dire qu’on peut commencer par exécuter des tâches très simples, avant d’évoluer vers des choses plus complexes. On peut commencer par éplucher les légumes, puis progressivement avancer vers de nouvelles compétences. Et, enfin, c’est un marché en tension. Un secteur qui recrute donc, notamment depuis la crise Covid.

    Les employeurs avec lesquels vous travaillez ont-ils des réticences à embaucher des profils en réinsertion ?

    F.R. : Oui, il y a beaucoup de préjugés sur l’insertion. C’est un peu tout le travail qu’on veut mener, notamment avec le collectif. Nous voulons briser ces images fausses et accompagner les entreprises qui recrutent en les incitant à appliquer de bonnes méthodes d’intégration. C’est important que le secteur de la restauration se remette aussi en question, pour accueillir les personnes dans de bonnes conditions. Notre idée est aussi de défendre une cuisine inclusive et participative, ce qui veut dire ouvrir la cuisine à des profils avec des parcours de vie différents.

    Combien de personnes a accompagnées le collectif depuis sa création en 2022 ?

    F.R. : Par an, le collectif accompagne environ 100 personnes. Dans le cas de la Table de Cana, 65% des personnes trouvent ensuite un emploi stable.

    Propos recueillis par Margot Milhaud

  • Le candidat Schipani annonce porter plainte contre le maire d’Aubagne pour diffamation

    Le candidat Schipani annonce porter plainte contre le maire d’Aubagne pour diffamation

    Le 3 février, le maire d’Aubagne sera convoqué devant la 13e chambre du tribunal correctionnel de Marseille. C’est ce qu’affirme le communiqué envoyé, ce 9 janvier, par Giovanni Schipani : « J’ai décidé de faire citer directement Gérard Gazay, maire d’Aubagne, devant le tribunal correctionnel de Marseille pour diffamation publique, sur le fondement de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. Cette procédure fait suite à des déclarations rapportées dans un article de La Provence publié le 14 novembre 2025, dans lequel il est laissé entendre que j’aurais été écarté de responsabilités municipales en raison de prétendues “affaires judiciaires liées à des accusations d’agressions sexuelles” ».

    Giovanni Schipani a été adjoint au maire à la Jeunesse durant le premier mandat de Gérard Gazay, de 2014 à 2020. Il poursuit : « Je conteste formellement ces propos, que je considère graves, inexacts et profondément attentatoires à mon honneur. Je rappelle n’avoir jamais été condamné pour de tels faits et disposer d’un casier judiciaire vierge. Si un rappel à la loi est intervenu en 2019, aucune poursuite judiciaire n’a été engagée et aucune condamnation n’a jamais été prononcée à mon encontre. » Face à ces « accusations infondées », il indique avoir « choisi de saisir la justice afin que ces propos soient examinés et jugés dans un cadre légal, contradictoire et impartial ».

    Contactée par La Marseillaise, la Ville d’Aubagne a répondu que Gérard Gazay n’avait, à ce stade, reçu aucune information quant à cette affaire, ni aucune convocation.

  • [Le coin du polar] Quand c’est la forêt qui cache l’arbre

    [Le coin du polar] Quand c’est la forêt qui cache l’arbre

    A priori, Ultima se présente comme un thriller. Tireur d’élite à l’anti-gang, Rémi est appelé la veille de Noël pour protéger un magnat des médias, Richard Schönberg qui, en dépit de menaces diverses, a maintenu une fête fastueuse au Musée des arts forains. La soirée tourne au drame. Si Schönberg est indemne, c’est un député européen qui est abattu par un tireur invisible. Mis en cause par son chef qui le déteste, Rémi met tout en œuvre pour laver son honneur avec l’aide tacite de collègues de la Crim et de Maya, la légiste. S’ensuit un suspense haletant rendu crédible par une documentation exigeante et le refus des invraisemblances inhérentes au genre.

    Il faut tuer les livres !

    Au-delà de l’enquête, qui écarte assez vite, malgré des revendications de fanatiques islamistes ou radicaux, pareilles pistes et se concentre sur des idéalistes entre résistance et rébellion, il apparaît que ce sont la corruption du monde de la finance et l’impérialisme de la Big tech qui sont ciblés par une nouvelle sorte de justiciers, de jeunes geeks aux pseudonymes grecs décidés à passer de la dénonciation pacifique et légale à des moyens plus violents. Et, lorsque Rémi accepte la proposition de Schönberg de lui servir de garde du corps personnel, avec l’aval de sa hiérarchie, Ultima devient alors un autre livre, avec la confrontation de deux individus et de deux conceptions de l’homme et de la vie. Car si Rémi est attaché à des valeurs humaines intangibles, Schönberg illustre parfaitement la volonté du grand capital d’écraser toute velléité de résistance. À commencer par le livre et la langue française. Détruire les « tarifs privilégiés qui favorisent le rayonnement de la langue française » en faisant passer de 1,74€ à 37,30€ l’envoi de livres par la poste, et pulvériser les langues nationales au profit de l’anglais en « créant une novlangue, comme les nazis l’avaient fait avec succès ». Et, naturellement, en faisant des réseaux sociaux et de l’IA, l’outil le plus perfectionné pour cette tâche, le fer de lance des menaces fondamentales contre les libertés. On pourrait citer des passages entiers du programme d’un Schönberg, qui aurait pu s’appeler Bolloré ou Stérin, qui font d’Ultima tout autre chose qu’un divertissement de plus, un roman d’une lucidité impitoyable, capital, magnifiquement écrit,
    qui plus est.

    « Ultima », Ingrid Astier, Série noire, 440 p. 21€